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Archives... Troisième des vieux textes

L'Autre

L’Autre

L’Autre
C’est cet extra
Celui qui habite dans l’ailleurs
Mais dont nous ne savons rien
que pourtant il existe

 

L’Autre
C’est le jardinier de Vénus
Lucifer
Au milieu des fournaises
de son Enfer

 

L’Autre
C’est cette étrange étrangère
Cette superbe négresse
Au plus pur masque d’ébène
Qui ce jour m’a fait rêver (bander !)

 

L’Autre
C’est cet argument
Pour la prison
Du bon docteur Lacan
Ce maître carcéral !

 

L’Autre
C’est ce bougnoule hilare
Qui a peur de moi
Aux rêves racistes
Qui l’excluent de ma vie

 

L’Autre
C’est ce gentil petit canard
Qui barbote
Nonchalant sur la mare
Et qu’attendent
Les chasseurs et les renards

 

L’Autre
C’est Sabrina qui avait sa solitude
À partager avec quelqu’un
Qui puisse l’aimer
Dans le Paris des sans-abris

 

L’Autre
C’est cette folie
Qu’il y avait dans mon regard
Moi ! Qui rêvait d’un paradis exclusif
Et pas de place pour tous les autres

 

L’Autre
C’est maintenant un bon rêve
De myriades d’autres
De myriades de différences

 

L’Autre
C’est ce monde si étrange
Aux milliards de rêves divers
Que font d’autres, autres

 

L’Autre
C’est la différence
Entre les fantômes
Trop familiers de mes nuits
Et ces habitants étranges
Du monde de mes jours

 

L’Autre
C’est ce proche,
Cet autre là-bas
Mon prochain qui vit
Qui prie un autre Dieu
Et qui rêve différemment

 

L’Autre
C’est la prochaine rencontre
De celles-là, aux hasards
Et que je ferais demain
Sur les chemins bizarres
De mon existence

 

L’Autre
C’est un regard d’amour
De peur, ou de haine
Un simple regard
Qui soit en profondeur

 

L’Autre
C’est ce prochain humain
Celui qui se cache parmi tous
Celui-là qui reste anonyme
Et que Jésus nous montre

Bruno Quinchez Morsang sur/Orge le 22 décembre 1996

 

La Lune, le sourire

 

La Lune, le sourire

 

La Lune est rousse !
Racontait le simple
Désignant les cieux

 

Non elle est brune !
Croyait le fol
Qui soupirait après de la Lune

 

Moi ! Je la vois ronde
Et bien gironde
Expliquait l’amant déterminé

 

Cela n’est pas avéré
Elle brille comme de l’or
Objectait l’alchimiste

 

La Lune est verte
C’est un songe assoupi
À ma porte ouverte

 

Et la Lune souriait
Aux cabots qui hurlaient
Sous ses rayons

 

Bruno Quinchez Morsang sur/orge le 15 juin 1996

Inclination cet automne

Inclination cet automne

 

Cette pluie tombe
Roide et froide
Les jours décroissent
Jusqu'à vomir mon dégoût

 

Les années défilent
Vers ce rendez-vous
Voir mourir
Notre vingtième Siècle

 

Et rester mouillés jusqu'à l'âme
Et vouloir encore rester debout
Sauvez vous!  Sauvez Nous !

 

Paix à tous les hommes de santé Précaire
Froid l'éther ! Froid l'hiver !
Nos Amours ? Des petites Vertus

 

Notre charité
La portion convenue
 La Part incongrue

 

Cet automne, boire des vins très fins
Cet automne, ravaler tous les chagrins
Cet automne, saoul dès le Matin
Cet automne je veux manger
Ton beau festin

Cet hiver cueillir mille étoiles blanches
Cet Hiver tes caresses
Tes seins et tes hanches
Cet Hiver plus des sombres dimanches
Cet Hiver mon cœur s'épanche

Te prendre comme la joie
De mes nuits trop noires
Te retenir comme ce rire d'un Gai Savoir
Je suis le bonhomme de neige
Je suis ce cœur pris au piège

Il est cinq heures
Ce soir d'un triste automne
Temps de crachats temps de tracas
Cœurs amoureux corps fatigués

 

Temps calamiteux...Il est déjà si tard
Mais nous sommes tous les deux
Amoureux, mouillés et heureux

Bruno Quinchez Paris le 28 Septembre 1988

 

Fin de siècle

Fin de siècle

Je prie un Dieu, cela  sans espoir  
Je crie ma peur, dans le noir  
Brouillards monotones sur une tombe  
Tristesse  et crépuscule  immonde  
Pour ce siècle  hécatombe  

Dominations, par les rêves, la frayeur et la peine  
Horreurs sans lois,  Verdun au matin blême  
Fantômes en des temps d’automne  
Un citadin les pieds dans la glèbe  
Dans cette terre que l’on abandonne  

Terreur oblique d’un ange de ce siècle  
La guigne présente du diablotin espiègle  
Je prie ce Dieu que l’on dit parfois miséricordieux  

Je crie dans ce lieu  
Qui a toujours besoin de la sagesse d’un gueux  
Je suis un catholique exécrable,  
Je suis un anarchiste, sans beaucoup de convictions,  
Notre siècle, c’est un siècle sans le bonheur de la grâce,  
Un siècle sans beauté et sans la beauté de l’amour  

Nous étions dans l’obligation de savoir…Oui  je savais !
Les prisons  les camps  la mort au mauvais bout du fusil  
Le crématoire, les chambres à gaz, la purification ethnique  
Quand je ne serai plus là ! Priez  pour moi!
Moi qui espérais! Moi qui attendais  le grand soir  

Notre siècle est plein de drames  
Notre siècle est sans âme  
Notre siècle est plein de flammes  
Enfants de tous les futurs  
Sauvez-vous! Sauvez-nous!  

Et aimez! Aimez! Aimez !  
Aimez tout ! Aimez tous !
Et sauvez notre Terre encore si belle  

Bruno Quinchez (Morsang sur/orge le 3 octobre 1991)

 

Eté dans les alpages

Eté dans les alpages

Dans la prairie verte les sonnailles des moutons tintinnabulent
Les mérinos pâturent dans les prés ainsi que de noirs caraculs
Le berger pense à ses brebis agnelant en ces jours nouveaux
Les champs sentent bon dans le soir, le ciel et l'air sont chauds

Les cloches dans les montagnes sont étouffées par le bruit des torrents
Les estivants passent sur les sentes avec leurs sacs et leurs enfants
Les ailes des vautours virent autour des cimes environnantes
Pour de jeunes agneaux des levrauts ou de jeunes chairs innocentes

L'air est chargé de miasmes et du parfum sucré des violettes
Le berger prépare sa pitance et il pense aux femmes joliette
Seul dans sa montagne parmi ses brebis, ses béliers et ses agneaux

Le pâtre mange son fromage et il boit le vin dans sa gourde
Ses inquiétudes sont quotidiennes, ses contraintes sont lourdes
Le Ciel est beau, l'air est pur et ces vies restent son fardeau

Bruno Quinchez Paris le 5 Juillet 1997

Affaires d'oiseaux

Affaires d’oiseaux,

Les oiseaux font Cui ! Cui !
Les oiseaux cuits, ne font plus Cui ! Cui !
Les oiseaux crus, ont beaucoup de chance !

 

Les zozos, aux gros Q.I, ils sont crus !
Les zozos, aux petits Q.I, ce sont des crânes de piaf,
Vous connaissez sans doute des polytechniciens ou des énarques,
Et vous avez pu vérifier que ce sont des gens qui sont crus,

Les oiseaux cuits ne sont pas crus,
Croire ou cuire ?  That is the question !
Shakespeare, c'était un drôle d’oiseau,
Shakespeare,  il était anglais,
Shakespeare, il avait un bon Q.I, .
Shakespeare, il mangeait des oiseaux cuits,

 

Les français  mangent des grenouilles,
Les français, mangent leurs cuisses,
Les grenouilles, elles sont cuites,
Les grenouilles, elles ne font pas Cui ! Cui !
Les grenouilles, elles font  Croâ ! Croâ !
Les grenouilles de bénitiers, elles croient,
Les grenouilles et les oiseaux,
Ont un petit Q.I. Oui! Je le crois,

Moi, j’aime le poulet cuit,
Moi, je n'aime pas les poulets, crus,
Les poulets crus, ce ne sont pas des rigolos,
Souvenez-vous des hirondelles,
Sur leurs vélos, dans les rues de Paris,
Car moi, j’aime les belles hirondelles,
A l’automne, les hirondelles se tirent,
Les hirondelles, se tirent, a tire d’ailes,
Les hirondelles sont si belles,
Les belles hirondelles, ont des nids ronds,

Les corbeaux, font Croâ ! Croâ !
Les corbeaux, ne sont pas beaux,
Les corbeaux croassent sur les labours de l’hiver,
Qui l’eut cru ? !

 

Les piafs volettent d’arbres en arbres,
Les piafs pépient dans les cours,
Les piafs picorent, les miettes de pain,
Les piafs, sont de petits oiseaux,

Les pies sont des oiseaux aussi,
Les pies, piaillent dans leurs nids,
Les pies piquent les petites pièces,
Les pies volettent et elles volent,
Les pies regardent dans nos poches,
Quelles canailles sont ces petites bestioles,
Il y a des brics et des brocs dans leurs nids,
Pourtant on dit que les pies ont aussi un petit Q.I, .

Edith Piaf chantait dans les cours,
Edith était une titi de Paris,
Edith Piaf,  elle n’aimait pas voler, dans les avions,
Edith Piaf,  elle était une drôle de donzelle,
Edith Piaf,  elle était comme une  belle oiselle,
Et moi, j’aimais Edith, autre fois,

Bruno Quinchez  Paris le 26 mai 1997

Le corps beau et le bavard

Le corps beau et le bavard

Maîtresse au corps beau, avance avec un beau sourire affiché,
Elle attirait en ces lieux, un jovial bavard d’un bel âge,
Quand soudain maître bavard par ses appas alléché
Lui tint, à peu près, ce  fort et aimable langage

Mille bonjours, o belle! Au corps si beau, sans rire, si vos yeux,
Sont semblables aux étoiles qui luisent dans les cieux
Alors vous êtes la plus belle qui brille au firmament,
Pour moi vous êtes la femme de ma vie, maldonne si je mens!

A ces mots la belle au corps beau se sentit pousser des ailes,
Elle succombe à l’instant dans les bras du bavard pas trop sot,
Elle se laisse tomber, se pâme, elle est heureuse et fait la belle
En quelques mots elle se donne à celui qui dit de si jolis mots,

Maître bavard tout émoustillé, se saisit d’elle et il la papouille,
Que les hommes sont tendres quand ils vous jouent la fripouille,
Maîtresse au corps beau est contente car l’homme est plaisant,
Il me dit pour la vie, sans doute ce doit être le prince charmant.

Quinze jours ont passé, maître bavard est lassé, et il la laisse tomber.
Maîtresse au corps beau se dit, quelle conne j’ai été de succomber,
Mais elle jura d’éviter les bavards et de recommencer une autre fois,
Moralité, monsieur de la fontaine dit des bêtises dans ses fables parfois.

Bruno Quinchez Paris le 8 décembre 1997  

Un songe, et des étoiles frileuses

Un songe, et des étoiles frileuses,

À combien d’années de lumière,
Sont les licornes aux tendres yeux,
Pour combien d’hommes vivants,
Ce grand rêve est-il promis ?

À combien d’innombrables vies,
Notre petite terre est-elle encore permise ?
Dans combien de temps,
Verrons-nous les fleurs des étoiles ?

Dans nos rêves, ces soirs couchants,
Ils coexistent, les cauchemars puissants,
Des pauvres licornes songeuses,
Et la peur, les fait trembler,

Mo! Petit homme,
Comme, j’aimerai parler,
À ces cavales de tous nos inconnus,
Ou aux sirènes, des cieux d’Altaïr,
Ou à ces terrifiants dragons d’Orion,

Mais les verrons-nous ? Toutes ces chimères,
Tous ces nouveaux amis, dans l’immense ciel,
Mais les aimerons nous ?  Nnous! L’ Homme...
Nous maîtres, des arbres, et des bêtes,

Nous les destructeurs, des prédateurs insatisfaits,
La Terre est promise, à des artisans de la Paix,
Ce futur!  Il  lest pour nous, les fils de la Terre,
Mais la vie lointaine, elle reste encore ce mystère,

Et la Lune avance, comme un diadème,
Devant la face des cieux, les rutilants martiens,
Nos voisins, auront-ils peur de nos rêves ?
Mère, ? Toi ! Ma bonne vieille Terre!
Penses-tu qu’ils aimeront ce poème ?

Le cœur de notre mère atomique,
Bat encore, pour les enfants des hommes,
Mon chat qui rêve, il rêve, des immenses,
Globicéphales bleus, et les oiseaux crèvent,

Et nos heures passent, notre temps, il est encore à bâtir,
L’avenir est pour demain, cet avenir tout-ou-rien,
C’est le présent, le toujours ou le jamais,
Pourrons-nous, longuement parler,

À nos étranges voisins ?
Verrons nous les blanches licornes,
Aux yeux rêveurs et sans fonds ?


Bruno Quinchez (Morsang sur/Orge octobre 1994)

 

Poème pour rigoler des poètes

Poème pour rigoler des Poètes,

Le Poète a une très grosse tête,
Il écrit des vers, parce qu’il s’embête,
Oh Là ! Là ! Que c'est bête, que c'est bête,

Le Poète a un gigantesque nombril,
C’est pour cela qu’il écrit et qu’il babille,
Oh Là ! Là ! Ce ne sont que des broutilles,

Le Poète possède un énorme ego,
C’est Là ! Son unique et son grand défaut,
Ce qu’il dit, Oh Là ! Là ! Que c’est beau,

Le Poète est un albatros dans les cieux,
C’est qu’il s’y croit le pauvre vieux,
Oh Là ! Là ! Que c'est triste d'être sérieux,

Le Poète a son public qui l’admire,
C’est ce qui le motive et qui l’inspire,
Oh Là ! Là ! Cela aurait pu être pire,

Le Poète est marqué par le destin,
Il sera Poète, sinon il ne sera jamais rien,
Oh Là ! Là ! Que c’est désopilant le baratin

Le Poète est influencé par une muse,
Sa muse, elle s’amuse de ses ruses,
Oh Là ! Là ! Qu’est-ce qu'on s'amuse,

Le Poète a une grosse tête,
Oh Là ! Là ! Que c'est bête ! Que c'est bête,
De se croire un grand Poète,

Bruno Quinchez Paris le 25 octobre 1997

Le coq et l'aigle

Le coq et l’aigle,

Un coq, du haut de son tas de fumier, Il se tenait haut et droit,
Il régnait sur une basse-cour dont il était le maître et le roi,
Les dindes et les poules ,elles le reconnaissaient comme leur seigneur,
Les poussins, sans aucune honte, Ils étaient satisfaits de ce géniteur,

Il prétendait être le monarque et il rehaussait le soleil chaque matin,
Les renards redoutaient ses ergots, mais le désiraient pour festin,
Son orgueil n’avait que les vaches, les champs pour limites et horizon,
Et les poules le trouvaient à leur goût et elles tombaient en pâmoison,

Un aigle, du haut de son aire, aperçut cet oiseau prospère au noble plumage,
Cet aigle avait une si grande faim et il dit :Ce coq a pour lui un funeste présage,
Il s’élança des cieux vers cette proie facile, Mais le coq aperçut le funeste,
Il s’en alla donc se réfugier sous une charrette chargée de végétation alpestre,

L’aigle lui fit connaître ce propos, Ô coq ! Dis-moi qui est le roi des oiseaux,
Le coq penaud mais avantageux lui dit, C’est moi qui commande au soleil,
L’aigle décontenancé lui dit, Moi je vole si haut que nul ne m’est pareil,
Le coq audacieux guerroya Et succomba en face de ces arguments inégaux,

Le soleil décline ce soir au loin dans la vallée sans le coq bravache,
La nuit s’étend sur le monde et les étoiles brillent dans les cieux,
Toujours est-il que ce coq, Il était le messager de l’aurore et des dieux,
Et le soleil ne se leva jamais plus sur la vallée, l’aire et les vaches,

Bruno Quinchez Paris le 30 mai 1997

 

La conscience

La conscience

 

Comme cet étron chié
Devant ce magasin de luxe,
Mon cerveau est enflé
De tous ces penseurs pédophages.

 

Je m’agite, comment savourer ?
Où aller parmi tous ces paradoxes ?
Ces lèches cœurs, ces encenseurs
Qui caressent toujours dans le sens du pelage,

 

Je me demande, ma foi,
Dois-je les croire toutes ces éthiques exotiques ?

Comme le disait :

Le présomptueux président.

Mao qui sait tout,
 

« La critique, doit être fondée »,
« Elle doit, être, analytique, et convaincante »
« Elle ne doit pas, être, brutale, Bureaucratique »,

« Métaphysique ou Dog-matique »
 

Citation du petit livre rouge,
Intervention à la conférence
Nationale du parti communiste chinois
Sur le travail de propagande,
Citation du 17 mars 1957,

 

Petit, je croyais, au petit Jésus,
Grand, je crois à l’existence de Big-Brother,
Et demain après mes nuits,
Je croirais, ce que me dictent
Mes innombrables rêves,

 

Jesuis ce dieu qui s’ignore !
Qui, demain, sera mon gourou ?
Qui sera ce guide
Et quelle est cette étoile
Pour me diriger ?

 

Dans le fumier pourrissent,
Toutes les convictions,
Des quêtes sans fin
Et sans qu’il n’y ait jamais de trêves,

 

Et ces passés pleins
De toutes les reliques,

Et le présent qui me fuit !
Ce présent, si nécessaire,
Qui s’effiloche, qui s’enfuit

 

Il y a mille espoirs,
Et avant de m’endormir
Dans ce demi-sommeil,

Cocon dans ce lit douillet,
 

Ce cadavre froid !
Mort, ce monde est pareil
Sous le soleil identique à lui-même,
Parfois, le matin est dur,

 

Me lever et une nouvelle journée,
Matins froids, ciel découvert,
Bleu froid d’hivers immaculés,

Vers ces midis.
 

La chaleur de l’humain
Qui remplit, le monde aérien,
Je suis encore ce vivant,
Un art-gens, qui ne me sert à rien,

 

Encore, et encore,
Ma conscience me récite
Mon credo prophétie, /
Essaye encore,

 

Tente ce que tu peux
Et continue d’espérer dans la vie,
Toujours et toujours
De nouveau, je crie pourquoi ?

 

Puis lassé des questions
Et de toutes ces idées,
Je me rendors, con-scient
De ma légèreté d’âme,

 

Ces quelques lignes
Pour le futur fleuve,
De tous mes ruisseaux,
Tous ceux du passé,

 

Bruno Quinchez (Paris 1986-Morsang sur/orge 1993-juin 1995)

 

Homme douteux, je vous salue marri !

Homme douteux, je vous salue marri !


Je vous salue ma rime,
Jeux qui vous valurent la frime,
J’aurai aimé le forfait
Et je ne perçois que de la trime,


J’ai voulu sortir, j’ai voulu manger
Du bortsch et des sardines,
Et boire des verres de rhum
Ou de la vodka dans les narines,


J’ai voulu voler
Aux lointaines îles Sakhaline,
Et j’en ai marri ma nonchalance
Aux sorties d’usine,

J’ai voulu savoir fissa,
Si Marissa aimait ça,
Alors je fessais, fissa-fissa,
Le cul de Marissa,

J’ai pissé à la raie de son cul,
Ô marine Marissa,
Puis j’ai fait dada chez Marx,
Marx a rougi de Karl,

Mais Coco! L’Ivan des nains…
C’est un labeur d’Odessa,
Das kapital n’est pas une denrée
Pour pantouflards de S.A.R.L.

Si je vous salue bien bas,
J’évalue votre patrimoine à zéro
Pas même une caboche.
Mais du Coca pour se croire héros,

Je salis mes rimes pour un poulet
Policé dans son ambition
Je destine mon salut
Qu’à celle de notre humaine condition,

Je vous salue ma rime,
J’ai voulu parler de poésie et de fric,
J’évalue la boutique,
Elle troque pour rien son capital risque,

Car sa durée de stationnement
Elle reste sur un zéro pointé,
Et quelques sévices…
Un service de fonctionnaires appointés,

Bruno Quinchez Paris le 2 décembre 1997

 

Essai d’écriture automatique

Essai d’écriture automatique

Ne sois pas trop intelligent, !
C’est ton cœur, c’est tes tripes,
Foutaises, vers pervers…

 

Je veux jouir intensément,
Dans cette courte vie,
Je vis, j’aime, je me bats,

 

Je vide la substantifique moelle,
Le petit rien, le petit vers,
J’automate et après je lèche,

 

J’encense et ainsi je crée
Dieu ! Que cela est bon !

Et Cætera ! Ex cathedra,
 

La prima donna
qui jouit intensément,

Des vers livres,
Des vers libres…
Tout pour le coquin Paris,

 

Qui rit de mon émoi ?
Et moi ! Je suis l’organe
De cet ordinateur neuronal,

 

Sur l’oreiller du mâle,
C’est Satan Trismégiste,

Et patati ! Et patata !
Pas Tati, pas Tchernia,
Pas d’exclus, je me rappelle,

 

Rappelle-toi Barrabas !
Rappelle-toi encore !  Barrabas !  
Tu analyses, sa géométrie curviligne,

 

J’aime les beaux seins, plein de lait,
J’aime cette courbe des hanches,
D’une belle femme

Que j’aime à faire apprendre
Ce nombre tant utile aux sages,
Coups de tabac, coups de pub !

 

Putains de souvenirs,
J’ai longtemps et longuement rêvassé,
Sur ces grandes ondes,

 

Sous mes yeux, endormis et clos,
Le soir aux fonds des bois,
Le summum de l’orgas-miasmes,
Des tendres fillettes phanérogames,


Les mâles assis,
Les latences de l’incertain,
La flatulence du purin dénaturé.
L’obscénité de ce mot anodin,

 

L’ordre de cessez-tout
Ce rendez-vous avec la mort,
Et le temps qui jamais ne s’arrête,
Toujours dans le même sens,

Et ce nuage, qui s’enfuit au loin,
L’horreur chaotique.
Terreurs galvaniques,
Cinq milliards d’hommes,
En Mil neuf cent quatre-vingt-douze,
Tous ces hommes et femmes, sur terre,
Autant d’humains qui sont à venir,

Esprit ? Es-tu las !
L’eldorado à conquérir…
Pour tous les conquérants
De tous les inutiles,

Ô vers de Rimbaud !
Over the rainbow !
Aux verres, deux reins beaux !
Ovaire ! Deux reins beaux !

Bruno Quinchez Paris 1989 Morsang sur/Orge 1995

Des goûts, et des couleurs

Des goûts, et des couleurs

Il y en a,
Qui aiment l’orgue,

Il en est d’autres,
Qui aiment l’accordéon,


Ce ne sont pas les mêmes,
Qui aiment l’orgue,
Qui aiment l’accordéon,

Imaginez un orgue,
Dans une valse musette,

Un accordéon
Dans une église triste.


Bruno Quinchez (Morsang sur orge le 2 octobre 1989)

Encore cinq minutes...

Encore cinq minutes....

Laissez-moi encore ce peu de temps,
Laissez-moi finir ma dernière cigarette,
Laissez-moi finir de vivre ma vie,
Laissez-moi, longuement y penser,
Laissez-moi, l’aimer,

Finir d’être, finir de la vomir,
Vie si absurde, si passionnante,
Mon rêve, des rêves de ponts,
Rêve d’abondances, tellement nécessaires,
Mon cerveau plein de rêves récurrents,
Les fureurs anodines,

Le portier céleste qui est absent ! Pour cause de rêves
Saint Marx, qui prêche le paradis obligatoire,
Pour tous les damnés de la terre,
L’obsédé textuel violant sa muse, Ô pauvre Polymnie !
Brigitte Bardot aimant tellement les animaux,
Qu’animée du courroux divin elle chasse les marchands de la banquise,


Allez! Allons! Je m’accorde cinq minutes !
Tuons la lettre! Prenons notre temps,
Par surprises et par consentements mutuels,
Cinq minutes, pour respirer, purs respirs,
Cinq minutes, pour espérer, purs espoirs,
Cinq minutes, pour expirer, longs, soupirs,
Cinq petites minutes, avant la nuit,


Mais pendant ce jour-là,
Les aiguilleurs du ciel étaient en grève,
Ainsi que tous les conducteurs souterrains,
Pendant tout ce temps-là, ces cinq petites minutes,
Dans ma tête, j’abolissais la mort…

Il y a cette éternité, que je redoute,
Il y a une éternité, que je refoule,
Il y a là, l’éternité, que maintenant, j’espère,
Et triste, calme, mais serein,
Je m’abandonnais,


Bruno Quinchez (Morsang sur /orge 1993 juin 1995)