Poèmes en gros et demi gros deuxième

Poèmes en gros et demi gros... deuxième

LE RENARD

Dans un vieux port tout délabré
Je chante l'histoire d'un renard
Un grand ami de l'amitié
Qui voulait simplement rêver
Il venait pour se promener
Entre les caisses et les allées
Il s'asseyait puis regardait
Tout les bateaux vers l'étranger
Jamais personne ne l'a vu
Mais tout le monde l'a connu
Car bientôt depuis dix années
On ne l'a plus jamais revu
Moi-même j'ai cherché tout partout
Avant de pouvoir le trouver
Je l'ai trouver décapité
Car personne n'avait pu l'aider
Mon pauvre renard était mort
Tout l'monde le sait tout l'monde a tort
Il a fallu que je l'enterre
Et j'en ai voulu à la mort
Mais depuis bientôt dix années
Tout le monde chante en amitié
L'histoire du renard qui renaît
Au besoin de l'humanité
Dans un vieux port tout délabré
J'aurai aimer pour voir chanter
Aux grands amis de l'amitié
Un renard qui voulait rêver
Un renard que j'avais aimé

Nicolas Béchereau in Grain de Sable
Saint Germain des Prés éd.

Le hamac

Palimpseste des corps humides
De la piscine receveuse des désirs des brides
Espaces vivants où s'harmonisent les éléments
Déments insufflant bleu ciel dans le flan
Montagne déchiquetée carapace difficile
Pour l'accès de l'ascenseur transcendantal
Emmental aux trous troglodytiques
Où vivent les caciques tuniques
Protectrices des mirages des enfants rigides
Souffleur de verre néophyte
Ton travail dur fait couler ta sueur hommage
Perles laborieuses sur ton corps graphite
Tes muscles se forment à la dureté
De l'appréhension du savoir carrelage
Bicolore que tes pieds useront
T'indiquant la bulle de verre formée
A laquelle tu pourras par ton souffle juvénile
Et encore pur donner sa finalité gracile
Pétale de rose se posant sur le bûcheron
Coupeur des arbres plates-formes
De la montée en puissance du labeur
Qui te fera maître de ton souffle valeur

Thierry Thomas

SANS AMOUR

Encensées les erreurs
De jeunesse, les vautours
Les longues soirées d’hiver
à lever l’étendard
Lassé de contempler
Des prêtresses, des atours
Se tailler dans la bure
Une robe de soie
S’en parer pour un soir
Se pare contre tous
Et quand fatiguée de
Leur bassesse sans détour
L’hiver a ses envies
Leurs fragiles humeurs
Pour mieux les posséder
L’espace d’un chagrin
S’en repaître et mourir
Sans ivresse, sans amour

Yaël Pellé

L' ETE PLUS TOT

LE TEMPS UNE TASSE DE THE

DANS LE GANT

DU LAPIN BLANC

L'ENFANCE EST TOMBEE

LE MES VEUX

COMME UN LOUP BLANC

L'ENFANCE EST TOMBEE DU LIT

DE L'ETERNITE

JE SAIS LA MORT DE MES DOIGTS

AU BORD D'UN DRAP

ET LE GIVRE SI LOURD

DE MES CILS

AU BORD

DE L'ENNUI

Dominique Nourry

Milord et caravane

 

Milord et Caravane violentent les mirettes,

alléchants dans la tempête.Ils bouclent la nacelle.

Ils annônent, marmot, marmotte, racolent pleurs et cerisier

Ils ornent un temple et le peuplier.

Ils virevoltent, beaux et bordéliques, balbutient.

Ils couinent dans le fouillis, vaguement vacillent, sirène et fourbi.

Ils flânent folichons, dans la broussaille et le charbon, polissons.

lls dévorent les flots, à la loupiotte, pâlots,

ils fument la causette, rupestres et éperdus.

Ils s'éveillent, rupins et champêtres.

Milord et Caravane bricolent un violoncelle.

Milord et Caravane se coltinent

les îles, immenses, indolents, repus et charmants.

Ils se fardent poussins, dare dare au matin, se courtisent à midi, ravis.

Ils grapillent, à gogo, se gorgent de soie et de vanille.

Ils s'esclaffent dans le mimosa, étourdis.

Ils grondent la rosée, grimacent en frou frou.

Les loups en crinoline, se palpent, devinent dans la bruine.

Ils imitent le peuplier, humant en tutu.

A l'affût des petits bruits, une houle de Chine,

les oursins écument la camomille.

 

Lola Sponge

 

Vague à l'âme

J'ai comme un vague à l âme
Blotti au fond de moi
Qui brûle comme une flamme
Et qui  parle de moi
Il me montre l'inutile
D une tendresse  sans écho
Et ma vie qui défile
Dans un sombre halo
Les joies et les abimes
Que sont mes souvenirs
Qui fon figure de mime
Et s’enferment dans leur rimes
Une langueur m'attire
Et m'entraine sur sa voie
Je voudrais m' endormir
Parce que lasse d' être moi
Trop de peur et d'envies
Se basculent dans ma tête  
Ces rocher de la vie
M'écorchent de leurs arêtes
Désirs  inassouvis
D un cœur beaucoup trop grand
Je m'enfonce  dans ma nuit
Je remonterai, mais quand ?

Yaël Pellé

Ronde

Il suffit de se mordre la queue
Et de tourner, tourner,
Tel notre point de terre dans sa révolution,
Pour trouver une solution
Aux petites questions
Que suis-Je?
Suis-Je?
Oui;
Je suis rond
Et je tourne en rond,
Je grain de sable une seconde
Et puis stop! paradis pour tout le monde!
Paradis dune infinies peuplées de mica blond
Qu'un blond visage rond et couronné contemple,
Comme un pasteur devant son temple,
Un visage très rond, Point d'interrogation,
La question :
serai-Je?
Non,
Il suffit de se mordre la queue
Et de tourner, tourner,,,

Eric Péron

LE CIEL

Sur le monde
Le ciel gronde
Je le vois
Comme une proie
Désarmé
Il se fait
Dévorer
Et bouffer
Par les hommes
Bande de gnomes!
Sur le monde
Le ciel gronde.

Eric Pasquier

 

 

Arcueil Printemps 92

 

Mai

Devant moi il y a une route qui monte

C'est la route du Levant

Ca y est je suis chez moi et je n'ai plus honte

C'est l'adieu au froid au vent

 

Devant moi il y a une route de brune

C'est le chemin d'une femme

Clarinette grimpe en soleil et en lune

Le devenir se fait calme

 

Devant moi ça grimpe d'Arcueil à Cachan

Je suis chez moi et il pleut

La route étend son ventre au soleil couchant

Mois de quand je peux je veux

 

Devant moi vibre un dessin de mes vingt ans

A un ou deux détails près

Je crois bien que l'immeuble était différent

Pas de la brique du grès

 

Arcueil banlieue de mon ancêtre inventeur

Qui capsula les bouteilles

Je reviens aux sources du vieux géniteur

Comme la grive à la treille

 

Devant moi il y a une route qui monte

C'est le chemin d'une femme

Je suis chez moi et si les désirs m'inondent

Le devenir se fait calme

 

Vincent JARRY

 

NOËL

 

Noël approche alors que je suis seul et solitaire ;
Noël approche entre les gouttes de pluie,
 de sueur et de liquide lacrymal.
Le froid rapproche les gens qui se blottissent
les uns contre les autres dans les magasins de grande consommation.
 Les étoiles des sapins scintillent
et les petits Jésus des crèches siliconées en arrivent même à rire.
 Ils ne savent pas. Malheureusement. Noël approche
pour tous ceux qui refusent d'ouvrir les yeux sur la misère
d'une telle Commémoration. Messe de minuit.
Urbi et orbi. Certains voudraient y percevoir un bonheur,
 une communion. Et ils oublient, chaque année un peu plus,
 le malheur généralisé. Noël approche, et sans regret,
permettez-moi de cracher dessus et de crécher sur mon crachat.

T. bice Queer
in « Les Chancres "M'as-tu vu !" »

Le soleil

Le soleil brille pour tout le monde
Aussi facile ou la terre est ronde
La voie lactée, le système solaire
C’est système D c’est d’la p’tite bière
C est qui qu’a dit faites attention
Le paradis c’est que pour les bons
C est les loups qui s nourrissent de moutons
Qui pensent à nous comme d’la chair à canon
j’veux être serein. Pas m’prendre à ce jeu
Je sais que mon destin c’est d’être heureux
Mon cœur recèle instinctivement
Comme une crécelle des sentiments
Ceux qui utilisent dans l’égoïsme
Et tirent du bénéfice de l’optimisme
Ils brouillent les pistes de l amour
Et ils détruisent ceux qui sont pour
Avant l’homme il y avait le singe
Avant le singe le papillon
Avant. Avant le papillon, la chenille
Avant la chenille le hérisson
Avant le hérisson, le coton tige
Et bien avant il y a ait le soleil
Le soleil brille pour tout le monde
Aussi facile que la terre est ronde
Si t y crois pas laisse-la faire
Puis t’isole pas dans ta galère
Si tu en en as marre et que tu es tout seul.
Largue les amarres, fais plus la gueule
Les barbelés que tu as dans le cœur
Font qu’empêcher d’être l'acteur
D’un super film en technicolor
Où le soleil brille mieux que l or
Avant l’homme il y avait le singe
Avant le singe le papillon
Avant le papillon la chenille
Avant la chenille le hérisson
Avant le hérisson le coton-tige
Et bien avant il y avait le soleil

Pilote 96

L'OISEAU
 
L'oiseau a quitté le nid
Ce matin d'été rutilant et chaud
L'oiseau a tourné les ailes
Au douillet champ de lune
Puis il s'est envolé
Oisillon de bonheur, inconscient
De vent contraire en rencontres outrées
Que devient-il ?
Loin de ses congénères
Des becquées de sa mère au bec affilé
Où court il entre les nuages?
Masques d'amour et de tragédie
Où va l'enfant de plumes
Au bec peu affûté saisissant mal le ver
Ou l'insecte en plein vol
Pas rassuré le jeune fou
De Bassant ou d'ailleurs
D'ailleurs il ne sait pas
S'il est oiseau ou fleur
Il vole... vole ... et sans corolle
Parachute qui amortissait la chute
Alors ? L'oiseau sait...
Et nous n'en savons rien.

Michel Praeger

J'ai abandonné l'écriture d'un roman,
Longtemps contrasté...
Je donne dans la démesure
Ou j'écris... ou j'attends la prose
Depuis des mois je me reproche tant
De ne pas finir ce roman.
Qu'y puis-je ? Est-ce encore la fêlure
Que je rencontre quelquefois
Sur la fenêtre il y a la rose
Qui se flétrira avant moi !
Je regarde les pétales, attendri...
Comme les pages encore blanches
Sont longues à remplir aussi,
La fleur si haute sur la branche
Se demande où cela finit...
Page blanche, rose blanche
J'attends la muse endormie
Je voudrais tant écrire "Pervenche"
C'est le titre du livre choisi

Michel Praeger

 

 

 

Rencontre sage

 

Un enfant

Une plage

Un cheval sauvage

Ils échangent

Des vagues

Apprentissage

Pas du dressage

De l’amitié

Ils marchent

Et nagent

Un cheval

Et son cavalier

Bientôt

Sortiront de l’eau

 

Philippe Raillon in 53 inédits,

Agenda 96 Poèmes en Gros & 1/2 Gros éd.

 

Moitié étoile, moitié goutte d’eau

Deux ou trois elfes bien roulées

Déambulaient sur les galets

 

Quelques lutins les butinaient

Au beau milieu des feux follets

Je m’avançais dedans la brume

 

Qui m’estompait comme sous un voile

Un croissant de lune dansait là-haut

Moitié étoile moitié goutte d’eau

 

Philippe RAILLON

 

Brigitte Gouësse, histoires de machines

Rap des machines

Machine à coudre machine à trancher moudre
 découper, machine à mixer battre presser    
à laver, machine à sécher râper écrire imprimer;
machine à effiler trier comprimer,
 machine à vapeur à malheur et sans, cœur,
machine à sous à ripoux à voleurs,
machine  à voler pulvériser mâcher, machine à vomir
honnir à abattre, machine à écraser piler démolir,
machine à tuer le temps, la vie l'esprit,
machine à refroidir endormir végéter, machine à  bêtifier
 à lénifier anesthésier, machine à rigidifier annuler
 stériliser, machines argotiques éclectiques
anarchiques, machines de rêve, machines
à foutaises, machines de fadaises, machines-hérésie,
 machines-hystérie, machines à mensonge,
 machines à leurre, machines sans heure
en dérangement, machines mine de rien, machines pourtant...
Si tu veux bien ne pas te laisser bouffer par la grande machinerie,
 il est encore temps de réagir! Avec le rire, évidemment!
Alors courage et...en avant!

Brigou

Machines d'hier et d'aujourd'hui

Les machines d'hier ont la tendresse du passé
Les machines d'hier prennent le temps de contempler
Les machines d'aujourd'hui ont le regard dur et blasé
Les machines d'aujourd'hui compriment le temps d'un ton glacé
Les machines de demain font table rase du passé
 Les machines de demain risquent de nous faire trépasser
La machine d'hier a une culture à déclarer
La machine d'hier sème l'espoir et la liberté
La machine d'aujourd'hui censure et mouline l'expression
La machine d'aujourd'hui sème le doute et la confusion
La machine de demain ne connaît plus le mot culture
La machine de demain est synonyme de dictature
Ma machine d'hier coule dans mes rêves d'aujourd'hui
Un parfum d'éternel alimente mes jours et mes nuits
Ma machine d'aujourd 'hui est un délicieux métissage
Sans œillère et sans bruit remuant le temps dans les voilages
Ma machine de demain a le sang révolutionnaire
Elle résiste et combat dans l'urgence de changer d'air
Et ta machine à toi si tu n 'y mets pas de barrière
 Un jour s'effondrera sans pouvoir faire machine arrière
 Votre machine à vous a encore des droits à défendre
Il y en a tellement au 'on essaye de nous reprendre
Notre machine à tous doit se battre pour le label
Du fanion Liberté qui vogue mi Loukoum mi Rebelle
Notre machine à tous doit se battre pour le label
Du fanion Liberté qui vogue en Loukoum et Rebelle

Brigou

TANGO DES MACHINES A COUDRE

Machine avait une machine
Qu'était prise dans l'machin
De sa machine à coudre
Machine faisait une trombine
En voyant ce machin
Qui se laissait pas coudre
Machine avait une sainte horreur
De tout ce sale progrès
Qui se mettait en grève
Machine avait des hauts-le-cœur
Devant ce bout d'machin
Qu'elle aurait pu coudre à la main
Voilà qu'arrive enfin Machin
L'heureux propriétaire
De la machine à coudre
C'est un ultime spécialiste
De toutes les machines
Même s'il ne sait pas coudre
Il démonte et remonte l'engin
Et il libère le machin
Qu'était pris en otage
Machine retrouve le sourire
Le machin est cousu
Son temps n'est pas perdu
Alors bras dessus bras dessous
Machine et Machin
Vont faire un tour en Chine
C'est un petit restaurant
Qui respire le Printemps
A l'abri des machines
Ils dégustent des machins
Machinés dans l'Nuoc Mam
En buvant du Champagne
Car il fallait bien fêter
 Sur tout ce temps gagné
Leur amour retrouvé
Car il fallait bien fêter
Sur tout ce temps gagné
Leur amour retrouvé!

Brigou

 

 
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