Le rêve du chien crevé

 

 

Le rêve du chien crevé

Qu'il est aisé, de caresser, ce vers ribaud,
Qui sonne, sans erreur, avec ce nom, Rimbaud,
Qu'il est vain, ce mot, qui te séduit encore,
Appas balancés, de cette belle pécore,

Qu'ils sont noirs, sinistres et menaçants,
Ces corbeaux faméliques, survolant tes temps,
Que tu es laid, cynique, mécréant cabot !
Tu pérores, sur une tombe, dans nos cachots,

Les vents, déracinent les fleurs maladives,
Tes charmes, raniment, mes flammes primitives,
Le temps perdure, les rayons de l'été,
Pour mieux nous griller, nos cœurs ratatinés,

Une pluie tombe, cette promesse attendue,
Que réclame, ce brasier, dans nos corps nus,
Les frimas blancs et noir, l'hiver guillemets,
Cautérisent nos âmes, et leurs lourds secrets,

La mer, monotone, sans cesse, monte, descends,
Sur nos plages, soleils marins, incandescents,
Les fleuves de nos villes, ils charrient des chiens morts,
Carcasses gonflées, décharnées, jusqu' à nos ports,

Certes, cet homme assis, il regarde de sa chaise,
Le chien crevé ! Mais qui  donc rêve ? Tristes malaises !
Un chien aboie, au loin, debout, sur ses pattes,
Il rêve, d'un homme mort, sans haine, sans hâte,

Bruno Quinchez (Morsang s/orge le 21 mars 1992- 29 avril 1992... Paris le 26 août 2019 )

 
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