Archives du passé 2

  • Poèmes en gros et demi gros Troisième

    Le train fantome  
    Des fêtes foraines
    le hèle
    pas les mots
    Tu es le funambule
    dans son habit de clown
    le grand pierrot blafard
    aux larges manches
    turlututu chapeau pointu
    une chaleur d’amour
    se met à me serrer le cœur
    et mes fesses se sentent soudain
    comme des jeunes filles
    vêtues de voiles blancs
    dans les champs
    de coquelicots
     
    Trenul fantomâ
    din bâlciuri
    strigàte nu cuvinte
    Tu esti aiuritul
    în haine de clovn
    marele pierrot palid
    eu mâneci largi
    ce mai tura-vura
    \i-e çuguiatâ câciula
    un val de câldurâ,
    iubirea începe sâ-mi strângâ inima
    §i fesele mêle pâie dintr-o data
    ca fetiscanele
    în vâluri albe
    pe câmpurile
    de maci
     
    Céline Varenne
    in Tireur de Langue Scoate-limbu
    Éditions Galaxia Bucarest 95

    HAUT GRANIT
     
    Cité du dieu-soleil : Karnak
    Défi des papyrus géants
    jaillis en touffes du limon
    dressés par des milliers de bras secs
    sous le fouet des prêtres, répondent aux questions des hommes
    en chiffres de soleil
    en sourires sans âge.
     Seul demeure vivant
    Muets, tête droite, les dieux
    cet immense empire de pierre
    rose ébloui ou bleu de lune
    sans ses habits de cèdre du Liban,
    ses bijoux de cuivre d'Asie
    Granit que seul use son propre sable
    gong de lumière métallique
    énorme écrin à la grâce des femmes
    lotus vivants.
     
    Armand Monjo
    in Mère Lumière
    Rougerie éd.
    CINQ PIERRES LANCEES DANS LA LUMIERE

    1-  un point de lumière tire un trait entre deux univers
    2-  entre l'ombre et la lumière il y a un labyrinthe
    3-  comme un yo-yo qui tombe je me déroule effiloché
    4-  la fin du fil d'Ariane m'empêchera de me vider de rencontrer le sol, la réalité
    5-  il y a une pierre sur le terrain de jeu je ne peux pas jouer si je me baisse pour la ramasser mon ombre portée sur le sol me la cachera Dieu seul sait alors ce que ma main tâtonnante rencontrera
     
    Paul CADEMONT

    L'orang-Outang
    est si méfiant
    qu'il mange ses fèces
    Des fois qu'on le suivrait à la trace
    ou qu'il viendrait à manquer de pitance
    Mieux vaut croire en soi
    et toujours il y en aura autant
    Dire que maintenant même les oeufs ont des E
    Ce n'est pas une raison pour...

    Jean-Baptiste TIEMELE 24 JUIN 1997

    Il est encore dit
    dans le village d'où je viens
    que les arbres aussi versent des larmes
    lorsque perdure
    l'absence des oiseaux
    sur leurs branches

    Alain MABANCKOU, in « les arbres aussi versent des larmes »

    Verset XXXIV

    L'ombre qui se mire
    se prend à tort pour une lumière
    qui réfléchit
    Personne ne peut témoigner de son être
     
    Alain MABANCKOU  in «Verset »

    Laude
     
    Une fée
    Laude
    Il y a peu
    Baladait sa danse de marche
     
    Et l'eau
    Dit
    Est ce un rêve
    Elle est
     
    Légère
    Ondoyante
    Diurne
    Interrogative
    Elle es elle
     
    Vincent Jarry

    La poterie va au four
    Rôtir le pâté
    Au petit matin de mon lapin
    Et moi je m'en vais au moulin
    Je croustillerai le pain
    Quant à l'homme
    C'est lui qui tirera le vin
    Puisqu'on ne peut pas être partout à la fois

    Marie Ordinis

    Les putes raclent quand charme le chat.
    La ruine chouine, lune en guenilles.
    Ses pluies couine, dans la poussière précieuse, poisseuse
    Jamais elle ne baigne, gueule secrète.
     
    Lola Sponge Extrait de "Claudicantes"

    Le pays était vaste et seulement limité d'un côté par une rangée

    de peupliers sauvages alignés tout contre le ciel

    comme un arrêt brusque végétal, en rupture des terres plates

    qui s'étendaient, ocre et rouille, dans un abandon tranquille, vers l'ouest.

     Et, même ici, dans la tristesse infinie des mers et la mélancolie du vent

    à laisser faire l'ordonnance fragile des lumières, s'il lui arrivait encore de mentir,

    c'était en tous points comme cela l'eût déjà tant de fois surprise,

    à l'instant même de ses morts successives

    dont elle se parait tout à coup sans en prévoir d'avance

    le moment déterminé ou le geste glacé enfin se déliait

    d'une tendresse généreuse pour les regards sournois

    du mendiant qui la convoitait chaque soir à heure fixe,

    dans l'assoupissement général du dernier salon déserté

    où pendaient lascivement de lourdes tentures à ramages

    brodés et des antiquités d'argent oubliées sur des velours usés,

    et dehors, la plainte des loups, loin derrière l'opaque hiver

    à peine radouci avant le grand dégel, quand s'offraient,

    fugitives et lentes, les moissons pluvieuses,

    rendant l'espoir enfin possible d'une clarté nouvelle,

    parce qu'autour des tentes qu'on dressait à la hâte le jour des marchés,

    se mélangeaient aussi des hommes de toutes races et leur passage

    dans la poussière sulfateuse n'était que poudre étincelante

    dans un marais de visages burinés, marécage liquide de tant d'alcools dilués,

    où semblaient flotter de longs rubans bariolés - leurs turbans

    qu'ils nouaient sur la hanche, très bas, comme s'il avait fallu repousser

    le plus loin du ventre le bassin terriblement mobile et l'ouverture délicate,

    instantanée des cuisses dorées d'où s'évaporaient,

    silencieuses, des effluves colorées qu'ils dégageaient sentimentalement,

    naturellement, emportant derrière eux, sur leurs épaules nues,

    l'odeur cuivrée des voyageurs insatiables.
     
    Annie SOULIER, Paris 1979

    MADONE DES CASSETTES

    Sous la perruque de filasse
    (ou de balai-brosse, interchangeable)
    un masque blanc lunaire, mexicain
    avec le creux noir des orbites
    le phare rouge de la. bouche.
    Le profil de rat se dérobe,
    (un pantin, ça ne se voit que de face)
    Bras en étoile, pieuvre vibratile,
    trépidation mécanique des hanches.
    Soutien-gorge immobile dans l'orage
    deux obus d'acier futuristes.
    Cuisses courbées, muscles raidis,
    redoutables pinces de crabe.
    C'est la Madone aux cent mille cassettes,
    l'utérus sur ordinateur
    programmé aphrodisio-commercial,
    c'est la déesse du deuxième millénaire.

    Armand Monjoin Terrible

    Et tendre Termitière

    La Bartavelle éd.

     

    L'AMOUREUX IRRÉSOLU
     
    Charmante demoiselle rockeuse de mes sens
    Pourquoi es-tu précise? Pourtant tu me captives
    Originalité et humour sont, je pense
    D'excellents partenaires pour que mon cœur revive
     
    Endormi ainsi qu'un funambule tu m'inspires
    À chaque fois que je t'admire, tu me lances
    Sur mon rocher pensif; mais c'en est trop, respire
    Et dis-moi lentement tes plus magiques stances
     
    Ta banalité te donne un charme dense.
    Approche-toi de moi, j'aime te voir jaillir
    De tes nuées glottiques à la belle cadence
    Des soirées discothèque. Laisse l'automne vieillir
     
    Tu as été faite au paradis adorable
    Et moi je ne suis de personne, de toujours
     Apprend-moi à aimer je t'apprendrai des fables
    Excentriques, fertiles et complices sur l'amour.

    Eric Pasquier

    Bancal Asphalte
     
    Aurillac
    Gare.
    Soleil final.
    Des gens de mon âge s'entassent.
    Des sans baraque.
    Moi M'sieurs Dames je suis dans l'art
    Oui je croyais faire partie des pirates
     
    J'abuse pas d'habitude mais, là, on m'a bue.
    Cet été, j'ai récité mes poèmes dans les rues, mes morsures.
    Je récapitule.
    L'affaire débute sur le bitume, en Avignon.
    Comme la plupart des 400 troupes
    qui paient un territoire au festival "off,

    on ne rentre pas dans nos frais.
    Alors, pour être intelligible,

    il a fallu casser la brique, se faire ouïr, version gothique.
    Bref, la seule troupe sans musique à déclamer ses poèmes
     aux terrasses des bistrots d'Avignon, c'était nous.
    Vincent, Philippe, Crémilda, Eric, Yaël, Sylvie et moi, Lola.
     
    Mais retour à nos wagons, pata-plombs.
    La fin du festival de rue.
    A Aurillac, la quête est officielle.
    On déambule pendant quatre jours,

    avec la canicule, la muse des brutes.
    C'est la fin du festival et on repart tous dans le même sac.
    Madame S.N.C.F. nous "réserve" un wagon direct pour Paris.
    Un wagon sans climatisation...
    Les déshérités déshydratés, pas de quartier!
     
    J'abuse pas, de mes yeux bulles, j'ai vu.
    Je veux mon dû, des arbustes, mon viaduc!
    J'ai joué toute nue, on m'a pas crue...

     Lola SPONGE

    DESERTS

    Mais je te parle de la ruine des déserts
    Que mon coeur a voulu combler
    Comme si de chaque errance personnelle
    Jaillissait un torrent
    De laves rouges et chaudes
    Comme le sang
    Quand il coule
    En Espagne
    Jusqu'au violet du soir
    Trempé des grenats de ta journée
    Et qui s'épuise
    Dans l'ombre
    Comme un homme
    En silence
    Se recroqueville
    Sous ses cartons
    Et meurt
    Toutes ses nuits
    Dans un désert
    D'ignorance
    Fugitive offense
    Pour un monde
    Qui court
    Tous les jours
    Repousser
    Les limites de sa misère Envahissante
    Et tenace comme un cancer
    Guettant la défaillance
    Ce faux-pas de la fatigue
    Qui le ferait tomber
    Dans l'arène
    Et courber l'échiné
    Docile comme un taureau touché
    Défie
    L'homme
    Qui va l'achever
    Dans un désert de stupéfaction
     Et de même que l'ombre est une réponse à la lumière
    Tandis que l'homme s'avance et parachève l'œuvre incertaine
    La terre diffuse son carmin d'éternité Dans un désert de pourparlers

     Annie SOULIER

    ENFANTS DU VILLAGE
     
    Qui sont ces enfants bardés de haillons ?
    Le roi Salomon les recouvrira-t-il un jour de ses
    franges dorées?
    Sont-ils simplement réfractaires

    à l'or au riz et au building
    Les voilà toujours nus le ventre rebondi
    Le regard allouvi et l'on dit :
    Mon pays et riche de moissons riche de maisons
    riche de fraternité


    Et les Riches ricanent à fendre la gueule
    Ils se dandinent
    Le ventre replet le cou adipeux le front fleuri
    Ils amassent des gerbes de sommeil

    et leurs yeux étincellent de clarté
    Leurs rejetons s'abreuvent de lumière
    Ils seront "civilisés"
    Jamais la ride de la pauvreté ne pliera leurs paupières

    Enfants du village vêtus de misère
    Vos dents déjà minés par des fourmis de soucis
    Seront comptées et les portes du Savoir vous seront fermées
    Enfants du village vêtus de misère

    Réveillez-vous! La caravane de la Havane passe
     
    Barthélémy KOTCHI in L'Olifant Noir

    et pour en finir avec l'instant qui me précède
    j'émiette ma personnalité au bord du fleuve
    où le moment présent
    n'est pas assez instantané
    pas assez puissant
    pour être vrai
    réel
    palpable
    à moins que ce ne soit moi ombre irréelle au bord du fleuve
    rose perdant ses pétales...
    sans consistance aucune
    juste le fleuve qui coule, imperturbable.
     
    Alexandra Duflot.

    Je souffre d'aviser
    si mal, les gens
    que j'aime bien
    sur ce pavé brutal
    où tu n'as rien
    pour rien. Où tes
    poignées de pudeur
    et puis tes sacs
    d'amour se cognent
    à la peur de tes
    bouffées de jour.

    Dodie Gréau

    Quand la tristesse implose
    je bondis à nouveau parmi les excès de la journée jeune
    et je me coule dans les golfes du ciel
    Tu as le visage de l'été dont la pierraille a disparu
    Si la grêle crépite c'est pour se transformer en lacs
    où frémissent tes rires
    Les rochers saillissent
    la violence des parcs célestes déchaîne ton extase

    Jean-Luc SIGAUX
    in "Les Berges d'Orage" Ed. Saint-Germain-des-Prés

    Clochards, mes frères...
     
    Clochards,
    mes frères, Fêtards
    Sévères

    Buvons
    Des "crèmes", Garçons ! Les mêmes
    Boissons Qu'un père Sans fonds,
    Ni terre, Ni bien, Ni rien,
    Qu'un cœur, sans peur!
     
    Ecrit par Jean Coryn, le 8 Floréal CCV
    (27 avril 1997) à Paris.

    J'ai un petit la
    Je suis un homme consciencieux
    Débordant de bonnes manières
    Je ne suis pourtant pas sérieux
    La preuve, j'ai un p'tit la!
    Si je vous croise un peu trop chargés
    Homme ou femme je vous ouvre la porte
    N'hésitant pas à me surcharger
    Tant pis pour moi, j'ai un p'tit la!
    Je ne me prends pas musicien
    Selon les autres, je reste trop modeste
    Mais pour moi, tout cela ne vaut rien
    (parlé) Surtout cette chanson-là
    C'est normal, j'ai un p'tit la!
    Dans la vie, je n'rends que des services
    N'attendant en retour qu'un sourire
    Je me le dis le temps d'un soupir
    Je suis fou! J'ai un p'tit la!
    Si vous m'voyez au détour d'un chemin
    N'hésitez pas à m'demander ma main
    Pour vous servir, je frai n'importe quoi
    Je vous donnerai même un p'tit la!
     
    Aurélia Robert

    Inexorable, le temps fuit,
    Follement courant nous emporte,
    Emporte avec lui notre vie,
    Feuilles mortes à notre porte...
     
    Feuilles mortes à notre porte,
    Doux tapis de nos souvenirs
    Que le vent du futur emporte.
    L'amour ne devrait pas mourir
     
    L'amour ne devrait pas partir
    Mais toujours nous envelopper
    De sa douceur, de ses plaisirs
    Et de tendresse nous bercer...
     
    Inexorable, le temps fuit,
    Follement courant nous emporte,
    Emporte avec lui notre vie,
    Feuilles mortes à notre porte...
     
    Jocelyne Lefort

    Ridicules

    Chercheur de pacotille, dans mon trou sous les  ponts,
    j'ai creusé des galeries. Ces précieuses pierres,
    de temps en temps, j'en offre aux délicieuses
    aux muses rencontrées au hasard lutinant de ma courte existence.
    Je vis au gré de l'encre sur leurs fesses blanchies.
    Mon diamant est coupant, l'émeraude brû¬lante et le jade de braise.
    Les lunes se trémoussent et mes yeux sont au ciel
    quand le bijou qui pousse offre son étincelle
    à la lèvre baisée par mon rubis d'argent.

    Le rouge de mon sang se mélange à sa plaie, purulent trou amer.
    Que n'ai-je offert joyau depuis leurs abandons,
    sacrifié toute gemme aux passantes perdues !
    L'aiguille de la mer se tasse en vase dose entre les pacotilles.

    Mon envie qu'elle soit grasse, elle en devien¬drait si vile...
    La lumière du saphir, comme un prince trou¬blant,
    souffle dans une autre langue pour mon dernier soupir
    sa volonté de pierre. Le couteau dans la fente enfantait
    les couperets - milliards d'années pour un cristal fragile.

    Le quartz est symétrie, tes lunes pyramides,
    l'or enfin jouvence, l'argent de ton élan,
    les lenteurs latentes et les rubis aux ongles.
    L'or toujours... Toujours l'or ! Malléable à tes souhaits,
    l'oraison funéraire est dédiée à ta folle caverne,
    aux pierres carbonisées, aux sels devenus Christ,
    mes ongles gorgés de sang à force de creuser
    au profond innommable de tes gouffres si sombres.

    T. bice Queer in « Les Chancre "M"as-tu vu »

    Frelon
     
    A jeun, un jeune
    Freluquet quête,
    Manque de fric,
    Chante des fredaine
    Pour quelque francs
     
    Envieux, un vieux
    Frelon velu,
    En quête d'un fruit,
    Danse frénétique
    Cherche une fraise.
     
    Jeune homme frêle
    Qui perd son froc
    Chute épique.
    Guêpe friande
    Frétillante,
    Danse et pique.
     
    Frange de vie
    Chantre fragile
    Petite frousse
    Danseur frivole
    Chanteur fredonne
    Frelon bourdonne
     
    Stéphane Hardy

    NOX

    Quand la Nuit  
    A l'assaut du ciel
    S'unît au Jour puis le dévore
    L'imagination
     Etend sa trame infinie
    Sur la ville

    (le 19 août 1994) Jacques Lucchesi
     
    PAYSAGE MARIN

    Verte plage de gazon
    Dans l'air vif ( Sel et soleil)
    Les cerfs-volants vrombissants
    Affolent les chiens.

    Jacques Lucchesi

    LE COQUELICOT

    Onde mystérieuse,
    Blonde et fière,
    La lumière.
    Douce fleur,
    Rouge pétale,
    Réveille mon âme.
    Bouge flamme,
    Attise mon coeur.
    Douce chaleur
    Instant de bonheur
    Rouge baiser
    Rayon d'or
    Tu m'as touché
    Je m'endors.

    Jacques Lucchesi

    Pas de nouvelles de toi
    Bizarre, je ne comprends pas
    Pas fier dans la pénombre
    Hagard, je ne bouge pas

    Pas brillant, noir, sombre
    Cauchemar, je ne rêve pas
    Pas de pluie dessus le toit
    Un brouillard, je ne pleure pas

    Pas le moral, un trop plein
    En pétard, je ne bronche pas
    Pas la moindre lueur
    D'espoir, je n'en vois pas

    Pas même celle du coeur
    Ringard, je rigole pas
    Pas grand chose, petit rien
    Cafard, je ne t'aime pas.

    Stéphane Hardy

    Levant

    Ciel bas et orageux
    D'automne
    Au moment même où j'éjacule
    Dans ma chambre
    Le soleil filtre par les Persiennes
    Ce serait le bonheur si...

    Jacques Lucchesi

    Sur les touches du piano
    courent les doigts véloces
    fenêtre ouverte
    tabouret sans barreaux
    barre sur la poitrine
    comme ils étaient beaux
    les doigts
    touchés par la grâce
    de l'accord stipendié à
    l'écoute est une rose
    heur suspendu
     
    Pe clapele pianului
    aleargà degete sprintene
    fereastrà deschisâ
    scaun fârà stinghii
    o barâ pe piept
    cât erau de frumoase
    degetele
    dàruite eu harul
    înçelegerii plârite
    un trandafir
    ascultà
    timp suspendat

    Céline Varenne
    in Tireur de Langue Scoate-limbu
    Editions Galaxia Bucarest 95

    Les femmes sont la sagesse
    des rivières et des mers
    Les Hommes sont le jardin

    Qui les nourrit
    Leur amour est la flamme
    Qui éclaire les ténèbres
     
    Jean * Saramaïa in "Parcours d'Amour"

    A chaque fois dans cet endroit
    je me retrouve doublé
    d'une perversion littéraire
    il y a une magie quelconque

    ici surtout à cette époque
    de printemps prétendument
    comme les temps se succèdent
    sans se ressembler
    et renferment une logique implacable
     
    tes jumelles de théâtre sont nées
    après le tourment de mon âme
    de vous quitter trop tôt
    ou de ne savoir plus

    ce qui dans l'immédiat prévaut
    tout en sachant ce que de la futilité
    l'on sait d'un nuage qui passe
    et se déforme éventé à mesure

    qu'il s'épure définissant aussi
    des possibles à l'infini
     
    Denis Lavant in Dieu n'a ni Père ni Mère
    Il est par oui dire Poèmes en Gros & 1/2 Gros éd.

    Mon amour, qu'est-ce que tu fais aujourd'hui ?
    Le temps ici est las comme un temps gris.
    Tout s'écoule. Le temps ne compte pas.
    Mon amour, qu'est-ce que tu dis aujourd'hui ?
    Regarde l'eau.

    Peut-être est-ce là-bas chez toi, comme ici ?
    Mon amour, que penses-tu aujourd'hui ?
    Que fais-tu dans le moment ?
    Comment l'occupes-tu ?
    Tout au long, l'eau s'écoule.
    Le temps s'est arrêté

    Je pense tout à toi.
    Mon amour, le ciel est las comme un temps gris,
    Ici, mais toi là-bas.
    Toi mon amour, dis-moi ce que tu fais.

    Ponts de la Seine Samedi 3 octobre 1992, 15h.
    A Karin Thierry DAUCE in "à soif d'eau de vie et d'amour
    Editions de l'Echiquier

    j'ai toujours aimé
    les mains de dune qui collent
    aux fausses chaumières
    de l'horizon
    cette panoplie
    de regards
    éteints

    comme une gigue dense
    les revolvers revendiquent
    c'est cynique leur patrimoine
    le siècle vingtième fut très bref
    mais plein de péripéties

    mais plein de péripéties
     
    Dominique NOURRY in "Fatraseries d'Avril"
    Poèmes en Gros éd.

    CHIEKO
     
    Héron pêcheur de sable
    Jardin de soie
    Un roseau bleu s'échappe du marais
    Sur les érables les grands portefaix

    Orfraies casquées figures de notables
    Prêtes au jeu de go
    Jardin de soie
    Huppes vanneaux
    plumes en girandole

    Où la lumière ondoie.
    Un amour vole
    Pour toi ma sœur d'Orient Chieko ?
     
    Jean-Yves LENOIR in "les Petits Riens"
    Collection Flammes Vives

    LA MOUCHE
     
    Dans le silence, médiateur du soir,
    Une mouche, ultime et tournoyante
    Brisera ma solitude.
    J'attendrai...
    Chassant l'importune
    Sur le seuil, ta confuse silhouette apparaîtra
    Dans un halo de brume.
     
    Ton parfum se mêlera aux effluves du jardin
    Où les corolles se refermeront sur ton corps nu,
    T'absorbant dans la nuit
    Alors, de nouveau solitaire,
    Je hélerai la mouche,
    En vain
     
    Michel PRAEGER

    Un vol d'hirondelles déchire le songe —
    cette grande clarté exsangue
    qui s'installe comme un présage
    dans les villages que seul le vent visite
     
    Anne ROTSCHILD in "l'Eau du Marbre" Le Cormier éd.
     
    Nous nous rencontrerons as-tu dit
    pas dans le pays
    le poids frêle d'un appel
    sur les paupières
    se fait toujours plus pressant
    plus l'éclair est de lumière
    plus il attise les ombres

    Décor

     
    De la pâte à modeler
    en matière de couleur grise
    pour des mains à fricotter
    un vent de forte brise
    avec du solide à décor
    en plante du dehors
    dans les yeux à profusion
    une pluie d'impression
    comme du plastique en palissade
    une peau palissonnée
    ou du bois à brûler
    une piste qui fait baver
    devant des bouches à se douter
    une eau pas claire
    en plus des graines à germer
    en souches de chairs
    donnant des feuilles à gratter
    un retour au ciel
    avec des syllabes à conjuguer
    un jeu du passé
    pour des rêves à se procurer
    un fantôme calciné

    Fred TROUVE in Carnet de poèmes

    La créativité peut difficilement se satisfaire des hiérarchies qui la rejettent
    et inversement les hiérarchies favorisent le conformisme et non la création.
     
    Henri LABORIT  in « La Nouvelle Grille »

  • Poèmes en gros et demi gros deuxième

    Poèmes en gros et demi gros... deuxième

    LE RENARD

    Dans un vieux port tout délabré
    Je chante l'histoire d'un renard
    Un grand ami de l'amitié
    Qui voulait simplement rêver
    Il venait pour se promener
    Entre les caisses et les allées
    Il s'asseyait puis regardait
    Tout les bateaux vers l'étranger
    Jamais personne ne l'a vu
    Mais tout le monde l'a connu
    Car bientôt depuis dix années
    On ne l'a plus jamais revu
    Moi-même j'ai cherché tout partout
    Avant de pouvoir le trouver
    Je l'ai trouver décapité
    Car personne n'avait pu l'aider
    Mon pauvre renard était mort
    Tout l'monde le sait tout l'monde a tort
    Il a fallu que je l'enterre
    Et j'en ai voulu à la mort
    Mais depuis bientôt dix années
    Tout le monde chante en amitié
    L'histoire du renard qui renaît
    Au besoin de l'humanité
    Dans un vieux port tout délabré
    J'aurai aimer pour voir chanter
    Aux grands amis de l'amitié
    Un renard qui voulait rêver
    Un renard que j'avais aimé

    Nicolas Béchereau in Grain de Sable
    Saint Germain des Prés éd.

    Le hamac

    Palimpseste des corps humides
    De la piscine receveuse des désirs des brides
    Espaces vivants où s'harmonisent les éléments
    Déments insufflant bleu ciel dans le flan
    Montagne déchiquetée carapace difficile
    Pour l'accès de l'ascenseur transcendantal
    Emmental aux trous troglodytiques
    Où vivent les caciques tuniques
    Protectrices des mirages des enfants rigides
    Souffleur de verre néophyte
    Ton travail dur fait couler ta sueur hommage
    Perles laborieuses sur ton corps graphite
    Tes muscles se forment à la dureté
    De l'appréhension du savoir carrelage
    Bicolore que tes pieds useront
    T'indiquant la bulle de verre formée
    A laquelle tu pourras par ton souffle juvénile
    Et encore pur donner sa finalité gracile
    Pétale de rose se posant sur le bûcheron
    Coupeur des arbres plates-formes
    De la montée en puissance du labeur
    Qui te fera maître de ton souffle valeur

    Thierry Thomas

    SANS AMOUR

    Encensées les erreurs
    De jeunesse, les vautours
    Les longues soirées d’hiver
    à lever l’étendard
    Lassé de contempler
    Des prêtresses, des atours
    Se tailler dans la bure
    Une robe de soie
    S’en parer pour un soir
    Se pare contre tous
    Et quand fatiguée de
    Leur bassesse sans détour
    L’hiver a ses envies
    Leurs fragiles humeurs
    Pour mieux les posséder
    L’espace d’un chagrin
    S’en repaître et mourir
    Sans ivresse, sans amour

    Yaël Pellé

    L' ETE PLUS TOT

    LE TEMPS UNE TASSE DE THE

    DANS LE GANT

    DU LAPIN BLANC

    L'ENFANCE EST TOMBEE

    LE MES VEUX

    COMME UN LOUP BLANC

    L'ENFANCE EST TOMBEE DU LIT

    DE L'ETERNITE

    JE SAIS LA MORT DE MES DOIGTS

    AU BORD D'UN DRAP

    ET LE GIVRE SI LOURD

    DE MES CILS

    AU BORD

    DE L'ENNUI

    Dominique Nourry

    Milord et caravane

     

    Milord et Caravane violentent les mirettes,

    alléchants dans la tempête.Ils bouclent la nacelle.

    Ils annônent, marmot, marmotte, racolent pleurs et cerisier

    Ils ornent un temple et le peuplier.

    Ils virevoltent, beaux et bordéliques, balbutient.

    Ils couinent dans le fouillis, vaguement vacillent, sirène et fourbi.

    Ils flânent folichons, dans la broussaille et le charbon, polissons.

    lls dévorent les flots, à la loupiotte, pâlots,

    ils fument la causette, rupestres et éperdus.

    Ils s'éveillent, rupins et champêtres.

    Milord et Caravane bricolent un violoncelle.

    Milord et Caravane se coltinent

    les îles, immenses, indolents, repus et charmants.

    Ils se fardent poussins, dare dare au matin, se courtisent à midi, ravis.

    Ils grapillent, à gogo, se gorgent de soie et de vanille.

    Ils s'esclaffent dans le mimosa, étourdis.

    Ils grondent la rosée, grimacent en frou frou.

    Les loups en crinoline, se palpent, devinent dans la bruine.

    Ils imitent le peuplier, humant en tutu.

    A l'affût des petits bruits, une houle de Chine,

    les oursins écument la camomille.

     

    Lola Sponge

     

    Vague à l'âme

    J'ai comme un vague à l âme
    Blotti au fond de moi
    Qui brûle comme une flamme
    Et qui  parle de moi
    Il me montre l'inutile
    D une tendresse  sans écho
    Et ma vie qui défile
    Dans un sombre halo
    Les joies et les abimes
    Que sont mes souvenirs
    Qui fon figure de mime
    Et s’enferment dans leur rimes
    Une langueur m'attire
    Et m'entraine sur sa voie
    Je voudrais m' endormir
    Parce que lasse d' être moi
    Trop de peur et d'envies
    Se basculent dans ma tête  
    Ces rocher de la vie
    M'écorchent de leurs arêtes
    Désirs  inassouvis
    D un cœur beaucoup trop grand
    Je m'enfonce  dans ma nuit
    Je remonterai, mais quand ?

    Yaël Pellé

    Ronde

    Il suffit de se mordre la queue
    Et de tourner, tourner,
    Tel notre point de terre dans sa révolution,
    Pour trouver une solution
    Aux petites questions
    Que suis-Je?
    Suis-Je?
    Oui;
    Je suis rond
    Et je tourne en rond,
    Je grain de sable une seconde
    Et puis stop! paradis pour tout le monde!
    Paradis dune infinies peuplées de mica blond
    Qu'un blond visage rond et couronné contemple,
    Comme un pasteur devant son temple,
    Un visage très rond, Point d'interrogation,
    La question :
    serai-Je?
    Non,
    Il suffit de se mordre la queue
    Et de tourner, tourner,,,

    Eric Péron

    LE CIEL

    Sur le monde
    Le ciel gronde
    Je le vois
    Comme une proie
    Désarmé
    Il se fait
    Dévorer
    Et bouffer
    Par les hommes
    Bande de gnomes!
    Sur le monde
    Le ciel gronde.

    Eric Pasquier

     

     

    Arcueil Printemps 92

     

    Mai

    Devant moi il y a une route qui monte

    C'est la route du Levant

    Ca y est je suis chez moi et je n'ai plus honte

    C'est l'adieu au froid au vent

     

    Devant moi il y a une route de brune

    C'est le chemin d'une femme

    Clarinette grimpe en soleil et en lune

    Le devenir se fait calme

     

    Devant moi ça grimpe d'Arcueil à Cachan

    Je suis chez moi et il pleut

    La route étend son ventre au soleil couchant

    Mois de quand je peux je veux

     

    Devant moi vibre un dessin de mes vingt ans

    A un ou deux détails près

    Je crois bien que l'immeuble était différent

    Pas de la brique du grès

     

    Arcueil banlieue de mon ancêtre inventeur

    Qui capsula les bouteilles

    Je reviens aux sources du vieux géniteur

    Comme la grive à la treille

     

    Devant moi il y a une route qui monte

    C'est le chemin d'une femme

    Je suis chez moi et si les désirs m'inondent

    Le devenir se fait calme

     

    Vincent JARRY

     

    NOËL

     

    Noël approche alors que je suis seul et solitaire ;
    Noël approche entre les gouttes de pluie,
     de sueur et de liquide lacrymal.
    Le froid rapproche les gens qui se blottissent
    les uns contre les autres dans les magasins de grande consommation.
     Les étoiles des sapins scintillent
    et les petits Jésus des crèches siliconées en arrivent même à rire.
     Ils ne savent pas. Malheureusement. Noël approche
    pour tous ceux qui refusent d'ouvrir les yeux sur la misère
    d'une telle Commémoration. Messe de minuit.
    Urbi et orbi. Certains voudraient y percevoir un bonheur,
     une communion. Et ils oublient, chaque année un peu plus,
     le malheur généralisé. Noël approche, et sans regret,
    permettez-moi de cracher dessus et de crécher sur mon crachat.

    T. bice Queer
    in « Les Chancres "M'as-tu vu !" »

    Le soleil

    Le soleil brille pour tout le monde
    Aussi facile ou la terre est ronde
    La voie lactée, le système solaire
    C’est système D c’est d’la p’tite bière
    C est qui qu’a dit faites attention
    Le paradis c’est que pour les bons
    C est les loups qui s nourrissent de moutons
    Qui pensent à nous comme d’la chair à canon
    j’veux être serein. Pas m’prendre à ce jeu
    Je sais que mon destin c’est d’être heureux
    Mon cœur recèle instinctivement
    Comme une crécelle des sentiments
    Ceux qui utilisent dans l’égoïsme
    Et tirent du bénéfice de l’optimisme
    Ils brouillent les pistes de l amour
    Et ils détruisent ceux qui sont pour
    Avant l’homme il y avait le singe
    Avant le singe le papillon
    Avant. Avant le papillon, la chenille
    Avant la chenille le hérisson
    Avant le hérisson, le coton tige
    Et bien avant il y a ait le soleil
    Le soleil brille pour tout le monde
    Aussi facile que la terre est ronde
    Si t y crois pas laisse-la faire
    Puis t’isole pas dans ta galère
    Si tu en en as marre et que tu es tout seul.
    Largue les amarres, fais plus la gueule
    Les barbelés que tu as dans le cœur
    Font qu’empêcher d’être l'acteur
    D’un super film en technicolor
    Où le soleil brille mieux que l or
    Avant l’homme il y avait le singe
    Avant le singe le papillon
    Avant le papillon la chenille
    Avant la chenille le hérisson
    Avant le hérisson le coton-tige
    Et bien avant il y avait le soleil

    Pilote 96

    L'OISEAU
     
    L'oiseau a quitté le nid
    Ce matin d'été rutilant et chaud
    L'oiseau a tourné les ailes
    Au douillet champ de lune
    Puis il s'est envolé
    Oisillon de bonheur, inconscient
    De vent contraire en rencontres outrées
    Que devient-il ?
    Loin de ses congénères
    Des becquées de sa mère au bec affilé
    Où court il entre les nuages?
    Masques d'amour et de tragédie
    Où va l'enfant de plumes
    Au bec peu affûté saisissant mal le ver
    Ou l'insecte en plein vol
    Pas rassuré le jeune fou
    De Bassant ou d'ailleurs
    D'ailleurs il ne sait pas
    S'il est oiseau ou fleur
    Il vole... vole ... et sans corolle
    Parachute qui amortissait la chute
    Alors ? L'oiseau sait...
    Et nous n'en savons rien.

    Michel Praeger

    J'ai abandonné l'écriture d'un roman,
    Longtemps contrasté...
    Je donne dans la démesure
    Ou j'écris... ou j'attends la prose
    Depuis des mois je me reproche tant
    De ne pas finir ce roman.
    Qu'y puis-je ? Est-ce encore la fêlure
    Que je rencontre quelquefois
    Sur la fenêtre il y a la rose
    Qui se flétrira avant moi !
    Je regarde les pétales, attendri...
    Comme les pages encore blanches
    Sont longues à remplir aussi,
    La fleur si haute sur la branche
    Se demande où cela finit...
    Page blanche, rose blanche
    J'attends la muse endormie
    Je voudrais tant écrire "Pervenche"
    C'est le titre du livre choisi

    Michel Praeger

     

     

     

    Rencontre sage

     

    Un enfant

    Une plage

    Un cheval sauvage

    Ils échangent

    Des vagues

    Apprentissage

    Pas du dressage

    De l’amitié

    Ils marchent

    Et nagent

    Un cheval

    Et son cavalier

    Bientôt

    Sortiront de l’eau

     

    Philippe Raillon in 53 inédits,

    Agenda 96 Poèmes en Gros & 1/2 Gros éd.

     

    Moitié étoile, moitié goutte d’eau

    Deux ou trois elfes bien roulées

    Déambulaient sur les galets

     

    Quelques lutins les butinaient

    Au beau milieu des feux follets

    Je m’avançais dedans la brume

     

    Qui m’estompait comme sous un voile

    Un croissant de lune dansait là-haut

    Moitié étoile moitié goutte d’eau

     

    Philippe RAILLON

     

    Brigitte Gouësse, histoires de machines

    Rap des machines

    Machine à coudre machine à trancher moudre
     découper, machine à mixer battre presser    
    à laver, machine à sécher râper écrire imprimer;
    machine à effiler trier comprimer,
     machine à vapeur à malheur et sans, cœur,
    machine à sous à ripoux à voleurs,
    machine  à voler pulvériser mâcher, machine à vomir
    honnir à abattre, machine à écraser piler démolir,
    machine à tuer le temps, la vie l'esprit,
    machine à refroidir endormir végéter, machine à  bêtifier
     à lénifier anesthésier, machine à rigidifier annuler
     stériliser, machines argotiques éclectiques
    anarchiques, machines de rêve, machines
    à foutaises, machines de fadaises, machines-hérésie,
     machines-hystérie, machines à mensonge,
     machines à leurre, machines sans heure
    en dérangement, machines mine de rien, machines pourtant...
    Si tu veux bien ne pas te laisser bouffer par la grande machinerie,
     il est encore temps de réagir! Avec le rire, évidemment!
    Alors courage et...en avant!

    Brigou

    Machines d'hier et d'aujourd'hui

    Les machines d'hier ont la tendresse du passé
    Les machines d'hier prennent le temps de contempler
    Les machines d'aujourd'hui ont le regard dur et blasé
    Les machines d'aujourd'hui compriment le temps d'un ton glacé
    Les machines de demain font table rase du passé
     Les machines de demain risquent de nous faire trépasser
    La machine d'hier a une culture à déclarer
    La machine d'hier sème l'espoir et la liberté
    La machine d'aujourd'hui censure et mouline l'expression
    La machine d'aujourd'hui sème le doute et la confusion
    La machine de demain ne connaît plus le mot culture
    La machine de demain est synonyme de dictature
    Ma machine d'hier coule dans mes rêves d'aujourd'hui
    Un parfum d'éternel alimente mes jours et mes nuits
    Ma machine d'aujourd 'hui est un délicieux métissage
    Sans œillère et sans bruit remuant le temps dans les voilages
    Ma machine de demain a le sang révolutionnaire
    Elle résiste et combat dans l'urgence de changer d'air
    Et ta machine à toi si tu n 'y mets pas de barrière
     Un jour s'effondrera sans pouvoir faire machine arrière
     Votre machine à vous a encore des droits à défendre
    Il y en a tellement au 'on essaye de nous reprendre
    Notre machine à tous doit se battre pour le label
    Du fanion Liberté qui vogue mi Loukoum mi Rebelle
    Notre machine à tous doit se battre pour le label
    Du fanion Liberté qui vogue en Loukoum et Rebelle

    Brigou

    TANGO DES MACHINES A COUDRE

    Machine avait une machine
    Qu'était prise dans l'machin
    De sa machine à coudre
    Machine faisait une trombine
    En voyant ce machin
    Qui se laissait pas coudre
    Machine avait une sainte horreur
    De tout ce sale progrès
    Qui se mettait en grève
    Machine avait des hauts-le-cœur
    Devant ce bout d'machin
    Qu'elle aurait pu coudre à la main
    Voilà qu'arrive enfin Machin
    L'heureux propriétaire
    De la machine à coudre
    C'est un ultime spécialiste
    De toutes les machines
    Même s'il ne sait pas coudre
    Il démonte et remonte l'engin
    Et il libère le machin
    Qu'était pris en otage
    Machine retrouve le sourire
    Le machin est cousu
    Son temps n'est pas perdu
    Alors bras dessus bras dessous
    Machine et Machin
    Vont faire un tour en Chine
    C'est un petit restaurant
    Qui respire le Printemps
    A l'abri des machines
    Ils dégustent des machins
    Machinés dans l'Nuoc Mam
    En buvant du Champagne
    Car il fallait bien fêter
     Sur tout ce temps gagné
    Leur amour retrouvé
    Car il fallait bien fêter
    Sur tout ce temps gagné
    Leur amour retrouvé!

    Brigou

     

  • Poèmes en gros demi gros et détails, la revue Rue des poètes

    "Passé muscade"

    La barque - promenade
    Les vents en embuscade.
    Un dernier camarade,
    Pour l'ultime rasade
    Vingt ans ! Passez muscade !

    J'ai consacré ce temps,
    Le temps de mes vingt ans.
    Et c'était important... 
    un tout petit arpent.

    A Jacques PREVERT 3/2/1996
    20 ans après.Jean-Pierre Girard

     

    APPELLE le Zénith et envenime de ton enveloppe le sel de la terre
    REJOINS l'ascension des bulles au-dessus des marais sevrés de catharsis
    EXPRIME l'orage d'effroi et l'association des plaintes et des soliloques.

    Eric Dubois

    Riche

    ce mois de juin
    en milliers
    de mises à l'examen
    il n'y a pas de coupables
    Oh non

    C'est là pourtant
    que tes parents
    se font te plus de soucis

    Si c'était
    des mises en examen
    nom de nom
    les notes pleuvraient
    Bien
    Très bien
    Excellent

    ou
    mauvais
    Sale temps pour les coupables

    Là il n'y a pas que
    les parents à se faire des soucis
    mais aussi tous les amis
    et même parfois les ennemis
    (Sait-on jamais des fois que
    son tour viendrait) Eh oui

    Quels que soient les examens chacun a ses épreuves

    Inutile de copier sur le voisin

    Jean-Baptiste Tiémélé 24 iuin 1997

    Fiançailles en fleurs

    Dans un bistrot d'Richard-Lenoir
    Il y eu des fiançailles de coeur
    Au triangl' de ta veste noire
    Là où bat ton joli p'tit coeur
    Le bistrotier pas gris mais noir
    Me fit mettre deux jolies fleurs
    Deux rein' margots en ostensoir
    Les fleurs la femm' sont en odeur

    L'odeur la tienne est en mémoire
    Et puis de mon chapeau d'rôdeur
    On fit un joli suspensoir
    Deux myosotis pour nos p'tits coeurs
    Et on s'est maté dans l'miroir
    On a souri d'vant ces noceurs
    Les yeux en tendresse d'espoir
    Le pas de nouveau vadrouilleur
    C'est dans ç'bistrotd'Richard-Lenoir 
    Qu'eur' lieu nos fiançailles de fleurs

    Vincent Jarry 30-6-97

    PATRIE RETROUVEE

    C'était après la cuillerée
    de confiture de raisin
    et le verre d'eau fraîche
    qui nous avaient accueillis sous la treille.
    C'était avant le brin de basilic
    de l'adieu, sur le port d'Alonissos.
    C'était dans les ruelles aveuglantes
    qui grimpent comme des échelles
    de chapelle en église.
    C'était sur le petit bateau
    qui contournait l'île déserte
    où vivent les chèvres sauvages.
    C'était à « l'ouzerie »
    du port enguirlandée
    de poulpes séchant au soleil
    C'était sur le mur effondré
    écrit à la peinture verte :
    « Tu vends tes racines
    et tu deviens esclave».
    C'était dans les Sporades
    au fil de l'amitié,
    les narines surexcitées
    par l'iode des calanques,
    c'était le piment des collines
    comme une odeur de patrie retrouvée.

    Armand Monjo in Mère Lumière Rougerie éd.

    Tu es de foudre et de nuit brusque
    Quand tu parles les torrents
    giflent tes jambes et tes joues
    puis tu t'évanouis dans la buée verte
    et m'induis aux tendresses
    Les crépuscules tournoient
    avec les spasmes

    J'avais oublié que tu es morte
    Le redoublement des traits
    de la grêle noircissent
    tes épaules tes paupières
    où viendra veiller un regard
    plus noble que la lame
    qui t'endormit

    Jean-Luc Sigaux

    MAUVAIS DÉLIRE

    L'eau sèche mon rêve heureux la nuit d'hiver

    Où les nids de coton flottent superbement

    Oui, je vois bigarrée de vin rouge et de sang

    Hérissée l'herbe, sûre et fiévreuse la mer.

    J'ouïs les emjambées furieuses du feu sur l'eau

    Et le chant grouillant pourtant labile du Temps

    Et cette voix ensorcelée m'admonestant !

    ô, chaos Volapuk !! Manèges infernaux !!!

    — la mort donne un sens à la vie

    Eric Pasquier

    Aujourd'hui, je suis sorti de l'Asile,
    et ce sont mes premiers instants de liberté.
    On m'indique un autre Autel
    que celui où je me suis immolé moi-même à la grégarité,
    où je me suis laissé arracher mon orthogéniste,
    mais c'est le même que celui où j'ai interverti,
    jadis, l'aride et le désolé, confondu
    l'effort de consumationet la cadavérisation frénétique !
    Je prends, sans perdre une étincelle de feu
    ou un globule, le train des rabroués

    pour me rendre à ce tardif rendez-vous avec la berlue,
    et les brûlures de la berlue,
    aux retrouvailles du chaos et de la démesure,
    accompagné par des amis syndicalistes
    qui savent mieux que moi combien de nuits
    je me suis débattu dans les nuages de la latitude,
    combien de combats de matamore j'ai livrés
    pour un jusqu'au boutisme
    inverse des expectatives de la cécité !

    Armand Olivennes in Politique de l'Autruche Editions de Rewidige

     

     

    À L’ATTAQUE !

     

    L’obésité nous gagne,en flottant dans l'arène
    J’ai vu les serpents chauves danser la carmagnole

    A la figure vitrue du ventre des hamsters
    Sur l' espagnole, sus
    !
    à vent
    d'elle!

     

    Oublions dans les cours nos péchés multiformes
    Il n’y a pas d’œil bleu pour nous faire regretter
    D’être passé
    par l’escabeau du demi-moyen
    En (flottant dans 'l abysse, la citronnée
    L’abysse

     

    Je sens tournoyer comme des pots de chambre
    Avec une fumée de pétard mitraillette
    Tous les enrhumés du monde ont la gorge violette
    À moins que
    moins que ce ne soit bleue et verte

    Enfin je ne sais pas faire des calculs savants
    Je n’suis pas né Putain avec trente enfants blancs

     

    Pourri dans l’eau des morts givrante à la Surface
    Écoutez le chant de la Mandragore

    Des lignes de ferraille géométrisent le ciel
    Des boules de
    coton, PLOP ! PLOP !
    Je fais le singe avec ma bouche
    Je n'ai pourtant pas bu de lézard
    Je n'ai pourtant rien bu, mais je coule !

     

    Alexandre Georgandias

     

    Ces divers texte sont tirés de la revue 14/15 de juillet/août de la revue Rue des Poètes de l'association poétique Poèmes en gros, demi gros et détail de Vincent Jarry et divers poètes associés

  • Un lien vers de vieilles choses... Le site Archives.Org

  • D'autres Poètes 1991-2002

    En 1988 pour revenir un peu dans mon passé poétique, j'ai commencé à fréquenter Vincent Jarry et sa bande de l'association "Poèmes en Gros et Demi-Gros et Détails" une bande d'allumés avec  Alejandro Castillo, Annick Gobert, Annie Soulier, Babette Cornet, Brigitte Gouësse, Bruno Quinchez, Chantal Zingarelli, Denis Lavant, Denise Guitteriez, Eric Dubois, Eric Péron, Evelyne Tran, Guy Perrot, Jean Baptiste Tiémélé, Jean-Pierre Clémenti, Jean Van Nostrand, Jean-Marie Blanche, Jocelyne Fournier-Lefort, Konan Badjos, Laurence Fosse, Lola Sponge, Malika Berrichi, Marie Ordinis, Marie-Claire Calmus, Marie-Geneviève Labarrière, Martine Gradoni, Nancie Finlay, Pascal Perrot, Paul Cash, Paule Lacan, Philippe Raillon, Professeur Zim boum boum, Rachid, Sarah Santos,Thierry Daucé, Vanina Michel, Wahid, Werner Lambersy, William Mingo Darlin,Yaëlle Pellée... Et ceci pendant les années 1988 à 2004 dans des lieux poétiques comme le Théâtre cinéma du Berry Zèbre, Le petit Théâtre du Lucernaire, Le Bar Le Petit Centre, Le Café de la Paix à Arcueil, Le Bar Les couleurs.

     

    J'ai aussi fréquenté des gens comme Colette Jarjavay et son association "Le Lever de Rideau" avec Jean Van Nostrand, Loïc Bénard, Jocelyne Lefort-Fournier, Elie Kahn dans des lieux comme Le Formidiable Tavern et d'autres plus provisoires.

     

    J'ai aussi fréquenté Jean-Pierre Rosnay et le Club des poètes dans les années 1993-2002 où nous parlions des poètes disparus comme Robert Desnos, Alosyüs Bertrand, Gaston Bachelard le poète psychanalyste du feu et de l'eau, cela dans des conférences faites par Noëlle Doyen qui était professeur de philosophie et poète, il y avait aussi d'autres poètes comme Marcelle Rosnay, Blaise Rosnay, Sabine Rosnay, Pierre Raisonnier, Pierre Guizerix, Jacques Mazé, Maria Labeille, Céline Varennes, Elyse Simorre, Claude Spire, Herminose, Anne Mauger, Philippe Veyrunes, Danièle Lauprête, Pierrick de Clermont, Anselme, Isabelle Jaussome, Monique Vaas, Marjolaine Deport, Thierry Cohard,  Elodia Turki, Alain et Célia Bornert etc

     

    Je me suis aussi rendu dans le Caveau de la Bohème avec monsieur Gérard Trougnou, un lieu qui se situe dans l'enceinte du théâtre des déchargeurs où les poètes passent devant un public de poètes tous les lundis soir.

  • Textes de Guy Perrot Copyright Guy Perrot

    Guy
    Textes de Guy Perrot...


    Ils ont été mis en forme de texte en lecture à sa demande en 1994 à partir de cassettes enregistrées

    Préface Guy Perrot

    M'appelant Perrot il était normal que je fasse des contes, mais comme je suis paresseux, les contes sont tout petits... C'est pourquoi je les ai appelés les acomptes de Perrot... Voici donc un premier de ces acomptes un a-conte pour enfant...

    La neige de juillet...

    Ce matin là, je m’éveillais par un chaud soleil de juillet, et à ma grande stupéfaction, regardant par la fenêtre, je vis qu’il y avait de la neige... Vous me direz... De la neige... ! ?? Oui!! Mais de la neige un 14 juillet par 37°c à l’ombre... c’était pour le moins insolite... ! Et en plus... Une belle neige... Blanche et froide...

    C’est tout de même assez curieux! Vous avez vu cette belle neige blanche ?! M’écriais-je alentours en ouvrant ma porte... D’abord elle n’est pas blanche... Elle est verte! S’écria le petit homme vert qui ressemblait à mon voisin du dessus... Je vous demande pardon... Elle n’est ni blanche... Ni verte... Elle est noire!

    Répliqua le petit homme noir qui ressemblait à mon voisin d’en face... (voix autoritaire d’un vieux militaire)... Scrogneugneu... Elle n’est ni verte... Ni blanche... Ni noire... Elle est bleu blanc rouge ronchonna le colonel ‘’garde à vous!’’ Qui ressemblait à mon voisin d’en dessous... Et moi, je trouve qu’elle sent le pétrole! S’écria la Générale Motor qui passait par-là...

    Et moi... Je me demande perplexe.!! A se demander si cette neige d’ août...de juillet... Pardon! Etait verte...blanche... Noire... Tricolore... Et si elle sentait le pétrole...

    Quand j’entendis... Mon carillon qui égrenait les douze coups de minuit... C’est alors que je compris...que ce n’était pas l’aube... Mais que tout simplement... J’avais rêvé...

    Copyright GUY PERROT

    Poème

    Tiens...voilà que je me réveille, et que je te vois toi...

    Toi... Née de mes songes... Née de mes phantasmes...

    Née de mes mensonges... Petite feuille des champs...

    Petite fille bouquet champêtre... Tu es là devant toi...

    Impalpable et diaphane... Comme les fées des contes et légendes...

    Petite fille des champs... Petit bouquet champêtre...

    Tu es ma fée, ma princesse, mes floralies...

    Floralies...!!?? Oui! Je vois tes cheveux s’envoler...

    Comme les fils d’argent dans les prés...

    Sauf qu’ils sont boutons d’or...

    Tes lèvres sont coquelicots...

    Tes yeux sont myosotis...

    Et ton corps... Une rose trémière dans la robe pourprée...

    Petite fille des champs... Petit bouquet champêtre...

    Et si... Peut être... Un jour... Toile de mes phantasmes...

    Tu devenais des chairs...

    Peut être diras-tu...?

    Lisant ces quelques vers...

    Telle la femme du sonnet d’Arvers...

    Tiens.!! Qu’elle est donc cette femme...!!??

    Et ne comprendras pas...

    Copyright GUY PERROT

    Les temps nouveaux...

    Sur la route des temps nouveaux, il existe un vieux monde perclus, reclus, cocu, perdu dans ses racines carrées, ses règles à calculer, ses intégrales, mal intégré, ses additions, ses soustractions, ses divisions, ses éclatrons ses positrons, ses éxcitrons, ses bévatrons, et ses étrons... Et tron... Tron... Tron... Trontaine...

    Un vieux monde engoncé, un vieux monde tellement médiatisé par l'horreur, la violence et le profit que lorsqu'on lui parle d'Einstein, il dit Einstein!? Einstein..!!?? Attendez..!! Ah oui! Einstein comment va ce vieux Franck...ayant totalement oublié l'autre... Il est là d'ailleurs, penché sur l'équation einsteinienne à se demander si par hasard si e=mc2 ne serait pas la sœur jumelle de so4h2... So4h2??!! Après tout, il se balade tellement d'acide dans l'atmosphère... Pourquoi pas?!

    Et voilà maintenant que le vieux monde qui a pris un crayon et qui se met à faire des ronds, et il est là qui ânonne...diamètre... Rayon... Diamètre... Rayon... Pi... 3,1416...116..116...pourquoi 116 ? Dit le monde...peut-être qu'avec 116 le monde aurait tourné plus rond, et ne comprenant plus rien à rien, refermant le livre du passé étouffant un énorme bâillement, le vieux monde s'allonge sur le matelas de sa stérilité et s'endort du sommeil de l'injuste, mais l'enchanteur Merlin passant par-là dans ses songes lui fait faire un rêve de baguette magique...

    Voilà le vieux monde, transformé en girouette, se met à tourner aux quatre vents des temps futurs... Alors les chateaux-forts et leurs blasons blasés... Les banques et leurs banqueroutes... Les palais d'injustice et leurs couronnes mortuaires et même la basilique saint Pierre de Rome s'écroulent dans le néant...

    Sur la route des temps nouveaux temps tandis qu'un monde caduc s'enferme en son tombeau... On voit des mains d'enfants... On voit danser des mains sur des visages d'enfants...

    Copyright GUY PERROT

    Poésie fonctionnelle (dédiée à messieurs les technocrates, ceux de Polytechnique, messieurs de H.E.C. Et messieurs les ordinateurs également, là, je les prends au second degré, voici le premier essai de poésie fonctionnelle.)

    Les fiançailles "poème au 3ème degré"

    Affectivité propositionnelle

    Ah ! Que mon intransitivité, transcende votre transitivité...

    Que ma prospective soit motivée par votre variable liée...

    Que votre constante unie à mon quantificateur universel...

    Suivant les codes binaires! Chante la gloire de notre associativité...

    Ah ! Que mon rejet uni, et votre rejet subi...

    Deviennent des rejets réciproques...

    Par nos relations de noyaux...

    Hum! Que j'aime votre logique élaborée...

    Et vos critères de tautologie... Et vos fictions axiomatiques...

    O mon entité transcendante! Ensemble nous visiterons...

    Les critères de définition des thèses... Et nous cordonnerons...

    Nos coordonnées dans un circuit d'auto distributivité...

    Alors ! Mon accumulateur totaliseur,

    Connecté dans votre disque dur...pendant que mes deux logiciels...

    S'en iront musardé les contours de votre imprimante...

    Bercé par les accords d'un Xenakis trituré au laser...

    Une table de logarithmes nous servant de litière...

    Au nom dune fatalité programmée...

    Nous ferons de nombreux petits multiplicandes...

    O ma particulière existentielle!

    Copyright GUY PERROT

    Deuxième essai de poésie fonctionnelle (amour un peu contrarié)

    Interférences des circuits...

    Etant donné la doctrine de l'infrastructure...

    Et compte tenu de la perpective de nos gènes...

    Je souhaite qu'un accord conjoncturel...

    Vienne souder mon symposium à votre complexe rétroactif...

    Et si mon processus de détermination...

    Rejoint l'anthropomorphisme de votre genèse promotionnelle...

    Il n'y a aucune raison que ne s'installe entre nous...

    Un phénomène d 'osmose moléculaire...

    Par interaction de nos acides nucléiques...

    Devrons-nous ô ma constante variable!?

    Tenir compte d'un déterminisme généralisé...

    Ou d'un compartimentage fractionnel...

    Je ne sais, je ne sais... Quoi qu'il en soit...

    Je vous emmènerais par les sentiers du corollaire

    Jusqu'au postulat légitime...

    Alors partant du point gamma...

    Un point de friction s'établissant entre nos équivalences de masse...

    Mon vecteur épousant votre abscisse...
    Nous jetterons les fondements d'une géométrie dans les spasmes...

    Copyright GUY PERROT

    Tiens ( a la manière des No japonais)

    Amicalement ta main s'était posée sur la mienne...

    Et le lendemain, à l'endroit où elle l'avait touché,

    Une rose avait soudain poussé...

    Que je te ferai en souvenir...

    Tu m'apparus en fée déroulant une grande écharpe bleue...

    Sur laquelle tu me pris en croupe...

    Et nous partîmes tous deux comme sur un tapis volant...

    Atterrissant sur une planète de fleurs et de chants d'oiseaux

    Dont le souverain était le petit prince...

    Copyright GUY PERROT



    A la gloire des militaires, anciens, nouveaux et à venir...

    Le défilé ou non, moi j'ai fait le défilé, et j'ai pensé au 11 novembre et au 14 juillet... Alors en mélangeant les deux, voyez ce que ça peut donner à peu près, les souvenirs de l'un et les souvenirs de l'autre...

    Aujourd'hui c'est le grand jour, tout là haut, place de l'étoile, le grand arc dit du triomphe, mais en réalité arc à souder les passions, retentit les fracas des cloches de Notre Dame des victoires...

    Alors le défilé commence... Sur un air de clairon qui entraîne un général à cheval, suivit d'un colonel à cheval, suivit d'un capitaine qui traîne sur ses bottes la connerie juxtaposée de deux adjudants de quartier, et derrière toute cette famille harnachée, sanglée, pas un bouton qui manque, la victime...

    Bidasse premier...il est là bidasse... Qui défile, qui s'enfile dans la file serré par les serres files... Mais n'oublie pas en passant devant la tribune présidentielle, de saluer le président auquel à coté le gouverneur militaire, des ministres qui ne le sont plus, des ministres qui le seront peut-être encore... Enfin on ne le sait...mais ça le change, ça change de l'adjudant, du sergent de semaine, de la binette de l'adjudant qu'il voit tous les jours chez lui...

    Bidasse enfin!

    Tête à gauche...tête à droite...tête à gauche (sur un rythme de marche militaire), tête à droite... Tête à gauche... Voilà le défilé qui passe, tête à droite... Tête à gauche...tête à gauche... Tête à droite... Voilà le défilé passé... Tagada... Veux tu souffler dans ma trompette... Tagada... Veux-tu souffler dans le trou d... Du dessus, allons... Allons!...(Marche lente style légion)... Qu'est qui t'a fait c't'enfant ma fille? C'est un légionnaire... Un légionnaire maman ... Tiens t'auras du boudin... J'en veux pas d'boudin... T'en auras comme même... Tiens t'auras du boudin...

    J'en veux pas d'boudin... T'en auras encore...!!Re sonnerie... Tagada... Veux tu souffler dans ma trompette... Tagada... Veux tu souffler dans le trou... Du dessus...

    Garde à vous!... Monsieur le délégué à l'armement... National... Occidental... Oriental... Occipital et pariétal... Va faire son discours... Mais... Mais... Mais... Avant d'allucautionner la foule... Monsieur le délégué, dépose sur le tombe de l'inconnu méconnu... Un superbe bouquet qu'il arrose de grosses larmes grâce à un oignon astucieusement disposé... Et monsieur le délégué commence...

    O petit soldat de France! Petit poilu de Verdun... Dont les os reposent ici sous la dalle... Qu'importe que tus sois breton... Que tu sois du Nord... Du Sud... De l'Ouest ou de l'Est... Car sous cette dalle reposent les ossements d'un petit soldat de France...

    C'est alors que de dessous la dalle une voix retentit... Danke schon mein herr...!!

    Horreurs et stupéfactions... Depuis bientôt trois quarts de siècle, les anciens combattants combattus, avec toutes leurs décorations en bandoulière venaient saluer l'ennemi héréditaire... Enfin héréditaire!? L'ennemi héréditaire de l'époque...

    Faut dire qu'au court de l'histoire on a souvent changé d'ennemi... Ça variait les combats... Pauvres anciens combattants combattus... Ah! Ils étaient stressés!...il y avait de quoi... A tel point que les légions d'honneur en rougirent d'horreur...

    Et que les merdailles mirlitaire se désemerdaillérent sur-le-champ... Et tout ça à cause de quoi? Hé bien à cause du bidasse de l'époque qui était daltonien, et qui avait confondu les couleurs en triant les ossements!

    Il avait confondu le bleu horizon du futur maréchal nous voilà avec le vert de gris du général von Kluge... Quelle horreur ! Ah! Devenu subitement mégalo-maso...monsieur le délégué à l'armement national... Occipital etc.

    se déboutonnant... Arracha son membre qu'il croyait viril auquel il attacha son mouchoir et munit de ce petit drapeau, tel Déroulède le glorifiait jadis, monsieur le délégué se mit à chanter... Flotte petit drapeau... Flotte toujours bien haut....image de la France... Symbole d'espérance... Et tombant émasculé, le nez dans son bouquet...

    Le général à cheval se statufia pour l'éternité... Par subordination toute militaire le colonel en fit autant... Quant aux anciens combattants combattus, ne comprenant pas bien, ils descendirent les Champs Elysées en chantant la marseillaise sur l'air du deuschtland uber alles...

    Battez tambours...sonnez clairons... Pour les petits... Comme pour les grands... Guignol est terminé.

    Copyright GUY PERROT


    Avis de recherches

    Ah! Oui! Bien tiens! On m'a donné là... Excusez-moi, c'est un peu radio comme ça, ça qu'on me passe à faire... oui oui. mais non je le passe...on est à la radio...on est entre nous...un avis de recherche...hé oui!

    Il y a des avis de recherches...oui après tout...ça peut passer...

    Avis de recherche...le petit Jérôme Dracula, ayant quitté le domicile de ses parents au dernier quartier de lune est demandé par sa famille, facile à reconnaître, grâce à sa dentition particulière et à ne circuler que dans les grandes artères, enfant très affectueux, embrasse facilement dans le cou, si vous le trouver prière de le ramener à ses parents, Père-Lachaise, allée 23 caveau n°8 entre minuit et le chant du coq...ah un p.s. Si vous êtes provençal, n'y touchez pas à cause de l'odeur de l'ail qui risque de le traumatiser...

    Oui..oui...un deuxième avis de recherche...

    Des bateliers ivres ayant volé le sien...Melle Marie l'égyptienne recherche pucelage neuf en vue mariage sérieux...

    Cruellement affecté par la perte de son souffre douleur un sadique cherche masochiste pour collaborer...ayant perdu sens des réalités... recherche contre sens ou non-sens...s'adresser poste restante à monsieur le fol à sens c'était des avis de recherches...parce qu'on est en radio est c'est normal...

    Copyright GUY PERROT



    Ah tiens ! Voilà qu'on me donne un très joli petit poème... Enfin un petit poème... Bon il est joli...

    Rêves et magie...


    Toi, mon amour et ma joie... Viens... Viens maintenant...

    Viens dans le passé... Pourquoi pas le passé?

    Tiens je me fais magicien...me voici Merlin l'enchanteur...

    Et toi... Viviane, ma fée... Ma compagne...

    Voilà... Tous deux nous allons partir...

    Nous partirons d'ailleurs, pour Brocéliande...

    Là... Près du grand chêne séculaire... Près de la chapelle...

    Où jadis, toi... Viviane la fée et moi Merlin l'enchanteur...

    Je reçus Arthur et tous ses chevaliers...

    Et là... Près de la table ronde... Moi Merlin...

    Me faisant magicien, je vais devenir chevalier...

    Tiens...!? Perceval... Tu seras mon Graal enfin retrouvé...

    Graal que je vais transporter... A travers monts et vallées...

    Et nous irons là-bas près du grand <???>...près du grand nord...

    Là! Où se fige le silence, don d'une écoute vivante...
    Ecoute la musique de Grieg... < mélodie chantée Peer Gynt>...

    Mais voilà dans ce grand Nord...

    Se dessine devant nous une aurore boréale...

    Ce grand Nord où pendant tous les mois d'été...

    Le soleil ne se couche jamais...

    Toujours sous ce matin de Grieg...

    Ecoute... Ecoute peut-être un instant...

    Je vais devenir Peer Gynt...Ce paysan naïf...

    Et toi Solweig la vierge...

    Et toujours sur cette musique...

    Nous allons terminer le cycle...

    Moi le petit prince avec à ma main ma rose apprivoisée...

    Et toi... Alice revenue du pays des merveilles...

    Alors... Alors... Chevauchant l'arc-en-ciel...

    Nous irons tous les deux...

    La main dans la main...

    Voir derrière ton miroir...

    Si un nouvel univers n'est pas en formation...

    Copyright GUY PERROT


    Jean-Marie Serrure...

    Non... Non... Non... Mesdames et messieurs... Pas la peine de faire un scandale, on commence à m'emmerder moi à dire du mal de moi... Alors j'arrive ici et je me présente... Jean Marie serrure... Je devrais dire pour les Béotiens que chaque serrure à un pêne, hé ben! Je suis là! Moi! Jean Marie serrure...

    Qu'est ce que c'est que ça... On se fout de ma gueule... On prétend... Moi! ... On me fait xénophobe... On me fait raciste... Moi! ... Justement... Est-ce que vous y avez pensé ce que j'ai fait moi... Ben non! ...ben pourtant je veux faire des piscines pour les immigrés... Ah! Vous y avez pensé vous autres des autres partis...?

    Moi... Si!... Je suis raciste moi ??!!... Des belles piscines pour les immigrés, des piscines chauffées pour les immigrés, il y en aura à barbés, il y en aura à la Courneuve... Il y en aura à saint Denis... Il y en aura, à Montfermeil, partout dans les points chauds il y aura des piscines, pour les immigrés qui seront signés jean Marie serrure...

    Parfaitement! Ah! Et je permettrais à ces même... Justement à ces immigrés... Tiens regardez... On a des immigrés qui sont champions de marathons, champions de course à pied, mais on n'a pas de champion de natation... Hé bien ! Grâce à moi! Nous aurons des champions de natation oui... Oui... ! Parfaitement vous les verrez aller plus vite, même ceux qui n'étaient pas bons nageurs deviendront des grands nageurs car mes piscines auront un truc spécial...

    Il y aura dans chaque piscine un sas à piranhas, avec un gars qui ouvrira le sas à piranhas qui auront jeûné pendant une semaine... Hé bien! Vous verrez dans la piscine comme ils iront vites, ils battront des records mes immigrés... Battront des records... Le premier arrivé sera gagnant...

    Celui qui pourra de toute façon..., il y aura un tiercé tous les membres de mon parti vont parier... Et les trois premières taches rouges sur la piscine qu'elles soient dans l'ordre ou bien dans le désordre... Ça n'a pas d'importance... Ceux qui auront joué les dossards des taches rouges seront les gagnants dans l'ordre ou dans le désordre...

    Hein! Et avec l'argent des paris je construirai d'autres piscines aux piranhas, et alors ce sera formidable...je m'adresse à monsieur le ministre de l'intérieur... Monsieur Charly... Pas la peine de renvoyer les immigrés chez eux, grâce à moi, ils seront consommés sur place... Voilà ce que je dis, moi... Jean Marie serrure... Homme de toutes les situations...

    Copyright GUY PERROT


    Conte

    Ah! Un petit conte...atroce... Il faut bien des petits contes noirs de temps en temps... On vous a déjà beaucoup parlé de Tchernobyl alors un jour j'ai pensé qu'un Tchernobyl français ça pouvait arriver...il était donc une fois un Tchernobyl...

    Mais un Tchernobyl français... Les gens se sont réveillés et voilà que tout à coup les centrales nucléaires s'étaient donnés le mot pour exploser en même temps...

    Alors là... Ça fait tout de même pas mal de bruit... Alors toutes... Alors là fallait voir... Sa majesté plutonium accompagné de son prince consort césium et les petits princes derrières tout ça...

    C'était parti... Poussé par les vents qu'importent les vents celui des antan les petits vents, les grands vents... Le mistral... La tramontane... Poff! Tout! Tout...tout... Tout...

    Tout... Alors fallait voir le plutonium... Hou! Là! Là! ...le plutonium un sacré grimpeur... Le Poulidor du nucléaire... Ah ! Fallait le voir monter les côtes, les petites côtes, les fausses côtes, les grosses côtes... Jusqu'au mont de la plèvre... Ou il faisait son trou... Un grand trou... Oui un très grand trou...

    Alors ce n'était pas difficile... Au vu que peu de temps bientôt des millions de poumons jonchèrent la chaussée... On avait des kilomètres de morceaux de poumons, il y en avait des morceaux blancs, il y en avait des encore rouges sanguinolent... Puis il y en avait des bleus, ceux qui avaient commencé à moisir...

    Tiens bleu... Blanc... Rouge... Tricolore! Dis donc! Comme le drapeau...hé bien! Oui! Grâce au plutonium et au nucléaire...voilà que le drapeau français n'était plus un morceau de toile de jute brandi à la verticale, mais un morceau de poumon troué à l'horizontale... Ça changeait comme même...

    Miaou... Miaou... ¨miaou... Firent tous les minous en se jetant... Venez les copains...! C'est la grande fête du mou... Il y avait tous les chats... Les chartreux... Des persans, des catus vulgaris de gouttières... Même le chat de la mère Michèle... Ils se gavèrent de morceaux de poumons et en crevèrent...

    Alors n'ayant plus de chats... Les rats se sortirent de leurs tanières et apportèrent la peste et le choléra... Ce qui fait que les pauvres humains qui n'était pas morts en crachant leurs poumons par-devant, mouraient en crachant leurs intestins par derrières... Bientôt il ne resta plus qu'un seul survivant... Sur un petit radeau... Sa chemise lui servant d'oriflamme... Sur lequel il avait écrit avec son dernier sang...au nucléaire si bienfaisant... Le dernier survivant reconnaissant...

    Copyright GUY PERROT



    Mécréant?! Oui! O cathos! Ne m'en veuillez pas, je fais des contes mécréants, je serai voué aux gémonies...voué à l'enfer... Mais tant pis voilà...!!

    Premier conte mécréant...

    Le jour ou Dieu s'interrogea... Ben oui! Ce jour là Dieu était perplexe...il se posait des questions... Il bâillait à fendre l'âme le pauvre papy... Encore que... Enfin disons le mot tout net Dieu s'emmerdait...

    D'autre part ,on peut très bien être Dieu et s'emmerder... On peut être Dieu et s'emmerder en même temps... C'est pas incompatible... Il était là qui bâillait... Qui bavait le pauvre Dieu... Il appelle l'ange bibliothécaire qui était de service et il dit...

    -écoute angélus bibliothecus, je m'emmerde... Je voudrais bouquiner...

    -ah! Dit l'ange...oui mais hé hé hé!!.... Patron la dernière fois que vous bouquiniez ben c'était Penthouse et Play-Boy... Et vous en étiez à la page des photos gratinées, et madame Marie passait derrière à ce moment là c'était pas la joie... Oh! Pas contente qu'elle était...ouille! Ouille! Ouille! Et aujourd'hui elle est encore derrière et en plus elle est accompagnée du préfet de police du paradis monsieur Michel archange...

    - oh oui ! Monsieur Michel archange...j'en suis las depuis son combat de catch avec le dragon, il n'y a plus moyens de le tenir... Bon alors qu'est-ce que tu as...

    -bon alors! Patron je vous conseille de lire du sérieux...

    -hé bien alors oui! Alors tu sais ! Je n'ai pas d'idées! Dis-moi mon vieux tu es bibliothécaire après tout...

    -alors patron...moi je vous propose les livres saints... Les livres sacrés... La bible par exemple...

    -non mon vieux la bible je la connais par cœur, et puis... Dis donc avec tout ce qu'ils m'ont mis sur le dos, tous ce qu'ils racontent... Allons! Ah! Tiens! Les plaies d'egypte... Les pluies de sang... Les serpents... Les sauterelles criquets qui bouffent tout... Sans compter l'autre allumé qui au pied du mont Sinaï me voit en buisson ardent... Phoebus moi qui ai horreur du feu... Le feu ce n'est pas moi que ça concerne... C'est pied fourchu le locataire d'en bas... Et s'il n'y avait que ça... En plus avec l'histoire de éve de la pomme et du serpent où l'on me fait passer pour le plus grand misogyne de tous les temps ah! Non non... Allez... Trouve-moi autres choses...

    -ben écoutez patron... Je ne sais pas dans les livres sacrés le coran...

    -ah oui! Dit Dieu...le coran... Mais là c'est autre chose... A chaque fois que je lis le coran et que le cuisinier du paradis me fait des côtes de porcs... figure-toi que le mélange des deux me donne de l'urticaire... Et je ne comprends pas pourquoi... Allons non... Pas le coran...!

    -bon alors! Patron... Alors un livre sacré vous en avez un très sérieux... La Bhagavad-Gîtâ...

    -oh!...dis Dieu la Bhagavad-Gîtâ... Oh là là là!! Ces agrès hindous c'est d'un ardus... C'est pas décontractant... Oh! Non... Non... Non...! A la pensée de tous ces Dieux et ces sous Dieux avec... Avec leurs bras multiples qui gigotent dans tous les sens... Alors rien que d'y penser ça me donne le vertige... Non pas la Bhagavad-Gîtâ...

    Alors dans les livres sacrés il ne reste plus que la Thora...alors Dieu ouvrit la Thora... Et il lut... Au commencement il y avait Yawhé...

    -comment ça! Dit Dieu... Il y avait... Il y avait Yawhé ! Yawhé... Mais alors j'aurais bâti le monde sur un pléonasme...

    Et c'est alors que Dieu profondément traumatisé vendit son âme au diable...

    Copyright GUY PERROT


    Toujours quand Dieu s'interroge...

    oui! Dit Dieu....il parait que j'ai fait l'homme à mon image... Seulement voilà... Pour naître l'homme, il lui a fallut un père et une mère donc un principe mâle et un principe femelle... Alors moi qui n'ai ni père ni mère... Qui suis orphelin...

    Alors il n'y a pas eu à ma naissance ni principe mâle ni principe femelle...

    Alors... Je me suis fait moi-même... Alors je suis mâle et femelle à la fois... Hermaphrodite comme l'escargot...

    Hé bien! Me voilà beau... Dieu escargot... C'est alors que profondément vexé Dieu rentra dans sa coquille et c'est depuis que dans le monde il y a tant de salades...


    Confession d'un athée

    Parais que moi, je suis athée... Parais que Dieu à fait l'homme... Oui mais l'homme on l'appelle en langage branché... On appelle ça un mec... Donc Dieu créateur de l'homme il est donc créateur de mecs... Comme qui dirait le mec plus ultra... Oui mais alors un créateur de mecs... Alors Dieu est mec créant... Alors comment voulez-vous que je croie en quelqu'un qui ne croit pas en lui-même... Alors voilà pourquoi je suis devenu athée.

    Copyright GUY PERROT


    Dracula compagnon de Jésus...

    -père! Dit Jésus...s'adressant à Dieu... Je voudrais retourner sur la terre pour une nouvelle rédemption...

    -une nouvelle rédemption!? Oh mon fils! Tu crois encore que les humains en vaillent la peine... Tsss... Tsss tu vois ce qui est arrivé à la première...ça serait pire maintenant.

    -oui mais mon père j'ai mon idée.

    -ah bien! Va mon fils...je te fais confiance et que moi-même te garde...

    Et Jésus partit dans sa soucoupe volante... Non pas sur son bourricot... Parce que les bourricots c'était dans le temps... Maintenant Jésus il a évolué... Il débarque sur terre... Tiens à Paris en plein aux milieux des Tuileries...

    Et à peine, débarqué, Jésus fit ceci. Un geste que bien des siècles avant lui avait fait un nommé Hermès Trigmégiste et prononça les mêmes paroles... Ce qui est en haut est comme ce qui est en bas et vice versa... Et c'est alors que d'en bas arriva Dracula...

    -arhhgghh s'écria Dracula en se voilant les yeux... Arhhh Iesus... Vade retro Iesus pié...!!

    -non! Je t'en pris dit Jésus ne me fais pas une mauvaise parodie d'une phrase que je n'ai pas pu prononcer, mon vieux Dracula, vu qu'à mon époque si je comprenais le latin, je ne le parlais pas mes compagnons et moi, on parlait l'Araméen...

    -mais que veux-tu? Dis Dracula très troublé...

    -mais je vais t'expliquer, dit Jésus, jusque là mon vieux dradra... Permet moi que je t'appelle dradra... Tu peux m'appeler jéjé... Ça crée l'intimité... Je vais faire de toi... Toi qui étais une pompe aspirante... Hé bien! Je vais faire de toi une pompe refoulante...

    -Excuse-moi Jésus...mais je ne te comprends pas!

    -je vais t'expliquer...je vais t'expliquer... Je vais t'expliquer, tu seras en même temps que ma seringue hypodermique

    -comment ça va...!!??

    -non non...je t'explique... Je t'explique... J'ai décidé de vacciner les gens avec mon propre sang pour une nouvelle rédemption... Comme je suis rédempteur... Je suis chargé de changer le mal en bien... Bon toi ! Tu es censé être le mal et moi je suis censé être le bien... C'est normal que je te prenne... Tu vois alors voilà on va essayer de changer le monde comme ça est en plus tu as une qualité toi... Quand tu mords les gens... Ils deviennent comme toi... Alors ça fait un effet boule de neige... Tu piges!...

    -hein! Ah?! Bon! Tiens!...

    -bon ! Alors t'es d'accord?

    -c'est comme même sympa ce que tu me proposes, mais tu sais que je n'y crois pas parce que tes humains... Ah hé bien dit donc! Ils ne valent pas une tune... Papa il n'arrive pas à les brûler... Puis il y en vient tellement maintenant... Il y en a tellement qui viennent aux enfers qu'ils sont obligés de prendre un ticket... Ils font la queue avec un ticket... L'autre jour, tiens! On a eu des promoteurs immobiliers... Oui oui oui!monsieur... Il y avait monsieur Truandin et monsieur Gougnafier... Ils étaient durs, pas moyens de les brûler... Papa n'y arrivait pas... Puis en plus ils lui ont fait des propositions... D'abord ils lui ont dit que ses fours, c'était ringard... Fallait des fours à micro-ondes... Et puis qu'ils allaient en faire des trucs faciles s'ils les laissaient faire... Sur terre ils faisaient des villas pieds dans l'eau... Ils feraient des villas pieds dans le feu...complètement stressé qu'il était Satan... Ecoute jéjé... Pour stresser Satan, il faut comme même en faire... Bon enfin ça fait rien je vais essayer d'être ta seringue hypodermique si tu veux...

    -hé bien! Dit Jésus puis que t'es d'accord... Viens m'embrasser!... Tsss tsss tssss... Sur la joue... Pas dans le cou...

    -ben ! Pourtant dit Dracula... Pour récupérer ton sang il faudra bien que je te morde...

    -ce n'est pas nécessaire... Dit Jésus... Regarde le vase qui est là... Quelle que soit la quantité de sang que tu prennes, le niveau sera toujours le même... Tu vois quand on est Jésus on est un peu magicien... Alors c'est pourquoi, tu vois, ça ne bougera pas... Quelle que soit la quantité que tu prennes...

    -ah bon??!!...

    -mais alors attention, tu feras très attention car c'est un prototype qui a été fait pour moi en poterie de Graal...

    -mais dit Dracula je suis très sérieux jéjé!!

    Et les voilà partis Jésus et son vampire devenu le bon larron...qui faisait son boulot très bien et sérieusement d'ailleurs... Il aspirait, mordait, restituait... Aspirait... Mordait... Restituait... Aspirait... Mordait... Restituait... Et bientôt des centaines de gens vaccinés... Ceux qui étaient mordus, mordait à leurs tours... Ils s'embrassaient dans la rue, ils avaient compris le sens de l'amitié et de la fraternité... Improvisant des rondes sur les places des marchés, sur les parvis des cathédrales... Dans les rues et ceux là même qui n'avaient pas été vaccinés, pas été mordus en faisait autant en se disant... Tiens, c'est médiatique... Qu'est que ce que c'est? Ça doit être une nouvelle mode et bientôt des milliers de gens firent des rondes... Comme ça, ils avaient délaissé leurs télés... Les émissions culturelles du club Dorothée et ayant enfin retrouvé le sens sacré de la fête...

    Même les P.D.G.. Invitaient en leurs yachts, leurs somptueuses demeures ceux du R.M.I. Et les chom'du et consentaient ce que qu'ils foulent leurs tapis persans dessus avec leurs pieds chaussé par Tati et que même ils plongent leurs petites cuillères dans leurs bols de caviar. Les banquiers sur le pas de leurs portes distribuaient leurs billets aux plus démunis; même les garagistes étaient devenus honnêtes et mieux encore les bistrots auvergnats ne faisaient plus la tournée du patron avec les résidus des fonds de bouteilles...alors Jésus comprit que cette fois c'était gagné... Il remonta dans sa soucoupe, le grand galactique à fin d'aller retrouver ces frères les éons...

    -hep! Hep! Dit dracula... Et moi tu me laisses, je ne peux retourner en bas...

    -ah ben non! Dit Jésus...c'est évident... Tu peux plus... Si tu voyais tes yeux de rouges qu'ils étaient ils sont devenus bleus azur... Et il t'a poussé une barbe de prophète comme moïse... D'ailleurs tu vas être le nouveau prophète c'est toi qui va porter la bonne parole sur la terre maintenant... Et puis pour le faire voilà ton bâton de pèlerin...

    Et quand l'ex vampire se saisit du bâton... Alors ces deux canines s'envolèrent et devinrent deux colombes allant porter message... L'une s'en allant à l'Ouest l'autre s'en allant vers l'Est...

    Copyright GUY PERROT


    Dernier conte mécréant...

    Prière d'un sceptique...

    Notre père qui êtes aux cieux... Hé bien! Restez-y....comme l'avait si bien dit Prévert, et nous, on sera heureux sur terre... Oui! Mais quand le grand jacques, il a dit ça, il y a 45 ans... On était heureux sur la terre à ce moment là... On allait beaucoup moins vite... On ignorait le structuralisme, on ignorait le conjoncturalisme, le marketing, le merchandising, le leasing, les briefings, les brainstormings et tous les E.D.M.. L'économie de marché, l'escroquerie des marchands, l'exutoire des médias, et le principe de Peter, un truc inventé pour foutre à la porte tous les gens compétents...

    Enfin une époque où on n'avait pas besoin d'un psy quand on était stressé, ni besoin d'un sexologue pour se regarder le zizi... Une époque où on vivait... Quoi!!?? Merde! Hein?

    Notre père qui êtes oDieux...oh! Hé ben! Aux Dieux! Ecrivez comme vous le voulez soit avec un Ô majuscule, soit en deux mots, avec A.U.X..... Devant parce que Dieux vous l'êtes quelquefois multiples...

    Oui vous êtes Dieux bouddhistes... Dieux shintoïstes... Dieux ramadans... Dieux casher... Dieux cathos... Dieux protestos et vous vous foutez en plus sur la gueule les uns les autres... Enfin les uns les autres... Vous vous partagez en eux c'est drôle comme ça que vous vous foutiez sur la gueule entre vous hein!...

    Enfin ! Vous, ça vous amuse peut-être, mais ceux qui sont en bas descendez donc quand même et puis... Secouez-leur un peu les plumes!... Pour qu'ils soient un peu moins idiots... Hein! Notre père qui êtes aux creux... Notre père qui êtes aux feux... Ben! Remarquer, c'est normal vous êtes un esprit...vous êtes ascète... Quoi!!??

    Pas besoin de becqueter...ben! Mais eux? Si! Les pauvres humains... Ceux qui ne bouffent pas... Ceux du Sahel... Ceux du Biafra... Ceux de somalie... Les Indiens d'Amazonie et j'en oublie... Eux, ils voudraient bien becqueter... Hein! Et quand ils veulent manger pour voir s'il y a quelques choses... La table recule... Ils ne vont jamais l'attraper...

    Dit donc!... Et eux c'est pas des esprits vous savez.!! Ils ont un oesophage, un estobloc, pour pouvoir digérer, un trou du cul pour pouvoir évacuer hein! Un bon mouvement...notre père qui êtes osseux... Oh! Notre père qui êtes aux creux... Au creux de la vague... Hé hé!

    Montez-y donc sur la crête à la vague... Et regardez notre mer... Notre père... Avec toutes ses boues rouges, ses boues vertes, ses boues noires... Ses boues de toutes les couleurs... Beurk ! Beurk..Beurk! Beurk! Beurk!

    Une mer emmermerdée notre père... Très emmermerdée... Notre père qui êtes aux creux... Oh ! Notre père qui êtes aux feux... Tiens! Le feu c'est un des plus gros désinfectant... Bons sangs! Peut être que réveillant les volcans...et même sans la permission d' Haroum Tazieff... En filant une bonne petite éruption... Ça irait mieux... Sur votre foutue planète... Et que les gens deviendraient moins cons... Notre père qui êtes aux feux...

    Copyright GUY PERROT


    A propos de la cohabitation... Chers François et Edouard...

    Les candidats devenus les mascottes de leurs électeurs... Chacun la mascotte d'un groupe... J'ai donc pensé pour ces mascottes à prendre une chanson "le duo de la mascotte" le duo de la mascotte des dindons et des moutons... D'ailleurs dindons et moutons sont des professions de foi qui correspondent tout à fait aux électeurs en train de voter...

    Je sens quand je les aperçois... François...

    Comme un tremblement qui m'agite...

    Et toi Edouard quand je les vois...

    C'est étonnant comme ça m'excite...

    François... Ho ho ho ! Regarde mes dindons...

    Edouard regarde mes moutons...

    Quand chacun fait glou...glou... Glou... Glou.

    Quand chacun fait bêêh bêêh bêêh...glou glou... Glou.

    Bêêh...glou... Glou... Glou bêêh bêêh bêêh bêêh...

    Edouard regarde les maintenant leurs bulletins...

    Des petits... Des grands... Les pas malins...

    De leurs personnes ils nous font dons...

    Croyant que chacun de nous c'est le bon...

    Et moi... Edouard quand je les vois...

    Content de nous apporter leurs voix...

    Ils ont beau savoir qu'on déconne...

    Ils sont heureux qu'on les couillonne...


    François regarde mes moutons... Mes dindons...

    Edouard regarde mes moutons...

    Quand chacun me fait glou glou glou glou...

    Quand ils me font bêêh glou glou glou..

    Bêêh glou glou glou bêêh glou glou...

    Bêêêh bêêêh bêêêêh bêêêêêh...

    Faut dire... François que déjà moi...

    C'est pas la joie...

    J'ai le Gérard qu'est un peu longuet...

    Le Jupet qui veut m' enjuper...

    Par derrière venant de Chamalières...

    Et Valéry qui me fait des embrouilles...

    Ben moi... Edouard tu sais... C'est pas mieux...

    Ah non! Jospin, Fabius ne sont pas en train...

    Charras lui fourgue ses bretelles...

    Chez toi Valéry te fait des embrouilles.

    Chez moi Edith fout la merdouille...

    Copyright GUY PERROT