J'ai gerbé

J’ai gerbé

J’ai gerbé des flots délicieux
De vins vieux et gris
Et des rêves tumescents
Dans des temps trop aigris

Mes rêves allant d’un soir sombre
Des mois d’automne
Jusqu’aux matins froids
D’un printemps où je t’aime

J’allais parcourant des galaxies
Dans l’abandon de la nuit
La grande ourse me montrait la route
Mais alors je te fuis

Le désert de ma vie comptait
Ses myriades de grains de sable
Tu ne savais quoi me dire
Et tu ignorais ce dont je suis capable

Une nuit passée au large de mes amours
Et c’était l’enfer clos
Et je chassais les mirages
Qui se formaient dans mon enclos

Demain un autre monde est possible
Cela je le crois encore
Mais toi tu partais silencieuse
Sans buts et je me croyais fort

Je m’aperçus que j’étais seul,
Et toi qui es cette mauvaise absence
Je vomissais mon désespoir
Plus noir que les nuits d’une béance

Bayant d’ennuis à l’idée
Inébranlable et incroyable
Que mes lendemains
ils ressemblent à ce toujours

Comment parler de ce que les autres
Appellent maladie de désamour
Le vent continuait à souffler
Charriant des humeurs

Qui sont plutôt malsaines
Les fleurs poussaient
Et les oiseaux chantaient,
Floraisons si vaines…

Mon âme souffrait
D’un dégoût de moi-même
Je me haïssais aussi
De n’avoir su

Cueillir un jour, la fleur
Qui fleurit maintenant et ici
Divines malédictions
Ou solitudes acceptées

Je gerbais ce présent
Et je me mettais
Aussi en scène
Comme bien trop souvent

Et je lui lui offrais
La lie de mon mauvais vin
Et mon mauvais temps
J’acceptais aussi

De lui faire ce bouquet
De mes fleurs de printemps
Je composais ce poème,
Fait de bric et de brocs

Choses ramassées de çà et de là
Mais j’étais aussi habile
Ainsi j’écrivis ce poème
Cette gerbe avec des mots

Et ça marchait bien
Et presque au de-là
Certes bon poète,
Mais malhabile technicien,

Je cherchais mes alexandrins,
Mais je m’en moquais,
Je n’ai jamais recherché
Les horaires de trains

Paris 17 mai 2009 mise en page 23 octobre 2016

 
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