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Compilations de Poèmes en gros et demi-gros 07 extraits de la revue rue des poètes 22-23 mars avril 1998

Compilations Poème en gros 07 des poèmes 

qui sont extraits de la revue rue des poètes n° 22-23 mars-avril 1998

" JEU "

LE TURBO

A quelle sauce voulez-vous le turbot, chère
Et tendre reine ? Les valets préparent l'huile,
Le clair vinaigre d'Orléans, le vin du Cher,
Le poivre et le jaune d'oeuf filant mieux que le fil.

J'ai gosier sec et nez cramoisi comme tuile,
Mais vous êtes la plus charmante des commères
De Paris : Ah ! par Saint Denis où y-a-t-il
Dame plus exquise d'ici jusqu'à la mer ?

Rien qu'à vous voir mon cœur se grise en vérité
Et fait en moi des sauts de hareng sur le gril :
Rien qu'à pencher le museau vers cette poitrine

Pour respirer la rose de votre beauté
Je suis comme un danseur ivre sur l'escabeau :
Chère, à quelle sauce voulez-vous le turbot ?

QUESTIONS

A votre avis à quelle sauce voudra-t-elle le turbot ?

(Avez-vous remarqué que le beurre y sera remplacé par l'huile et la farine par une liaison... à l'œuf ?)

Quant à l'auteur ? Son prénom, choisi par des parents au patronyme lumineux, le faisait cousiner avec le Roi des animaux. Il opta pour un pseudonyme doublement wagnérien, lequel ne l'empêcha pas de rêver à la plus pulpeuse des sultanes.

Celle-ci, à son tour, inspira à Maurice Ravel 3 chefs d'œuvre pour chant et orchestre nourris de la poésie de notre homme. Poète donc, mais aussi peintre et compositeur, il était d'un an l'ainé de Jarry (Alfred)Et mourut à l'âge de 92 ans .

MARIE ORDINIS

LE BONHEUR EN FLEURS

Les fleurs artificielles
ont un parfum... irradiant
Accepte mon bouquet La Belle
Il est si sidérant

Jean-Baptiste TIEMELE


LASSITUDE

Le Soleil déjà là
se retire derrière
un épais rideau
de nuages irradiés

Le soleil est déjà? là
Oui malgré soi d'éclairer
tant de montagnes d'horreurs
fait Attention
Où tu mets les pieds

Jean-Baptiste TIEMELE

INTERFERENCE DES CIRCUITS (c'est un poème d'amour)

Etant donnée la doctrine de l'infrastructure,
A travers les motivations personnelles      
Qui me poussent vers les autres

et ceci...
A travers le parallélisme géodésique    
Des perspective évolutive de nos gênes

je souhaite ...
Qu'un accord conjoncturel
Vienne souder mon symposium
A votre concept rétroactif

Et si...
Mon processus de détermination
Rejoint l'anthropomorphisme
De votre genèse promotionnelle,
Il n'y a aucune raison,
O ma particulière existentielle
Pour que ne s'établisse entre nous
Un phénomène d'osmose moléculaire
Par interaction de nos acides nucléiques

Devrons nous...
O ma constante variable
Tenir compte d'un déterminisme généralisé
Ou d'un compartimentage fractionnel ?
Je ne sais, je ne sais, je ne sais

Mais...
Je vous emmènerai par les sentiers du corollaire
Jusqu'au postulat légitime ;
Alors, partout du point Gamma,
Un point de friction s'établissant
Entre nos équivalences de masses,
Mon vecteur, épousant votre abscisse
Nous jetterons les fondements
D'une nouvelle géométrie
Dans les spasmes...

Guy Perrot

Capturé
Tu fus
Torturé
A ta première récrimination

En fuite
Tu fus
Rattrapé
Flagellé

À ta deuxième récrimination
En fuite
Tu fus
Poursuivi
Ramené

Réduit (croyait-on)
A l'impuissance...
A ta troisième récrimination
Suivie de ta troisième évasion
Comme un chien

Au petit matin
Tu fus fusillé
Pour avoir
Trop aimé

LA LIBERTE.

Jean-Baptiste TIEMELE
(Extrait de « CHANSONS PAÏENNES »
Editions Pierre-Jean OSWALD, 1969.

Ceci n'est pas de la poésie.
Bien trop la distance ! Trop constants,
l'éloignement, la dérive et l'exil !
Définitifs sans doute !
Ceci n'est pas de la poésie
(ou par la force alors,
qui s'interpose, sépare et tient écarté ;
par ce ratage ivre uniquement obstiné
à se dresser devant le vide
pour en prendre aveugle l'impossible mesure).

Ceci n'est qu'appareil.
Pour la fête, le sacrifice.
Pour rien tout simplement ;
pour exister un peu ici,
dès maintenant,
dans cette dévastation de l'âme,
où le chaos repose
sur des liquides lourds brassés
par un vent prophète d'espaces désertés
qu'il n'atteint pas sans épouvante.
Solitudes, où ne pèsent
que des bords instables sur le point de basculer

Enseignes peintes tout ceci.
Extérieur de porte devant l'entrée :
peut-être un office plus grave vers l'obscur,
où la blessure cicatrise.
Secret de l'épaisseur
de ces ténèbres s'établissant
et s'appuyant sur l'abîme.
Fantômes sur l'eau d'un fleuve
dont l'aube à chaque fois revient veuve.

Mémoire, et ce domaine inhabité
dont elle garde l'accès !
(labyrinthes et jardins,
où selon les saisons
se devinent des passants égarés,
hélant comme nous par de longs cris
et parfois même un prénom)
Mémoire, et ce palais d'écrans
dans la nuit du parfum,
où se projettent soudain
prises d'incertaines et tremblantes images...

Dies ist nicht Poésie. Zu groB der Abstand! Zu gewiB die Entfernung, die Abtrift und das Exil ! Bestimmt endgultig ! Dies ist nicht Poésie (allein schon wegen der Kraft, die sich dazwischenstellt, die scheidet und die getrennt hait ; in diesem berauschten Scheitern, das einzig hartnackig will : sich vor der Leere erheben, um blind ihr unmôg-liches Mal) zu nehmen).

Dies ist nur Vorrichtung. Fur das Fest, fur das Opfer. Einfach, fiir nichts ; um hier noch ein wenig dazuséin, seit jetzt, in der See-lenverwùstung. wo das Chaos auf Flussi-gem ruht, das schwer ist, gebraut von ei-nem prophetischen Wind verôdeter Ràume, die er nicht ohne Entsetzen beruhrt. Die Einsamkeiten, wo nur die Rânder wiegen sind, die gleich vielleicht kentern.
Ail dies hingemalte Schilder. Das AuBen der Tur vor dem Eintritt : vielleicht ein ernsterer Dienst an das Dunkle, wo die Wunde verheilt. Geheimnis der Dichte ail dieser Finsternisse, die sich auf dem Ab-grund einrichten und auf ihm lasten. Schat-ten ùber dem Wasser eines Flusses, dem das Morgenrot immer als Witwe zuriick-kehrt.

Erinnern, und dies Unbewohnte, dem es den Zugang behutet ! (Labyrinthe und Gar-ten, wo im Wechsel der Jahreszeiten sich verirrte Passanten entdecken, sich griiBen mit langen Rufen wie wir und manchmal auch einem Namen) Erinnern, und dieser Palast aus Leinwânden in der Duftnacht, auf denen unsicher und zitternd jâh Bilder sich zeichnen...

 
Werner LAMBERSY
Ubersetzung Eva Brùckner-Tuckwiller
in "Quoique mon  cœur en gronde"
Hitzeroth éd.

Je suis monté sur la cime où les visions me percutaient
Quand le paysage chavira j'ai retrouvé tes chardons et tes fleurs
Le blizzard me réveilla
Ne demeurèrent que les genièvres qu'enflammaient tes romances
Tu t'adoucis d'orties
pour te dresser sous l'adolescence des soleils

Jean-Luc SIGAUX
in "Les Berges d'orage" Saint-Germain-des-Prés éd.

C'EST JUSTE POUR DIRE

Des mots qui ne sont pas d'ici
J'ai fait ma vie
Bien avant qu'un Toubon
Bien pire
Décide de me refaire un dictionnaire
A la French
Encore colonial
Style racket national
Apartheid du Buziness
Cac 40
Pas un kopeck
La classe
Blancs
Beurs
Black s
Même combat
Quel Bled
Basta
Les keufs de la morale
De Bangkok à Paname
Import-Export
Midnight Express
Le stress
La baraka
L'angoisse
La poisse
Etcetera
Pair Impair et Passe
Vite, mon Joker
Dwende passe par là
La grâce
Ultralight
Le blues
Underground
Hiroshima mon amour
Un ticket sinon rien
Qu'un Autzwitch
Plus tard un carmel
no joke
Lève ta fatwa
et laisse-moi
Mes Si, sex and sun
La Plage
Ou le Goulag
That is the question
Moi, je préfère
Les Stars
Et la lune
Au Soleil
Ca, c'est le top
Je suis saoule de toi
Mon Oméga
Si si Senior
Sayonara
Sarayevo
Dasvidania
pour l'Estonia
Patati
Patata
Zap again

 

Annie SOULIER
 

YANI DARIM à L'ARBRE EN SCENE
19 rue d'Hautpoul, 75019 Paris

YANI DARIM, animatrice, responsable et hôtesse du lieu associatif 1'ARBRE EN SCENE accueille RUE DES POETES entre deux spectacles, un coup d'œil et de rangement à la salle, une réservation au téléphone, une concertation avec sa fille et collaboratrice.
"Pourquoi ce nom: l'Arbre en Scène? parce que l'arbre est un symbole très présent en moi depuis longtemps. C'est un symbole de liberté; d'élan, de générosité, il prend sa force dans la terre où il est enraciné, il va de la profondeur - vers le multiple.
Quant à: "en scène"... la scène, c'est le lieu de 1'imaginaire.
Il y a une dizaine d'année une pensée m'a traversée, c'était comme un rêve, je me suis dit que ce serait bien d'avoir un lieu qui fonctionnerait en atelier pendant la journée et en spectacle le soir. En cherchant à élargir mes possibilités professionnelles (Yani Darim est conteuse, chanteuse et enseigne aussi la musique N.D.R.d.P.), j'en suis venue à envisager de louer un local pour y recevoir mes élèves ainsi que des groupes d'enfants venus écouter des contes, et
pourquoi pas? des adultes aussi, et pourquoi pas faire des soirées de chansons et pourquoi pas ?... de pourquoi pas en pourquoi pas, je me suis mise à chercher un local mais je ne l'ai pas fait seule car la structure associative existait déjà, ainsi que le nom "l'Arbre en Scène", nous l'avons tout naturellement donné au lieu.
Ici, nous avons trouvé trois bureaux, nous avons tout refait, du sol au plafond, pour obtenir une salle de 50m2, ce qui est une superficie raisonnable, la scène existe vraiment et le piano (un beau quart de queue) l'habite bien.
Notre programmation est très riche et presque journalière, parfois même nous avons deux spectacles par jour, dont un pour enfants, l'après-midi.
Nous avons ouvert le lieu récemment, le premier décembre 1997. Pour notre première, nous avons eu deux personnes mais le spectacle a véritablement eu lieu.
Vous voulez savoir où j'étais établie avant de venir à Paris? A Toulouse, j'y ai d'ailleurs co-fondé le théâtre de la Brique-Rouge.
J'aimerais que vous souligniez que l'Arbre en Scène est un lieu associatif et que je veux l'élargir.
Sans être draconienne, je soigne la programmation. J'essaie d'avoir une certaine exigence de qualité, tout en restant ouverte et à l'écoute de ce que les artistes me proposent.
De temps à autre, j'aime bien créer des événements, tous les deux ou trois mois pour rassembler des spectateurs autour d'un thème, comme celui que nous venons d'illustrer avec le festival "Le Pain et le Sel d'Isaac à Ismaël". Ce festival, qui a duré quinze jours, comportait des spectacles de chants et de contes aussi bien yiddish que judéo-espagnols, iraniens, soufis. Pour tous publics. C'a été très beau, très chaleureux.
Le 30 avril nous aurons LA NUIT DE LA CHANSON DE REBELLION; c'est le 150ème anniversaire de la révolution de 1848 , le trentenaire de mai 68, le centenaire de l'Affaire Dreyfus, le je-ne-sais-pas-combientième de la Ligue des Droits de l'Homme. Et la rébellion, il y en a dans toutes les vies, c'est ce qui permet d'avancer. A partir du moment où on veut changer quelque chose, il y a une action

Yani Darim
rebelle, avec toutes les nuances qu'on peut mettre dans le mot rébellion. Le 30 avril sera une nuit... sans fin !
Après, en mai, 1'ARBRE EN SCENE programme des conteurs : LAURE GAÊL, MOUSSA LEBKIRI qui dira des contes érotiques arabes du 12° et 13° siècles, SUZANNA AZQUINIZER, CATHERINE GENDRON.
Côté chansons, nous aurons: DENIS MERMOZ, NICOLO VON LAPRANI (Rêves d'amour déglingués)A partir du 14 mai, les" jeudis, nous accueillerons MUSIQUES ET.CHANTS YIDDISH par le Grand KLEZMER.
Les 29 et 30 mai, ce sera TRAVIS BURKI, à découvrir!...
Des scènes ouvertes? Il y en a 3 par mois, cela s'appelle LES JOUEURS DE VOIX, elles sont ouvertes aux conteurs, chanteurs, poètes. Ca peut être un auteur qui lit un extrait de son livre, un journaliste qui lit son prochain article, une chorale qui vient répéter, un duo ou un trio...
A ce propos, le 6 mai, le conteur CHARLES PIQUION prend en charge une veillée de contes, animée régulièrement par deux ou trois conteurs, elle sera ouverte à ceux qui veulent raconter.
YANI DARIM en sourit de plaisir à l'avance. Et RUE DES POETES est aussi heureux d'ajouter que le CENTRE dD1 EXPRESSION DE LA CHANSON FRANÇAISE a choisi L'ARBRE EN SCENE à peine créé pour y installer ses "BANCS PUBLICS"

L'ARBRE ENTRE EN SCENE AU DIX-NEUF DE LA RUE D'HAUTPOUL, PARIS DIX-NEUVIEME
Un long bâtiment de béton et de bureaux. Des fenêtres, avec, derrière, de très sérieux dos de secrétaires eh leurs ordinateurs, puis, plus bas, une porte anodine, une entrée, un couloir et, sur la gauche, une porte ouverte sur une méridienne à fleurs rose pâle. On se sent comme attendu, on entre dans un petit salon: devant vous un bar en bois avec avis de rafraîchissements maison et, miracle... à gauche, un théâtre: scène à plafond surélevé, piano, projecteurs, régie et 50 places assises. C'est là que, le 14 avril, YANI DARIM donnait son spectacle "SHALOM CHLEM".
En première partie, STELLA GUTMAN chante très authentiquement
des chants judéo-espagnols, voire turcs ou yiddish dont elle résume
l'argument avec beaucoup de gentillesse en français. Drôles de
petites bulles pleines de dérision où le mariage s'abstient souvent
d'être au rendez-vous de l'amour mais où les belles sont mutines
voire haérdies, quant aux hommes et autres personnages respectables...enfin... passons!    YANI DARIM est accompagnée, en deuxième partie, par SYLVAIN BEMERT, aimable et astucieux, complice au violoncelle tendre. Yani est "Une petite femme qui soulève une grande salle" (dixit DRISS, patron de LES UNS LES AUTRES, autre petit lieu de spectacle où on se sent en famille. Pendant une heure exubérante, elle nous accroche aux basques d'un Schlemel polonais, pragmatique autant que perplexe et métaphysique, à coups de ces contes traditionnels qui se déclinent en rebohdissements baroques, de génération en génération, sur un mode époustouflant de burlesquerie. Les spectateurs pouffent, rient et pleurent de rire. La conteuse, malicieuse et vibrante a une technique qui relève du prodige. Comme les gosses, que seul le conte sait faire réaffleurer en nous, on en voudrait encore' et encore avant de pouvoir aller se coucher, hilares et repus.

Marie ORDINIS

Un coinsto d'Pantruche, pas plus pourave qu'icigo
Aux cambuses un choille déglinguées, mais pas crados,
Sur toquade de connards colpinc' blanc, grosse timbale,
A coups d'darracqs mastards vient de se faire la malle,

 

Et qu' même si toutime n'était pas bésef choucard
ça été dégueulasse de le foutre au rancart.

Car la populace qui créchait dans ces cagnas
Gonzes pas très riflos non, mais tous des Parigots,
Grandes gueules, pue-la-sueur, canailles mais pas d'saligauds,
Coquait de Paname le croqu'cif le plus chouaga.

Mes vioques ont déboulé, valoches aux brambillons,
J'avais huit printemps, et le der de trois lardons,
Mais ce prem'luisant j'l'ai lago dans l'caberlot
Quand la smala, une chiée d'ourdée dans les calots,
Se baguenauda en reluquant les boutoques,
S'plafonnant qu'on en était un chouïa probloque !

Et c'est le palpitant gazant à tout' berzingue
Qu'autour de la carante on a boustifaillé.
Cette neuille, de c'coinsto, on en a tous jaspiné
Comme d'une gonzesse à qui on voudrait faire du gringue.

Gérard LE GRAND
in "Matou de Pantruche"
à paraître

De temps en temps les cartes postales étaient bizarres.
Sur une face Lao Tsé nous écrit
d'une poste vieille de deux milliers et demi d'années:
« Celui qui sait ne pas savoir- vise le sommet. »

Sur l'autre face, l'écriture de Montaigne en 1553:
« Celui qui pense ne pas savoir, il ne peut savoir qu' il ne sait rien. »
Cela ne ressemble-t-il pas au jeu du « téléphone arabe »?

Quand les mots voyagent à travers les siècles,
chacun ajoute ou efface quelque chose
ou les tourne à sa manière.

Ainsi se forme, rougie à vif,
la cime du cerveau humain:
le proverbe. Il appartient au peuple.
C'est pourquoi les gens disent: «
Le proverbe est l'univers dans le grain de blé. »

Miroslav ANTITCH
traduction Boris VESNIC 12
IN Horoscope à paraître

Ecrits - bonheur

J'ai calfeutré ton cœur
Avec les pages d'une vie
Ecrits-bonheur
Chansons d'envie

Nul interstice et nulle impasse
Tes secrets seront bien gardés
Chacun des hommes qui t'agace
Ne pourra plus te regarder

Je serai à la fois présence
Sécurité, route d'espoir
Ton salut, comblé d'assurance
Demeurera jusques au soir

J'ai calfeutré ton cœur
Avec les pages d'une vie
Ecrits-bonheur
Chansons d'envie

Tu rejetteras tout principe
Et t'étoileras de soleil
Adieu bouquets !
Adieu tulipes
Refermées pendant ton sommeil
J'ai calfeutré ton cœur
Avec les pages de ma vie ...

Michel PRAEGER
in "Vent de Plume"
à paraître

LE CORPS BEAU ET LE BAVARD

Maîtresse au corps beau, avance avec un beau sourire affiché,
Elle attirait en ces lieux, un jovial bavard d'un bel âge,
Quand soudain maître bavard par ses appas alléché
Lui tint, à peu près, ce fort et aimable langage

Mille bonjours, Ô belle! Au corps si beau, sans rire, si vos yeux,
Sont semblables aux étoiles qui luisent dans les cieux
Alors vous êtes la plus belle qui brille au firmament,
Pour moi vous êtes la femme de ma vie, maldonne si je mens!

A ces mots la belle au corps beau se sentit pousser des ailes,
Elle succombe à l'instant dans les bras du bavard pas trop sot,
Elle se laisse tomber, se pâme, elle est heureuse et fait la belle
En quelques mots elle se donne à celui qui dit de si jolis mots.

Maître bavard tout émoustillé, se saisit d'elle et il la papouille,
Que les hommes sont tendres quand ils nous jouent la fripouille,
Maîtresse au corps beau est contente car l'homme est plaisant,
Il me dit pour la vie... Sans doute ce doit être le prince charmant.

Quinze jours ont passé, maître bavard est lassé, et il la laisse tomber.
Maîtresse au corps beau se dit, quelle conne j'ai été de succomber,
Mais elle jura d'éviter les bavards et de recommencer une autre fois,
Moralité, Monsieur de la Fontaine dit des bêtises dans ses fables parfois.

Bruno Quinchez

Paris le 8 Décembre 1996


La Roue à Aubes

marcher,
mettre du temps
à
n'être
que ce bruit de terre douce
que
la semelle mâchonne

La Roue à  Aubes
 

montagnes
réduites à leur poids de nuit
ma vie
lentement enceinte d'ombre

Patricia CASTEX MENIER
in "La Roue à Aubes"
Redbird publication

CHOSE VUE.

Un jour que je remuais un tas de feuilles mortes
et quelques souvenirs de la même couleur,
un papillon perdu dans cet automne en pleurs,
surgit sous mon balai. Que le diable m'emporte

si ce n'était pas là, épanouies à ma porte,
œillade de printemps et promesse de fleurs !
De plus, un rouge-gorge, hardi comme un voleur,
vint renchérir encor sur ces pensées accortes,

chantant à gorge rouge une aria débridée.
Au feu, la feuille morte ! Au clair, la sombre idée !
Charmant lépidoptère et gracieux oisillon

dansaient en mon honneur un pas de deux de rêve..
Quand soudain, le second (que toute joie est brève !)
a, en deux coups de bec, bouffé le papillon.

Jean-Pierre Girard 

le 5 janvier 1998

un homme cheminant
Parti les choses Simples
Voit la queue du bonheur -

Vite il recouvre le tout
Pour ne pas avoir à le dévorer
Sur l'heure Sapristi Quel économe

Jean-Baptiste TIEMELE

5 novembre 1995

Le père et la fille

Alors Isabelle
Tu es seule
Arrête-moi ce jeu
Jeu-thème
jeu -thème

Jean-Baptiste TIEMELE
15-5-1997

La tourterelle est belle

Le chien bien
Doux gentil dru
Blanc roux noir et poilu
Mais ils ne valent pas
Mon chat
Qui enroule
Au creux de mon bras
Son peloton d'amour.

Marie-Claire Calmus

ANOPHELIDE

Feu de paille que nous sommes
Nous finirons dans la fosse commune
Toutes étincelles éteintes
Nous ne ferons plus rire les oiseaux
Et les femmes qui dansaient la valse
Nous auront sublimés
Nous ne sommes pas des guerriers

Et la paillass' de nos sommes
qui abrita nos amours soirs de brume
Routes à pucelles étreintes
Ne tissera plus nid pour les moineaux
Et les femmes qui dansaient le jerk
Nous auront oubliés
Nous ne sommes pas des guerriers

Vincent JARRY
in "Frédée 96"
à paraître

oh réveille-la donc
ta jambe de danse
et ton geste oui
ton geste indigérable
celui qui frappe de sa cadence
la maldanse
la façon qu'on fait
de ne pas s'en apercevoir
réveille oh oui réveille
toute la sagesse
de ta composition
première le pied
devant le cœur
meurtri mais battant encore
réveille de ta vie
la plus haute substance
réveille-les
ces notions à jamais
enfoui disparues
sauf dans les yeux
d'aucuns mais qui se
peuvent troubler déjà
de ton souffle mal offert

Denis LAVANT
in "Au volant de mon chien"
à paraître

LE PARC DE SCEAUX

Entendez-vous les cris, les virgules pointues ?
Celles des angelots de pierre blanche et nue,
Ils vont, quelle impudeur ! jouer le jeu d'amour,
Le parc de Sceaux s'éveille au long des brandebourgs

Imposteurs les canards ! leurs plumes dans les yeux
Se colorient déjà de rêves croustilleux ;
Au fond d'un aquarium où flottent des sirènes,
Les pêcheurs du canal courent la prétentaine.

Un lit, un lit géant fait d'algues libertines,
Des nénuphars en fleur peints à l'encre de Chine,
Le vent sur la prairie sculpte l'herbe et ondule
Et parle de Gulf Stream, d'une vague qui brûle.

Demoiselle qui passe venez il est temps,
Il est mille et mille ans qu'ici je vous attends,
Demoiselle venez jouer le jeu d'amour
Le parc de Sceaux s'éveille au long des brandebourgs.

Jean-Yves LENOIR
in "les Petits Rien"
Collection "Flammes Vives"

Bar du Serpent

Quand Antonio entra dans le bar,
toute la salle se tut.

Les clients pétrifiés
s'écartèrent sur son passage
dans un silence de mort.

En un long glissement mouillé,
il se traîna vers sa table habituelle.

En chemin, il zigzagua mollement
entre les tabourets de bar.

En arrivant au fond,
il se hissa avec peine sur un siège
en s'enroulant autour de l'accoudoir.

D'un œil avide,
il fixa vénéneusement
la bouteille de tequila
sur le comptoir.

D'un claquement sec de la langue,
Antonio fit comprendre au serveur
qu'en dépit de sa transformation,
il tenait à conserver
ses bonnes habitudes.

Pascal GAILLARD,

Ma banlieue

Y disent qu'on y vit mal
Qu'on est très malheureux
Moi j'suis sentimental
Je l'aime bien ma banlieue

J''vis tout au bout du ch'min
L'endroit où il s'arrête
Après lui y a plus rien
Restez donc où vous êtes

C'est dans l'fer que j'travaille
Et même le non ferreux
C'est très sain la ferrai/le
C'est très ferrugineux

Les hommes y sont sympas
Mais faut toujours qu'y causent
C'est pas que j'Ies aime pas
Mais j'Ies aime à p'tites doses

J'adore les voir partir
Le spectacle est cocasse
Y vont s'faire emboutir
J'Ies ramène à la casse

Je l'aime bien ma banlieue
Les clébards faut faire gaffe
Mais si t'es dans l'milieu
T'entends aussi les piafs

Quand les Schmidt se radinent
Y savent mettre en veilleuse
Y m'préviennent en sourdine
C'est une faune merveilleuse

Y disent qu'on y vit mal
Moi j'l'aime bien ma banlieue
C'est pas trop convivial
Et j'm'en porte plutôt mieux

Rolland HENAULT

Petit Louis

Si vous tuez deux ou trois personnes
En principe on vous emprisonne
Si vous en tuez deux trois millions
On vous r'file une décoration.

Condamné ou félicité
C'est une question de quantité
Toi Petit Louis t'es pas dans l'coup
T'as pas voulu prendre les armes

T'as pas voulu en tuer du tout
Ils t'ont mis douze ans en cabane.
Le sort a de ces ironies
Pour Petit Louis.

Quand on baptise un monument
Un boul'vard ou une avenue
On lui donne général'ment
Le nom des tueurs les plus connus.

Un colonel, un général
Dont l'nom sent bon le sable chaud
Ca vous remonte le moral
L'matin pour partir au boulot

Mais j1 vois avec mélancolie
Qu' y a jamais l'nom de Petit Louis.
Le sort a des ces ironies
Pour Petit Louis

La mode revient aux militaires
Aux soudards et aux traîne-rapières
La panoplie de l'assassin
S'épanouit dans les magasins.

Du côté d' Saint-Amand-Montrond
Ton nom n'dit plus rien à personne
Le maire s'appelle Maurice Papon
C'est le matraqueur de Charonne

Moi j' redis l'nom de Petit Louis
En contre-point de la conn'rie.
Le sort a des ces ironies
Pour Petit Louis.

Guimou de la TRONCHE
in "Y'a plus de cons!"

J'aime les bijoux
Bigarrés comme des choux
Chamarrés sur mes joues
Jouxtés sur mes genoux
Mince ! J'ai des poux !

J'aime les garçons
Aux cheveux de son
J'aime les beaux gars
Avec des gros bras !
Aïe ! Tape-moi !

J'aime la soupe au pistou
Pour moi c'est tout
J'aime la soupe à l'ail
Aïe ! Aïe ! Aïe ! Ça caille !

J'aime le lait caillé !
J'aime le lait ribot I
Ça y est !
La cruche va à l'eau !

Oh ! Les belles tomettes !
Oh I La belle tonnelle !
Oh le vilain tonnerre !
Tout est par terre !

J'aime la cuisine à l'oignon !
J'aime la cuisine à l'huile !
Oh ! Comme ça sent bon !
Dis ! Quand reviendra-t-il ?

Si j'avais été mince,
M'aurait-il serré la pince ?
Si ma cuisse avait été fine,
Aurait-il caché sa pine ?

Je dois faire régime
Et pratiquer ma gym
Ainsi il reviendra
Me serrer dans ses bras.

Isabelle SPRUNG

HECTOR
Chronique d'un ennui

-0-

Elle passe sa langue sur ses lèvres.
« Le goût de l'échec a très mauvais goût » pense-t-elle allongée sur le lit de fer blanc de la clinique. La nuit tombe déjà. Enfouie sous les draps froids et aseptisés, elle n'a vraiment pas envie de dormir. Cette odeur insupportable, indéfinissable. Mélange de mort, de propre, de maladie, de naissance. Odeur laiteuse planant lourdement dans les couloirs, au ras des plafonds, tout au-dessus des chambres des malades.
Malade non. Enervée oui. Déçue. Jusqu'à la rage.
Goût amer que laisse cette sensation de détresse, de défaite et de haine naissante pour l'enfant qu'elle vient de mettre au monde. Mettre au monde. Imposer au monde.
Le forcer, violer sa tranquillité et y propulser une tare qui viendra troubler cet ordre, cette douceur. Toute cette beauté entachée à jamais.
Par la petite fenêtre de la chambre elle voit la neige tomber et recouvrir la vaste plaine. C'est moche un enfant qui naît l'hiver. Dès qu'il sort il a froid.

-I-

« Elle » a disparu. « Elle » ne sera plus. « Elle » est devenue « maman ». Elle regarde son ventre flétri puis regarde l'enfant. Né tout violet, cyanose a dit le médecin. Laid dès son arrivée, comment ne pas le détester.
Maman, enfant, Hector, lait, maman hait. Ces mots défilent dans sa tête et l'emplissent de dégoût. Elle court aux toilettes et vomit et bébé pleure.

-2-

Assis dans le petit coin frais de la cave, il entend suinter l'eau sous la pierre.
L'eau s'écoule le long des murs et arrive, goutte par goutte, en un même point. Le centre de la cave, îl ne voit que ça. Son attention est figée par le clapotis incessant de l'eau. Et puis que faire dans ce lieu sombre si ce n'est traquer, contempler la fuite du liquide. Se rendre compte du temps par cet écoulement. Il donne une unité précise à chaque goutte d'eau. Il en dénombre les tombées et ainsi combien de temps environ sépare le moment où maman l'a mis là et celui précisément où il fixe l'eau dégouliner.
Seulement l'eau ne cesse de couler et chaque instant lui paraît d'une lourdeur et d'une intensité insoutenables.
Après , des minutes, parfois des heures entières, il se met à pleurer. Il couche son buste tout le long de ses
jambes. Il encercle fiévreusement ses maigres genoux et doucement, tristement, il s'endort.

-3-

« Pas si moche que ça qu'il est ».Hector n'est pas si laid.
Hector est bon. Pourquoi met-on Hector dans le fond de la maison ? Hector chante. Il est fou ou il est gai. Hector ne sait pas si Hector est fou ou content. Hector est gentil. Hector est grand. Il est tout petit aussi.
Par les barreaux du fond de la maison Hector voit passer les géants. Les géants passent, ne savent pas qu'il y'a des barreaux et que Hector est dedans.
Hector est dedans les barreaux, derrière, autour et dedans. Dedans Hector. Les barreaux crient. Personne n'entend. Hector s'ennuie. Dedans lui.

-4-

Quand il sera grand il rentrera sa tête dans les épaules pour que plus personne ne le voit.
Il sciera les barreaux avec sa tête. Il se fera aussi mince qu'une feuille. Il espère qu'elle sera blanche la feuille parcequ'il la prendra et en fera un avion en papier, puis, il s'envolera dans les airs comme un chevalier en battant des pieds. Il verra le monde s'éloigner en pointillés.
Hector compte : un, deux, trois, quatre et puis s'en vont.
Pffou, il s'envole à travers les cloisons...
Adieu maman, adieu la vie.

Alexandra Duflot

Je rirai jusqu'au jour de ma mort
J'ai écrit ça un jour
Je devais être beurré

Je pleurerai aussi
Jusqu'au jour de ma mort
Je pleurerai les cadavres amis

Les illusions perdues
Les pucelages forcés
L'avortement inutile

Et l'enfant de trop
Les guerres horribles
Qui font des mutilés

Moignons d'enfants
Se traînant à roulettes
Et ces log'ments creux

Quand on crève dehors
Je pleurerai
je pleurerai

Par amour
et puis je rirai
Je rirai comme un fou
En grand courroux

je rirai
Jusqu'à demain
Jusqu'au jour de ma mort

Vincent JARRY

Dessin

Derrière le rideau blanc
d'une fenêtre
quadrillée,  une feuille de papier
gris, au plis sombres de bois
qui n'a pas poussé droit,  
un arbre griffonné,  
dessin mal dessiné
d'un enfant gribouilleur
en mal de dessiner
qui n'a pas peur de montrer
son dessin aux yeux avertis
de ne jamais prendre garde
à un dessin d'enfant
et l'adulte regarde le papier
na Pif du petit aux traits
en chevé
très cheve lure mal
pei gnée désor dre
désorga nisé
et l'enfant attend fier
de ses
lignes entrecoupées
et l'adulte rit:  
qu'est-ce que
c'est?
l'enfant va répondre
et l'au
tre coup
e les li
gnes- d
es mo
ts à di
re
encore un gribouillage!

YANI DARIM
in "La Vie contre la Vie"

LIBRE

C'est la plus belle
c'est la plus douce
les autres donzelles
après qu'j'les trousse
je n'me sens pas bien
avec ça c'est des tracas
pas l'Nirvana
j'préfère sa peau
et son odeur
j'adore son dos
sa bouche en cœur
elle est très bonne
comme du bon pain
elle est mignonne
quand le matin
elle ouvre les yeux
demande d'la musique
m'offre ç'que je veux
sans qu'ça complique
mon esprit tordu
qu'a besoin de paix
d'un plan cul
ou d'un dessin animé
elle me laisse vivre
dans sa pureté
je me sens ivre de liberté
si je veux rire
pour rigoler
elle me laisse dire
que j'suis cinglé
quelle ouverture
dans mon esprit
je fais une cure
de potion d'vie
si c'est d'l'amour
pour aujourd'hui
moi je suis pour
ç't'état d'esprit
demain matin
un jour ou l'autre
ça sera la fin
logiquement vôtre
rien qu'elle fait
qu'elle accepte
l'idée qu'sans prise
de tête on puisse s'quitter
ça me réconforte
dans la relation
qui est la nôtre
sans condition
au delà du temps
et de l'espace
tout simplement
elle a d'la classe
elle me laisse vivre
dans sa pureté
je me sens ivre
de liberté
si je veux rire
pour rigoler
elle me laisse dire
que j'suis cinglé
pas si tordue
qu'ça ma p'tite femme
quand s'accentue
un psychodrame
elle lâche prise
immédiatement
sur les méprises
de faux sentiments
alors elle parle
de ce qui la dérange
dans ma mémoire
elle le range
elle fait grandir
notre relation
par un sourire
t'sais j't'aime
c'est con
je la respecte
je lui ai dit
avec ma tête
mais aujourd'hui
c'est dans mon ventre
que je ressens
cette force vivant
ce sentiment
elle me laisse vivre
dans sa pureté
je me sens ivre
de liberté
si je veux rire
pour rigoler
elle me laisse
dire que j'suis
cinglé

Pilote 95

Leva arriba nossa gente  La chanson de Pico
 
Chanson de rameurs des Açores Adaptation Jacques Yvart

Leva arriba nossa gente
Que uma noite nao é nada
Ole, olé, olé, ola !
Se nao dormires a noite
Dormiras de madrugada
Olé, olé, ola!
Olé, olé, ola !
O vento virou ao norte
Que até faias arrancou
Ao depois da perda feita
O vento assossegou

Compagnons ! la nuit est belle
Notre barque est à l'amarre
Olé, olé, olé, ola !
La lune qui nous appelle
Nous éclaire de son phare
Olé, olé, ola !
Olé, olé, ola !
Nos rames semblés légères
Quand nous tirons en cadence
Avec au cœur et aux lèvres
Un vieil air de notre enfance

A loua vai-se deitar
Eu vou-me deitar também
Passeios dados em claro
Nao fazem bem a ninguém
Em noite de lua cheia
Ao sopro da fresca aragem
Pus-me a contar as estrelas
Vi no céu a tua imagem

La mer a perdu ses rides
Hier encor c'était tempête
Si le vent du Nord arrive
Fuyons avec la mouette
Quand le rivage s'éloigne
Et s'estompe avec la brume
Je songe à toi ma compagne
A la maison dans la dune

Jacques YVART
in "amers amours et pollution"
le signe avec le vent éd.

Flanc sur les nuages,

Flanc sur les comtesses de papier,
Flanc sur ces armoires à linge,

Flanc sur toutes les roues circulaires,
Flanc et sable sur les soleils, sur les neiges,
Et les surfaces de riz,

Flanc contre flanc, même sein contre sein,
Sinon boîte contre boîte,

Flanc pour ces premières gelées,

Sur les notations de couleur,
Flanc sur les isthmes,

Flanc contre l'mur,
Et flanc dessous l'amour,

Flanc contre flanc,

Mais ciel contre ciel et treize fois treize !

Aubriot le 04.03.89

Thierry DAUCE
in "à soif d'eau de vie et d'amour"
éditions de l'Echiquier

AFRIQUE

Pleure Afrique pleure
Mais pourquoi pleures-tu au juste
Tu es riche en Constitutions
riche en putschs
en guerres fratricides

Ce ne sont pas les morts qui te font pleurer
quand même   ni les enterrements
C'est voulu Alors
La haine   c'est voulu
L'injustice   c'est voulu
La corruption   c'est voulu
L'ignorance   c'est voulu
Alors

Le pourrissement   c'est voulu Alors
Le dos tourné à l'avenir   c'est voulu Alors
Demain un voyageur venu de Mars
se saisira de tes dépouilles
comme l'on s'empare
d'une pièce rare
et te scrutant
parcourra tes champs abandonnés
les yeux éblouis
par l'éclat de la Liberté
que tu n'auras pas su voir

Pleure Afrique pleure
mais n'oublie surtout pas
que nous avons un monde à bâtir
vivable

Que l'homme tremble
Je dis Normal
Il est si fragile et si pervers

Mais que malgré sa masse
La Terre tremble
Je dis de quoi a-t-elle peur
A nous donner la frousse

Ecœurée de son propre tremblement
Elle bave selon l'humeur
Des trucs insensés
Indigestes
Ignescents
Je crierais bien

Arrêtez-moi tout ça
On n'est pas des masochistes
Mais la terre est bruyante et sourde
Jean-Baptiste Tiémélé

11  février 1986

Jean-Baptiste TIEMELE
in " Aoyu suivi de Yaley"
Silex éd.

A  chaque année
Qui naît
On souhaite aux amis LE MEILLEUR
Cette fois
Je le prendrai
Et le leur donnerai ' .
Directement
Simplement

Des fois
Je prends mon corps
Et lui reproche son ingratitude
J'ai beau manger de la vache enragée
C'est comme si je ne lui ai jamais
Rien donné
Il en réclame toujours
Le glouton

Jean- Baptiste TIEMELE

5 novembre 1994

Sonnet du Sansonnet

Petites choses de l'amour
J'ai tant passé entre vos mains
J'y ai perdu tous mes atours
Et ne suis plus qu'un petit rien

J'y ai laissé mon cœur volage
Se balader de toi en elles
Et puis voici que vient mon âge
Ma plume compte penne en aile

Petites chos' de rien qu'un tour
Mes clairs yeux bleus seront éteints
Le dernier soir de nos rambours

Où aspirant à vos tétins
Mon corps légué aux lourds vautours
Crèv'ra de rêver à vos atours

Vincent Jarry
Aux Petits Joueurs,
mars 98

Ciment : attache. Vernis : détache.

Habiter. Civilise la dimension et les directions
de l'espace. Quand un homme prend du gite, il va à la
dérive. Il s'avilit, flanche ou sombre. 11 fait mine
d'habiter ou il fait carrière dans la déambulation.

Cabane : En Hébreu, c'est le domicile dont
les difficiles, ou les maniaques, ne veulent pas !

Caverne : lieu où les primitifs, les demeurés, les
arriérés, ont une petite chance de devenir au moins
troglodytes.

Tanière : repaire du daltonien.


Abri : c'est l'intérieur que les scrupuleux pré-
fèrent à tous les ersatz.

Mur : ligne de chance qui peut augurer d'un
intérieur bien tenu.

Hôtel de la Plage : quarante ans de taule, éva-
¬sions comprises.

Armand OLIVENNES
in "Le Langage Symbolique des Maisons
édité par le Foyer Culturel de Houtland

à demain

Te lirai un poème, pour l'autre vérité
dans Tailleurs validé  : rien
n'est jamais aussi réel que nous le pensons

Te lirai un présent à multiples lectures : ce n'est jamais
ce que j'attends qui arrive
mais déjà, il est tard, il faut tuer la lampe ..

Laurette

Poèmes en gros et demi gros....Revue rue des poètes... 6ième partie janvier-février 1998

 

Poèmes en gros et ½ gros...Revue rue des poètes de janvier-février 1998 sixième partie...Ce coup-ci, j'ai juste scanné les textes sans passer par la reconnaissance de caractères OCR car il y a trop de caractères d'alphabets étrangers, Je l'ai mis en format PDF, ce qui est tout de même plus facile à gérer

 

Compilation 6 revue rue des poetes poemes en gros et demi gros janvier fevrier 1998compilation-6-revue-rue-des-poetes-poemes-en-gros-et-demi-gros-janvier-fevrier-1998.pdf (7.77 Mo)

Poèmes en gros et demi gros cinquième partie

Poèmes en gros et demi gros

scannage de la revue rue des poètes

N° 19 décembre 1997, c’est la cinquième partie

 

« L'homme est destiné à retourner en poussière, c'est dire l'importance du plumeau. » Alexandre Via latte.

 

La Poésie ? On sent bien quand ce n'en est pas. À l'inverse, allez essayer de comprendre et d'expliquer pourquoi, oui, là, définitivement, c'en est bel et bien. Et la manière, le genre, le ton. Le style, le lieu importent peu. Rien ni personne ne vous dira ce qu'est un poème; à peine le poème peut-il lui-même parfois sauf découvrir son mystère ni sa nature irréductible. Le poème ? Cette sorte de perte de sens qui soudain fait sens pourtant, pour tous ! Qui vous entraîne avec une irrépressible violence même s'il se peut qu'elle demeure douce, dans ce que la liberté a d'inaltérable et de nécessaire. Trois mots donnés, trois mots reçus, trois caresses, trois gifles, et vous voila subversif, et surgissant de vous, comme une source inconnue d’une montagne invisible !Écrire, parler, communiquer supposent un terrain commun, une entente où s’accorder sur les significations, mais du coup on ne communique rien : On informe. L’échange, le bouleversement de ce qui est dit et vous parle commence avec l'émotion quelle que soit sa nature, froide, incompréhensible, douce ou brûlante. A des candidats dictateurs plus ou moins repentis, après la chute du mur de Berlin, qui lui demandaient d'où venait la formidable puissance de ses poèmes, un poète, fraîchement sorti de prison, répondit « d'ignorer la haine »; sans oublier d'ajouter « mais pour vous, il est trop tard ». Un autre poète, à qui la censure demandait ce que ses poèmes voulaient dire, répondit simplement «je n'en sais rien moi-même » Et c'est bien là ce qui fut considéré comme extrêmement dangereux. La peur prenant toujours les devants, il fut interdit, puis persécuté. Le poème détruit le tissu commun du langage et de sa rhétorique, amenant à la surface l'incontrôlé et l'incontrôlable d'où le lourd tribut qu'ont payé les créateurs en suicides, vies fichues, exclusions, tenus à l'écart pour l'écart même de langage qu'ils représentent et pour les mots dont le poème préserve la part sauvage. On oublie que pendant ces temps abrutis par le bruit des tiroirs-caisses, la poésie pourrait bien sauver l'honneur de ce siècle comme elle l'a fait durant les guerres, les génocides, les massacres, les famines et la destruction de populations entières ( par le jeu des bourses et des multinationales) qui n'ont pu montrer, que montrer ou notre impuissance ou notre indifférence. Il n'est pas besoin de croire en Dieu pour prier mais pour faire un poème, il faut au moins le laisser faire et donc savoir l'attendre.

 

Werner LAMBERSY

 

De l’ouverture de la coquille Saint-Jacques

Un ventre de femme

C’est comme une coquille Saint-Jacques

Un renflement à partir du nombril

Et puis un rentré avant le pubis

Qui se regonfle à ce moment-là

Jusqu’à la faille délicieuse

Qu’il faut savoir ouvrir

La coquille en est bien plus douce

Quelquefois l’arrière-goût reste amer

Mais la coquille est si douce

Tous les parfums du monde

peuvent se retrouver

dans cette faille

Vincent JARRY 6-6-96

 

Je vais convoler

Quand ? Demain.

Toi ? Oui.

- Toi que je prenais pour un type sérieux !….

Mais je suis toujours quelqu’un de sérieux !

– Non, mon vieux !

Vole n’importe quoi ;

tiens, un cochon, par exemple,

mais pas ce que tu envisages !

 

Jean-Baptiste TIÉMÉLÉ 28 novembre 1997

 

Le poète, né en 1920 et mort depuis,

vivait dans l'ouest de la France.

Son prénom était double, ses amitiés ferventes

et son métier instit' Il ferait bien partie du petit panthéon

des poètes en gros et demi-gros ( voir détails)

Ce texte date des années 1948-1949

et fait partie de « L’HÉRITAGE FABULEUX ».

 

Marie ORDINIS

 

Me voici dans la vingt-neuvième année de mon âge

Avec beaucoup de litres vides derrière moi

Compte jamais réglé sur l’éternelle ardoise

Qui masque de son mieux la misère du toit

 

De feuillage investi comme un enfant posthume

Ah ! c'est bien moi ! Je n'ai pas changé de costume

Et le rideau d’indienne qui m’épouvantait

Avec ses flammes et ses roses mal peignées

 

Flotte à nouveau sur le mieux monde d’aujourd’hui

 Et me voici dans la vingt-neuvième année de mon âge

Où ce n’est plus tout à fait comme autrefois

Quand on vivait avec de bons sauvages

 

Aux fautes de français douces comme un patois

 Mais le temps de s’aimer féroce et plus vivace

Lié dans son espoir aux graines de plein vent

Qui reniflent le sol épais où se ramassent

 

Les sèves et le sel d’un prodigieux printemps.

Je pense à toi qui me liras dans une petite chambre de province

Avec des stores tenus par des épingles à linge

Bien entendu ce sera dans les derniers jours de septembre

 

Tu te seras levé très tôt pour reconduire

Une vieille personne très chère avec son vieux sac de cuir

Tu auras bu dans tous les bistrots autour de la gare

Tu auras peur soudain et tu rentreras dare-dare

 

Tu t’assiéras dans le jour calme tu liras

 Mes vers « Ô Mon Dieu se peut-il que ce poète

« Me mette des douleurs de ventre dans la tête

« Que je m’enfante et que je vive en moi

comme un posthume enfant

« Qui souffre de rigueur et renifle en plein vent »

 Et le seigneur dira Bénis soient de la gare

Les bistrots pour t’avoir redonné la mémoire.

 

Les trois premières personnes ayant trouvé le nom de cet auteur

et nous l'ayant communiqué auront droit

à un abonnement de six mois à « Rue des Poètes »...

Je vous donne la réponse j'ai triché , cela vu que pour moi

les archives sont toutes accessibles sans délais,

le poète cité c'est René Guy Cadou

 

 

CRIER TOUJOURS JUSQU’À LA FIN DU MONDE.

 

Grâce soit rendue aux interprètes de CRIER TOUJOURS,

ce spectacle qui, bouillonnant de la sève de Fondane,

nous le rend infiniment proche.

L’univers du poète, peuplé par la voix du chanteur,

celle de l’accordéon, conteur mystérieux et/ou bavard,

nous est offert par Yves-Jacques Bouin, méditatif

ou comme effervescent et Eve Griliquez, rayonnante,

co-maître d’œuvre de l’ensemble.

Ils ont évité toutes les lourdeurs que le spectateur

peut redouter d’un montage poétique statisme

et autres académismes, redondances ou manque d’urgence

dans l’agencement des textes.

CRIER TOUJOURS s'accroche à vous et ne vous lâche pas.

sur scène quatre complices s'écoutent, se rencontrent,

s'attendent, s'attendrissent, se rassurent et s'émerveillent.

Tout est concerté, concertant.

Les objets sobres choisis pour matérialiser

la présence de Fondane et la rendre

touchante et charnelle se font flagrants,

comme ce cordage qui fend l'espace

de part en part et figurerait bien telle flèche

perçant un cœur, une existence.

Alors, toute là douleur du monde peut fondre,

(….) « Je ne saurais jamais me résigner

(….) » (...) « Je ne suis qu' 'un témoin(...) »

(...) « Un jour viendra, c'est sûr, de la soif apaisée. »

 

Benjamin FONDANE (Iasi 1898 – Auschwitz 1944)

C’est poignant, juste, nécessaire à ceux que la poésie de Fondane

n’a pas encore atteints, pour les changer.

 

Marie ORDINIS1898 est l’année du centenaire de Fondane

CRIER TOUJOURS sera redonné à Paris

dans un lieu qui n’est pas encore fixé, guettez-le !

 

 

 

CLAUDE ANTONINI

 

Odyssée de l’espace virtuel de la Mélodie d’Élodie

Elle est aussi bandante que Vanessa Paradis

« Le roi se meurt vive le roi Kyrie éléïson

Nettoyer tout le panthéon

Que tous les marins et les arts

Se battent comme à Trafalgar »

chantait Patrick Abri

Quant à Claude Antonini

Oh diversification Oh tempo

Ah module talentueux Oh module d’une

femme en noir qui ne détonne jamais sur

un unijambiste, un garagiste ou un éclairagiste.

On ne meurt pas, on s'en va….

Était-elle la fille cachée de Machin-truc-chouette

( Cora Vaucaire ? Barbara ? ) ?

Enfin Claude Antonini et sa zique c'est lubrique,

jaune tango populo, fleur de lys, blanc laiteux

odorants des hauts rangs….

Même Grapelli vous en aurait joué la ballade

tant est adéquat même en tranche, tout est de même goût...

Aujourd'hui mardi, j'aurais voulu écouter

cela pour vous le mercredi mais surtout

ce cher vieux jeudi aussi scolaire que privé,

l'écouter chez soi ou dans sa bagnole de voluptés.

Comme une verveine pleine de veines et en vain d'envies de tout...

Sincèrement, je vous la conseille

comme l'oseille dans l'omelette

et en général, sans être passée par l'ENA,

je vous la consigne comme une source

que vous laisserez couler donc, laissez tomber la neige...

 

Joëlle GUÉNARD

 

j'ai mal, j'ai faim.

je me lève tard dans la nuit

et bois un grand verre d'eau fraîche

ma gorge fait du bruit, mon cerveau aussi

et puis cette certitude : je suis quelqu'un.

bénédiction de cette chose sans nom...

je suis quelqu'un.

j'accepte le don,

je l'accepte tout entier,

tout entière, de tout mon corps-univers,

ramifications, âme, digestion

j'accepte le don, chose liquide et sans nom

je me recouche.

en paix avec moi-même

et tous les autres et toute la terre,

et l'univers l'uni vers- consternation

l'univers-constellation d'eaux planes,

d'ombres et de doutes

eaux planes des aubes douces

où n'a place aucun doute aucun...

je m'endors.

eaux planes des aubes douces

où n'a lieu aucun doute aucun.

 

Alexandre DUFLOT

in « Au bord des eaux profondes »

à paraître

 

À André Laude

 

Devant les Églises de tous les Saint-Germain-des-Prés

Était un drôle d'homme à la barbe percée

Qui n'avait plus de souvenirs à creuser ses mains

Il avait sous sa capuche de pèlerin

Toutes les rides de ses jours et sa soif et sa faim

Il avait écluse tous les paradis perdus

Au fond de sa gorge d'étranges songes maudits

Qui faisaient aboyer tous les arbres fleuris

Au relais de ses nuits qui n'avaient plus de fin.

Tantôt apôtre et rêveur de vin

Tantôt moine au cœur de chaud lapin

Tantôt oiseau aux pierres des sourires

Tantôt amour avec ses yeux heureux

Et pourtant si graves dans les déserts de la misère

Contre toutes les guerres et contre l'enfer.

Un oiseau est venu le chérir et le recueillir

Pour que cesse les jours de tourments

Et qu'enfin l'aurore se lève dans son firmament.

Adieu André. Je suis là tu m'entends...

Un vieil homme s'en est allé de tous les Saint-Germain-des-Prés.

Jacques SANDRAS

 

Lire la suite

Poèmes en gros et demi gros quatrième partie


Compilation de textes scannées  de la revue
 rue des poètes d'octobre-novembre 1997 N° 17&18

Vous ouvrez la fenêtre, vous aspirez une goulée de l'air qui courtise vos géraniums.
Vous notez que le couple de pigeons, lui plus sombre, elle plus claire, ou est-ce l'inverse ?
(en l'absence de dismorphisme sexuel, en savent-ils quelque chose ?)
Vous notez que le couple qui, d'ordinaire, signale l'avant-nuit, ventres
contre la corniche tiède, que le couple n'est pas là.
Quand arrivera-t'ELLE ?
Vous empoignez le stylo proche, un autre sophistiqué ou le vieux Bic huileux.
Vous vous calez dans une chaise, dos à la lumière du jour qui se presbytise.
Viendra-t-ELLE avant la nuit ?
Vous avez tant à négocier avec ELLE?
Une pluie légère vous aborde, bonne à affecter les ailes de vos pigeons qui, d'ailleurs, ne sont pas là.
Et ELLE, où est-ELLE ?
Vous   faites   semblant d'évoquer des rendez-vous mutuels, de vous fâcher.
Et si ELLE ne venait pas ce soir ?
ELLE vient de se poser sar le géranium du voisin et ELLE,
comme un biset ordinaire, ELLE s'est installée chez lui et y roucoule.
Vous ne le savez pas et vous n'écrivez sur la page infiniment prête.
Lui, elle, que vous ne rencontrerez peut-être jamais, sont visités par une pigeonne-tourterelle posée sur leurs balcons imaginaires.
C'est très bien.
ELLE va flirter avec ce frère, cette soeur
ELLE?
L'inspiration... On dirait.
 
Marie ORDINIS

Pour Denis Lavant
 
Là, monsieur
Vous êtes reparti vers de nouvelles aventures
De nouveaux tournages
De nouvelles éruptions
Volcaniques
Et vous allez revenir
De la cendre plein les joues
Les cheveux
De la lave encore brûlante plein les muscles
Des désirs de feu dans les reins
Et puis
Le volcan se calmera
La lave se fera
Lagon des yeux
Yeux de rire
Et de tendresse
Où l'on se baigne

Vincent JARRY


Serait-il plus raisonnable de parler de la mort des autres
Que des amours qui vous sont vôtres
Je sais la guerre qui explose les pattes
Je sais les rires qui dilatent les rates
Zyeux de peur exorbités la peur est trop chaude
Et puis il y a ton iris en reine-claude
Et la mort on me la raconte au coin du bar
C'est pas l'Alcazar
FIS
Algérie
Jamais je n'ai rit De tous ces fils
Mais les tendresses
Pourraient supplanter nos détresses

Vincent JARRY

J'ai dans ma maison une fée,
Douce fée féline aux beaux yeux clairs,
Douce fée câline aux grands yeux verts
Qui aime les caresses éperdument...
 
J'ai dans ma maison une fée,
Grise fée au doux pelage soyeux
Où j'aime enfouir mon visage,
Soudain apaisé, 1 coeur heureux...
 
Jocelyne LEFORT

Les Feux
 
Sur d'immenses dunes au silence de brumes
Sur des chevaux baptisés de temples et de feu
Le torse en bandoulière d'arc et de ruisseaux
Ils avancent retrouver les lueurs des ghettos
Sans plus de cris sans plus de pluies
Les plaines ont ravagé leurs troupeaux
Les arbres sont morts depuis les fusils
Les flammes n'ont plus ni coeur ni âme
Au campement où la nuit les éclaire
Il n'y a plus que l'audace du tonnerre
Dans la forêt abandonnée les flots des soleils
N'auront plus de réveils pour les veilles.
Dans mon coeur blessé je meurs de l'étincelle
Mes oiseaux ont la prière des herbes
J'aurais tant aimé courir au creux des ruisseaux
J'aurais tant aimer courir dans les brumes des lunes
J'aurais tant aimé me couvrir de plumes et ressembler
A tous leurs oiseaux
M'envoler dans les jardins de leurs nuages en larmes.
Qu'avons-nous fait d'eux?
Qui veille auprès des feux?
 
Jacques SANDRAS

On s' carapatte
 
Labago vous l'avez pigé
Ce coinsto c'est ç'ui d'un marmot
Qui n' pouvait traîner ses croqu'nots
Que du babut à la carrée
Bref une p'tite zone pour faire les cons
Sans qu' les dabés s' fassent du mourron
Après recta on s' carapatte
Ben de plus en plus au loinqué
Mais polope toujours dans l'quartier
Et pas d'quoi bousiller ses lattes
A dix broquilles d'vant vos mirettes
Un coinsto encore assez chouette
Encore mais y a des longes de ça
Quand tu reluques certains bouquins
Avec des croqu'tons du pat'lin
Tu t'baves: Putain c'était chouaga
C'est con d'avoir tout chanstiqué
Et ça m'titille dégosiller.
 
Gérard Legrand In Paris Paname Pantruche

BELLE HOTESSE    JE t'AI VUE
EN OGRESSE    IL A PLU
SANS LIESSE    TU M'AS PLU
NI TRESSE    TOUTE NUE
BELLES FESSES    ON S'EST VUS
JE TE FESSE    ON A PU
HELAS,           SANS PLUS
BELLE NOIRE    TU AS MUE
TOUTE NOIRE    TOUTE EMUE
DANS LE NOIR    ON S'EST PERPU
DU LOIR    DE VUE
PRES DE LA LOIRE    DANS LES NUES
SANS VOIR      SANS US
VOIRE!      JE t'AI PLUS VUE
TOUTE PERDUE
BELLE CHATTE    DE VUE
SANS PATTES    DANS LA RUE
TU MAS FAIT PAT    
SANS UN PAS    
N'EST-CE PAS
DELPHINE         DJAMALOU
SI FINE             TOUT FOU
JOËLLE            ET MONIQUE          TOUT MOU
ETERNELLE     QUI ME PIQUE        DANS LA BOUE
C''EST NOËL    QUI ME NIQUE       SANS BOUT
SANS ELLE    
NI AILES    BRIGITTE
MA PUCELLE    AU ZENITH
SANS «  L »
MA BELLE
PARTIE AUX ILES MARQUISES
PENSEE EXQUISE
PROMESSES NON TENUES
MALOTRUE
 
MICHEL LABOUREAU

"INTERVALLE"
 
Jeux de mots et de gestes
En chuchotements délicats et précis. -

-Elle  Dis moi un mot
Un mot de rien
Un mot de trop
Ou un petit mot
Mais je vous prie
Dis le mot oui
Dis le mot
Dis le leurs
Dites
Dis
Dis
Di
Di... et puis non ne dites rien Gardez le je vous prie
N'en faites rien
Rien qui vous oblige à dire quoique ce soit
Non ne le dites pas
De trop ne sert à rien
Même le mot, surtout celui-ci
Oh oui mais ne restez pas là sans vous taire.
Je ne vous sens capable de rien
 
- Lui Cela m'attriste beaucoup ces temps ci.
 
- Elle  J'oubliais vôtre regard
N'est pas absent de conversation
Il cherche ici à se disculper

- Elle  Mais pourquoi

- Lui  Pourquoi ? Quoi ?

- Elle qui pourquoi ce regard
pose-t-il la même question ?
Oui pourquoi se charge-t-il  
depuis bien longtemps d'une même réponse ?
Le vide du trop plein
L'effroyable amendement de l'horreur quotidienne.
 
Philippe LLORCA

JE T'ÉCRIS DE QUÉBEC
 
Je t'écris de Québec
Il neige mon crayon
Je t'écris de Québec
Il neige du coton
 
Je t'écris édredon
Il neige mon bien-être
Je t'écris croisillon
Il neige ma fenêtre
 
Sur les toits un oiseau
Magicien le héron
Il neige des chapeaux
Autant que des maisons
 
Capuche capuchon
Tricote-moi des gants
Vont à saute-mouton
Il neige des enfants
 
Il neige la lumière
Et je t'écris la noce
Un photographe hier
M'a changé en carrosse
 
Il a peint le clocher
De chlorure d'argent
Un Christ qui s'est penché
Et ma mémoire en blanc
 
Je t'écris de Québec
Il neige mon crayon
Je t'écris de Québec
Et je hais ton prénom
 
Jean-Yves LENOIR
 in "les Petits Riens"
Collection Flammes Vives

 
TELEPHONES
 
Les doux félins étendus sur leur socle
ne dorment que d'un œil un bond,
un spasme inattendu de sonnerie,
et notre paix peut être disloquée.
L'information tombe, de plomb
devenu fou le train de notre vie
brûle les aiguillages
franchit les gares hébétées
dans le hurlement saignant des signaux...
Au bout du fil déjà
le temps a refermé ses griffes
et se tait
nous laissant suspendus, à l'écoute
du silence glacial
des catastrophes confirmées...
 
Mais le chat gris du téléphone
sait aussi ronronner,
s'étirer, quêter nos caresses.
Dans la pire nuit verglacée
sa bouche douce peut nous chuchoter
qu'un gai soleil se lève ailleurs,
une voix chaude murmurer
que quelqu'un, quelque part,
nous garde sa chaleur...
 
Armand MONJO
in Terrible et Tendre Termitière
La Bartavelle éd.

Des mains
j'ouvre ma chemise
au langage d'avant
au langage d'après
aux eaux du Léthé
'et le verbe se précipite'
 
 
Céline VARENNE
in Tireur de langue
Scoate-limba
éd. Galaxia Bucuresti
 
Cu amândouà mâinile
îmi deschei càmasa
pentru vorba de odinioarà
pentru vorba de dupa noi p
entru apa Lethei
§i verbul dâ nâvalâ »


Péripatéticien planétaire engendre
Racines s'enfonçant dans les couches
Terreuses de la vie pastiche potiche
Errant vers les je ne sais quoi abyssaux
Aux parois d'obscurantismes abbatiaux
Idéal de l'apparence absence
Transparence de l'individu chiffon
Bouffon miel où les abeilles plantons
De la platitude viennent planter
Leurs dards piques actifs des nations névés
Des négations obstructions des tuteurs vainqueur
Du paupérisme castrateur

Thierry THOMAS

La mort était devant moi et s'était déguisée en femme
La mort me souriait et m'entraînait de rade en rade
Et moi je suivais la mort
J'errais de rade en rade
Craquant les raides
Raide de désespoir
J'espérais tuer la mort
Qui rongeait une souris
Qui aurait pu être si belle
Si la mort ne la rongeait pas
Je rongeais la mort
En me rongeant les sangs
Pour déronger la mort
Et puis la vie de la femme est revenue
Altière et riante devant la mort
Bouffant la mort de son rire et de son pas
Pas escaladeur
Cascadeur
Pas football
Les bras se sont déployés
comme des ailes mouettes
marionnettes Pantin réarticulé
Et la femme a ri
Et la mort est morte
D'elle même
Morte
De rire
 
Vincent JARRY 12-1996
 
Côté coeur, côté jardin
 
Il y a les symptômes
Comme une odeur d'amours
C'est comme l'arôme
D'une jolie petite fleur
Faire un p'tit tour
Vers son pistil
Un labyrinthe
Vers l'amour
Je m'y éreinte
Cela puisse-t-il
Dans la douceur
Durer toujours
Dans le jardin
De Géraldine
Je prendrais
bien racine
Son air un peu trop sage
Et son corsage aussi
Côté coeur
Côté jardin
Secret
Côté coeur
Côté jardin
Secret
 
Philippe RAILLON
Spectacle pour clown rêveur

Pour fous poètes...                                     

Poette-pouetteux. étiquetés morveux      
Chapeau enfumé vedette
Pour sou d'fauchée
C'est clown en bleu avec mon sou qui m'trouve comique
Et moè, la Jolie qui veut m'cacher
Parce qu'un p'tit sou c'est bin catastrophique
Voyez dont là, grande malice
Puisque la suite nous le révèle
Chapeau d'poète était complice
Pour nuit prochaine au lit d'ka "Mouff."
au creux d'amours nouvelles
Et moè un peu rêveuse à soèr
Jans 'a noirceur de nos tempêtes
et la blancheur de nos parterres
Jje pense à toi en fond d'mémoêre
Au chaud d'mon lit qui goûte l'hiver
 
Catherine, Montréal, un soèr

Je dis

Place Clichy
l'écho de Phil Glass
au flanc des vitrines dévastées
comme des algues
laisse errer
le regard des prostituées
des être apparaissent
des êtres disparaissent
ne reste
que le supposé parfum
des sillages
l'art c'est certain
rarement prend date
dans la mouvance
des yeux se lèvent
dans les gares
comme des lambeaux
de paroles
qu'égare
le silence
des clochards
au panneau lumineux
de la solitude
nul ne s'affiche
les peaux en friche
se recroquevillent
dans le cendrier
des songes prohibés
je dis
Place Clichy
je tiens cette main
c'est certain
mais je n'en sais
que l'incroyable
détresse
tandis qu'elle
volette
entre mes doigts
comme un oiseau
perdu
je dis
Place Clichy
qui êtes-vous
qui êtes-vous enfin
vous dont la mémoire
s'érige
imperceptiblement
dans le crépuscule pollué
devant les grilles du lycée Jules Ferry

Dominique NOURRY

Je n'ai connu aucun d'mes deux grands pères
Sont tous les deux morts des suit' de la guerre
La grand' cell' que notr' bon Georges préférait
J'avais d'l'ether dans l'vin Y'avait pus d'vrai
Tout aussi saoul pour nous Jouer la même farce
Parce qu'il y avait bien trop d'bras pour les machines
Il fallait désengorger les usines

Mon grand-père est mort aveugle
Et mon grand Père Maurice sans pus d'poumons

Ah l'beau temps on bossait douze heur' par Jour
Du lundi au sam'di et sans détour
On partait d'Bagneux à Paname à pinces
Que ce soit le cagnard ou l'Gel qui vous pince
Et on zonait dans des cav' comm' des rats
Et puis la guerre est v'nue nettoyer
Pasque y avait trop d'viand pour les usines
La vland' d'vlnt chair à canons chair à mines

Mon grand-père Adolphe est mort aveugle
Et mon grand-père' Maurice sans pus d'poumons

Ah là là là! Qu'est-ç'que c'était drôl'ment bath
Savait pus un Jeun' pour s'foutr' dans les pattes
Des vieux marcheurs qui draguaient nos grisettes
Nos p'tits gars étalent partis fair' la fête
Avec ceux d'en faç' qui v'naient d'leurs campagnes
L'abattolr c'était pour ces pauvr's enfants
Tellement si beaux qu'ils en étalent gênants

Mon grand-père Adolphe est mort aveugle
Et mon grand-pèr' Maurice' sans pus d'poumons
 
Le pinard et l'éther ça rendait fou
Ces jeun'gens qu'auraient eu l'regard si doux
ça n'en a fait des veuv' pour les cotons
Les généraux tous ces porteurs d'galons
Galonnant avec les Jeumont-Schneiderg
Et d'visant grav'ment d'la dur'té dla guerre
Z'avaient p't-êtr' prévu qu'la bière et l'médic
Prendraient l'refais pour protéger leur fric
 
Mon grand-père est mort aveugle
Et mon grand-pèr'Maurice sans pus d'poumons
 
Maintenant c'est pus la guerr' mais c'est tout comme
Ya pus rien à foutr' pour tous ces jeun's hommes
On est humain l' vont pus fair' fa guerre
Y'a pus besoin de pinard et d'éther
D'abord ya la bière et l'néocodlon
Pour la piquouze l't'Jaudra du pognon
Tu piqu' le flouze et ça y st c'est la tôle
Et puis pourtant qu'est-ç' que t'étais mariole
 
Mon grand-père Adolphe est mort aveugle
Et mon grand-pèr' Maurice' sans pus d'poumons
 
Regarde-donc errer tous ces zonards
On veut pus d'eux l'boulot les faits tricards
Tricard à vie et puis y a pus d'espoir
C'est comm' des pauv' chiots dans un grand trou noir
C'est pus la tranché mais c'est la mêm' fête
Les vieux marcheurs vlenn' dragucr les grisettes
De ces pauv' p'tits chiards broyés par l'artiche
Qui n'en peuv' pus mais paç'qu'on n'prêt' qu'aux riche:
 
Le petit fils d'Adolphe il zone à Beaubourg
Et celui d'Mauric, il sniffe à Stalingrad
 
VINCENT JARRY

LES FOURCHETTES MUSETTES
 
Vous m'avez invité à dîner
mais j'ai tout amené,
sur une nappe plate
vous avez étalé des verres disparates
des couteaux ciselés
des fourchettes musettes
et des serviettes musettes
et des serviettes sans miette
complétées de pain complet.
D'entrée, j'ai déposé de l'huile d'olive
du mont Olive sur des carottes échaudées,
du jambon en bâillon du saucisson f icelon,
de la saucisse qui pisse
près des tomates écartâtes,
du cresson de Caillisse
et des oeufs brouillisses,
du saumon au court-bouillon
accompagnait les huîtres
mes petites puis des sardines
de bon thon côtoyaient du requin
malin aux dents d'airain.
Pour le plat de résistance
des poissons sans résidence,
des côtes d'agneau au merlineau
du poulet citronné au colineau
et du veau marin du Rhin le tout,
allongé de couscous qui mousse
et de pomme d'api sur lit
de spaghettis polis qui sourient.
Pour le dessert, mon aimante
a sorti de sa resserte
des endives braisées sucrées
du riz à la banane de Guinée,
des tartes aux pommes, ploum, ploum
des entremets entremêlés
des fruits secs sans jus,
des gaufres encrêpées
du caprice blanc d'un Dieu noir,
et des loukoums à la fraise
des chaussons chaussées de chocolat
des mangues océanées à passion
et des gâteaux au miel surfin
Le tout arrosé de vin rosé osé.

Henri MILLE

1 - un point de lumière tire un trait entre deux univers
 
2 - entre l'ombre et la lumière II y a un labyrinthe
 
3 - on ne fait plus l'amour en tâtonnant dans le nol
mais en se cognant contre les murs
 
4 - comme un yo-yo qui tombe
Je me déroule effiloché
la fin du fil d'Ariane
m'empéchant de me vider
de rencontrer le sol, la réalité
 
5 - Il y a une pierre sur le terrain de Jeux
Je ne peux pas Jouer
si Je ne me baisse pour la ramasser
mon ombre portée sur le sol me la cachera
Dieu seul sait alors ce que ma main tâtonnante
rencontrera
 
Paul CADEMONT

IL ETAIT UNE PIERRE
 
Il était une pierre sur un chemin
Qui en avait marre d'être foulée
Etre foulée c'est pas marrant
Même pour une Pierre de 10.000 ans
Un jour un gosse la lancé
Du haut du chemin dans le vallée
Même pour une pierre
C'est pas très gai
De dévaler sur les rochers.
 
Un jour, un m'sieur bien cravaté
A acheté toute la vallée
Il a décidé que dorénavant
Y'aurait plus d'place même pour le vent
Coupé les fleur, dressé l'torrent
Capturé l'heure, limité le temps
Même pour une pierre
C'est  pas marrant
D'être déguisée en bâtiment.
 
Et puits un jour, au lieu d'pleurer
S'est soudain mise à écouter
Les autre pierres, juste è côté
Qu'étaient comme elle, encimentées
Elles ont raconté leurs souvenirs
Et ont perlé de liberté
On a  beau dire, on à beau faire
 Le liberté, ça fait frémir.
 
Un grand fracas dans la vallée
Personne n'as su ç'qui arrivait
Croulé le pont, fendus les murs
Jusqu'au barrage qui n'a pas tenu
Dent le silence, comme un murmure
Comme une danse, c'est la rivière
Qui recommence et la pierre
S'y balance et s'en vient prendre un bain.
 
Philippe RAILLON. Le 4 novembre 1993

POUR APPAREILLER
 
On voyage léger
Marin !
Tu sais voyager
Léger
Tu embarques
Ton sac
Et ton couteau,
Matelot I
Tu mets ton sac
À l'épaule.
Ton couteau
Est au chaud
Dans ta poche.
Tu voyages léger.
En mer
Tes rêves pesants
T'arrondiront le dos Tôt,
Ne proteste pas
Tu ne le sais que trop.
 
Marie ORDINIS in Recours
Editions de l'Echiquier

SUR LA ROUTE VES TEMPS NOUVEAUX
 
Sur la rouie des temps nouveaux
Il existe un vieux monde
Perclus, reclus, perdu dans ses racines carrées.
Ses règles à calculer
ses exitrons. ses éclatrons. ses positrons.
ses neutrons, ses bévatrons.
Et tron-tron-tron
Et tron-tron-traine.
Un vieux monde engoncé dans ses règles de trois,
ses intégrales mal intégrées ses additions,
 ses soustractions, ses multiplications de pains
Et ses divisions blindées
Un vieux monde qui se demande anxieux
Qui. diable, pourrait bien être
ce mystérieux bonhomme
qu'on appelait Albert Einstein.
Et pas très sûr de bien comprendre
Il referme le livre du passé et confortablement
installé sur le matelas de sa stérilité.
il s'endort du sommeil de l'injuste.
Mais l'enchanteur Merlin
Qui. par hasard, passait dans ses rêves
Lui fit faire un songe de baguette magique.
Et voilà le vieux monde, transformé en girouette.
qui tourne et vole aux quatre vents des temps futurs
Et redevient le "Petit Prince"
Alors, les chateaux-forts
Et leurs blasons blasés. Les palais de justice
Et leurs couronnes mortuaires.
Et même la basilique
Saint-Pierre de Rome
S'écroulent dans le néant
Sur la route des temps nouveaux.
Tandis que des nains dansent
Sur des visages d enfants.
Un vieux monde épuisé
A trouvé son tombeau.
 
Guy PERROT

Milord et Caravane dégustent la prairie, nomades.
Ils pleurent des étincelles et croustillent aux fontaines.
Chialants, fervents, ils poursuivent la cueillette coquine, la neige et les cimes.
Ils découvrent de ténébreux pompons, les astres et les nénuphars.
Ils se parent limpides.
Ils font trempette dans la brume, sussurent des sucreries.
Ils peinent dans les pirouettes, les flots et la conquête, jouent à la dinette perchée.
Ils crèvent en caravelle, engloutissent le vent, les livres  et l'océan.
Ils papotent, ivres sous les ondées lactées, zozotent des miracles au piano.
Ils s'empourprent, soupçconnnent les larmes et le velours
Les funambules clignotent, grondent les cloches
Un romanichel à la fontaine, une indienne
aux rebords d'abeille, se délectent.
La marmaille gambade, s'appelle Milord et Caravane.
 
FIN

à Martine
 
Prends place
C'est occupé
Certains instants
intenses glissent
dans des pas fébriles
et sinuent entre
des besoins
des chemins des ravins
et enfantent
des vides
Cherches-tu
les visages
en accord
avec le hasard ?
Les leurres
sabordent-ils
nos rêves ?
 
Eric DUBOIS

LA GRENADE
 
Dans l'ensoleillement rare d'un soir d'octobre
L'enfant jouait
Elle était à ses pieds et trouva la balle ronde
Lourde, très lourde pour une balle brillante
Très brillante
Garnie d'un anneau, crantée
Comme la balle qu'elle emmenait toujours en vacances
Triste la balle était striée et triste
Avec son anneau noir et brillant
Comme les dents de loup dans les histoires
Effrayantes, sur les genoux de son père
Son père ou bien sa mère qui racontaient si bien
Les histoires de loup aux dents trop pointues.
Le petit frère lui dit de jeter cette balle
Laide, laide, si triste et laide.
Elle riait taquine et vive
Face à la balle lourde, lourde.
L'anneau la fascinait, elle y glissait son doigt.
Elle pensa soudain à papa, à maman
Qui, eux, portaient des anneaux dorés aux doigts.
Pourquoi ne quittaient-il jamais ces petits cercles d'or
Jamais !
Jamais !
Elle allait enlever l'anneau triste de la balle triste.
Elle tira sur l'anneau...
Dans l'ensoleillement rare d'un soir d'octobre
L'enfant, immobile, les yeux grands ouverts.
Elle était à ses pieds... la balle lourde et triste
Arrachée de l'anneau
En mille morceaux de mort.
 
10/09/1996 Michel PRAEGER

VANITÉ
 
Le condor brave les éclairs
et flirte avec la sphère solaire
Son regard tue les éclats du silex
anoblit l'air bleuté
L'explosion d'un obus
le précipite dans les touffeurs amazone
 
Jean-Luc SIGAUX
St-Germain-des-Prés éd.

Pour mes 45 ans
On m'a fait un beau cadeau
5 milliards de congénères
Générés en cons
Cons copains
Cons humains
Cons ennemis
Humains quand même
Et tous ces gens-là qui m'aiment
Ou me détestent
Je les aime
Et les déteste
A chacun ses têtes
La mienne prend des fils d'argent
 
Vincent JARRY in 27 innés dits
juillet 87 agenda 1990
poèmes en Gros & 1/2 gros éd.

L'HOMME..

L'homme qui rêve était puissant devant les cuisses profilées de sa belle...
L'homme qui rêve ne voyait plus les rêves que faisaient sa Clarabelle...
Les yeux de sa plus que tout en disaient long sur leurs désirs de se fondre...
La plus belle aimait l'homme qui rêve, elle voulait qu'il reste toujours tendre...

l'homme qui rêve ne regardait pas les rêves de sa plus belle conquête...
La plus belle faisait des rêves... Et l'homme qui rêve disait...Tu m'embêtes!
La plus belle dura un temps, puis l'homme qui rêve alla vers une autre femme..
Les yeux sont des miroirs pareils qui s'admirent dans des fantasmes

Le cul cela fait les amours heureuses, c'est toujours la consummation d'un rêve
Mais que dire de ces regards qui vous arrachent les tripes dans une quête sans trêve...
La Plus belle était encore romantique quoiqu' un peu moins désirable et bandante...
Que la dernière qui faisant battre les chamades de la passion... Pauvre vieille amante!

L'homme qui rêve, rêva encore longtemps, mais se trouvait seul sans ses femmes...
Il se fit musulman pour une histoire de culs multiples et il eut enfin son grand harem...
Mais ses femmes n'avait plus des regards lumineux pour lui... Elles le méprisaient...
Et si pourtant l'homme s'était préoccupé des pensées intimes de celles qu'il admirait...

l'homme qui rêve voulut tout avoir des femmes et il n'eut que de brèves jouissances...
La plus belle celle qui viendrait et qui serait la femme des plus grandes réjouissances...
Et l'homme qui rêve comparait ces détails de chacune, le cul de Justine, les yeux de Denise...
Mais jamais cette femme n'était, ni tout à fait comparable, ni tout à fait précise...

Bruno Quinchez le 13 Février 1997

Plus que de l'ombre, mais pourquoi donc ?
La terre est-elle une langouste
Que plus tard je marierai avec ma cousine ?
Ce fut bien belle fête.
L'orange déguisée, comme une lune.
La reine des abeilles.
Un gâteau qu'il ne faut pas manger,
Qui détruit tout insecte.
Cette fille est une orange amère,
 Des cheveux teints comme du skai,
 Ses yeux descendant à la taille.
Il faut couper les seins avec du petit bois.
Je pousse son sourire dans un carton à linge.
La pluie traverse les nuages.
Dessous la table il fait du vent que je ne peux retenir.
Mais maintenant j'ai faim.

14.12 Thierry DAUCE
in à soif d'eau de vie et d'amour
éditions de l'échiquier

Je suis venu chercher du travail
J'espère qu'il y en aura
je suis venu de mon lointain pays
Pour travailler chez vous
J'ai tout laissé, ma femme, mes amis
Au pays tout là-bas
J'espère les retrouver tous en vie
Le jour de mon retour
Ma pauvre mère était bien désolée
En me voyant partir
Je lui ai dit qu'un jour je reviendrai
Mettre fin à sa misère
J'ai parcouru de longs jours de voyage
Pour venir jusqu'ici
Ne m'a-t-on pas assuré d'un accueil
Qui vaudrait bien cette peine
Regardez-moi, je suis fatigué
D'aller par les chemins
Voici des jours que je n'ai rien mangé
Auriez-vous un peu de pain ?
Mon pantalon est tout déchiré
Mais je n'en ai pas d'autre
Ne criez pas, ce n'est pas un scandale
Je suis seulement pauvre
Je suis venu chercher du travail
j'espère qu'il y en aura
Je suis venu de mon lointain pays
Pour travailler chez vous
 
FRANCIS BEBEY
 
LE VOYAGE DU BERGER
 
Emmergeant son troupeau pour paître en communion
Le berger s'évade dans un songe très lent
Il inhale vivement un nette illusion
Ses pieds baignant dans le sable pulvérulent.
 
La terre est concubine avec le ciel austère
Et le berger ressent la richesse de l'âme
Qui parfois se meurt, mais qui jamais ne se perd
Belle et longue vie à ses souvenirs de femmes
 
Il n'est qu'une goutte de plus dont on se moque
Sa tête, le spectre d'un ange recherché.
Ramène ton troupeau, berger, et retiens que
S'écrasent des jets de vers contre les rochers.
 
Eric PASQUIER

Les coeurs
 
un coeur vert
à l'envers d'un décor
se terre
prospère sincère
avec des vers
deux coeurs serrent
par les corps
la croix et la bannière
une paire s'avère
avec l'étoile polaire
dix coeurs
manièrent par frénésie assis vocifèrent
pour se plaire avec
pour la fuite
des tonnes de verres
les coeurs en arrière
rêvant sans terre
sifflèrent en l'air
pour des vers
de faim sévère
 
Fred TROUVE
in carnet de poèmes


Ronronnement à Delphine

Rester à rêver à toi
Ronronner en ronds de rien
Roucouler en ramier en toit
Reriwter un rire en vaurien

Vincent JARRY au "Petit Centre"

Si une foi révolue
nous appuyant d'un culot
sans pareil
nous allions nous mettre à l'abri
dans un corsage britannique
par élégance et par soupçon
il nous faudrait plus
d'un hameçon
pour rester là_

Denis LAVANT in Dieu n'a ni père ni mère
Il est par oui dire  Poèmes en Gros & 1/2 Gros éd.

Poèmes en gros et demi gros Troisième

Le train fantome  
Des fêtes foraines
le hèle
pas les mots
Tu es le funambule
dans son habit de clown
le grand pierrot blafard
aux larges manches
turlututu chapeau pointu
une chaleur d’amour
se met à me serrer le cœur
et mes fesses se sentent soudain
comme des jeunes filles
vêtues de voiles blancs
dans les champs
de coquelicots
 
Trenul fantomâ
din bâlciuri
strigàte nu cuvinte
Tu esti aiuritul
în haine de clovn
marele pierrot palid
eu mâneci largi
ce mai tura-vura
\i-e çuguiatâ câciula
un val de câldurâ,
iubirea începe sâ-mi strângâ inima
§i fesele mêle pâie dintr-o data
ca fetiscanele
în vâluri albe
pe câmpurile
de maci
 
Céline Varenne
in Tireur de Langue Scoate-limbu
Éditions Galaxia Bucarest 95

HAUT GRANIT
 
Cité du dieu-soleil : Karnak
Défi des papyrus géants
jaillis en touffes du limon
dressés par des milliers de bras secs
sous le fouet des prêtres, répondent aux questions des hommes
en chiffres de soleil
en sourires sans âge.
 Seul demeure vivant
Muets, tête droite, les dieux
cet immense empire de pierre
rose ébloui ou bleu de lune
sans ses habits de cèdre du Liban,
ses bijoux de cuivre d'Asie
Granit que seul use son propre sable
gong de lumière métallique
énorme écrin à la grâce des femmes
lotus vivants.
 
Armand Monjo
in Mère Lumière
Rougerie éd.
CINQ PIERRES LANCEES DANS LA LUMIERE

1-  un point de lumière tire un trait entre deux univers
2-  entre l'ombre et la lumière il y a un labyrinthe
3-  comme un yo-yo qui tombe je me déroule effiloché
4-  la fin du fil d'Ariane m'empêchera de me vider de rencontrer le sol, la réalité
5-  il y a une pierre sur le terrain de jeu je ne peux pas jouer si je me baisse pour la ramasser mon ombre portée sur le sol me la cachera Dieu seul sait alors ce que ma main tâtonnante rencontrera
 
Paul CADEMONT

L'orang-Outang
est si méfiant
qu'il mange ses fèces
Des fois qu'on le suivrait à la trace
ou qu'il viendrait à manquer de pitance
Mieux vaut croire en soi
et toujours il y en aura autant
Dire que maintenant même les oeufs ont des E
Ce n'est pas une raison pour...

Jean-Baptiste TIEMELE 24 JUIN 1997

Il est encore dit
dans le village d'où je viens
que les arbres aussi versent des larmes
lorsque perdure
l'absence des oiseaux
sur leurs branches

Alain MABANCKOU, in « les arbres aussi versent des larmes »

Verset XXXIV

L'ombre qui se mire
se prend à tort pour une lumière
qui réfléchit
Personne ne peut témoigner de son être
 
Alain MABANCKOU  in «Verset »

Laude
 
Une fée
Laude
Il y a peu
Baladait sa danse de marche
 
Et l'eau
Dit
Est ce un rêve
Elle est
 
Légère
Ondoyante
Diurne
Interrogative
Elle es elle
 
Vincent Jarry

La poterie va au four
Rôtir le pâté
Au petit matin de mon lapin
Et moi je m'en vais au moulin
Je croustillerai le pain
Quant à l'homme
C'est lui qui tirera le vin
Puisqu'on ne peut pas être partout à la fois

Marie Ordinis

Les putes raclent quand charme le chat.
La ruine chouine, lune en guenilles.
Ses pluies couine, dans la poussière précieuse, poisseuse
Jamais elle ne baigne, gueule secrète.
 
Lola Sponge Extrait de "Claudicantes"

Le pays était vaste et seulement limité d'un côté par une rangée

de peupliers sauvages alignés tout contre le ciel

comme un arrêt brusque végétal, en rupture des terres plates

qui s'étendaient, ocre et rouille, dans un abandon tranquille, vers l'ouest.

 Et, même ici, dans la tristesse infinie des mers et la mélancolie du vent

à laisser faire l'ordonnance fragile des lumières, s'il lui arrivait encore de mentir,

c'était en tous points comme cela l'eût déjà tant de fois surprise,

à l'instant même de ses morts successives

dont elle se parait tout à coup sans en prévoir d'avance

le moment déterminé ou le geste glacé enfin se déliait

d'une tendresse généreuse pour les regards sournois

du mendiant qui la convoitait chaque soir à heure fixe,

dans l'assoupissement général du dernier salon déserté

où pendaient lascivement de lourdes tentures à ramages

brodés et des antiquités d'argent oubliées sur des velours usés,

et dehors, la plainte des loups, loin derrière l'opaque hiver

à peine radouci avant le grand dégel, quand s'offraient,

fugitives et lentes, les moissons pluvieuses,

rendant l'espoir enfin possible d'une clarté nouvelle,

parce qu'autour des tentes qu'on dressait à la hâte le jour des marchés,

se mélangeaient aussi des hommes de toutes races et leur passage

dans la poussière sulfateuse n'était que poudre étincelante

dans un marais de visages burinés, marécage liquide de tant d'alcools dilués,

où semblaient flotter de longs rubans bariolés - leurs turbans

qu'ils nouaient sur la hanche, très bas, comme s'il avait fallu repousser

le plus loin du ventre le bassin terriblement mobile et l'ouverture délicate,

instantanée des cuisses dorées d'où s'évaporaient,

silencieuses, des effluves colorées qu'ils dégageaient sentimentalement,

naturellement, emportant derrière eux, sur leurs épaules nues,

l'odeur cuivrée des voyageurs insatiables.
 
Annie SOULIER, Paris 1979

MADONE DES CASSETTES

Sous la perruque de filasse
(ou de balai-brosse, interchangeable)
un masque blanc lunaire, mexicain
avec le creux noir des orbites
le phare rouge de la. bouche.
Le profil de rat se dérobe,
(un pantin, ça ne se voit que de face)
Bras en étoile, pieuvre vibratile,
trépidation mécanique des hanches.
Soutien-gorge immobile dans l'orage
deux obus d'acier futuristes.
Cuisses courbées, muscles raidis,
redoutables pinces de crabe.
C'est la Madone aux cent mille cassettes,
l'utérus sur ordinateur
programmé aphrodisio-commercial,
c'est la déesse du deuxième millénaire.

Armand Monjoin Terrible

Et tendre Termitière

La Bartavelle éd.

 

L'AMOUREUX IRRÉSOLU
 
Charmante demoiselle rockeuse de mes sens
Pourquoi es-tu précise? Pourtant tu me captives
Originalité et humour sont, je pense
D'excellents partenaires pour que mon cœur revive
 
Endormi ainsi qu'un funambule tu m'inspires
À chaque fois que je t'admire, tu me lances
Sur mon rocher pensif; mais c'en est trop, respire
Et dis-moi lentement tes plus magiques stances
 
Ta banalité te donne un charme dense.
Approche-toi de moi, j'aime te voir jaillir
De tes nuées glottiques à la belle cadence
Des soirées discothèque. Laisse l'automne vieillir
 
Tu as été faite au paradis adorable
Et moi je ne suis de personne, de toujours
 Apprend-moi à aimer je t'apprendrai des fables
Excentriques, fertiles et complices sur l'amour.

Eric Pasquier

Bancal Asphalte
 
Aurillac
Gare.
Soleil final.
Des gens de mon âge s'entassent.
Des sans baraque.
Moi M'sieurs Dames je suis dans l'art
Oui je croyais faire partie des pirates
 
J'abuse pas d'habitude mais, là, on m'a bue.
Cet été, j'ai récité mes poèmes dans les rues, mes morsures.
Je récapitule.
L'affaire débute sur le bitume, en Avignon.
Comme la plupart des 400 troupes
qui paient un territoire au festival "off,

on ne rentre pas dans nos frais.
Alors, pour être intelligible,

il a fallu casser la brique, se faire ouïr, version gothique.
Bref, la seule troupe sans musique à déclamer ses poèmes
 aux terrasses des bistrots d'Avignon, c'était nous.
Vincent, Philippe, Crémilda, Eric, Yaël, Sylvie et moi, Lola.
 
Mais retour à nos wagons, pata-plombs.
La fin du festival de rue.
A Aurillac, la quête est officielle.
On déambule pendant quatre jours,

avec la canicule, la muse des brutes.
C'est la fin du festival et on repart tous dans le même sac.
Madame S.N.C.F. nous "réserve" un wagon direct pour Paris.
Un wagon sans climatisation...
Les déshérités déshydratés, pas de quartier!
 
J'abuse pas, de mes yeux bulles, j'ai vu.
Je veux mon dû, des arbustes, mon viaduc!
J'ai joué toute nue, on m'a pas crue...

 Lola SPONGE

DESERTS

Mais je te parle de la ruine des déserts
Que mon coeur a voulu combler
Comme si de chaque errance personnelle
Jaillissait un torrent
De laves rouges et chaudes
Comme le sang
Quand il coule
En Espagne
Jusqu'au violet du soir
Trempé des grenats de ta journée
Et qui s'épuise
Dans l'ombre
Comme un homme
En silence
Se recroqueville
Sous ses cartons
Et meurt
Toutes ses nuits
Dans un désert
D'ignorance
Fugitive offense
Pour un monde
Qui court
Tous les jours
Repousser
Les limites de sa misère Envahissante
Et tenace comme un cancer
Guettant la défaillance
Ce faux-pas de la fatigue
Qui le ferait tomber
Dans l'arène
Et courber l'échiné
Docile comme un taureau touché
Défie
L'homme
Qui va l'achever
Dans un désert de stupéfaction
 Et de même que l'ombre est une réponse à la lumière
Tandis que l'homme s'avance et parachève l'œuvre incertaine
La terre diffuse son carmin d'éternité Dans un désert de pourparlers

 Annie SOULIER

ENFANTS DU VILLAGE
 
Qui sont ces enfants bardés de haillons ?
Le roi Salomon les recouvrira-t-il un jour de ses
franges dorées?
Sont-ils simplement réfractaires

à l'or au riz et au building
Les voilà toujours nus le ventre rebondi
Le regard allouvi et l'on dit :
Mon pays et riche de moissons riche de maisons
riche de fraternité


Et les Riches ricanent à fendre la gueule
Ils se dandinent
Le ventre replet le cou adipeux le front fleuri
Ils amassent des gerbes de sommeil

et leurs yeux étincellent de clarté
Leurs rejetons s'abreuvent de lumière
Ils seront "civilisés"
Jamais la ride de la pauvreté ne pliera leurs paupières

Enfants du village vêtus de misère
Vos dents déjà minés par des fourmis de soucis
Seront comptées et les portes du Savoir vous seront fermées
Enfants du village vêtus de misère

Réveillez-vous! La caravane de la Havane passe
 
Barthélémy KOTCHI in L'Olifant Noir

et pour en finir avec l'instant qui me précède
j'émiette ma personnalité au bord du fleuve
où le moment présent
n'est pas assez instantané
pas assez puissant
pour être vrai
réel
palpable
à moins que ce ne soit moi ombre irréelle au bord du fleuve
rose perdant ses pétales...
sans consistance aucune
juste le fleuve qui coule, imperturbable.
 
Alexandra Duflot.

Je souffre d'aviser
si mal, les gens
que j'aime bien
sur ce pavé brutal
où tu n'as rien
pour rien. Où tes
poignées de pudeur
et puis tes sacs
d'amour se cognent
à la peur de tes
bouffées de jour.

Dodie Gréau

Quand la tristesse implose
je bondis à nouveau parmi les excès de la journée jeune
et je me coule dans les golfes du ciel
Tu as le visage de l'été dont la pierraille a disparu
Si la grêle crépite c'est pour se transformer en lacs
où frémissent tes rires
Les rochers saillissent
la violence des parcs célestes déchaîne ton extase

Jean-Luc SIGAUX
in "Les Berges d'Orage" Ed. Saint-Germain-des-Prés

Clochards, mes frères...
 
Clochards,
mes frères, Fêtards
Sévères

Buvons
Des "crèmes", Garçons ! Les mêmes
Boissons Qu'un père Sans fonds,
Ni terre, Ni bien, Ni rien,
Qu'un cœur, sans peur!
 
Ecrit par Jean Coryn, le 8 Floréal CCV
(27 avril 1997) à Paris.

J'ai un petit la
Je suis un homme consciencieux
Débordant de bonnes manières
Je ne suis pourtant pas sérieux
La preuve, j'ai un p'tit la!
Si je vous croise un peu trop chargés
Homme ou femme je vous ouvre la porte
N'hésitant pas à me surcharger
Tant pis pour moi, j'ai un p'tit la!
Je ne me prends pas musicien
Selon les autres, je reste trop modeste
Mais pour moi, tout cela ne vaut rien
(parlé) Surtout cette chanson-là
C'est normal, j'ai un p'tit la!
Dans la vie, je n'rends que des services
N'attendant en retour qu'un sourire
Je me le dis le temps d'un soupir
Je suis fou! J'ai un p'tit la!
Si vous m'voyez au détour d'un chemin
N'hésitez pas à m'demander ma main
Pour vous servir, je frai n'importe quoi
Je vous donnerai même un p'tit la!
 
Aurélia Robert

Inexorable, le temps fuit,
Follement courant nous emporte,
Emporte avec lui notre vie,
Feuilles mortes à notre porte...
 
Feuilles mortes à notre porte,
Doux tapis de nos souvenirs
Que le vent du futur emporte.
L'amour ne devrait pas mourir
 
L'amour ne devrait pas partir
Mais toujours nous envelopper
De sa douceur, de ses plaisirs
Et de tendresse nous bercer...
 
Inexorable, le temps fuit,
Follement courant nous emporte,
Emporte avec lui notre vie,
Feuilles mortes à notre porte...
 
Jocelyne Lefort

Ridicules

Chercheur de pacotille, dans mon trou sous les  ponts,
j'ai creusé des galeries. Ces précieuses pierres,
de temps en temps, j'en offre aux délicieuses
aux muses rencontrées au hasard lutinant de ma courte existence.
Je vis au gré de l'encre sur leurs fesses blanchies.
Mon diamant est coupant, l'émeraude brû¬lante et le jade de braise.
Les lunes se trémoussent et mes yeux sont au ciel
quand le bijou qui pousse offre son étincelle
à la lèvre baisée par mon rubis d'argent.

Le rouge de mon sang se mélange à sa plaie, purulent trou amer.
Que n'ai-je offert joyau depuis leurs abandons,
sacrifié toute gemme aux passantes perdues !
L'aiguille de la mer se tasse en vase dose entre les pacotilles.

Mon envie qu'elle soit grasse, elle en devien¬drait si vile...
La lumière du saphir, comme un prince trou¬blant,
souffle dans une autre langue pour mon dernier soupir
sa volonté de pierre. Le couteau dans la fente enfantait
les couperets - milliards d'années pour un cristal fragile.

Le quartz est symétrie, tes lunes pyramides,
l'or enfin jouvence, l'argent de ton élan,
les lenteurs latentes et les rubis aux ongles.
L'or toujours... Toujours l'or ! Malléable à tes souhaits,
l'oraison funéraire est dédiée à ta folle caverne,
aux pierres carbonisées, aux sels devenus Christ,
mes ongles gorgés de sang à force de creuser
au profond innommable de tes gouffres si sombres.

T. bice Queer in « Les Chancre "M"as-tu vu »

Frelon
 
A jeun, un jeune
Freluquet quête,
Manque de fric,
Chante des fredaine
Pour quelque francs
 
Envieux, un vieux
Frelon velu,
En quête d'un fruit,
Danse frénétique
Cherche une fraise.
 
Jeune homme frêle
Qui perd son froc
Chute épique.
Guêpe friande
Frétillante,
Danse et pique.
 
Frange de vie
Chantre fragile
Petite frousse
Danseur frivole
Chanteur fredonne
Frelon bourdonne
 
Stéphane Hardy

NOX

Quand la Nuit  
A l'assaut du ciel
S'unît au Jour puis le dévore
L'imagination
 Etend sa trame infinie
Sur la ville

(le 19 août 1994) Jacques Lucchesi
 
PAYSAGE MARIN

Verte plage de gazon
Dans l'air vif ( Sel et soleil)
Les cerfs-volants vrombissants
Affolent les chiens.

Jacques Lucchesi

LE COQUELICOT

Onde mystérieuse,
Blonde et fière,
La lumière.
Douce fleur,
Rouge pétale,
Réveille mon âme.
Bouge flamme,
Attise mon coeur.
Douce chaleur
Instant de bonheur
Rouge baiser
Rayon d'or
Tu m'as touché
Je m'endors.

Jacques Lucchesi

Pas de nouvelles de toi
Bizarre, je ne comprends pas
Pas fier dans la pénombre
Hagard, je ne bouge pas

Pas brillant, noir, sombre
Cauchemar, je ne rêve pas
Pas de pluie dessus le toit
Un brouillard, je ne pleure pas

Pas le moral, un trop plein
En pétard, je ne bronche pas
Pas la moindre lueur
D'espoir, je n'en vois pas

Pas même celle du coeur
Ringard, je rigole pas
Pas grand chose, petit rien
Cafard, je ne t'aime pas.

Stéphane Hardy

Levant

Ciel bas et orageux
D'automne
Au moment même où j'éjacule
Dans ma chambre
Le soleil filtre par les Persiennes
Ce serait le bonheur si...

Jacques Lucchesi

Sur les touches du piano
courent les doigts véloces
fenêtre ouverte
tabouret sans barreaux
barre sur la poitrine
comme ils étaient beaux
les doigts
touchés par la grâce
de l'accord stipendié à
l'écoute est une rose
heur suspendu
 
Pe clapele pianului
aleargà degete sprintene
fereastrà deschisâ
scaun fârà stinghii
o barâ pe piept
cât erau de frumoase
degetele
dàruite eu harul
înçelegerii plârite
un trandafir
ascultà
timp suspendat

Céline Varenne
in Tireur de Langue Scoate-limbu
Editions Galaxia Bucarest 95

Les femmes sont la sagesse
des rivières et des mers
Les Hommes sont le jardin

Qui les nourrit
Leur amour est la flamme
Qui éclaire les ténèbres
 
Jean * Saramaïa in "Parcours d'Amour"

A chaque fois dans cet endroit
je me retrouve doublé
d'une perversion littéraire
il y a une magie quelconque

ici surtout à cette époque
de printemps prétendument
comme les temps se succèdent
sans se ressembler
et renferment une logique implacable
 
tes jumelles de théâtre sont nées
après le tourment de mon âme
de vous quitter trop tôt
ou de ne savoir plus

ce qui dans l'immédiat prévaut
tout en sachant ce que de la futilité
l'on sait d'un nuage qui passe
et se déforme éventé à mesure

qu'il s'épure définissant aussi
des possibles à l'infini
 
Denis Lavant in Dieu n'a ni Père ni Mère
Il est par oui dire Poèmes en Gros & 1/2 Gros éd.

Mon amour, qu'est-ce que tu fais aujourd'hui ?
Le temps ici est las comme un temps gris.
Tout s'écoule. Le temps ne compte pas.
Mon amour, qu'est-ce que tu dis aujourd'hui ?
Regarde l'eau.

Peut-être est-ce là-bas chez toi, comme ici ?
Mon amour, que penses-tu aujourd'hui ?
Que fais-tu dans le moment ?
Comment l'occupes-tu ?
Tout au long, l'eau s'écoule.
Le temps s'est arrêté

Je pense tout à toi.
Mon amour, le ciel est las comme un temps gris,
Ici, mais toi là-bas.
Toi mon amour, dis-moi ce que tu fais.

Ponts de la Seine Samedi 3 octobre 1992, 15h.
A Karin Thierry DAUCE in "à soif d'eau de vie et d'amour
Editions de l'Echiquier

j'ai toujours aimé
les mains de dune qui collent
aux fausses chaumières
de l'horizon
cette panoplie
de regards
éteints

comme une gigue dense
les revolvers revendiquent
c'est cynique leur patrimoine
le siècle vingtième fut très bref
mais plein de péripéties

mais plein de péripéties
 
Dominique NOURRY in "Fatraseries d'Avril"
Poèmes en Gros éd.

CHIEKO
 
Héron pêcheur de sable
Jardin de soie
Un roseau bleu s'échappe du marais
Sur les érables les grands portefaix

Orfraies casquées figures de notables
Prêtes au jeu de go
Jardin de soie
Huppes vanneaux
plumes en girandole

Où la lumière ondoie.
Un amour vole
Pour toi ma sœur d'Orient Chieko ?
 
Jean-Yves LENOIR in "les Petits Riens"
Collection Flammes Vives

LA MOUCHE
 
Dans le silence, médiateur du soir,
Une mouche, ultime et tournoyante
Brisera ma solitude.
J'attendrai...
Chassant l'importune
Sur le seuil, ta confuse silhouette apparaîtra
Dans un halo de brume.
 
Ton parfum se mêlera aux effluves du jardin
Où les corolles se refermeront sur ton corps nu,
T'absorbant dans la nuit
Alors, de nouveau solitaire,
Je hélerai la mouche,
En vain
 
Michel PRAEGER

Un vol d'hirondelles déchire le songe —
cette grande clarté exsangue
qui s'installe comme un présage
dans les villages que seul le vent visite
 
Anne ROTSCHILD in "l'Eau du Marbre" Le Cormier éd.
 
Nous nous rencontrerons as-tu dit
pas dans le pays
le poids frêle d'un appel
sur les paupières
se fait toujours plus pressant
plus l'éclair est de lumière
plus il attise les ombres

Décor

 
De la pâte à modeler
en matière de couleur grise
pour des mains à fricotter
un vent de forte brise
avec du solide à décor
en plante du dehors
dans les yeux à profusion
une pluie d'impression
comme du plastique en palissade
une peau palissonnée
ou du bois à brûler
une piste qui fait baver
devant des bouches à se douter
une eau pas claire
en plus des graines à germer
en souches de chairs
donnant des feuilles à gratter
un retour au ciel
avec des syllabes à conjuguer
un jeu du passé
pour des rêves à se procurer
un fantôme calciné

Fred TROUVE in Carnet de poèmes

La créativité peut difficilement se satisfaire des hiérarchies qui la rejettent
et inversement les hiérarchies favorisent le conformisme et non la création.
 
Henri LABORIT  in « La Nouvelle Grille »

Poèmes en gros et demi gros deuxième

Poèmes en gros et demi gros... deuxième

LE RENARD

Dans un vieux port tout délabré
Je chante l'histoire d'un renard
Un grand ami de l'amitié
Qui voulait simplement rêver
Il venait pour se promener
Entre les caisses et les allées
Il s'asseyait puis regardait
Tout les bateaux vers l'étranger
Jamais personne ne l'a vu
Mais tout le monde l'a connu
Car bientôt depuis dix années
On ne l'a plus jamais revu
Moi-même j'ai cherché tout partout
Avant de pouvoir le trouver
Je l'ai trouver décapité
Car personne n'avait pu l'aider
Mon pauvre renard était mort
Tout l'monde le sait tout l'monde a tort
Il a fallu que je l'enterre
Et j'en ai voulu à la mort
Mais depuis bientôt dix années
Tout le monde chante en amitié
L'histoire du renard qui renaît
Au besoin de l'humanité
Dans un vieux port tout délabré
J'aurai aimer pour voir chanter
Aux grands amis de l'amitié
Un renard qui voulait rêver
Un renard que j'avais aimé

Nicolas Béchereau in Grain de Sable
Saint Germain des Prés éd.

Le hamac

Palimpseste des corps humides
De la piscine receveuse des désirs des brides
Espaces vivants où s'harmonisent les éléments
Déments insufflant bleu ciel dans le flan
Montagne déchiquetée carapace difficile
Pour l'accès de l'ascenseur transcendantal
Emmental aux trous troglodytiques
Où vivent les caciques tuniques
Protectrices des mirages des enfants rigides
Souffleur de verre néophyte
Ton travail dur fait couler ta sueur hommage
Perles laborieuses sur ton corps graphite
Tes muscles se forment à la dureté
De l'appréhension du savoir carrelage
Bicolore que tes pieds useront
T'indiquant la bulle de verre formée
A laquelle tu pourras par ton souffle juvénile
Et encore pur donner sa finalité gracile
Pétale de rose se posant sur le bûcheron
Coupeur des arbres plates-formes
De la montée en puissance du labeur
Qui te fera maître de ton souffle valeur

Thierry Thomas

SANS AMOUR

Encensées les erreurs
De jeunesse, les vautours
Les longues soirées d’hiver
à lever l’étendard
Lassé de contempler
Des prêtresses, des atours
Se tailler dans la bure
Une robe de soie
S’en parer pour un soir
Se pare contre tous
Et quand fatiguée de
Leur bassesse sans détour
L’hiver a ses envies
Leurs fragiles humeurs
Pour mieux les posséder
L’espace d’un chagrin
S’en repaître et mourir
Sans ivresse, sans amour

Yaël Pellé

L' ETE PLUS TOT

LE TEMPS UNE TASSE DE THE

DANS LE GANT

DU LAPIN BLANC

L'ENFANCE EST TOMBEE

LE MES VEUX

COMME UN LOUP BLANC

L'ENFANCE EST TOMBEE DU LIT

DE L'ETERNITE

JE SAIS LA MORT DE MES DOIGTS

AU BORD D'UN DRAP

ET LE GIVRE SI LOURD

DE MES CILS

AU BORD

DE L'ENNUI

Dominique Nourry

Milord et caravane

 

Milord et Caravane violentent les mirettes,

alléchants dans la tempête.Ils bouclent la nacelle.

Ils annônent, marmot, marmotte, racolent pleurs et cerisier

Ils ornent un temple et le peuplier.

Ils virevoltent, beaux et bordéliques, balbutient.

Ils couinent dans le fouillis, vaguement vacillent, sirène et fourbi.

Ils flânent folichons, dans la broussaille et le charbon, polissons.

lls dévorent les flots, à la loupiotte, pâlots,

ils fument la causette, rupestres et éperdus.

Ils s'éveillent, rupins et champêtres.

Milord et Caravane bricolent un violoncelle.

Milord et Caravane se coltinent

les îles, immenses, indolents, repus et charmants.

Ils se fardent poussins, dare dare au matin, se courtisent à midi, ravis.

Ils grapillent, à gogo, se gorgent de soie et de vanille.

Ils s'esclaffent dans le mimosa, étourdis.

Ils grondent la rosée, grimacent en frou frou.

Les loups en crinoline, se palpent, devinent dans la bruine.

Ils imitent le peuplier, humant en tutu.

A l'affût des petits bruits, une houle de Chine,

les oursins écument la camomille.

 

Lola Sponge

 

Vague à l'âme

J'ai comme un vague à l âme
Blotti au fond de moi
Qui brûle comme une flamme
Et qui  parle de moi
Il me montre l'inutile
D une tendresse  sans écho
Et ma vie qui défile
Dans un sombre halo
Les joies et les abimes
Que sont mes souvenirs
Qui fon figure de mime
Et s’enferment dans leur rimes
Une langueur m'attire
Et m'entraine sur sa voie
Je voudrais m' endormir
Parce que lasse d' être moi
Trop de peur et d'envies
Se basculent dans ma tête  
Ces rocher de la vie
M'écorchent de leurs arêtes
Désirs  inassouvis
D un cœur beaucoup trop grand
Je m'enfonce  dans ma nuit
Je remonterai, mais quand ?

Yaël Pellé

Ronde

Il suffit de se mordre la queue
Et de tourner, tourner,
Tel notre point de terre dans sa révolution,
Pour trouver une solution
Aux petites questions
Que suis-Je?
Suis-Je?
Oui;
Je suis rond
Et je tourne en rond,
Je grain de sable une seconde
Et puis stop! paradis pour tout le monde!
Paradis dune infinies peuplées de mica blond
Qu'un blond visage rond et couronné contemple,
Comme un pasteur devant son temple,
Un visage très rond, Point d'interrogation,
La question :
serai-Je?
Non,
Il suffit de se mordre la queue
Et de tourner, tourner,,,

Eric Péron

LE CIEL

Sur le monde
Le ciel gronde
Je le vois
Comme une proie
Désarmé
Il se fait
Dévorer
Et bouffer
Par les hommes
Bande de gnomes!
Sur le monde
Le ciel gronde.

Eric Pasquier

 

 

Arcueil Printemps 92

 

Mai

Devant moi il y a une route qui monte

C'est la route du Levant

Ca y est je suis chez moi et je n'ai plus honte

C'est l'adieu au froid au vent

 

Devant moi il y a une route de brune

C'est le chemin d'une femme

Clarinette grimpe en soleil et en lune

Le devenir se fait calme

 

Devant moi ça grimpe d'Arcueil à Cachan

Je suis chez moi et il pleut

La route étend son ventre au soleil couchant

Mois de quand je peux je veux

 

Devant moi vibre un dessin de mes vingt ans

A un ou deux détails près

Je crois bien que l'immeuble était différent

Pas de la brique du grès

 

Arcueil banlieue de mon ancêtre inventeur

Qui capsula les bouteilles

Je reviens aux sources du vieux géniteur

Comme la grive à la treille

 

Devant moi il y a une route qui monte

C'est le chemin d'une femme

Je suis chez moi et si les désirs m'inondent

Le devenir se fait calme

 

Vincent JARRY

 

NOËL

 

Noël approche alors que je suis seul et solitaire ;
Noël approche entre les gouttes de pluie,
 de sueur et de liquide lacrymal.
Le froid rapproche les gens qui se blottissent
les uns contre les autres dans les magasins de grande consommation.
 Les étoiles des sapins scintillent
et les petits Jésus des crèches siliconées en arrivent même à rire.
 Ils ne savent pas. Malheureusement. Noël approche
pour tous ceux qui refusent d'ouvrir les yeux sur la misère
d'une telle Commémoration. Messe de minuit.
Urbi et orbi. Certains voudraient y percevoir un bonheur,
 une communion. Et ils oublient, chaque année un peu plus,
 le malheur généralisé. Noël approche, et sans regret,
permettez-moi de cracher dessus et de crécher sur mon crachat.

T. bice Queer
in « Les Chancres "M'as-tu vu !" »

Le soleil

Le soleil brille pour tout le monde
Aussi facile ou la terre est ronde
La voie lactée, le système solaire
C’est système D c’est d’la p’tite bière
C est qui qu’a dit faites attention
Le paradis c’est que pour les bons
C est les loups qui s nourrissent de moutons
Qui pensent à nous comme d’la chair à canon
j’veux être serein. Pas m’prendre à ce jeu
Je sais que mon destin c’est d’être heureux
Mon cœur recèle instinctivement
Comme une crécelle des sentiments
Ceux qui utilisent dans l’égoïsme
Et tirent du bénéfice de l’optimisme
Ils brouillent les pistes de l amour
Et ils détruisent ceux qui sont pour
Avant l’homme il y avait le singe
Avant le singe le papillon
Avant. Avant le papillon, la chenille
Avant la chenille le hérisson
Avant le hérisson, le coton tige
Et bien avant il y a ait le soleil
Le soleil brille pour tout le monde
Aussi facile que la terre est ronde
Si t y crois pas laisse-la faire
Puis t’isole pas dans ta galère
Si tu en en as marre et que tu es tout seul.
Largue les amarres, fais plus la gueule
Les barbelés que tu as dans le cœur
Font qu’empêcher d’être l'acteur
D’un super film en technicolor
Où le soleil brille mieux que l or
Avant l’homme il y avait le singe
Avant le singe le papillon
Avant le papillon la chenille
Avant la chenille le hérisson
Avant le hérisson le coton-tige
Et bien avant il y avait le soleil

Pilote 96

L'OISEAU
 
L'oiseau a quitté le nid
Ce matin d'été rutilant et chaud
L'oiseau a tourné les ailes
Au douillet champ de lune
Puis il s'est envolé
Oisillon de bonheur, inconscient
De vent contraire en rencontres outrées
Que devient-il ?
Loin de ses congénères
Des becquées de sa mère au bec affilé
Où court il entre les nuages?
Masques d'amour et de tragédie
Où va l'enfant de plumes
Au bec peu affûté saisissant mal le ver
Ou l'insecte en plein vol
Pas rassuré le jeune fou
De Bassant ou d'ailleurs
D'ailleurs il ne sait pas
S'il est oiseau ou fleur
Il vole... vole ... et sans corolle
Parachute qui amortissait la chute
Alors ? L'oiseau sait...
Et nous n'en savons rien.

Michel Praeger

J'ai abandonné l'écriture d'un roman,
Longtemps contrasté...
Je donne dans la démesure
Ou j'écris... ou j'attends la prose
Depuis des mois je me reproche tant
De ne pas finir ce roman.
Qu'y puis-je ? Est-ce encore la fêlure
Que je rencontre quelquefois
Sur la fenêtre il y a la rose
Qui se flétrira avant moi !
Je regarde les pétales, attendri...
Comme les pages encore blanches
Sont longues à remplir aussi,
La fleur si haute sur la branche
Se demande où cela finit...
Page blanche, rose blanche
J'attends la muse endormie
Je voudrais tant écrire "Pervenche"
C'est le titre du livre choisi

Michel Praeger

 

 

 

Rencontre sage

 

Un enfant

Une plage

Un cheval sauvage

Ils échangent

Des vagues

Apprentissage

Pas du dressage

De l’amitié

Ils marchent

Et nagent

Un cheval

Et son cavalier

Bientôt

Sortiront de l’eau

 

Philippe Raillon in 53 inédits,

Agenda 96 Poèmes en Gros & 1/2 Gros éd.

 

Moitié étoile, moitié goutte d’eau

Deux ou trois elfes bien roulées

Déambulaient sur les galets

 

Quelques lutins les butinaient

Au beau milieu des feux follets

Je m’avançais dedans la brume

 

Qui m’estompait comme sous un voile

Un croissant de lune dansait là-haut

Moitié étoile moitié goutte d’eau

 

Philippe RAILLON

 

Brigitte Gouësse, histoires de machines

Rap des machines

Machine à coudre machine à trancher moudre
 découper, machine à mixer battre presser    
à laver, machine à sécher râper écrire imprimer;
machine à effiler trier comprimer,
 machine à vapeur à malheur et sans, cœur,
machine à sous à ripoux à voleurs,
machine  à voler pulvériser mâcher, machine à vomir
honnir à abattre, machine à écraser piler démolir,
machine à tuer le temps, la vie l'esprit,
machine à refroidir endormir végéter, machine à  bêtifier
 à lénifier anesthésier, machine à rigidifier annuler
 stériliser, machines argotiques éclectiques
anarchiques, machines de rêve, machines
à foutaises, machines de fadaises, machines-hérésie,
 machines-hystérie, machines à mensonge,
 machines à leurre, machines sans heure
en dérangement, machines mine de rien, machines pourtant...
Si tu veux bien ne pas te laisser bouffer par la grande machinerie,
 il est encore temps de réagir! Avec le rire, évidemment!
Alors courage et...en avant!

Brigou

Machines d'hier et d'aujourd'hui

Les machines d'hier ont la tendresse du passé
Les machines d'hier prennent le temps de contempler
Les machines d'aujourd'hui ont le regard dur et blasé
Les machines d'aujourd'hui compriment le temps d'un ton glacé
Les machines de demain font table rase du passé
 Les machines de demain risquent de nous faire trépasser
La machine d'hier a une culture à déclarer
La machine d'hier sème l'espoir et la liberté
La machine d'aujourd'hui censure et mouline l'expression
La machine d'aujourd'hui sème le doute et la confusion
La machine de demain ne connaît plus le mot culture
La machine de demain est synonyme de dictature
Ma machine d'hier coule dans mes rêves d'aujourd'hui
Un parfum d'éternel alimente mes jours et mes nuits
Ma machine d'aujourd 'hui est un délicieux métissage
Sans œillère et sans bruit remuant le temps dans les voilages
Ma machine de demain a le sang révolutionnaire
Elle résiste et combat dans l'urgence de changer d'air
Et ta machine à toi si tu n 'y mets pas de barrière
 Un jour s'effondrera sans pouvoir faire machine arrière
 Votre machine à vous a encore des droits à défendre
Il y en a tellement au 'on essaye de nous reprendre
Notre machine à tous doit se battre pour le label
Du fanion Liberté qui vogue mi Loukoum mi Rebelle
Notre machine à tous doit se battre pour le label
Du fanion Liberté qui vogue en Loukoum et Rebelle

Brigou

TANGO DES MACHINES A COUDRE

Machine avait une machine
Qu'était prise dans l'machin
De sa machine à coudre
Machine faisait une trombine
En voyant ce machin
Qui se laissait pas coudre
Machine avait une sainte horreur
De tout ce sale progrès
Qui se mettait en grève
Machine avait des hauts-le-cœur
Devant ce bout d'machin
Qu'elle aurait pu coudre à la main
Voilà qu'arrive enfin Machin
L'heureux propriétaire
De la machine à coudre
C'est un ultime spécialiste
De toutes les machines
Même s'il ne sait pas coudre
Il démonte et remonte l'engin
Et il libère le machin
Qu'était pris en otage
Machine retrouve le sourire
Le machin est cousu
Son temps n'est pas perdu
Alors bras dessus bras dessous
Machine et Machin
Vont faire un tour en Chine
C'est un petit restaurant
Qui respire le Printemps
A l'abri des machines
Ils dégustent des machins
Machinés dans l'Nuoc Mam
En buvant du Champagne
Car il fallait bien fêter
 Sur tout ce temps gagné
Leur amour retrouvé
Car il fallait bien fêter
Sur tout ce temps gagné
Leur amour retrouvé!

Brigou

 

Poèmes en gros demi gros et détails, la revue Rue des poètes

"Passé muscade"

La barque - promenade
Les vents en embuscade.
Un dernier camarade,
Pour l'ultime rasade
Vingt ans ! Passez muscade !

J'ai consacré ce temps,
Le temps de mes vingt ans.
Et c'était important... 
un tout petit arpent.

A Jacques PREVERT 3/2/1996
20 ans après.Jean-Pierre Girard

 

APPELLE le Zénith et envenime de ton enveloppe le sel de la terre
REJOINS l'ascension des bulles au-dessus des marais sevrés de catharsis
EXPRIME l'orage d'effroi et l'association des plaintes et des soliloques.

Eric Dubois

Riche

ce mois de juin
en milliers
de mises à l'examen
il n'y a pas de coupables
Oh non

C'est là pourtant
que tes parents
se font te plus de soucis

Si c'était
des mises en examen
nom de nom
les notes pleuvraient
Bien
Très bien
Excellent

ou
mauvais
Sale temps pour les coupables

Là il n'y a pas que
les parents à se faire des soucis
mais aussi tous les amis
et même parfois les ennemis
(Sait-on jamais des fois que
son tour viendrait) Eh oui

Quels que soient les examens chacun a ses épreuves

Inutile de copier sur le voisin

Jean-Baptiste Tiémélé 24 iuin 1997

Fiançailles en fleurs

Dans un bistrot d'Richard-Lenoir
Il y eu des fiançailles de coeur
Au triangl' de ta veste noire
Là où bat ton joli p'tit coeur
Le bistrotier pas gris mais noir
Me fit mettre deux jolies fleurs
Deux rein' margots en ostensoir
Les fleurs la femm' sont en odeur

L'odeur la tienne est en mémoire
Et puis de mon chapeau d'rôdeur
On fit un joli suspensoir
Deux myosotis pour nos p'tits coeurs
Et on s'est maté dans l'miroir
On a souri d'vant ces noceurs
Les yeux en tendresse d'espoir
Le pas de nouveau vadrouilleur
C'est dans ç'bistrotd'Richard-Lenoir 
Qu'eur' lieu nos fiançailles de fleurs

Vincent Jarry 30-6-97

PATRIE RETROUVEE

C'était après la cuillerée
de confiture de raisin
et le verre d'eau fraîche
qui nous avaient accueillis sous la treille.
C'était avant le brin de basilic
de l'adieu, sur le port d'Alonissos.
C'était dans les ruelles aveuglantes
qui grimpent comme des échelles
de chapelle en église.
C'était sur le petit bateau
qui contournait l'île déserte
où vivent les chèvres sauvages.
C'était à « l'ouzerie »
du port enguirlandée
de poulpes séchant au soleil
C'était sur le mur effondré
écrit à la peinture verte :
« Tu vends tes racines
et tu deviens esclave».
C'était dans les Sporades
au fil de l'amitié,
les narines surexcitées
par l'iode des calanques,
c'était le piment des collines
comme une odeur de patrie retrouvée.

Armand Monjo in Mère Lumière Rougerie éd.

Tu es de foudre et de nuit brusque
Quand tu parles les torrents
giflent tes jambes et tes joues
puis tu t'évanouis dans la buée verte
et m'induis aux tendresses
Les crépuscules tournoient
avec les spasmes

J'avais oublié que tu es morte
Le redoublement des traits
de la grêle noircissent
tes épaules tes paupières
où viendra veiller un regard
plus noble que la lame
qui t'endormit

Jean-Luc Sigaux

MAUVAIS DÉLIRE

L'eau sèche mon rêve heureux la nuit d'hiver

Où les nids de coton flottent superbement

Oui, je vois bigarrée de vin rouge et de sang

Hérissée l'herbe, sûre et fiévreuse la mer.

J'ouïs les emjambées furieuses du feu sur l'eau

Et le chant grouillant pourtant labile du Temps

Et cette voix ensorcelée m'admonestant !

ô, chaos Volapuk !! Manèges infernaux !!!

— la mort donne un sens à la vie

Eric Pasquier

Aujourd'hui, je suis sorti de l'Asile,
et ce sont mes premiers instants de liberté.
On m'indique un autre Autel
que celui où je me suis immolé moi-même à la grégarité,
où je me suis laissé arracher mon orthogéniste,
mais c'est le même que celui où j'ai interverti,
jadis, l'aride et le désolé, confondu
l'effort de consumationet la cadavérisation frénétique !
Je prends, sans perdre une étincelle de feu
ou un globule, le train des rabroués

pour me rendre à ce tardif rendez-vous avec la berlue,
et les brûlures de la berlue,
aux retrouvailles du chaos et de la démesure,
accompagné par des amis syndicalistes
qui savent mieux que moi combien de nuits
je me suis débattu dans les nuages de la latitude,
combien de combats de matamore j'ai livrés
pour un jusqu'au boutisme
inverse des expectatives de la cécité !

Armand Olivennes in Politique de l'Autruche Editions de Rewidige

 

 

À L’ATTAQUE !

 

L’obésité nous gagne,en flottant dans l'arène
J’ai vu les serpents chauves danser la carmagnole

A la figure vitrue du ventre des hamsters
Sur l' espagnole, sus
!
à vent
d'elle!

 

Oublions dans les cours nos péchés multiformes
Il n’y a pas d’œil bleu pour nous faire regretter
D’être passé
par l’escabeau du demi-moyen
En (flottant dans 'l abysse, la citronnée
L’abysse

 

Je sens tournoyer comme des pots de chambre
Avec une fumée de pétard mitraillette
Tous les enrhumés du monde ont la gorge violette
À moins que
moins que ce ne soit bleue et verte

Enfin je ne sais pas faire des calculs savants
Je n’suis pas né Putain avec trente enfants blancs

 

Pourri dans l’eau des morts givrante à la Surface
Écoutez le chant de la Mandragore

Des lignes de ferraille géométrisent le ciel
Des boules de
coton, PLOP ! PLOP !
Je fais le singe avec ma bouche
Je n'ai pourtant pas bu de lézard
Je n'ai pourtant rien bu, mais je coule !

 

Alexandre Georgandias

 

Ces divers texte sont tirés de la revue 14/15 de juillet/août de la revue Rue des Poètes de l'association poétique Poèmes en gros, demi gros et détail de Vincent Jarry et divers poètes associés

D'autres Poètes 1991-2002

En 1988 pour revenir un peu dans mon passé poétique, j'ai commencé à fréquenter Vincent Jarry et sa bande de l'association "Poèmes en Gros et Demi-Gros et Détails" une bande d'allumés avec  Alejandro Castillo, Annick Gobert, Annie Soulier, Babette Cornet, Brigitte Gouësse, Bruno Quinchez, Chantal Zingarelli, Denis Lavant, Denise Guitteriez, Eric Dubois, Eric Péron, Evelyne Tran, Guy Perrot, Jean Baptiste Tiémélé, Jean-Pierre Clémenti, Jean Van Nostrand, Jean-Marie Blanche, Jocelyne Fournier-Lefort, Konan Badjos, Laurence Fosse, Lola Sponge, Malika Berrichi, Marie Ordinis, Marie-Claire Calmus, Marie-Geneviève Labarrière, Martine Gradoni, Nancie Findlay, Pascal Perrot, Paul Cash, Paule Lacan, Philippe Raillon, Professeur Zim boum boum, Rachid, Sarah Santos,Thierry Daucé, Vanina Michel, Wahid, Werner Lambersy, William Mingo Darlin,Yaëlle Pellée... Et ceci pendant les années 1988 à 2004 dans des lieux poétiques comme le Théâtre cinéma du Berry Zèbre, Le petit Théâtre du Lucernaire, Le Bar Le Petit Centre, Le Café de la Paix à Arcueil, Le Bar Les couleurs.

 

J'ai aussi fréquenté des gens comme Colette Jarjavay et son association "Le Lever de Rideau" avec Jean Van Nostrand, Loïc Bénard, Jocelyne Lefort-Fournier, Elie Kahn dans des lieux comme Le Formidiable Tavern et d'autres plus provisoires.

 

J'ai aussi fréquenté Jean-Pierre Rosnay et le Club des poètes dans les années 1993-2002 où nous parlions des poètes disparus comme Robert Desnos, Alosyüs Bertrand, Gaston Bachelard le poète psychanalyste du feu et de l'eau, cela dans des conférences faites par Noëlle Doyen qui était professeur de philosophie et poète, il y avait aussi d'autres poètes comme Marcelle Rosnay, Blaise Rosnay, Sabine Rosnay, Pierre Raisonnier, Pierre Guizerix, Jacques Mazé, Maria Labeille, Céline Varennes, Elyse Simorre, Claude Spire, Herminose, Anne Mauger, Philippe Veyrunes, Danièle Lauprête, Pierrick de Clermont, Anselme, Isabelle Jaussome, Monique Vaas, Marjolaine Deport, Thierry Cohard,  Elodia Turki, Alain et Célia Bornert etc

 

Je me suis aussi rendu dans le Caveau de la Bohème avec monsieur Gérard Trougnou, un lieu qui se situe dans l'enceinte du théâtre des déchargeurs où les poètes passent devant un public de poètes tous les lundis soir.

Textes de Guy Perrot Copyright Guy Perrot

Guy
Textes de Guy Perrot...


Ils ont été mis en forme de texte en lecture à sa demande en 1994 à partir de cassettes enregistrées

Préface Guy Perrot

M'appelant Perrot il était normal que je fasse des contes, mais comme je suis paresseux, les contes sont tout petits... C'est pourquoi je les ai appelés les acomptes de Perrot... Voici donc un premier de ces acomptes un a-conte pour enfant...

La neige de juillet...

Ce matin là, je m’éveillais par un chaud soleil de juillet, et à ma grande stupéfaction, regardant par la fenêtre, je vis qu’il y avait de la neige... Vous me direz... De la neige... ! ?? Oui!! Mais de la neige un 14 juillet par 37°c à l’ombre... c’était pour le moins insolite... ! Et en plus... Une belle neige... Blanche et froide...

C’est tout de même assez curieux! Vous avez vu cette belle neige blanche ?! M’écriais-je alentours en ouvrant ma porte... D’abord elle n’est pas blanche... Elle est verte! S’écria le petit homme vert qui ressemblait à mon voisin du dessus... Je vous demande pardon... Elle n’est ni blanche... Ni verte... Elle est noire!

Répliqua le petit homme noir qui ressemblait à mon voisin d’en face... (voix autoritaire d’un vieux militaire)... Scrogneugneu... Elle n’est ni verte... Ni blanche... Ni noire... Elle est bleu blanc rouge ronchonna le colonel ‘’garde à vous!’’ Qui ressemblait à mon voisin d’en dessous... Et moi, je trouve qu’elle sent le pétrole! S’écria la Générale Motor qui passait par-là...

Et moi... Je me demande perplexe.!! A se demander si cette neige d’ août...de juillet... Pardon! Etait verte...blanche... Noire... Tricolore... Et si elle sentait le pétrole...

Quand j’entendis... Mon carillon qui égrenait les douze coups de minuit... C’est alors que je compris...que ce n’était pas l’aube... Mais que tout simplement... J’avais rêvé...

Copyright GUY PERROT

Poème

Tiens...voilà que je me réveille, et que je te vois toi...

Toi... Née de mes songes... Née de mes phantasmes...

Née de mes mensonges... Petite feuille des champs...

Petite fille bouquet champêtre... Tu es là devant toi...

Impalpable et diaphane... Comme les fées des contes et légendes...

Petite fille des champs... Petit bouquet champêtre...

Tu es ma fée, ma princesse, mes floralies...

Floralies...!!?? Oui! Je vois tes cheveux s’envoler...

Comme les fils d’argent dans les prés...

Sauf qu’ils sont boutons d’or...

Tes lèvres sont coquelicots...

Tes yeux sont myosotis...

Et ton corps... Une rose trémière dans la robe pourprée...

Petite fille des champs... Petit bouquet champêtre...

Et si... Peut être... Un jour... Toile de mes phantasmes...

Tu devenais des chairs...

Peut être diras-tu...?

Lisant ces quelques vers...

Telle la femme du sonnet d’Arvers...

Tiens.!! Qu’elle est donc cette femme...!!??

Et ne comprendras pas...

Copyright GUY PERROT

Les temps nouveaux...

Sur la route des temps nouveaux, il existe un vieux monde perclus, reclus, cocu, perdu dans ses racines carrées, ses règles à calculer, ses intégrales, mal intégré, ses additions, ses soustractions, ses divisions, ses éclatrons ses positrons, ses éxcitrons, ses bévatrons, et ses étrons... Et tron... Tron... Tron... Trontaine...

Un vieux monde engoncé, un vieux monde tellement médiatisé par l'horreur, la violence et le profit que lorsqu'on lui parle d'Einstein, il dit Einstein!? Einstein..!!?? Attendez..!! Ah oui! Einstein comment va ce vieux Franck...ayant totalement oublié l'autre... Il est là d'ailleurs, penché sur l'équation einsteinienne à se demander si par hasard si e=mc2 ne serait pas la sœur jumelle de so4h2... So4h2??!! Après tout, il se balade tellement d'acide dans l'atmosphère... Pourquoi pas?!

Et voilà maintenant que le vieux monde qui a pris un crayon et qui se met à faire des ronds, et il est là qui ânonne...diamètre... Rayon... Diamètre... Rayon... Pi... 3,1416...116..116...pourquoi 116 ? Dit le monde...peut-être qu'avec 116 le monde aurait tourné plus rond, et ne comprenant plus rien à rien, refermant le livre du passé étouffant un énorme bâillement, le vieux monde s'allonge sur le matelas de sa stérilité et s'endort du sommeil de l'injuste, mais l'enchanteur Merlin passant par-là dans ses songes lui fait faire un rêve de baguette magique...

Voilà le vieux monde, transformé en girouette, se met à tourner aux quatre vents des temps futurs... Alors les chateaux-forts et leurs blasons blasés... Les banques et leurs banqueroutes... Les palais d'injustice et leurs couronnes mortuaires et même la basilique saint Pierre de Rome s'écroulent dans le néant...

Sur la route des temps nouveaux temps tandis qu'un monde caduc s'enferme en son tombeau... On voit des mains d'enfants... On voit danser des mains sur des visages d'enfants...

Copyright GUY PERROT

Poésie fonctionnelle (dédiée à messieurs les technocrates, ceux de Polytechnique, messieurs de H.E.C. Et messieurs les ordinateurs également, là, je les prends au second degré, voici le premier essai de poésie fonctionnelle.)

Les fiançailles "poème au 3ème degré"

Affectivité propositionnelle

Ah ! Que mon intransitivité, transcende votre transitivité...

Que ma prospective soit motivée par votre variable liée...

Que votre constante unie à mon quantificateur universel...

Suivant les codes binaires! Chante la gloire de notre associativité...

Ah ! Que mon rejet uni, et votre rejet subi...

Deviennent des rejets réciproques...

Par nos relations de noyaux...

Hum! Que j'aime votre logique élaborée...

Et vos critères de tautologie... Et vos fictions axiomatiques...

O mon entité transcendante! Ensemble nous visiterons...

Les critères de définition des thèses... Et nous cordonnerons...

Nos coordonnées dans un circuit d'auto distributivité...

Alors ! Mon accumulateur totaliseur,

Connecté dans votre disque dur...pendant que mes deux logiciels...

S'en iront musardé les contours de votre imprimante...

Bercé par les accords d'un Xenakis trituré au laser...

Une table de logarithmes nous servant de litière...

Au nom dune fatalité programmée...

Nous ferons de nombreux petits multiplicandes...

O ma particulière existentielle!

Copyright GUY PERROT

Deuxième essai de poésie fonctionnelle (amour un peu contrarié)

Interférences des circuits...

Etant donné la doctrine de l'infrastructure...

Et compte tenu de la perpective de nos gènes...

Je souhaite qu'un accord conjoncturel...

Vienne souder mon symposium à votre complexe rétroactif...

Et si mon processus de détermination...

Rejoint l'anthropomorphisme de votre genèse promotionnelle...

Il n'y a aucune raison que ne s'installe entre nous...

Un phénomène d 'osmose moléculaire...

Par interaction de nos acides nucléiques...

Devrons-nous ô ma constante variable!?

Tenir compte d'un déterminisme généralisé...

Ou d'un compartimentage fractionnel...

Je ne sais, je ne sais... Quoi qu'il en soit...

Je vous emmènerais par les sentiers du corollaire

Jusqu'au postulat légitime...

Alors partant du point gamma...

Un point de friction s'établissant entre nos équivalences de masse...

Mon vecteur épousant votre abscisse...
Nous jetterons les fondements d'une géométrie dans les spasmes...

Copyright GUY PERROT

Tiens ( a la manière des No japonais)

Amicalement ta main s'était posée sur la mienne...

Et le lendemain, à l'endroit où elle l'avait touché,

Une rose avait soudain poussé...

Que je te ferai en souvenir...

Tu m'apparus en fée déroulant une grande écharpe bleue...

Sur laquelle tu me pris en croupe...

Et nous partîmes tous deux comme sur un tapis volant...

Atterrissant sur une planète de fleurs et de chants d'oiseaux

Dont le souverain était le petit prince...

Copyright GUY PERROT



A la gloire des militaires, anciens, nouveaux et à venir...

Le défilé ou non, moi j'ai fait le défilé, et j'ai pensé au 11 novembre et au 14 juillet... Alors en mélangeant les deux, voyez ce que ça peut donner à peu près, les souvenirs de l'un et les souvenirs de l'autre...

Aujourd'hui c'est le grand jour, tout là haut, place de l'étoile, le grand arc dit du triomphe, mais en réalité arc à souder les passions, retentit les fracas des cloches de Notre Dame des victoires...

Alors le défilé commence... Sur un air de clairon qui entraîne un général à cheval, suivit d'un colonel à cheval, suivit d'un capitaine qui traîne sur ses bottes la connerie juxtaposée de deux adjudants de quartier, et derrière toute cette famille harnachée, sanglée, pas un bouton qui manque, la victime...

Bidasse premier...il est là bidasse... Qui défile, qui s'enfile dans la file serré par les serres files... Mais n'oublie pas en passant devant la tribune présidentielle, de saluer le président auquel à coté le gouverneur militaire, des ministres qui ne le sont plus, des ministres qui le seront peut-être encore... Enfin on ne le sait...mais ça le change, ça change de l'adjudant, du sergent de semaine, de la binette de l'adjudant qu'il voit tous les jours chez lui...

Bidasse enfin!

Tête à gauche...tête à droite...tête à gauche (sur un rythme de marche militaire), tête à droite... Tête à gauche... Voilà le défilé qui passe, tête à droite... Tête à gauche...tête à gauche... Tête à droite... Voilà le défilé passé... Tagada... Veux tu souffler dans ma trompette... Tagada... Veux-tu souffler dans le trou d... Du dessus, allons... Allons!...(Marche lente style légion)... Qu'est qui t'a fait c't'enfant ma fille? C'est un légionnaire... Un légionnaire maman ... Tiens t'auras du boudin... J'en veux pas d'boudin... T'en auras comme même... Tiens t'auras du boudin...

J'en veux pas d'boudin... T'en auras encore...!!Re sonnerie... Tagada... Veux tu souffler dans ma trompette... Tagada... Veux tu souffler dans le trou... Du dessus...

Garde à vous!... Monsieur le délégué à l'armement... National... Occidental... Oriental... Occipital et pariétal... Va faire son discours... Mais... Mais... Mais... Avant d'allucautionner la foule... Monsieur le délégué, dépose sur le tombe de l'inconnu méconnu... Un superbe bouquet qu'il arrose de grosses larmes grâce à un oignon astucieusement disposé... Et monsieur le délégué commence...

O petit soldat de France! Petit poilu de Verdun... Dont les os reposent ici sous la dalle... Qu'importe que tus sois breton... Que tu sois du Nord... Du Sud... De l'Ouest ou de l'Est... Car sous cette dalle reposent les ossements d'un petit soldat de France...

C'est alors que de dessous la dalle une voix retentit... Danke schon mein herr...!!

Horreurs et stupéfactions... Depuis bientôt trois quarts de siècle, les anciens combattants combattus, avec toutes leurs décorations en bandoulière venaient saluer l'ennemi héréditaire... Enfin héréditaire!? L'ennemi héréditaire de l'époque...

Faut dire qu'au court de l'histoire on a souvent changé d'ennemi... Ça variait les combats... Pauvres anciens combattants combattus... Ah! Ils étaient stressés!...il y avait de quoi... A tel point que les légions d'honneur en rougirent d'horreur...

Et que les merdailles mirlitaire se désemerdaillérent sur-le-champ... Et tout ça à cause de quoi? Hé bien à cause du bidasse de l'époque qui était daltonien, et qui avait confondu les couleurs en triant les ossements!

Il avait confondu le bleu horizon du futur maréchal nous voilà avec le vert de gris du général von Kluge... Quelle horreur ! Ah! Devenu subitement mégalo-maso...monsieur le délégué à l'armement national... Occipital etc.

se déboutonnant... Arracha son membre qu'il croyait viril auquel il attacha son mouchoir et munit de ce petit drapeau, tel Déroulède le glorifiait jadis, monsieur le délégué se mit à chanter... Flotte petit drapeau... Flotte toujours bien haut....image de la France... Symbole d'espérance... Et tombant émasculé, le nez dans son bouquet...

Le général à cheval se statufia pour l'éternité... Par subordination toute militaire le colonel en fit autant... Quant aux anciens combattants combattus, ne comprenant pas bien, ils descendirent les Champs Elysées en chantant la marseillaise sur l'air du deuschtland uber alles...

Battez tambours...sonnez clairons... Pour les petits... Comme pour les grands... Guignol est terminé.

Copyright GUY PERROT


Avis de recherches

Ah! Oui! Bien tiens! On m'a donné là... Excusez-moi, c'est un peu radio comme ça, ça qu'on me passe à faire... oui oui. mais non je le passe...on est à la radio...on est entre nous...un avis de recherche...hé oui!

Il y a des avis de recherches...oui après tout...ça peut passer...

Avis de recherche...le petit Jérôme Dracula, ayant quitté le domicile de ses parents au dernier quartier de lune est demandé par sa famille, facile à reconnaître, grâce à sa dentition particulière et à ne circuler que dans les grandes artères, enfant très affectueux, embrasse facilement dans le cou, si vous le trouver prière de le ramener à ses parents, Père-Lachaise, allée 23 caveau n°8 entre minuit et le chant du coq...ah un p.s. Si vous êtes provençal, n'y touchez pas à cause de l'odeur de l'ail qui risque de le traumatiser...

Oui..oui...un deuxième avis de recherche...

Des bateliers ivres ayant volé le sien...Melle Marie l'égyptienne recherche pucelage neuf en vue mariage sérieux...

Cruellement affecté par la perte de son souffre douleur un sadique cherche masochiste pour collaborer...ayant perdu sens des réalités... recherche contre sens ou non-sens...s'adresser poste restante à monsieur le fol à sens c'était des avis de recherches...parce qu'on est en radio est c'est normal...

Copyright GUY PERROT



Ah tiens ! Voilà qu'on me donne un très joli petit poème... Enfin un petit poème... Bon il est joli...

Rêves et magie...


Toi, mon amour et ma joie... Viens... Viens maintenant...

Viens dans le passé... Pourquoi pas le passé?

Tiens je me fais magicien...me voici Merlin l'enchanteur...

Et toi... Viviane, ma fée... Ma compagne...

Voilà... Tous deux nous allons partir...

Nous partirons d'ailleurs, pour Brocéliande...

Là... Près du grand chêne séculaire... Près de la chapelle...

Où jadis, toi... Viviane la fée et moi Merlin l'enchanteur...

Je reçus Arthur et tous ses chevaliers...

Et là... Près de la table ronde... Moi Merlin...

Me faisant magicien, je vais devenir chevalier...

Tiens...!? Perceval... Tu seras mon Graal enfin retrouvé...

Graal que je vais transporter... A travers monts et vallées...

Et nous irons là-bas près du grand <???>...près du grand nord...

Là! Où se fige le silence, don d'une écoute vivante...
Ecoute la musique de Grieg... < mélodie chantée Peer Gynt>...

Mais voilà dans ce grand Nord...

Se dessine devant nous une aurore boréale...

Ce grand Nord où pendant tous les mois d'été...

Le soleil ne se couche jamais...

Toujours sous ce matin de Grieg...

Ecoute... Ecoute peut-être un instant...

Je vais devenir Peer Gynt...Ce paysan naïf...

Et toi Solweig la vierge...

Et toujours sur cette musique...

Nous allons terminer le cycle...

Moi le petit prince avec à ma main ma rose apprivoisée...

Et toi... Alice revenue du pays des merveilles...

Alors... Alors... Chevauchant l'arc-en-ciel...

Nous irons tous les deux...

La main dans la main...

Voir derrière ton miroir...

Si un nouvel univers n'est pas en formation...

Copyright GUY PERROT


Jean-Marie Serrure...

Non... Non... Non... Mesdames et messieurs... Pas la peine de faire un scandale, on commence à m'emmerder moi à dire du mal de moi... Alors j'arrive ici et je me présente... Jean Marie serrure... Je devrais dire pour les Béotiens que chaque serrure à un pêne, hé ben! Je suis là! Moi! Jean Marie serrure...

Qu'est ce que c'est que ça... On se fout de ma gueule... On prétend... Moi! ... On me fait xénophobe... On me fait raciste... Moi! ... Justement... Est-ce que vous y avez pensé ce que j'ai fait moi... Ben non! ...ben pourtant je veux faire des piscines pour les immigrés... Ah! Vous y avez pensé vous autres des autres partis...?

Moi... Si!... Je suis raciste moi ??!!... Des belles piscines pour les immigrés, des piscines chauffées pour les immigrés, il y en aura à barbés, il y en aura à la Courneuve... Il y en aura à saint Denis... Il y en aura, à Montfermeil, partout dans les points chauds il y aura des piscines, pour les immigrés qui seront signés jean Marie serrure...

Parfaitement! Ah! Et je permettrais à ces même... Justement à ces immigrés... Tiens regardez... On a des immigrés qui sont champions de marathons, champions de course à pied, mais on n'a pas de champion de natation... Hé bien ! Grâce à moi! Nous aurons des champions de natation oui... Oui... ! Parfaitement vous les verrez aller plus vite, même ceux qui n'étaient pas bons nageurs deviendront des grands nageurs car mes piscines auront un truc spécial...

Il y aura dans chaque piscine un sas à piranhas, avec un gars qui ouvrira le sas à piranhas qui auront jeûné pendant une semaine... Hé bien! Vous verrez dans la piscine comme ils iront vites, ils battront des records mes immigrés... Battront des records... Le premier arrivé sera gagnant...

Celui qui pourra de toute façon..., il y aura un tiercé tous les membres de mon parti vont parier... Et les trois premières taches rouges sur la piscine qu'elles soient dans l'ordre ou bien dans le désordre... Ça n'a pas d'importance... Ceux qui auront joué les dossards des taches rouges seront les gagnants dans l'ordre ou dans le désordre...

Hein! Et avec l'argent des paris je construirai d'autres piscines aux piranhas, et alors ce sera formidable...je m'adresse à monsieur le ministre de l'intérieur... Monsieur Charly... Pas la peine de renvoyer les immigrés chez eux, grâce à moi, ils seront consommés sur place... Voilà ce que je dis, moi... Jean Marie serrure... Homme de toutes les situations...

Copyright GUY PERROT


Conte

Ah! Un petit conte...atroce... Il faut bien des petits contes noirs de temps en temps... On vous a déjà beaucoup parlé de Tchernobyl alors un jour j'ai pensé qu'un Tchernobyl français ça pouvait arriver...il était donc une fois un Tchernobyl...

Mais un Tchernobyl français... Les gens se sont réveillés et voilà que tout à coup les centrales nucléaires s'étaient donnés le mot pour exploser en même temps...

Alors là... Ça fait tout de même pas mal de bruit... Alors toutes... Alors là fallait voir... Sa majesté plutonium accompagné de son prince consort césium et les petits princes derrières tout ça...

C'était parti... Poussé par les vents qu'importent les vents celui des antan les petits vents, les grands vents... Le mistral... La tramontane... Poff! Tout! Tout...tout... Tout...

Tout... Alors fallait voir le plutonium... Hou! Là! Là! ...le plutonium un sacré grimpeur... Le Poulidor du nucléaire... Ah ! Fallait le voir monter les côtes, les petites côtes, les fausses côtes, les grosses côtes... Jusqu'au mont de la plèvre... Ou il faisait son trou... Un grand trou... Oui un très grand trou...

Alors ce n'était pas difficile... Au vu que peu de temps bientôt des millions de poumons jonchèrent la chaussée... On avait des kilomètres de morceaux de poumons, il y en avait des morceaux blancs, il y en avait des encore rouges sanguinolent... Puis il y en avait des bleus, ceux qui avaient commencé à moisir...

Tiens bleu... Blanc... Rouge... Tricolore! Dis donc! Comme le drapeau...hé bien! Oui! Grâce au plutonium et au nucléaire...voilà que le drapeau français n'était plus un morceau de toile de jute brandi à la verticale, mais un morceau de poumon troué à l'horizontale... Ça changeait comme même...

Miaou... Miaou... ¨miaou... Firent tous les minous en se jetant... Venez les copains...! C'est la grande fête du mou... Il y avait tous les chats... Les chartreux... Des persans, des catus vulgaris de gouttières... Même le chat de la mère Michèle... Ils se gavèrent de morceaux de poumons et en crevèrent...

Alors n'ayant plus de chats... Les rats se sortirent de leurs tanières et apportèrent la peste et le choléra... Ce qui fait que les pauvres humains qui n'était pas morts en crachant leurs poumons par-devant, mouraient en crachant leurs intestins par derrières... Bientôt il ne resta plus qu'un seul survivant... Sur un petit radeau... Sa chemise lui servant d'oriflamme... Sur lequel il avait écrit avec son dernier sang...au nucléaire si bienfaisant... Le dernier survivant reconnaissant...

Copyright GUY PERROT



Mécréant?! Oui! O cathos! Ne m'en veuillez pas, je fais des contes mécréants, je serai voué aux gémonies...voué à l'enfer... Mais tant pis voilà...!!

Premier conte mécréant...

Le jour ou Dieu s'interrogea... Ben oui! Ce jour là Dieu était perplexe...il se posait des questions... Il bâillait à fendre l'âme le pauvre papy... Encore que... Enfin disons le mot tout net Dieu s'emmerdait...

D'autre part ,on peut très bien être Dieu et s'emmerder... On peut être Dieu et s'emmerder en même temps... C'est pas incompatible... Il était là qui bâillait... Qui bavait le pauvre Dieu... Il appelle l'ange bibliothécaire qui était de service et il dit...

-écoute angélus bibliothecus, je m'emmerde... Je voudrais bouquiner...

-ah! Dit l'ange...oui mais hé hé hé!!.... Patron la dernière fois que vous bouquiniez ben c'était Penthouse et Play-Boy... Et vous en étiez à la page des photos gratinées, et madame Marie passait derrière à ce moment là c'était pas la joie... Oh! Pas contente qu'elle était...ouille! Ouille! Ouille! Et aujourd'hui elle est encore derrière et en plus elle est accompagnée du préfet de police du paradis monsieur Michel archange...

- oh oui ! Monsieur Michel archange...j'en suis las depuis son combat de catch avec le dragon, il n'y a plus moyens de le tenir... Bon alors qu'est-ce que tu as...

-bon alors! Patron je vous conseille de lire du sérieux...

-hé bien alors oui! Alors tu sais ! Je n'ai pas d'idées! Dis-moi mon vieux tu es bibliothécaire après tout...

-alors patron...moi je vous propose les livres saints... Les livres sacrés... La bible par exemple...

-non mon vieux la bible je la connais par cœur, et puis... Dis donc avec tout ce qu'ils m'ont mis sur le dos, tous ce qu'ils racontent... Allons! Ah! Tiens! Les plaies d'egypte... Les pluies de sang... Les serpents... Les sauterelles criquets qui bouffent tout... Sans compter l'autre allumé qui au pied du mont Sinaï me voit en buisson ardent... Phoebus moi qui ai horreur du feu... Le feu ce n'est pas moi que ça concerne... C'est pied fourchu le locataire d'en bas... Et s'il n'y avait que ça... En plus avec l'histoire de éve de la pomme et du serpent où l'on me fait passer pour le plus grand misogyne de tous les temps ah! Non non... Allez... Trouve-moi autres choses...

-ben écoutez patron... Je ne sais pas dans les livres sacrés le coran...

-ah oui! Dit Dieu...le coran... Mais là c'est autre chose... A chaque fois que je lis le coran et que le cuisinier du paradis me fait des côtes de porcs... figure-toi que le mélange des deux me donne de l'urticaire... Et je ne comprends pas pourquoi... Allons non... Pas le coran...!

-bon alors! Patron... Alors un livre sacré vous en avez un très sérieux... La Bhagavad-Gîtâ...

-oh!...dis Dieu la Bhagavad-Gîtâ... Oh là là là!! Ces agrès hindous c'est d'un ardus... C'est pas décontractant... Oh! Non... Non... Non...! A la pensée de tous ces Dieux et ces sous Dieux avec... Avec leurs bras multiples qui gigotent dans tous les sens... Alors rien que d'y penser ça me donne le vertige... Non pas la Bhagavad-Gîtâ...

Alors dans les livres sacrés il ne reste plus que la Thora...alors Dieu ouvrit la Thora... Et il lut... Au commencement il y avait Yawhé...

-comment ça! Dit Dieu... Il y avait... Il y avait Yawhé ! Yawhé... Mais alors j'aurais bâti le monde sur un pléonasme...

Et c'est alors que Dieu profondément traumatisé vendit son âme au diable...

Copyright GUY PERROT


Toujours quand Dieu s'interroge...

oui! Dit Dieu....il parait que j'ai fait l'homme à mon image... Seulement voilà... Pour naître l'homme, il lui a fallut un père et une mère donc un principe mâle et un principe femelle... Alors moi qui n'ai ni père ni mère... Qui suis orphelin...

Alors il n'y a pas eu à ma naissance ni principe mâle ni principe femelle...

Alors... Je me suis fait moi-même... Alors je suis mâle et femelle à la fois... Hermaphrodite comme l'escargot...

Hé bien! Me voilà beau... Dieu escargot... C'est alors que profondément vexé Dieu rentra dans sa coquille et c'est depuis que dans le monde il y a tant de salades...


Confession d'un athée

Parais que moi, je suis athée... Parais que Dieu à fait l'homme... Oui mais l'homme on l'appelle en langage branché... On appelle ça un mec... Donc Dieu créateur de l'homme il est donc créateur de mecs... Comme qui dirait le mec plus ultra... Oui mais alors un créateur de mecs... Alors Dieu est mec créant... Alors comment voulez-vous que je croie en quelqu'un qui ne croit pas en lui-même... Alors voilà pourquoi je suis devenu athée.

Copyright GUY PERROT


Dracula compagnon de Jésus...

-père! Dit Jésus...s'adressant à Dieu... Je voudrais retourner sur la terre pour une nouvelle rédemption...

-une nouvelle rédemption!? Oh mon fils! Tu crois encore que les humains en vaillent la peine... Tsss... Tsss tu vois ce qui est arrivé à la première...ça serait pire maintenant.

-oui mais mon père j'ai mon idée.

-ah bien! Va mon fils...je te fais confiance et que moi-même te garde...

Et Jésus partit dans sa soucoupe volante... Non pas sur son bourricot... Parce que les bourricots c'était dans le temps... Maintenant Jésus il a évolué... Il débarque sur terre... Tiens à Paris en plein aux milieux des Tuileries...

Et à peine, débarqué, Jésus fit ceci. Un geste que bien des siècles avant lui avait fait un nommé Hermès Trigmégiste et prononça les mêmes paroles... Ce qui est en haut est comme ce qui est en bas et vice versa... Et c'est alors que d'en bas arriva Dracula...

-arhhgghh s'écria Dracula en se voilant les yeux... Arhhh Iesus... Vade retro Iesus pié...!!

-non! Je t'en pris dit Jésus ne me fais pas une mauvaise parodie d'une phrase que je n'ai pas pu prononcer, mon vieux Dracula, vu qu'à mon époque si je comprenais le latin, je ne le parlais pas mes compagnons et moi, on parlait l'Araméen...

-mais que veux-tu? Dis Dracula très troublé...

-mais je vais t'expliquer, dit Jésus, jusque là mon vieux dradra... Permet moi que je t'appelle dradra... Tu peux m'appeler jéjé... Ça crée l'intimité... Je vais faire de toi... Toi qui étais une pompe aspirante... Hé bien! Je vais faire de toi une pompe refoulante...

-Excuse-moi Jésus...mais je ne te comprends pas!

-je vais t'expliquer...je vais t'expliquer... Je vais t'expliquer, tu seras en même temps que ma seringue hypodermique

-comment ça va...!!??

-non non...je t'explique... Je t'explique... J'ai décidé de vacciner les gens avec mon propre sang pour une nouvelle rédemption... Comme je suis rédempteur... Je suis chargé de changer le mal en bien... Bon toi ! Tu es censé être le mal et moi je suis censé être le bien... C'est normal que je te prenne... Tu vois alors voilà on va essayer de changer le monde comme ça est en plus tu as une qualité toi... Quand tu mords les gens... Ils deviennent comme toi... Alors ça fait un effet boule de neige... Tu piges!...

-hein! Ah?! Bon! Tiens!...

-bon ! Alors t'es d'accord?

-c'est comme même sympa ce que tu me proposes, mais tu sais que je n'y crois pas parce que tes humains... Ah hé bien dit donc! Ils ne valent pas une tune... Papa il n'arrive pas à les brûler... Puis il y en vient tellement maintenant... Il y en a tellement qui viennent aux enfers qu'ils sont obligés de prendre un ticket... Ils font la queue avec un ticket... L'autre jour, tiens! On a eu des promoteurs immobiliers... Oui oui oui!monsieur... Il y avait monsieur Truandin et monsieur Gougnafier... Ils étaient durs, pas moyens de les brûler... Papa n'y arrivait pas... Puis en plus ils lui ont fait des propositions... D'abord ils lui ont dit que ses fours, c'était ringard... Fallait des fours à micro-ondes... Et puis qu'ils allaient en faire des trucs faciles s'ils les laissaient faire... Sur terre ils faisaient des villas pieds dans l'eau... Ils feraient des villas pieds dans le feu...complètement stressé qu'il était Satan... Ecoute jéjé... Pour stresser Satan, il faut comme même en faire... Bon enfin ça fait rien je vais essayer d'être ta seringue hypodermique si tu veux...

-hé bien! Dit Jésus puis que t'es d'accord... Viens m'embrasser!... Tsss tsss tssss... Sur la joue... Pas dans le cou...

-ben ! Pourtant dit Dracula... Pour récupérer ton sang il faudra bien que je te morde...

-ce n'est pas nécessaire... Dit Jésus... Regarde le vase qui est là... Quelle que soit la quantité de sang que tu prennes, le niveau sera toujours le même... Tu vois quand on est Jésus on est un peu magicien... Alors c'est pourquoi, tu vois, ça ne bougera pas... Quelle que soit la quantité que tu prennes...

-ah bon??!!...

-mais alors attention, tu feras très attention car c'est un prototype qui a été fait pour moi en poterie de Graal...

-mais dit Dracula je suis très sérieux jéjé!!

Et les voilà partis Jésus et son vampire devenu le bon larron...qui faisait son boulot très bien et sérieusement d'ailleurs... Il aspirait, mordait, restituait... Aspirait... Mordait... Restituait... Aspirait... Mordait... Restituait... Et bientôt des centaines de gens vaccinés... Ceux qui étaient mordus, mordait à leurs tours... Ils s'embrassaient dans la rue, ils avaient compris le sens de l'amitié et de la fraternité... Improvisant des rondes sur les places des marchés, sur les parvis des cathédrales... Dans les rues et ceux là même qui n'avaient pas été vaccinés, pas été mordus en faisait autant en se disant... Tiens, c'est médiatique... Qu'est que ce que c'est? Ça doit être une nouvelle mode et bientôt des milliers de gens firent des rondes... Comme ça, ils avaient délaissé leurs télés... Les émissions culturelles du club Dorothée et ayant enfin retrouvé le sens sacré de la fête...

Même les P.D.G.. Invitaient en leurs yachts, leurs somptueuses demeures ceux du R.M.I. Et les chom'du et consentaient ce que qu'ils foulent leurs tapis persans dessus avec leurs pieds chaussé par Tati et que même ils plongent leurs petites cuillères dans leurs bols de caviar. Les banquiers sur le pas de leurs portes distribuaient leurs billets aux plus démunis; même les garagistes étaient devenus honnêtes et mieux encore les bistrots auvergnats ne faisaient plus la tournée du patron avec les résidus des fonds de bouteilles...alors Jésus comprit que cette fois c'était gagné... Il remonta dans sa soucoupe, le grand galactique à fin d'aller retrouver ces frères les éons...

-hep! Hep! Dit dracula... Et moi tu me laisses, je ne peux retourner en bas...

-ah ben non! Dit Jésus...c'est évident... Tu peux plus... Si tu voyais tes yeux de rouges qu'ils étaient ils sont devenus bleus azur... Et il t'a poussé une barbe de prophète comme moïse... D'ailleurs tu vas être le nouveau prophète c'est toi qui va porter la bonne parole sur la terre maintenant... Et puis pour le faire voilà ton bâton de pèlerin...

Et quand l'ex vampire se saisit du bâton... Alors ces deux canines s'envolèrent et devinrent deux colombes allant porter message... L'une s'en allant à l'Ouest l'autre s'en allant vers l'Est...

Copyright GUY PERROT


Dernier conte mécréant...

Prière d'un sceptique...

Notre père qui êtes aux cieux... Hé bien! Restez-y....comme l'avait si bien dit Prévert, et nous, on sera heureux sur terre... Oui! Mais quand le grand jacques, il a dit ça, il y a 45 ans... On était heureux sur la terre à ce moment là... On allait beaucoup moins vite... On ignorait le structuralisme, on ignorait le conjoncturalisme, le marketing, le merchandising, le leasing, les briefings, les brainstormings et tous les E.D.M.. L'économie de marché, l'escroquerie des marchands, l'exutoire des médias, et le principe de Peter, un truc inventé pour foutre à la porte tous les gens compétents...

Enfin une époque où on n'avait pas besoin d'un psy quand on était stressé, ni besoin d'un sexologue pour se regarder le zizi... Une époque où on vivait... Quoi!!?? Merde! Hein?

Notre père qui êtes oDieux...oh! Hé ben! Aux Dieux! Ecrivez comme vous le voulez soit avec un Ô majuscule, soit en deux mots, avec A.U.X..... Devant parce que Dieux vous l'êtes quelquefois multiples...

Oui vous êtes Dieux bouddhistes... Dieux shintoïstes... Dieux ramadans... Dieux casher... Dieux cathos... Dieux protestos et vous vous foutez en plus sur la gueule les uns les autres... Enfin les uns les autres... Vous vous partagez en eux c'est drôle comme ça que vous vous foutiez sur la gueule entre vous hein!...

Enfin ! Vous, ça vous amuse peut-être, mais ceux qui sont en bas descendez donc quand même et puis... Secouez-leur un peu les plumes!... Pour qu'ils soient un peu moins idiots... Hein! Notre père qui êtes aux creux... Notre père qui êtes aux feux... Ben! Remarquer, c'est normal vous êtes un esprit...vous êtes ascète... Quoi!!??

Pas besoin de becqueter...ben! Mais eux? Si! Les pauvres humains... Ceux qui ne bouffent pas... Ceux du Sahel... Ceux du Biafra... Ceux de somalie... Les Indiens d'Amazonie et j'en oublie... Eux, ils voudraient bien becqueter... Hein! Et quand ils veulent manger pour voir s'il y a quelques choses... La table recule... Ils ne vont jamais l'attraper...

Dit donc!... Et eux c'est pas des esprits vous savez.!! Ils ont un oesophage, un estobloc, pour pouvoir digérer, un trou du cul pour pouvoir évacuer hein! Un bon mouvement...notre père qui êtes osseux... Oh! Notre père qui êtes aux creux... Au creux de la vague... Hé hé!

Montez-y donc sur la crête à la vague... Et regardez notre mer... Notre père... Avec toutes ses boues rouges, ses boues vertes, ses boues noires... Ses boues de toutes les couleurs... Beurk ! Beurk..Beurk! Beurk! Beurk!

Une mer emmermerdée notre père... Très emmermerdée... Notre père qui êtes aux creux... Oh ! Notre père qui êtes aux feux... Tiens! Le feu c'est un des plus gros désinfectant... Bons sangs! Peut être que réveillant les volcans...et même sans la permission d' Haroum Tazieff... En filant une bonne petite éruption... Ça irait mieux... Sur votre foutue planète... Et que les gens deviendraient moins cons... Notre père qui êtes aux feux...

Copyright GUY PERROT


A propos de la cohabitation... Chers François et Edouard...

Les candidats devenus les mascottes de leurs électeurs... Chacun la mascotte d'un groupe... J'ai donc pensé pour ces mascottes à prendre une chanson "le duo de la mascotte" le duo de la mascotte des dindons et des moutons... D'ailleurs dindons et moutons sont des professions de foi qui correspondent tout à fait aux électeurs en train de voter...

Je sens quand je les aperçois... François...

Comme un tremblement qui m'agite...

Et toi Edouard quand je les vois...

C'est étonnant comme ça m'excite...

François... Ho ho ho ! Regarde mes dindons...

Edouard regarde mes moutons...

Quand chacun fait glou...glou... Glou... Glou.

Quand chacun fait bêêh bêêh bêêh...glou glou... Glou.

Bêêh...glou... Glou... Glou bêêh bêêh bêêh bêêh...

Edouard regarde les maintenant leurs bulletins...

Des petits... Des grands... Les pas malins...

De leurs personnes ils nous font dons...

Croyant que chacun de nous c'est le bon...

Et moi... Edouard quand je les vois...

Content de nous apporter leurs voix...

Ils ont beau savoir qu'on déconne...

Ils sont heureux qu'on les couillonne...


François regarde mes moutons... Mes dindons...

Edouard regarde mes moutons...

Quand chacun me fait glou glou glou glou...

Quand ils me font bêêh glou glou glou..

Bêêh glou glou glou bêêh glou glou...

Bêêêh bêêêh bêêêêh bêêêêêh...

Faut dire... François que déjà moi...

C'est pas la joie...

J'ai le Gérard qu'est un peu longuet...

Le Jupet qui veut m' enjuper...

Par derrière venant de Chamalières...

Et Valéry qui me fait des embrouilles...

Ben moi... Edouard tu sais... C'est pas mieux...

Ah non! Jospin, Fabius ne sont pas en train...

Charras lui fourgue ses bretelles...

Chez toi Valéry te fait des embrouilles.

Chez moi Edith fout la merdouille...

Copyright GUY PERROT