Archives... Troisième des vieux textes

  • La Lune, le sourire

     

    La Lune, le sourire

     

    La Lune est rousse !
    Racontait le simple
    Désignant les cieux

     

    Non elle est brune !
    Croyait le fol
    Qui soupirait après de la Lune

     

    Moi ! Je la vois ronde
    Et bien gironde
    Expliquait l’amant déterminé

     

    Cela n’est pas avéré
    Elle brille comme de l’or
    Objectait l’alchimiste

     

    La Lune est verte
    C’est un songe assoupi
    À ma porte ouverte

     

    Et la Lune souriait
    Aux cabots qui hurlaient
    Sous ses rayons

     

    Bruno Quinchez Morsang sur/orge le 15 juin 1996

  • Inclination cet automne

    Inclination cet automne

     

    Cette pluie tombe
    Roide et froide
    Les jours décroissent
    Jusqu'à vomir mon dégoût

     

    Les années défilent
    Vers ce rendez-vous
    Voir mourir
    Notre vingtième Siècle

     

    Et rester mouillés jusqu'à l'âme
    Et vouloir encore rester debout
    Sauvez vous!  Sauvez Nous !

     

    Paix à tous les hommes de santé Précaire
    Froid l'éther ! Froid l'hiver !
    Nos Amours ? Des petites Vertus

     

    Notre charité
    La portion convenue
     La Part incongrue

     

    Cet automne, boire des vins très fins
    Cet automne, ravaler tous les chagrins
    Cet automne, saoul dès le Matin
    Cet automne je veux manger
    Ton beau festin

    Cet hiver cueillir mille étoiles blanches
    Cet Hiver tes caresses
    Tes seins et tes hanches
    Cet Hiver plus des sombres dimanches
    Cet Hiver mon cœur s'épanche

    Te prendre comme la joie
    De mes nuits trop noires
    Te retenir comme ce rire d'un Gai Savoir
    Je suis le bonhomme de neige
    Je suis ce cœur pris au piège

    Il est cinq heures
    Ce soir d'un triste automne
    Temps de crachats temps de tracas
    Cœurs amoureux corps fatigués

     

    Temps calamiteux...Il est déjà si tard
    Mais nous sommes tous les deux
    Amoureux, mouillés et heureux

    Bruno Quinchez Paris le 28 Septembre 1988

     

  • Fin de siècle

    Fin de siècle

    Je prie un Dieu, cela  sans espoir  
    Je crie ma peur, dans le noir  
    Brouillards monotones sur une tombe  
    Tristesse  et crépuscule  immonde  
    Pour ce siècle  hécatombe  

    Dominations, par les rêves, la frayeur et la peine  
    Horreurs sans lois,  Verdun au matin blême  
    Fantômes en des temps d’automne  
    Un citadin les pieds dans la glèbe  
    Dans cette terre que l’on abandonne  

    Terreur oblique d’un ange de ce siècle  
    La guigne présente du diablotin espiègle  
    Je prie ce Dieu que l’on dit parfois miséricordieux  

    Je crie dans ce lieu  
    Qui a toujours besoin de la sagesse d’un gueux  
    Je suis un catholique exécrable,  
    Je suis un anarchiste, sans beaucoup de convictions,  
    Notre siècle, c’est un siècle sans le bonheur de la grâce,  
    Un siècle sans beauté et sans la beauté de l’amour  

    Nous étions dans l’obligation de savoir…Oui  je savais !
    Les prisons  les camps  la mort au mauvais bout du fusil  
    Le crématoire, les chambres à gaz, la purification ethnique  
    Quand je ne serai plus là ! Priez  pour moi!
    Moi qui espérais! Moi qui attendais  le grand soir  

    Notre siècle est plein de drames  
    Notre siècle est sans âme  
    Notre siècle est plein de flammes  
    Enfants de tous les futurs  
    Sauvez-vous! Sauvez-nous!  

    Et aimez! Aimez! Aimez !  
    Aimez tout ! Aimez tous !
    Et sauvez notre Terre encore si belle  

    Bruno Quinchez (Morsang sur/orge le 3 octobre 1991)

     

  • Eté dans les alpages

    Eté dans les alpages

    Dans la prairie verte les sonnailles des moutons tintinnabulent
    Les mérinos pâturent dans les prés ainsi que de noirs caraculs
    Le berger pense à ses brebis agnelant en ces jours nouveaux
    Les champs sentent bon dans le soir, le ciel et l'air sont chauds

    Les cloches dans les montagnes sont étouffées par le bruit des torrents
    Les estivants passent sur les sentes avec leurs sacs et leurs enfants
    Les ailes des vautours virent autour des cimes environnantes
    Pour de jeunes agneaux des levrauts ou de jeunes chairs innocentes

    L'air est chargé de miasmes et du parfum sucré des violettes
    Le berger prépare sa pitance et il pense aux femmes joliette
    Seul dans sa montagne parmi ses brebis, ses béliers et ses agneaux

    Le pâtre mange son fromage et il boit le vin dans sa gourde
    Ses inquiétudes sont quotidiennes, ses contraintes sont lourdes
    Le Ciel est beau, l'air est pur et ces vies restent son fardeau

    Bruno Quinchez Paris le 5 Juillet 1997

  • Affaires d'oiseaux

    Affaires d’oiseaux,

    Les oiseaux font Cui ! Cui !
    Les oiseaux cuits, ne font plus Cui ! Cui !
    Les oiseaux crus, ont beaucoup de chance !

     

    Les zozos, aux gros Q.I, ils sont crus !
    Les zozos, aux petits Q.I, ce sont des crânes de piaf,
    Vous connaissez sans doute des polytechniciens ou des énarques,
    Et vous avez pu vérifier que ce sont des gens qui sont crus,

    Les oiseaux cuits ne sont pas crus,
    Croire ou cuire ?  That is the question !
    Shakespeare, c'était un drôle d’oiseau,
    Shakespeare,  il était anglais,
    Shakespeare, il avait un bon Q.I, .
    Shakespeare, il mangeait des oiseaux cuits,

     

    Les français  mangent des grenouilles,
    Les français, mangent leurs cuisses,
    Les grenouilles, elles sont cuites,
    Les grenouilles, elles ne font pas Cui ! Cui !
    Les grenouilles, elles font  Croâ ! Croâ !
    Les grenouilles de bénitiers, elles croient,
    Les grenouilles et les oiseaux,
    Ont un petit Q.I. Oui! Je le crois,

    Moi, j’aime le poulet cuit,
    Moi, je n'aime pas les poulets, crus,
    Les poulets crus, ce ne sont pas des rigolos,
    Souvenez-vous des hirondelles,
    Sur leurs vélos, dans les rues de Paris,
    Car moi, j’aime les belles hirondelles,
    A l’automne, les hirondelles se tirent,
    Les hirondelles, se tirent, a tire d’ailes,
    Les hirondelles sont si belles,
    Les belles hirondelles, ont des nids ronds,

    Les corbeaux, font Croâ ! Croâ !
    Les corbeaux, ne sont pas beaux,
    Les corbeaux croassent sur les labours de l’hiver,
    Qui l’eut cru ? !

     

    Les piafs volettent d’arbres en arbres,
    Les piafs pépient dans les cours,
    Les piafs picorent, les miettes de pain,
    Les piafs, sont de petits oiseaux,

    Les pies sont des oiseaux aussi,
    Les pies, piaillent dans leurs nids,
    Les pies piquent les petites pièces,
    Les pies volettent et elles volent,
    Les pies regardent dans nos poches,
    Quelles canailles sont ces petites bestioles,
    Il y a des brics et des brocs dans leurs nids,
    Pourtant on dit que les pies ont aussi un petit Q.I, .

    Edith Piaf chantait dans les cours,
    Edith était une titi de Paris,
    Edith Piaf,  elle n’aimait pas voler, dans les avions,
    Edith Piaf,  elle était une drôle de donzelle,
    Edith Piaf,  elle était comme une  belle oiselle,
    Et moi, j’aimais Edith, autre fois,

    Bruno Quinchez  Paris le 26 mai 1997

  • Le corps beau et le bavard

    Le corps beau et le bavard

    Maîtresse au corps beau, avance avec un beau sourire affiché,
    Elle attirait en ces lieux, un jovial bavard d’un bel âge,
    Quand soudain maître bavard par ses appas alléché
    Lui tint, à peu près, ce  fort et aimable langage

    Mille bonjours, o belle! Au corps si beau, sans rire, si vos yeux,
    Sont semblables aux étoiles qui luisent dans les cieux
    Alors vous êtes la plus belle qui brille au firmament,
    Pour moi vous êtes la femme de ma vie, maldonne si je mens!

    A ces mots la belle au corps beau se sentit pousser des ailes,
    Elle succombe à l’instant dans les bras du bavard pas trop sot,
    Elle se laisse tomber, se pâme, elle est heureuse et fait la belle
    En quelques mots elle se donne à celui qui dit de si jolis mots,

    Maître bavard tout émoustillé, se saisit d’elle et il la papouille,
    Que les hommes sont tendres quand ils vous jouent la fripouille,
    Maîtresse au corps beau est contente car l’homme est plaisant,
    Il me dit pour la vie, sans doute ce doit être le prince charmant.

    Quinze jours ont passé, maître bavard est lassé, et il la laisse tomber.
    Maîtresse au corps beau se dit, quelle conne j’ai été de succomber,
    Mais elle jura d’éviter les bavards et de recommencer une autre fois,
    Moralité, monsieur de la fontaine dit des bêtises dans ses fables parfois.

    Bruno Quinchez Paris le 8 décembre 1997  

  • Un songe, et des étoiles frileuses

    Un songe, et des étoiles frileuses,

    À combien d’années de lumière,
    Sont les licornes aux tendres yeux,
    Pour combien d’hommes vivants,
    Ce grand rêve est-il promis ?

    À combien d’innombrables vies,
    Notre petite terre est-elle encore permise ?
    Dans combien de temps,
    Verrons-nous les fleurs des étoiles ?

    Dans nos rêves, ces soirs couchants,
    Ils coexistent, les cauchemars puissants,
    Des pauvres licornes songeuses,
    Et la peur, les fait trembler,

    Mo! Petit homme,
    Comme, j’aimerai parler,
    À ces cavales de tous nos inconnus,
    Ou aux sirènes, des cieux d’Altaïr,
    Ou à ces terrifiants dragons d’Orion,

    Mais les verrons-nous ? Toutes ces chimères,
    Tous ces nouveaux amis, dans l’immense ciel,
    Mais les aimerons nous ?  Nnous! L’ Homme...
    Nous maîtres, des arbres, et des bêtes,

    Nous les destructeurs, des prédateurs insatisfaits,
    La Terre est promise, à des artisans de la Paix,
    Ce futur!  Il  lest pour nous, les fils de la Terre,
    Mais la vie lointaine, elle reste encore ce mystère,

    Et la Lune avance, comme un diadème,
    Devant la face des cieux, les rutilants martiens,
    Nos voisins, auront-ils peur de nos rêves ?
    Mère, ? Toi ! Ma bonne vieille Terre!
    Penses-tu qu’ils aimeront ce poème ?

    Le cœur de notre mère atomique,
    Bat encore, pour les enfants des hommes,
    Mon chat qui rêve, il rêve, des immenses,
    Globicéphales bleus, et les oiseaux crèvent,

    Et nos heures passent, notre temps, il est encore à bâtir,
    L’avenir est pour demain, cet avenir tout-ou-rien,
    C’est le présent, le toujours ou le jamais,
    Pourrons-nous, longuement parler,

    À nos étranges voisins ?
    Verrons nous les blanches licornes,
    Aux yeux rêveurs et sans fonds ?


    Bruno Quinchez (Morsang sur/Orge octobre 1994)

     

  • Poème pour rigoler des poètes

    Poème pour rigoler des Poètes,

    Le Poète a une très grosse tête,
    Il écrit des vers, parce qu’il s’embête,
    Oh Là ! Là ! Que c'est bête, que c'est bête,

    Le Poète a un gigantesque nombril,
    C’est pour cela qu’il écrit et qu’il babille,
    Oh Là ! Là ! Ce ne sont que des broutilles,

    Le Poète possède un énorme ego,
    C’est Là ! Son unique et son grand défaut,
    Ce qu’il dit, Oh Là ! Là ! Que c’est beau,

    Le Poète est un albatros dans les cieux,
    C’est qu’il s’y croit le pauvre vieux,
    Oh Là ! Là ! Que c'est triste d'être sérieux,

    Le Poète a son public qui l’admire,
    C’est ce qui le motive et qui l’inspire,
    Oh Là ! Là ! Cela aurait pu être pire,

    Le Poète est marqué par le destin,
    Il sera Poète, sinon il ne sera jamais rien,
    Oh Là ! Là ! Que c’est désopilant le baratin

    Le Poète est influencé par une muse,
    Sa muse, elle s’amuse de ses ruses,
    Oh Là ! Là ! Qu’est-ce qu'on s'amuse,

    Le Poète a une grosse tête,
    Oh Là ! Là ! Que c'est bête ! Que c'est bête,
    De se croire un grand Poète,

    Bruno Quinchez Paris le 25 octobre 1997

  • Le coq et l'aigle

    Le coq et l’aigle,

    Un coq, du haut de son tas de fumier, Il se tenait haut et droit,
    Il régnait sur une basse-cour dont il était le maître et le roi,
    Les dindes et les poules ,elles le reconnaissaient comme leur seigneur,
    Les poussins, sans aucune honte, Ils étaient satisfaits de ce géniteur,

    Il prétendait être le monarque et il rehaussait le soleil chaque matin,
    Les renards redoutaient ses ergots, mais le désiraient pour festin,
    Son orgueil n’avait que les vaches, les champs pour limites et horizon,
    Et les poules le trouvaient à leur goût et elles tombaient en pâmoison,

    Un aigle, du haut de son aire, aperçut cet oiseau prospère au noble plumage,
    Cet aigle avait une si grande faim et il dit :Ce coq a pour lui un funeste présage,
    Il s’élança des cieux vers cette proie facile, Mais le coq aperçut le funeste,
    Il s’en alla donc se réfugier sous une charrette chargée de végétation alpestre,

    L’aigle lui fit connaître ce propos, Ô coq ! Dis-moi qui est le roi des oiseaux,
    Le coq penaud mais avantageux lui dit, C’est moi qui commande au soleil,
    L’aigle décontenancé lui dit, Moi je vole si haut que nul ne m’est pareil,
    Le coq audacieux guerroya Et succomba en face de ces arguments inégaux,

    Le soleil décline ce soir au loin dans la vallée sans le coq bravache,
    La nuit s’étend sur le monde et les étoiles brillent dans les cieux,
    Toujours est-il que ce coq, Il était le messager de l’aurore et des dieux,
    Et le soleil ne se leva jamais plus sur la vallée, l’aire et les vaches,

    Bruno Quinchez Paris le 30 mai 1997

     

  • La conscience

    La conscience

     

    Comme cet étron chié
    Devant ce magasin de luxe,
    Mon cerveau est enflé
    De tous ces penseurs pédophages.

     

    Je m’agite, comment savourer ?
    Où aller parmi tous ces paradoxes ?
    Ces lèches cœurs, ces encenseurs
    Qui caressent toujours dans le sens du pelage,

     

    Je me demande, ma foi,
    Dois-je les croire toutes ces éthiques exotiques ?

    Comme le disait :

    Le présomptueux président.

    Mao qui sait tout,
     

    « La critique, doit être fondée »,
    « Elle doit, être, analytique, et convaincante »
    « Elle ne doit pas, être, brutale, Bureaucratique »,

    « Métaphysique ou Dog-matique »
     

    Citation du petit livre rouge,
    Intervention à la conférence
    Nationale du parti communiste chinois
    Sur le travail de propagande,
    Citation du 17 mars 1957,

     

    Petit, je croyais, au petit Jésus,
    Grand, je crois à l’existence de Big-Brother,
    Et demain après mes nuits,
    Je croirais, ce que me dictent
    Mes innombrables rêves,

     

    Jesuis ce dieu qui s’ignore !
    Qui, demain, sera mon gourou ?
    Qui sera ce guide
    Et quelle est cette étoile
    Pour me diriger ?

     

    Dans le fumier pourrissent,
    Toutes les convictions,
    Des quêtes sans fin
    Et sans qu’il n’y ait jamais de trêves,

     

    Et ces passés pleins
    De toutes les reliques,

    Et le présent qui me fuit !
    Ce présent, si nécessaire,
    Qui s’effiloche, qui s’enfuit

     

    Il y a mille espoirs,
    Et avant de m’endormir
    Dans ce demi-sommeil,

    Cocon dans ce lit douillet,
     

    Ce cadavre froid !
    Mort, ce monde est pareil
    Sous le soleil identique à lui-même,
    Parfois, le matin est dur,

     

    Me lever et une nouvelle journée,
    Matins froids, ciel découvert,
    Bleu froid d’hivers immaculés,

    Vers ces midis.
     

    La chaleur de l’humain
    Qui remplit, le monde aérien,
    Je suis encore ce vivant,
    Un art-gens, qui ne me sert à rien,

     

    Encore, et encore,
    Ma conscience me récite
    Mon credo prophétie, /
    Essaye encore,

     

    Tente ce que tu peux
    Et continue d’espérer dans la vie,
    Toujours et toujours
    De nouveau, je crie pourquoi ?

     

    Puis lassé des questions
    Et de toutes ces idées,
    Je me rendors, con-scient
    De ma légèreté d’âme,

     

    Ces quelques lignes
    Pour le futur fleuve,
    De tous mes ruisseaux,
    Tous ceux du passé,

     

    Bruno Quinchez (Paris 1986-Morsang sur/orge 1993-juin 1995)