Archives... Troisième des vieux textes

  • Homme douteux, je vous salue marri !

    Homme douteux, je vous salue marri !


    Je vous salue ma rime,
    Jeux qui vous valurent la frime,
    J’aurai aimé le forfait
    Et je ne perçois que de la trime,


    J’ai voulu sortir, j’ai voulu manger
    Du bortsch et des sardines,
    Et boire des verres de rhum
    Ou de la vodka dans les narines,


    J’ai voulu voler
    Aux lointaines îles Sakhaline,
    Et j’en ai marri ma nonchalance
    Aux sorties d’usine,

    J’ai voulu savoir fissa,
    Si Marissa aimait ça,
    Alors je fessais, fissa-fissa,
    Le cul de Marissa,

    J’ai pissé à la raie de son cul,
    Ô marine Marissa,
    Puis j’ai fait dada chez Marx,
    Marx a rougi de Karl,

    Mais Coco! L’Ivan des nains…
    C’est un labeur d’Odessa,
    Das kapital n’est pas une denrée
    Pour pantouflards de S.A.R.L.

    Si je vous salue bien bas,
    J’évalue votre patrimoine à zéro
    Pas même une caboche.
    Mais du Coca pour se croire héros,

    Je salis mes rimes pour un poulet
    Policé dans son ambition
    Je destine mon salut
    Qu’à celle de notre humaine condition,

    Je vous salue ma rime,
    J’ai voulu parler de poésie et de fric,
    J’évalue la boutique,
    Elle troque pour rien son capital risque,

    Car sa durée de stationnement
    Elle reste sur un zéro pointé,
    Et quelques sévices…
    Un service de fonctionnaires appointés,

    Bruno Quinchez Paris le 2 décembre 1997

     

  • Essai d’écriture automatique

    Essai d’écriture automatique

    Ne sois pas trop intelligent, !
    C’est ton cœur, c’est tes tripes,
    Foutaises, vers pervers…

     

    Je veux jouir intensément,
    Dans cette courte vie,
    Je vis, j’aime, je me bats,

     

    Je vide la substantifique moelle,
    Le petit rien, le petit vers,
    J’automate et après je lèche,

     

    J’encense et ainsi je crée
    Dieu ! Que cela est bon !

    Et Cætera ! Ex cathedra,
     

    La prima donna
    qui jouit intensément,

    Des vers livres,
    Des vers libres…
    Tout pour le coquin Paris,

     

    Qui rit de mon émoi ?
    Et moi ! Je suis l’organe
    De cet ordinateur neuronal,

     

    Sur l’oreiller du mâle,
    C’est Satan Trismégiste,

    Et patati ! Et patata !
    Pas Tati, pas Tchernia,
    Pas d’exclus, je me rappelle,

     

    Rappelle-toi Barrabas !
    Rappelle-toi encore !  Barrabas !  
    Tu analyses, sa géométrie curviligne,

     

    J’aime les beaux seins, plein de lait,
    J’aime cette courbe des hanches,
    D’une belle femme

    Que j’aime à faire apprendre
    Ce nombre tant utile aux sages,
    Coups de tabac, coups de pub !

     

    Putains de souvenirs,
    J’ai longtemps et longuement rêvassé,
    Sur ces grandes ondes,

     

    Sous mes yeux, endormis et clos,
    Le soir aux fonds des bois,
    Le summum de l’orgas-miasmes,
    Des tendres fillettes phanérogames,


    Les mâles assis,
    Les latences de l’incertain,
    La flatulence du purin dénaturé.
    L’obscénité de ce mot anodin,

     

    L’ordre de cessez-tout
    Ce rendez-vous avec la mort,
    Et le temps qui jamais ne s’arrête,
    Toujours dans le même sens,

    Et ce nuage, qui s’enfuit au loin,
    L’horreur chaotique.
    Terreurs galvaniques,
    Cinq milliards d’hommes,
    En Mil neuf cent quatre-vingt-douze,
    Tous ces hommes et femmes, sur terre,
    Autant d’humains qui sont à venir,

    Esprit ? Es-tu las !
    L’eldorado à conquérir…
    Pour tous les conquérants
    De tous les inutiles,

    Ô vers de Rimbaud !
    Over the rainbow !
    Aux verres, deux reins beaux !
    Ovaire ! Deux reins beaux !

    Bruno Quinchez Paris 1989 Morsang sur/Orge 1995

  • Des goûts, et des couleurs

    Des goûts, et des couleurs

    Il y en a,
    Qui aiment l’orgue,

    Il en est d’autres,
    Qui aiment l’accordéon,


    Ce ne sont pas les mêmes,
    Qui aiment l’orgue,
    Qui aiment l’accordéon,

    Imaginez un orgue,
    Dans une valse musette,

    Un accordéon
    Dans une église triste.


    Bruno Quinchez (Morsang sur orge le 2 octobre 1989)

  • Encore cinq minutes...

    Encore cinq minutes....

    Laissez-moi encore ce peu de temps,
    Laissez-moi finir ma dernière cigarette,
    Laissez-moi finir de vivre ma vie,
    Laissez-moi, longuement y penser,
    Laissez-moi, l’aimer,

    Finir d’être, finir de la vomir,
    Vie si absurde, si passionnante,
    Mon rêve, des rêves de ponts,
    Rêve d’abondances, tellement nécessaires,
    Mon cerveau plein de rêves récurrents,
    Les fureurs anodines,

    Le portier céleste qui est absent ! Pour cause de rêves
    Saint Marx, qui prêche le paradis obligatoire,
    Pour tous les damnés de la terre,
    L’obsédé textuel violant sa muse, Ô pauvre Polymnie !
    Brigitte Bardot aimant tellement les animaux,
    Qu’animée du courroux divin elle chasse les marchands de la banquise,


    Allez! Allons! Je m’accorde cinq minutes !
    Tuons la lettre! Prenons notre temps,
    Par surprises et par consentements mutuels,
    Cinq minutes, pour respirer, purs respirs,
    Cinq minutes, pour espérer, purs espoirs,
    Cinq minutes, pour expirer, longs, soupirs,
    Cinq petites minutes, avant la nuit,


    Mais pendant ce jour-là,
    Les aiguilleurs du ciel étaient en grève,
    Ainsi que tous les conducteurs souterrains,
    Pendant tout ce temps-là, ces cinq petites minutes,
    Dans ma tête, j’abolissais la mort…

    Il y a cette éternité, que je redoute,
    Il y a une éternité, que je refoule,
    Il y a là, l’éternité, que maintenant, j’espère,
    Et triste, calme, mais serein,
    Je m’abandonnais,


    Bruno Quinchez (Morsang sur /orge 1993 juin 1995)