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Compilations de Poèmes en gros et demi-gros 07 extraits de la revue rue des poètes 22-23 mars avril 1998

Compilations Poème en gros 07 des poèmes 

qui sont extraits de la revue rue des poètes n° 22-23 mars-avril 1998

" JEU "

LE TURBO

A quelle sauce voulez-vous le turbot, chère
Et tendre reine ? Les valets préparent l'huile,
Le clair vinaigre d'Orléans, le vin du Cher,
Le poivre et le jaune d'oeuf filant mieux que le fil.

J'ai gosier sec et nez cramoisi comme tuile,
Mais vous êtes la plus charmante des commères
De Paris : Ah ! par Saint Denis où y-a-t-il
Dame plus exquise d'ici jusqu'à la mer ?

Rien qu'à vous voir mon cœur se grise en vérité
Et fait en moi des sauts de hareng sur le gril :
Rien qu'à pencher le museau vers cette poitrine

Pour respirer la rose de votre beauté
Je suis comme un danseur ivre sur l'escabeau :
Chère, à quelle sauce voulez-vous le turbot ?

QUESTIONS

A votre avis à quelle sauce voudra-t-elle le turbot ?

(Avez-vous remarqué que le beurre y sera remplacé par l'huile et la farine par une liaison... à l'œuf ?)

Quant à l'auteur ? Son prénom, choisi par des parents au patronyme lumineux, le faisait cousiner avec le Roi des animaux. Il opta pour un pseudonyme doublement wagnérien, lequel ne l'empêcha pas de rêver à la plus pulpeuse des sultanes.

Celle-ci, à son tour, inspira à Maurice Ravel 3 chefs d'œuvre pour chant et orchestre nourris de la poésie de notre homme. Poète donc, mais aussi peintre et compositeur, il était d'un an l'ainé de Jarry (Alfred)Et mourut à l'âge de 92 ans .

MARIE ORDINIS

LE BONHEUR EN FLEURS

Les fleurs artificielles
ont un parfum... irradiant
Accepte mon bouquet La Belle
Il est si sidérant

Jean-Baptiste TIEMELE


LASSITUDE

Le Soleil déjà là
se retire derrière
un épais rideau
de nuages irradiés

Le soleil est déjà? là
Oui malgré soi d'éclairer
tant de montagnes d'horreurs
fait Attention
Où tu mets les pieds

Jean-Baptiste TIEMELE

INTERFERENCE DES CIRCUITS (c'est un poème d'amour)

Etant donnée la doctrine de l'infrastructure,
A travers les motivations personnelles      
Qui me poussent vers les autres

et ceci...
A travers le parallélisme géodésique    
Des perspective évolutive de nos gênes

je souhaite ...
Qu'un accord conjoncturel
Vienne souder mon symposium
A votre concept rétroactif

Et si...
Mon processus de détermination
Rejoint l'anthropomorphisme
De votre genèse promotionnelle,
Il n'y a aucune raison,
O ma particulière existentielle
Pour que ne s'établisse entre nous
Un phénomène d'osmose moléculaire
Par interaction de nos acides nucléiques

Devrons nous...
O ma constante variable
Tenir compte d'un déterminisme généralisé
Ou d'un compartimentage fractionnel ?
Je ne sais, je ne sais, je ne sais

Mais...
Je vous emmènerai par les sentiers du corollaire
Jusqu'au postulat légitime ;
Alors, partout du point Gamma,
Un point de friction s'établissant
Entre nos équivalences de masses,
Mon vecteur, épousant votre abscisse
Nous jetterons les fondements
D'une nouvelle géométrie
Dans les spasmes...

Guy Perrot

Capturé
Tu fus
Torturé
A ta première récrimination

En fuite
Tu fus
Rattrapé
Flagellé

À ta deuxième récrimination
En fuite
Tu fus
Poursuivi
Ramené

Réduit (croyait-on)
A l'impuissance...
A ta troisième récrimination
Suivie de ta troisième évasion
Comme un chien

Au petit matin
Tu fus fusillé
Pour avoir
Trop aimé

LA LIBERTE.

Jean-Baptiste TIEMELE
(Extrait de « CHANSONS PAÏENNES »
Editions Pierre-Jean OSWALD, 1969.

Ceci n'est pas de la poésie.
Bien trop la distance ! Trop constants,
l'éloignement, la dérive et l'exil !
Définitifs sans doute !
Ceci n'est pas de la poésie
(ou par la force alors,
qui s'interpose, sépare et tient écarté ;
par ce ratage ivre uniquement obstiné
à se dresser devant le vide
pour en prendre aveugle l'impossible mesure).

Ceci n'est qu'appareil.
Pour la fête, le sacrifice.
Pour rien tout simplement ;
pour exister un peu ici,
dès maintenant,
dans cette dévastation de l'âme,
où le chaos repose
sur des liquides lourds brassés
par un vent prophète d'espaces désertés
qu'il n'atteint pas sans épouvante.
Solitudes, où ne pèsent
que des bords instables sur le point de basculer

Enseignes peintes tout ceci.
Extérieur de porte devant l'entrée :
peut-être un office plus grave vers l'obscur,
où la blessure cicatrise.
Secret de l'épaisseur
de ces ténèbres s'établissant
et s'appuyant sur l'abîme.
Fantômes sur l'eau d'un fleuve
dont l'aube à chaque fois revient veuve.

Mémoire, et ce domaine inhabité
dont elle garde l'accès !
(labyrinthes et jardins,
où selon les saisons
se devinent des passants égarés,
hélant comme nous par de longs cris
et parfois même un prénom)
Mémoire, et ce palais d'écrans
dans la nuit du parfum,
où se projettent soudain
prises d'incertaines et tremblantes images...

Dies ist nicht Poésie. Zu groB der Abstand! Zu gewiB die Entfernung, die Abtrift und das Exil ! Bestimmt endgultig ! Dies ist nicht Poésie (allein schon wegen der Kraft, die sich dazwischenstellt, die scheidet und die getrennt hait ; in diesem berauschten Scheitern, das einzig hartnackig will : sich vor der Leere erheben, um blind ihr unmôg-liches Mal) zu nehmen).

Dies ist nur Vorrichtung. Fur das Fest, fur das Opfer. Einfach, fiir nichts ; um hier noch ein wenig dazuséin, seit jetzt, in der See-lenverwùstung. wo das Chaos auf Flussi-gem ruht, das schwer ist, gebraut von ei-nem prophetischen Wind verôdeter Ràume, die er nicht ohne Entsetzen beruhrt. Die Einsamkeiten, wo nur die Rânder wiegen sind, die gleich vielleicht kentern.
Ail dies hingemalte Schilder. Das AuBen der Tur vor dem Eintritt : vielleicht ein ernsterer Dienst an das Dunkle, wo die Wunde verheilt. Geheimnis der Dichte ail dieser Finsternisse, die sich auf dem Ab-grund einrichten und auf ihm lasten. Schat-ten ùber dem Wasser eines Flusses, dem das Morgenrot immer als Witwe zuriick-kehrt.

Erinnern, und dies Unbewohnte, dem es den Zugang behutet ! (Labyrinthe und Gar-ten, wo im Wechsel der Jahreszeiten sich verirrte Passanten entdecken, sich griiBen mit langen Rufen wie wir und manchmal auch einem Namen) Erinnern, und dieser Palast aus Leinwânden in der Duftnacht, auf denen unsicher und zitternd jâh Bilder sich zeichnen...

 
Werner LAMBERSY
Ubersetzung Eva Brùckner-Tuckwiller
in "Quoique mon  cœur en gronde"
Hitzeroth éd.

Je suis monté sur la cime où les visions me percutaient
Quand le paysage chavira j'ai retrouvé tes chardons et tes fleurs
Le blizzard me réveilla
Ne demeurèrent que les genièvres qu'enflammaient tes romances
Tu t'adoucis d'orties
pour te dresser sous l'adolescence des soleils

Jean-Luc SIGAUX
in "Les Berges d'orage" Saint-Germain-des-Prés éd.

C'EST JUSTE POUR DIRE

Des mots qui ne sont pas d'ici
J'ai fait ma vie
Bien avant qu'un Toubon
Bien pire
Décide de me refaire un dictionnaire
A la French
Encore colonial
Style racket national
Apartheid du Buziness
Cac 40
Pas un kopeck
La classe
Blancs
Beurs
Black s
Même combat
Quel Bled
Basta
Les keufs de la morale
De Bangkok à Paname
Import-Export
Midnight Express
Le stress
La baraka
L'angoisse
La poisse
Etcetera
Pair Impair et Passe
Vite, mon Joker
Dwende passe par là
La grâce
Ultralight
Le blues
Underground
Hiroshima mon amour
Un ticket sinon rien
Qu'un Autzwitch
Plus tard un carmel
no joke
Lève ta fatwa
et laisse-moi
Mes Si, sex and sun
La Plage
Ou le Goulag
That is the question
Moi, je préfère
Les Stars
Et la lune
Au Soleil
Ca, c'est le top
Je suis saoule de toi
Mon Oméga
Si si Senior
Sayonara
Sarayevo
Dasvidania
pour l'Estonia
Patati
Patata
Zap again

 

Annie SOULIER

 

Yani darin

YANI DARIM, animatrice, responsable et hôtesse du lieu associatif 1'ARBRE EN SCENE accueille RUE DES POETES entre deux spectacles, un coup d'œil et de rangement à la salle, une réservation au téléphone, une concertation avec sa fille et collaboratrice.
"Pourquoi ce nom: l'Arbre en Scène? parce que l'arbre est un symbole très présent en moi depuis longtemps. C'est un symbole de liberté; d'élan, de générosité, il prend sa force dans la terre où il est enraciné, il va de la profondeur - vers le multiple.
Quant à: "en scène"... la scène, c'est le lieu de 1'imaginaire.
Il y a une dizaine d'année une pensée m'a traversée, c'était comme un rêve, je me suis dit que ce serait bien d'avoir un lieu qui fonctionnerait en atelier pendant la journée et en spectacle le soir. En cherchant à élargir mes possibilités professionnelles (Yani Darim est conteuse, chanteuse et enseigne aussi la musique N.D.R.d.P.), j'en suis venue à envisager de louer un local pour y recevoir mes élèves ainsi que des groupes d'enfants venus écouter des contes, et
pourquoi pas? des adultes aussi, et pourquoi pas faire des soirées de chansons et pourquoi pas ?... de pourquoi pas en pourquoi pas, je me suis mise à chercher un local mais je ne l'ai pas fait seule car la structure associative existait déjà, ainsi que le nom "l'Arbre en Scène", nous l'avons tout naturellement donné au lieu.
Ici, nous avons trouvé trois bureaux, nous avons tout refait, du sol au plafond, pour obtenir une salle de 50m2, ce qui est une superficie raisonnable, la scène existe vraiment et le piano (un beau quart de queue) l'habite bien.
Notre programmation est très riche et presque journalière, parfois même nous avons deux spectacles par jour, dont un pour enfants, l'après-midi.
Nous avons ouvert le lieu récemment, le premier décembre 1997. Pour notre première, nous avons eu deux personnes mais le spectacle a véritablement eu lieu.
Vous voulez savoir où j'étais établie avant de venir à Paris? A Toulouse, j'y ai d'ailleurs co-fondé le théâtre de la Brique-Rouge.
J'aimerais que vous souligniez que l'Arbre en Scène est un lieu associatif et que je veux l'élargir.
Sans être draconienne, je soigne la programmation. J'essaie d'avoir une certaine exigence de qualité, tout en restant ouverte et à l'écoute de ce que les artistes me proposent.
De temps à autre, j'aime bien créer des événements, tous les deux ou trois mois pour rassembler des spectateurs autour d'un thème, comme celui que nous venons d'illustrer avec le festival "Le Pain et le Sel d'Isaac à Ismaël". Ce festival, qui a duré quinze jours, comportait des spectacles de chants et de contes aussi bien yiddish que judéo-espagnols, iraniens, soufis. Pour tous publics. C'a été très beau, très chaleureux.
Le 30 avril nous aurons LA NUIT DE LA CHANSON DE REBELLION; c'est le 150ème anniversaire de la révolution de 1848 , le trentenaire de mai 68, le centenaire de l'Affaire Dreyfus, le je-ne-sais-pas-combientième de la Ligue des Droits de l'Homme. Et la rébellion, il y en a dans toutes les vies, c'est ce qui permet d'avancer. A partir du moment où on veut changer quelque chose, il y a une action

Yani Darim
rebelle, avec toutes les nuances qu'on peut mettre dans le mot rébellion. Le 30 avril sera une nuit... sans fin !
Après, en mai, 1'ARBRE EN SCENE programme des conteurs : LAURE GAÊL, MOUSSA LEBKIRI qui dira des contes érotiques arabes du 12° et 13° siècles, SUZANNA AZQUINIZER, CATHERINE GENDRON.
Côté chansons, nous aurons: DENIS MERMOZ, NICOLO VON LAPRANI (Rêves d'amour déglingués)A partir du 14 mai, les" jeudis, nous accueillerons MUSIQUES ET.CHANTS YIDDISH par le Grand KLEZMER.
Les 29 et 30 mai, ce sera TRAVIS BURKI, à découvrir!...
Des scènes ouvertes? Il y en a 3 par mois, cela s'appelle LES JOUEURS DE VOIX, elles sont ouvertes aux conteurs, chanteurs, poètes. Ca peut être un auteur qui lit un extrait de son livre, un journaliste qui lit son prochain article, une chorale qui vient répéter, un duo ou un trio...
A ce propos, le 6 mai, le conteur CHARLES PIQUION prend en charge une veillée de contes, animée régulièrement par deux ou trois conteurs, elle sera ouverte à ceux qui veulent raconter.
YANI DARIM en sourit de plaisir à l'avance. Et RUE DES POETES est aussi heureux d'ajouter que le CENTRE dD1 EXPRESSION DE LA CHANSON FRANÇAISE a choisi L'ARBRE EN SCENE à peine créé pour y installer ses "BANCS PUBLICS"

L'ARBRE ENTRE EN SCENE AU DIX-NEUF DE LA RUE D'HAUTPOUL, PARIS DIX-NEUVIEME
Un long bâtiment de béton et de bureaux. Des fenêtres, avec, derrière, de très sérieux dos de secrétaires eh leurs ordinateurs, puis, plus bas, une porte anodine, une entrée, un couloir et, sur la gauche, une porte ouverte sur une méridienne à fleurs rose pâle. On se sent comme attendu, on entre dans un petit salon: devant vous un bar en bois avec avis de rafraîchissements maison et, miracle... à gauche, un théâtre: scène à plafond surélevé, piano, projecteurs, régie et 50 places assises. C'est là que, le 14 avril, YANI DARIM donnait son spectacle "SHALOM CHLEM".
En première partie, STELLA GUTMAN chante très authentiquement
des chants judéo-espagnols, voire turcs ou yiddish dont elle résume
l'argument avec beaucoup de gentillesse en français. Drôles de
petites bulles pleines de dérision où le mariage s'abstient souvent
d'être au rendez-vous de l'amour mais où les belles sont mutines
voire haérdies, quant aux hommes et autres personnages respectables...enfin... passons!    YANI DARIM est accompagnée, en deuxième partie, par SYLVAIN BEMERT, aimable et astucieux, complice au violoncelle tendre. Yani est "Une petite femme qui soulève une grande salle" (dixit DRISS, patron de LES UNS LES AUTRES, autre petit lieu de spectacle où on se sent en famille. Pendant une heure exubérante, elle nous accroche aux basques d'un Schlemel polonais, pragmatique autant que perplexe et métaphysique, à coups de ces contes traditionnels qui se déclinent en rebohdissements baroques, de génération en génération, sur un mode époustouflant de burlesquerie. Les spectateurs pouffent, rient et pleurent de rire. La conteuse, malicieuse et vibrante a une technique qui relève du prodige. Comme les gosses, que seul le conte sait faire réaffleurer en nous, on en voudrait encore' et encore avant de pouvoir aller se coucher, hilares et repus.

Chanson passion

Marie ORDINIS

Un coinsto d'Pantruche, pas plus pourave qu'icigo
Aux cambuses un choille déglinguées, mais pas crados,
Sur toquade de connards colpinc' blanc, grosse timbale,
A coups d'darracqs mastards vient de se faire la malle,

 

Et qu' même si toutime n'était pas bésef choucard
ça été dégueulasse de le foutre au rancart.

Car la populace qui créchait dans ces cagnas
Gonzes pas très riflos non, mais tous des Parigots,
Grandes gueules, pue-la-sueur, canailles mais pas d'saligauds,
Coquait de Paname le croqu'cif le plus chouaga.

Mes vioques ont déboulé, valoches aux brambillons,
J'avais huit printemps, et le der de trois lardons,
Mais ce prem'luisant j'l'ai lago dans l'caberlot
Quand la smala, une chiée d'ourdée dans les calots,
Se baguenauda en reluquant les boutoques,
S'plafonnant qu'on en était un chouïa probloque !

Et c'est le palpitant gazant à tout' berzingue
Qu'autour de la carante on a boustifaillé.
Cette neuille, de c'coinsto, on en a tous jaspiné
Comme d'une gonzesse à qui on voudrait faire du gringue.

Gérard LE GRAND
in "Matou de Pantruche"
à paraître

De temps en temps les cartes postales étaient bizarres.
Sur une face Lao Tsé nous écrit
d'une poste vieille de deux milliers et demi d'années:
« Celui qui sait ne pas savoir- vise le sommet. »

Sur l'autre face, l'écriture de Montaigne en 1553:
« Celui qui pense ne pas savoir, il ne peut savoir qu' il ne sait rien. »
Cela ne ressemble-t-il pas au jeu du « téléphone arabe »?

Quand les mots voyagent à travers les siècles,
chacun ajoute ou efface quelque chose
ou les tourne à sa manière.

Ainsi se forme, rougie à vif,
la cime du cerveau humain:
le proverbe. Il appartient au peuple.
C'est pourquoi les gens disent: «
Le proverbe est l'univers dans le grain de blé. »

Miroslav ANTITCH
traduction Boris VESNIC 12
IN Horoscope à paraître

Ecrits - bonheur

J'ai calfeutré ton cœur
Avec les pages d'une vie
Ecrits-bonheur
Chansons d'envie

Nul interstice et nulle impasse
Tes secrets seront bien gardés
Chacun des hommes qui t'agace
Ne pourra plus te regarder

Je serai à la fois présence
Sécurité, route d'espoir
Ton salut, comblé d'assurance
Demeurera jusques au soir

J'ai calfeutré ton cœur
Avec les pages d'une vie
Ecrits-bonheur
Chansons d'envie

Tu rejetteras tout principe
Et t'étoileras de soleil
Adieu bouquets !
Adieu tulipes
Refermées pendant ton sommeil
J'ai calfeutré ton cœur
Avec les pages de ma vie ...

Michel PRAEGER
in "Vent de Plume"
à paraître

LE CORPS BEAU ET LE BAVARD

Maîtresse au corps beau, avance avec un beau sourire affiché,
Elle attirait en ces lieux, un jovial bavard d'un bel âge,
Quand soudain maître bavard par ses appas alléché
Lui tint, à peu près, ce fort et aimable langage

Mille bonjours, Ô belle! Au corps si beau, sans rire, si vos yeux,
Sont semblables aux étoiles qui luisent dans les cieux
Alors vous êtes la plus belle qui brille au firmament,
Pour moi vous êtes la femme de ma vie, maldonne si je mens!

A ces mots la belle au corps beau se sentit pousser des ailes,
Elle succombe à l'instant dans les bras du bavard pas trop sot,
Elle se laisse tomber, se pâme, elle est heureuse et fait la belle
En quelques mots elle se donne à celui qui dit de si jolis mots.

Maître bavard tout émoustillé, se saisit d'elle et il la papouille,
Que les hommes sont tendres quand ils nous jouent la fripouille,
Maîtresse au corps beau est contente car l'homme est plaisant,
Il me dit pour la vie... Sans doute ce doit être le prince charmant.

Quinze jours ont passé, maître bavard est lassé, et il la laisse tomber.
Maîtresse au corps beau se dit, quelle conne j'ai été de succomber,
Mais elle jura d'éviter les bavards et de recommencer une autre fois,
Moralité, Monsieur de la Fontaine dit des bêtises dans ses fables parfois.

Bruno Quinchez

Paris le 8 Décembre 1996


La Roue à Aubes

marcher,
mettre du temps
à
n'être
que ce bruit de terre douce
que
la semelle mâchonne

La Roue à  Aubes
 

montagnes
réduites à leur poids de nuit
ma vie
lentement enceinte d'ombre

Patricia CASTEX MENIER
in "La Roue à Aubes"
Redbird publication

CHOSE VUE.

Un jour que je remuais un tas de feuilles mortes
et quelques souvenirs de la même couleur,
un papillon perdu dans cet automne en pleurs,
surgit sous mon balai. Que le diable m'emporte

si ce n'était pas là, épanouies à ma porte,
œillade de printemps et promesse de fleurs !
De plus, un rouge-gorge, hardi comme un voleur,
vint renchérir encor sur ces pensées accortes,

chantant à gorge rouge une aria débridée.
Au feu, la feuille morte ! Au clair, la sombre idée !
Charmant lépidoptère et gracieux oisillon

dansaient en mon honneur un pas de deux de rêve..
Quand soudain, le second (que toute joie est brève !)
a, en deux coups de bec, bouffé le papillon.

Jean-Pierre Girard 

le 5 janvier 1998

un homme cheminant
Parti les choses Simples
Voit la queue du bonheur -

Vite il recouvre le tout
Pour ne pas avoir à le dévorer
Sur l'heure Sapristi Quel économe

Jean-Baptiste TIEMELE

5 novembre 1995

Le père et la fille

Alors Isabelle
Tu es seule
Arrête-moi ce jeu
Jeu-thème
jeu -thème

Jean-Baptiste TIEMELE
15-5-1997

La tourterelle est belle

Le chien bien
Doux gentil dru
Blanc roux noir et poilu
Mais ils ne valent pas
Mon chat
Qui enroule
Au creux de mon bras
Son peloton d'amour.

Marie-Claire Calmus

ANOPHELIDE

Feu de paille que nous sommes
Nous finirons dans la fosse commune
Toutes étincelles éteintes
Nous ne ferons plus rire les oiseaux
Et les femmes qui dansaient la valse
Nous auront sublimés
Nous ne sommes pas des guerriers

Et la paillass' de nos sommes
qui abrita nos amours soirs de brume
Routes à pucelles étreintes
Ne tissera plus nid pour les moineaux
Et les femmes qui dansaient le jerk
Nous auront oubliés
Nous ne sommes pas des guerriers

Vincent JARRY
in "Frédée 96"
à paraître

oh réveille-la donc
ta jambe de danse
et ton geste oui
ton geste indigérable
celui qui frappe de sa cadence
la maldanse
la façon qu'on fait
de ne pas s'en apercevoir
réveille oh oui réveille
toute la sagesse
de ta composition
première le pied
devant le cœur
meurtri mais battant encore
réveille de ta vie
la plus haute substance
réveille-les
ces notions à jamais
enfoui disparues
sauf dans les yeux
d'aucuns mais qui se
peuvent troubler déjà
de ton souffle mal offert

Denis LAVANT
in "Au volant de mon chien"
à paraître

LE PARC DE SCEAUX

Entendez-vous les cris, les virgules pointues ?
Celles des angelots de pierre blanche et nue,
Ils vont, quelle impudeur ! jouer le jeu d'amour,
Le parc de Sceaux s'éveille au long des brandebourgs

Imposteurs les canards ! leurs plumes dans les yeux
Se colorient déjà de rêves croustilleux ;
Au fond d'un aquarium où flottent des sirènes,
Les pêcheurs du canal courent la prétentaine.

Un lit, un lit géant fait d'algues libertines,
Des nénuphars en fleur peints à l'encre de Chine,
Le vent sur la prairie sculpte l'herbe et ondule
Et parle de Gulf Stream, d'une vague qui brûle.

Demoiselle qui passe venez il est temps,
Il est mille et mille ans qu'ici je vous attends,
Demoiselle venez jouer le jeu d'amour
Le parc de Sceaux s'éveille au long des brandebourgs.

Jean-Yves LENOIR
in "les Petits Rien"
Collection "Flammes Vives"

Bar du Serpent

Quand Antonio entra dans le bar,
toute la salle se tut.

Les clients pétrifiés
s'écartèrent sur son passage
dans un silence de mort.

En un long glissement mouillé,
il se traîna vers sa table habituelle.

En chemin, il zigzagua mollement
entre les tabourets de bar.

En arrivant au fond,
il se hissa avec peine sur un siège
en s'enroulant autour de l'accoudoir.

D'un œil avide,
il fixa vénéneusement
la bouteille de tequila
sur le comptoir.

D'un claquement sec de la langue,
Antonio fit comprendre au serveur
qu'en dépit de sa transformation,
il tenait à conserver
ses bonnes habitudes.

Pascal GAILLARD,

Photo de guimou de latronche 1998

Ma banlieue

Y disent qu'on y vit mal
Qu'on est très malheureux
Moi j'suis sentimental
Je l'aime bien ma banlieue

J''vis tout au bout du ch'min
L'endroit où il s'arrête
Après lui y a plus rien
Restez donc où vous êtes

C'est dans l'fer que j'travaille
Et même le non ferreux
C'est très sain la ferrai/le
C'est très ferrugineux

Les hommes y sont sympas
Mais faut toujours qu'y causent
C'est pas que j'Ies aime pas
Mais j'Ies aime à p'tites doses

J'adore les voir partir
Le spectacle est cocasse
Y vont s'faire emboutir
J'Ies ramène à la casse

Je l'aime bien ma banlieue
Les clébards faut faire gaffe
Mais si t'es dans l'milieu
T'entends aussi les piafs

Quand les Schmidt se radinent
Y savent mettre en veilleuse
Y m'préviennent en sourdine
C'est une faune merveilleuse

Y disent qu'on y vit mal
Moi j'l'aime bien ma banlieue
C'est pas trop convivial
Et j'm'en porte plutôt mieux

Gumou de la tronche Rolland HENAULT

Et en partant prenez la rue Karl Marx, c'est moins encombré ces temps ci

La mort c'est quand même un problème
Individuel
Surtout
Pas de syndicat ni d'association de défense
Ni de club ni de parti ni de groupement ni
De fédération de comité de soutien
Tu partiras tout seul \m
Comme un grand
Avec ton sac d'écolier
Et tes habits bien repassés
Tu diras bonsoir à ta mère
Qui te regardera
Depuis le haut de la rue Karl Marx
Tes pas sonneront haut et clair
Dans la poussière des journées
Très vite tu ne seras plus qu'un point
A l'horizon
Visible dés seuls initiés
Et le soleil tournera tournera
Et les femmes passeront dans leurs slips
dans leurs clips
Avec des yeux d'animaux
Et des seins en espalier,
Dans la belle loterie des saisons
Et toi tu pourras plus les regarder les toucher
T'auras l'air d'un vrai con
Dans ta tenue collet monté
Et ton air guindé
Dégingandé
De grand écolier buissonnier
Dézingué

Roland HENAULT  Guimou de la Tronche

Petit Louis

Si vous tuez deux ou trois personnes
En principe on vous emprisonne
Si vous en tuez deux trois millions
On vous r'file une décoration.

Condamné ou félicité
C'est une question de quantité
Toi Petit Louis t'es pas dans l'coup
T'as pas voulu prendre les armes

T'as pas voulu en tuer du tout
Ils t'ont mis douze ans en cabane.
Le sort a de ces ironies
Pour Petit Louis.

Quand on baptise un monument
Un boul'vard ou une avenue
On lui donne général'ment
Le nom des tueurs les plus connus.

Un colonel, un général
Dont l'nom sent bon le sable chaud
Ca vous remonte le moral
L'matin pour partir au boulot

Mais j'vois avec mélancolie
Qu' y a jamais l'nom de Petit Louis.
Le sort a des ces ironies
Pour Petit Louis

La mode revient aux militaires
Aux soudards et aux traîne-rapières
La panoplie de l'assassin
S'épanouit dans les magasins.

Du côté d' Saint-Amand-Montrond
Ton nom n'dit plus rien à personne
Le maire s'appelle Maurice Papon
C'est le matraqueur de Charonne

Moi j' redis l'nom de Petit Louis
En contre-point de la conn'rie.
Le sort a des ces ironies
Pour Petit Louis.

Guimou de la TRONCHE Roland Henaut
in "Y'a plus de cons!"

J'aime les bijoux
Bigarrés comme des choux
Chamarrés sur mes joues
Jouxtés sur mes genoux
Mince ! J'ai des poux !

J'aime les garçons
Aux cheveux de son
J'aime les beaux gars
Avec des gros bras !
Aïe ! Tape-moi !

J'aime la soupe au pistou
Pour moi c'est tout
J'aime la soupe à l'ail
Aïe ! Aïe ! Aïe ! Ça caille !

J'aime le lait caillé !
J'aime le lait ribot I
Ça y est !
La cruche va à l'eau !

Oh ! Les belles tomettes !
Oh I La belle tonnelle !
Oh le vilain tonnerre !
Tout est par terre !

J'aime la cuisine à l'oignon !
J'aime la cuisine à l'huile !
Oh ! Comme ça sent bon !
Dis ! Quand reviendra-t-il ?

Si j'avais été mince,
M'aurait-il serré la pince ?
Si ma cuisse avait été fine,
Aurait-il caché sa pine ?

Je dois faire régime
Et pratiquer ma gym
Ainsi il reviendra
Me serrer dans ses bras.

Isabelle SPRUNG

HECTOR
 

Chronique d'un ennui

-0-

Elle passe sa langue sur ses lèvres.
« Le goût de l'échec a très mauvais goût » pense-t-elle allongée sur le lit de fer blanc de la clinique. La nuit tombe déjà. Enfouie sous les draps froids et aseptisés, elle n'a vraiment pas envie de dormir. Cette odeur insupportable, indéfinissable. Mélange de mort, de propre, de maladie, de naissance. Odeur laiteuse planant lourdement dans les couloirs, au ras des plafonds, tout au-dessus des chambres des malades.
Malade non. Enervée oui. Déçue. Jusqu'à la rage.
Goût amer que laisse cette sensation de détresse, de défaite et de haine naissante pour l'enfant qu'elle vient de mettre au monde. Mettre au monde. Imposer au monde.
Le forcer, violer sa tranquillité et y propulser une tare qui viendra troubler cet ordre, cette douceur. Toute cette beauté entachée à jamais.
Par la petite fenêtre de la chambre elle voit la neige tomber et recouvrir la vaste plaine. C'est moche un enfant qui naît l'hiver. Dès qu'il sort il a froid.

-I-

« Elle » a disparu. « Elle » ne sera plus. « Elle » est devenue « maman ». Elle regarde son ventre flétri puis regarde l'enfant. Né tout violet, cyanose a dit le médecin. Laid dès son arrivée, comment ne pas le détester.
Maman, enfant, Hector, lait, maman hait. Ces mots défilent dans sa tête et l'emplissent de dégoût. Elle court aux toilettes et vomit et bébé pleure.

-2-

Assis dans le petit coin frais de la cave, il entend suinter l'eau sous la pierre.
L'eau s'écoule le long des murs et arrive, goutte par goutte, en un même point. Le centre de la cave, îl ne voit que ça. Son attention est figée par le clapotis incessant de l'eau. Et puis que faire dans ce lieu sombre si ce n'est traquer, contempler la fuite du liquide. Se rendre compte du temps par cet écoulement. Il donne une unité précise à chaque goutte d'eau. Il en dénombre les tombées et ainsi combien de temps environ sépare le moment où maman l'a mis là et celui précisément où il fixe l'eau dégouliner.
Seulement l'eau ne cesse de couler et chaque instant lui paraît d'une lourdeur et d'une intensité insoutenables.
Après , des minutes, parfois des heures entières, il se met à pleurer. Il couche son buste tout le long de ses
jambes. Il encercle fiévreusement ses maigres genoux et doucement, tristement, il s'endort.

-3-

« Pas si moche que ça qu'il est ».Hector n'est pas si laid.
Hector est bon. Pourquoi met-on Hector dans le fond de la maison ? Hector chante. Il est fou ou il est gai. Hector ne sait pas si Hector est fou ou content. Hector est gentil. Hector est grand. Il est tout petit aussi.
Par les barreaux du fond de la maison Hector voit passer les géants. Les géants passent, ne savent pas qu'il y'a des barreaux et que Hector est dedans.
Hector est dedans les barreaux, derrière, autour et dedans. Dedans Hector. Les barreaux crient. Personne n'entend. Hector s'ennuie. Dedans lui.

-4-

Quand il sera grand il rentrera sa tête dans les épaules pour que plus personne ne le voit.
Il sciera les barreaux avec sa tête. Il se fera aussi mince qu'une feuille. Il espère qu'elle sera blanche la feuille parcequ'il la prendra et en fera un avion en papier, puis, il s'envolera dans les airs comme un chevalier en battant des pieds. Il verra le monde s'éloigner en pointillés.
Hector compte : un, deux, trois, quatre et puis s'en vont.
Pffou, il s'envole à travers les cloisons...
Adieu maman, adieu la vie.

Alexandra Duflot

Je rirai jusqu'au jour de ma mort
J'ai écrit ça un jour
Je devais être beurré

Je pleurerai aussi
Jusqu'au jour de ma mort
Je pleurerai les cadavres amis

Les illusions perdues
Les pucelages forcés
L'avortement inutile

Et l'enfant de trop
Les guerres horribles
Qui font des mutilés

Moignons d'enfants
Se traînant à roulettes
Et ces log'ments creux

Quand on crève dehors
Je pleurerai
je pleurerai

Par amour
et puis je rirai
Je rirai comme un fou
En grand courroux

je rirai
Jusqu'à demain
Jusqu'au jour de ma mort

Vincent JARRY

Dessin

Derrière le rideau blanc
d'une fenêtre
quadrillée,  une feuille de papier
gris, au plis sombres de bois
qui n'a pas poussé droit,  
un arbre griffonné,  
dessin mal dessiné
d'un enfant gribouilleur
en mal de dessiner
qui n'a pas peur de montrer
son dessin aux yeux avertis
de ne jamais prendre garde
à un dessin d'enfant
et l'adulte regarde le papier
na Pif du petit aux traits
en chevé
très cheve lure mal
pei gnée désor dre
désorga nisé
et l'enfant attend fier
de ses
lignes entrecoupées
et l'adulte rit:  
qu'est-ce que
c'est?
l'enfant va répondre
et l'au
tre coup
e les li
gnes- d
es mo
ts à di
re
encore un gribouillage!

YANI DARIM
in "La Vie contre la Vie"

LIBRE

C'est la plus belle
c'est la plus douce
les autres donzelles
après qu'j'les trousse
je n'me sens pas bien
avec ça c'est des tracas
pas l'Nirvana
j'préfère sa peau
et son odeur
j'adore son dos
sa bouche en cœur
elle est très bonne
comme du bon pain
elle est mignonne
quand le matin
elle ouvre les yeux
demande d'la musique
m'offre ç'que je veux
sans qu'ça complique
mon esprit tordu
qu'a besoin de paix
d'un plan cul
ou d'un dessin animé
elle me laisse vivre
dans sa pureté
je me sens ivre de liberté
si je veux rire
pour rigoler
elle me laisse dire
que j'suis cinglé
quelle ouverture
dans mon esprit
je fais une cure
de potion d'vie
si c'est d'l'amour
pour aujourd'hui
moi je suis pour
ç't'état d'esprit
demain matin
un jour ou l'autre
ça sera la fin
logiquement vôtre
rien qu'elle fait
qu'elle accepte
l'idée qu'sans prise
de tête on puisse s'quitter
ça me réconforte
dans la relation
qui est la nôtre
sans condition
au delà du temps
et de l'espace
tout simplement
elle a d'la classe
elle me laisse vivre
dans sa pureté
je me sens ivre
de liberté
si je veux rire
pour rigoler
elle me laisse dire
que j'suis cinglé
pas si tordue
qu'ça ma p'tite femme
quand s'accentue
un psychodrame
elle lâche prise
immédiatement
sur les méprises
de faux sentiments
alors elle parle
de ce qui la dérange
dans ma mémoire
elle le range
elle fait grandir
notre relation
par un sourire
t'sais j't'aime
c'est con
je la respecte
je lui ai dit
avec ma tête
mais aujourd'hui
c'est dans mon ventre
que je ressens
cette force vivant
ce sentiment
elle me laisse vivre
dans sa pureté
je me sens ivre
de liberté
si je veux rire
pour rigoler
elle me laisse
dire que j'suis
cinglé

Pilote 95

Leva arriba nossa gente  La chanson de Pico
 
Chanson de rameurs des Açores Adaptation Jacques Yvart

Leva arriba nossa gente
Que uma noite nao é nada
Ole, olé, olé, ola !
Se nao dormires a noite
Dormiras de madrugada
Olé, olé, ola!
Olé, olé, ola !
O vento virou ao norte
Que até faias arrancou
Ao depois da perda feita
O vento assossegou

Compagnons ! la nuit est belle
Notre barque est à l'amarre
Olé, olé, olé, ola !
La lune qui nous appelle
Nous éclaire de son phare
Olé, olé, ola !
Olé, olé, ola !
Nos rames semblés légères
Quand nous tirons en cadence
Avec au cœur et aux lèvres
Un vieil air de notre enfance

A loua vai-se deitar
Eu vou-me deitar também
Passeios dados em claro
Nao fazem bem a ninguém
Em noite de lua cheia
Ao sopro da fresca aragem
Pus-me a contar as estrelas
Vi no céu a tua imagem

La mer a perdu ses rides
Hier encor c'était tempête
Si le vent du Nord arrive
Fuyons avec la mouette
Quand le rivage s'éloigne
Et s'estompe avec la brume
Je songe à toi ma compagne
A la maison dans la dune

Jacques YVART
in "amers amours et pollution"
le signe avec le vent éd.

Flanc sur les nuages,

Flanc sur les comtesses de papier,
Flanc sur ces armoires à linge,

Flanc sur toutes les roues circulaires,
Flanc et sable sur les soleils, sur les neiges,
Et les surfaces de riz,

Flanc contre flanc, même sein contre sein,
Sinon boîte contre boîte,

Flanc pour ces premières gelées,

Sur les notations de couleur,
Flanc sur les isthmes,

Flanc contre l'mur,
Et flanc dessous l'amour,

Flanc contre flanc,

Mais ciel contre ciel et treize fois treize !

Aubriot le 04.03.89

Thierry DAUCE
in "à soif d'eau de vie et d'amour"
éditions de l'Echiquier

AFRIQUE

Pleure Afrique pleure
Mais pourquoi pleures-tu au juste
Tu es riche en Constitutions
riche en putschs
en guerres fratricides

Ce ne sont pas les morts qui te font pleurer
quand même   ni les enterrements
C'est voulu Alors
La haine   c'est voulu
L'injustice   c'est voulu
La corruption   c'est voulu
L'ignorance   c'est voulu
Alors

Le pourrissement   c'est voulu Alors
Le dos tourné à l'avenir   c'est voulu Alors
Demain un voyageur venu de Mars
se saisira de tes dépouilles
comme l'on s'empare
d'une pièce rare
et te scrutant
parcourra tes champs abandonnés
les yeux éblouis
par l'éclat de la Liberté
que tu n'auras pas su voir

Pleure Afrique pleure
mais n'oublie surtout pas
que nous avons un monde à bâtir
vivable

Que l'homme tremble
Je dis Normal
Il est si fragile et si pervers

Mais que malgré sa masse
La Terre tremble
Je dis de quoi a-t-elle peur
A nous donner la frousse

Ecœurée de son propre tremblement
Elle bave selon l'humeur
Des trucs insensés
Indigestes
Ignescents
Je crierais bien

Arrêtez-moi tout ça
On n'est pas des masochistes
Mais la terre est bruyante et sourde
Jean-Baptiste Tiémélé

11  février 1986

Jean-Baptiste TIEMELE
in " Aoyu suivi de Yaley"
Silex éd.

A  chaque année
Qui naît
On souhaite aux amis LE MEILLEUR
Cette fois
Je le prendrai
Et le leur donnerai ' .
Directement
Simplement

Des fois
Je prends mon corps
Et lui reproche son ingratitude
J'ai beau manger de la vache enragée
C'est comme si je ne lui ai jamais
Rien donné
Il en réclame toujours
Le glouton

Jean- Baptiste TIEMELE

5 novembre 1994

Sonnet du Sansonnet

Petites choses de l'amour
J'ai tant passé entre vos mains
J'y ai perdu tous mes atours
Et ne suis plus qu'un petit rien

J'y ai laissé mon cœur volage
Se balader de toi en elles
Et puis voici que vient mon âge
Ma plume compte penne en aile

Petites chos' de rien qu'un tour
Mes clairs yeux bleus seront éteints
Le dernier soir de nos rambours

Où aspirant à vos tétins
Mon corps légué aux lourds vautours
Crèv'ra de rêver à vos atours

Vincent Jarry
Aux Petits Joueurs,
mars 98

Ciment : attache. Vernis : détache.

Habiter. Civilise la dimension et les directions
de l'espace. Quand un homme prend du gite, il va à la
dérive. Il s'avilit, flanche ou sombre. 11 fait mine
d'habiter ou il fait carrière dans la déambulation.

Cabane : En Hébreu, c'est le domicile dont
les difficiles, ou les maniaques, ne veulent pas !

Caverne : lieu où les primitifs, les demeurés, les
arriérés, ont une petite chance de devenir au moins
troglodytes.

Tanière : repaire du daltonien.


Abri : c'est l'intérieur que les scrupuleux pré-
fèrent à tous les ersatz.

Mur : ligne de chance qui peut augurer d'un
intérieur bien tenu.

Hôtel de la Plage : quarante ans de taule, éva-
¬sions comprises.

Armand OLIVENNES
in "Le Langage Symbolique des Maisons
édité par le Foyer Culturel de Houtland

à demain

Te lirai un poème, pour l'autre vérité
dans Tailleurs validé  : rien
n'est jamais aussi réel que nous le pensons

Te lirai un présent à multiples lectures : ce n'est jamais
ce que j'attends qui arrive
mais déjà, il est tard, il faut tuer la lampe ..

Laurette

revue

 

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