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Des Artistes...

Réflexions...

Réflexions...

Certes ! Oui ! Je sais bien que j'e n'ai qu'une formation scientifique
Mais je sais aussi que que je n'ai absolument rien d'un vrai matheux
Pour moi les maths, c'est une réalité qui reste toute abstraite
Un monde de géomètres arpenteurs et de logiciens

Je préfère encore et toujours, toute la nuance poétique
Celle-ci qui me permet plus de choses que de la pure logique
Je ne sais pas pourquoi ! Là! Tu nous parles d'équation
Pour moi la plus belle et la plus simple cela reste, "un égale un"

Mais pour certains, ils ne comprendront jamais cette simplicité
Pour moi, c'est que l'unité est une chose qui existe en soi
Sans vouloir délirer sur le reste, nous somme tous égaux
J'ignore si un matheux, il parle de ce monde où nous vivons

J'ignore de plus en plus, tout ce monde de la technologie
Les techno-sciences, elles me parlent d'outils et de gadgets
La science contemporaine, elle meure de ne pouvoir se dépasser
La poésie, avec toutes les nuances, elle va beaucoup plus loin

Je reconnais que dans le choix de mes mots, je cherche l'exactitude
Mais je ne mets pas de mot, sans en connaitre toutes les nuances
Y aurait un poème plus important qu'une équation ? Cela je ne sais pas !
J'ai souvent songé à un monde différent, où j'étais un savant fou

Mais là ! Je rigole ! Je sais bien  que quelques parts... On a tous été un autre
La physique contemporaine, elle a  fait certainement plus de morts que la poésie
Une chose que devrait comprendre ces chers matheux, c'est le regard
Le regard, il est fait de nuances qui sont difficilement descriptibles

Paris le 3 novembre 2017

Rencontre... Là-bas au loin

Rencontre... Là-bas au loin

Deux droites parallèles
Qui se rejoignent à l'infini
Quelques aiguillages
Pour faire le chemin
 
Tous aller au même endroit
Avec des chemins différents
Se regarder agir tout seul
Parfois partager un verre
 
Dans un bistrot de gare
Ne pas voir ces autres
Qui vont aussi tout là-bas
Dire quelques mots
 
Des trains qui partent
Et qui arrivent aussi
Entre le ici et le là-bas
Ici c'est bien plus près
 
Dites! Monsieur le poète...
Non! Là ! Je ne sais pas vraiment
Si je vous verrais physiquement un jour
Mais je lis vos textes, ici sur internet

Paris le 6 août 2017

Le bateau Ivre... Arthur Rimbaud

 

Bateau dans la tempete

Le bateau ivre

Comme je descendais des Fleuves impassibles,
Je ne me sentis plus guidé par les haleurs :
Des Peaux-Rouges criards les avaient pris pour cibles,
Les ayant cloués nus aux poteaux de couleurs.

J'étais insoucieux de tous les équipages,
Porteur de blés flamands ou de cotons anglais.
Quand avec mes haleurs ont fini ces tapages,
Les Fleuves m'ont laissé descendre où je voulais.

Dans les clapotements furieux des marées,
Moi, l'autre hiver, plus sourd que les cerveaux d'enfants,
Je courus ! Et les Péninsules démarrées
N'ont pas subi tohu-bohus plus triomphants.

La tempête a béni mes éveils maritimes.
Plus léger qu'un bouchon j'ai dansé sur les flots
Qu'on appelle rouleurs éternels de victimes,
Dix nuits, sans regretter l'oeil niais des falots !

Plus douce qu'aux enfants la chair des pommes sûres,
L'eau verte pénétra ma coque de sapin
Et des taches de vins bleus et des vomissures
Me lava, dispersant gouvernail et grappin.

Et dès lors, je me suis baigné dans le Poème
De la Mer, infusé d'astres, et lactescent,
Dévorant les azurs verts ; où, flottaison blême
Et ravie, un noyé pensif parfois descend ;

Où, teignant tout à coup les bleuités, délires
Et rhythmes lents sous les rutilements du jour,
Plus fortes que l'alcool, plus vastes que nos lyres,
Fermentent les rousseurs amères de l'amour !

Je sais les cieux crevant en éclairs, et les trombes
Et les ressacs et les courants : je sais le soir,
L'Aube exaltée ainsi qu'un peuple de colombes,
Et j'ai vu quelquefois ce que l'homme a cru voir !

J'ai vu le soleil bas, taché d'horreurs mystiques,
Illuminant de longs figements violets,
Pareils à des acteurs de drames très antiques
Les flots roulant au loin leurs frissons de volets !

J'ai rêvé la nuit verte aux neiges éblouies,
Baiser montant aux yeux des mers avec lenteurs,
La circulation des sèves inouïes,
Et l'éveil jaune et bleu des phosphores chanteurs !

J'ai suivi, des mois pleins, pareille aux vacheries
Hystériques, la houle à l'assaut des récifs,
Sans songer que les pieds lumineux des Maries
Pussent forcer le mufle aux Océans poussifs !

J'ai heurté, savez-vous, d'incroyables Florides
Mêlant aux fleurs des yeux de panthères à peaux
D'hommes ! Des arcs-en-ciel tendus comme des brides
Sous l'horizon des mers, à de glauques troupeaux !

J'ai vu fermenter les marais énormes, nasses
Où pourrit dans les joncs tout un Léviathan !
Des écroulements d'eaux au milieu des bonaces,
Et les lointains vers les gouffres cataractant !

Glaciers, soleils d'argent, flots nacreux, cieux de braises !
Échouages hideux au fond des golfes bruns
Où les serpents géants dévorés des punaises
Choient, des arbres tordus, avec de noirs parfums !

J'aurais voulu montrer aux enfants ces dorades
Du flot bleu, ces poissons d'or, ces poissons chantants.
- Des écumes de fleurs ont bercé mes dérades
Et d'ineffables vents m'ont ailé par instants.

Parfois, martyr lassé des pôles et des zones,
La mer dont le sanglot faisait mon roulis doux
Montait vers moi ses fleurs d'ombre aux ventouses jaunes
Et je restais, ainsi qu'une femme à genoux...

Presque île, ballottant sur mes bords les querelles
Et les fientes d'oiseaux clabaudeurs aux yeux blonds.
Et je voguais, lorsqu'à travers mes liens frêles
Des noyés descendaient dormir, à reculons !

Or moi, bateau perdu sous les cheveux des anses,
Jeté par l'ouragan dans l'éther sans oiseau,
Moi dont les Monitors et les voiliers des Hanses
N'auraient pas repêché la carcasse ivre d'eau ;

Libre, fumant, monté de brumes violettes,
Moi qui trouais le ciel rougeoyant comme un mur
Qui porte, confiture exquise aux bons poètes,
Des lichens de soleil et des morves d'azur ;

Qui courais, taché de lunules électriques,
Planche folle, escorté des hippocampes noirs,
Quand les juillets faisaient crouler à coups de triques
Les cieux ultramarins aux ardents entonnoirs ;

Moi qui tremblais, sentant geindre à cinquante lieues
Le rut des Béhémots et les Maelstroms épais,
Fileur éternel des immobilités bleues,
Je regrette l'Europe aux anciens parapets !

J'ai vu des archipels sidéraux ! et des îles
Dont les cieux délirants sont ouverts au vogueur :
- Est-ce en ces nuits sans fonds que tu dors et t'exiles,
Million d'oiseaux d'or, ô future Vigueur ?

Mais, vrai, j'ai trop pleuré ! Les Aubes sont navrantes.
Toute lune est atroce et tout soleil amer :
L'âcre amour m'a gonflé de torpeurs enivrantes.
Ô que ma quille éclate ! Ô que j'aille à la mer !

Si je désire une eau d'Europe, c'est la flache
Noire et froide où vers le crépuscule embaumé
Un enfant accroupi plein de tristesse, lâche
Un bateau frêle comme un papillon de mai.

Je ne puis plus, baigné de vos langueurs, ô lames,
Enlever leur sillage aux porteurs de cotons,
Ni traverser l'orgueil des drapeaux et des flammes,
Ni nager sous les yeux horribles des pontons.

Arthur Rimbaud 1854-1891

Sur la Norme

Sur la Norme

La Norme qu’est-ce que c’est y donc ?
C’est l’ensemble des gens ordinaires
Du moins tous ceux, sans vrai problème
Le non-normal, c’est une idée de différence

 

Parfois c’est une Norme qui est sociale
Parfois c’est un héritage qui est ancien
Entre l’Histoire et les principes religieux
De nos jours le sociétal crée de la Norme

 

La Norme ? Vous savez! Elle est é-norme
Entre l'anormal bizarre et le normé
Il y a des enfant qui se foutent vraiment
De savoir tout ce qui est normal

 

Et  aussi d'affreux poètes maudits
Qui refont le monde, à leur manière
Les gens normaux, ils n'aiment pas
être dérangés dans leur confort

 

La Norme est un concept d’industriels
Pour fabriquer un assemblage d’objets
C’est devenu aussi un usage social
Les anormaux sont des gens dangereux

 

Ou du moins, ils sont des gens compliqués
Et ils sont difficiles à intégrer dans une équipe
Les idées qu’ils ont, elles dérangent les patrons
Qui préfèrent tous les gens dits normaux

 

De nos jours certains patrons, ils rendent dingue
Certains de leurs employés pour les vider
Il est normal de voir ce monde nous classer
Mais il est anormal de détruire pour le profit
 
Dans les anormaux, il y a des différences
Entre les handicapés physiques ou les fous
Ce qui ne va pas, c’est qu’ils doivent s’adapter
Alors que c’est ce monde qui devrait s’adapter
 
Ce sont des gens, qui sont plus fragiles que d’autres
Et qui souffrent des regards, des gens dits normaux
On crée le concept d'handicap,  avec la notion d’incapacité
Les handicapés, ils souffrent de se voir inférioriser
 
La Norme c'est seulement  la moyenne
De ce que nous devons être en société
Ni trop beau ni trop laid, juste médiocre
Ni trop ceci, ni trop cela, être normal
 
J'ignore parfois les question posées...
était-il normal, ou bien était-il bizarre ?
Ce gars  étrange qui me parlait du monde
Je ne sais pas, cela je ne l'ai jamais su
 
Un être qui est normal, c'est parait-il
C'est une personne de taille moyenne
Ni blanc, ni jaune, ni noir, mais gris
Sans autres opinions que celles admises
 
Avec jamais de délires, donc très ordinaire
Et qui s'insère dans un monde normal
Ce monde qui fonctionnerait très bien
Sans tous ces gens qui sortent de la Norme
 
Mais que ce monde là il serait triste
Sans tous les fous créateurs et marginaux
Je me souviens de Van Gogh et de Nerval
Qui sont morts de n'avoir pu supporter la Norme
 

Paris le 18 mai 2017

 

Le printemps est là

Poème pour le poète Bibi qui s'ennuie

Le Printemps est là

Dehors c'est le printemps
Et toi, tu ronchonnes chez toi
Entre un écran et un clavier
Où tu tapotes et tu t'ennuies

Là ! Je te vois dans ta maison
Qui médite solitaire à l'intérieur
Un gars rangé qui se sens bien seul
Alors sors-donc ! Car c'est le printemps

Bibi ! Sais-tu l'effet des fleurs ?
C'est comparable, cela je te le dis
à une jolie fille qui te souris
Là! Tu manques de la lumière

Il te faut bien d'autres choses
Qu'une bouteille et un verre
Comme d'aller se promener
Et qui sait toutes les surprises

Printemps, ici, là et maintenant
J'aime l'idée de voir des filles
Qui me souriront à moi Bruno
Parce qu'elles sont sans problème

Vas donc voir, si elle sera là
Là bas! Ou bien est-elle ailleurs...
Cette fille incroyable et sans complexe
Dont tu rêves, dans ton intérieur

Paris 23 avril 2017, jour d'élections en France

Marie

Marie...

Vous y dansiez petite fille
Y danserez-vous mère-grand
C'est la maclotte qui sautille
Toute les cloches sonneront
Quand donc reviendrez-vous Marie ?

Les masques sont silencieux
Et la musique est si lointaine
Qu'elle semble venir des cieux
Oui je veux vous aimer mais vous aimer à peine
Et mon mal est délicieux

Les brebis s'en vont dans la neige
Flocons de laine et ceux d'argent
Des soldats passent et que n'ai-je
Un cœur à moi ce cœur changeant
Changeant et puis encor que sais-je


Sais-je où s'en iront tes cheveux
Crépus comme mer qui moutonne
Sais-je où s'en iront tes cheveux
Et tes mains feuilles de l'automne
Que jonchent aussi nos aveux

Je passais au bord de la Seine
Un livre ancien sous le bras
Le fleuve est pareil à ma peine
Il s'écoule et ne tarit pas
Quand donc finira la semaine

Guillaume Apollinaire (1880 - 1918)
Nota Bene la maclotte est une contre-danse du passé

François (V)illon un vieux poète

le premier Poète qui laisse des traces dans notre histoire,
c'est François (V)illon qui possède un nom presque identique à une lettre près,
un gars dont on sait qu'il est mort dans la mouïse

Ballade des contre-vérités

Il n'est soin que quand on a faim
Ne service que d'ennemi,
Ne mâcher qu'un botel de fain,
Ne fort guet que d'homme endormi,
Ne clémence que félonie,
N'assurance que de peureux,
Ne foi que d'homme qui renie,
Ne bien conseillé qu'amoureux.

Il n'est engendrement qu'en boin
Ne bon bruit que d'homme banni,
Ne ris qu'après un coup de poing,
Ne lotz que dettes mettre en ni,
Ne vraie amour qu'en flatterie,
N'encontre que de malheureux,
Ne vrai rapport que menterie,
Ne bien conseillé qu'amoureux.

Ne tel repos que vivre en soin,
N'honneur porter que dire : " Fi ! ",
Ne soi vanter que de faux coin,
Ne santé que d'homme bouffi,
Ne haut vouloir que couardie,
Ne conseil que de furieux,
Ne douceur qu'en femme étourdie,
Ne bien conseillé qu'amoureux.

Voulez-vous que verté vous dire ?
Il n'est jouer qu'en maladie,
Lettre vraie qu'en tragédie,
Lâche homme que chevalereux,
Orrible son que mélodie,
Ne bien conseillé qu'amoureux.

François Villon 1431-????

 

Les reflets de la pensée d'après un tableau de Vincent Ducourant

Vincent ducourant les reflets de la pensee 1

 

 

Les reflets de la pensée

Derrière le carreau de la vitre, de mon petit chez-moi
Je vois mille chose, toutes celles qui passent et qui viennent
Oui je vois, un enfant qui joue à la marelle ou bien il court
Ainsi je vois tout ce jour qui passe avec tous ses reflets

Un rêveur qui regarde, et qui conte des histoires sans fin
Celui là il invente et il dessine sur des carreaux embués
Serait-il un dieu, ou  un sage ou n'est-il que ce rêveur ?
Je sais bien maintenant tout ce qui n'est pas encore écrit

L'araignée du temps, elle tisse sa grande toile sans s'arrêter
Tandis que des moucherons, de rien du tout, ils s'écrasent dessus
Ces moucherons? Vous savez c'est nous tous ces rêveurs qui écrivent
Il parait que les poètes, un jour ils trépassent et tous ceux-là s'oublient

Mais pour un peintre qui saisit et qui peint et qui agence tous ces presque riens
Vincent Ducourant, constructeur  de rêves, celui là m'a inspiré ce petit poème
L'art d'écrire, ce n'est Jamais que la description d'un regard,  comme le votre
Le voyant c'est  bien Van Gogh, et tout le reste ce n'est que de la littérature  

Paris le premier mars 2017

La grande Marée... Bernard Lavillier

La Grande Marée par Benard Lavillier

Nous sommes à Marée Très Basse

Poèmes en gros et demi gros cinquième partie

Poèmes en gros et demi gros

scannage de la revue rue des poètes

N° 19 décembre 1997, c’est la cinquième partie

 

« L'homme est destiné à retourner en poussière, c'est dire l'importance du plumeau. » Alexandre Via latte.

 

La Poésie ? On sent bien quand ce n'en est pas. À l'inverse, allez essayer de comprendre et d'expliquer pourquoi, oui, là, définitivement, c'en est bel et bien. Et la manière, le genre, le ton. Le style, le lieu importent peu. Rien ni personne ne vous dira ce qu'est un poème; à peine le poème peut-il lui-même parfois sauf découvrir son mystère ni sa nature irréductible. Le poème ? Cette sorte de perte de sens qui soudain fait sens pourtant, pour tous ! Qui vous entraîne avec une irrépressible violence même s'il se peut qu'elle demeure douce, dans ce que la liberté a d'inaltérable et de nécessaire. Trois mots donnés, trois mots reçus, trois caresses, trois gifles, et vous voila subversif, et surgissant de vous, comme une source inconnue d’une montagne invisible !Écrire, parler, communiquer supposent un terrain commun, une entente où s’accorder sur les significations, mais du coup on ne communique rien : On informe. L’échange, le bouleversement de ce qui est dit et vous parle commence avec l'émotion quelle que soit sa nature, froide, incompréhensible, douce ou brûlante. A des candidats dictateurs plus ou moins repentis, après la chute du mur de Berlin, qui lui demandaient d'où venait la formidable puissance de ses poèmes, un poète, fraîchement sorti de prison, répondit « d'ignorer la haine »; sans oublier d'ajouter « mais pour vous, il est trop tard ». Un autre poète, à qui la censure demandait ce que ses poèmes voulaient dire, répondit simplement «je n'en sais rien moi-même » Et c'est bien là ce qui fut considéré comme extrêmement dangereux. La peur prenant toujours les devants, il fut interdit, puis persécuté. Le poème détruit le tissu commun du langage et de sa rhétorique, amenant à la surface l'incontrôlé et l'incontrôlable d'où le lourd tribut qu'ont payé les créateurs en suicides, vies fichues, exclusions, tenus à l'écart pour l'écart même de langage qu'ils représentent et pour les mots dont le poème préserve la part sauvage. On oublie que pendant ces temps abrutis par le bruit des tiroirs-caisses, la poésie pourrait bien sauver l'honneur de ce siècle comme elle l'a fait durant les guerres, les génocides, les massacres, les famines et la destruction de populations entières ( par le jeu des bourses et des multinationales) qui n'ont pu montrer, que montrer ou notre impuissance ou notre indifférence. Il n'est pas besoin de croire en Dieu pour prier mais pour faire un poème, il faut au moins le laisser faire et donc savoir l'attendre.

 

Werner LAMBERSY

 

De l’ouverture de la coquille Saint-Jacques

Un ventre de femme

C’est comme une coquille Saint-Jacques

Un renflement à partir du nombril

Et puis un rentré avant le pubis

Qui se regonfle à ce moment-là

Jusqu’à la faille délicieuse

Qu’il faut savoir ouvrir

La coquille en est bien plus douce

Quelquefois l’arrière-goût reste amer

Mais la coquille est si douce

Tous les parfums du monde

peuvent se retrouver

dans cette faille

Vincent JARRY 6-6-96

 

Je vais convoler

Quand ? Demain.

Toi ? Oui.

- Toi que je prenais pour un type sérieux !….

Mais je suis toujours quelqu’un de sérieux !

– Non, mon vieux !

Vole n’importe quoi ;

tiens, un cochon, par exemple,

mais pas ce que tu envisages !

 

Jean-Baptiste TIÉMÉLÉ 28 novembre 1997

 

Le poète, né en 1920 et mort depuis,

vivait dans l'ouest de la France.

Son prénom était double, ses amitiés ferventes

et son métier instit' Il ferait bien partie du petit panthéon

des poètes en gros et demi-gros ( voir détails)

Ce texte date des années 1948-1949

et fait partie de « L’HÉRITAGE FABULEUX ».

 

Marie ORDINIS

 

Me voici dans la vingt-neuvième année de mon âge

Avec beaucoup de litres vides derrière moi

Compte jamais réglé sur l’éternelle ardoise

Qui masque de son mieux la misère du toit

 

De feuillage investi comme un enfant posthume

Ah ! c'est bien moi ! Je n'ai pas changé de costume

Et le rideau d’indienne qui m’épouvantait

Avec ses flammes et ses roses mal peignées

 

Flotte à nouveau sur le mieux monde d’aujourd’hui

 Et me voici dans la vingt-neuvième année de mon âge

Où ce n’est plus tout à fait comme autrefois

Quand on vivait avec de bons sauvages

 

Aux fautes de français douces comme un patois

 Mais le temps de s’aimer féroce et plus vivace

Lié dans son espoir aux graines de plein vent

Qui reniflent le sol épais où se ramassent

 

Les sèves et le sel d’un prodigieux printemps.

Je pense à toi qui me liras dans une petite chambre de province

Avec des stores tenus par des épingles à linge

Bien entendu ce sera dans les derniers jours de septembre

 

Tu te seras levé très tôt pour reconduire

Une vieille personne très chère avec son vieux sac de cuir

Tu auras bu dans tous les bistrots autour de la gare

Tu auras peur soudain et tu rentreras dare-dare

 

Tu t’assiéras dans le jour calme tu liras

 Mes vers « Ô Mon Dieu se peut-il que ce poète

« Me mette des douleurs de ventre dans la tête

« Que je m’enfante et que je vive en moi

comme un posthume enfant

« Qui souffre de rigueur et renifle en plein vent »

 Et le seigneur dira Bénis soient de la gare

Les bistrots pour t’avoir redonné la mémoire.

 

Les trois premières personnes ayant trouvé le nom de cet auteur

et nous l'ayant communiqué auront droit

à un abonnement de six mois à « Rue des Poètes »...

Je vous donne la réponse j'ai triché , cela vu que pour moi

les archives sont toutes accessibles sans délais,

le poète cité c'est René Guy Cadou

 

 

CRIER TOUJOURS JUSQU’À LA FIN DU MONDE.

 

Grâce soit rendue aux interprètes de CRIER TOUJOURS,

ce spectacle qui, bouillonnant de la sève de Fondane,

nous le rend infiniment proche.

L’univers du poète, peuplé par la voix du chanteur,

celle de l’accordéon, conteur mystérieux et/ou bavard,

nous est offert par Yves-Jacques Bouin, méditatif

ou comme effervescent et Eve Griliquez, rayonnante,

co-maître d’œuvre de l’ensemble.

Ils ont évité toutes les lourdeurs que le spectateur

peut redouter d’un montage poétique statisme

et autres académismes, redondances ou manque d’urgence

dans l’agencement des textes.

CRIER TOUJOURS s'accroche à vous et ne vous lâche pas.

sur scène quatre complices s'écoutent, se rencontrent,

s'attendent, s'attendrissent, se rassurent et s'émerveillent.

Tout est concerté, concertant.

Les objets sobres choisis pour matérialiser

la présence de Fondane et la rendre

touchante et charnelle se font flagrants,

comme ce cordage qui fend l'espace

de part en part et figurerait bien telle flèche

perçant un cœur, une existence.

Alors, toute là douleur du monde peut fondre,

(….) « Je ne saurais jamais me résigner

(….) » (...) « Je ne suis qu' 'un témoin(...) »

(...) « Un jour viendra, c'est sûr, de la soif apaisée. »

 

Benjamin FONDANE (Iasi 1898 – Auschwitz 1944)

C’est poignant, juste, nécessaire à ceux que la poésie de Fondane

n’a pas encore atteints, pour les changer.

 

Marie ORDINIS1898 est l’année du centenaire de Fondane

CRIER TOUJOURS sera redonné à Paris

dans un lieu qui n’est pas encore fixé, guettez-le !

 

 

 

CLAUDE ANTONINI

 

Odyssée de l’espace virtuel de la Mélodie d’Élodie

Elle est aussi bandante que Vanessa Paradis

« Le roi se meurt vive le roi Kyrie éléïson

Nettoyer tout le panthéon

Que tous les marins et les arts

Se battent comme à Trafalgar »

chantait Patrick Abri

Quant à Claude Antonini

Oh diversification Oh tempo

Ah module talentueux Oh module d’une

femme en noir qui ne détonne jamais sur

un unijambiste, un garagiste ou un éclairagiste.

On ne meurt pas, on s'en va….

Était-elle la fille cachée de Machin-truc-chouette

( Cora Vaucaire ? Barbara ? ) ?

Enfin Claude Antonini et sa zique c'est lubrique,

jaune tango populo, fleur de lys, blanc laiteux

odorants des hauts rangs….

Même Grapelli vous en aurait joué la ballade

tant est adéquat même en tranche, tout est de même goût...

Aujourd'hui mardi, j'aurais voulu écouter

cela pour vous le mercredi mais surtout

ce cher vieux jeudi aussi scolaire que privé,

l'écouter chez soi ou dans sa bagnole de voluptés.

Comme une verveine pleine de veines et en vain d'envies de tout...

Sincèrement, je vous la conseille

comme l'oseille dans l'omelette

et en général, sans être passée par l'ENA,

je vous la consigne comme une source

que vous laisserez couler donc, laissez tomber la neige...

 

Joëlle GUÉNARD

 

j'ai mal, j'ai faim.

je me lève tard dans la nuit

et bois un grand verre d'eau fraîche

ma gorge fait du bruit, mon cerveau aussi

et puis cette certitude : je suis quelqu'un.

bénédiction de cette chose sans nom...

je suis quelqu'un.

j'accepte le don,

je l'accepte tout entier,

tout entière, de tout mon corps-univers,

ramifications, âme, digestion

j'accepte le don, chose liquide et sans nom

je me recouche.

en paix avec moi-même

et tous les autres et toute la terre,

et l'univers l'uni vers- consternation

l'univers-constellation d'eaux planes,

d'ombres et de doutes

eaux planes des aubes douces

où n'a place aucun doute aucun...

je m'endors.

eaux planes des aubes douces

où n'a lieu aucun doute aucun.

 

Alexandre DUFLOT

in « Au bord des eaux profondes »

à paraître

 

À André Laude

 

Devant les Églises de tous les Saint-Germain-des-Prés

Était un drôle d'homme à la barbe percée

Qui n'avait plus de souvenirs à creuser ses mains

Il avait sous sa capuche de pèlerin

Toutes les rides de ses jours et sa soif et sa faim

Il avait écluse tous les paradis perdus

Au fond de sa gorge d'étranges songes maudits

Qui faisaient aboyer tous les arbres fleuris

Au relais de ses nuits qui n'avaient plus de fin.

Tantôt apôtre et rêveur de vin

Tantôt moine au cœur de chaud lapin

Tantôt oiseau aux pierres des sourires

Tantôt amour avec ses yeux heureux

Et pourtant si graves dans les déserts de la misère

Contre toutes les guerres et contre l'enfer.

Un oiseau est venu le chérir et le recueillir

Pour que cesse les jours de tourments

Et qu'enfin l'aurore se lève dans son firmament.

Adieu André. Je suis là tu m'entends...

Un vieil homme s'en est allé de tous les Saint-Germain-des-Prés.

Jacques SANDRAS

 

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