Archives du passé 2

  • Poème en Gros et Demi gros...Journal "La Rue Des Poètes"... septembre 1998

    Une compilation de textes qui a été scannée sur le journal "La rue des poètes" N° 28  de septembre 1998, poètes de l'association Poèmes en Gros, Demi Gros et Détail, des textes mis en format image PDF

     

    Compilation poeme en gros et demi gros revue la rue des poetes septembre 1998 format pdfcompilation-poeme-en-gros-et-demi-gros-revue-la-rue-des-poetes-septembre-1998-format-pdf.pdf (12.37 Mo)

     

  • Poème en gros demi gros... journal rue des poètes de juillet-août 1998

    Une compilation de textes, scannée sur le journal "La rue des poètes" N° 26-27 de Juillet-août 1998 de l'association gros, demi gros et détail, contrairement aux autres fois, je pense qu'il y avait des choses intéressantes qui n'etaient pas dans la typographies classique et là ce sont des fichiers images que j'ai rassemblées en format PDF

    Compilation poemes en gros demi gros juillet 1998 format pdfcompilation-poemes-en-gros-demi-gros-juillet-aout-1998-format.pdf (14.25 Mo)

  • Des MP3 vrac de vrac d'archives du passé 2ième partie

    Il y eut un matin il y eut un soiril-y-eut-un-matin-il-y-eut-un-soir.mp3 (2.15 Mo)

    Imperium pour des enfants sagesimperium-pour-des-enfants-sages.mp3 (563.43 Ko)

    Indigneindigne.mp3 (1.39 Mo)

    Infiltrationsinfiltrations.mp3 (932.77 Ko)

    Iseambe de la foretiseambe-de-la-forêt.mp3 (4.55 Mo)

    Jardin a parisjardin-a-paris.mp3 (1.1 Mo)

    Je est un autreje-est-un-autre-.mp3 (489.25 Ko)

    Je est un autreje-est-un-autre.mp3 (727.46 Ko)

    Je hais l automneje-hais-l-automne-.mp3 (4.02 Mo)

    Je laisseje-laisse...mp3 (3.2 Mo)

    Je suis fouje-suis-fou.mp3 (3.12 Mo)

    Je suis laje-suis-là.mp3 (1.14 Mo)

    Je veux une medailleje-veux-une-medaille.mp3 (797.24 Ko)

    J ecrisj-écris.mp3 (1.79 Mo)

    Janvierjanvier.mp3 (382.32 Ko)

    Juilletjuillet.mp3 (1.98 Mo)

    Joyeux noel 2010joyeux-noël-2010.mp3 (1.59 Mo)

    J veux etre le championj-veux-etre-le-champion-.mp3 (1.04 Mo)

    J veux etre le championj-veux-etre-le-champion.mp3 (915.2 Ko)

    J veux etre le champion 2j-veux-etre-le-champion-2.mp3 (1.14 Mo)

    J veux une medaillej-veux-une-medaille.mp3 (928.44 Ko)

    La neigela-neige.mp3 (1.39 Mo)

    La chanson des grenouillesla-chanson-des-grenouilles.mp3 (1.21 Mo)

    La chanson du bon dieula-chanson-du-bon-dieu.mp3 (1.97 Mo)

    La chanson tristela-chanson-triste.mp3 (2.68 Mo)

    La chanson triste 2la-chanson-triste-2.mp3 (3.06 Mo)

    La chenillela-chenille...mp3 (639.33 Ko)

    La complainte du nucl airela-complainte-du-nucléaire.mp3 (2.03 Mo)

    La femme qui est tout l a basla-femme-qui-est-tout-là-bas.mp3 (1.78 Mo)

    La fin des haricotsla-fin-des-haricots.mp3 (1.21 Mo)

    La foi qui conserve les montagnesla-foi-qui-conserve-les-montagnes.mp3 (1.96 Mo)

    La foi qui preserve la montagnela-foi-qui-preserve-la-montagne.mp3 (1.7 Mo)

    La foi qui sauve les montagnesla-foi-qui-sauve-les-montagnes.mp3 (1.81 Mo)

    La fredainela-fredaine.mp3 (1.16 Mo)

    La montagne slamla-montagne-slam-.mp3 (647.63 Ko)

    La montagne tentative de slala-montagne-tentative-de-slam.mp3 (1.5 Mo)

    Le fouetle-fouet.mp3 (4.26 Mo)

    Un jour qui vient 1un-jour-qui-vient-1.mp3 (1.24 Mo)

    Nota Bene il existe un peu plus de 150 fichiers MP3  de mes poèmes qui ne sont pas mis ici sur ce site, ceux là qui sont mis ici, ils doivent suffir pour votre écoute... J'ai dû certainement tuer une  bonne quinzaine de trucs rigolos  où je m'amusais avec les sons, mais hélas ils n'ont pas été enregistrés...ou plutôt j'ai fait place nette sur mon site

     

    Un lien vers divers poètes dont je suis...Cliquez  ICI!

  • Des MP3 vrac de vrac

    Accroche pour le marchaccroche-pour-le-march-.mp3 (1.11 Mo)

    Acta fabula estacta-fabula-est.mp3 (1.03 Mo)

    Affaires d oiseauxaffaires-d-oiseaux.mp3 (2.31 Mo)

    Ainsi soit il dit ilainsi-soit-il...dit-il.mp3 (6.15 Mo)

    Alliterationsalliterations.mp3 (287.43 Ko)

    Amouramour.mp3 (3.67 Mo)

    Anosmie digitaleanosmie-digitale.mp3 (3.09 Mo)

    Aphorismes 01aphorismes-01.mp3 (787.97 Ko)

    Aphorismes 02aphorismes-02.mp3 (923.89 Ko)

    Aphorismes 03aphorismes-03.mp3 (1 Mo)

    Archipel du q iarchipel-du-q.i..mp3 (3.21 Mo)

    Assouplit toiassouplit-toi.mp3 (633.52 Ko)

    Au bord de la merau-bord-de-la-mer.mp3 (1 Mo)

    Avantavant.mp3 (1.29 Mo)

    Avant ou la d ch ance du paradis obscuravant-ou-la-déchéance-du-paradis-obscur.mp3 (1.8 Mo)

    Bla bla bla poetiquebla-bla-bla-poetique.mp3 (1.24 Mo)

    Bla bla blas poetiquesbla-bla-blas-poetiques.mp3 (1.37 Mo)

    Brut de vrac slamsbrut-de-vrac-slams.mp3 (5.43 Mo)

    Campagnecampagne.mp3 (2.01 Mo)

    Cap sur le tourcap-sur-le-tour.mp3 (1.02 Mo)

    Certes monsieurcertes...monsieur.mp3 (576.08 Ko)

    Chaleurschaleurs.mp3 (1.16 Mo)

    Comme une cendre finecomme-une-cendre-fine.mp3 (979.75 Ko)

    Conseilsconseils.mp3 (569.53 Ko)

    Contribution au schmilblick po tiquecontribution-au-schmilblick-poétique.mp3 (1.1 Mo)

    Contributions au schmilblick poètiquecontributions-au-schmilblick-poétique.mp3 (1.03 Mo)

    Convictionsconvictions.mp3 (645.89 Ko)

    Dansdans.mp3 (3.61 Mo)

    Dans le ciel sur la terre et dans nos viesdans-le-ciel-sur-la-terre-et-dans-nos-vies.mp3 (4.74 Mo)

    Dans version expurgée geneviève pannierdans-version-expurgée-geneviève-pannier.mp3 (1.28 Mo)

    Dans version non expurgéedans-version-non-expurgée.mp3 (3.62 Mo)

    Derriere la portederriere-la-porte.mp3 (770.36 Ko)

    Derriere l ecranderriere-l-ecran.mp3 (1.26 Mo)

    Des femmes des hommes 1des-femmes...des-hommes...-1.mp3 (2.56 Mo)

    Des oeillets qui me regardentdes-oeillets-qui-me-regardent.mp3 (1020.51 Ko)

    Des reves de gloiredes-reves-de-gloire.mp3 (1.36 Mo)

    Des reves de gloiresdes-reves-de-gloires.mp3 (1.9 Mo

    Des rimaillages sans rimesdes-rimaillages-sans-rimes.mp3 (2.08 Mo)

    Detournement de preceptesdetournement-de-preceptes.mp3 (7.4 Mo)

    Deux choses courtesDeux choses courtes (955.48 Ko)

    Deux poemes sur le temps passage le temps ajourneDeux poemes sur le temps passage le temps ajourne (903.05 Ko)

    Deux poemes un manque de lumiere pluie de fleursDeux poemes un manque de lumiere pluie de fleurs (1.02 Mo)

    Dis marieDis marie (959.24 Ko)

    Douze p tit zoziauxDouze p tit zoziaux (612.74 Ko)

    Douze petits zoizeauxDouze petits zoizeaux (615.38 Ko)

    Du calmeDu calme (674.02 Ko)

    Du rien de bonne natureDu rien de bonne nature (802.84 Ko)

    Eaux vives 01Eaux vives 01 (1.43 Mo)

    Eaux vives 02Eaux vives 02 (2 Mo)

    EcouteEcoute (5.55 Mo)

    Ecoute 1Ecoute 1 (3.07 Mo)

    En ce qui concerne l artEn ce qui concerne l art (1.26 Mo)

    Entre quatre zieuxEntre quatre zieux (689.8 Ko)

    Et il y aura radio la sentinelleEt il y aura radio la sentinelle (1.74 Mo)

    Et il y aura voix annick gobertEt il y aura voix annick gobert (1.29 Mo)

    Fin de siecleFin de siecle (2.13 Mo)

    Fin janvier au compteurFin janvier au compteur (406.22 Ko)

    Fleurs d antanFleurs d antan (1.11 Mo)

    Fleurs de quatre sous chant a cappellaFleurs de quatre sous chant a cappella (2.17 Mo)

    Fleurs de quelques sousFleurs de quelques sous (1.83 Mo)

    Fleurs de quelques sous version chant e a capella avec commeFleurs de quelques sous version chant e a capella avec comme (3.04 Mo)

    Fleurs de quelques sous version iiFleurs de quelques sous version ii (2.01 Mo)

    FrimasFrimas (1.89 Mo)

    Fuites de tempsFuites de temps (893.96 Ko)

    GenerositeGenerosite (645.04 Ko)

    Generosite 2Generosite 2 (614 Ko)

    HelenneHelenne (1.66 Mo)

    Histoires de masseursHistoires de masseurs (1.01 Mo)

    Il pleutIl pleut (1.53 Mo)

  • Quelques liens vers des enregistrements de poètes amis

    Quelques enregistrements que j'ai mis sur mon site personnel d'enregistrement et de sauvegarde de fichiers... Ce sont des fichiers en enregistrements MP3 qui sont sur le site Box.Com..Des enregistrements audios monophoniques qui ont été faits dans les années 90 (entre 1991 et 1996) avec un petit magnétophone à cassette du genre dictaphone, c'est donc un son monophonique qui est assez irrégulier quant aux niveaux sonores, certains diraient que ce sont des sons pourris, tandis d'autres, ils seraient peut-être intéréssés par des poètes du vingtième siècle passé, Certains de ces poètes sont maintenant décédés, mais il reste leurs voix enregistrées et ça vaut le coup de les entendre... Nota. Bene. C'était un temps ou l'Internet que l'on connait maintenant, ça n'existait pas encore car ça restait confidentiel, donc pas de Youtube, pas de Google, pas de Fesse-Bouc, et aussi pas de portables et pas d'autres réalités que toute la vie du quotidien

    Cassettes enregistrées de Poètes amis

    Caveau de la bohème avec Gérard Trougnou 

    Club des Poètes avec Jean-Pierre Rosnay 

    Le lever de rideau avec Colette Jarjavay

    Poèmes en gros, demi gros et détail avec Vincent Jarry

  • Poèmes en gros et demi gros 08 revue rue des poètes 24-25 mai-juin 1998

    Solution du jeu du numéro 22

    Quel était l'auteur du turbot?
    Sa "Folie Tristan",  Léon Leclère,  en littérature: Tristan Klingsor,   (1874-1941) 

    la partageait avec le poète Tristan Derême (né Edouard-Joachim Corbière,  1845-1875)

    ainsi que notre estimable collaborateur Tristan Boudu (né lé 17 juillet 1942, mais ceci est une autre histoire).
    Tristan Klingsor était l'ami de Ravel, gui a mis en musique sa Shéhérazade en 1903, 

    et l'auteur du Turbot paru dans le numéro 22-23 de Rue des Poètes.
    Le voici, Tristan, au cours d'une existence passablement antérieure

    et notoirement proche-orientale:

    Marie Ordinis

    J'aim tant tellement la bière que j m'en suis foutu plein la panse
    c'est pour ça que j'ai ce petit bedon
    Il est gentil mon petit bedon
    Il est bien rond    
    Un rond bedon plein de bonnes bières
    C'est mes réserves
    De tous les pays
    De toutes les couleurs
    Quelquefois
    Avant de m'endormir
    Je rote un coup
    Puis
    Je ravale la senteur
    Et je me dis :
    « Ah ! Je suis en Ecosse
    Ou en Irlande
    Canada
    Japon
    Australie
    Madame Gaspard -
    Et je rêve que je voyage
    Loin loin loin loin
    Grâce à mon Petit bedon bien rond

    Moralité : (pour la rime c'est pas facile)
    Depuis que je suis plein de bière
    Quand je m'fais l'tour du nombril
    Je deviens globe-trotter
    1977 au King Henry

    Vincent Jarry

    LA POUSSIÈRE

    Khalife ou pauvre d'Asie,
    Qu'étais-je il y a mille ans,
    Ou quasi ?
    Mendiant prosterné parmi les mendiants
    Ou Seigneur en turban de soie les regardant ?
    Qu'importe ! La rose la plus choisie
    N'était-elle pas pour l'un ou l'autre la même.
    Et pareil le goût des figues d'Ispahan,
    Et pareil le plus beau poème
    De Khayyâm ou d'Hafiz,
    Tout ainsi que l'azur éclatant
    De l'espace ?
    Tout ainsi que l'azur éclatant
    De l'espace ?
    Quand un peu de poussière au hasard de la brise
    S'envole sur la route,
    Qui donc se doute
    Que c'est un prince de jadis qui passe ?
    .,
    1955. Tristan Klingsor
    Album, éditions Flammes Vives, 1955)

    Petits requiems pour la Créature

    .MCMXCYHI

    Elle avait meublé son alcôve
    D'une splendide horloge byzantine
    Qui retardait toujours le moment du plaisir.
    Ses aiguilles tournaient à l'envers.

    Le pauvre grammairien, la syntaxe au cœur, n'était capable de faire que des propositions relatives.

    Quand elle exigea de lire ses désirs par écrit, il était trop tard dans sa vie ; il avait oublié la ballade, le rondel, l'élégie... Il devint poète de court.

    Ce n'est pas le cœur
    Mais son pas dans l'escalier ?...
    Ce n'est pas son pas
    Mais son cœur qui change de palier.

    Elle avait tant piétiné son cœur qu'il prit l'épaisseur d'une feuille morte, puis tomba un soir de grande bise... aux pieds de la Créature heureusement.

    Clément MARAUD

    Jean Luc Evens
    Pas comme les autres

    Il n'est pas tout à fait comme les autres
    Mais il veut souvent être des nôtres.
    Il est parfois l'oiseau, le papillon
    Qui s'envole et survole tous nos démons.
    Il est aussi le renard ou le loup
    Quand il se sent menacé ou à bout.
    Il ne sait où se trouve le nord, le sud ;
    Il va ainsi de sa vie dans l'inquiétude.
    Il n'est pas tout à fait comme les autres
    Mais il veut souvent être des nôtres.
    Il fume et se parfume au gré du vent.
    La passion n'a guère d'emprise sur son temps.
    Il peut être silencieux de longues heures,
    Plongé dans on ne sait quel rêve d'humeur.
    Il ressurgit brusquement angoissé,
    Posant de nombreuses questions, emporté.
    Il n'est pas tout à fait comme les autres
    Mais il veut souvent être des nôtres.
    Il peut verser des larmes lors d'un drame
    Et rire l'instant d'après sans état d'âme.
    Il peut être doux comme un saintpaulia
    Et piquant comme un cactus aux abois.
    Le temps a assagi son caractère
    Et le torrent a rentré sa colère.
    Il n'est pas tout à fait comme les autres
    Mais il veut souvent être des nôtres.

    Mes mots, Mes bêtes

    Manifeste
    Pour une
    Poésie bouchique

    Mes mots, mes armes, mes bêtes,
    Etes-vous prêts?

    Lâchez les mots transmués!
    Lâchez les mots pelleteuses!
    Les mots-pets, les mots Idiots,
    Les bric-à-brac de mot à mot!

    Les monomots, les monèmes,
    Les poèmes monosyllabiques,
     Les pets d'organes bouchiques,
    Les mots volés à des ivrognes...

    Les mots insectivores de mythes,
    Les mots pour interstices,
    Les mots d'intestins,
    Les mots pas dits.

    Les plus courts,
    Les plus bêtes,
    Les plus animaux,
    Les plus inesthétiques.

    Les mots collés à la figure,
    Les mots scotchés sur la porte,
    Les mots-transe, les mots transmis,
    Les mots "faites passer!"

    Les mots trans-transmués,
    Ces psaumes insensés,
    Savamment alchimiés,
    Ces calomnies divines!

    Ces mots expérimentateurs,
    Ces mots libérateurs,
    Ces mocaïnes,
    Ces mots foutoirs!

    Ces mots vidés dans tous les sens
    Et re-remplis d'autre chose,
    Ces mots passeurs
    De l'autre côté du mot.

    Pascal GAILLARD

    Poésie fonctionnelle

    AFFECTIVITE PROPORTIONNELLE
    (poème du troisième degré)

    "Que mon intransitivité
    transcende votre transitivité,
    Que ma perspective soit motivée
    Par votre variable liée.
    Que votre constante unie
    A mon quantificateur universel,
    Suivant le code binaire,
    Chante la gloire
    De votre associativité !

    Que mon rejet uni
    Et votre rejet subit
    Deviennent des rejets réciproques
    Par nos relations en noyau.
    J'aime votre logique élaborée
    Et vos critères de tautologies
    Et vos fictions axiomatiques,
    O mon entité transcendante !

    Ensemble nous visiterons les critères
    De déductions des thèses ;
    Nous coordonnerons
    Nos coordonnées
    Dans un même circuit
    D'autodistributivité.

    Alors...

    Mon accumulateur totaliseur
    Connectant votre disque dur
    Mes deux logiciels
    Taquinant les contours
    De votre imprimante,
    Là, tous les deux allongés,
    Une table de logarithme
    En guise de lit nuptial,
    Bercés par les accords d'un Xenakis
    Trituré au laser,
    Nous ferons de nombreux petits multiplicandes
    O ma particulière existentielle

    Guy Perrot EPSILON LECAGNEUX
    / 3 bd Morland 75004 Paris/ T : 42-77-52-16

    Elle marche autour de l'église
    Et sa démarche de danse rythme la chute des cailloux
    Elle est belle et la religion s'effrite
    Tombe en morceau
    Gravats d'église Saint-Sulpice
    Arrogante beauté d'une jeune femme rieuse
    Peut-être tendre
    Et puis le Réverbère
    J'ai pissé contre plein de réverbères
    Soirs de beuveries
    Mais pas celui-là
    La honte
    La honte d'étant pauvre
    Etre moins pauvre qu'un autre
    Pour qui cette misère
    Ce journal lumière de misère
    Comment
    Etant pauvre
    Offrir un bouquet de fleurs
    A une jeune femme à la marche qui danse
    Comment rêver

    She walks around the church
    And her dance a pace gives rhythm to the
    falling stones
    She is pretty religion crumbles Crumbles down
    Rubble of Saint-Sulpice's church Arrogant beauty

    of a laughing young woman Maybe tender
    Next Le Reverbere
    I have pissed against lots of lamp-posts

    Nights of booze But not that one Shame
    Shame of being poor
    Yet less poor than others
    Who is that poverty for
    That monthly light among misery
    How
    of flowers with a step
    Being poor
    To offer a bunch of flower
    To a young woman that dances
    How to dream
    The pace that dances circles the church That crumbles
    And the pace that dances stops at the church And draws it
    And dream becomes project

    Et la danse de marche tourne autour de l'église
    Qui s'effrite
    Et la marche de danse s'arrête devant l'église
    Et la dessine
    Et le rêve se fait dessein
    La tendresse en rigole de rire au cours d'un regard
    Chaque rencontre la fragrance est distante
    Nouvelle timidité
    humblement
    Je m'effrite autours de l'église
    Mes godasse sont des trous
    je ne pense jamais à les changer
    je n'avais  de religion que moi
    Et mon rituel est en morceaux
    Une jeune femme fleurit son parapluie autour de l'église
    Le rêve danse et sourit
    Il paraît qu'en Afrique on s'entre-tue
    C'est toute l'église qui s'effrite

    Vincent JARRY
    in "Effriteries"Poèmes en Gros & 1/2 Gros éd.

    Fondness bursts out laughting within a glance
    At each meeting the fragrance is distant
    New shyness
    Humbly
    I crumble around the church
    My shoes have got holes
    I never remember to change them
    My status crumbles
    I had no religion except my own self
    And my ritual is in pieces
    A young woman blossoms her umbrella
     around the church
    The dream dances and smiles
    Apparently in Africa
    they are slaughtering one another
    The whole of the church crumbles

    Vincent JARRY traduction Marie ORDINIS
    in Effriteries-Crumbleries

    Le moine lubrique

    Que n'ai-je été, dans une vie antérieure,
    Un moine lubrique fuyant les longs jeûnes ascétiques
    Ronflant pendant les solennels ébats liturgiques
    Digérant sous l'austère voûte gothique

    Les frères m'auraient bien détourné
    Des sulfureux desseins du malin
    Rôdant à l'affût sous ma bure sonnant le tocsin;
    Mais cédant à ses pompes et à mon instinct libertin

    J'aurais abandonné mon âme aux anges du déclin
    La panse rebondie, les yeux larmoyant de concupiscence
    J'aurais rêvé de mystiques turgescences,
    De pécheresses aux rondes incandescences

    De fornication avec des succubes aux candides effervescences.
    Après compiles; de torrides pénitences aux créa ures en confession
    Du vin, plein les ciboires, les jours de mortification.
    Un faible repentir soulagé par une molle flagellation
    M'aurait assuré,  ici-bas, une somptueuse glissade vers la damnation

    Michel Coëtmeur


    Les trois filles
    dansaient
    Les trois filles riaient
    Les trois filles criaient
    aussi _
    La mère riait encore
    et la mère
    faisait au linge des plis
    Les filles en riant courraient
    dans le linge
    ainsi défait de leur fait
    Puis la mère grondait
    mais grondait
    non méchamment
    grondait comme on
    gronde ceux qu'on croit
    gronder pour tant de
    chambardement
    Là-dessus la mer
    allait retenant son
    jusant pour tant
    de cris mêlés à tant de
    bouleversement
    Pour ceci qui s'échappait
    de toute cette rumeur
    La mer s'en allait
    doucement éteignant son
    ressac sous
    les coussinets adoucis
    de ses galets
    encore une fois
    retenant doucement
    le jusant

    Et l'ogre apparu
    tellement fort et tellement
    méchant dans son aspect
    ridicule et outrecuidant
    L'ogre grenu maugréant
    L'ogre aigri égrenant
    tout son grand emportement
    toute sa vie passant par
    les trous de sa vie en démence
    L'ogre aigrelet grondant
    au grondement grandissant
    agrandissant sa peur
    de geignement grossissant
    désira, voulu dans son
    ogritude gémissante
    manger _ s'offrir un repas
    de tous les petits enfants
    Or de ces enfants
    devant l'ogre grognant
    Les cris furent
    tellement peu de
    peur _ les cris _
    mais bien de sauvages
    cris de tendresse
    des cris que même
    dans quelque ivresse
    d'Ogre grognant grognon
    On n'en n'entendrai
    plus
    Ces cris si dérobables
    si faciles à faire taire
    si fragiles en somme
    Ces cris décrivaient si
    bien dans leur timbre
    dans leurs images
    qu'ils proposaient d'un chant
    qu'ils proposaient d'une danse
    Ces cris cernaient aussi
    bien la douceur confuse
    où l'ogre l'avait logée
    logée au creux de l'estomac
    de ce grondement
    Ces cris contenaient tant de plainte tant de
    chant tant de plaisir
    Qu'il n'avait jamais admis
    et qu'il n'aurait jamais admis
    sans leur présence
    sans la présence de ces rires sans raison qu'il
    connût ou pût connaître qu'il

    lui prit l'envie
    d'y participer de
    crier chanter jouer
    même danser à l'unisson
    à ces cris criblés
    de la peur qu'il avait
    cru provoquer _

    Et il dansa
    et ils dansèrent
    jusqu'à ce que le jour
    ne fut jamais plus que le jour
    et la nuit seulement la nuit

    Dans laquelle
    On dort et l'on rêve
    que ces ogres
    là et ces enfants
    et toute cette mer
    Nous l'avons
    en nous

    Que nous devons l'être
    et que nous savons
    la devenir
    même si nous avons
    Derrière nous tous
    ces portraits d'ogre
    et de petits oiseaux éteints
    par tant de malheur
    tant de décrépitude
    et tant de joie
    cachée qui
    ne demande
    qu'à s'extraire de nous
     
    pour faire plaisir
    à tous nos amis
    ceux qui ne le sont pas
    et ceux qui ne le sont pas  
    et qui le deviendront un jour.

    Pour CHAM
    - c'est pour cet anniversaire où j'étais si loin de toi
    DENIS

    Denis LAVANT
    in "Au volant de mon chien" à paraître

     

    Le spectre

    Le spectre

    la voix du spectre remonte la fosse
    il sort son spectromètre du fond de ses billes
    il envisage le faisceau, une gosse
    qui vient frapper son caveau, une ville

    la voix de la gosse assise saute au plafond
    elle sort son pluviomètre du fond de ses billes
    elle dévisage le fantasme, un carnaval
    qui vient de blinder son cerveau, une procession
    le vent plonge son nez desséché dans la maison
    il sort son sismographe du fond de ses billes
    il encourage le sort de la gosse, une bacchanale
    qui vient d'affubler l'horizon, une illusion

    la fête des billes dénudées de leur métrique
    se prépare au fond de la cave, dans le noir
    où on désigne la tête des défunts, une sérénade
    qui achèvera le dîner du soir

    FRED TROUVE

    A la grande fenêtre du jour
    Des anges d'oiseaux s'élancent
    Vers les romances de ton paradis
    Quand retentissent les sirènes
    De tes étangs chimériques
    Drapés de spleens et d'espoirs.
    Sur les mers et les murs empiriques
    Tu taquinais les muses et les nues
    Comme les corps voluptueux des femmes....
    Dans tes mains des rêves aux seins de reines
    A te faire clouer ton passager-festin
    A faire mourir ton étrange destin
    Qui accrochait les croches
    Dans les poches ou proches
    A des lambeaux d'amours éteints
    Au creux de tes yeux de pianos.
    Tu avais la splendeur des prophètes sans drape
    Et des songes incertains.
    Tu remontais l'escalator des cieux clandestins
    A chaque nuit aux couleurs des étoiles.
    Tout comme Baudelaire ou Rimbaud
    Tu pressentais nos escales
    De chaque vie
    Qu'il aurait fallu brandir
    Au nom de ce cri profond
    Où tu nous voulais voir grandir
    Sur des plages vierges et désertes
    Où flamboient les rimes suspectes
    Croisées comme des signes des croix des lois.
    Dans le silence du ciel où je te parle
    J'ai la douleur dans le cœur
    Et des fleurs comme des larmes d'Espagne
    Pour dire que les poètes ont de terribles armes
    Pour chanter aussi ton âme.
    Pour nous tous l'horizon des sillons à naître
    Et démasquer le monde déguisé de ses travers
    Qui n'a pas encore parachevé ses lettres.
    Bien sûr avec le temps il y aura encore
    Des hommes à leur fenêtre
    Qui entendront ton chant et retiendront
    Toutes tes saisons:
    L'Amour dressé comme une barricade
    Empli de brumes et de cascades
    Où les anges te veillent et te gardent.

    Salut Léo.
    Jacques sandras

    Poemes en gros et demi gros 012

     

    JE VAIS PARLER DE MOI

    Je vais parler de moi. De moi et sans vergogne.
    Dévoiler mes vertus dans ces quatorze vers.
    Faisant fi des chagrins, faisant fi des revers,
    je tiens, comme un fruit mûr, le monde dans ma pogne.

    Enfant du vin divin des marches de Bourgogne,
    Mon nombril est le centre exact de l'univers.
    Tout tourne, autour de lui, à l'endroit, à l'envers:
    Terre, Soleil et Lune à face de Gigogne.

    Je suis mon propre dieu; Je m'adore et m'encense.
    Je me crains, je me prie et, par résipiscence,
    de vingt génuflexions, j'honore ma bonté.

    Je suis beau. Je suis fort. Je n'ai pas de manie,
    Je suis depuis toujours conscient de mon génie...
    Mon seul défaut : une trop grande humilité.

    Jean-Pierre Girard. 9 Janvier 1998

    De l'enfer au paradis
    Je traverse des paysages
    Mais qu'il ne soit pas dit

    Que de par les âges
    La pierre résistera
    A l'encontre des nuages

    De Anvers à Paris
    La route est différente
    Ils hypnotise l'homme malade

    Ces H.L.M. qui escaladent
    Les tons et les montagnes
    Les monts et les cocagnes

    A l'envers de la pluie
    C'est un chemin
    Qu'on met en doute

    C'est un chemin
    Qui perd ça route
    C'est un chemin
    Qui meurt de faim

    Nicolas Béchereau
    in Grain de Sable
    Saint Germain des Prés éd.

    "Homme de loin

    tu as perdu ton nom.
    Tu n'es désormais plus
    qu'une pincée de terre,
    un soupçon d'alouette
    ou le spasme qui court
    à l'aven où les pierres
    Ont une espèce de vertige

    Armand OLIVENNES

    Tu n'as pas encore eu toutes les maladies
    d'enfance, de l'humanité.
    Tu n'as pas eu encore la maladie des guerres
    et des millions de tombes.
    Tu n'as pas encore subi la lâcheté d'autrui,
     ni l'indifférence, ni la fatigue des autres.

    Sur le mur de la bibliothèque du Congrès de Washington,
    ce message m'a recouvert comme les ailes d'un oiseau.
    Je m'en souviens.

    Voilà ce que dit Edouard Jang:
    « Ils bâtissent bas ceux qui bâtissent au-dessous des étoiles. »

    ******    

    Goutte d'eau par goutte d'eau,    
    c'est la rivière. Une couche de pierre
    ajoutée à une autre forme la montagne.
    Un grain de sable sur un autre, c'est le désert.
    Une poignée de farine avec une autre, voilà le pain.
    Qui peut, alors sinon les parents
    ajouter aux enfants la vérité?

    Dans le livre des sages est écrit: « Il y aura
    toujours des solitudes pour ceux qui les méritent. »

    Sois inaudible aux oreilles, mais présent
    méconnaissable aux narines et aux lèvres,
    mais présent

    Ceci est la valeur de ceux qui savent
    se distancer suffisamment,
    pour pouvoir voir les choses en dehors des sens,
    mais toutefois vivent avec leur propre vie.
    la sensation de l'âme couronne leur époque

    L'horoscope te dit: c'est l'image du ciel
    à l'heure de ta naissance.
    Comment, si tu es procréé à tous les temps ?
    Alors, un jour, quelqu'un t'expliquera
    que tu es taureau ou cancer.
    Tu apprends que tu es scorpion ou sagittaire.
    Mais ceci n'est plus un jeu. C'est sérieux.

    Qu'y a-t-il de pire si tu ne sais plus jouer sérieusement?
    « Pauvre raison, » dit Galen
    « de nous tu as pris les preuves.
    Maintenant tu cherches comment nous abattre avec".

    Miroslav ANTITCH traduction Boris VESNIC
    IN Horoscope
    à paraitre

    DU FOND DES RUES

    Ecoute cette musique drainée du fond des rues,
    Des canaux de la haine au fleuve des passions
    Le sourire des mômes est enfin revenu,
    A Paris le bonheur n'est plus révolution !

    Il y a bien longtemps que tout serait détruit
    Si Gavroche et Poulbot n'étaient intervenus
    Pour distraire et nourrir les moineaux des Tuileries
    Redonnant à Paris ses souvenirs perdus.

    Nous ne pourrions bâtir sur les torrents de boue
    Que bonheur factice,  illusoire ou pervers,
    S'il faut tout balayer, s'il faut dresser la houe
    Que le monde à l'endroit ne devienne à l'envers.

    Il y a eu des crises, des guerres et des misères,
    C'est toujours à Paris qu'on a donné le ton,
    D'un amour attendri, d'écoute et de prières
    Deux mille années de lutte, de patience et de dons

    Cette cité noyée dans l'âme des poètes,
    Des Villon, des Nerval, de fous et de héros
    C'est toujours à Paris qu'on retrouve la fête
    Sur les bords de la Seine où va rêver Margot.

    On n'a rien inventé depuis que rue de Lappe
    Les rythmes à danser ont gardé le tempo
    D'un Paname à remuer sur ragtime et sur rap

    Java,  swing,  be-bop,  rumba ou bien tango
    Ecoute cette musique drainée du tond des rues
    Le sourire des mômes est enfin revenu !

    Michel PRAEGER
    in "Vent de Plume"
    À paraître

    Poemes en gros et demi gros 017

    ATTENTE SOLEIL D'AUTOMNE

    Messieurs, je n'attends plus rien de vous,
    Ni de votre autorité.
    Ni des Maîtres penseurs qui bavardent dans les médias,
    Je n'attendrais jamais rien des économies égoïstes,
    Je vois votre avenir comme un grand vide,
    Votre néant qui vient,
    Car  il est sans la projection de vos rêves,
    Votre incapacité à être vraiment humain,
    Votre incapacité d'aimer,
    Je vois la vie comme étant la seule nécessité,
    Je n'attends plus rien de vous,
    Vous m'aviez trop promis pour aujourd'hui,
    Je n'attends que la mort de vos projets,
    J'espère plus que dans la vraie justice pour tous,
    Je m'attends à être nourri de vos rêves.
    Je n'attends plus que la réalisation de vos cauchemars,
    Je n'attends plus rien de vos potentielles virtualités,
    J'attends pour demain le grand soir.
    Pour encore pouvoir rêver sans vous,
    Et pour toujours espérer,
    Je n'attends plus rien de vos éventuelles révolutions,

    Je n'attends rien des poètes appointés
    Et j'attends encore des jacasseurs de fleurs,
    Je serai le chien qui vous mordra,
    Mon bon maître, Je n'attends plus rien de vous.
    Et je n'aurais rien venant de vous,
    Nous aurons tout, Et vous, mon bon maître,
    Vous serez qu'une vieille histoire d'un passé révoqué,
    J'attends tout de demain,
    Mais mes lendemains se feront sans vous,
    J'attends!

    Bruno Quinchez Paris le 13 Décembre 1997 Ste Lucie

    à demain

    Te lirai un poème, pour l'autre vérité
    dans l'ailleurs validé :rien
    n'est jamais aussi réel que nous le pensons
    Te lirai un présent à multiples lectures :ce n'est jamais
    ce que j'attends qui arrive
    mais déjà, il est tard, il faut tuer la lampe

    Laurette

    Pastorale

    C'était une bergère qui croyait à des pairs plus beaux que pâture
    mais si t'es pas des moutons qui bêlent dans l'immense plaine,
    alors t'es le cri, le qui tue : le cri des loups

    Laurette

    Le petit Bleu de CharonneRépublique

    Nouveau Journal d'informations fantaisistes
     

    mais strictement véridiques, à périodicité aléatoire et tirage variables

    Dernières nouvelles:

    Ca y est! la loi est passée.
    Pas trop tôt: Dorénavant
    les Pitt-bull devront faire euthanasier leurs maîtres
    agressifs

    Gastronomie:

    Poèmes fermiers garantis sans colorants.
    L'appeau du chat
    Le chat lape son lait.
    Foin de l'hameçon laid
    Pour les petits poissons:
    Le chat les lape aussi.
    Fait-il pas l'appeau? si,
    Pour les petits oiseaux!

    Le PV dans l'homard (Sonnet)

    A orner mon par'-bris' la pervench' assidue  
    Songe-t-elle que je suis de l'impôt las (si dû)?
    Oui, je trouve la farce à force acidulée;
    Où trouvé-je la force, encor, assis d'hurler
    Ma hargne grogne rage à l'odieux papillon?
    Allons! c'est décidé, et de ce pas pillons
    Les caisses où s'entassent notre fric et nos thunes.
    D'un coup de main hardi, par un fric-frac nocturne,
    Et armés, Monseigneur, comm' il sied d'une pince
    De homard (qui est bien des crustacés le prince),
    Serrures arrachons et verrous fracturons,
    De l'enfer de mauvais's intentions pavé.
    Et disposant enfin du produit des PV,
    Dépensons, élégants, vêtus de fracs, nos ronds.

    Santé:

    " Pour bien pondre, il faut coucher tôt
    et pour se bien porter il faut le veto."
    (proverbe poule)

    La sagesse animale est admirable car il est bien vrai
    que vétérinaire est un bel et bon métier.

    Ainsi en est-il de mon ami le docteur Stéphane
    qui m'invite parfois à sa table somptueuse.  
    Naturellement, comme tous les professionnels
    passionnés par leur métier,
    le sien fait souvent les frais de la conversation.
    Il faut voir avec quel enthousiasme
    il l'envisage, avec quelle émotion il en parle:
    "Cette oie syrrothique, je n'ai pu la sauver;
    ni ce saumon qui fumait trop,
    ni ce veau souffrant d'insuffisance rénale,
    ni cette poularde en demi deuil terrassée par le chagrin.
    Ces échecs me désolent sincèrement, me consternent même.
    Mais servez-vous avant que ça refroidisse, mes bons amis!"

    Grammaire ou le beau causer:

    On peut dire "à père avare bon rat"
    on ne peut pas dire: "à bon chat fils prodigue".

    Vendredi 24/04/98 André Labarrere interrogé à France inter
    au sujet de l'accusation de harcèlement sexuel

    que porte contre lui l'un de ses anciens employés

    déclare tout uniment: "c'est un garçon que j'ai beaucoup aidé!"

    peut-on parler de liaison dangereuse?

    Devoirs de vacances:

    Mathématiques en été sur la plage:
    Plus je m'oins, moins jep'luche.
     

    C'était la grande maison
    Il y avait la famille et des fêtes
    On y dansait on y chantait
    Le jardin était ouvert
    Grand ouvert
    C'était tout vert
    Et puis brun
    Il y avait des gens à beaux costumes
    Des qui papotent
    Et je te cherchais
    Tu étais là
    Et je te cherchais
    La dame belle en œil soleil
    Et puis d'étage en autre étage
    Au mitan du fatras des fêtards
    Je t'ai retrouvée au mitan d'un plumard
    Emmitouflée de pleins d'amants
    Ton œil sommeil s'est rallumé
    Et puis adieu sous la couverture
    Laquelle était un bel herbage
    La grande maison était plus loin
    Très très loin
    Comme toi qu'étais plus là
    Pacqué la grande prairie
    Pleine d'herbage
    Cisaillée en rivière
    Entourée de forêt
    Menait à un étang
    Par la rivière
    De l'autre côté de l'étang une buvette
    Et ton soleil d'œil qui traîne par là Puis
    Suivant la rivière
    Pour aller vers la buvette
    J'avais drôlement soif et je savais t'y retrouver -
    J'ai vu un zèbre passer
    Comme un éclair
    Mon grand chien noir est arrivé
    Fouettant la vie de sa grande queue
    Et puis s'empêtrant dans mes jambes
    Un yack est apparu
    C'était pas la saison
    Et de l'autre côté de l'étang
    il y avait ton œil qui riait
    Quand le phacochère est arrivé
    j'ai eu les foies
    Il était brun-violacé
    Des défenses en sabre arabe
    Et le poil long
    Il a foncé vers moi
    Et a stoppé
    Interrogatif
    Doucement
    J'ai avancé ma main
    Et je l'ai caressé
    Son poil était doux
    Soyeux
    Il a fait un bond et il s'est enfuit
    Il ne faut pas caresser les phacochères
    qui ne demandent rien
    Et puis il y avait l'étang
    Et la buvette
    Et j'avais soif de ton œil soleil
    toi qui passes
    Et repasses dans cette histoire
    où je suis le seul à te voir
    La buvette
    Au bout de la rivière
    La rivière se fait canal Tu vas à la buvette
    Ton morlingue tombe à l'eau
    Pour retrouver l'œil il faut payer
    Pour payer le portefeuille
    Saute à l'eau
    Mon salaud
    L'œil soleil te regarde
    Le phacochère les éléphants et le zèbre
    Et puis la tortue
    Tu veux remonter sur la berge
    Ta main se coince dans les grillages
    Putain de con j'ai mal aux doigts
    Et puis laisser aller au cours de l'eau
    Attendre la plage où remonter
    J'ai pus mal aux doigts je peux regrimper
    Rétablissement et yop-là boum
    Un œil soleil m'enlace et rit
    Me tortillonne dans tous les sens
    Sous l'œil énorme d'un phacochère
    Au pelage très doux

    Le soleil œil luit

    Vincent JARRY
    in "Frédée 96" à paraître

    Saluts Théo!

    Alors, te voilà parti!...
    Qu'est-ce qu'on peut dire?
    Qu'on t'aimait bien...
    Qu'on garde dans 1'oreille
    Ta voix acide, grinçante, parfaite pour
    Distiller cette poésie de même nature
    Gui aura été la tienne...
    Qu'on regrettera ton ironie amère
    (Ce n'est pas pour rien que tu récoltas
    Le grand prix de l'Humour Noir),
    Ta façon de jouer avec les mots,
    Qui tortillaient les idées
    Pour en exprimer
    Toutes sortes de contradictions...
    Salut Théo!
    Les nombreux copains qui sont venus
    Dans ce village du fin fond de la Creuse,
    Où Danièle et toi aviez trouvé refuge,
    Pour t'y rendre un dernier hommage
    Et boire un coup à ton souvenir,
    Attestent l'amitié que ta générosité,
    Ton sens de la justice (avec un grand J),
    Ton ouverture aux autres,
    Avaient su partout générer
    Et qui sont les éléments naturels
    De cette fraternité universelle
    Chères à tes idées libertaires.
    Pardonne-moi cette phrase si tarabiscotée
    Qui sent quelque peu la remise
    De décoration à titre posthume...
    Et, où que tu sois,
    Prépare-nous une place pas loin de toi.

    Jean-Pierre GIRARD

    CE N'EST PAS UN DELIT
    D'HABITER A DELHI
    ET DES LITS A
    DELHI
    IL Y EN A
    PLUS QU'EN TERRE ADELIE

    MAIS ADELE, ATTERREE,  
    MAIS ADELE, LIS !
    VEUX-TU QUE JE TE DELIE?

    Marie ORDINIS

    P.S. Où IL EST QUESTION D'UNE JOLIE
    ET JEUNE FEMME, VIVANT UNE VIE SOLI¬TAIRE  
    (ET GLACEE) DANS L'ANTARCTIQUE.
    CEPENDANT LES INDES LA TENTENT.
    MAIS ELLE EST QUELQUE PART,   
    CAPTIVE (CE QU'ON NE COMPRENAIT
    PAS AU DEBUT)... D'UN SADIQUE QUI...

    Un pas

    Ecoute !
    Pied qui glouffe dans l'herbe

    Un pas
    Et ton pied devient racine
    A cette seconde qui dure mille ans

    Un pas
    Ma racine s'envole et ne revient
    jamais

    Pas dans le ciel
    Léger, caché, cherchant le vent
    Cherchant le Nord

    Pas dans la boue
    Dans la trace des loups

    Des pas, des milliers, dans la forêt
    sans arbre

    Pas à pas
    Tu avances dépossédé de tout

    Pas à pas
    Tu sèmes dans la forêt
    ta jeunesse, tes envies

    Pas dans la neige
    Linceul des fées Chloroformes

    Un pas de plus
    Et maintenant
    Ton pied devient racine

    A cette seconde qui dure mille ans.

    Pascal GAILLARD.

    MOTS D'AFRIQUE

    Elimane KANE est originaire du Sénégal.
    Il fait en ce pays ses études primaires et secondaires
    avant de s'embarquer pour la France en 1978
    après le Lycée où il se montre brillant élève,
    il fait un bref passage au Prytanée militaire de Dakar.
    Mais pour avoir participé à une grève,
    il est renvoyé pour indiscipline.
    Doué et imaginatif, Elimane KANE ne cesse pas,
    pour autant, de s'engager, de continuer à se battre contre l'injustice.
    Et en 1978, faut-il le rappeler, il vient entreprendre ses études universitaires en France.
    Aujourd'hui, Elimane KANE réside dans la banlieue parisienne
    où il se consacre à l'enseignement.
    Dans son métier, il a résolument opté pour les méthodes nouvelles
    tant au niveau de 1'ECOLE A LA RENCONTRE DES FAMILLES
    qu'au niveau de la FORMATION DES PROFESSEURS DES ECOLES.
    Elimane KANE est père de deux charmantes fillettes: ASTOU et KARTIGATA.
    Mais Elimane sait aussi s'abstraire du quotidien pour plonger dans la poésie.
    La parole du poète est alors témoin des absurdités que secrète le monde;
    elle se fait également prophétique et nourrie de symboles.
    Le premier recueil de poésie d'Elimane KANE, L
    ES RAYONS DE LA CALEBASSE, est publié aux Editions Nouvelles du Sud.
    Mais déjà deux autres volumes,  LA PAROLE DU BAOBABB,  LES FRIMAS DE CAURIS,  
    tous deux encore inédits, attendent de paraître, ce qui ne saurait tarder.

    Jean-Baptiste TIEMELE
    mon cœur Eva

    EVA NAISSANTE
    EVANESCENTE
    EVA S'EN VA
    EVA SAMBA

    Jean-Baptiste TIEMELE
    23 mai 1998

    Quand vous m'ennuyez    
    Je soustrais le temps et l'espace    
    Dans 1'immensité
    Des nuages dans le ciel humain
    Qui s'entremêlent
    Je fixe le sacré, l'éternité    
    La lumière humaine
    Vous pouvez toujours vous tuer    
    Je suis si loin de vos carnages
    Inutile de me tromper
    Je suis encore en voyage
    La lumière étend ses feuilles de roses
    Autour de mon île

    Prosper
    Très abondant
    De sa personne
    Vint sans...Jarry
    Regrettant 1'absent
    Il pria vint cent Jarry    
    De combler    
    Cette absence  Jarry
    Soi-même

    Amadou Elimane KANE

    In les RAYONS DE LA CALEBASSE
    Editions Nouvelles du Sud.

    Jean-Baptiste TIEMELE 25 mai 1998.


    VENUS PERLEE

    Par toutes tes anfractuosités
    Je t'investirai,
    J'irai mêler
    Aux eaux qui coulent en toi,
    Des lots de perles blanches, alors,
    Ni mer, ni rocher, je te ferai femme nacrée
    Femme adoublée, depuis la bouche
    Jusqu'au cœur de tes hanches.

    Jean-Pierre Collet
    In "Le Chant du Naïf
    Court-Lettrage édition.

  • Compilations de Poèmes en gros et demi-gros 07 extraits de la revue rue des poètes 22-23 mars avril 1998

    Compilations Poème en gros 07 des poèmes 

    qui sont extraits de la revue rue des poètes n° 22-23 mars-avril 1998

    " JEU "

    LE TURBO

    A quelle sauce voulez-vous le turbot, chère
    Et tendre reine ? Les valets préparent l'huile,
    Le clair vinaigre d'Orléans, le vin du Cher,
    Le poivre et le jaune d'oeuf filant mieux que le fil.

    J'ai gosier sec et nez cramoisi comme tuile,
    Mais vous êtes la plus charmante des commères
    De Paris : Ah ! par Saint Denis où y-a-t-il
    Dame plus exquise d'ici jusqu'à la mer ?

    Rien qu'à vous voir mon cœur se grise en vérité
    Et fait en moi des sauts de hareng sur le gril :
    Rien qu'à pencher le museau vers cette poitrine

    Pour respirer la rose de votre beauté
    Je suis comme un danseur ivre sur l'escabeau :
    Chère, à quelle sauce voulez-vous le turbot ?

    QUESTIONS

    A votre avis à quelle sauce voudra-t-elle le turbot ?

    (Avez-vous remarqué que le beurre y sera remplacé par l'huile et la farine par une liaison... à l'œuf ?)

    Quant à l'auteur ? Son prénom, choisi par des parents au patronyme lumineux, le faisait cousiner avec le Roi des animaux. Il opta pour un pseudonyme doublement wagnérien, lequel ne l'empêcha pas de rêver à la plus pulpeuse des sultanes.

    Celle-ci, à son tour, inspira à Maurice Ravel 3 chefs d'œuvre pour chant et orchestre nourris de la poésie de notre homme. Poète donc, mais aussi peintre et compositeur, il était d'un an l'ainé de Jarry (Alfred)Et mourut à l'âge de 92 ans .

    MARIE ORDINIS

    LE BONHEUR EN FLEURS

    Les fleurs artificielles
    ont un parfum... irradiant
    Accepte mon bouquet La Belle
    Il est si sidérant

    Jean-Baptiste TIEMELE


    LASSITUDE

    Le Soleil déjà là
    se retire derrière
    un épais rideau
    de nuages irradiés

    Le soleil est déjà? là
    Oui malgré soi d'éclairer
    tant de montagnes d'horreurs
    fait Attention
    Où tu mets les pieds

    Jean-Baptiste TIEMELE

    INTERFERENCE DES CIRCUITS (c'est un poème d'amour)

    Etant donnée la doctrine de l'infrastructure,
    A travers les motivations personnelles      
    Qui me poussent vers les autres

    et ceci...
    A travers le parallélisme géodésique    
    Des perspective évolutive de nos gênes

    je souhaite ...
    Qu'un accord conjoncturel
    Vienne souder mon symposium
    A votre concept rétroactif

    Et si...
    Mon processus de détermination
    Rejoint l'anthropomorphisme
    De votre genèse promotionnelle,
    Il n'y a aucune raison,
    O ma particulière existentielle
    Pour que ne s'établisse entre nous
    Un phénomène d'osmose moléculaire
    Par interaction de nos acides nucléiques

    Devrons nous...
    O ma constante variable
    Tenir compte d'un déterminisme généralisé
    Ou d'un compartimentage fractionnel ?
    Je ne sais, je ne sais, je ne sais

    Mais...
    Je vous emmènerai par les sentiers du corollaire
    Jusqu'au postulat légitime ;
    Alors, partout du point Gamma,
    Un point de friction s'établissant
    Entre nos équivalences de masses,
    Mon vecteur, épousant votre abscisse
    Nous jetterons les fondements
    D'une nouvelle géométrie
    Dans les spasmes...

    Guy Perrot

    Capturé
    Tu fus
    Torturé
    A ta première récrimination

    En fuite
    Tu fus
    Rattrapé
    Flagellé

    À ta deuxième récrimination
    En fuite
    Tu fus
    Poursuivi
    Ramené

    Réduit (croyait-on)
    A l'impuissance...
    A ta troisième récrimination
    Suivie de ta troisième évasion
    Comme un chien

    Au petit matin
    Tu fus fusillé
    Pour avoir
    Trop aimé

    LA LIBERTE.

    Jean-Baptiste TIEMELE
    (Extrait de « CHANSONS PAÏENNES »
    Editions Pierre-Jean OSWALD, 1969.

    Ceci n'est pas de la poésie.
    Bien trop la distance ! Trop constants,
    l'éloignement, la dérive et l'exil !
    Définitifs sans doute !
    Ceci n'est pas de la poésie
    (ou par la force alors,
    qui s'interpose, sépare et tient écarté ;
    par ce ratage ivre uniquement obstiné
    à se dresser devant le vide
    pour en prendre aveugle l'impossible mesure).

    Ceci n'est qu'appareil.
    Pour la fête, le sacrifice.
    Pour rien tout simplement ;
    pour exister un peu ici,
    dès maintenant,
    dans cette dévastation de l'âme,
    où le chaos repose
    sur des liquides lourds brassés
    par un vent prophète d'espaces désertés
    qu'il n'atteint pas sans épouvante.
    Solitudes, où ne pèsent
    que des bords instables sur le point de basculer

    Enseignes peintes tout ceci.
    Extérieur de porte devant l'entrée :
    peut-être un office plus grave vers l'obscur,
    où la blessure cicatrise.
    Secret de l'épaisseur
    de ces ténèbres s'établissant
    et s'appuyant sur l'abîme.
    Fantômes sur l'eau d'un fleuve
    dont l'aube à chaque fois revient veuve.

    Mémoire, et ce domaine inhabité
    dont elle garde l'accès !
    (labyrinthes et jardins,
    où selon les saisons
    se devinent des passants égarés,
    hélant comme nous par de longs cris
    et parfois même un prénom)
    Mémoire, et ce palais d'écrans
    dans la nuit du parfum,
    où se projettent soudain
    prises d'incertaines et tremblantes images...

    Dies ist nicht Poésie. Zu groB der Abstand! Zu gewiB die Entfernung, die Abtrift und das Exil ! Bestimmt endgultig ! Dies ist nicht Poésie (allein schon wegen der Kraft, die sich dazwischenstellt, die scheidet und die getrennt hait ; in diesem berauschten Scheitern, das einzig hartnackig will : sich vor der Leere erheben, um blind ihr unmôg-liches Mal) zu nehmen).

    Dies ist nur Vorrichtung. Fur das Fest, fur das Opfer. Einfach, fiir nichts ; um hier noch ein wenig dazuséin, seit jetzt, in der See-lenverwùstung. wo das Chaos auf Flussi-gem ruht, das schwer ist, gebraut von ei-nem prophetischen Wind verôdeter Ràume, die er nicht ohne Entsetzen beruhrt. Die Einsamkeiten, wo nur die Rânder wiegen sind, die gleich vielleicht kentern.
    Ail dies hingemalte Schilder. Das AuBen der Tur vor dem Eintritt : vielleicht ein ernsterer Dienst an das Dunkle, wo die Wunde verheilt. Geheimnis der Dichte ail dieser Finsternisse, die sich auf dem Ab-grund einrichten und auf ihm lasten. Schat-ten ùber dem Wasser eines Flusses, dem das Morgenrot immer als Witwe zuriick-kehrt.

    Erinnern, und dies Unbewohnte, dem es den Zugang behutet ! (Labyrinthe und Gar-ten, wo im Wechsel der Jahreszeiten sich verirrte Passanten entdecken, sich griiBen mit langen Rufen wie wir und manchmal auch einem Namen) Erinnern, und dieser Palast aus Leinwânden in der Duftnacht, auf denen unsicher und zitternd jâh Bilder sich zeichnen...

     
    Werner LAMBERSY
    Ubersetzung Eva Brùckner-Tuckwiller
    in "Quoique mon  cœur en gronde"
    Hitzeroth éd.

    Je suis monté sur la cime où les visions me percutaient
    Quand le paysage chavira j'ai retrouvé tes chardons et tes fleurs
    Le blizzard me réveilla
    Ne demeurèrent que les genièvres qu'enflammaient tes romances
    Tu t'adoucis d'orties
    pour te dresser sous l'adolescence des soleils

    Jean-Luc SIGAUX
    in "Les Berges d'orage" Saint-Germain-des-Prés éd.

    C'EST JUSTE POUR DIRE

    Des mots qui ne sont pas d'ici
    J'ai fait ma vie
    Bien avant qu'un Toubon
    Bien pire
    Décide de me refaire un dictionnaire
    A la French
    Encore colonial
    Style racket national
    Apartheid du Buziness
    Cac 40
    Pas un kopeck
    La classe
    Blancs
    Beurs
    Black s
    Même combat
    Quel Bled
    Basta
    Les keufs de la morale
    De Bangkok à Paname
    Import-Export
    Midnight Express
    Le stress
    La baraka
    L'angoisse
    La poisse
    Etcetera
    Pair Impair et Passe
    Vite, mon Joker
    Dwende passe par là
    La grâce
    Ultralight
    Le blues
    Underground
    Hiroshima mon amour
    Un ticket sinon rien
    Qu'un Autzwitch
    Plus tard un carmel
    no joke
    Lève ta fatwa
    et laisse-moi
    Mes Si, sex and sun
    La Plage
    Ou le Goulag
    That is the question
    Moi, je préfère
    Les Stars
    Et la lune
    Au Soleil
    Ca, c'est le top
    Je suis saoule de toi
    Mon Oméga
    Si si Senior
    Sayonara
    Sarayevo
    Dasvidania
    pour l'Estonia
    Patati
    Patata
    Zap again

     

    Annie SOULIER

     

    Yani darin

    YANI DARIM, animatrice, responsable et hôtesse du lieu associatif 1'ARBRE EN SCENE accueille RUE DES POETES entre deux spectacles, un coup d'œil et de rangement à la salle, une réservation au téléphone, une concertation avec sa fille et collaboratrice.
    "Pourquoi ce nom: l'Arbre en Scène? parce que l'arbre est un symbole très présent en moi depuis longtemps. C'est un symbole de liberté; d'élan, de générosité, il prend sa force dans la terre où il est enraciné, il va de la profondeur - vers le multiple.
    Quant à: "en scène"... la scène, c'est le lieu de 1'imaginaire.
    Il y a une dizaine d'année une pensée m'a traversée, c'était comme un rêve, je me suis dit que ce serait bien d'avoir un lieu qui fonctionnerait en atelier pendant la journée et en spectacle le soir. En cherchant à élargir mes possibilités professionnelles (Yani Darim est conteuse, chanteuse et enseigne aussi la musique N.D.R.d.P.), j'en suis venue à envisager de louer un local pour y recevoir mes élèves ainsi que des groupes d'enfants venus écouter des contes, et
    pourquoi pas? des adultes aussi, et pourquoi pas faire des soirées de chansons et pourquoi pas ?... de pourquoi pas en pourquoi pas, je me suis mise à chercher un local mais je ne l'ai pas fait seule car la structure associative existait déjà, ainsi que le nom "l'Arbre en Scène", nous l'avons tout naturellement donné au lieu.
    Ici, nous avons trouvé trois bureaux, nous avons tout refait, du sol au plafond, pour obtenir une salle de 50m2, ce qui est une superficie raisonnable, la scène existe vraiment et le piano (un beau quart de queue) l'habite bien.
    Notre programmation est très riche et presque journalière, parfois même nous avons deux spectacles par jour, dont un pour enfants, l'après-midi.
    Nous avons ouvert le lieu récemment, le premier décembre 1997. Pour notre première, nous avons eu deux personnes mais le spectacle a véritablement eu lieu.
    Vous voulez savoir où j'étais établie avant de venir à Paris? A Toulouse, j'y ai d'ailleurs co-fondé le théâtre de la Brique-Rouge.
    J'aimerais que vous souligniez que l'Arbre en Scène est un lieu associatif et que je veux l'élargir.
    Sans être draconienne, je soigne la programmation. J'essaie d'avoir une certaine exigence de qualité, tout en restant ouverte et à l'écoute de ce que les artistes me proposent.
    De temps à autre, j'aime bien créer des événements, tous les deux ou trois mois pour rassembler des spectateurs autour d'un thème, comme celui que nous venons d'illustrer avec le festival "Le Pain et le Sel d'Isaac à Ismaël". Ce festival, qui a duré quinze jours, comportait des spectacles de chants et de contes aussi bien yiddish que judéo-espagnols, iraniens, soufis. Pour tous publics. C'a été très beau, très chaleureux.
    Le 30 avril nous aurons LA NUIT DE LA CHANSON DE REBELLION; c'est le 150ème anniversaire de la révolution de 1848 , le trentenaire de mai 68, le centenaire de l'Affaire Dreyfus, le je-ne-sais-pas-combientième de la Ligue des Droits de l'Homme. Et la rébellion, il y en a dans toutes les vies, c'est ce qui permet d'avancer. A partir du moment où on veut changer quelque chose, il y a une action

    Yani Darim
    rebelle, avec toutes les nuances qu'on peut mettre dans le mot rébellion. Le 30 avril sera une nuit... sans fin !
    Après, en mai, 1'ARBRE EN SCENE programme des conteurs : LAURE GAÊL, MOUSSA LEBKIRI qui dira des contes érotiques arabes du 12° et 13° siècles, SUZANNA AZQUINIZER, CATHERINE GENDRON.
    Côté chansons, nous aurons: DENIS MERMOZ, NICOLO VON LAPRANI (Rêves d'amour déglingués)A partir du 14 mai, les" jeudis, nous accueillerons MUSIQUES ET.CHANTS YIDDISH par le Grand KLEZMER.
    Les 29 et 30 mai, ce sera TRAVIS BURKI, à découvrir!...
    Des scènes ouvertes? Il y en a 3 par mois, cela s'appelle LES JOUEURS DE VOIX, elles sont ouvertes aux conteurs, chanteurs, poètes. Ca peut être un auteur qui lit un extrait de son livre, un journaliste qui lit son prochain article, une chorale qui vient répéter, un duo ou un trio...
    A ce propos, le 6 mai, le conteur CHARLES PIQUION prend en charge une veillée de contes, animée régulièrement par deux ou trois conteurs, elle sera ouverte à ceux qui veulent raconter.
    YANI DARIM en sourit de plaisir à l'avance. Et RUE DES POETES est aussi heureux d'ajouter que le CENTRE dD1 EXPRESSION DE LA CHANSON FRANÇAISE a choisi L'ARBRE EN SCENE à peine créé pour y installer ses "BANCS PUBLICS"

    L'ARBRE ENTRE EN SCENE AU DIX-NEUF DE LA RUE D'HAUTPOUL, PARIS DIX-NEUVIEME
    Un long bâtiment de béton et de bureaux. Des fenêtres, avec, derrière, de très sérieux dos de secrétaires eh leurs ordinateurs, puis, plus bas, une porte anodine, une entrée, un couloir et, sur la gauche, une porte ouverte sur une méridienne à fleurs rose pâle. On se sent comme attendu, on entre dans un petit salon: devant vous un bar en bois avec avis de rafraîchissements maison et, miracle... à gauche, un théâtre: scène à plafond surélevé, piano, projecteurs, régie et 50 places assises. C'est là que, le 14 avril, YANI DARIM donnait son spectacle "SHALOM CHLEM".
    En première partie, STELLA GUTMAN chante très authentiquement
    des chants judéo-espagnols, voire turcs ou yiddish dont elle résume
    l'argument avec beaucoup de gentillesse en français. Drôles de
    petites bulles pleines de dérision où le mariage s'abstient souvent
    d'être au rendez-vous de l'amour mais où les belles sont mutines
    voire haérdies, quant aux hommes et autres personnages respectables...enfin... passons!    YANI DARIM est accompagnée, en deuxième partie, par SYLVAIN BEMERT, aimable et astucieux, complice au violoncelle tendre. Yani est "Une petite femme qui soulève une grande salle" (dixit DRISS, patron de LES UNS LES AUTRES, autre petit lieu de spectacle où on se sent en famille. Pendant une heure exubérante, elle nous accroche aux basques d'un Schlemel polonais, pragmatique autant que perplexe et métaphysique, à coups de ces contes traditionnels qui se déclinent en rebohdissements baroques, de génération en génération, sur un mode époustouflant de burlesquerie. Les spectateurs pouffent, rient et pleurent de rire. La conteuse, malicieuse et vibrante a une technique qui relève du prodige. Comme les gosses, que seul le conte sait faire réaffleurer en nous, on en voudrait encore' et encore avant de pouvoir aller se coucher, hilares et repus.

    Chanson passion

    Marie ORDINIS

    Un coinsto d'Pantruche, pas plus pourave qu'icigo
    Aux cambuses un choille déglinguées, mais pas crados,
    Sur toquade de connards colpinc' blanc, grosse timbale,
    A coups d'darracqs mastards vient de se faire la malle,

     

    Et qu' même si toutime n'était pas bésef choucard
    ça été dégueulasse de le foutre au rancart.

    Car la populace qui créchait dans ces cagnas
    Gonzes pas très riflos non, mais tous des Parigots,
    Grandes gueules, pue-la-sueur, canailles mais pas d'saligauds,
    Coquait de Paname le croqu'cif le plus chouaga.

    Mes vioques ont déboulé, valoches aux brambillons,
    J'avais huit printemps, et le der de trois lardons,
    Mais ce prem'luisant j'l'ai lago dans l'caberlot
    Quand la smala, une chiée d'ourdée dans les calots,
    Se baguenauda en reluquant les boutoques,
    S'plafonnant qu'on en était un chouïa probloque !

    Et c'est le palpitant gazant à tout' berzingue
    Qu'autour de la carante on a boustifaillé.
    Cette neuille, de c'coinsto, on en a tous jaspiné
    Comme d'une gonzesse à qui on voudrait faire du gringue.

    Gérard LE GRAND
    in "Matou de Pantruche"
    à paraître

    De temps en temps les cartes postales étaient bizarres.
    Sur une face Lao Tsé nous écrit
    d'une poste vieille de deux milliers et demi d'années:
    « Celui qui sait ne pas savoir- vise le sommet. »

    Sur l'autre face, l'écriture de Montaigne en 1553:
    « Celui qui pense ne pas savoir, il ne peut savoir qu' il ne sait rien. »
    Cela ne ressemble-t-il pas au jeu du « téléphone arabe »?

    Quand les mots voyagent à travers les siècles,
    chacun ajoute ou efface quelque chose
    ou les tourne à sa manière.

    Ainsi se forme, rougie à vif,
    la cime du cerveau humain:
    le proverbe. Il appartient au peuple.
    C'est pourquoi les gens disent: «
    Le proverbe est l'univers dans le grain de blé. »

    Miroslav ANTITCH
    traduction Boris VESNIC 12
    IN Horoscope à paraître

    Ecrits - bonheur

    J'ai calfeutré ton cœur
    Avec les pages d'une vie
    Ecrits-bonheur
    Chansons d'envie

    Nul interstice et nulle impasse
    Tes secrets seront bien gardés
    Chacun des hommes qui t'agace
    Ne pourra plus te regarder

    Je serai à la fois présence
    Sécurité, route d'espoir
    Ton salut, comblé d'assurance
    Demeurera jusques au soir

    J'ai calfeutré ton cœur
    Avec les pages d'une vie
    Ecrits-bonheur
    Chansons d'envie

    Tu rejetteras tout principe
    Et t'étoileras de soleil
    Adieu bouquets !
    Adieu tulipes
    Refermées pendant ton sommeil
    J'ai calfeutré ton cœur
    Avec les pages de ma vie ...

    Michel PRAEGER
    in "Vent de Plume"
    à paraître

    LE CORPS BEAU ET LE BAVARD

    Maîtresse au corps beau, avance avec un beau sourire affiché,
    Elle attirait en ces lieux, un jovial bavard d'un bel âge,
    Quand soudain maître bavard par ses appas alléché
    Lui tint, à peu près, ce fort et aimable langage

    Mille bonjours, Ô belle! Au corps si beau, sans rire, si vos yeux,
    Sont semblables aux étoiles qui luisent dans les cieux
    Alors vous êtes la plus belle qui brille au firmament,
    Pour moi vous êtes la femme de ma vie, maldonne si je mens!

    A ces mots la belle au corps beau se sentit pousser des ailes,
    Elle succombe à l'instant dans les bras du bavard pas trop sot,
    Elle se laisse tomber, se pâme, elle est heureuse et fait la belle
    En quelques mots elle se donne à celui qui dit de si jolis mots.

    Maître bavard tout émoustillé, se saisit d'elle et il la papouille,
    Que les hommes sont tendres quand ils nous jouent la fripouille,
    Maîtresse au corps beau est contente car l'homme est plaisant,
    Il me dit pour la vie... Sans doute ce doit être le prince charmant.

    Quinze jours ont passé, maître bavard est lassé, et il la laisse tomber.
    Maîtresse au corps beau se dit, quelle conne j'ai été de succomber,
    Mais elle jura d'éviter les bavards et de recommencer une autre fois,
    Moralité, Monsieur de la Fontaine dit des bêtises dans ses fables parfois.

    Bruno Quinchez

    Paris le 8 Décembre 1996


    La Roue à Aubes

    marcher,
    mettre du temps
    à
    n'être
    que ce bruit de terre douce
    que
    la semelle mâchonne

    La Roue à  Aubes
     

    montagnes
    réduites à leur poids de nuit
    ma vie
    lentement enceinte d'ombre

    Patricia CASTEX MENIER
    in "La Roue à Aubes"
    Redbird publication

    CHOSE VUE.

    Un jour que je remuais un tas de feuilles mortes
    et quelques souvenirs de la même couleur,
    un papillon perdu dans cet automne en pleurs,
    surgit sous mon balai. Que le diable m'emporte

    si ce n'était pas là, épanouies à ma porte,
    œillade de printemps et promesse de fleurs !
    De plus, un rouge-gorge, hardi comme un voleur,
    vint renchérir encor sur ces pensées accortes,

    chantant à gorge rouge une aria débridée.
    Au feu, la feuille morte ! Au clair, la sombre idée !
    Charmant lépidoptère et gracieux oisillon

    dansaient en mon honneur un pas de deux de rêve..
    Quand soudain, le second (que toute joie est brève !)
    a, en deux coups de bec, bouffé le papillon.

    Jean-Pierre Girard 

    le 5 janvier 1998

    un homme cheminant
    Parti les choses Simples
    Voit la queue du bonheur -

    Vite il recouvre le tout
    Pour ne pas avoir à le dévorer
    Sur l'heure Sapristi Quel économe

    Jean-Baptiste TIEMELE

    5 novembre 1995

    Le père et la fille

    Alors Isabelle
    Tu es seule
    Arrête-moi ce jeu
    Jeu-thème
    jeu -thème

    Jean-Baptiste TIEMELE
    15-5-1997

    La tourterelle est belle

    Le chien bien
    Doux gentil dru
    Blanc roux noir et poilu
    Mais ils ne valent pas
    Mon chat
    Qui enroule
    Au creux de mon bras
    Son peloton d'amour.

    Marie-Claire Calmus

    ANOPHELIDE

    Feu de paille que nous sommes
    Nous finirons dans la fosse commune
    Toutes étincelles éteintes
    Nous ne ferons plus rire les oiseaux
    Et les femmes qui dansaient la valse
    Nous auront sublimés
    Nous ne sommes pas des guerriers

    Et la paillass' de nos sommes
    qui abrita nos amours soirs de brume
    Routes à pucelles étreintes
    Ne tissera plus nid pour les moineaux
    Et les femmes qui dansaient le jerk
    Nous auront oubliés
    Nous ne sommes pas des guerriers

    Vincent JARRY
    in "Frédée 96"
    à paraître

    oh réveille-la donc
    ta jambe de danse
    et ton geste oui
    ton geste indigérable
    celui qui frappe de sa cadence
    la maldanse
    la façon qu'on fait
    de ne pas s'en apercevoir
    réveille oh oui réveille
    toute la sagesse
    de ta composition
    première le pied
    devant le cœur
    meurtri mais battant encore
    réveille de ta vie
    la plus haute substance
    réveille-les
    ces notions à jamais
    enfoui disparues
    sauf dans les yeux
    d'aucuns mais qui se
    peuvent troubler déjà
    de ton souffle mal offert

    Denis LAVANT
    in "Au volant de mon chien"
    à paraître

    LE PARC DE SCEAUX

    Entendez-vous les cris, les virgules pointues ?
    Celles des angelots de pierre blanche et nue,
    Ils vont, quelle impudeur ! jouer le jeu d'amour,
    Le parc de Sceaux s'éveille au long des brandebourgs

    Imposteurs les canards ! leurs plumes dans les yeux
    Se colorient déjà de rêves croustilleux ;
    Au fond d'un aquarium où flottent des sirènes,
    Les pêcheurs du canal courent la prétentaine.

    Un lit, un lit géant fait d'algues libertines,
    Des nénuphars en fleur peints à l'encre de Chine,
    Le vent sur la prairie sculpte l'herbe et ondule
    Et parle de Gulf Stream, d'une vague qui brûle.

    Demoiselle qui passe venez il est temps,
    Il est mille et mille ans qu'ici je vous attends,
    Demoiselle venez jouer le jeu d'amour
    Le parc de Sceaux s'éveille au long des brandebourgs.

    Jean-Yves LENOIR
    in "les Petits Rien"
    Collection "Flammes Vives"

    Bar du Serpent

    Quand Antonio entra dans le bar,
    toute la salle se tut.

    Les clients pétrifiés
    s'écartèrent sur son passage
    dans un silence de mort.

    En un long glissement mouillé,
    il se traîna vers sa table habituelle.

    En chemin, il zigzagua mollement
    entre les tabourets de bar.

    En arrivant au fond,
    il se hissa avec peine sur un siège
    en s'enroulant autour de l'accoudoir.

    D'un œil avide,
    il fixa vénéneusement
    la bouteille de tequila
    sur le comptoir.

    D'un claquement sec de la langue,
    Antonio fit comprendre au serveur
    qu'en dépit de sa transformation,
    il tenait à conserver
    ses bonnes habitudes.

    Pascal GAILLARD,

    Photo de guimou de latronche 1998

    Ma banlieue

    Y disent qu'on y vit mal
    Qu'on est très malheureux
    Moi j'suis sentimental
    Je l'aime bien ma banlieue

    J''vis tout au bout du ch'min
    L'endroit où il s'arrête
    Après lui y a plus rien
    Restez donc où vous êtes

    C'est dans l'fer que j'travaille
    Et même le non ferreux
    C'est très sain la ferrai/le
    C'est très ferrugineux

    Les hommes y sont sympas
    Mais faut toujours qu'y causent
    C'est pas que j'Ies aime pas
    Mais j'Ies aime à p'tites doses

    J'adore les voir partir
    Le spectacle est cocasse
    Y vont s'faire emboutir
    J'Ies ramène à la casse

    Je l'aime bien ma banlieue
    Les clébards faut faire gaffe
    Mais si t'es dans l'milieu
    T'entends aussi les piafs

    Quand les Schmidt se radinent
    Y savent mettre en veilleuse
    Y m'préviennent en sourdine
    C'est une faune merveilleuse

    Y disent qu'on y vit mal
    Moi j'l'aime bien ma banlieue
    C'est pas trop convivial
    Et j'm'en porte plutôt mieux

    Gumou de la tronche Rolland HENAULT

    Et en partant prenez la rue Karl Marx, c'est moins encombré ces temps ci

    La mort c'est quand même un problème
    Individuel
    Surtout
    Pas de syndicat ni d'association de défense
    Ni de club ni de parti ni de groupement ni
    De fédération de comité de soutien
    Tu partiras tout seul \m
    Comme un grand
    Avec ton sac d'écolier
    Et tes habits bien repassés
    Tu diras bonsoir à ta mère
    Qui te regardera
    Depuis le haut de la rue Karl Marx
    Tes pas sonneront haut et clair
    Dans la poussière des journées
    Très vite tu ne seras plus qu'un point
    A l'horizon
    Visible dés seuls initiés
    Et le soleil tournera tournera
    Et les femmes passeront dans leurs slips
    dans leurs clips
    Avec des yeux d'animaux
    Et des seins en espalier,
    Dans la belle loterie des saisons
    Et toi tu pourras plus les regarder les toucher
    T'auras l'air d'un vrai con
    Dans ta tenue collet monté
    Et ton air guindé
    Dégingandé
    De grand écolier buissonnier
    Dézingué

    Roland HENAULT  Guimou de la Tronche

    Petit Louis

    Si vous tuez deux ou trois personnes
    En principe on vous emprisonne
    Si vous en tuez deux trois millions
    On vous r'file une décoration.

    Condamné ou félicité
    C'est une question de quantité
    Toi Petit Louis t'es pas dans l'coup
    T'as pas voulu prendre les armes

    T'as pas voulu en tuer du tout
    Ils t'ont mis douze ans en cabane.
    Le sort a de ces ironies
    Pour Petit Louis.

    Quand on baptise un monument
    Un boul'vard ou une avenue
    On lui donne général'ment
    Le nom des tueurs les plus connus.

    Un colonel, un général
    Dont l'nom sent bon le sable chaud
    Ca vous remonte le moral
    L'matin pour partir au boulot

    Mais j'vois avec mélancolie
    Qu' y a jamais l'nom de Petit Louis.
    Le sort a des ces ironies
    Pour Petit Louis

    La mode revient aux militaires
    Aux soudards et aux traîne-rapières
    La panoplie de l'assassin
    S'épanouit dans les magasins.

    Du côté d' Saint-Amand-Montrond
    Ton nom n'dit plus rien à personne
    Le maire s'appelle Maurice Papon
    C'est le matraqueur de Charonne

    Moi j' redis l'nom de Petit Louis
    En contre-point de la conn'rie.
    Le sort a des ces ironies
    Pour Petit Louis.

    Guimou de la TRONCHE Roland Henaut
    in "Y'a plus de cons!"

    J'aime les bijoux
    Bigarrés comme des choux
    Chamarrés sur mes joues
    Jouxtés sur mes genoux
    Mince ! J'ai des poux !

    J'aime les garçons
    Aux cheveux de son
    J'aime les beaux gars
    Avec des gros bras !
    Aïe ! Tape-moi !

    J'aime la soupe au pistou
    Pour moi c'est tout
    J'aime la soupe à l'ail
    Aïe ! Aïe ! Aïe ! Ça caille !

    J'aime le lait caillé !
    J'aime le lait ribot I
    Ça y est !
    La cruche va à l'eau !

    Oh ! Les belles tomettes !
    Oh I La belle tonnelle !
    Oh le vilain tonnerre !
    Tout est par terre !

    J'aime la cuisine à l'oignon !
    J'aime la cuisine à l'huile !
    Oh ! Comme ça sent bon !
    Dis ! Quand reviendra-t-il ?

    Si j'avais été mince,
    M'aurait-il serré la pince ?
    Si ma cuisse avait été fine,
    Aurait-il caché sa pine ?

    Je dois faire régime
    Et pratiquer ma gym
    Ainsi il reviendra
    Me serrer dans ses bras.

    Isabelle SPRUNG

    HECTOR
     

    Chronique d'un ennui

    -0-

    Elle passe sa langue sur ses lèvres.
    « Le goût de l'échec a très mauvais goût » pense-t-elle allongée sur le lit de fer blanc de la clinique. La nuit tombe déjà. Enfouie sous les draps froids et aseptisés, elle n'a vraiment pas envie de dormir. Cette odeur insupportable, indéfinissable. Mélange de mort, de propre, de maladie, de naissance. Odeur laiteuse planant lourdement dans les couloirs, au ras des plafonds, tout au-dessus des chambres des malades.
    Malade non. Enervée oui. Déçue. Jusqu'à la rage.
    Goût amer que laisse cette sensation de détresse, de défaite et de haine naissante pour l'enfant qu'elle vient de mettre au monde. Mettre au monde. Imposer au monde.
    Le forcer, violer sa tranquillité et y propulser une tare qui viendra troubler cet ordre, cette douceur. Toute cette beauté entachée à jamais.
    Par la petite fenêtre de la chambre elle voit la neige tomber et recouvrir la vaste plaine. C'est moche un enfant qui naît l'hiver. Dès qu'il sort il a froid.

    -I-

    « Elle » a disparu. « Elle » ne sera plus. « Elle » est devenue « maman ». Elle regarde son ventre flétri puis regarde l'enfant. Né tout violet, cyanose a dit le médecin. Laid dès son arrivée, comment ne pas le détester.
    Maman, enfant, Hector, lait, maman hait. Ces mots défilent dans sa tête et l'emplissent de dégoût. Elle court aux toilettes et vomit et bébé pleure.

    -2-

    Assis dans le petit coin frais de la cave, il entend suinter l'eau sous la pierre.
    L'eau s'écoule le long des murs et arrive, goutte par goutte, en un même point. Le centre de la cave, îl ne voit que ça. Son attention est figée par le clapotis incessant de l'eau. Et puis que faire dans ce lieu sombre si ce n'est traquer, contempler la fuite du liquide. Se rendre compte du temps par cet écoulement. Il donne une unité précise à chaque goutte d'eau. Il en dénombre les tombées et ainsi combien de temps environ sépare le moment où maman l'a mis là et celui précisément où il fixe l'eau dégouliner.
    Seulement l'eau ne cesse de couler et chaque instant lui paraît d'une lourdeur et d'une intensité insoutenables.
    Après , des minutes, parfois des heures entières, il se met à pleurer. Il couche son buste tout le long de ses
    jambes. Il encercle fiévreusement ses maigres genoux et doucement, tristement, il s'endort.

    -3-

    « Pas si moche que ça qu'il est ».Hector n'est pas si laid.
    Hector est bon. Pourquoi met-on Hector dans le fond de la maison ? Hector chante. Il est fou ou il est gai. Hector ne sait pas si Hector est fou ou content. Hector est gentil. Hector est grand. Il est tout petit aussi.
    Par les barreaux du fond de la maison Hector voit passer les géants. Les géants passent, ne savent pas qu'il y'a des barreaux et que Hector est dedans.
    Hector est dedans les barreaux, derrière, autour et dedans. Dedans Hector. Les barreaux crient. Personne n'entend. Hector s'ennuie. Dedans lui.

    -4-

    Quand il sera grand il rentrera sa tête dans les épaules pour que plus personne ne le voit.
    Il sciera les barreaux avec sa tête. Il se fera aussi mince qu'une feuille. Il espère qu'elle sera blanche la feuille parcequ'il la prendra et en fera un avion en papier, puis, il s'envolera dans les airs comme un chevalier en battant des pieds. Il verra le monde s'éloigner en pointillés.
    Hector compte : un, deux, trois, quatre et puis s'en vont.
    Pffou, il s'envole à travers les cloisons...
    Adieu maman, adieu la vie.

    Alexandra Duflot

    Je rirai jusqu'au jour de ma mort
    J'ai écrit ça un jour
    Je devais être beurré

    Je pleurerai aussi
    Jusqu'au jour de ma mort
    Je pleurerai les cadavres amis

    Les illusions perdues
    Les pucelages forcés
    L'avortement inutile

    Et l'enfant de trop
    Les guerres horribles
    Qui font des mutilés

    Moignons d'enfants
    Se traînant à roulettes
    Et ces log'ments creux

    Quand on crève dehors
    Je pleurerai
    je pleurerai

    Par amour
    et puis je rirai
    Je rirai comme un fou
    En grand courroux

    je rirai
    Jusqu'à demain
    Jusqu'au jour de ma mort

    Vincent JARRY

    Dessin

    Derrière le rideau blanc
    d'une fenêtre
    quadrillée,  une feuille de papier
    gris, au plis sombres de bois
    qui n'a pas poussé droit,  
    un arbre griffonné,  
    dessin mal dessiné
    d'un enfant gribouilleur
    en mal de dessiner
    qui n'a pas peur de montrer
    son dessin aux yeux avertis
    de ne jamais prendre garde
    à un dessin d'enfant
    et l'adulte regarde le papier
    na Pif du petit aux traits
    en chevé
    très cheve lure mal
    pei gnée désor dre
    désorga nisé
    et l'enfant attend fier
    de ses
    lignes entrecoupées
    et l'adulte rit:  
    qu'est-ce que
    c'est?
    l'enfant va répondre
    et l'au
    tre coup
    e les li
    gnes- d
    es mo
    ts à di
    re
    encore un gribouillage!

    YANI DARIM
    in "La Vie contre la Vie"

    LIBRE

    C'est la plus belle
    c'est la plus douce
    les autres donzelles
    après qu'j'les trousse
    je n'me sens pas bien
    avec ça c'est des tracas
    pas l'Nirvana
    j'préfère sa peau
    et son odeur
    j'adore son dos
    sa bouche en cœur
    elle est très bonne
    comme du bon pain
    elle est mignonne
    quand le matin
    elle ouvre les yeux
    demande d'la musique
    m'offre ç'que je veux
    sans qu'ça complique
    mon esprit tordu
    qu'a besoin de paix
    d'un plan cul
    ou d'un dessin animé
    elle me laisse vivre
    dans sa pureté
    je me sens ivre de liberté
    si je veux rire
    pour rigoler
    elle me laisse dire
    que j'suis cinglé
    quelle ouverture
    dans mon esprit
    je fais une cure
    de potion d'vie
    si c'est d'l'amour
    pour aujourd'hui
    moi je suis pour
    ç't'état d'esprit
    demain matin
    un jour ou l'autre
    ça sera la fin
    logiquement vôtre
    rien qu'elle fait
    qu'elle accepte
    l'idée qu'sans prise
    de tête on puisse s'quitter
    ça me réconforte
    dans la relation
    qui est la nôtre
    sans condition
    au delà du temps
    et de l'espace
    tout simplement
    elle a d'la classe
    elle me laisse vivre
    dans sa pureté
    je me sens ivre
    de liberté
    si je veux rire
    pour rigoler
    elle me laisse dire
    que j'suis cinglé
    pas si tordue
    qu'ça ma p'tite femme
    quand s'accentue
    un psychodrame
    elle lâche prise
    immédiatement
    sur les méprises
    de faux sentiments
    alors elle parle
    de ce qui la dérange
    dans ma mémoire
    elle le range
    elle fait grandir
    notre relation
    par un sourire
    t'sais j't'aime
    c'est con
    je la respecte
    je lui ai dit
    avec ma tête
    mais aujourd'hui
    c'est dans mon ventre
    que je ressens
    cette force vivant
    ce sentiment
    elle me laisse vivre
    dans sa pureté
    je me sens ivre
    de liberté
    si je veux rire
    pour rigoler
    elle me laisse
    dire que j'suis
    cinglé

    Pilote 95

    Leva arriba nossa gente  La chanson de Pico
     
    Chanson de rameurs des Açores Adaptation Jacques Yvart

    Leva arriba nossa gente
    Que uma noite nao é nada
    Ole, olé, olé, ola !
    Se nao dormires a noite
    Dormiras de madrugada
    Olé, olé, ola!
    Olé, olé, ola !
    O vento virou ao norte
    Que até faias arrancou
    Ao depois da perda feita
    O vento assossegou

    Compagnons ! la nuit est belle
    Notre barque est à l'amarre
    Olé, olé, olé, ola !
    La lune qui nous appelle
    Nous éclaire de son phare
    Olé, olé, ola !
    Olé, olé, ola !
    Nos rames semblés légères
    Quand nous tirons en cadence
    Avec au cœur et aux lèvres
    Un vieil air de notre enfance

    A loua vai-se deitar
    Eu vou-me deitar também
    Passeios dados em claro
    Nao fazem bem a ninguém
    Em noite de lua cheia
    Ao sopro da fresca aragem
    Pus-me a contar as estrelas
    Vi no céu a tua imagem

    La mer a perdu ses rides
    Hier encor c'était tempête
    Si le vent du Nord arrive
    Fuyons avec la mouette
    Quand le rivage s'éloigne
    Et s'estompe avec la brume
    Je songe à toi ma compagne
    A la maison dans la dune

    Jacques YVART
    in "amers amours et pollution"
    le signe avec le vent éd.

    Flanc sur les nuages,

    Flanc sur les comtesses de papier,
    Flanc sur ces armoires à linge,

    Flanc sur toutes les roues circulaires,
    Flanc et sable sur les soleils, sur les neiges,
    Et les surfaces de riz,

    Flanc contre flanc, même sein contre sein,
    Sinon boîte contre boîte,

    Flanc pour ces premières gelées,

    Sur les notations de couleur,
    Flanc sur les isthmes,

    Flanc contre l'mur,
    Et flanc dessous l'amour,

    Flanc contre flanc,

    Mais ciel contre ciel et treize fois treize !

    Aubriot le 04.03.89

    Thierry DAUCE
    in "à soif d'eau de vie et d'amour"
    éditions de l'Echiquier

    AFRIQUE

    Pleure Afrique pleure
    Mais pourquoi pleures-tu au juste
    Tu es riche en Constitutions
    riche en putschs
    en guerres fratricides

    Ce ne sont pas les morts qui te font pleurer
    quand même   ni les enterrements
    C'est voulu Alors
    La haine   c'est voulu
    L'injustice   c'est voulu
    La corruption   c'est voulu
    L'ignorance   c'est voulu
    Alors

    Le pourrissement   c'est voulu Alors
    Le dos tourné à l'avenir   c'est voulu Alors
    Demain un voyageur venu de Mars
    se saisira de tes dépouilles
    comme l'on s'empare
    d'une pièce rare
    et te scrutant
    parcourra tes champs abandonnés
    les yeux éblouis
    par l'éclat de la Liberté
    que tu n'auras pas su voir

    Pleure Afrique pleure
    mais n'oublie surtout pas
    que nous avons un monde à bâtir
    vivable

    Que l'homme tremble
    Je dis Normal
    Il est si fragile et si pervers

    Mais que malgré sa masse
    La Terre tremble
    Je dis de quoi a-t-elle peur
    A nous donner la frousse

    Ecœurée de son propre tremblement
    Elle bave selon l'humeur
    Des trucs insensés
    Indigestes
    Ignescents
    Je crierais bien

    Arrêtez-moi tout ça
    On n'est pas des masochistes
    Mais la terre est bruyante et sourde
    Jean-Baptiste Tiémélé

    11  février 1986

    Jean-Baptiste TIEMELE
    in " Aoyu suivi de Yaley"
    Silex éd.

    A  chaque année
    Qui naît
    On souhaite aux amis LE MEILLEUR
    Cette fois
    Je le prendrai
    Et le leur donnerai ' .
    Directement
    Simplement

    Des fois
    Je prends mon corps
    Et lui reproche son ingratitude
    J'ai beau manger de la vache enragée
    C'est comme si je ne lui ai jamais
    Rien donné
    Il en réclame toujours
    Le glouton

    Jean- Baptiste TIEMELE

    5 novembre 1994

    Sonnet du Sansonnet

    Petites choses de l'amour
    J'ai tant passé entre vos mains
    J'y ai perdu tous mes atours
    Et ne suis plus qu'un petit rien

    J'y ai laissé mon cœur volage
    Se balader de toi en elles
    Et puis voici que vient mon âge
    Ma plume compte penne en aile

    Petites chos' de rien qu'un tour
    Mes clairs yeux bleus seront éteints
    Le dernier soir de nos rambours

    Où aspirant à vos tétins
    Mon corps légué aux lourds vautours
    Crèv'ra de rêver à vos atours

    Vincent Jarry
    Aux Petits Joueurs,
    mars 98

    Ciment : attache. Vernis : détache.

    Habiter. Civilise la dimension et les directions
    de l'espace. Quand un homme prend du gite, il va à la
    dérive. Il s'avilit, flanche ou sombre. 11 fait mine
    d'habiter ou il fait carrière dans la déambulation.

    Cabane : En Hébreu, c'est le domicile dont
    les difficiles, ou les maniaques, ne veulent pas !

    Caverne : lieu où les primitifs, les demeurés, les
    arriérés, ont une petite chance de devenir au moins
    troglodytes.

    Tanière : repaire du daltonien.


    Abri : c'est l'intérieur que les scrupuleux pré-
    fèrent à tous les ersatz.

    Mur : ligne de chance qui peut augurer d'un
    intérieur bien tenu.

    Hôtel de la Plage : quarante ans de taule, éva-
    ¬sions comprises.

    Armand OLIVENNES
    in "Le Langage Symbolique des Maisons
    édité par le Foyer Culturel de Houtland

    à demain

    Te lirai un poème, pour l'autre vérité
    dans Tailleurs validé  : rien
    n'est jamais aussi réel que nous le pensons

    Te lirai un présent à multiples lectures : ce n'est jamais
    ce que j'attends qui arrive
    mais déjà, il est tard, il faut tuer la lampe ..

    Laurette

  • Poèmes en gros et demi gros....Revue rue des poètes... 6ième partie janvier-février 1998

     

    Poèmes en gros et ½ gros...Revue rue des poètes de janvier-février 1998 sixième partie...Ce coup-ci, j'ai juste scanné les textes sans passer par la reconnaissance de caractères OCR car il y a trop de caractères d'alphabets étrangers, Je l'ai mis en format PDF, ce qui est tout de même plus facile à gérer

     

    Compilation 6 revue rue des poetes poemes en gros et demi gros janvier fevrier 1998compilation-6-revue-rue-des-poetes-poemes-en-gros-et-demi-gros-janvier-fevrier-1998.pdf (7.77 Mo)

  • Poèmes en gros et demi gros cinquième partie

    Poèmes en gros et demi gros

    scannage de la revue rue des poètes

    N° 19 décembre 1997, c’est la cinquième partie

     

    « L'homme est destiné à retourner en poussière, c'est dire l'importance du plumeau. » Alexandre Via latte.

     

    La Poésie ? On sent bien quand ce n'en est pas. À l'inverse, allez essayer de comprendre et d'expliquer pourquoi, oui, là, définitivement, c'en est bel et bien. Et la manière, le genre, le ton. Le style, le lieu importent peu. Rien ni personne ne vous dira ce qu'est un poème; à peine le poème peut-il lui-même parfois sauf découvrir son mystère ni sa nature irréductible. Le poème ? Cette sorte de perte de sens qui soudain fait sens pourtant, pour tous ! Qui vous entraîne avec une irrépressible violence même s'il se peut qu'elle demeure douce, dans ce que la liberté a d'inaltérable et de nécessaire. Trois mots donnés, trois mots reçus, trois caresses, trois gifles, et vous voila subversif, et surgissant de vous, comme une source inconnue d’une montagne invisible !Écrire, parler, communiquer supposent un terrain commun, une entente où s’accorder sur les significations, mais du coup on ne communique rien : On informe. L’échange, le bouleversement de ce qui est dit et vous parle commence avec l'émotion quelle que soit sa nature, froide, incompréhensible, douce ou brûlante. A des candidats dictateurs plus ou moins repentis, après la chute du mur de Berlin, qui lui demandaient d'où venait la formidable puissance de ses poèmes, un poète, fraîchement sorti de prison, répondit « d'ignorer la haine »; sans oublier d'ajouter « mais pour vous, il est trop tard ». Un autre poète, à qui la censure demandait ce que ses poèmes voulaient dire, répondit simplement «je n'en sais rien moi-même » Et c'est bien là ce qui fut considéré comme extrêmement dangereux. La peur prenant toujours les devants, il fut interdit, puis persécuté. Le poème détruit le tissu commun du langage et de sa rhétorique, amenant à la surface l'incontrôlé et l'incontrôlable d'où le lourd tribut qu'ont payé les créateurs en suicides, vies fichues, exclusions, tenus à l'écart pour l'écart même de langage qu'ils représentent et pour les mots dont le poème préserve la part sauvage. On oublie que pendant ces temps abrutis par le bruit des tiroirs-caisses, la poésie pourrait bien sauver l'honneur de ce siècle comme elle l'a fait durant les guerres, les génocides, les massacres, les famines et la destruction de populations entières ( par le jeu des bourses et des multinationales) qui n'ont pu montrer, que montrer ou notre impuissance ou notre indifférence. Il n'est pas besoin de croire en Dieu pour prier mais pour faire un poème, il faut au moins le laisser faire et donc savoir l'attendre.

     

    Werner LAMBERSY

     

    De l’ouverture de la coquille Saint-Jacques

    Un ventre de femme

    C’est comme une coquille Saint-Jacques

    Un renflement à partir du nombril

    Et puis un rentré avant le pubis

    Qui se regonfle à ce moment-là

    Jusqu’à la faille délicieuse

    Qu’il faut savoir ouvrir

    La coquille en est bien plus douce

    Quelquefois l’arrière-goût reste amer

    Mais la coquille est si douce

    Tous les parfums du monde

    peuvent se retrouver

    dans cette faille

    Vincent JARRY 6-6-96

     

    Je vais convoler

    Quand ? Demain.

    Toi ? Oui.

    - Toi que je prenais pour un type sérieux !….

    Mais je suis toujours quelqu’un de sérieux !

    – Non, mon vieux !

    Vole n’importe quoi ;

    tiens, un cochon, par exemple,

    mais pas ce que tu envisages !

     

    Jean-Baptiste TIÉMÉLÉ 28 novembre 1997

     

    Le poète, né en 1920 et mort depuis,

    vivait dans l'ouest de la France.

    Son prénom était double, ses amitiés ferventes

    et son métier instit' Il ferait bien partie du petit panthéon

    des poètes en gros et demi-gros ( voir détails)

    Ce texte date des années 1948-1949

    et fait partie de « L’HÉRITAGE FABULEUX ».

     

    Marie ORDINIS

     

    Me voici dans la vingt-neuvième année de mon âge

    Avec beaucoup de litres vides derrière moi

    Compte jamais réglé sur l’éternelle ardoise

    Qui masque de son mieux la misère du toit

     

    De feuillage investi comme un enfant posthume

    Ah ! c'est bien moi ! Je n'ai pas changé de costume

    Et le rideau d’indienne qui m’épouvantait

    Avec ses flammes et ses roses mal peignées

     

    Flotte à nouveau sur le mieux monde d’aujourd’hui

     Et me voici dans la vingt-neuvième année de mon âge

    Où ce n’est plus tout à fait comme autrefois

    Quand on vivait avec de bons sauvages

     

    Aux fautes de français douces comme un patois

     Mais le temps de s’aimer féroce et plus vivace

    Lié dans son espoir aux graines de plein vent

    Qui reniflent le sol épais où se ramassent

     

    Les sèves et le sel d’un prodigieux printemps.

    Je pense à toi qui me liras dans une petite chambre de province

    Avec des stores tenus par des épingles à linge

    Bien entendu ce sera dans les derniers jours de septembre

     

    Tu te seras levé très tôt pour reconduire

    Une vieille personne très chère avec son vieux sac de cuir

    Tu auras bu dans tous les bistrots autour de la gare

    Tu auras peur soudain et tu rentreras dare-dare

     

    Tu t’assiéras dans le jour calme tu liras

     Mes vers « Ô Mon Dieu se peut-il que ce poète

    « Me mette des douleurs de ventre dans la tête

    « Que je m’enfante et que je vive en moi

    comme un posthume enfant

    « Qui souffre de rigueur et renifle en plein vent »

     Et le seigneur dira Bénis soient de la gare

    Les bistrots pour t’avoir redonné la mémoire.

     

    Les trois premières personnes ayant trouvé le nom de cet auteur

    et nous l'ayant communiqué auront droit

    à un abonnement de six mois à « Rue des Poètes »...

    Je vous donne la réponse j'ai triché , cela vu que pour moi

    les archives sont toutes accessibles sans délais,

    le poète cité c'est René Guy Cadou

     

     

    CRIER TOUJOURS JUSQU’À LA FIN DU MONDE.

     

    Grâce soit rendue aux interprètes de CRIER TOUJOURS,

    ce spectacle qui, bouillonnant de la sève de Fondane,

    nous le rend infiniment proche.

    L’univers du poète, peuplé par la voix du chanteur,

    celle de l’accordéon, conteur mystérieux et/ou bavard,

    nous est offert par Yves-Jacques Bouin, méditatif

    ou comme effervescent et Eve Griliquez, rayonnante,

    co-maître d’œuvre de l’ensemble.

    Ils ont évité toutes les lourdeurs que le spectateur

    peut redouter d’un montage poétique statisme

    et autres académismes, redondances ou manque d’urgence

    dans l’agencement des textes.

    CRIER TOUJOURS s'accroche à vous et ne vous lâche pas.

    sur scène quatre complices s'écoutent, se rencontrent,

    s'attendent, s'attendrissent, se rassurent et s'émerveillent.

    Tout est concerté, concertant.

    Les objets sobres choisis pour matérialiser

    la présence de Fondane et la rendre

    touchante et charnelle se font flagrants,

    comme ce cordage qui fend l'espace

    de part en part et figurerait bien telle flèche

    perçant un cœur, une existence.

    Alors, toute là douleur du monde peut fondre,

    (….) « Je ne saurais jamais me résigner

    (….) » (...) « Je ne suis qu' 'un témoin(...) »

    (...) « Un jour viendra, c'est sûr, de la soif apaisée. »

     

    Benjamin FONDANE (Iasi 1898 – Auschwitz 1944)

    C’est poignant, juste, nécessaire à ceux que la poésie de Fondane

    n’a pas encore atteints, pour les changer.

     

    Marie ORDINIS1898 est l’année du centenaire de Fondane

    CRIER TOUJOURS sera redonné à Paris

    dans un lieu qui n’est pas encore fixé, guettez-le !

     

     

     

    CLAUDE ANTONINI

     

    Odyssée de l’espace virtuel de la Mélodie d’Élodie

    Elle est aussi bandante que Vanessa Paradis

    « Le roi se meurt vive le roi Kyrie éléïson

    Nettoyer tout le panthéon

    Que tous les marins et les arts

    Se battent comme à Trafalgar »

    chantait Patrick Abri

    Quant à Claude Antonini

    Oh diversification Oh tempo

    Ah module talentueux Oh module d’une

    femme en noir qui ne détonne jamais sur

    un unijambiste, un garagiste ou un éclairagiste.

    On ne meurt pas, on s'en va….

    Était-elle la fille cachée de Machin-truc-chouette

    ( Cora Vaucaire ? Barbara ? ) ?

    Enfin Claude Antonini et sa zique c'est lubrique,

    jaune tango populo, fleur de lys, blanc laiteux

    odorants des hauts rangs….

    Même Grapelli vous en aurait joué la ballade

    tant est adéquat même en tranche, tout est de même goût...

    Aujourd'hui mardi, j'aurais voulu écouter

    cela pour vous le mercredi mais surtout

    ce cher vieux jeudi aussi scolaire que privé,

    l'écouter chez soi ou dans sa bagnole de voluptés.

    Comme une verveine pleine de veines et en vain d'envies de tout...

    Sincèrement, je vous la conseille

    comme l'oseille dans l'omelette

    et en général, sans être passée par l'ENA,

    je vous la consigne comme une source

    que vous laisserez couler donc, laissez tomber la neige...

     

    Joëlle GUÉNARD

     

    j'ai mal, j'ai faim.

    je me lève tard dans la nuit

    et bois un grand verre d'eau fraîche

    ma gorge fait du bruit, mon cerveau aussi

    et puis cette certitude : je suis quelqu'un.

    bénédiction de cette chose sans nom...

    je suis quelqu'un.

    j'accepte le don,

    je l'accepte tout entier,

    tout entière, de tout mon corps-univers,

    ramifications, âme, digestion

    j'accepte le don, chose liquide et sans nom

    je me recouche.

    en paix avec moi-même

    et tous les autres et toute la terre,

    et l'univers l'uni vers- consternation

    l'univers-constellation d'eaux planes,

    d'ombres et de doutes

    eaux planes des aubes douces

    où n'a place aucun doute aucun...

    je m'endors.

    eaux planes des aubes douces

    où n'a lieu aucun doute aucun.

     

    Alexandre DUFLOT

    in « Au bord des eaux profondes »

    à paraître

     

    À André Laude

     

    Devant les Églises de tous les Saint-Germain-des-Prés

    Était un drôle d'homme à la barbe percée

    Qui n'avait plus de souvenirs à creuser ses mains

    Il avait sous sa capuche de pèlerin

    Toutes les rides de ses jours et sa soif et sa faim

    Il avait écluse tous les paradis perdus

    Au fond de sa gorge d'étranges songes maudits

    Qui faisaient aboyer tous les arbres fleuris

    Au relais de ses nuits qui n'avaient plus de fin.

    Tantôt apôtre et rêveur de vin

    Tantôt moine au cœur de chaud lapin

    Tantôt oiseau aux pierres des sourires

    Tantôt amour avec ses yeux heureux

    Et pourtant si graves dans les déserts de la misère

    Contre toutes les guerres et contre l'enfer.

    Un oiseau est venu le chérir et le recueillir

    Pour que cesse les jours de tourments

    Et qu'enfin l'aurore se lève dans son firmament.

    Adieu André. Je suis là tu m'entends...

    Un vieil homme s'en est allé de tous les Saint-Germain-des-Prés.

    Jacques SANDRAS

     

    Lire la suite

  • Poèmes en gros et demi gros quatrième partie


    Compilation de textes scannées  de la revue
     rue des poètes d'octobre-novembre 1997 N° 17&18

    Vous ouvrez la fenêtre, vous aspirez une goulée de l'air qui courtise vos géraniums.
    Vous notez que le couple de pigeons, lui plus sombre, elle plus claire, ou est-ce l'inverse ?
    (en l'absence de dismorphisme sexuel, en savent-ils quelque chose ?)
    Vous notez que le couple qui, d'ordinaire, signale l'avant-nuit, ventres
    contre la corniche tiède, que le couple n'est pas là.
    Quand arrivera-t'ELLE ?
    Vous empoignez le stylo proche, un autre sophistiqué ou le vieux Bic huileux.
    Vous vous calez dans une chaise, dos à la lumière du jour qui se presbytise.
    Viendra-t-ELLE avant la nuit ?
    Vous avez tant à négocier avec ELLE?
    Une pluie légère vous aborde, bonne à affecter les ailes de vos pigeons qui, d'ailleurs, ne sont pas là.
    Et ELLE, où est-ELLE ?
    Vous   faites   semblant d'évoquer des rendez-vous mutuels, de vous fâcher.
    Et si ELLE ne venait pas ce soir ?
    ELLE vient de se poser sar le géranium du voisin et ELLE,
    comme un biset ordinaire, ELLE s'est installée chez lui et y roucoule.
    Vous ne le savez pas et vous n'écrivez sur la page infiniment prête.
    Lui, elle, que vous ne rencontrerez peut-être jamais, sont visités par une pigeonne-tourterelle posée sur leurs balcons imaginaires.
    C'est très bien.
    ELLE va flirter avec ce frère, cette soeur
    ELLE?
    L'inspiration... On dirait.
     
    Marie ORDINIS

    Pour Denis Lavant
     
    Là, monsieur
    Vous êtes reparti vers de nouvelles aventures
    De nouveaux tournages
    De nouvelles éruptions
    Volcaniques
    Et vous allez revenir
    De la cendre plein les joues
    Les cheveux
    De la lave encore brûlante plein les muscles
    Des désirs de feu dans les reins
    Et puis
    Le volcan se calmera
    La lave se fera
    Lagon des yeux
    Yeux de rire
    Et de tendresse
    Où l'on se baigne

    Vincent JARRY


    Serait-il plus raisonnable de parler de la mort des autres
    Que des amours qui vous sont vôtres
    Je sais la guerre qui explose les pattes
    Je sais les rires qui dilatent les rates
    Zyeux de peur exorbités la peur est trop chaude
    Et puis il y a ton iris en reine-claude
    Et la mort on me la raconte au coin du bar
    C'est pas l'Alcazar
    FIS
    Algérie
    Jamais je n'ai rit De tous ces fils
    Mais les tendresses
    Pourraient supplanter nos détresses

    Vincent JARRY

    J'ai dans ma maison une fée,
    Douce fée féline aux beaux yeux clairs,
    Douce fée câline aux grands yeux verts
    Qui aime les caresses éperdument...
     
    J'ai dans ma maison une fée,
    Grise fée au doux pelage soyeux
    Où j'aime enfouir mon visage,
    Soudain apaisé, 1 coeur heureux...
     
    Jocelyne LEFORT

    Les Feux
     
    Sur d'immenses dunes au silence de brumes
    Sur des chevaux baptisés de temples et de feu
    Le torse en bandoulière d'arc et de ruisseaux
    Ils avancent retrouver les lueurs des ghettos
    Sans plus de cris sans plus de pluies
    Les plaines ont ravagé leurs troupeaux
    Les arbres sont morts depuis les fusils
    Les flammes n'ont plus ni coeur ni âme
    Au campement où la nuit les éclaire
    Il n'y a plus que l'audace du tonnerre
    Dans la forêt abandonnée les flots des soleils
    N'auront plus de réveils pour les veilles.
    Dans mon coeur blessé je meurs de l'étincelle
    Mes oiseaux ont la prière des herbes
    J'aurais tant aimé courir au creux des ruisseaux
    J'aurais tant aimer courir dans les brumes des lunes
    J'aurais tant aimé me couvrir de plumes et ressembler
    A tous leurs oiseaux
    M'envoler dans les jardins de leurs nuages en larmes.
    Qu'avons-nous fait d'eux?
    Qui veille auprès des feux?
     
    Jacques SANDRAS

    On s' carapatte
     
    Labago vous l'avez pigé
    Ce coinsto c'est ç'ui d'un marmot
    Qui n' pouvait traîner ses croqu'nots
    Que du babut à la carrée
    Bref une p'tite zone pour faire les cons
    Sans qu' les dabés s' fassent du mourron
    Après recta on s' carapatte
    Ben de plus en plus au loinqué
    Mais polope toujours dans l'quartier
    Et pas d'quoi bousiller ses lattes
    A dix broquilles d'vant vos mirettes
    Un coinsto encore assez chouette
    Encore mais y a des longes de ça
    Quand tu reluques certains bouquins
    Avec des croqu'tons du pat'lin
    Tu t'baves: Putain c'était chouaga
    C'est con d'avoir tout chanstiqué
    Et ça m'titille dégosiller.
     
    Gérard Legrand In Paris Paname Pantruche

    BELLE HOTESSE    JE t'AI VUE
    EN OGRESSE    IL A PLU
    SANS LIESSE    TU M'AS PLU
    NI TRESSE    TOUTE NUE
    BELLES FESSES    ON S'EST VUS
    JE TE FESSE    ON A PU
    HELAS,           SANS PLUS
    BELLE NOIRE    TU AS MUE
    TOUTE NOIRE    TOUTE EMUE
    DANS LE NOIR    ON S'EST PERPU
    DU LOIR    DE VUE
    PRES DE LA LOIRE    DANS LES NUES
    SANS VOIR      SANS US
    VOIRE!      JE t'AI PLUS VUE
    TOUTE PERDUE
    BELLE CHATTE    DE VUE
    SANS PATTES    DANS LA RUE
    TU MAS FAIT PAT    
    SANS UN PAS    
    N'EST-CE PAS
    DELPHINE         DJAMALOU
    SI FINE             TOUT FOU
    JOËLLE            ET MONIQUE          TOUT MOU
    ETERNELLE     QUI ME PIQUE        DANS LA BOUE
    C''EST NOËL    QUI ME NIQUE       SANS BOUT
    SANS ELLE    
    NI AILES    BRIGITTE
    MA PUCELLE    AU ZENITH
    SANS «  L »
    MA BELLE
    PARTIE AUX ILES MARQUISES
    PENSEE EXQUISE
    PROMESSES NON TENUES
    MALOTRUE
     
    MICHEL LABOUREAU

    "INTERVALLE"
     
    Jeux de mots et de gestes
    En chuchotements délicats et précis. -

    -Elle  Dis moi un mot
    Un mot de rien
    Un mot de trop
    Ou un petit mot
    Mais je vous prie
    Dis le mot oui
    Dis le mot
    Dis le leurs
    Dites
    Dis
    Dis
    Di
    Di... et puis non ne dites rien Gardez le je vous prie
    N'en faites rien
    Rien qui vous oblige à dire quoique ce soit
    Non ne le dites pas
    De trop ne sert à rien
    Même le mot, surtout celui-ci
    Oh oui mais ne restez pas là sans vous taire.
    Je ne vous sens capable de rien
     
    - Lui Cela m'attriste beaucoup ces temps ci.
     
    - Elle  J'oubliais vôtre regard
    N'est pas absent de conversation
    Il cherche ici à se disculper

    - Elle  Mais pourquoi

    - Lui  Pourquoi ? Quoi ?

    - Elle qui pourquoi ce regard
    pose-t-il la même question ?
    Oui pourquoi se charge-t-il  
    depuis bien longtemps d'une même réponse ?
    Le vide du trop plein
    L'effroyable amendement de l'horreur quotidienne.
     
    Philippe LLORCA

    JE T'ÉCRIS DE QUÉBEC
     
    Je t'écris de Québec
    Il neige mon crayon
    Je t'écris de Québec
    Il neige du coton
     
    Je t'écris édredon
    Il neige mon bien-être
    Je t'écris croisillon
    Il neige ma fenêtre
     
    Sur les toits un oiseau
    Magicien le héron
    Il neige des chapeaux
    Autant que des maisons
     
    Capuche capuchon
    Tricote-moi des gants
    Vont à saute-mouton
    Il neige des enfants
     
    Il neige la lumière
    Et je t'écris la noce
    Un photographe hier
    M'a changé en carrosse
     
    Il a peint le clocher
    De chlorure d'argent
    Un Christ qui s'est penché
    Et ma mémoire en blanc
     
    Je t'écris de Québec
    Il neige mon crayon
    Je t'écris de Québec
    Et je hais ton prénom
     
    Jean-Yves LENOIR
     in "les Petits Riens"
    Collection Flammes Vives

     
    TELEPHONES
     
    Les doux félins étendus sur leur socle
    ne dorment que d'un œil un bond,
    un spasme inattendu de sonnerie,
    et notre paix peut être disloquée.
    L'information tombe, de plomb
    devenu fou le train de notre vie
    brûle les aiguillages
    franchit les gares hébétées
    dans le hurlement saignant des signaux...
    Au bout du fil déjà
    le temps a refermé ses griffes
    et se tait
    nous laissant suspendus, à l'écoute
    du silence glacial
    des catastrophes confirmées...
     
    Mais le chat gris du téléphone
    sait aussi ronronner,
    s'étirer, quêter nos caresses.
    Dans la pire nuit verglacée
    sa bouche douce peut nous chuchoter
    qu'un gai soleil se lève ailleurs,
    une voix chaude murmurer
    que quelqu'un, quelque part,
    nous garde sa chaleur...
     
    Armand MONJO
    in Terrible et Tendre Termitière
    La Bartavelle éd.

    Des mains
    j'ouvre ma chemise
    au langage d'avant
    au langage d'après
    aux eaux du Léthé
    'et le verbe se précipite'
     
     
    Céline VARENNE
    in Tireur de langue
    Scoate-limba
    éd. Galaxia Bucuresti
     
    Cu amândouà mâinile
    îmi deschei càmasa
    pentru vorba de odinioarà
    pentru vorba de dupa noi p
    entru apa Lethei
    §i verbul dâ nâvalâ »


    Péripatéticien planétaire engendre
    Racines s'enfonçant dans les couches
    Terreuses de la vie pastiche potiche
    Errant vers les je ne sais quoi abyssaux
    Aux parois d'obscurantismes abbatiaux
    Idéal de l'apparence absence
    Transparence de l'individu chiffon
    Bouffon miel où les abeilles plantons
    De la platitude viennent planter
    Leurs dards piques actifs des nations névés
    Des négations obstructions des tuteurs vainqueur
    Du paupérisme castrateur

    Thierry THOMAS

    La mort était devant moi et s'était déguisée en femme
    La mort me souriait et m'entraînait de rade en rade
    Et moi je suivais la mort
    J'errais de rade en rade
    Craquant les raides
    Raide de désespoir
    J'espérais tuer la mort
    Qui rongeait une souris
    Qui aurait pu être si belle
    Si la mort ne la rongeait pas
    Je rongeais la mort
    En me rongeant les sangs
    Pour déronger la mort
    Et puis la vie de la femme est revenue
    Altière et riante devant la mort
    Bouffant la mort de son rire et de son pas
    Pas escaladeur
    Cascadeur
    Pas football
    Les bras se sont déployés
    comme des ailes mouettes
    marionnettes Pantin réarticulé
    Et la femme a ri
    Et la mort est morte
    D'elle même
    Morte
    De rire
     
    Vincent JARRY 12-1996
     
    Côté coeur, côté jardin
     
    Il y a les symptômes
    Comme une odeur d'amours
    C'est comme l'arôme
    D'une jolie petite fleur
    Faire un p'tit tour
    Vers son pistil
    Un labyrinthe
    Vers l'amour
    Je m'y éreinte
    Cela puisse-t-il
    Dans la douceur
    Durer toujours
    Dans le jardin
    De Géraldine
    Je prendrais
    bien racine
    Son air un peu trop sage
    Et son corsage aussi
    Côté coeur
    Côté jardin
    Secret
    Côté coeur
    Côté jardin
    Secret
     
    Philippe RAILLON
    Spectacle pour clown rêveur

    Pour fous poètes...                                     

    Poette-pouetteux. étiquetés morveux      
    Chapeau enfumé vedette
    Pour sou d'fauchée
    C'est clown en bleu avec mon sou qui m'trouve comique
    Et moè, la Jolie qui veut m'cacher
    Parce qu'un p'tit sou c'est bin catastrophique
    Voyez dont là, grande malice
    Puisque la suite nous le révèle
    Chapeau d'poète était complice
    Pour nuit prochaine au lit d'ka "Mouff."
    au creux d'amours nouvelles
    Et moè un peu rêveuse à soèr
    Jans 'a noirceur de nos tempêtes
    et la blancheur de nos parterres
    Jje pense à toi en fond d'mémoêre
    Au chaud d'mon lit qui goûte l'hiver
     
    Catherine, Montréal, un soèr

    Je dis

    Place Clichy
    l'écho de Phil Glass
    au flanc des vitrines dévastées
    comme des algues
    laisse errer
    le regard des prostituées
    des être apparaissent
    des êtres disparaissent
    ne reste
    que le supposé parfum
    des sillages
    l'art c'est certain
    rarement prend date
    dans la mouvance
    des yeux se lèvent
    dans les gares
    comme des lambeaux
    de paroles
    qu'égare
    le silence
    des clochards
    au panneau lumineux
    de la solitude
    nul ne s'affiche
    les peaux en friche
    se recroquevillent
    dans le cendrier
    des songes prohibés
    je dis
    Place Clichy
    je tiens cette main
    c'est certain
    mais je n'en sais
    que l'incroyable
    détresse
    tandis qu'elle
    volette
    entre mes doigts
    comme un oiseau
    perdu
    je dis
    Place Clichy
    qui êtes-vous
    qui êtes-vous enfin
    vous dont la mémoire
    s'érige
    imperceptiblement
    dans le crépuscule pollué
    devant les grilles du lycée Jules Ferry

    Dominique NOURRY

    Je n'ai connu aucun d'mes deux grands pères
    Sont tous les deux morts des suit' de la guerre
    La grand' cell' que notr' bon Georges préférait
    J'avais d'l'ether dans l'vin Y'avait pus d'vrai
    Tout aussi saoul pour nous Jouer la même farce
    Parce qu'il y avait bien trop d'bras pour les machines
    Il fallait désengorger les usines

    Mon grand-père est mort aveugle
    Et mon grand Père Maurice sans pus d'poumons

    Ah l'beau temps on bossait douze heur' par Jour
    Du lundi au sam'di et sans détour
    On partait d'Bagneux à Paname à pinces
    Que ce soit le cagnard ou l'Gel qui vous pince
    Et on zonait dans des cav' comm' des rats
    Et puis la guerre est v'nue nettoyer
    Pasque y avait trop d'viand pour les usines
    La vland' d'vlnt chair à canons chair à mines

    Mon grand-père Adolphe est mort aveugle
    Et mon grand-père' Maurice sans pus d'poumons

    Ah là là là! Qu'est-ç'que c'était drôl'ment bath
    Savait pus un Jeun' pour s'foutr' dans les pattes
    Des vieux marcheurs qui draguaient nos grisettes
    Nos p'tits gars étalent partis fair' la fête
    Avec ceux d'en faç' qui v'naient d'leurs campagnes
    L'abattolr c'était pour ces pauvr's enfants
    Tellement si beaux qu'ils en étalent gênants

    Mon grand-père Adolphe est mort aveugle
    Et mon grand-pèr' Maurice' sans pus d'poumons
     
    Le pinard et l'éther ça rendait fou
    Ces jeun'gens qu'auraient eu l'regard si doux
    ça n'en a fait des veuv' pour les cotons
    Les généraux tous ces porteurs d'galons
    Galonnant avec les Jeumont-Schneiderg
    Et d'visant grav'ment d'la dur'té dla guerre
    Z'avaient p't-êtr' prévu qu'la bière et l'médic
    Prendraient l'refais pour protéger leur fric
     
    Mon grand-père est mort aveugle
    Et mon grand-pèr'Maurice sans pus d'poumons
     
    Maintenant c'est pus la guerr' mais c'est tout comme
    Ya pus rien à foutr' pour tous ces jeun's hommes
    On est humain l' vont pus fair' fa guerre
    Y'a pus besoin de pinard et d'éther
    D'abord ya la bière et l'néocodlon
    Pour la piquouze l't'Jaudra du pognon
    Tu piqu' le flouze et ça y st c'est la tôle
    Et puis pourtant qu'est-ç' que t'étais mariole
     
    Mon grand-père Adolphe est mort aveugle
    Et mon grand-pèr' Maurice' sans pus d'poumons
     
    Regarde-donc errer tous ces zonards
    On veut pus d'eux l'boulot les faits tricards
    Tricard à vie et puis y a pus d'espoir
    C'est comm' des pauv' chiots dans un grand trou noir
    C'est pus la tranché mais c'est la mêm' fête
    Les vieux marcheurs vlenn' dragucr les grisettes
    De ces pauv' p'tits chiards broyés par l'artiche
    Qui n'en peuv' pus mais paç'qu'on n'prêt' qu'aux riche:
     
    Le petit fils d'Adolphe il zone à Beaubourg
    Et celui d'Mauric, il sniffe à Stalingrad
     
    VINCENT JARRY

    LES FOURCHETTES MUSETTES
     
    Vous m'avez invité à dîner
    mais j'ai tout amené,
    sur une nappe plate
    vous avez étalé des verres disparates
    des couteaux ciselés
    des fourchettes musettes
    et des serviettes musettes
    et des serviettes sans miette
    complétées de pain complet.
    D'entrée, j'ai déposé de l'huile d'olive
    du mont Olive sur des carottes échaudées,
    du jambon en bâillon du saucisson f icelon,
    de la saucisse qui pisse
    près des tomates écartâtes,
    du cresson de Caillisse
    et des oeufs brouillisses,
    du saumon au court-bouillon
    accompagnait les huîtres
    mes petites puis des sardines
    de bon thon côtoyaient du requin
    malin aux dents d'airain.
    Pour le plat de résistance
    des poissons sans résidence,
    des côtes d'agneau au merlineau
    du poulet citronné au colineau
    et du veau marin du Rhin le tout,
    allongé de couscous qui mousse
    et de pomme d'api sur lit
    de spaghettis polis qui sourient.
    Pour le dessert, mon aimante
    a sorti de sa resserte
    des endives braisées sucrées
    du riz à la banane de Guinée,
    des tartes aux pommes, ploum, ploum
    des entremets entremêlés
    des fruits secs sans jus,
    des gaufres encrêpées
    du caprice blanc d'un Dieu noir,
    et des loukoums à la fraise
    des chaussons chaussées de chocolat
    des mangues océanées à passion
    et des gâteaux au miel surfin
    Le tout arrosé de vin rosé osé.

    Henri MILLE

    1 - un point de lumière tire un trait entre deux univers
     
    2 - entre l'ombre et la lumière II y a un labyrinthe
     
    3 - on ne fait plus l'amour en tâtonnant dans le nol
    mais en se cognant contre les murs
     
    4 - comme un yo-yo qui tombe
    Je me déroule effiloché
    la fin du fil d'Ariane
    m'empéchant de me vider
    de rencontrer le sol, la réalité
     
    5 - Il y a une pierre sur le terrain de Jeux
    Je ne peux pas Jouer
    si Je ne me baisse pour la ramasser
    mon ombre portée sur le sol me la cachera
    Dieu seul sait alors ce que ma main tâtonnante
    rencontrera
     
    Paul CADEMONT

    IL ETAIT UNE PIERRE
     
    Il était une pierre sur un chemin
    Qui en avait marre d'être foulée
    Etre foulée c'est pas marrant
    Même pour une Pierre de 10.000 ans
    Un jour un gosse la lancé
    Du haut du chemin dans le vallée
    Même pour une pierre
    C'est pas très gai
    De dévaler sur les rochers.
     
    Un jour, un m'sieur bien cravaté
    A acheté toute la vallée
    Il a décidé que dorénavant
    Y'aurait plus d'place même pour le vent
    Coupé les fleur, dressé l'torrent
    Capturé l'heure, limité le temps
    Même pour une pierre
    C'est  pas marrant
    D'être déguisée en bâtiment.
     
    Et puits un jour, au lieu d'pleurer
    S'est soudain mise à écouter
    Les autre pierres, juste è côté
    Qu'étaient comme elle, encimentées
    Elles ont raconté leurs souvenirs
    Et ont perlé de liberté
    On a  beau dire, on à beau faire
     Le liberté, ça fait frémir.
     
    Un grand fracas dans la vallée
    Personne n'as su ç'qui arrivait
    Croulé le pont, fendus les murs
    Jusqu'au barrage qui n'a pas tenu
    Dent le silence, comme un murmure
    Comme une danse, c'est la rivière
    Qui recommence et la pierre
    S'y balance et s'en vient prendre un bain.
     
    Philippe RAILLON. Le 4 novembre 1993

    POUR APPAREILLER
     
    On voyage léger
    Marin !
    Tu sais voyager
    Léger
    Tu embarques
    Ton sac
    Et ton couteau,
    Matelot I
    Tu mets ton sac
    À l'épaule.
    Ton couteau
    Est au chaud
    Dans ta poche.
    Tu voyages léger.
    En mer
    Tes rêves pesants
    T'arrondiront le dos Tôt,
    Ne proteste pas
    Tu ne le sais que trop.
     
    Marie ORDINIS in Recours
    Editions de l'Echiquier

    SUR LA ROUTE VES TEMPS NOUVEAUX
     
    Sur la rouie des temps nouveaux
    Il existe un vieux monde
    Perclus, reclus, perdu dans ses racines carrées.
    Ses règles à calculer
    ses exitrons. ses éclatrons. ses positrons.
    ses neutrons, ses bévatrons.
    Et tron-tron-tron
    Et tron-tron-traine.
    Un vieux monde engoncé dans ses règles de trois,
    ses intégrales mal intégrées ses additions,
     ses soustractions, ses multiplications de pains
    Et ses divisions blindées
    Un vieux monde qui se demande anxieux
    Qui. diable, pourrait bien être
    ce mystérieux bonhomme
    qu'on appelait Albert Einstein.
    Et pas très sûr de bien comprendre
    Il referme le livre du passé et confortablement
    installé sur le matelas de sa stérilité.
    il s'endort du sommeil de l'injuste.
    Mais l'enchanteur Merlin
    Qui. par hasard, passait dans ses rêves
    Lui fit faire un songe de baguette magique.
    Et voilà le vieux monde, transformé en girouette.
    qui tourne et vole aux quatre vents des temps futurs
    Et redevient le "Petit Prince"
    Alors, les chateaux-forts
    Et leurs blasons blasés. Les palais de justice
    Et leurs couronnes mortuaires.
    Et même la basilique
    Saint-Pierre de Rome
    S'écroulent dans le néant
    Sur la route des temps nouveaux.
    Tandis que des nains dansent
    Sur des visages d enfants.
    Un vieux monde épuisé
    A trouvé son tombeau.
     
    Guy PERROT

    Milord et Caravane dégustent la prairie, nomades.
    Ils pleurent des étincelles et croustillent aux fontaines.
    Chialants, fervents, ils poursuivent la cueillette coquine, la neige et les cimes.
    Ils découvrent de ténébreux pompons, les astres et les nénuphars.
    Ils se parent limpides.
    Ils font trempette dans la brume, sussurent des sucreries.
    Ils peinent dans les pirouettes, les flots et la conquête, jouent à la dinette perchée.
    Ils crèvent en caravelle, engloutissent le vent, les livres  et l'océan.
    Ils papotent, ivres sous les ondées lactées, zozotent des miracles au piano.
    Ils s'empourprent, soupçconnnent les larmes et le velours
    Les funambules clignotent, grondent les cloches
    Un romanichel à la fontaine, une indienne
    aux rebords d'abeille, se délectent.
    La marmaille gambade, s'appelle Milord et Caravane.
     
    FIN

    à Martine
     
    Prends place
    C'est occupé
    Certains instants
    intenses glissent
    dans des pas fébriles
    et sinuent entre
    des besoins
    des chemins des ravins
    et enfantent
    des vides
    Cherches-tu
    les visages
    en accord
    avec le hasard ?
    Les leurres
    sabordent-ils
    nos rêves ?
     
    Eric DUBOIS

    LA GRENADE
     
    Dans l'ensoleillement rare d'un soir d'octobre
    L'enfant jouait
    Elle était à ses pieds et trouva la balle ronde
    Lourde, très lourde pour une balle brillante
    Très brillante
    Garnie d'un anneau, crantée
    Comme la balle qu'elle emmenait toujours en vacances
    Triste la balle était striée et triste
    Avec son anneau noir et brillant
    Comme les dents de loup dans les histoires
    Effrayantes, sur les genoux de son père
    Son père ou bien sa mère qui racontaient si bien
    Les histoires de loup aux dents trop pointues.
    Le petit frère lui dit de jeter cette balle
    Laide, laide, si triste et laide.
    Elle riait taquine et vive
    Face à la balle lourde, lourde.
    L'anneau la fascinait, elle y glissait son doigt.
    Elle pensa soudain à papa, à maman
    Qui, eux, portaient des anneaux dorés aux doigts.
    Pourquoi ne quittaient-il jamais ces petits cercles d'or
    Jamais !
    Jamais !
    Elle allait enlever l'anneau triste de la balle triste.
    Elle tira sur l'anneau...
    Dans l'ensoleillement rare d'un soir d'octobre
    L'enfant, immobile, les yeux grands ouverts.
    Elle était à ses pieds... la balle lourde et triste
    Arrachée de l'anneau
    En mille morceaux de mort.
     
    10/09/1996 Michel PRAEGER

    VANITÉ
     
    Le condor brave les éclairs
    et flirte avec la sphère solaire
    Son regard tue les éclats du silex
    anoblit l'air bleuté
    L'explosion d'un obus
    le précipite dans les touffeurs amazone
     
    Jean-Luc SIGAUX
    St-Germain-des-Prés éd.

    Pour mes 45 ans
    On m'a fait un beau cadeau
    5 milliards de congénères
    Générés en cons
    Cons copains
    Cons humains
    Cons ennemis
    Humains quand même
    Et tous ces gens-là qui m'aiment
    Ou me détestent
    Je les aime
    Et les déteste
    A chacun ses têtes
    La mienne prend des fils d'argent
     
    Vincent JARRY in 27 innés dits
    juillet 87 agenda 1990
    poèmes en Gros & 1/2 gros éd.

    L'HOMME..

    L'homme qui rêve était puissant devant les cuisses profilées de sa belle...
    L'homme qui rêve ne voyait plus les rêves que faisaient sa Clarabelle...
    Les yeux de sa plus que tout en disaient long sur leurs désirs de se fondre...
    La plus belle aimait l'homme qui rêve, elle voulait qu'il reste toujours tendre...

    l'homme qui rêve ne regardait pas les rêves de sa plus belle conquête...
    La plus belle faisait des rêves... Et l'homme qui rêve disait...Tu m'embêtes!
    La plus belle dura un temps, puis l'homme qui rêve alla vers une autre femme..
    Les yeux sont des miroirs pareils qui s'admirent dans des fantasmes

    Le cul cela fait les amours heureuses, c'est toujours la consummation d'un rêve
    Mais que dire de ces regards qui vous arrachent les tripes dans une quête sans trêve...
    La Plus belle était encore romantique quoiqu' un peu moins désirable et bandante...
    Que la dernière qui faisant battre les chamades de la passion... Pauvre vieille amante!

    L'homme qui rêve, rêva encore longtemps, mais se trouvait seul sans ses femmes...
    Il se fit musulman pour une histoire de culs multiples et il eut enfin son grand harem...
    Mais ses femmes n'avait plus des regards lumineux pour lui... Elles le méprisaient...
    Et si pourtant l'homme s'était préoccupé des pensées intimes de celles qu'il admirait...

    l'homme qui rêve voulut tout avoir des femmes et il n'eut que de brèves jouissances...
    La plus belle celle qui viendrait et qui serait la femme des plus grandes réjouissances...
    Et l'homme qui rêve comparait ces détails de chacune, le cul de Justine, les yeux de Denise...
    Mais jamais cette femme n'était, ni tout à fait comparable, ni tout à fait précise...

    Bruno Quinchez le 13 Février 1997

    Plus que de l'ombre, mais pourquoi donc ?
    La terre est-elle une langouste
    Que plus tard je marierai avec ma cousine ?
    Ce fut bien belle fête.
    L'orange déguisée, comme une lune.
    La reine des abeilles.
    Un gâteau qu'il ne faut pas manger,
    Qui détruit tout insecte.
    Cette fille est une orange amère,
     Des cheveux teints comme du skai,
     Ses yeux descendant à la taille.
    Il faut couper les seins avec du petit bois.
    Je pousse son sourire dans un carton à linge.
    La pluie traverse les nuages.
    Dessous la table il fait du vent que je ne peux retenir.
    Mais maintenant j'ai faim.

    14.12 Thierry DAUCE
    in à soif d'eau de vie et d'amour
    éditions de l'échiquier

    Je suis venu chercher du travail
    J'espère qu'il y en aura
    je suis venu de mon lointain pays
    Pour travailler chez vous
    J'ai tout laissé, ma femme, mes amis
    Au pays tout là-bas
    J'espère les retrouver tous en vie
    Le jour de mon retour
    Ma pauvre mère était bien désolée
    En me voyant partir
    Je lui ai dit qu'un jour je reviendrai
    Mettre fin à sa misère
    J'ai parcouru de longs jours de voyage
    Pour venir jusqu'ici
    Ne m'a-t-on pas assuré d'un accueil
    Qui vaudrait bien cette peine
    Regardez-moi, je suis fatigué
    D'aller par les chemins
    Voici des jours que je n'ai rien mangé
    Auriez-vous un peu de pain ?
    Mon pantalon est tout déchiré
    Mais je n'en ai pas d'autre
    Ne criez pas, ce n'est pas un scandale
    Je suis seulement pauvre
    Je suis venu chercher du travail
    j'espère qu'il y en aura
    Je suis venu de mon lointain pays
    Pour travailler chez vous
     
    FRANCIS BEBEY
     
    LE VOYAGE DU BERGER
     
    Emmergeant son troupeau pour paître en communion
    Le berger s'évade dans un songe très lent
    Il inhale vivement un nette illusion
    Ses pieds baignant dans le sable pulvérulent.
     
    La terre est concubine avec le ciel austère
    Et le berger ressent la richesse de l'âme
    Qui parfois se meurt, mais qui jamais ne se perd
    Belle et longue vie à ses souvenirs de femmes
     
    Il n'est qu'une goutte de plus dont on se moque
    Sa tête, le spectre d'un ange recherché.
    Ramène ton troupeau, berger, et retiens que
    S'écrasent des jets de vers contre les rochers.
     
    Eric PASQUIER

    Les coeurs
     
    un coeur vert
    à l'envers d'un décor
    se terre
    prospère sincère
    avec des vers
    deux coeurs serrent
    par les corps
    la croix et la bannière
    une paire s'avère
    avec l'étoile polaire
    dix coeurs
    manièrent par frénésie assis vocifèrent
    pour se plaire avec
    pour la fuite
    des tonnes de verres
    les coeurs en arrière
    rêvant sans terre
    sifflèrent en l'air
    pour des vers
    de faim sévère
     
    Fred TROUVE
    in carnet de poèmes


    Ronronnement à Delphine

    Rester à rêver à toi
    Ronronner en ronds de rien
    Roucouler en ramier en toit
    Reriwter un rire en vaurien

    Vincent JARRY au "Petit Centre"

    Si une foi révolue
    nous appuyant d'un culot
    sans pareil
    nous allions nous mettre à l'abri
    dans un corsage britannique
    par élégance et par soupçon
    il nous faudrait plus
    d'un hameçon
    pour rester là_

    Denis LAVANT in Dieu n'a ni père ni mère
    Il est par oui dire  Poèmes en Gros & 1/2 Gros éd.