Poèmes en gros demi gros et détails, la revue Rue des poètes

"Passé muscade"

La barque - promenade
Les vents en embuscade.
Un dernier camarade,
Pour l'ultime rasade
Vingt ans ! Passez muscade !

J'ai consacré ce temps,
Le temps de mes vingt ans.
Et c'était important... 
un tout petit arpent.

A Jacques PREVERT 3/2/1996
20 ans après.Jean-Pierre Girard

 

APPELLE le Zénith et envenime de ton enveloppe le sel de la terre
REJOINS l'ascension des bulles au-dessus des marais sevrés de catharsis
EXPRIME l'orage d'effroi et l'association des plaintes et des soliloques.

Eric Dubois

Riche

ce mois de juin
en milliers
de mises à l'examen
il n'y a pas de coupables
Oh non

C'est là pourtant
que tes parents
se font te plus de soucis

Si c'était
des mises en examen
nom de nom
les notes pleuvraient
Bien
Très bien
Excellent

ou
mauvais
Sale temps pour les coupables

Là il n'y a pas que
les parents à se faire des soucis
mais aussi tous les amis
et même parfois les ennemis
(Sait-on jamais des fois que
son tour viendrait) Eh oui

Quels que soient les examens chacun a ses épreuves

Inutile de copier sur le voisin

Jean-Baptiste Tiémélé 24 iuin 1997

Fiançailles en fleurs

Dans un bistrot d'Richard-Lenoir
Il y eu des fiançailles de coeur
Au triangl' de ta veste noire
Là où bat ton joli p'tit coeur
Le bistrotier pas gris mais noir
Me fit mettre deux jolies fleurs
Deux rein' margots en ostensoir
Les fleurs la femm' sont en odeur

L'odeur la tienne est en mémoire
Et puis de mon chapeau d'rôdeur
On fit un joli suspensoir
Deux myosotis pour nos p'tits coeurs
Et on s'est maté dans l'miroir
On a souri d'vant ces noceurs
Les yeux en tendresse d'espoir
Le pas de nouveau vadrouilleur
C'est dans ç'bistrotd'Richard-Lenoir 
Qu'eur' lieu nos fiançailles de fleurs

Vincent Jarry 30-6-97

PATRIE RETROUVEE

C'était après la cuillerée
de confiture de raisin
et le verre d'eau fraîche
qui nous avaient accueillis sous la treille.
C'était avant le brin de basilic
de l'adieu, sur le port d'Alonissos.
C'était dans les ruelles aveuglantes
qui grimpent comme des échelles
de chapelle en église.
C'était sur le petit bateau
qui contournait l'île déserte
où vivent les chèvres sauvages.
C'était à « l'ouzerie »
du port enguirlandée
de poulpes séchant au soleil
C'était sur le mur effondré
écrit à la peinture verte :
« Tu vends tes racines
et tu deviens esclave».
C'était dans les Sporades
au fil de l'amitié,
les narines surexcitées
par l'iode des calanques,
c'était le piment des collines
comme une odeur de patrie retrouvée.

Armand Monjo in Mère Lumière Rougerie éd.

Tu es de foudre et de nuit brusque
Quand tu parles les torrents
giflent tes jambes et tes joues
puis tu t'évanouis dans la buée verte
et m'induis aux tendresses
Les crépuscules tournoient
avec les spasmes

J'avais oublié que tu es morte
Le redoublement des traits
de la grêle noircissent
tes épaules tes paupières
où viendra veiller un regard
plus noble que la lame
qui t'endormit

Jean-Luc Sigaux

MAUVAIS DÉLIRE

L'eau sèche mon rêve heureux la nuit d'hiver

Où les nids de coton flottent superbement

Oui, je vois bigarrée de vin rouge et de sang

Hérissée l'herbe, sûre et fiévreuse la mer.

J'ouïs les emjambées furieuses du feu sur l'eau

Et le chant grouillant pourtant labile du Temps

Et cette voix ensorcelée m'admonestant !

ô, chaos Volapuk !! Manèges infernaux !!!

— la mort donne un sens à la vie

Eric Pasquier

Aujourd'hui, je suis sorti de l'Asile,
et ce sont mes premiers instants de liberté.
On m'indique un autre Autel
que celui où je me suis immolé moi-même à la grégarité,
où je me suis laissé arracher mon orthogéniste,
mais c'est le même que celui où j'ai interverti,
jadis, l'aride et le désolé, confondu
l'effort de consumationet la cadavérisation frénétique !
Je prends, sans perdre une étincelle de feu
ou un globule, le train des rabroués

pour me rendre à ce tardif rendez-vous avec la berlue,
et les brûlures de la berlue,
aux retrouvailles du chaos et de la démesure,
accompagné par des amis syndicalistes
qui savent mieux que moi combien de nuits
je me suis débattu dans les nuages de la latitude,
combien de combats de matamore j'ai livrés
pour un jusqu'au boutisme
inverse des expectatives de la cécité !

Armand Olivennes in Politique de l'Autruche Editions de Rewidige

 

 

À L’ATTAQUE !

 

L’obésité nous gagne,en flottant dans l'arène
J’ai vu les serpents chauves danser la carmagnole

A la figure vitrue du ventre des hamsters
Sur l' espagnole, sus
!
à vent
d'elle!

 

Oublions dans les cours nos péchés multiformes
Il n’y a pas d’œil bleu pour nous faire regretter
D’être passé
par l’escabeau du demi-moyen
En (flottant dans 'l abysse, la citronnée
L’abysse

 

Je sens tournoyer comme des pots de chambre
Avec une fumée de pétard mitraillette
Tous les enrhumés du monde ont la gorge violette
À moins que
moins que ce ne soit bleue et verte

Enfin je ne sais pas faire des calculs savants
Je n’suis pas né Putain avec trente enfants blancs

 

Pourri dans l’eau des morts givrante à la Surface
Écoutez le chant de la Mandragore

Des lignes de ferraille géométrisent le ciel
Des boules de
coton, PLOP ! PLOP !
Je fais le singe avec ma bouche
Je n'ai pourtant pas bu de lézard
Je n'ai pourtant rien bu, mais je coule !

 

Alexandre Georgandias

 

Ces divers texte sont tirés de la revue 14/15 de juillet/août de la revue Rue des Poètes de l'association poétique Poèmes en gros, demi gros et détail de Vincent Jarry et divers poètes associés

 
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