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Archives du passé 2

Poèmes qui ont été faits sur le site techno-sciences Chronique et Dialogues

Poèmes qui ont été faits sur le site techno-sciences Chronique et Dialogues

Quatrain

Dans une ménagerie il vaut mieux savoir manier le fouet
Mais en amitiés comme en amour il n'y a pas ce jouet
Il est plus bien plus judicieux de vouloir tenter un sourire
Même si parfois dans le cœur c'est encore bien pire

Bruno Quinchez dans ses œuvres

Le vingt-deux septembre, début de l'Automne

C'est déjà l'automne qui arrive à Paris
Un soleil jaune, très pâle et sans chaleur
Rayonne doucement d'une lumière affaiblie
C'est la fin des grandes lumières de l'été

C'était aussi l'anniversaire de mon père
Mais ce n'est que le début de l'automne
Guillaume Apollinaire dirait automne malade
Moi je ne dis que lumière très affaiblie

Pour les feuilles mortes... Ben! Ça viendra...
Pas de blues je vais aimer cette saison
A Paris la fraicheur est déjà de retour

Ce n'est que le vingt deux septembre
Et c'est la saison d'or de l'automne frais
Automne tu viens avec tes rayons de miel!

Bruno Quinchez dans ses œuvres

Pourquoi j’écris ici sur le net

Le seul truc qui est vrai
C'est que je j’écris parce que je m'ennuie
Alors je tapote sur mon ordi,
Sans être vraiment dingue,

Il faut une certaine sensibilité pour écrire,
Et si certaines failles sont aussi là
Ce n'est que coïncidences.
Les écrivains poètes sentent le monde

Plus fortement que les autres
Et depuis longtemps tous les psys
Cherchent la faille dans l'homme...
Je ne fais pas exception

J'aime écrire et pas d'autres justifications.
Au départ j'écrivaispour mes neveux mais ils s'en foutent
Maintenant j'écris pour moi et la postérité
Je sais que ça me fait du bien aussi

Il pleut

Il pleure sur Paris des gouttes de pluies froides
Il pleut sur la France, sur toute la France de la province
Il neige en montagne au dessus de deux mille mètres
Les coureurs du Tour de France attendent la fin du Tour

Les prairies sont mouillées après la sécheresse
L’herbe va pourrir dans tous ces temps maussades
Sur les plages vides les vacanciers sont bien absents
Le matin ils font la grasse matinée, le soir c’est les cartes

Entre les jeux de cartes et les projets de randonnées
Les amoureux qui se baladent la main dans la main
Mangent des crêpes des chouchous et des frittes
Mais ils sont habillés comme pour l’hiver qui vient

La météo est plutôt pessimiste sur l’ensemble de la France
Question température c’est l’automne en pleine saison
Peut être que demain le soleil osera un timide rayon
En attendant les amoureux se bécotent en regardant la mer

Il n’y a pas de saison pour se bécoter entre deux amoureux
Sur la plage déserte ils se tiennent par la main tout simplement
Et ils marchent sans chercher à éviter les regards des curieux
Sur la plage abandonnée, l’été est là mais pas le soleil

Bruno Quinchez dans ses œuvres
Un peu de nostalgie devant un été pourri

Avec le temps on oublie

Que ce soit le pire de ce que l'on n'a pas aimé
Les mauvais souvenirs qui hantent votre passé
Des paires de baffes ou des railleries cruelles
De celles qui laissent longtemps leurs cicatrices

Mais on oublie aussi les sourires, les visages
De tous ceux que nous avons beaucoup aimés
De ses expressions fines, de cette odeur personnelle
Et qui deviennent ainsi des fantômes de fantasmes

On oublie tout sur l'écran vide d'une TV en Noir et Blanc
Qui n'est jamais passées à la couleur qu’il y a dans nos vies
Nos vies sans reliefs avec tous ces pâles souvenirs d'autrefois

Nous aimerions pourtant vivre un avenir en cinémascope couleur
Dans un paradis tropical et lointain sous des soleil très exotiques
Alors que notre tout vaste passé nous enferme en nous-mêmes

Une œuvre du gars Bruno Quinchez

Mon histoire

Vous ignorez trop de choses madame
Vous n'avez pas de droits à faire valoir
Vous savez vaguement une vieille histoire
Mais pour vous mes délires me damnent

Auriez vous souri un jour ou bien l'autre
Alors je serais sans doute été bon apôtre
Mais il y avait aussi de la vraie grande peur
Peut être aussi, j'aurais été un docteur

De ceux qui changent ce monde banal
Avec un peu d'aide, cela serait génial
Mais la vie est trop fragile pour nous

En savant fou... Moi ! Je le voyais déjà
Avec toutes les trompettes de l'au de-là
Celles qui annoncent le temps des fous...

L’automne est las

Aujourd’hui jeudi vingt deux septembre
L’américain Troy Davis est mort
Il a été assassiné de piqûres létales
Nous! Hommes de bonnes volontés

Nous n’avons rien pu faire contre
Une justice aveugle et aussi raciste
Commet un meurtre par vengeance
Ce jour là du vingt deux septembre

C’est l’automne qui nous vient aussi
Si mon père était bien encore vivant
Ça lui ferait ses quatre vingt neuf ans
Un bel âge qu’il n’aura aussi jamais

Temps d’automne c’est maintenant
La mort repasse toujours les mêmes plats
Pourtant je n’avais pas peur avant
Mais je vois trop cette imbécile déchéance

De ne se souvenir que de ces morts
Et oublier la vie qui va aussi et vient
Tous mes neveux qui me plaisent bien
Avec les ventres ronds de nouveaux bébés

Troy Davis est mort pendant cette nuit là
Et malgré moi je ne sais que dire que faire
Protester face à cette innommable injustice
Si aux moins les juges avaient un peu d’humanité

Je pense à mes neveux et j’oublie cette horreur
Pas heureux de vivre dans ce monde là
Où la peine de mort existe aux USA
Des fois je pense à plein des choses

Comme Buffet, Bontemps et Badinter
Mon dieu ait pitié de tous les assassins
Entre ceux qui meurent exécuté par piqûres
Et les bourreaux qui officient par vengeance

Je n’aime pas ce monde où la justice tue
Le spectre de la juste vengeance est bien là
Avec toutes ses armes admises pour se défendre
Sa chaise électrique, sa chambre à gaz et ses piqûres

Bruno Quinchez dans ses œuvres

La chanson triste

C'est la chanson morose
De celles que l'on chante
Aux temps de chlorose
Et des tombes béantes

La ! La ! La ! La !

Le petit enfant qui naît
Suce bien son pouce
Et boit bien son lait
Pour lui la vie est douce

La ! La ! La ! La !

Maman est bien là
Avec son petit papa
Petit bout grandit
Il n'est plus petit

La ! La ! La ! La !


Petit bout va à l'école
Il a grandit et il vole
Comme un étourneau
Ou un petit oiseaux

La ! La ! La ! La !

Le petit oiseau grandit
Et devient petit coq
D'une basse-cours pardi
Le petit coq est rock

La ! La ! La ! La !

Petit coq chante très fort
Il n'a pas peur de la mort
Des amis qui l'aiment bien
Ne lui parlent que des siens

La ! La ! La ! La !

Petit coq grandit encore
Il aperçoit une belle femme
Et en rêve quand il dort
Il brûle d'une grosse flamme

La ! La ! La ! La !

Un jour ou l'autre vient
Où il rencontre l'amour
Son amour sera le sien
Mais elle ne lui dit pas toujours

La ! La ! La ! La !

Petit coq qui meure d'amour
Et il crève d'envie ce jour
La vie ne vaut pas le coup
Et il souffre beaucoup

La ! La ! La ! La !

Un jour on lut dans le journal
Un homme meurt d'amour
Pour une femme très banale
La nuit, il n'avait pas de recours

La ! La ! La ! La !

Cette histoire est bien tragique
Petit qui a grandit est mort ce jour
Que c'est triste et pas très érotique
Que toute mes histoires d'amour

La ! La ! La ! La ! 

Bruno Quinchez dans ses œuvres avec un petit emprunt à Baudelaire

Récitation

Un enfant se lève et il nous récite alors d’un regard
La fable de la fontaine le Corbeau et le Renard
L’enfant ne voit que ce corbeau vaniteux et retors
Et le renard lui déplait aussi car il dit alors :

Maître corbeau sur son arbre de pauvre assisté
Tenant dans ses mains le sort de la France
Monsieur du Renard par son bulletin très désiré
Avait devant lui, tous les rêves d’une belle enfance

A ces mots le maître de la classe le reprend
Non Kévin! Ce n’est pas la fable! Si tu comprends
Maître corbeau avait un fromage dans son bec
Et maître renard voulait faire bombance avec

Kévin très surpris lui répondit vous savez monsieur
Quand je vois mon père qui me parle avec sérieux
A ses électeurs et tous les gens de notre commune
La fontaine est bien vieux et ma récitation plutôt opportune

Kévin je ne doute pas que ton père est notre maire
Mais pour les récitations, il y a encore fort à faire
Sans doute ta morale vaut-elle celle de La fontaine
Mais sache Kévin que ta récitation est une calembredaine

Kévin lui répondit cette leçon vaut sans doute un fromage
Et à Jean de la fontaine ainsi je rends alors un bel hommage
A ces mots le maître répondit à cet élève opposé et original
Vous aurez un dix, ce qui est la moyenne, et c’est le point final

Kévin pas très heureux se rassit sur son banc, déçu de sa prestation
Et il jura un peu tard qu’il ne lirait plus des tracts politiques
Et qu’il s’en tiendrait à l’art de la rime et le monde poétique
Ainsi il apprit que l’école est bourrée de mauvaises fréquentations

Bruno Quinchez dans ses œuvres 23/04/2012

Un cri vers Dieu

Ce matin, à mon réveil, vers huit heures, en me levant
J’entends comme un grand cri, un vrai appel à l’aide
Mais je ne saurais jamais d’où me venait cet appel
Non je ne suis pas un Dieu car je suis bien trop impuissant

Pour pouvoir combattre, avec mes petites mains, le cœur à nu
Il me vient ainsi cette idée que j’ai besoin encore et encore
D’un soutien amical ou un désir d’une justice protectrice
Quelques chose d’immanent comme un Dieu défenseur

Ainsi moi qui me prends pour lui, ainsi j’ai besoin de lui
Il ne me sert à rien de proclamer la justice, sans sa justice
Certes il existe des justes mais ils ne sont ainsi justifiés
Que par d’autres hommes et ta Justice qui reste éternelle

Concernant Dieu, vous savez , je peux très bien m’en passer
Mais sans cette justice notre monde est un monde effroyable
Vous pouvez sans doute abandonner facilement l’idée d’un Dieu
Mais jamais vous ne pourrez oublier cette Justice de Dieu

Bruno Quinchez dans ses œuvres

NB je sais que c'est de la provocation et je le reconnais pour les athées de tous bords qui pullulent sur ce site techno-sciences mais il n'y a pas d'autre justification à l'idée de justice, il n'y a qu'à voir ce que donne l'idée de justice dans n'importe quel gouvernement autoritaire... Maintenant ce forum est ouvert à tous les débats Si c'était aussi simple j'en rigolerais avec vous !  Non c'est une quasi réalité, j'ai du entendre ma voisine qui a des bisbilles avec son mec

Sur l'homme et la planète

Je n'ai pas tellement envie de crever tout seul
Dans une Terre stérile et une humanité unique
Les saloperies que nous faisons à la planète
C'est d'abord à nous-mêmes que nous les faisons

Un ego d'humains est insupportable devant le carnage
Il n'est pas sûr que nous pussions vivre dans un désert
Et nos enfants à venir, ils nous demanderont des comptes
Il n'est pas dit que nous pussions vivre sur une terre stérile

La Terre n'est pas faite pour que l'homme la détruise
Arrêtez donc avec cette connerie de dire que l'homme en est le maître
L'homme est de la Terre, c'est sa seule terre sans remplacement
Nous sommes condamnés à vivre dessus pour le meilleur et le pire

La Lune se couche et moi je me lève

C'était la fin du mois d'août
Ceci vers les 6 heures du matin
J'étais levé et je vis cette ronde Lune

Qui se couchait à l'horizon en plein Ouest
Plantée là sur les toits de Paris
Avec ses antennes de télévision

Une virgule

Une virgule que j’écris dans le ciel, Là ! Tout près d’une étoile
Je sais ! C’est ridicule mais pas plus qu’un trou noir existentiel
Ou une Lune soumise, aux caprices des hommes d’argent
Dans le ciel s’écrivent nos vies qui viendront demain

Et si je sais que je ne trouverais que moi-même là-haut
Tous les rêves dorés des boursiers, ces vampires d’aujourd’hui
Je ne sais s’il y a des anges ou des démons tout là bas
Nous sommes suffisamment intelligents pour les inventer

Nous échappons à l’enfer et nous échappons au paradis
Car nos rêves sont ceux du confort et des plaisirs tarifés
Nos rêves d’immortalité qui se contentent des vampires
Nos rêves sombrent dans toutes les jouissances de l’instant

L’infini est un concept d’horizons, nous avons une limite
Et cette limite ce n’est que celle de toutes nos croyances
Nous ne croyons plus que tout soit possible, ça non !
Car nous avons fait de la science une vérité éternelle

La science nous dit des horreurs sur notre avenir
Que nous allons finir dans un trou noir ou un désert
Et que l’univers n’entendra pas nos cris dans le noir
Il n’y pas d’espoir pour cet univers sans lumière

La lumière d’un Dieu ou d’un soleil qui brille
Je sais seulement que la raison est trop raisonnable
Et que jamais cette raison n’envisage sa vraie fin
Il n’y a pas plus déraisonnable que la raison des savants

Et j’écris cette virgule dans le livre de la vie
Petite virgule ridicule entre deux mots très importants
Comme aimez-vous, et aimez toutes choses qui vivent
Il y a dans le ciel, une virgule qui rigole comme une baleine

Bruno Quinchez dans ses œuvres
 

L’eau

L'eau qui coule, elle est là tellement évidente
On lui demande rien sinon d'être toujours là
Elle dévale des pentes de la montagne
Elle s'insinue entre les rochers elle coule

Puis elle forme un ruisseau dans les prés
Elle perd sa transparence et elle devient verte
Avec des micro algues qui l'oxygènent encore
Quelques poissons empruntent son courant

Puis elle grandit encore et devient une rivière
Et là comme une grande elle porte un nom
Celui des ondines gauloises des temps anciens
Mélisse, Méta, Paname ou la belle Marne

Avant de devenir un fleuve qui charrie des bateaux
Elle relie les villes du pays par des trafics divers
Après avoir fait bien tout son travail de fleuve
L'eau douce se jette dans la mer salée

Et elle est, des vagues et des courants sans partages
Le soleil qui la chauffe la transforme en nuages
Qui repartent lentement empotant la pluie
Quelques pluies tombent sur la montagne

Et tout le cycle de l'eau recommence
Parfois pluies, parfois brouillards ou neiges
Sans elle il n'y aurait pas la vie sur terre
L'eau qui vient, qui passe et qui s’écoule

Bruno Quinchez dans ses œuvres

L ‘autre    

L'autre qu'on regarde de sa chaise
Tout en s'occupant de son assiette
Qui parle de choses que vous ignorez
Un autre monde et une autre vie

Il est le sujet de conversations
Sur les piliers du bar à vins
Sans doute a-t-il des rêves différents
Des enfants, une femme et un chat

Il doit aussi me regarder moi
En se posant les mêmes questions
Mais je ne sais pas comment il me voit
Et si son regard, il est bienveillant ou autre

Quand je me regarde dans le miroir !
Je sais bien que c'est encore moi que je vois
Car je connais tout de moi-même
Tous mes défauts et toutes mes qualités

Tandis que lui, cet autre il est bien là
Un irréductible inconnu et il me toise
Sans doute! Dois-je lui parler!
Bons Jours ça va chez vous ?

Un Poème de Bruno Quinchez

Deux roses

Ce sont deux roses entre deux âges de la vie
Une rose qui est épanouie depuis peu de temps
Et une autre, celle là, elle a vécu plus longtemps
Elles illuminent ma vie et toutes deux me sourient

A l'origine elles sont toutes deux d’un beau jaune d'or
Mais en vieillissant, elles changent et elles bougent
La plus mûre est liserée d’une fine bordure rouge
Tandis que la plus jeune est jaune sans remord

Je les aime toutes les deux qui sont d'âges divers
Une femme mûre elle reste belle malgré le temps
Et une fleur fraîche, c’est avant tout celle du moment
Je sais des femmes mûres et des fleurs de mes hivers

Je ne saurais jamais entre elles choisir… Ho non ça non!
Entre la lumière tragique de cet amour toujours canon
Et la tendresse fragile donnée par cette fleur suave de l'été
Je ne sais que jamais, toutes celle là je ne les ai en moi rejetée

Le tragique quotidien dans une vie banale c'est bien de vieillir
Et d'accorder une place, à toutes sans jamais oser les cueillir
Je sais des fleurs éphémères et uniques qui meurent d’instants
Et des lumières prodigieuses qui nous viennent aux bons moments

Je vois deux roses différentes sous mes yeux de jardinier
Et je ne sais bien si je dois l'accepter ou bien les nier
J'aime la fragilité de ces deux roses qui fleurissent ici
Et à chacune, dans l’instant, je ne sais que leur dire merci

Bruno Quinchez dans ses œuvés

Étonnez-moi!

Pour croire encore faut il désirer
Notre société de consommation
Elle a tué les vrais désirs humains
Pour nous vendre du n'importe quoi

Il faudrait faire le jeûne des médias
Et aller tranquillement se ressourcer
Dans un ailleurs imprévu et imprévisible
Loin des marchands de certitudes

Je hais ce monde qui me vends
Des choses toutes prêtes à consommer
Notre monde crève de ses certitudes
Alors monsieur! Etonnez moi encore

Bruno Quinchez dans ses œuvres
 

Un grand classique ma version Le cancre

Le cancre

Le cancre, il est célébré par tous les poètes
Mais il agace beaucoup par ses fantaisies
Il y a certains profs qui l'aiment bien

Tandis que d'autres, ils le pensent incurable
D'une bêtise crasse, celle qui rends très modestes
Tous les précepteurs, tristes devant leurs ambitions

Le cancre, c'est est un poète qui reste sans ambitions
Il fait toutes ces erreurs, et elles vous font sourire
Il est toute innocence et il est tout fragile

Les bons élèves, ils le jalousent tous
Car pour quelques raisons inconnues, c'est le chouchou
Il surprend toujours le maître par ses réponses

Tout un monde, bizarre que le maître ne connaît pas
Mais avec l'âge le cancre disparaît dans le confort
Et il devient un homme ordinaire avec ses petits problèmes

Il est alors soit dans une société commerciale
Ou alors il se lance dans le monde politique
Demandez à tous nos hommes politiques

S'ils étaient de bons élèves quand ils étaient enfants
Certains, ils vous mentiront sans vergogne
Tandis que d'autres, ils vous montreront leurs cœurs

Bruno Quinchez dans ses œuvres

La Pluie

La pluie est là, elle tombe sur nous sans fin
Avec ses gouttes, bien froides et incessantes
Et elle mouille tous nos vêtements protecteurs
Nous sommes de ces éponges qui se mouillent

Et cette pluie, elle est partout, de ça et de là
Elle crépite sur les arbres, sur le goudron noir
Quelques passants sous leurs parapluies ouverts,
Attendent la fin de cette averse, bien abondante

Quelques flaques se forment sur les trottoirs
Des chiens mouillés, passent en gémissant
La pluie a cette odeur acre de terre mouillée
Mais les chiens ont l'odeur de leurs existences

Les nuages déversent ainsi toute leurs humeurs
Le soleil reste caché, derrière le rideau de pluies
Sans doute verrons-nous un arc dans le ciel
La pluie cafardeuse continue encore un peu

Les gens de la terre, ils aiment cette pluie exécrable
Qui alimente en eaux, la terre qui nous nourrit
Mais j'attends encore la fin de ces averses froides
Je sais des soleils chauds, je sais aussi des averses

Bruno Quinchez dans ses œuvres

Nietzche et le surhomme

Dans le surhomme Nietzche il nous parle de dépasser l'humanité,
Et de penser un homme sans Dieu et sans maitre
Où la morale vient de son humanité et pas d'une transcendance
Cela en opposition aux églises de cette époque,
Qui péchaient la soumission et l'obéissance
Il a été très mal compris car beaucoup ont pensé à un super prédateur
Dans la chaine de l'évolution... Darwin c'est de la même période historique
Le darwinisme social était courant à cette époque (Voir Dalton)
Le surhomme est avant tout un être moral et responsable

Bruno Quinchez quelques propos en réponse sur le surhomme

Paysages d’hivers

Paysages blancs des hivers
Avec toute la neige vierge
Sur laquelle un silence
Des matins d’un hiver

Ce sont des pages blanches
Où nous rêvons d'écrire
Dans le froid de la neige
Des poèmes provisoires

Puis nous y allons dessus
Et nous laissons nos pas
Qui s’écrivent en creux
Sur les chemins de l’hiver

Bruno Quinchez dans ses œuvres

Sur une dame d’internet

Faut pas chercher je l'obsède
Il ou elle croit que je lui parle la nuit
Et il ou elle, me regarde dormir
Il y a des dingues partout

Petits emprunts bibliques

Au début était le verbe
Et le verbe dit :
Que la lumière soit !
Et la lumière parue
Et le verbe vit que la lumière éclairait
Le verbe vit plein de choses bizarres
Qui étaient avant cachées dans le noir
Comme des petits homuncules grouillants
Le verbe compris alors qu'il avait bien fait

D'éclairer sa lumière pour voir alentours
Le verbe vit son gourbi et se dit
Bon Dieu! Il va me falloir nettoyer tout ça!
Alors le verbe se créa des assistants

Ainsi il créa les anges qui le servaient
Mais quelques uns avaient des idées de rangement
Le verbe n'était pas d'accord
Pour qu'on touche à ses affaires

Ainsi fut ! Et depuis
Le bordel cosmique continue,
Le verbe dû faire face
A des revendications diverses
Et la lutte des crasses commença

Bruno Quinchez Paris 9 avril 2009 un extrait d'un de mes recueils paru en 2010

Il était une foi

Dieu dit : «Je ! »
Et, il posa ainsi le premier acte de foi
Puis Dieu dit : « Que la lumière soit ! »
Et la lumière fut

Puis Dieu passa aux éléments
Dieu créa le ciel, la Terre et la mer
Dieu trouva cela «Bon, mais nettement insuffisant ! »

Alors Dieu pour se distraire
Créa les animaux et créa les plantes
Puis en fin des fins
Dieu créa l’homme à son image et à sa ressemblance

Puis Dieu perplexe devant sa création
Il eut l’ombre d’un doute
Dieu créa alors le libre-arbitre
Cela pour lui-même

Et l’homme que Dieu avait créé
A son image et à sa ressemblance
L’homme se gratta le front de perplexité
Et il dit : «Dieu existe-t-il ? »

Bruno Quinchez Moran sur/orge mars 1992
Premier prix humour Athanor Brest 1992

Quelques jours avant Noël

C'est la fin de décembre qui arrive
Encore quelques jours à passer
C'est Noël et le Jour de l’An 2014
Cette année 2013, elle est quasiment finie

Les pères-Noëls qui s'approvisionnent
Et les grands yeux de tous les enfants
Je vois ma petite voisine et sa mère
Elles préparent depuis un mois Noël

Je ne sais pas trop si la gamine est dupe
Mais ça fait plaisir à la mère et grand-mère
Elle a fait aussi un calendrier de l'avent
Avec plein d'histoires, très morales

Je sais que ma voisine elle est athée
Et qu'elle se fout bien du gars Jésus
Mais elle a aussi fait une crèche chez elle
Car il y a encore une part d'enfance

Entre aujourd'hui et Noël, je vois bien
Tous les préparatifs des pères Noël
Il y a dans tous ces pères Noël là
Comme un rêve d'enfance resté intact

Après Noël vient la saint Sylvestre
Et aussi son foie gras et ses huîtres
J'ai déjà eu des problèmes avec les huîtres
Qui gigotent en bougeant dans mon œsophage

Pour l'année qui viendra bientôt
Pour tous les enfants que nous restons
Pour le temps qui passe et celui qui vient
Je vous souhaite de bonnes fêtes à tous

Bruno Quinchez dans ses œuvres

La Lune ce soir

Ce soir la lune se couchant, elle joue la virgule
Et déjà, la nuit avance et la lumière recule
Pas d’étoiles encore mais une demi-obscurité
La lune joue entre la ponctuation et l’éternité

Sur les toits de paris des antennes plantées
Captent des nouvelles images de l’instant donné
La belle à la virgule, est simple et abandonnée
Que dire de ces choses qui ne se sont jamais décantées ?

La lune est sous le minaret, elle prie Allah
Pour d’autres elle parle de tous les falbalas
Et dans les cieux maintenant n’est que cédille

Les hommes toujours ne parlent que d’un cul,
Ronde lune qui s’arrondit un paysage joufflu
La lune est aussi parfois cette jolie petite fille

Paris premier Février 2006...Photographie premier Février 2014

Tous les mages et les savants

Il y a dans ce ciel, des choses écrites à déchiffrer
Tel est le mot d'ordre lancé, la réalité est à défricher
Depuis cinq mille ans, entre les sages et les mages
Pythagore parle du monde des chiffres pour image

Notre temps me rappelle tous ces les mages d'autrefois
Qui scrutaient tous les astres dans le ciel à la lunette
Et ceux là qui voyaient des grandes coïncidences parfois
Entre ce qu'ils croyaient et ce que leur disaient les planètes

Et ils faisaient des gros almanachs avec des prévisions
Sur tous les événements à venir, ils avaient des visions
Puis la science, elle avança et elle commença à s’intéresser
Aux positions des planètes et cela sans jamais cesser

Ils commencèrent à donner des noms bizarres aux étoiles
Nous passons de la constellation du Capricorne à la Boussole
Qui est encore une découverte récente, celle qui ouvre les voiles
Entre la vieille constellation mythique et objet de la bricole

Les savants? Eux! Ils ne croient plus aux coïncidences
Et ils croient pouvoir tout calculer et aussi la providence
Alors le diable calculateur, il remplace le vieux hasard
De ces fous qui épuisent le monde dans un grand bazar

Arrive la synchronicité, la fille de l’aléatoire existentiel
Elle cache un réel bien plus simple ou plus démentiel
Celui de la foi, celle que nous mettons dans nos regards
Le chaos restant encore, toute la malice des bavards

Bruno Quinchez dans ses œuvres

Propos sur certaines pratiques psychiatriques

Dans les années 50,  il existait des chirurgiens
Qui croyaient pouvoir intervenir sur le cerveau
Et qui pratiquaient des opérations sur des patients
Cela pour leur éviter de souffrir,

Ces lobotomies étaient considérées comme un progrès,  
En ce qui concerne les facultés parapsychologiques
Comme les phénomènes de télépathies etc.
Nous en sommes quasiment aux mêmes stades

C'est à dire qu'on ne sait rien de ces phénomènes
Et des psys bien intentionnés, ils font parfois
Plus de dégâts que s'ils s'étaient abstenus

Anesthésier la douleur avec des médocs
Ce n’est pas soigner des trucs bizarroïdes
La réalité ce n’est pas que de la chimie

Bruno Quinchez dans ses œuvres

Météo in Paris

Ce soir il fait beau à Paris
Un véritable temps de mai
En ce début du mois de mars
Certains se croient en été

Je ne sais pas la température
Mais on a eu droit encore
A l'alerte à la pollution
Avec un air irrespirable

Oui la terre se réchauffe
Nous n'avons pas eu d'hiver
C'était trop doux et pas de gel
L'année dernière tout avait gelé

J'ai fait quelques plantations
Des œillets dans deux pots
Après cet hiver trop doux
J'espère un été normal

Mais c'est quoi normal ?
Le temps se détraque !
Regardez aux USA !
Ils ont des hivers très froids...

Je ne sais pas pour demain
La météo, elle dit des trucs
Le climat, il dit autres choses ;
Alors on verra bien

Bruno Quinchez dans ses œuvres

Maison de verre

Un provisoire qui dure ou une éternité en attente
Je ne sais pas trop ce qui est, ce qui reste et ce qui vient
Ils voudraient sans doute, des choses toutes faites
Où il n'y aurait rien à changer du genre préfabriqués

Alors que le palais idéal n'a pas de plans définitifs
Car s'il est à construire et il dépend de beaucoup
Comme de savoir comment vous occuper l'espace
Combien de fois avez-vous saccagés vos rêves?

Pour construire en dix fois mieux qu'avant
Nous sommes des cons-sommateur de virtuels
Nous ne savons plus nous engager dans un rêve
Le grand soir, le paradis, l'idéal de vie

Ce ne sont jamais que des choses dans un monde
Qui a la fixité des pierres et la durée des étoile
Je ne sais pas si un jour, vous vous contenterez
D'un présent stable sans la mouvance des envies

Je suis un dinosaure de l'antique monde de l'écrit
Je ne connais pas ce monde, des virtualités de réseaux
Vous pensez comme des fantômes de fantasmes
Je ne sais pas si ce monde existe bien encore

Les machines ne sont pas des greffons de vous-même
Mais elles permettent de vous démultipliez en mille choses
Le stable celui qui reste est en dehors des réseaux
Comme cette réalité puante et irrespirable de la vie

Le printemps ça existe en dehors d'ici est là
La nuit je me lève en pensant voir les étoiles
Mais les étoiles continueront bien d'exister
En dehors de la maison de verre des réseaux

Bruno Quinchez dans ses œuvres

Attendre

Attendre, voir, écouter, ne rien dire
Attendre des jours meilleurs écouter le candidat
Et se faire pour soi toute sa conviction personnelle
Encore espérer dans tout ce monde politique

Attendre, voir, écouter, toujours ne rien dire
Attendre des jours meilleurs et parler plus fort
Aller dans un meeting et proclamer bien haut
Tout son espoir dans le grand homme politique

Attendre, voir, écouter, toujours ne rien dire
Coller des affiches sur tous les murs de la ville
Passer dans les médias qui veulent bien vous passer
Gueuler bien fort toutes ses convictions, continuer

Attendre, voir, écouter, toujours ne rien dire
Dans une élection il faut un gagnant et un perdant
Soudoyer les médias pour le petit rien qui change tout
Assassiner son adversaire en dévoilant tout sur lui

Attendre, voir, écouter, toujours ne rien dire
Attendre l’élection dans un groupe de fans
Croire au père Noël ou croire que demain on rase gratis
Un soir d’élection, savoir si on est un perdant ou un gagnant

Attendre, voir, écouter, toujours ne rien dire
Alors attendre les résultats devant sa TV
Votre candidat est élu à 50,1 % des voix
Ou battu avec un score tout aussi honorable

Attendre, voir, écouter, toujours ne rien dire
Le soir refaire tout son monde avec le candidat
Vaincu ou vainqueur, c’est bien encore le même homme
Et Attendre, voir, écouter, toujours ne rien dire

Attendre, voir, écouter, toujours ne rien dire
Se construire un lendemain de rêves avec le candidat
Attendre, voir, écouter, toujours ne rien dire
Demain est un autre jour et nous, on verra bien

Bruno Quinchez dans ses œuvres

Écritures

L'auteur quelques parts
Perdu dans les pages
De son grand bouquin
Disparait et il s'oublie

Parmi toutes ses fictions
Celles-là qu'il a déjà écrites hier
Et toutes celles-ci qu'il écrira
Dans un autre livre à venir

Là! Il laisse quelques traces
De lui-même ou d'un autre
Dans tous les personnages
Inventés ou non-inventés

Il vacille entre rêves et réalités
Entre un héros tout à sa mesure
Et quelques aventures incroyables
Alors Il mène son enquête

Bruno Quinchez dans ses œuvres

L'amour et l'Internet

Non! Je suis ailleurs et je ne suis pas vraiment ici avec vous
Pour moi vous me semblez vraiment une très lointaine anonyme
N'y aura-t-il jamais quelques choses de commun dans cette vie?
Qui nous rassemble tous les deux, cela dans un même lieu

Je vous sais bien là sur le site, mais je vous sais aussi là bas
Dans une fiction lointaine celle qui me reste de vous-même
Etes-vous très belle madame? Monstrueusement belle
Comme tous les canons de la beauté contemporaine

Ou avez-vous ce léger petit défaut de presque rien du tout
Comme un léger zézaiement dans votre petite voix fluette
Avez vous les yeux, verts, bleus, noirs gris ou vairons
Vous restez un mystère et cela reste votre vrai charme

Sur le net, ils vendent aussi de la chair fraîche à l'étal
Au kilogramme, avec aussi marqué le poids de cette viande
Quelques considérations sur le niveau de vie, des connectés
Pas vraiment des sentiments; il n'y a que du prêt à consommer

Il y a dans toutes choses amoureuses, celles que j'ai écrites pour vous
Comme cette envie d'être heureux ensemble, cela sans regrets
Moi je vois dans toutes les femmes qui recherchent sur le net
Comme des marchandises, toutes prêtes à être consommées

Comment alors? Pouvoir vous dire tout l'amour du monde
Dans un monde qui est sans pudeur, ni sans restriction aucune
Sur le désir, le plaisir et sa consommation tarifées ou monnayable
Non! Moi! Je souffre! Car je ne veux pas être une marchandise

Bruno Quinchez dans ses œuvres


Possession ?

Posséder ? C'est vraiment une drôle d'idée,
Il y a des choses que rien ne permet de posséder,
Comme l'amour, le désir, la confiance, l'éternité
Et j'en passe et des meilleures

Graver dans le marbre Acrostiche

Gavé de toutes les certitudes
Rien que pour une vérité
A tous cette seule attitude
Véritable est la seule bonté
Entre aimer et être aimé
Recherche d’un ami sincère

De celui qui reste un mystère
Avec la vie, un être confirmé
Nuées blanches dans un ciel bleu
Songes qui est donné par le feu

Las ! Etre le dernier homme
Entre le rire et une pomme

Masques d’anonymes bavards
Avec des silences très braillard
Rien ne vaut une belle rime
Bien que cela soit un crime
Rires certes ! Avec des mots riches
Essayez de faire des acrostiches

Bruno Quinchez dans ses œuvres le 28/08/2013

Captures

Capturez un presque rien
Et le mettre dans une cage
Capturez une lumière insolite
Et la mettre dans votre nuancier

Capturez un regard donné
Vouloir en faire son amour
Capturez le papillon de la vie
Pour l'épingler sur la planche

Non! Surtout ne pas capturer
Laisser vivre et le savoir
La chasse est toujours ouverte
La vie doit persister...

De la conservation des Murs...

Je m'ennuie à vouloir,
Tout reconstruire et tout détruire...
Des murs de mon ennui,
Tous ceux de ma triste vie

J'ai vu un mur à Berlin,
J'ai vu un mur en Israël
Séparant pour mieux diviser,
Séparant pour mieux régner...

J'aimerais mieux construire
Une maison avec quatre murs,
Et une porte ouverte aux quatre vents
Mais je n'ai que les murs de mon ennui

Je ne rêve pas et Berlin se construit
Avec des milliards d'Euros
Avec des millions d'allemands
Des allemands de l'Est et de l'Ouest

Mais où est passée la maison du peuple?
Elle a été détruite avec le mur
Car elle ne rapportait pas d'argent
Car elle n'était pas rentable...
Pour notre époque de rentiers

Il existe toujours ce mur à Berlin
Ce n'est pas du béton
Mais dans toutes les têtes
Celle des Westies, celles des prolos

Un mur celui de l'ennui existe encore
Mais que dire de celui de Sharon ?
Peut être qu'israël à de la Nostalgie
Celui de tous les Ghettos d'hier..
Celui de Venise, celui de Varsovie

Dans les têtes, il est bien solide
Ce mur de l'incompréhension
Celui de cet ennui qui nous ruine
Un mur plus solide que vous ne croyez

Le Mur solide de la différence
La différence des Classes
La différence de la religion
La différence d'avec tous ces autres

Ces autres qui vivent au delà du mur
Le Mur de Berlin, le Mur de Sharon
Le Mur Soviétique, Le Mur Sioniste
Le Mur du Ghetto, Le Mur de la Honte

Mais j'aime vivre entre Quatre murs
Avec une porte ouverte aux quatre vents
La Bêtise est plus solide que le Béton
Le Vent n'entame jamais un mur de Bêtise

Le Temps efface, le Temps détruit
Toutes les haines et tous les amours
Les Murs de Bétons redeviennent sables
Un mur de bêtise est encore bien plus solide...

Bruno Quinchez le 30 novembre 2004

Quelques nuances

Commun, communisme, communauté
Trois mots qui sont si proches
Mais dont les sens sont chargés
Et lourd d'un contentieux historique

Cela je n'en doute pas
Chez-moi ce n'est pas chez-vous
Je ne crois pas trop à un communisme
Où tout serait partagés par tous

Nous avons tous nos limites
Dans nos rêves personnels
Nos envie des autres
Et la violence pornographique

Celle qui est liée au regard
Cela date de longtemps
Je suis pas sûr qu'on soit capables
De vivre pour les autres

Tout en s'oubliant
Ceci dit la communauté humaine
Cela reste une réalité sociale
Le communisme intégral

C'est une utopie invivable
Pour tout les humains
Partageons nos vies
Mais aimons nos différences

Bruno Quinchez dans ses œuvres en réponse à Nico17

Le Hasard et la Poésie

Si ça vous intéresse vous faites Poésie + Aléatoire
Sur votre moteur de recherche,
 Il y a des gens qui créent des algorithmes
Et des structures aléatoires...

Le hasard fournit des juxtapositions de mots,
Cela en dépit de la syntaxe, de l'orthographe,
De la grammaire et du sens...
On peut parler de mélanges aléatoires...

Les oulipiens comme Raymond Queneau,
Philippe Soupault et autres,
Dans les années 1960-70-80-90,
Ils avaient faits de ces choses pour casser la phrase

Et trouver des nouvelles associations de mots,
La seule et dernière règle qu'ils acceptaient...
C'était de respecter les structures grammaticales,
Afin qu'elles puissent ainsi être analysées

Comme des phrases ou des morceaux de phrase...
Ils partaient en général, de textes originaux
Ou de listes de mots choisis, pour les ré-arranger
Selon leurs propres contraintes...

Le moteur de recherche Google,
Il fabrique à votre demande des haïkaïs
Qui respectent la règle des 5/7/5
Mais pour le sens de ces haïkaïs,

Il ne faut pas chercher vraiment une signification
Dans des phrases qui sont construites au hasards
Dans notre réel mais admettre toutes
Les associations possibles et bizarroïdes...

Bruno Quinchez dans ses œuvres

Aux petits matins

Se lever calme, très tôt au petit matin
Avant que le soleil ne se lève à l'horizon
Que l'on soit en ville ou dans la campagne
Pour interroger ce jour qui nous vient

Ne pas attendre des signes des temps
Dans un ciel lointain qui est resté muet
Dans le matin se poser des questions
Bien avant que le soleil paraisse là bas

Et dans ce petit matin, écoutez, écoutez
Ecoutez la vie qui vient et qui s'éveille
Quelques bruits, dans la nuit qui finit
Entre des moteurs qui sont en action

Et des odeurs de ce café bien frais
Voir! Tout ce qui vient et tout ce qui va
Quelques fois, et bien avant l'aube
Regarder toutes les étoiles lointaines

Penser à tous ces humains tangibles
Des hommes et aussi des femmes
Qui vivent mal ou alors pas vraiment
Demander et encore oser demander

Ne pas avoir peur de crier, crier
Pour nos enfants nos petits enfants
Qui dans un matin se lèvent aussi
Avec un ventre qui est resté vide

Alors dans le matin priez, priez
Mais moi je ne sais plus trop qui
Et alors criez, criez, très, très fort
Dans un matin, bien avant l'aube

Bruno Quinchez dans ses œuvres


Le chiasme métaphysique

Un chiasme est une figure littéraire
consistant dans une phrase à intervertir deux mots
Dieu fit l'Homme à son image,
ce qui pour nos contemporains,

l'Homme a fait Dieu à son image
La culture est une construction historique,
L'Histoire est une construction culturelle…
La logique permet la déduction,

la déduction permet la logique
La lumière visite le réel,
Le réel visite la lumière
La musique est un chant de l'âme,

lL chant de l'âme est musique
Le silence accepte le repos,
Le repos accepte le silence
Soit l'idée de Philosophie existentielle

L'existence précède l'essence
Cela donne un autre concept philosophique
lLessence précède l'existence
Ce qui serait un début de philosophie idéaliste

Bruno Quinchez dans ses œuvres

Sonnet pour les dames du temps passé

Ces douces dames, elles ont assez peur!
Et elles me manquent beaucoup Thomas
Elles restent cette lumière du petit bonheur
Toutes des fleur fragiles, et sans falbalas

Et quelques fois, il y a quelque grimaces
Entre se faire traiter, de petites limaces
Ou d'un songe creux, qui reste sans avenir,
Cette nostalgie, celle-là hante mon souvenir

Je me sens tout prêt, à leur écrire encore
Pour toute ses dames enfouies que j'adore
Beaucoup de choses qui paraissent idiotes

Entre leur faire des sonnets, tous amoureux
De ceux là qui parlent de leurs beaux yeux
Ou bien de ces choses, bien plus rigolotes

Bruno Quinchez dans ses œuvres

 

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Poème en Gros et Demi gros...Journal "La Rue Des Poètes"... septembre 1998

Une compilation de textes qui a été scannée sur le journal "La rue des poètes" N° 28  de septembre 1998, poètes de l'association Poèmes en Gros, Demi Gros et Détail, des textes mis en format image PDF

 

Compilation poeme en gros et demi gros revue la rue des poetes septembre 1998 format pdfcompilation-poeme-en-gros-et-demi-gros-revue-la-rue-des-poetes-septembre-1998-format-pdf.pdf (12.37 Mo)

 

Poème en gros demi gros... journal rue des poètes de juillet-août 1998

Une compilation de textes, scannée sur le journal "La rue des poètes" N° 26-27 de Juillet-août 1998 de l'association gros, demi gros et détail, contrairement aux autres fois, je pense qu'il y avait des choses intéressantes qui n'etaient pas dans la typographies classique et là ce sont des fichiers images que j'ai rassemblées en format PDF

Compilation poemes en gros demi gros juillet 1998 format pdfcompilation-poemes-en-gros-demi-gros-juillet-aout-1998-format.pdf (14.25 Mo)

Des MP3 vrac de vrac d'archives du passé 2ième partie

Il y eut un matin il y eut un soiril-y-eut-un-matin-il-y-eut-un-soir.mp3 (2.15 Mo)

Imperium pour des enfants sagesimperium-pour-des-enfants-sages.mp3 (563.43 Ko)

Indigneindigne.mp3 (1.39 Mo)

Infiltrationsinfiltrations.mp3 (932.77 Ko)

Iseambe de la foretiseambe-de-la-forêt.mp3 (4.55 Mo)

Jardin a parisjardin-a-paris.mp3 (1.1 Mo)

Je est un autreje-est-un-autre-.mp3 (489.25 Ko)

Je est un autreje-est-un-autre.mp3 (727.46 Ko)

Je hais l automneje-hais-l-automne-.mp3 (4.02 Mo)

Je laisseje-laisse...mp3 (3.2 Mo)

Je suis fouje-suis-fou.mp3 (3.12 Mo)

Je suis laje-suis-là.mp3 (1.14 Mo)

Je veux une medailleje-veux-une-medaille.mp3 (797.24 Ko)

J ecrisj-écris.mp3 (1.79 Mo)

Janvierjanvier.mp3 (382.32 Ko)

Juilletjuillet.mp3 (1.98 Mo)

Joyeux noel 2010joyeux-noël-2010.mp3 (1.59 Mo)

J veux etre le championj-veux-etre-le-champion-.mp3 (1.04 Mo)

J veux etre le championj-veux-etre-le-champion.mp3 (915.2 Ko)

J veux etre le champion 2j-veux-etre-le-champion-2.mp3 (1.14 Mo)

J veux une medaillej-veux-une-medaille.mp3 (928.44 Ko)

La neigela-neige.mp3 (1.39 Mo)

La chanson des grenouillesla-chanson-des-grenouilles.mp3 (1.21 Mo)

La chanson du bon dieula-chanson-du-bon-dieu.mp3 (1.97 Mo)

La chanson tristela-chanson-triste.mp3 (2.68 Mo)

La chanson triste 2la-chanson-triste-2.mp3 (3.06 Mo)

La chenillela-chenille...mp3 (639.33 Ko)

La complainte du nucl airela-complainte-du-nucléaire.mp3 (2.03 Mo)

La femme qui est tout l a basla-femme-qui-est-tout-là-bas.mp3 (1.78 Mo)

La fin des haricotsla-fin-des-haricots.mp3 (1.21 Mo)

La foi qui conserve les montagnesla-foi-qui-conserve-les-montagnes.mp3 (1.96 Mo)

La foi qui preserve la montagnela-foi-qui-preserve-la-montagne.mp3 (1.7 Mo)

La foi qui sauve les montagnesla-foi-qui-sauve-les-montagnes.mp3 (1.81 Mo)

La fredainela-fredaine.mp3 (1.16 Mo)

La montagne slamla-montagne-slam-.mp3 (647.63 Ko)

La montagne tentative de slala-montagne-tentative-de-slam.mp3 (1.5 Mo)

Le fouetle-fouet.mp3 (4.26 Mo)

Un jour qui vient 1un-jour-qui-vient-1.mp3 (1.24 Mo)

Nota Bene il existe un peu plus de 150 fichiers MP3  de mes poèmes qui ne sont pas mis ici sur ce site, ceux là qui sont mis ici, ils doivent suffir pour votre écoute... J'ai dû certainement tuer une  bonne quinzaine de trucs rigolos  où je m'amusais avec les sons, mais hélas ils n'ont pas été enregistrés...ou plutôt j'ai fait place nette sur mon site

 

Un lien vers divers poètes dont je suis...Cliquez  ICI!

Quelques liens vers des enregistrements de poètes amis

Quelques enregistrements que j'ai mis sur mon site personnel d'enregistrement et de sauvegarde de fichiers... Ce sont des fichiers en enregistrements MP3 qui sont sur le site Box.Com..Des enregistrements audios monophoniques qui ont été faits dans les années 90 (entre 1991 et 1996) avec un petit magnétophone à cassette du genre dictaphone, c'est donc un son monophonique qui est assez irrégulier quant aux niveaux sonores, certains diraient que ce sont des sons pourris, tandis d'autres, ils seraient peut-être intéréssés par des poètes du vingtième siècle passé, Certains de ces poètes sont maintenant décédés, mais il reste leurs voix enregistrées et ça vaut le coup de les entendre... Nota. Bene. C'était un temps ou l'Internet que l'on connait maintenant, ça n'existait pas encore car ça restait confidentiel, donc pas de Youtube, pas de Google, pas de Fesse-Bouc, et aussi pas de portables et pas d'autres réalités que toute la vie du quotidien

Cassettes enregistrées de Poètes amis

Caveau de la bohème avec Gérard Trougnou 

Club des Poètes avec Jean-Pierre Rosnay 

Le lever de rideau avec Colette Jarjavay

Poèmes en gros, demi gros et détail avec Vincent Jarry

Poèmes en gros et demi gros 08 revue rue des poètes 24-25 mai-juin 1998

Solution du jeu du numéro 22

Quel était l'auteur du turbot?
Sa "Folie Tristan",  Léon Leclère,  en littérature: Tristan Klingsor,   (1874-1941) 

la partageait avec le poète Tristan Derême (né Edouard-Joachim Corbière,  1845-1875)

ainsi que notre estimable collaborateur Tristan Boudu (né lé 17 juillet 1942, mais ceci est une autre histoire).
Tristan Klingsor était l'ami de Ravel, gui a mis en musique sa Shéhérazade en 1903, 

et l'auteur du Turbot paru dans le numéro 22-23 de Rue des Poètes.
Le voici, Tristan, au cours d'une existence passablement antérieure

et notoirement proche-orientale:

Marie Ordinis

J'aim tant tellement la bière que j m'en suis foutu plein la panse
c'est pour ça que j'ai ce petit bedon
Il est gentil mon petit bedon
Il est bien rond    
Un rond bedon plein de bonnes bières
C'est mes réserves
De tous les pays
De toutes les couleurs
Quelquefois
Avant de m'endormir
Je rote un coup
Puis
Je ravale la senteur
Et je me dis :
« Ah ! Je suis en Ecosse
Ou en Irlande
Canada
Japon
Australie
Madame Gaspard -
Et je rêve que je voyage
Loin loin loin loin
Grâce à mon Petit bedon bien rond

Moralité : (pour la rime c'est pas facile)
Depuis que je suis plein de bière
Quand je m'fais l'tour du nombril
Je deviens globe-trotter
1977 au King Henry

Vincent Jarry

LA POUSSIÈRE

Khalife ou pauvre d'Asie,
Qu'étais-je il y a mille ans,
Ou quasi ?
Mendiant prosterné parmi les mendiants
Ou Seigneur en turban de soie les regardant ?
Qu'importe ! La rose la plus choisie
N'était-elle pas pour l'un ou l'autre la même.
Et pareil le goût des figues d'Ispahan,
Et pareil le plus beau poème
De Khayyâm ou d'Hafiz,
Tout ainsi que l'azur éclatant
De l'espace ?
Tout ainsi que l'azur éclatant
De l'espace ?
Quand un peu de poussière au hasard de la brise
S'envole sur la route,
Qui donc se doute
Que c'est un prince de jadis qui passe ?
.,
1955. Tristan Klingsor
Album, éditions Flammes Vives, 1955)

Petits requiems pour la Créature

.MCMXCYHI

Elle avait meublé son alcôve
D'une splendide horloge byzantine
Qui retardait toujours le moment du plaisir.
Ses aiguilles tournaient à l'envers.

Le pauvre grammairien, la syntaxe au cœur, n'était capable de faire que des propositions relatives.

Quand elle exigea de lire ses désirs par écrit, il était trop tard dans sa vie ; il avait oublié la ballade, le rondel, l'élégie... Il devint poète de court.

Ce n'est pas le cœur
Mais son pas dans l'escalier ?...
Ce n'est pas son pas
Mais son cœur qui change de palier.

Elle avait tant piétiné son cœur qu'il prit l'épaisseur d'une feuille morte, puis tomba un soir de grande bise... aux pieds de la Créature heureusement.

Clément MARAUD

Jean Luc Evens
Pas comme les autres

Il n'est pas tout à fait comme les autres
Mais il veut souvent être des nôtres.
Il est parfois l'oiseau, le papillon
Qui s'envole et survole tous nos démons.
Il est aussi le renard ou le loup
Quand il se sent menacé ou à bout.
Il ne sait où se trouve le nord, le sud ;
Il va ainsi de sa vie dans l'inquiétude.
Il n'est pas tout à fait comme les autres
Mais il veut souvent être des nôtres.
Il fume et se parfume au gré du vent.
La passion n'a guère d'emprise sur son temps.
Il peut être silencieux de longues heures,
Plongé dans on ne sait quel rêve d'humeur.
Il ressurgit brusquement angoissé,
Posant de nombreuses questions, emporté.
Il n'est pas tout à fait comme les autres
Mais il veut souvent être des nôtres.
Il peut verser des larmes lors d'un drame
Et rire l'instant d'après sans état d'âme.
Il peut être doux comme un saintpaulia
Et piquant comme un cactus aux abois.
Le temps a assagi son caractère
Et le torrent a rentré sa colère.
Il n'est pas tout à fait comme les autres
Mais il veut souvent être des nôtres.

Mes mots, Mes bêtes

Manifeste
Pour une
Poésie bouchique

Mes mots, mes armes, mes bêtes,
Etes-vous prêts?

Lâchez les mots transmués!
Lâchez les mots pelleteuses!
Les mots-pets, les mots Idiots,
Les bric-à-brac de mot à mot!

Les monomots, les monèmes,
Les poèmes monosyllabiques,
 Les pets d'organes bouchiques,
Les mots volés à des ivrognes...

Les mots insectivores de mythes,
Les mots pour interstices,
Les mots d'intestins,
Les mots pas dits.

Les plus courts,
Les plus bêtes,
Les plus animaux,
Les plus inesthétiques.

Les mots collés à la figure,
Les mots scotchés sur la porte,
Les mots-transe, les mots transmis,
Les mots "faites passer!"

Les mots trans-transmués,
Ces psaumes insensés,
Savamment alchimiés,
Ces calomnies divines!

Ces mots expérimentateurs,
Ces mots libérateurs,
Ces mocaïnes,
Ces mots foutoirs!

Ces mots vidés dans tous les sens
Et re-remplis d'autre chose,
Ces mots passeurs
De l'autre côté du mot.

Pascal GAILLARD

Poésie fonctionnelle

AFFECTIVITE PROPORTIONNELLE
(poème du troisième degré)

"Que mon intransitivité
transcende votre transitivité,
Que ma perspective soit motivée
Par votre variable liée.
Que votre constante unie
A mon quantificateur universel,
Suivant le code binaire,
Chante la gloire
De votre associativité !

Que mon rejet uni
Et votre rejet subit
Deviennent des rejets réciproques
Par nos relations en noyau.
J'aime votre logique élaborée
Et vos critères de tautologies
Et vos fictions axiomatiques,
O mon entité transcendante !

Ensemble nous visiterons les critères
De déductions des thèses ;
Nous coordonnerons
Nos coordonnées
Dans un même circuit
D'autodistributivité.

Alors...

Mon accumulateur totaliseur
Connectant votre disque dur
Mes deux logiciels
Taquinant les contours
De votre imprimante,
Là, tous les deux allongés,
Une table de logarithme
En guise de lit nuptial,
Bercés par les accords d'un Xenakis
Trituré au laser,
Nous ferons de nombreux petits multiplicandes
O ma particulière existentielle

Guy Perrot EPSILON LECAGNEUX
/ 3 bd Morland 75004 Paris/ T : 42-77-52-16

Elle marche autour de l'église
Et sa démarche de danse rythme la chute des cailloux
Elle est belle et la religion s'effrite
Tombe en morceau
Gravats d'église Saint-Sulpice
Arrogante beauté d'une jeune femme rieuse
Peut-être tendre
Et puis le Réverbère
J'ai pissé contre plein de réverbères
Soirs de beuveries
Mais pas celui-là
La honte
La honte d'étant pauvre
Etre moins pauvre qu'un autre
Pour qui cette misère
Ce journal lumière de misère
Comment
Etant pauvre
Offrir un bouquet de fleurs
A une jeune femme à la marche qui danse
Comment rêver

She walks around the church
And her dance a pace gives rhythm to the
falling stones
She is pretty religion crumbles Crumbles down
Rubble of Saint-Sulpice's church Arrogant beauty

of a laughing young woman Maybe tender
Next Le Reverbere
I have pissed against lots of lamp-posts

Nights of booze But not that one Shame
Shame of being poor
Yet less poor than others
Who is that poverty for
That monthly light among misery
How
of flowers with a step
Being poor
To offer a bunch of flower
To a young woman that dances
How to dream
The pace that dances circles the church That crumbles
And the pace that dances stops at the church And draws it
And dream becomes project

Et la danse de marche tourne autour de l'église
Qui s'effrite
Et la marche de danse s'arrête devant l'église
Et la dessine
Et le rêve se fait dessein
La tendresse en rigole de rire au cours d'un regard
Chaque rencontre la fragrance est distante
Nouvelle timidité
humblement
Je m'effrite autours de l'église
Mes godasse sont des trous
je ne pense jamais à les changer
je n'avais  de religion que moi
Et mon rituel est en morceaux
Une jeune femme fleurit son parapluie autour de l'église
Le rêve danse et sourit
Il paraît qu'en Afrique on s'entre-tue
C'est toute l'église qui s'effrite

Vincent JARRY
in "Effriteries"Poèmes en Gros & 1/2 Gros éd.

Fondness bursts out laughting within a glance
At each meeting the fragrance is distant
New shyness
Humbly
I crumble around the church
My shoes have got holes
I never remember to change them
My status crumbles
I had no religion except my own self
And my ritual is in pieces
A young woman blossoms her umbrella
 around the church
The dream dances and smiles
Apparently in Africa
they are slaughtering one another
The whole of the church crumbles

Vincent JARRY traduction Marie ORDINIS
in Effriteries-Crumbleries

Le moine lubrique

Que n'ai-je été, dans une vie antérieure,
Un moine lubrique fuyant les longs jeûnes ascétiques
Ronflant pendant les solennels ébats liturgiques
Digérant sous l'austère voûte gothique

Les frères m'auraient bien détourné
Des sulfureux desseins du malin
Rôdant à l'affût sous ma bure sonnant le tocsin;
Mais cédant à ses pompes et à mon instinct libertin

J'aurais abandonné mon âme aux anges du déclin
La panse rebondie, les yeux larmoyant de concupiscence
J'aurais rêvé de mystiques turgescences,
De pécheresses aux rondes incandescences

De fornication avec des succubes aux candides effervescences.
Après compiles; de torrides pénitences aux créa ures en confession
Du vin, plein les ciboires, les jours de mortification.
Un faible repentir soulagé par une molle flagellation
M'aurait assuré,  ici-bas, une somptueuse glissade vers la damnation

Michel Coëtmeur


Les trois filles
dansaient
Les trois filles riaient
Les trois filles criaient
aussi _
La mère riait encore
et la mère
faisait au linge des plis
Les filles en riant courraient
dans le linge
ainsi défait de leur fait
Puis la mère grondait
mais grondait
non méchamment
grondait comme on
gronde ceux qu'on croit
gronder pour tant de
chambardement
Là-dessus la mer
allait retenant son
jusant pour tant
de cris mêlés à tant de
bouleversement
Pour ceci qui s'échappait
de toute cette rumeur
La mer s'en allait
doucement éteignant son
ressac sous
les coussinets adoucis
de ses galets
encore une fois
retenant doucement
le jusant

Et l'ogre apparu
tellement fort et tellement
méchant dans son aspect
ridicule et outrecuidant
L'ogre grenu maugréant
L'ogre aigri égrenant
tout son grand emportement
toute sa vie passant par
les trous de sa vie en démence
L'ogre aigrelet grondant
au grondement grandissant
agrandissant sa peur
de geignement grossissant
désira, voulu dans son
ogritude gémissante
manger _ s'offrir un repas
de tous les petits enfants
Or de ces enfants
devant l'ogre grognant
Les cris furent
tellement peu de
peur _ les cris _
mais bien de sauvages
cris de tendresse
des cris que même
dans quelque ivresse
d'Ogre grognant grognon
On n'en n'entendrai
plus
Ces cris si dérobables
si faciles à faire taire
si fragiles en somme
Ces cris décrivaient si
bien dans leur timbre
dans leurs images
qu'ils proposaient d'un chant
qu'ils proposaient d'une danse
Ces cris cernaient aussi
bien la douceur confuse
où l'ogre l'avait logée
logée au creux de l'estomac
de ce grondement
Ces cris contenaient tant de plainte tant de
chant tant de plaisir
Qu'il n'avait jamais admis
et qu'il n'aurait jamais admis
sans leur présence
sans la présence de ces rires sans raison qu'il
connût ou pût connaître qu'il

lui prit l'envie
d'y participer de
crier chanter jouer
même danser à l'unisson
à ces cris criblés
de la peur qu'il avait
cru provoquer _

Et il dansa
et ils dansèrent
jusqu'à ce que le jour
ne fut jamais plus que le jour
et la nuit seulement la nuit

Dans laquelle
On dort et l'on rêve
que ces ogres
là et ces enfants
et toute cette mer
Nous l'avons
en nous

Que nous devons l'être
et que nous savons
la devenir
même si nous avons
Derrière nous tous
ces portraits d'ogre
et de petits oiseaux éteints
par tant de malheur
tant de décrépitude
et tant de joie
cachée qui
ne demande
qu'à s'extraire de nous
 
pour faire plaisir
à tous nos amis
ceux qui ne le sont pas
et ceux qui ne le sont pas  
et qui le deviendront un jour.

Pour CHAM
- c'est pour cet anniversaire où j'étais si loin de toi
DENIS

Denis LAVANT
in "Au volant de mon chien" à paraître

 

Le spectre

Le spectre

la voix du spectre remonte la fosse
il sort son spectromètre du fond de ses billes
il envisage le faisceau, une gosse
qui vient frapper son caveau, une ville

la voix de la gosse assise saute au plafond
elle sort son pluviomètre du fond de ses billes
elle dévisage le fantasme, un carnaval
qui vient de blinder son cerveau, une procession
le vent plonge son nez desséché dans la maison
il sort son sismographe du fond de ses billes
il encourage le sort de la gosse, une bacchanale
qui vient d'affubler l'horizon, une illusion

la fête des billes dénudées de leur métrique
se prépare au fond de la cave, dans le noir
où on désigne la tête des défunts, une sérénade
qui achèvera le dîner du soir

FRED TROUVE

A la grande fenêtre du jour
Des anges d'oiseaux s'élancent
Vers les romances de ton paradis
Quand retentissent les sirènes
De tes étangs chimériques
Drapés de spleens et d'espoirs.
Sur les mers et les murs empiriques
Tu taquinais les muses et les nues
Comme les corps voluptueux des femmes....
Dans tes mains des rêves aux seins de reines
A te faire clouer ton passager-festin
A faire mourir ton étrange destin
Qui accrochait les croches
Dans les poches ou proches
A des lambeaux d'amours éteints
Au creux de tes yeux de pianos.
Tu avais la splendeur des prophètes sans drape
Et des songes incertains.
Tu remontais l'escalator des cieux clandestins
A chaque nuit aux couleurs des étoiles.
Tout comme Baudelaire ou Rimbaud
Tu pressentais nos escales
De chaque vie
Qu'il aurait fallu brandir
Au nom de ce cri profond
Où tu nous voulais voir grandir
Sur des plages vierges et désertes
Où flamboient les rimes suspectes
Croisées comme des signes des croix des lois.
Dans le silence du ciel où je te parle
J'ai la douleur dans le cœur
Et des fleurs comme des larmes d'Espagne
Pour dire que les poètes ont de terribles armes
Pour chanter aussi ton âme.
Pour nous tous l'horizon des sillons à naître
Et démasquer le monde déguisé de ses travers
Qui n'a pas encore parachevé ses lettres.
Bien sûr avec le temps il y aura encore
Des hommes à leur fenêtre
Qui entendront ton chant et retiendront
Toutes tes saisons:
L'Amour dressé comme une barricade
Empli de brumes et de cascades
Où les anges te veillent et te gardent.

Salut Léo.
Jacques sandras

Poemes en gros et demi gros 012

 

JE VAIS PARLER DE MOI

Je vais parler de moi. De moi et sans vergogne.
Dévoiler mes vertus dans ces quatorze vers.
Faisant fi des chagrins, faisant fi des revers,
je tiens, comme un fruit mûr, le monde dans ma pogne.

Enfant du vin divin des marches de Bourgogne,
Mon nombril est le centre exact de l'univers.
Tout tourne, autour de lui, à l'endroit, à l'envers:
Terre, Soleil et Lune à face de Gigogne.

Je suis mon propre dieu; Je m'adore et m'encense.
Je me crains, je me prie et, par résipiscence,
de vingt génuflexions, j'honore ma bonté.

Je suis beau. Je suis fort. Je n'ai pas de manie,
Je suis depuis toujours conscient de mon génie...
Mon seul défaut : une trop grande humilité.

Jean-Pierre Girard. 9 Janvier 1998

De l'enfer au paradis
Je traverse des paysages
Mais qu'il ne soit pas dit

Que de par les âges
La pierre résistera
A l'encontre des nuages

De Anvers à Paris
La route est différente
Ils hypnotise l'homme malade

Ces H.L.M. qui escaladent
Les tons et les montagnes
Les monts et les cocagnes

A l'envers de la pluie
C'est un chemin
Qu'on met en doute

C'est un chemin
Qui perd ça route
C'est un chemin
Qui meurt de faim

Nicolas Béchereau
in Grain de Sable
Saint Germain des Prés éd.

"Homme de loin

tu as perdu ton nom.
Tu n'es désormais plus
qu'une pincée de terre,
un soupçon d'alouette
ou le spasme qui court
à l'aven où les pierres
Ont une espèce de vertige

Armand OLIVENNES

Tu n'as pas encore eu toutes les maladies
d'enfance, de l'humanité.
Tu n'as pas eu encore la maladie des guerres
et des millions de tombes.
Tu n'as pas encore subi la lâcheté d'autrui,
 ni l'indifférence, ni la fatigue des autres.

Sur le mur de la bibliothèque du Congrès de Washington,
ce message m'a recouvert comme les ailes d'un oiseau.
Je m'en souviens.

Voilà ce que dit Edouard Jang:
« Ils bâtissent bas ceux qui bâtissent au-dessous des étoiles. »

******    

Goutte d'eau par goutte d'eau,    
c'est la rivière. Une couche de pierre
ajoutée à une autre forme la montagne.
Un grain de sable sur un autre, c'est le désert.
Une poignée de farine avec une autre, voilà le pain.
Qui peut, alors sinon les parents
ajouter aux enfants la vérité?

Dans le livre des sages est écrit: « Il y aura
toujours des solitudes pour ceux qui les méritent. »

Sois inaudible aux oreilles, mais présent
méconnaissable aux narines et aux lèvres,
mais présent

Ceci est la valeur de ceux qui savent
se distancer suffisamment,
pour pouvoir voir les choses en dehors des sens,
mais toutefois vivent avec leur propre vie.
la sensation de l'âme couronne leur époque

L'horoscope te dit: c'est l'image du ciel
à l'heure de ta naissance.
Comment, si tu es procréé à tous les temps ?
Alors, un jour, quelqu'un t'expliquera
que tu es taureau ou cancer.
Tu apprends que tu es scorpion ou sagittaire.
Mais ceci n'est plus un jeu. C'est sérieux.

Qu'y a-t-il de pire si tu ne sais plus jouer sérieusement?
« Pauvre raison, » dit Galen
« de nous tu as pris les preuves.
Maintenant tu cherches comment nous abattre avec".

Miroslav ANTITCH traduction Boris VESNIC
IN Horoscope
à paraitre

DU FOND DES RUES

Ecoute cette musique drainée du fond des rues,
Des canaux de la haine au fleuve des passions
Le sourire des mômes est enfin revenu,
A Paris le bonheur n'est plus révolution !

Il y a bien longtemps que tout serait détruit
Si Gavroche et Poulbot n'étaient intervenus
Pour distraire et nourrir les moineaux des Tuileries
Redonnant à Paris ses souvenirs perdus.

Nous ne pourrions bâtir sur les torrents de boue
Que bonheur factice,  illusoire ou pervers,
S'il faut tout balayer, s'il faut dresser la houe
Que le monde à l'endroit ne devienne à l'envers.

Il y a eu des crises, des guerres et des misères,
C'est toujours à Paris qu'on a donné le ton,
D'un amour attendri, d'écoute et de prières
Deux mille années de lutte, de patience et de dons

Cette cité noyée dans l'âme des poètes,
Des Villon, des Nerval, de fous et de héros
C'est toujours à Paris qu'on retrouve la fête
Sur les bords de la Seine où va rêver Margot.

On n'a rien inventé depuis que rue de Lappe
Les rythmes à danser ont gardé le tempo
D'un Paname à remuer sur ragtime et sur rap

Java,  swing,  be-bop,  rumba ou bien tango
Ecoute cette musique drainée du tond des rues
Le sourire des mômes est enfin revenu !

Michel PRAEGER
in "Vent de Plume"
À paraître

Poemes en gros et demi gros 017

ATTENTE SOLEIL D'AUTOMNE

Messieurs, je n'attends plus rien de vous,
Ni de votre autorité.
Ni des Maîtres penseurs qui bavardent dans les médias,
Je n'attendrais jamais rien des économies égoïstes,
Je vois votre avenir comme un grand vide,
Votre néant qui vient,
Car  il est sans la projection de vos rêves,
Votre incapacité à être vraiment humain,
Votre incapacité d'aimer,
Je vois la vie comme étant la seule nécessité,
Je n'attends plus rien de vous,
Vous m'aviez trop promis pour aujourd'hui,
Je n'attends que la mort de vos projets,
J'espère plus que dans la vraie justice pour tous,
Je m'attends à être nourri de vos rêves.
Je n'attends plus que la réalisation de vos cauchemars,
Je n'attends plus rien de vos potentielles virtualités,
J'attends pour demain le grand soir.
Pour encore pouvoir rêver sans vous,
Et pour toujours espérer,
Je n'attends plus rien de vos éventuelles révolutions,

Je n'attends rien des poètes appointés
Et j'attends encore des jacasseurs de fleurs,
Je serai le chien qui vous mordra,
Mon bon maître, Je n'attends plus rien de vous.
Et je n'aurais rien venant de vous,
Nous aurons tout, Et vous, mon bon maître,
Vous serez qu'une vieille histoire d'un passé révoqué,
J'attends tout de demain,
Mais mes lendemains se feront sans vous,
J'attends!

Bruno Quinchez Paris le 13 Décembre 1997 Ste Lucie

à demain

Te lirai un poème, pour l'autre vérité
dans l'ailleurs validé :rien
n'est jamais aussi réel que nous le pensons
Te lirai un présent à multiples lectures :ce n'est jamais
ce que j'attends qui arrive
mais déjà, il est tard, il faut tuer la lampe

Laurette

Pastorale

C'était une bergère qui croyait à des pairs plus beaux que pâture
mais si t'es pas des moutons qui bêlent dans l'immense plaine,
alors t'es le cri, le qui tue : le cri des loups

Laurette

Le petit Bleu de CharonneRépublique

Nouveau Journal d'informations fantaisistes
 

mais strictement véridiques, à périodicité aléatoire et tirage variables

Dernières nouvelles:

Ca y est! la loi est passée.
Pas trop tôt: Dorénavant
les Pitt-bull devront faire euthanasier leurs maîtres
agressifs

Gastronomie:

Poèmes fermiers garantis sans colorants.
L'appeau du chat
Le chat lape son lait.
Foin de l'hameçon laid
Pour les petits poissons:
Le chat les lape aussi.
Fait-il pas l'appeau? si,
Pour les petits oiseaux!

Le PV dans l'homard (Sonnet)

A orner mon par'-bris' la pervench' assidue  
Songe-t-elle que je suis de l'impôt las (si dû)?
Oui, je trouve la farce à force acidulée;
Où trouvé-je la force, encor, assis d'hurler
Ma hargne grogne rage à l'odieux papillon?
Allons! c'est décidé, et de ce pas pillons
Les caisses où s'entassent notre fric et nos thunes.
D'un coup de main hardi, par un fric-frac nocturne,
Et armés, Monseigneur, comm' il sied d'une pince
De homard (qui est bien des crustacés le prince),
Serrures arrachons et verrous fracturons,
De l'enfer de mauvais's intentions pavé.
Et disposant enfin du produit des PV,
Dépensons, élégants, vêtus de fracs, nos ronds.

Santé:

" Pour bien pondre, il faut coucher tôt
et pour se bien porter il faut le veto."
(proverbe poule)

La sagesse animale est admirable car il est bien vrai
que vétérinaire est un bel et bon métier.

Ainsi en est-il de mon ami le docteur Stéphane
qui m'invite parfois à sa table somptueuse.  
Naturellement, comme tous les professionnels
passionnés par leur métier,
le sien fait souvent les frais de la conversation.
Il faut voir avec quel enthousiasme
il l'envisage, avec quelle émotion il en parle:
"Cette oie syrrothique, je n'ai pu la sauver;
ni ce saumon qui fumait trop,
ni ce veau souffrant d'insuffisance rénale,
ni cette poularde en demi deuil terrassée par le chagrin.
Ces échecs me désolent sincèrement, me consternent même.
Mais servez-vous avant que ça refroidisse, mes bons amis!"

Grammaire ou le beau causer:

On peut dire "à père avare bon rat"
on ne peut pas dire: "à bon chat fils prodigue".

Vendredi 24/04/98 André Labarrere interrogé à France inter
au sujet de l'accusation de harcèlement sexuel

que porte contre lui l'un de ses anciens employés

déclare tout uniment: "c'est un garçon que j'ai beaucoup aidé!"

peut-on parler de liaison dangereuse?

Devoirs de vacances:

Mathématiques en été sur la plage:
Plus je m'oins, moins jep'luche.
 

C'était la grande maison
Il y avait la famille et des fêtes
On y dansait on y chantait
Le jardin était ouvert
Grand ouvert
C'était tout vert
Et puis brun
Il y avait des gens à beaux costumes
Des qui papotent
Et je te cherchais
Tu étais là
Et je te cherchais
La dame belle en œil soleil
Et puis d'étage en autre étage
Au mitan du fatras des fêtards
Je t'ai retrouvée au mitan d'un plumard
Emmitouflée de pleins d'amants
Ton œil sommeil s'est rallumé
Et puis adieu sous la couverture
Laquelle était un bel herbage
La grande maison était plus loin
Très très loin
Comme toi qu'étais plus là
Pacqué la grande prairie
Pleine d'herbage
Cisaillée en rivière
Entourée de forêt
Menait à un étang
Par la rivière
De l'autre côté de l'étang une buvette
Et ton soleil d'œil qui traîne par là Puis
Suivant la rivière
Pour aller vers la buvette
J'avais drôlement soif et je savais t'y retrouver -
J'ai vu un zèbre passer
Comme un éclair
Mon grand chien noir est arrivé
Fouettant la vie de sa grande queue
Et puis s'empêtrant dans mes jambes
Un yack est apparu
C'était pas la saison
Et de l'autre côté de l'étang
il y avait ton œil qui riait
Quand le phacochère est arrivé
j'ai eu les foies
Il était brun-violacé
Des défenses en sabre arabe
Et le poil long
Il a foncé vers moi
Et a stoppé
Interrogatif
Doucement
J'ai avancé ma main
Et je l'ai caressé
Son poil était doux
Soyeux
Il a fait un bond et il s'est enfuit
Il ne faut pas caresser les phacochères
qui ne demandent rien
Et puis il y avait l'étang
Et la buvette
Et j'avais soif de ton œil soleil
toi qui passes
Et repasses dans cette histoire
où je suis le seul à te voir
La buvette
Au bout de la rivière
La rivière se fait canal Tu vas à la buvette
Ton morlingue tombe à l'eau
Pour retrouver l'œil il faut payer
Pour payer le portefeuille
Saute à l'eau
Mon salaud
L'œil soleil te regarde
Le phacochère les éléphants et le zèbre
Et puis la tortue
Tu veux remonter sur la berge
Ta main se coince dans les grillages
Putain de con j'ai mal aux doigts
Et puis laisser aller au cours de l'eau
Attendre la plage où remonter
J'ai pus mal aux doigts je peux regrimper
Rétablissement et yop-là boum
Un œil soleil m'enlace et rit
Me tortillonne dans tous les sens
Sous l'œil énorme d'un phacochère
Au pelage très doux

Le soleil œil luit

Vincent JARRY
in "Frédée 96" à paraître

Saluts Théo!

Alors, te voilà parti!...
Qu'est-ce qu'on peut dire?
Qu'on t'aimait bien...
Qu'on garde dans 1'oreille
Ta voix acide, grinçante, parfaite pour
Distiller cette poésie de même nature
Gui aura été la tienne...
Qu'on regrettera ton ironie amère
(Ce n'est pas pour rien que tu récoltas
Le grand prix de l'Humour Noir),
Ta façon de jouer avec les mots,
Qui tortillaient les idées
Pour en exprimer
Toutes sortes de contradictions...
Salut Théo!
Les nombreux copains qui sont venus
Dans ce village du fin fond de la Creuse,
Où Danièle et toi aviez trouvé refuge,
Pour t'y rendre un dernier hommage
Et boire un coup à ton souvenir,
Attestent l'amitié que ta générosité,
Ton sens de la justice (avec un grand J),
Ton ouverture aux autres,
Avaient su partout générer
Et qui sont les éléments naturels
De cette fraternité universelle
Chères à tes idées libertaires.
Pardonne-moi cette phrase si tarabiscotée
Qui sent quelque peu la remise
De décoration à titre posthume...
Et, où que tu sois,
Prépare-nous une place pas loin de toi.

Jean-Pierre GIRARD

CE N'EST PAS UN DELIT
D'HABITER A DELHI
ET DES LITS A
DELHI
IL Y EN A
PLUS QU'EN TERRE ADELIE

MAIS ADELE, ATTERREE,  
MAIS ADELE, LIS !
VEUX-TU QUE JE TE DELIE?

Marie ORDINIS

P.S. Où IL EST QUESTION D'UNE JOLIE
ET JEUNE FEMME, VIVANT UNE VIE SOLI¬TAIRE  
(ET GLACEE) DANS L'ANTARCTIQUE.
CEPENDANT LES INDES LA TENTENT.
MAIS ELLE EST QUELQUE PART,   
CAPTIVE (CE QU'ON NE COMPRENAIT
PAS AU DEBUT)... D'UN SADIQUE QUI...

Un pas

Ecoute !
Pied qui glouffe dans l'herbe

Un pas
Et ton pied devient racine
A cette seconde qui dure mille ans

Un pas
Ma racine s'envole et ne revient
jamais

Pas dans le ciel
Léger, caché, cherchant le vent
Cherchant le Nord

Pas dans la boue
Dans la trace des loups

Des pas, des milliers, dans la forêt
sans arbre

Pas à pas
Tu avances dépossédé de tout

Pas à pas
Tu sèmes dans la forêt
ta jeunesse, tes envies

Pas dans la neige
Linceul des fées Chloroformes

Un pas de plus
Et maintenant
Ton pied devient racine

A cette seconde qui dure mille ans.

Pascal GAILLARD.

MOTS D'AFRIQUE

Elimane KANE est originaire du Sénégal.
Il fait en ce pays ses études primaires et secondaires
avant de s'embarquer pour la France en 1978
après le Lycée où il se montre brillant élève,
il fait un bref passage au Prytanée militaire de Dakar.
Mais pour avoir participé à une grève,
il est renvoyé pour indiscipline.
Doué et imaginatif, Elimane KANE ne cesse pas,
pour autant, de s'engager, de continuer à se battre contre l'injustice.
Et en 1978, faut-il le rappeler, il vient entreprendre ses études universitaires en France.
Aujourd'hui, Elimane KANE réside dans la banlieue parisienne
où il se consacre à l'enseignement.
Dans son métier, il a résolument opté pour les méthodes nouvelles
tant au niveau de 1'ECOLE A LA RENCONTRE DES FAMILLES
qu'au niveau de la FORMATION DES PROFESSEURS DES ECOLES.
Elimane KANE est père de deux charmantes fillettes: ASTOU et KARTIGATA.
Mais Elimane sait aussi s'abstraire du quotidien pour plonger dans la poésie.
La parole du poète est alors témoin des absurdités que secrète le monde;
elle se fait également prophétique et nourrie de symboles.
Le premier recueil de poésie d'Elimane KANE, L
ES RAYONS DE LA CALEBASSE, est publié aux Editions Nouvelles du Sud.
Mais déjà deux autres volumes,  LA PAROLE DU BAOBABB,  LES FRIMAS DE CAURIS,  
tous deux encore inédits, attendent de paraître, ce qui ne saurait tarder.

Jean-Baptiste TIEMELE
mon cœur Eva

EVA NAISSANTE
EVANESCENTE
EVA S'EN VA
EVA SAMBA

Jean-Baptiste TIEMELE
23 mai 1998

Quand vous m'ennuyez    
Je soustrais le temps et l'espace    
Dans 1'immensité
Des nuages dans le ciel humain
Qui s'entremêlent
Je fixe le sacré, l'éternité    
La lumière humaine
Vous pouvez toujours vous tuer    
Je suis si loin de vos carnages
Inutile de me tromper
Je suis encore en voyage
La lumière étend ses feuilles de roses
Autour de mon île

Prosper
Très abondant
De sa personne
Vint sans...Jarry
Regrettant 1'absent
Il pria vint cent Jarry    
De combler    
Cette absence  Jarry
Soi-même

Amadou Elimane KANE

In les RAYONS DE LA CALEBASSE
Editions Nouvelles du Sud.

Jean-Baptiste TIEMELE 25 mai 1998.


VENUS PERLEE

Par toutes tes anfractuosités
Je t'investirai,
J'irai mêler
Aux eaux qui coulent en toi,
Des lots de perles blanches, alors,
Ni mer, ni rocher, je te ferai femme nacrée
Femme adoublée, depuis la bouche
Jusqu'au cœur de tes hanches.

Jean-Pierre Collet
In "Le Chant du Naïf
Court-Lettrage édition.

Compilations de Poèmes en gros et demi-gros 07 extraits de la revue rue des poètes 22-23 mars avril 1998

Compilations Poème en gros 07 des poèmes 

qui sont extraits de la revue rue des poètes n° 22-23 mars-avril 1998

" JEU "

LE TURBO

A quelle sauce voulez-vous le turbot, chère
Et tendre reine ? Les valets préparent l'huile,
Le clair vinaigre d'Orléans, le vin du Cher,
Le poivre et le jaune d'oeuf filant mieux que le fil.

J'ai gosier sec et nez cramoisi comme tuile,
Mais vous êtes la plus charmante des commères
De Paris : Ah ! par Saint Denis où y-a-t-il
Dame plus exquise d'ici jusqu'à la mer ?

Rien qu'à vous voir mon cœur se grise en vérité
Et fait en moi des sauts de hareng sur le gril :
Rien qu'à pencher le museau vers cette poitrine

Pour respirer la rose de votre beauté
Je suis comme un danseur ivre sur l'escabeau :
Chère, à quelle sauce voulez-vous le turbot ?

QUESTIONS

A votre avis à quelle sauce voudra-t-elle le turbot ?

(Avez-vous remarqué que le beurre y sera remplacé par l'huile et la farine par une liaison... à l'œuf ?)

Quant à l'auteur ? Son prénom, choisi par des parents au patronyme lumineux, le faisait cousiner avec le Roi des animaux. Il opta pour un pseudonyme doublement wagnérien, lequel ne l'empêcha pas de rêver à la plus pulpeuse des sultanes.

Celle-ci, à son tour, inspira à Maurice Ravel 3 chefs d'œuvre pour chant et orchestre nourris de la poésie de notre homme. Poète donc, mais aussi peintre et compositeur, il était d'un an l'ainé de Jarry (Alfred)Et mourut à l'âge de 92 ans .

MARIE ORDINIS

LE BONHEUR EN FLEURS

Les fleurs artificielles
ont un parfum... irradiant
Accepte mon bouquet La Belle
Il est si sidérant

Jean-Baptiste TIEMELE


LASSITUDE

Le Soleil déjà là
se retire derrière
un épais rideau
de nuages irradiés

Le soleil est déjà? là
Oui malgré soi d'éclairer
tant de montagnes d'horreurs
fait Attention
Où tu mets les pieds

Jean-Baptiste TIEMELE

INTERFERENCE DES CIRCUITS (c'est un poème d'amour)

Etant donnée la doctrine de l'infrastructure,
A travers les motivations personnelles      
Qui me poussent vers les autres

et ceci...
A travers le parallélisme géodésique    
Des perspective évolutive de nos gênes

je souhaite ...
Qu'un accord conjoncturel
Vienne souder mon symposium
A votre concept rétroactif

Et si...
Mon processus de détermination
Rejoint l'anthropomorphisme
De votre genèse promotionnelle,
Il n'y a aucune raison,
O ma particulière existentielle
Pour que ne s'établisse entre nous
Un phénomène d'osmose moléculaire
Par interaction de nos acides nucléiques

Devrons nous...
O ma constante variable
Tenir compte d'un déterminisme généralisé
Ou d'un compartimentage fractionnel ?
Je ne sais, je ne sais, je ne sais

Mais...
Je vous emmènerai par les sentiers du corollaire
Jusqu'au postulat légitime ;
Alors, partout du point Gamma,
Un point de friction s'établissant
Entre nos équivalences de masses,
Mon vecteur, épousant votre abscisse
Nous jetterons les fondements
D'une nouvelle géométrie
Dans les spasmes...

Guy Perrot

Capturé
Tu fus
Torturé
A ta première récrimination

En fuite
Tu fus
Rattrapé
Flagellé

À ta deuxième récrimination
En fuite
Tu fus
Poursuivi
Ramené

Réduit (croyait-on)
A l'impuissance...
A ta troisième récrimination
Suivie de ta troisième évasion
Comme un chien

Au petit matin
Tu fus fusillé
Pour avoir
Trop aimé

LA LIBERTE.

Jean-Baptiste TIEMELE
(Extrait de « CHANSONS PAÏENNES »
Editions Pierre-Jean OSWALD, 1969.

Ceci n'est pas de la poésie.
Bien trop la distance ! Trop constants,
l'éloignement, la dérive et l'exil !
Définitifs sans doute !
Ceci n'est pas de la poésie
(ou par la force alors,
qui s'interpose, sépare et tient écarté ;
par ce ratage ivre uniquement obstiné
à se dresser devant le vide
pour en prendre aveugle l'impossible mesure).

Ceci n'est qu'appareil.
Pour la fête, le sacrifice.
Pour rien tout simplement ;
pour exister un peu ici,
dès maintenant,
dans cette dévastation de l'âme,
où le chaos repose
sur des liquides lourds brassés
par un vent prophète d'espaces désertés
qu'il n'atteint pas sans épouvante.
Solitudes, où ne pèsent
que des bords instables sur le point de basculer

Enseignes peintes tout ceci.
Extérieur de porte devant l'entrée :
peut-être un office plus grave vers l'obscur,
où la blessure cicatrise.
Secret de l'épaisseur
de ces ténèbres s'établissant
et s'appuyant sur l'abîme.
Fantômes sur l'eau d'un fleuve
dont l'aube à chaque fois revient veuve.

Mémoire, et ce domaine inhabité
dont elle garde l'accès !
(labyrinthes et jardins,
où selon les saisons
se devinent des passants égarés,
hélant comme nous par de longs cris
et parfois même un prénom)
Mémoire, et ce palais d'écrans
dans la nuit du parfum,
où se projettent soudain
prises d'incertaines et tremblantes images...

Dies ist nicht Poésie. Zu groB der Abstand! Zu gewiB die Entfernung, die Abtrift und das Exil ! Bestimmt endgultig ! Dies ist nicht Poésie (allein schon wegen der Kraft, die sich dazwischenstellt, die scheidet und die getrennt hait ; in diesem berauschten Scheitern, das einzig hartnackig will : sich vor der Leere erheben, um blind ihr unmôg-liches Mal) zu nehmen).

Dies ist nur Vorrichtung. Fur das Fest, fur das Opfer. Einfach, fiir nichts ; um hier noch ein wenig dazuséin, seit jetzt, in der See-lenverwùstung. wo das Chaos auf Flussi-gem ruht, das schwer ist, gebraut von ei-nem prophetischen Wind verôdeter Ràume, die er nicht ohne Entsetzen beruhrt. Die Einsamkeiten, wo nur die Rânder wiegen sind, die gleich vielleicht kentern.
Ail dies hingemalte Schilder. Das AuBen der Tur vor dem Eintritt : vielleicht ein ernsterer Dienst an das Dunkle, wo die Wunde verheilt. Geheimnis der Dichte ail dieser Finsternisse, die sich auf dem Ab-grund einrichten und auf ihm lasten. Schat-ten ùber dem Wasser eines Flusses, dem das Morgenrot immer als Witwe zuriick-kehrt.

Erinnern, und dies Unbewohnte, dem es den Zugang behutet ! (Labyrinthe und Gar-ten, wo im Wechsel der Jahreszeiten sich verirrte Passanten entdecken, sich griiBen mit langen Rufen wie wir und manchmal auch einem Namen) Erinnern, und dieser Palast aus Leinwânden in der Duftnacht, auf denen unsicher und zitternd jâh Bilder sich zeichnen...

 
Werner LAMBERSY
Ubersetzung Eva Brùckner-Tuckwiller
in "Quoique mon  cœur en gronde"
Hitzeroth éd.

Je suis monté sur la cime où les visions me percutaient
Quand le paysage chavira j'ai retrouvé tes chardons et tes fleurs
Le blizzard me réveilla
Ne demeurèrent que les genièvres qu'enflammaient tes romances
Tu t'adoucis d'orties
pour te dresser sous l'adolescence des soleils

Jean-Luc SIGAUX
in "Les Berges d'orage" Saint-Germain-des-Prés éd.

C'EST JUSTE POUR DIRE

Des mots qui ne sont pas d'ici
J'ai fait ma vie
Bien avant qu'un Toubon
Bien pire
Décide de me refaire un dictionnaire
A la French
Encore colonial
Style racket national
Apartheid du Buziness
Cac 40
Pas un kopeck
La classe
Blancs
Beurs
Black s
Même combat
Quel Bled
Basta
Les keufs de la morale
De Bangkok à Paname
Import-Export
Midnight Express
Le stress
La baraka
L'angoisse
La poisse
Etcetera
Pair Impair et Passe
Vite, mon Joker
Dwende passe par là
La grâce
Ultralight
Le blues
Underground
Hiroshima mon amour
Un ticket sinon rien
Qu'un Autzwitch
Plus tard un carmel
no joke
Lève ta fatwa
et laisse-moi
Mes Si, sex and sun
La Plage
Ou le Goulag
That is the question
Moi, je préfère
Les Stars
Et la lune
Au Soleil
Ca, c'est le top
Je suis saoule de toi
Mon Oméga
Si si Senior
Sayonara
Sarayevo
Dasvidania
pour l'Estonia
Patati
Patata
Zap again

 

Annie SOULIER

 

Yani darin

YANI DARIM, animatrice, responsable et hôtesse du lieu associatif 1'ARBRE EN SCENE accueille RUE DES POETES entre deux spectacles, un coup d'œil et de rangement à la salle, une réservation au téléphone, une concertation avec sa fille et collaboratrice.
"Pourquoi ce nom: l'Arbre en Scène? parce que l'arbre est un symbole très présent en moi depuis longtemps. C'est un symbole de liberté; d'élan, de générosité, il prend sa force dans la terre où il est enraciné, il va de la profondeur - vers le multiple.
Quant à: "en scène"... la scène, c'est le lieu de 1'imaginaire.
Il y a une dizaine d'année une pensée m'a traversée, c'était comme un rêve, je me suis dit que ce serait bien d'avoir un lieu qui fonctionnerait en atelier pendant la journée et en spectacle le soir. En cherchant à élargir mes possibilités professionnelles (Yani Darim est conteuse, chanteuse et enseigne aussi la musique N.D.R.d.P.), j'en suis venue à envisager de louer un local pour y recevoir mes élèves ainsi que des groupes d'enfants venus écouter des contes, et
pourquoi pas? des adultes aussi, et pourquoi pas faire des soirées de chansons et pourquoi pas ?... de pourquoi pas en pourquoi pas, je me suis mise à chercher un local mais je ne l'ai pas fait seule car la structure associative existait déjà, ainsi que le nom "l'Arbre en Scène", nous l'avons tout naturellement donné au lieu.
Ici, nous avons trouvé trois bureaux, nous avons tout refait, du sol au plafond, pour obtenir une salle de 50m2, ce qui est une superficie raisonnable, la scène existe vraiment et le piano (un beau quart de queue) l'habite bien.
Notre programmation est très riche et presque journalière, parfois même nous avons deux spectacles par jour, dont un pour enfants, l'après-midi.
Nous avons ouvert le lieu récemment, le premier décembre 1997. Pour notre première, nous avons eu deux personnes mais le spectacle a véritablement eu lieu.
Vous voulez savoir où j'étais établie avant de venir à Paris? A Toulouse, j'y ai d'ailleurs co-fondé le théâtre de la Brique-Rouge.
J'aimerais que vous souligniez que l'Arbre en Scène est un lieu associatif et que je veux l'élargir.
Sans être draconienne, je soigne la programmation. J'essaie d'avoir une certaine exigence de qualité, tout en restant ouverte et à l'écoute de ce que les artistes me proposent.
De temps à autre, j'aime bien créer des événements, tous les deux ou trois mois pour rassembler des spectateurs autour d'un thème, comme celui que nous venons d'illustrer avec le festival "Le Pain et le Sel d'Isaac à Ismaël". Ce festival, qui a duré quinze jours, comportait des spectacles de chants et de contes aussi bien yiddish que judéo-espagnols, iraniens, soufis. Pour tous publics. C'a été très beau, très chaleureux.
Le 30 avril nous aurons LA NUIT DE LA CHANSON DE REBELLION; c'est le 150ème anniversaire de la révolution de 1848 , le trentenaire de mai 68, le centenaire de l'Affaire Dreyfus, le je-ne-sais-pas-combientième de la Ligue des Droits de l'Homme. Et la rébellion, il y en a dans toutes les vies, c'est ce qui permet d'avancer. A partir du moment où on veut changer quelque chose, il y a une action

Yani Darim
rebelle, avec toutes les nuances qu'on peut mettre dans le mot rébellion. Le 30 avril sera une nuit... sans fin !
Après, en mai, 1'ARBRE EN SCENE programme des conteurs : LAURE GAÊL, MOUSSA LEBKIRI qui dira des contes érotiques arabes du 12° et 13° siècles, SUZANNA AZQUINIZER, CATHERINE GENDRON.
Côté chansons, nous aurons: DENIS MERMOZ, NICOLO VON LAPRANI (Rêves d'amour déglingués)A partir du 14 mai, les" jeudis, nous accueillerons MUSIQUES ET.CHANTS YIDDISH par le Grand KLEZMER.
Les 29 et 30 mai, ce sera TRAVIS BURKI, à découvrir!...
Des scènes ouvertes? Il y en a 3 par mois, cela s'appelle LES JOUEURS DE VOIX, elles sont ouvertes aux conteurs, chanteurs, poètes. Ca peut être un auteur qui lit un extrait de son livre, un journaliste qui lit son prochain article, une chorale qui vient répéter, un duo ou un trio...
A ce propos, le 6 mai, le conteur CHARLES PIQUION prend en charge une veillée de contes, animée régulièrement par deux ou trois conteurs, elle sera ouverte à ceux qui veulent raconter.
YANI DARIM en sourit de plaisir à l'avance. Et RUE DES POETES est aussi heureux d'ajouter que le CENTRE dD1 EXPRESSION DE LA CHANSON FRANÇAISE a choisi L'ARBRE EN SCENE à peine créé pour y installer ses "BANCS PUBLICS"

L'ARBRE ENTRE EN SCENE AU DIX-NEUF DE LA RUE D'HAUTPOUL, PARIS DIX-NEUVIEME
Un long bâtiment de béton et de bureaux. Des fenêtres, avec, derrière, de très sérieux dos de secrétaires eh leurs ordinateurs, puis, plus bas, une porte anodine, une entrée, un couloir et, sur la gauche, une porte ouverte sur une méridienne à fleurs rose pâle. On se sent comme attendu, on entre dans un petit salon: devant vous un bar en bois avec avis de rafraîchissements maison et, miracle... à gauche, un théâtre: scène à plafond surélevé, piano, projecteurs, régie et 50 places assises. C'est là que, le 14 avril, YANI DARIM donnait son spectacle "SHALOM CHLEM".
En première partie, STELLA GUTMAN chante très authentiquement
des chants judéo-espagnols, voire turcs ou yiddish dont elle résume
l'argument avec beaucoup de gentillesse en français. Drôles de
petites bulles pleines de dérision où le mariage s'abstient souvent
d'être au rendez-vous de l'amour mais où les belles sont mutines
voire haérdies, quant aux hommes et autres personnages respectables...enfin... passons!    YANI DARIM est accompagnée, en deuxième partie, par SYLVAIN BEMERT, aimable et astucieux, complice au violoncelle tendre. Yani est "Une petite femme qui soulève une grande salle" (dixit DRISS, patron de LES UNS LES AUTRES, autre petit lieu de spectacle où on se sent en famille. Pendant une heure exubérante, elle nous accroche aux basques d'un Schlemel polonais, pragmatique autant que perplexe et métaphysique, à coups de ces contes traditionnels qui se déclinent en rebohdissements baroques, de génération en génération, sur un mode époustouflant de burlesquerie. Les spectateurs pouffent, rient et pleurent de rire. La conteuse, malicieuse et vibrante a une technique qui relève du prodige. Comme les gosses, que seul le conte sait faire réaffleurer en nous, on en voudrait encore' et encore avant de pouvoir aller se coucher, hilares et repus.

Chanson passion

Marie ORDINIS

Un coinsto d'Pantruche, pas plus pourave qu'icigo
Aux cambuses un choille déglinguées, mais pas crados,
Sur toquade de connards colpinc' blanc, grosse timbale,
A coups d'darracqs mastards vient de se faire la malle,

 

Et qu' même si toutime n'était pas bésef choucard
ça été dégueulasse de le foutre au rancart.

Car la populace qui créchait dans ces cagnas
Gonzes pas très riflos non, mais tous des Parigots,
Grandes gueules, pue-la-sueur, canailles mais pas d'saligauds,
Coquait de Paname le croqu'cif le plus chouaga.

Mes vioques ont déboulé, valoches aux brambillons,
J'avais huit printemps, et le der de trois lardons,
Mais ce prem'luisant j'l'ai lago dans l'caberlot
Quand la smala, une chiée d'ourdée dans les calots,
Se baguenauda en reluquant les boutoques,
S'plafonnant qu'on en était un chouïa probloque !

Et c'est le palpitant gazant à tout' berzingue
Qu'autour de la carante on a boustifaillé.
Cette neuille, de c'coinsto, on en a tous jaspiné
Comme d'une gonzesse à qui on voudrait faire du gringue.

Gérard LE GRAND
in "Matou de Pantruche"
à paraître

De temps en temps les cartes postales étaient bizarres.
Sur une face Lao Tsé nous écrit
d'une poste vieille de deux milliers et demi d'années:
« Celui qui sait ne pas savoir- vise le sommet. »

Sur l'autre face, l'écriture de Montaigne en 1553:
« Celui qui pense ne pas savoir, il ne peut savoir qu' il ne sait rien. »
Cela ne ressemble-t-il pas au jeu du « téléphone arabe »?

Quand les mots voyagent à travers les siècles,
chacun ajoute ou efface quelque chose
ou les tourne à sa manière.

Ainsi se forme, rougie à vif,
la cime du cerveau humain:
le proverbe. Il appartient au peuple.
C'est pourquoi les gens disent: «
Le proverbe est l'univers dans le grain de blé. »

Miroslav ANTITCH
traduction Boris VESNIC 12
IN Horoscope à paraître

Ecrits - bonheur

J'ai calfeutré ton cœur
Avec les pages d'une vie
Ecrits-bonheur
Chansons d'envie

Nul interstice et nulle impasse
Tes secrets seront bien gardés
Chacun des hommes qui t'agace
Ne pourra plus te regarder

Je serai à la fois présence
Sécurité, route d'espoir
Ton salut, comblé d'assurance
Demeurera jusques au soir

J'ai calfeutré ton cœur
Avec les pages d'une vie
Ecrits-bonheur
Chansons d'envie

Tu rejetteras tout principe
Et t'étoileras de soleil
Adieu bouquets !
Adieu tulipes
Refermées pendant ton sommeil
J'ai calfeutré ton cœur
Avec les pages de ma vie ...

Michel PRAEGER
in "Vent de Plume"
à paraître

LE CORPS BEAU ET LE BAVARD

Maîtresse au corps beau, avance avec un beau sourire affiché,
Elle attirait en ces lieux, un jovial bavard d'un bel âge,
Quand soudain maître bavard par ses appas alléché
Lui tint, à peu près, ce fort et aimable langage

Mille bonjours, Ô belle! Au corps si beau, sans rire, si vos yeux,
Sont semblables aux étoiles qui luisent dans les cieux
Alors vous êtes la plus belle qui brille au firmament,
Pour moi vous êtes la femme de ma vie, maldonne si je mens!

A ces mots la belle au corps beau se sentit pousser des ailes,
Elle succombe à l'instant dans les bras du bavard pas trop sot,
Elle se laisse tomber, se pâme, elle est heureuse et fait la belle
En quelques mots elle se donne à celui qui dit de si jolis mots.

Maître bavard tout émoustillé, se saisit d'elle et il la papouille,
Que les hommes sont tendres quand ils nous jouent la fripouille,
Maîtresse au corps beau est contente car l'homme est plaisant,
Il me dit pour la vie... Sans doute ce doit être le prince charmant.

Quinze jours ont passé, maître bavard est lassé, et il la laisse tomber.
Maîtresse au corps beau se dit, quelle conne j'ai été de succomber,
Mais elle jura d'éviter les bavards et de recommencer une autre fois,
Moralité, Monsieur de la Fontaine dit des bêtises dans ses fables parfois.

Bruno Quinchez

Paris le 8 Décembre 1996


La Roue à Aubes

marcher,
mettre du temps
à
n'être
que ce bruit de terre douce
que
la semelle mâchonne

La Roue à  Aubes
 

montagnes
réduites à leur poids de nuit
ma vie
lentement enceinte d'ombre

Patricia CASTEX MENIER
in "La Roue à Aubes"
Redbird publication

CHOSE VUE.

Un jour que je remuais un tas de feuilles mortes
et quelques souvenirs de la même couleur,
un papillon perdu dans cet automne en pleurs,
surgit sous mon balai. Que le diable m'emporte

si ce n'était pas là, épanouies à ma porte,
œillade de printemps et promesse de fleurs !
De plus, un rouge-gorge, hardi comme un voleur,
vint renchérir encor sur ces pensées accortes,

chantant à gorge rouge une aria débridée.
Au feu, la feuille morte ! Au clair, la sombre idée !
Charmant lépidoptère et gracieux oisillon

dansaient en mon honneur un pas de deux de rêve..
Quand soudain, le second (que toute joie est brève !)
a, en deux coups de bec, bouffé le papillon.

Jean-Pierre Girard 

le 5 janvier 1998

un homme cheminant
Parti les choses Simples
Voit la queue du bonheur -

Vite il recouvre le tout
Pour ne pas avoir à le dévorer
Sur l'heure Sapristi Quel économe

Jean-Baptiste TIEMELE

5 novembre 1995

Le père et la fille

Alors Isabelle
Tu es seule
Arrête-moi ce jeu
Jeu-thème
jeu -thème

Jean-Baptiste TIEMELE
15-5-1997

La tourterelle est belle

Le chien bien
Doux gentil dru
Blanc roux noir et poilu
Mais ils ne valent pas
Mon chat
Qui enroule
Au creux de mon bras
Son peloton d'amour.

Marie-Claire Calmus

ANOPHELIDE

Feu de paille que nous sommes
Nous finirons dans la fosse commune
Toutes étincelles éteintes
Nous ne ferons plus rire les oiseaux
Et les femmes qui dansaient la valse
Nous auront sublimés
Nous ne sommes pas des guerriers

Et la paillass' de nos sommes
qui abrita nos amours soirs de brume
Routes à pucelles étreintes
Ne tissera plus nid pour les moineaux
Et les femmes qui dansaient le jerk
Nous auront oubliés
Nous ne sommes pas des guerriers

Vincent JARRY
in "Frédée 96"
à paraître

oh réveille-la donc
ta jambe de danse
et ton geste oui
ton geste indigérable
celui qui frappe de sa cadence
la maldanse
la façon qu'on fait
de ne pas s'en apercevoir
réveille oh oui réveille
toute la sagesse
de ta composition
première le pied
devant le cœur
meurtri mais battant encore
réveille de ta vie
la plus haute substance
réveille-les
ces notions à jamais
enfoui disparues
sauf dans les yeux
d'aucuns mais qui se
peuvent troubler déjà
de ton souffle mal offert

Denis LAVANT
in "Au volant de mon chien"
à paraître

LE PARC DE SCEAUX

Entendez-vous les cris, les virgules pointues ?
Celles des angelots de pierre blanche et nue,
Ils vont, quelle impudeur ! jouer le jeu d'amour,
Le parc de Sceaux s'éveille au long des brandebourgs

Imposteurs les canards ! leurs plumes dans les yeux
Se colorient déjà de rêves croustilleux ;
Au fond d'un aquarium où flottent des sirènes,
Les pêcheurs du canal courent la prétentaine.

Un lit, un lit géant fait d'algues libertines,
Des nénuphars en fleur peints à l'encre de Chine,
Le vent sur la prairie sculpte l'herbe et ondule
Et parle de Gulf Stream, d'une vague qui brûle.

Demoiselle qui passe venez il est temps,
Il est mille et mille ans qu'ici je vous attends,
Demoiselle venez jouer le jeu d'amour
Le parc de Sceaux s'éveille au long des brandebourgs.

Jean-Yves LENOIR
in "les Petits Rien"
Collection "Flammes Vives"

Bar du Serpent

Quand Antonio entra dans le bar,
toute la salle se tut.

Les clients pétrifiés
s'écartèrent sur son passage
dans un silence de mort.

En un long glissement mouillé,
il se traîna vers sa table habituelle.

En chemin, il zigzagua mollement
entre les tabourets de bar.

En arrivant au fond,
il se hissa avec peine sur un siège
en s'enroulant autour de l'accoudoir.

D'un œil avide,
il fixa vénéneusement
la bouteille de tequila
sur le comptoir.

D'un claquement sec de la langue,
Antonio fit comprendre au serveur
qu'en dépit de sa transformation,
il tenait à conserver
ses bonnes habitudes.

Pascal GAILLARD,

Photo de guimou de latronche 1998

Ma banlieue

Y disent qu'on y vit mal
Qu'on est très malheureux
Moi j'suis sentimental
Je l'aime bien ma banlieue

J''vis tout au bout du ch'min
L'endroit où il s'arrête
Après lui y a plus rien
Restez donc où vous êtes

C'est dans l'fer que j'travaille
Et même le non ferreux
C'est très sain la ferrai/le
C'est très ferrugineux

Les hommes y sont sympas
Mais faut toujours qu'y causent
C'est pas que j'Ies aime pas
Mais j'Ies aime à p'tites doses

J'adore les voir partir
Le spectacle est cocasse
Y vont s'faire emboutir
J'Ies ramène à la casse

Je l'aime bien ma banlieue
Les clébards faut faire gaffe
Mais si t'es dans l'milieu
T'entends aussi les piafs

Quand les Schmidt se radinent
Y savent mettre en veilleuse
Y m'préviennent en sourdine
C'est une faune merveilleuse

Y disent qu'on y vit mal
Moi j'l'aime bien ma banlieue
C'est pas trop convivial
Et j'm'en porte plutôt mieux

Gumou de la tronche Rolland HENAULT

Et en partant prenez la rue Karl Marx, c'est moins encombré ces temps ci

La mort c'est quand même un problème
Individuel
Surtout
Pas de syndicat ni d'association de défense
Ni de club ni de parti ni de groupement ni
De fédération de comité de soutien
Tu partiras tout seul \m
Comme un grand
Avec ton sac d'écolier
Et tes habits bien repassés
Tu diras bonsoir à ta mère
Qui te regardera
Depuis le haut de la rue Karl Marx
Tes pas sonneront haut et clair
Dans la poussière des journées
Très vite tu ne seras plus qu'un point
A l'horizon
Visible dés seuls initiés
Et le soleil tournera tournera
Et les femmes passeront dans leurs slips
dans leurs clips
Avec des yeux d'animaux
Et des seins en espalier,
Dans la belle loterie des saisons
Et toi tu pourras plus les regarder les toucher
T'auras l'air d'un vrai con
Dans ta tenue collet monté
Et ton air guindé
Dégingandé
De grand écolier buissonnier
Dézingué

Roland HENAULT  Guimou de la Tronche

Petit Louis

Si vous tuez deux ou trois personnes
En principe on vous emprisonne
Si vous en tuez deux trois millions
On vous r'file une décoration.

Condamné ou félicité
C'est une question de quantité
Toi Petit Louis t'es pas dans l'coup
T'as pas voulu prendre les armes

T'as pas voulu en tuer du tout
Ils t'ont mis douze ans en cabane.
Le sort a de ces ironies
Pour Petit Louis.

Quand on baptise un monument
Un boul'vard ou une avenue
On lui donne général'ment
Le nom des tueurs les plus connus.

Un colonel, un général
Dont l'nom sent bon le sable chaud
Ca vous remonte le moral
L'matin pour partir au boulot

Mais j'vois avec mélancolie
Qu' y a jamais l'nom de Petit Louis.
Le sort a des ces ironies
Pour Petit Louis

La mode revient aux militaires
Aux soudards et aux traîne-rapières
La panoplie de l'assassin
S'épanouit dans les magasins.

Du côté d' Saint-Amand-Montrond
Ton nom n'dit plus rien à personne
Le maire s'appelle Maurice Papon
C'est le matraqueur de Charonne

Moi j' redis l'nom de Petit Louis
En contre-point de la conn'rie.
Le sort a des ces ironies
Pour Petit Louis.

Guimou de la TRONCHE Roland Henaut
in "Y'a plus de cons!"

J'aime les bijoux
Bigarrés comme des choux
Chamarrés sur mes joues
Jouxtés sur mes genoux
Mince ! J'ai des poux !

J'aime les garçons
Aux cheveux de son
J'aime les beaux gars
Avec des gros bras !
Aïe ! Tape-moi !

J'aime la soupe au pistou
Pour moi c'est tout
J'aime la soupe à l'ail
Aïe ! Aïe ! Aïe ! Ça caille !

J'aime le lait caillé !
J'aime le lait ribot I
Ça y est !
La cruche va à l'eau !

Oh ! Les belles tomettes !
Oh I La belle tonnelle !
Oh le vilain tonnerre !
Tout est par terre !

J'aime la cuisine à l'oignon !
J'aime la cuisine à l'huile !
Oh ! Comme ça sent bon !
Dis ! Quand reviendra-t-il ?

Si j'avais été mince,
M'aurait-il serré la pince ?
Si ma cuisse avait été fine,
Aurait-il caché sa pine ?

Je dois faire régime
Et pratiquer ma gym
Ainsi il reviendra
Me serrer dans ses bras.

Isabelle SPRUNG

HECTOR
 

Chronique d'un ennui

-0-

Elle passe sa langue sur ses lèvres.
« Le goût de l'échec a très mauvais goût » pense-t-elle allongée sur le lit de fer blanc de la clinique. La nuit tombe déjà. Enfouie sous les draps froids et aseptisés, elle n'a vraiment pas envie de dormir. Cette odeur insupportable, indéfinissable. Mélange de mort, de propre, de maladie, de naissance. Odeur laiteuse planant lourdement dans les couloirs, au ras des plafonds, tout au-dessus des chambres des malades.
Malade non. Enervée oui. Déçue. Jusqu'à la rage.
Goût amer que laisse cette sensation de détresse, de défaite et de haine naissante pour l'enfant qu'elle vient de mettre au monde. Mettre au monde. Imposer au monde.
Le forcer, violer sa tranquillité et y propulser une tare qui viendra troubler cet ordre, cette douceur. Toute cette beauté entachée à jamais.
Par la petite fenêtre de la chambre elle voit la neige tomber et recouvrir la vaste plaine. C'est moche un enfant qui naît l'hiver. Dès qu'il sort il a froid.

-I-

« Elle » a disparu. « Elle » ne sera plus. « Elle » est devenue « maman ». Elle regarde son ventre flétri puis regarde l'enfant. Né tout violet, cyanose a dit le médecin. Laid dès son arrivée, comment ne pas le détester.
Maman, enfant, Hector, lait, maman hait. Ces mots défilent dans sa tête et l'emplissent de dégoût. Elle court aux toilettes et vomit et bébé pleure.

-2-

Assis dans le petit coin frais de la cave, il entend suinter l'eau sous la pierre.
L'eau s'écoule le long des murs et arrive, goutte par goutte, en un même point. Le centre de la cave, îl ne voit que ça. Son attention est figée par le clapotis incessant de l'eau. Et puis que faire dans ce lieu sombre si ce n'est traquer, contempler la fuite du liquide. Se rendre compte du temps par cet écoulement. Il donne une unité précise à chaque goutte d'eau. Il en dénombre les tombées et ainsi combien de temps environ sépare le moment où maman l'a mis là et celui précisément où il fixe l'eau dégouliner.
Seulement l'eau ne cesse de couler et chaque instant lui paraît d'une lourdeur et d'une intensité insoutenables.
Après , des minutes, parfois des heures entières, il se met à pleurer. Il couche son buste tout le long de ses
jambes. Il encercle fiévreusement ses maigres genoux et doucement, tristement, il s'endort.

-3-

« Pas si moche que ça qu'il est ».Hector n'est pas si laid.
Hector est bon. Pourquoi met-on Hector dans le fond de la maison ? Hector chante. Il est fou ou il est gai. Hector ne sait pas si Hector est fou ou content. Hector est gentil. Hector est grand. Il est tout petit aussi.
Par les barreaux du fond de la maison Hector voit passer les géants. Les géants passent, ne savent pas qu'il y'a des barreaux et que Hector est dedans.
Hector est dedans les barreaux, derrière, autour et dedans. Dedans Hector. Les barreaux crient. Personne n'entend. Hector s'ennuie. Dedans lui.

-4-

Quand il sera grand il rentrera sa tête dans les épaules pour que plus personne ne le voit.
Il sciera les barreaux avec sa tête. Il se fera aussi mince qu'une feuille. Il espère qu'elle sera blanche la feuille parcequ'il la prendra et en fera un avion en papier, puis, il s'envolera dans les airs comme un chevalier en battant des pieds. Il verra le monde s'éloigner en pointillés.
Hector compte : un, deux, trois, quatre et puis s'en vont.
Pffou, il s'envole à travers les cloisons...
Adieu maman, adieu la vie.

Alexandra Duflot

Je rirai jusqu'au jour de ma mort
J'ai écrit ça un jour
Je devais être beurré

Je pleurerai aussi
Jusqu'au jour de ma mort
Je pleurerai les cadavres amis

Les illusions perdues
Les pucelages forcés
L'avortement inutile

Et l'enfant de trop
Les guerres horribles
Qui font des mutilés

Moignons d'enfants
Se traînant à roulettes
Et ces log'ments creux

Quand on crève dehors
Je pleurerai
je pleurerai

Par amour
et puis je rirai
Je rirai comme un fou
En grand courroux

je rirai
Jusqu'à demain
Jusqu'au jour de ma mort

Vincent JARRY

Dessin

Derrière le rideau blanc
d'une fenêtre
quadrillée,  une feuille de papier
gris, au plis sombres de bois
qui n'a pas poussé droit,  
un arbre griffonné,  
dessin mal dessiné
d'un enfant gribouilleur
en mal de dessiner
qui n'a pas peur de montrer
son dessin aux yeux avertis
de ne jamais prendre garde
à un dessin d'enfant
et l'adulte regarde le papier
na Pif du petit aux traits
en chevé
très cheve lure mal
pei gnée désor dre
désorga nisé
et l'enfant attend fier
de ses
lignes entrecoupées
et l'adulte rit:  
qu'est-ce que
c'est?
l'enfant va répondre
et l'au
tre coup
e les li
gnes- d
es mo
ts à di
re
encore un gribouillage!

YANI DARIM
in "La Vie contre la Vie"

LIBRE

C'est la plus belle
c'est la plus douce
les autres donzelles
après qu'j'les trousse
je n'me sens pas bien
avec ça c'est des tracas
pas l'Nirvana
j'préfère sa peau
et son odeur
j'adore son dos
sa bouche en cœur
elle est très bonne
comme du bon pain
elle est mignonne
quand le matin
elle ouvre les yeux
demande d'la musique
m'offre ç'que je veux
sans qu'ça complique
mon esprit tordu
qu'a besoin de paix
d'un plan cul
ou d'un dessin animé
elle me laisse vivre
dans sa pureté
je me sens ivre de liberté
si je veux rire
pour rigoler
elle me laisse dire
que j'suis cinglé
quelle ouverture
dans mon esprit
je fais une cure
de potion d'vie
si c'est d'l'amour
pour aujourd'hui
moi je suis pour
ç't'état d'esprit
demain matin
un jour ou l'autre
ça sera la fin
logiquement vôtre
rien qu'elle fait
qu'elle accepte
l'idée qu'sans prise
de tête on puisse s'quitter
ça me réconforte
dans la relation
qui est la nôtre
sans condition
au delà du temps
et de l'espace
tout simplement
elle a d'la classe
elle me laisse vivre
dans sa pureté
je me sens ivre
de liberté
si je veux rire
pour rigoler
elle me laisse dire
que j'suis cinglé
pas si tordue
qu'ça ma p'tite femme
quand s'accentue
un psychodrame
elle lâche prise
immédiatement
sur les méprises
de faux sentiments
alors elle parle
de ce qui la dérange
dans ma mémoire
elle le range
elle fait grandir
notre relation
par un sourire
t'sais j't'aime
c'est con
je la respecte
je lui ai dit
avec ma tête
mais aujourd'hui
c'est dans mon ventre
que je ressens
cette force vivant
ce sentiment
elle me laisse vivre
dans sa pureté
je me sens ivre
de liberté
si je veux rire
pour rigoler
elle me laisse
dire que j'suis
cinglé

Pilote 95

Leva arriba nossa gente  La chanson de Pico
 
Chanson de rameurs des Açores Adaptation Jacques Yvart

Leva arriba nossa gente
Que uma noite nao é nada
Ole, olé, olé, ola !
Se nao dormires a noite
Dormiras de madrugada
Olé, olé, ola!
Olé, olé, ola !
O vento virou ao norte
Que até faias arrancou
Ao depois da perda feita
O vento assossegou

Compagnons ! la nuit est belle
Notre barque est à l'amarre
Olé, olé, olé, ola !
La lune qui nous appelle
Nous éclaire de son phare
Olé, olé, ola !
Olé, olé, ola !
Nos rames semblés légères
Quand nous tirons en cadence
Avec au cœur et aux lèvres
Un vieil air de notre enfance

A loua vai-se deitar
Eu vou-me deitar também
Passeios dados em claro
Nao fazem bem a ninguém
Em noite de lua cheia
Ao sopro da fresca aragem
Pus-me a contar as estrelas
Vi no céu a tua imagem

La mer a perdu ses rides
Hier encor c'était tempête
Si le vent du Nord arrive
Fuyons avec la mouette
Quand le rivage s'éloigne
Et s'estompe avec la brume
Je songe à toi ma compagne
A la maison dans la dune

Jacques YVART
in "amers amours et pollution"
le signe avec le vent éd.

Flanc sur les nuages,

Flanc sur les comtesses de papier,
Flanc sur ces armoires à linge,

Flanc sur toutes les roues circulaires,
Flanc et sable sur les soleils, sur les neiges,
Et les surfaces de riz,

Flanc contre flanc, même sein contre sein,
Sinon boîte contre boîte,

Flanc pour ces premières gelées,

Sur les notations de couleur,
Flanc sur les isthmes,

Flanc contre l'mur,
Et flanc dessous l'amour,

Flanc contre flanc,

Mais ciel contre ciel et treize fois treize !

Aubriot le 04.03.89

Thierry DAUCE
in "à soif d'eau de vie et d'amour"
éditions de l'Echiquier

AFRIQUE

Pleure Afrique pleure
Mais pourquoi pleures-tu au juste
Tu es riche en Constitutions
riche en putschs
en guerres fratricides

Ce ne sont pas les morts qui te font pleurer
quand même   ni les enterrements
C'est voulu Alors
La haine   c'est voulu
L'injustice   c'est voulu
La corruption   c'est voulu
L'ignorance   c'est voulu
Alors

Le pourrissement   c'est voulu Alors
Le dos tourné à l'avenir   c'est voulu Alors
Demain un voyageur venu de Mars
se saisira de tes dépouilles
comme l'on s'empare
d'une pièce rare
et te scrutant
parcourra tes champs abandonnés
les yeux éblouis
par l'éclat de la Liberté
que tu n'auras pas su voir

Pleure Afrique pleure
mais n'oublie surtout pas
que nous avons un monde à bâtir
vivable

Que l'homme tremble
Je dis Normal
Il est si fragile et si pervers

Mais que malgré sa masse
La Terre tremble
Je dis de quoi a-t-elle peur
A nous donner la frousse

Ecœurée de son propre tremblement
Elle bave selon l'humeur
Des trucs insensés
Indigestes
Ignescents
Je crierais bien

Arrêtez-moi tout ça
On n'est pas des masochistes
Mais la terre est bruyante et sourde
Jean-Baptiste Tiémélé

11  février 1986

Jean-Baptiste TIEMELE
in " Aoyu suivi de Yaley"
Silex éd.

A  chaque année
Qui naît
On souhaite aux amis LE MEILLEUR
Cette fois
Je le prendrai
Et le leur donnerai ' .
Directement
Simplement

Des fois
Je prends mon corps
Et lui reproche son ingratitude
J'ai beau manger de la vache enragée
C'est comme si je ne lui ai jamais
Rien donné
Il en réclame toujours
Le glouton

Jean- Baptiste TIEMELE

5 novembre 1994

Sonnet du Sansonnet

Petites choses de l'amour
J'ai tant passé entre vos mains
J'y ai perdu tous mes atours
Et ne suis plus qu'un petit rien

J'y ai laissé mon cœur volage
Se balader de toi en elles
Et puis voici que vient mon âge
Ma plume compte penne en aile

Petites chos' de rien qu'un tour
Mes clairs yeux bleus seront éteints
Le dernier soir de nos rambours

Où aspirant à vos tétins
Mon corps légué aux lourds vautours
Crèv'ra de rêver à vos atours

Vincent Jarry
Aux Petits Joueurs,
mars 98

Ciment : attache. Vernis : détache.

Habiter. Civilise la dimension et les directions
de l'espace. Quand un homme prend du gite, il va à la
dérive. Il s'avilit, flanche ou sombre. 11 fait mine
d'habiter ou il fait carrière dans la déambulation.

Cabane : En Hébreu, c'est le domicile dont
les difficiles, ou les maniaques, ne veulent pas !

Caverne : lieu où les primitifs, les demeurés, les
arriérés, ont une petite chance de devenir au moins
troglodytes.

Tanière : repaire du daltonien.


Abri : c'est l'intérieur que les scrupuleux pré-
fèrent à tous les ersatz.

Mur : ligne de chance qui peut augurer d'un
intérieur bien tenu.

Hôtel de la Plage : quarante ans de taule, éva-
¬sions comprises.

Armand OLIVENNES
in "Le Langage Symbolique des Maisons
édité par le Foyer Culturel de Houtland

à demain

Te lirai un poème, pour l'autre vérité
dans Tailleurs validé  : rien
n'est jamais aussi réel que nous le pensons

Te lirai un présent à multiples lectures : ce n'est jamais
ce que j'attends qui arrive
mais déjà, il est tard, il faut tuer la lampe ..

Laurette

Poèmes en gros et demi gros....Revue rue des poètes... 6ième partie janvier-février 1998

 

Poèmes en gros et ½ gros...Revue rue des poètes de janvier-février 1998 sixième partie...Ce coup-ci, j'ai juste scanné les textes sans passer par la reconnaissance de caractères OCR car il y a trop de caractères d'alphabets étrangers, Je l'ai mis en format PDF, ce qui est tout de même plus facile à gérer

 

Compilation 6 revue rue des poetes poemes en gros et demi gros janvier fevrier 1998compilation-6-revue-rue-des-poetes-poemes-en-gros-et-demi-gros-janvier-fevrier-1998.pdf (7.77 Mo)