Des Artistes...

  • La grande Marée... Bernard Lavillier

    La Grande Marée par Benard Lavillier

    Nous sommes à Marée Très Basse

  • Poèmes en gros et demi gros cinquième partie

    Poèmes en gros et demi gros

    scannage de la revue rue des poètes

    N° 19 décembre 1997, c’est la cinquième partie

     

    « L'homme est destiné à retourner en poussière, c'est dire l'importance du plumeau. » Alexandre Via latte.

     

    La Poésie ? On sent bien quand ce n'en est pas. À l'inverse, allez essayer de comprendre et d'expliquer pourquoi, oui, là, définitivement, c'en est bel et bien. Et la manière, le genre, le ton. Le style, le lieu importent peu. Rien ni personne ne vous dira ce qu'est un poème; à peine le poème peut-il lui-même parfois sauf découvrir son mystère ni sa nature irréductible. Le poème ? Cette sorte de perte de sens qui soudain fait sens pourtant, pour tous ! Qui vous entraîne avec une irrépressible violence même s'il se peut qu'elle demeure douce, dans ce que la liberté a d'inaltérable et de nécessaire. Trois mots donnés, trois mots reçus, trois caresses, trois gifles, et vous voila subversif, et surgissant de vous, comme une source inconnue d’une montagne invisible !Écrire, parler, communiquer supposent un terrain commun, une entente où s’accorder sur les significations, mais du coup on ne communique rien : On informe. L’échange, le bouleversement de ce qui est dit et vous parle commence avec l'émotion quelle que soit sa nature, froide, incompréhensible, douce ou brûlante. A des candidats dictateurs plus ou moins repentis, après la chute du mur de Berlin, qui lui demandaient d'où venait la formidable puissance de ses poèmes, un poète, fraîchement sorti de prison, répondit « d'ignorer la haine »; sans oublier d'ajouter « mais pour vous, il est trop tard ». Un autre poète, à qui la censure demandait ce que ses poèmes voulaient dire, répondit simplement «je n'en sais rien moi-même » Et c'est bien là ce qui fut considéré comme extrêmement dangereux. La peur prenant toujours les devants, il fut interdit, puis persécuté. Le poème détruit le tissu commun du langage et de sa rhétorique, amenant à la surface l'incontrôlé et l'incontrôlable d'où le lourd tribut qu'ont payé les créateurs en suicides, vies fichues, exclusions, tenus à l'écart pour l'écart même de langage qu'ils représentent et pour les mots dont le poème préserve la part sauvage. On oublie que pendant ces temps abrutis par le bruit des tiroirs-caisses, la poésie pourrait bien sauver l'honneur de ce siècle comme elle l'a fait durant les guerres, les génocides, les massacres, les famines et la destruction de populations entières ( par le jeu des bourses et des multinationales) qui n'ont pu montrer, que montrer ou notre impuissance ou notre indifférence. Il n'est pas besoin de croire en Dieu pour prier mais pour faire un poème, il faut au moins le laisser faire et donc savoir l'attendre.

     

    Werner LAMBERSY

     

    De l’ouverture de la coquille Saint-Jacques

    Un ventre de femme

    C’est comme une coquille Saint-Jacques

    Un renflement à partir du nombril

    Et puis un rentré avant le pubis

    Qui se regonfle à ce moment-là

    Jusqu’à la faille délicieuse

    Qu’il faut savoir ouvrir

    La coquille en est bien plus douce

    Quelquefois l’arrière-goût reste amer

    Mais la coquille est si douce

    Tous les parfums du monde

    peuvent se retrouver

    dans cette faille

    Vincent JARRY 6-6-96

     

    Je vais convoler

    Quand ? Demain.

    Toi ? Oui.

    - Toi que je prenais pour un type sérieux !….

    Mais je suis toujours quelqu’un de sérieux !

    – Non, mon vieux !

    Vole n’importe quoi ;

    tiens, un cochon, par exemple,

    mais pas ce que tu envisages !

     

    Jean-Baptiste TIÉMÉLÉ 28 novembre 1997

     

    Le poète, né en 1920 et mort depuis,

    vivait dans l'ouest de la France.

    Son prénom était double, ses amitiés ferventes

    et son métier instit' Il ferait bien partie du petit panthéon

    des poètes en gros et demi-gros ( voir détails)

    Ce texte date des années 1948-1949

    et fait partie de « L’HÉRITAGE FABULEUX ».

     

    Marie ORDINIS

     

    Me voici dans la vingt-neuvième année de mon âge

    Avec beaucoup de litres vides derrière moi

    Compte jamais réglé sur l’éternelle ardoise

    Qui masque de son mieux la misère du toit

     

    De feuillage investi comme un enfant posthume

    Ah ! c'est bien moi ! Je n'ai pas changé de costume

    Et le rideau d’indienne qui m’épouvantait

    Avec ses flammes et ses roses mal peignées

     

    Flotte à nouveau sur le mieux monde d’aujourd’hui

     Et me voici dans la vingt-neuvième année de mon âge

    Où ce n’est plus tout à fait comme autrefois

    Quand on vivait avec de bons sauvages

     

    Aux fautes de français douces comme un patois

     Mais le temps de s’aimer féroce et plus vivace

    Lié dans son espoir aux graines de plein vent

    Qui reniflent le sol épais où se ramassent

     

    Les sèves et le sel d’un prodigieux printemps.

    Je pense à toi qui me liras dans une petite chambre de province

    Avec des stores tenus par des épingles à linge

    Bien entendu ce sera dans les derniers jours de septembre

     

    Tu te seras levé très tôt pour reconduire

    Une vieille personne très chère avec son vieux sac de cuir

    Tu auras bu dans tous les bistrots autour de la gare

    Tu auras peur soudain et tu rentreras dare-dare

     

    Tu t’assiéras dans le jour calme tu liras

     Mes vers « Ô Mon Dieu se peut-il que ce poète

    « Me mette des douleurs de ventre dans la tête

    « Que je m’enfante et que je vive en moi

    comme un posthume enfant

    « Qui souffre de rigueur et renifle en plein vent »

     Et le seigneur dira Bénis soient de la gare

    Les bistrots pour t’avoir redonné la mémoire.

     

    Les trois premières personnes ayant trouvé le nom de cet auteur

    et nous l'ayant communiqué auront droit

    à un abonnement de six mois à « Rue des Poètes »...

    Je vous donne la réponse j'ai triché , cela vu que pour moi

    les archives sont toutes accessibles sans délais,

    le poète cité c'est René Guy Cadou

     

     

    CRIER TOUJOURS JUSQU’À LA FIN DU MONDE.

     

    Grâce soit rendue aux interprètes de CRIER TOUJOURS,

    ce spectacle qui, bouillonnant de la sève de Fondane,

    nous le rend infiniment proche.

    L’univers du poète, peuplé par la voix du chanteur,

    celle de l’accordéon, conteur mystérieux et/ou bavard,

    nous est offert par Yves-Jacques Bouin, méditatif

    ou comme effervescent et Eve Griliquez, rayonnante,

    co-maître d’œuvre de l’ensemble.

    Ils ont évité toutes les lourdeurs que le spectateur

    peut redouter d’un montage poétique statisme

    et autres académismes, redondances ou manque d’urgence

    dans l’agencement des textes.

    CRIER TOUJOURS s'accroche à vous et ne vous lâche pas.

    sur scène quatre complices s'écoutent, se rencontrent,

    s'attendent, s'attendrissent, se rassurent et s'émerveillent.

    Tout est concerté, concertant.

    Les objets sobres choisis pour matérialiser

    la présence de Fondane et la rendre

    touchante et charnelle se font flagrants,

    comme ce cordage qui fend l'espace

    de part en part et figurerait bien telle flèche

    perçant un cœur, une existence.

    Alors, toute là douleur du monde peut fondre,

    (….) « Je ne saurais jamais me résigner

    (….) » (...) « Je ne suis qu' 'un témoin(...) »

    (...) « Un jour viendra, c'est sûr, de la soif apaisée. »

     

    Benjamin FONDANE (Iasi 1898 – Auschwitz 1944)

    C’est poignant, juste, nécessaire à ceux que la poésie de Fondane

    n’a pas encore atteints, pour les changer.

     

    Marie ORDINIS1898 est l’année du centenaire de Fondane

    CRIER TOUJOURS sera redonné à Paris

    dans un lieu qui n’est pas encore fixé, guettez-le !

     

     

     

    CLAUDE ANTONINI

     

    Odyssée de l’espace virtuel de la Mélodie d’Élodie

    Elle est aussi bandante que Vanessa Paradis

    « Le roi se meurt vive le roi Kyrie éléïson

    Nettoyer tout le panthéon

    Que tous les marins et les arts

    Se battent comme à Trafalgar »

    chantait Patrick Abri

    Quant à Claude Antonini

    Oh diversification Oh tempo

    Ah module talentueux Oh module d’une

    femme en noir qui ne détonne jamais sur

    un unijambiste, un garagiste ou un éclairagiste.

    On ne meurt pas, on s'en va….

    Était-elle la fille cachée de Machin-truc-chouette

    ( Cora Vaucaire ? Barbara ? ) ?

    Enfin Claude Antonini et sa zique c'est lubrique,

    jaune tango populo, fleur de lys, blanc laiteux

    odorants des hauts rangs….

    Même Grapelli vous en aurait joué la ballade

    tant est adéquat même en tranche, tout est de même goût...

    Aujourd'hui mardi, j'aurais voulu écouter

    cela pour vous le mercredi mais surtout

    ce cher vieux jeudi aussi scolaire que privé,

    l'écouter chez soi ou dans sa bagnole de voluptés.

    Comme une verveine pleine de veines et en vain d'envies de tout...

    Sincèrement, je vous la conseille

    comme l'oseille dans l'omelette

    et en général, sans être passée par l'ENA,

    je vous la consigne comme une source

    que vous laisserez couler donc, laissez tomber la neige...

     

    Joëlle GUÉNARD

     

    j'ai mal, j'ai faim.

    je me lève tard dans la nuit

    et bois un grand verre d'eau fraîche

    ma gorge fait du bruit, mon cerveau aussi

    et puis cette certitude : je suis quelqu'un.

    bénédiction de cette chose sans nom...

    je suis quelqu'un.

    j'accepte le don,

    je l'accepte tout entier,

    tout entière, de tout mon corps-univers,

    ramifications, âme, digestion

    j'accepte le don, chose liquide et sans nom

    je me recouche.

    en paix avec moi-même

    et tous les autres et toute la terre,

    et l'univers l'uni vers- consternation

    l'univers-constellation d'eaux planes,

    d'ombres et de doutes

    eaux planes des aubes douces

    où n'a place aucun doute aucun...

    je m'endors.

    eaux planes des aubes douces

    où n'a lieu aucun doute aucun.

     

    Alexandre DUFLOT

    in « Au bord des eaux profondes »

    à paraître

     

    À André Laude

     

    Devant les Églises de tous les Saint-Germain-des-Prés

    Était un drôle d'homme à la barbe percée

    Qui n'avait plus de souvenirs à creuser ses mains

    Il avait sous sa capuche de pèlerin

    Toutes les rides de ses jours et sa soif et sa faim

    Il avait écluse tous les paradis perdus

    Au fond de sa gorge d'étranges songes maudits

    Qui faisaient aboyer tous les arbres fleuris

    Au relais de ses nuits qui n'avaient plus de fin.

    Tantôt apôtre et rêveur de vin

    Tantôt moine au cœur de chaud lapin

    Tantôt oiseau aux pierres des sourires

    Tantôt amour avec ses yeux heureux

    Et pourtant si graves dans les déserts de la misère

    Contre toutes les guerres et contre l'enfer.

    Un oiseau est venu le chérir et le recueillir

    Pour que cesse les jours de tourments

    Et qu'enfin l'aurore se lève dans son firmament.

    Adieu André. Je suis là tu m'entends...

    Un vieil homme s'en est allé de tous les Saint-Germain-des-Prés.

    Jacques SANDRAS

     

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  • Poèmes en gros et demi gros quatrième partie


    Compilation de textes scannées  de la revue
     rue des poètes d'octobre-novembre 1997 N° 17&18

    Vous ouvrez la fenêtre, vous aspirez une goulée de l'air qui courtise vos géraniums.
    Vous notez que le couple de pigeons, lui plus sombre, elle plus claire, ou est-ce l'inverse ?
    (en l'absence de dismorphisme sexuel, en savent-ils quelque chose ?)
    Vous notez que le couple qui, d'ordinaire, signale l'avant-nuit, ventres
    contre la corniche tiède, que le couple n'est pas là.
    Quand arrivera-t'ELLE ?
    Vous empoignez le stylo proche, un autre sophistiqué ou le vieux Bic huileux.
    Vous vous calez dans une chaise, dos à la lumière du jour qui se presbytise.
    Viendra-t-ELLE avant la nuit ?
    Vous avez tant à négocier avec ELLE?
    Une pluie légère vous aborde, bonne à affecter les ailes de vos pigeons qui, d'ailleurs, ne sont pas là.
    Et ELLE, où est-ELLE ?
    Vous   faites   semblant d'évoquer des rendez-vous mutuels, de vous fâcher.
    Et si ELLE ne venait pas ce soir ?
    ELLE vient de se poser sar le géranium du voisin et ELLE,
    comme un biset ordinaire, ELLE s'est installée chez lui et y roucoule.
    Vous ne le savez pas et vous n'écrivez sur la page infiniment prête.
    Lui, elle, que vous ne rencontrerez peut-être jamais, sont visités par une pigeonne-tourterelle posée sur leurs balcons imaginaires.
    C'est très bien.
    ELLE va flirter avec ce frère, cette soeur
    ELLE?
    L'inspiration... On dirait.
     
    Marie ORDINIS

    Pour Denis Lavant
     
    Là, monsieur
    Vous êtes reparti vers de nouvelles aventures
    De nouveaux tournages
    De nouvelles éruptions
    Volcaniques
    Et vous allez revenir
    De la cendre plein les joues
    Les cheveux
    De la lave encore brûlante plein les muscles
    Des désirs de feu dans les reins
    Et puis
    Le volcan se calmera
    La lave se fera
    Lagon des yeux
    Yeux de rire
    Et de tendresse
    Où l'on se baigne

    Vincent JARRY


    Serait-il plus raisonnable de parler de la mort des autres
    Que des amours qui vous sont vôtres
    Je sais la guerre qui explose les pattes
    Je sais les rires qui dilatent les rates
    Zyeux de peur exorbités la peur est trop chaude
    Et puis il y a ton iris en reine-claude
    Et la mort on me la raconte au coin du bar
    C'est pas l'Alcazar
    FIS
    Algérie
    Jamais je n'ai rit De tous ces fils
    Mais les tendresses
    Pourraient supplanter nos détresses

    Vincent JARRY

    J'ai dans ma maison une fée,
    Douce fée féline aux beaux yeux clairs,
    Douce fée câline aux grands yeux verts
    Qui aime les caresses éperdument...
     
    J'ai dans ma maison une fée,
    Grise fée au doux pelage soyeux
    Où j'aime enfouir mon visage,
    Soudain apaisé, 1 coeur heureux...
     
    Jocelyne LEFORT

    Les Feux
     
    Sur d'immenses dunes au silence de brumes
    Sur des chevaux baptisés de temples et de feu
    Le torse en bandoulière d'arc et de ruisseaux
    Ils avancent retrouver les lueurs des ghettos
    Sans plus de cris sans plus de pluies
    Les plaines ont ravagé leurs troupeaux
    Les arbres sont morts depuis les fusils
    Les flammes n'ont plus ni coeur ni âme
    Au campement où la nuit les éclaire
    Il n'y a plus que l'audace du tonnerre
    Dans la forêt abandonnée les flots des soleils
    N'auront plus de réveils pour les veilles.
    Dans mon coeur blessé je meurs de l'étincelle
    Mes oiseaux ont la prière des herbes
    J'aurais tant aimé courir au creux des ruisseaux
    J'aurais tant aimer courir dans les brumes des lunes
    J'aurais tant aimé me couvrir de plumes et ressembler
    A tous leurs oiseaux
    M'envoler dans les jardins de leurs nuages en larmes.
    Qu'avons-nous fait d'eux?
    Qui veille auprès des feux?
     
    Jacques SANDRAS

    On s' carapatte
     
    Labago vous l'avez pigé
    Ce coinsto c'est ç'ui d'un marmot
    Qui n' pouvait traîner ses croqu'nots
    Que du babut à la carrée
    Bref une p'tite zone pour faire les cons
    Sans qu' les dabés s' fassent du mourron
    Après recta on s' carapatte
    Ben de plus en plus au loinqué
    Mais polope toujours dans l'quartier
    Et pas d'quoi bousiller ses lattes
    A dix broquilles d'vant vos mirettes
    Un coinsto encore assez chouette
    Encore mais y a des longes de ça
    Quand tu reluques certains bouquins
    Avec des croqu'tons du pat'lin
    Tu t'baves: Putain c'était chouaga
    C'est con d'avoir tout chanstiqué
    Et ça m'titille dégosiller.
     
    Gérard Legrand In Paris Paname Pantruche

    BELLE HOTESSE    JE t'AI VUE
    EN OGRESSE    IL A PLU
    SANS LIESSE    TU M'AS PLU
    NI TRESSE    TOUTE NUE
    BELLES FESSES    ON S'EST VUS
    JE TE FESSE    ON A PU
    HELAS,           SANS PLUS
    BELLE NOIRE    TU AS MUE
    TOUTE NOIRE    TOUTE EMUE
    DANS LE NOIR    ON S'EST PERPU
    DU LOIR    DE VUE
    PRES DE LA LOIRE    DANS LES NUES
    SANS VOIR      SANS US
    VOIRE!      JE t'AI PLUS VUE
    TOUTE PERDUE
    BELLE CHATTE    DE VUE
    SANS PATTES    DANS LA RUE
    TU MAS FAIT PAT    
    SANS UN PAS    
    N'EST-CE PAS
    DELPHINE         DJAMALOU
    SI FINE             TOUT FOU
    JOËLLE            ET MONIQUE          TOUT MOU
    ETERNELLE     QUI ME PIQUE        DANS LA BOUE
    C''EST NOËL    QUI ME NIQUE       SANS BOUT
    SANS ELLE    
    NI AILES    BRIGITTE
    MA PUCELLE    AU ZENITH
    SANS «  L »
    MA BELLE
    PARTIE AUX ILES MARQUISES
    PENSEE EXQUISE
    PROMESSES NON TENUES
    MALOTRUE
     
    MICHEL LABOUREAU

    "INTERVALLE"
     
    Jeux de mots et de gestes
    En chuchotements délicats et précis. -

    -Elle  Dis moi un mot
    Un mot de rien
    Un mot de trop
    Ou un petit mot
    Mais je vous prie
    Dis le mot oui
    Dis le mot
    Dis le leurs
    Dites
    Dis
    Dis
    Di
    Di... et puis non ne dites rien Gardez le je vous prie
    N'en faites rien
    Rien qui vous oblige à dire quoique ce soit
    Non ne le dites pas
    De trop ne sert à rien
    Même le mot, surtout celui-ci
    Oh oui mais ne restez pas là sans vous taire.
    Je ne vous sens capable de rien
     
    - Lui Cela m'attriste beaucoup ces temps ci.
     
    - Elle  J'oubliais vôtre regard
    N'est pas absent de conversation
    Il cherche ici à se disculper

    - Elle  Mais pourquoi

    - Lui  Pourquoi ? Quoi ?

    - Elle qui pourquoi ce regard
    pose-t-il la même question ?
    Oui pourquoi se charge-t-il  
    depuis bien longtemps d'une même réponse ?
    Le vide du trop plein
    L'effroyable amendement de l'horreur quotidienne.
     
    Philippe LLORCA

    JE T'ÉCRIS DE QUÉBEC
     
    Je t'écris de Québec
    Il neige mon crayon
    Je t'écris de Québec
    Il neige du coton
     
    Je t'écris édredon
    Il neige mon bien-être
    Je t'écris croisillon
    Il neige ma fenêtre
     
    Sur les toits un oiseau
    Magicien le héron
    Il neige des chapeaux
    Autant que des maisons
     
    Capuche capuchon
    Tricote-moi des gants
    Vont à saute-mouton
    Il neige des enfants
     
    Il neige la lumière
    Et je t'écris la noce
    Un photographe hier
    M'a changé en carrosse
     
    Il a peint le clocher
    De chlorure d'argent
    Un Christ qui s'est penché
    Et ma mémoire en blanc
     
    Je t'écris de Québec
    Il neige mon crayon
    Je t'écris de Québec
    Et je hais ton prénom
     
    Jean-Yves LENOIR
     in "les Petits Riens"
    Collection Flammes Vives

     
    TELEPHONES
     
    Les doux félins étendus sur leur socle
    ne dorment que d'un œil un bond,
    un spasme inattendu de sonnerie,
    et notre paix peut être disloquée.
    L'information tombe, de plomb
    devenu fou le train de notre vie
    brûle les aiguillages
    franchit les gares hébétées
    dans le hurlement saignant des signaux...
    Au bout du fil déjà
    le temps a refermé ses griffes
    et se tait
    nous laissant suspendus, à l'écoute
    du silence glacial
    des catastrophes confirmées...
     
    Mais le chat gris du téléphone
    sait aussi ronronner,
    s'étirer, quêter nos caresses.
    Dans la pire nuit verglacée
    sa bouche douce peut nous chuchoter
    qu'un gai soleil se lève ailleurs,
    une voix chaude murmurer
    que quelqu'un, quelque part,
    nous garde sa chaleur...
     
    Armand MONJO
    in Terrible et Tendre Termitière
    La Bartavelle éd.

    Des mains
    j'ouvre ma chemise
    au langage d'avant
    au langage d'après
    aux eaux du Léthé
    'et le verbe se précipite'
     
     
    Céline VARENNE
    in Tireur de langue
    Scoate-limba
    éd. Galaxia Bucuresti
     
    Cu amândouà mâinile
    îmi deschei càmasa
    pentru vorba de odinioarà
    pentru vorba de dupa noi p
    entru apa Lethei
    §i verbul dâ nâvalâ »


    Péripatéticien planétaire engendre
    Racines s'enfonçant dans les couches
    Terreuses de la vie pastiche potiche
    Errant vers les je ne sais quoi abyssaux
    Aux parois d'obscurantismes abbatiaux
    Idéal de l'apparence absence
    Transparence de l'individu chiffon
    Bouffon miel où les abeilles plantons
    De la platitude viennent planter
    Leurs dards piques actifs des nations névés
    Des négations obstructions des tuteurs vainqueur
    Du paupérisme castrateur

    Thierry THOMAS

    La mort était devant moi et s'était déguisée en femme
    La mort me souriait et m'entraînait de rade en rade
    Et moi je suivais la mort
    J'errais de rade en rade
    Craquant les raides
    Raide de désespoir
    J'espérais tuer la mort
    Qui rongeait une souris
    Qui aurait pu être si belle
    Si la mort ne la rongeait pas
    Je rongeais la mort
    En me rongeant les sangs
    Pour déronger la mort
    Et puis la vie de la femme est revenue
    Altière et riante devant la mort
    Bouffant la mort de son rire et de son pas
    Pas escaladeur
    Cascadeur
    Pas football
    Les bras se sont déployés
    comme des ailes mouettes
    marionnettes Pantin réarticulé
    Et la femme a ri
    Et la mort est morte
    D'elle même
    Morte
    De rire
     
    Vincent JARRY 12-1996
     
    Côté coeur, côté jardin
     
    Il y a les symptômes
    Comme une odeur d'amours
    C'est comme l'arôme
    D'une jolie petite fleur
    Faire un p'tit tour
    Vers son pistil
    Un labyrinthe
    Vers l'amour
    Je m'y éreinte
    Cela puisse-t-il
    Dans la douceur
    Durer toujours
    Dans le jardin
    De Géraldine
    Je prendrais
    bien racine
    Son air un peu trop sage
    Et son corsage aussi
    Côté coeur
    Côté jardin
    Secret
    Côté coeur
    Côté jardin
    Secret
     
    Philippe RAILLON
    Spectacle pour clown rêveur

    Pour fous poètes...                                     

    Poette-pouetteux. étiquetés morveux      
    Chapeau enfumé vedette
    Pour sou d'fauchée
    C'est clown en bleu avec mon sou qui m'trouve comique
    Et moè, la Jolie qui veut m'cacher
    Parce qu'un p'tit sou c'est bin catastrophique
    Voyez dont là, grande malice
    Puisque la suite nous le révèle
    Chapeau d'poète était complice
    Pour nuit prochaine au lit d'ka "Mouff."
    au creux d'amours nouvelles
    Et moè un peu rêveuse à soèr
    Jans 'a noirceur de nos tempêtes
    et la blancheur de nos parterres
    Jje pense à toi en fond d'mémoêre
    Au chaud d'mon lit qui goûte l'hiver
     
    Catherine, Montréal, un soèr

    Je dis

    Place Clichy
    l'écho de Phil Glass
    au flanc des vitrines dévastées
    comme des algues
    laisse errer
    le regard des prostituées
    des être apparaissent
    des êtres disparaissent
    ne reste
    que le supposé parfum
    des sillages
    l'art c'est certain
    rarement prend date
    dans la mouvance
    des yeux se lèvent
    dans les gares
    comme des lambeaux
    de paroles
    qu'égare
    le silence
    des clochards
    au panneau lumineux
    de la solitude
    nul ne s'affiche
    les peaux en friche
    se recroquevillent
    dans le cendrier
    des songes prohibés
    je dis
    Place Clichy
    je tiens cette main
    c'est certain
    mais je n'en sais
    que l'incroyable
    détresse
    tandis qu'elle
    volette
    entre mes doigts
    comme un oiseau
    perdu
    je dis
    Place Clichy
    qui êtes-vous
    qui êtes-vous enfin
    vous dont la mémoire
    s'érige
    imperceptiblement
    dans le crépuscule pollué
    devant les grilles du lycée Jules Ferry

    Dominique NOURRY

    Je n'ai connu aucun d'mes deux grands pères
    Sont tous les deux morts des suit' de la guerre
    La grand' cell' que notr' bon Georges préférait
    J'avais d'l'ether dans l'vin Y'avait pus d'vrai
    Tout aussi saoul pour nous Jouer la même farce
    Parce qu'il y avait bien trop d'bras pour les machines
    Il fallait désengorger les usines

    Mon grand-père est mort aveugle
    Et mon grand Père Maurice sans pus d'poumons

    Ah l'beau temps on bossait douze heur' par Jour
    Du lundi au sam'di et sans détour
    On partait d'Bagneux à Paname à pinces
    Que ce soit le cagnard ou l'Gel qui vous pince
    Et on zonait dans des cav' comm' des rats
    Et puis la guerre est v'nue nettoyer
    Pasque y avait trop d'viand pour les usines
    La vland' d'vlnt chair à canons chair à mines

    Mon grand-père Adolphe est mort aveugle
    Et mon grand-père' Maurice sans pus d'poumons

    Ah là là là! Qu'est-ç'que c'était drôl'ment bath
    Savait pus un Jeun' pour s'foutr' dans les pattes
    Des vieux marcheurs qui draguaient nos grisettes
    Nos p'tits gars étalent partis fair' la fête
    Avec ceux d'en faç' qui v'naient d'leurs campagnes
    L'abattolr c'était pour ces pauvr's enfants
    Tellement si beaux qu'ils en étalent gênants

    Mon grand-père Adolphe est mort aveugle
    Et mon grand-pèr' Maurice' sans pus d'poumons
     
    Le pinard et l'éther ça rendait fou
    Ces jeun'gens qu'auraient eu l'regard si doux
    ça n'en a fait des veuv' pour les cotons
    Les généraux tous ces porteurs d'galons
    Galonnant avec les Jeumont-Schneiderg
    Et d'visant grav'ment d'la dur'té dla guerre
    Z'avaient p't-êtr' prévu qu'la bière et l'médic
    Prendraient l'refais pour protéger leur fric
     
    Mon grand-père est mort aveugle
    Et mon grand-pèr'Maurice sans pus d'poumons
     
    Maintenant c'est pus la guerr' mais c'est tout comme
    Ya pus rien à foutr' pour tous ces jeun's hommes
    On est humain l' vont pus fair' fa guerre
    Y'a pus besoin de pinard et d'éther
    D'abord ya la bière et l'néocodlon
    Pour la piquouze l't'Jaudra du pognon
    Tu piqu' le flouze et ça y st c'est la tôle
    Et puis pourtant qu'est-ç' que t'étais mariole
     
    Mon grand-père Adolphe est mort aveugle
    Et mon grand-pèr' Maurice' sans pus d'poumons
     
    Regarde-donc errer tous ces zonards
    On veut pus d'eux l'boulot les faits tricards
    Tricard à vie et puis y a pus d'espoir
    C'est comm' des pauv' chiots dans un grand trou noir
    C'est pus la tranché mais c'est la mêm' fête
    Les vieux marcheurs vlenn' dragucr les grisettes
    De ces pauv' p'tits chiards broyés par l'artiche
    Qui n'en peuv' pus mais paç'qu'on n'prêt' qu'aux riche:
     
    Le petit fils d'Adolphe il zone à Beaubourg
    Et celui d'Mauric, il sniffe à Stalingrad
     
    VINCENT JARRY

    LES FOURCHETTES MUSETTES
     
    Vous m'avez invité à dîner
    mais j'ai tout amené,
    sur une nappe plate
    vous avez étalé des verres disparates
    des couteaux ciselés
    des fourchettes musettes
    et des serviettes musettes
    et des serviettes sans miette
    complétées de pain complet.
    D'entrée, j'ai déposé de l'huile d'olive
    du mont Olive sur des carottes échaudées,
    du jambon en bâillon du saucisson f icelon,
    de la saucisse qui pisse
    près des tomates écartâtes,
    du cresson de Caillisse
    et des oeufs brouillisses,
    du saumon au court-bouillon
    accompagnait les huîtres
    mes petites puis des sardines
    de bon thon côtoyaient du requin
    malin aux dents d'airain.
    Pour le plat de résistance
    des poissons sans résidence,
    des côtes d'agneau au merlineau
    du poulet citronné au colineau
    et du veau marin du Rhin le tout,
    allongé de couscous qui mousse
    et de pomme d'api sur lit
    de spaghettis polis qui sourient.
    Pour le dessert, mon aimante
    a sorti de sa resserte
    des endives braisées sucrées
    du riz à la banane de Guinée,
    des tartes aux pommes, ploum, ploum
    des entremets entremêlés
    des fruits secs sans jus,
    des gaufres encrêpées
    du caprice blanc d'un Dieu noir,
    et des loukoums à la fraise
    des chaussons chaussées de chocolat
    des mangues océanées à passion
    et des gâteaux au miel surfin
    Le tout arrosé de vin rosé osé.

    Henri MILLE

    1 - un point de lumière tire un trait entre deux univers
     
    2 - entre l'ombre et la lumière II y a un labyrinthe
     
    3 - on ne fait plus l'amour en tâtonnant dans le nol
    mais en se cognant contre les murs
     
    4 - comme un yo-yo qui tombe
    Je me déroule effiloché
    la fin du fil d'Ariane
    m'empéchant de me vider
    de rencontrer le sol, la réalité
     
    5 - Il y a une pierre sur le terrain de Jeux
    Je ne peux pas Jouer
    si Je ne me baisse pour la ramasser
    mon ombre portée sur le sol me la cachera
    Dieu seul sait alors ce que ma main tâtonnante
    rencontrera
     
    Paul CADEMONT

    IL ETAIT UNE PIERRE
     
    Il était une pierre sur un chemin
    Qui en avait marre d'être foulée
    Etre foulée c'est pas marrant
    Même pour une Pierre de 10.000 ans
    Un jour un gosse la lancé
    Du haut du chemin dans le vallée
    Même pour une pierre
    C'est pas très gai
    De dévaler sur les rochers.
     
    Un jour, un m'sieur bien cravaté
    A acheté toute la vallée
    Il a décidé que dorénavant
    Y'aurait plus d'place même pour le vent
    Coupé les fleur, dressé l'torrent
    Capturé l'heure, limité le temps
    Même pour une pierre
    C'est  pas marrant
    D'être déguisée en bâtiment.
     
    Et puits un jour, au lieu d'pleurer
    S'est soudain mise à écouter
    Les autre pierres, juste è côté
    Qu'étaient comme elle, encimentées
    Elles ont raconté leurs souvenirs
    Et ont perlé de liberté
    On a  beau dire, on à beau faire
     Le liberté, ça fait frémir.
     
    Un grand fracas dans la vallée
    Personne n'as su ç'qui arrivait
    Croulé le pont, fendus les murs
    Jusqu'au barrage qui n'a pas tenu
    Dent le silence, comme un murmure
    Comme une danse, c'est la rivière
    Qui recommence et la pierre
    S'y balance et s'en vient prendre un bain.
     
    Philippe RAILLON. Le 4 novembre 1993

    POUR APPAREILLER
     
    On voyage léger
    Marin !
    Tu sais voyager
    Léger
    Tu embarques
    Ton sac
    Et ton couteau,
    Matelot I
    Tu mets ton sac
    À l'épaule.
    Ton couteau
    Est au chaud
    Dans ta poche.
    Tu voyages léger.
    En mer
    Tes rêves pesants
    T'arrondiront le dos Tôt,
    Ne proteste pas
    Tu ne le sais que trop.
     
    Marie ORDINIS in Recours
    Editions de l'Echiquier

    SUR LA ROUTE VES TEMPS NOUVEAUX
     
    Sur la rouie des temps nouveaux
    Il existe un vieux monde
    Perclus, reclus, perdu dans ses racines carrées.
    Ses règles à calculer
    ses exitrons. ses éclatrons. ses positrons.
    ses neutrons, ses bévatrons.
    Et tron-tron-tron
    Et tron-tron-traine.
    Un vieux monde engoncé dans ses règles de trois,
    ses intégrales mal intégrées ses additions,
     ses soustractions, ses multiplications de pains
    Et ses divisions blindées
    Un vieux monde qui se demande anxieux
    Qui. diable, pourrait bien être
    ce mystérieux bonhomme
    qu'on appelait Albert Einstein.
    Et pas très sûr de bien comprendre
    Il referme le livre du passé et confortablement
    installé sur le matelas de sa stérilité.
    il s'endort du sommeil de l'injuste.
    Mais l'enchanteur Merlin
    Qui. par hasard, passait dans ses rêves
    Lui fit faire un songe de baguette magique.
    Et voilà le vieux monde, transformé en girouette.
    qui tourne et vole aux quatre vents des temps futurs
    Et redevient le "Petit Prince"
    Alors, les chateaux-forts
    Et leurs blasons blasés. Les palais de justice
    Et leurs couronnes mortuaires.
    Et même la basilique
    Saint-Pierre de Rome
    S'écroulent dans le néant
    Sur la route des temps nouveaux.
    Tandis que des nains dansent
    Sur des visages d enfants.
    Un vieux monde épuisé
    A trouvé son tombeau.
     
    Guy PERROT

    Milord et Caravane dégustent la prairie, nomades.
    Ils pleurent des étincelles et croustillent aux fontaines.
    Chialants, fervents, ils poursuivent la cueillette coquine, la neige et les cimes.
    Ils découvrent de ténébreux pompons, les astres et les nénuphars.
    Ils se parent limpides.
    Ils font trempette dans la brume, sussurent des sucreries.
    Ils peinent dans les pirouettes, les flots et la conquête, jouent à la dinette perchée.
    Ils crèvent en caravelle, engloutissent le vent, les livres  et l'océan.
    Ils papotent, ivres sous les ondées lactées, zozotent des miracles au piano.
    Ils s'empourprent, soupçconnnent les larmes et le velours
    Les funambules clignotent, grondent les cloches
    Un romanichel à la fontaine, une indienne
    aux rebords d'abeille, se délectent.
    La marmaille gambade, s'appelle Milord et Caravane.
     
    FIN

    à Martine
     
    Prends place
    C'est occupé
    Certains instants
    intenses glissent
    dans des pas fébriles
    et sinuent entre
    des besoins
    des chemins des ravins
    et enfantent
    des vides
    Cherches-tu
    les visages
    en accord
    avec le hasard ?
    Les leurres
    sabordent-ils
    nos rêves ?
     
    Eric DUBOIS

    LA GRENADE
     
    Dans l'ensoleillement rare d'un soir d'octobre
    L'enfant jouait
    Elle était à ses pieds et trouva la balle ronde
    Lourde, très lourde pour une balle brillante
    Très brillante
    Garnie d'un anneau, crantée
    Comme la balle qu'elle emmenait toujours en vacances
    Triste la balle était striée et triste
    Avec son anneau noir et brillant
    Comme les dents de loup dans les histoires
    Effrayantes, sur les genoux de son père
    Son père ou bien sa mère qui racontaient si bien
    Les histoires de loup aux dents trop pointues.
    Le petit frère lui dit de jeter cette balle
    Laide, laide, si triste et laide.
    Elle riait taquine et vive
    Face à la balle lourde, lourde.
    L'anneau la fascinait, elle y glissait son doigt.
    Elle pensa soudain à papa, à maman
    Qui, eux, portaient des anneaux dorés aux doigts.
    Pourquoi ne quittaient-il jamais ces petits cercles d'or
    Jamais !
    Jamais !
    Elle allait enlever l'anneau triste de la balle triste.
    Elle tira sur l'anneau...
    Dans l'ensoleillement rare d'un soir d'octobre
    L'enfant, immobile, les yeux grands ouverts.
    Elle était à ses pieds... la balle lourde et triste
    Arrachée de l'anneau
    En mille morceaux de mort.
     
    10/09/1996 Michel PRAEGER

    VANITÉ
     
    Le condor brave les éclairs
    et flirte avec la sphère solaire
    Son regard tue les éclats du silex
    anoblit l'air bleuté
    L'explosion d'un obus
    le précipite dans les touffeurs amazone
     
    Jean-Luc SIGAUX
    St-Germain-des-Prés éd.

    Pour mes 45 ans
    On m'a fait un beau cadeau
    5 milliards de congénères
    Générés en cons
    Cons copains
    Cons humains
    Cons ennemis
    Humains quand même
    Et tous ces gens-là qui m'aiment
    Ou me détestent
    Je les aime
    Et les déteste
    A chacun ses têtes
    La mienne prend des fils d'argent
     
    Vincent JARRY in 27 innés dits
    juillet 87 agenda 1990
    poèmes en Gros & 1/2 gros éd.

    L'HOMME..

    L'homme qui rêve était puissant devant les cuisses profilées de sa belle...
    L'homme qui rêve ne voyait plus les rêves que faisaient sa Clarabelle...
    Les yeux de sa plus que tout en disaient long sur leurs désirs de se fondre...
    La plus belle aimait l'homme qui rêve, elle voulait qu'il reste toujours tendre...

    l'homme qui rêve ne regardait pas les rêves de sa plus belle conquête...
    La plus belle faisait des rêves... Et l'homme qui rêve disait...Tu m'embêtes!
    La plus belle dura un temps, puis l'homme qui rêve alla vers une autre femme..
    Les yeux sont des miroirs pareils qui s'admirent dans des fantasmes

    Le cul cela fait les amours heureuses, c'est toujours la consummation d'un rêve
    Mais que dire de ces regards qui vous arrachent les tripes dans une quête sans trêve...
    La Plus belle était encore romantique quoiqu' un peu moins désirable et bandante...
    Que la dernière qui faisant battre les chamades de la passion... Pauvre vieille amante!

    L'homme qui rêve, rêva encore longtemps, mais se trouvait seul sans ses femmes...
    Il se fit musulman pour une histoire de culs multiples et il eut enfin son grand harem...
    Mais ses femmes n'avait plus des regards lumineux pour lui... Elles le méprisaient...
    Et si pourtant l'homme s'était préoccupé des pensées intimes de celles qu'il admirait...

    l'homme qui rêve voulut tout avoir des femmes et il n'eut que de brèves jouissances...
    La plus belle celle qui viendrait et qui serait la femme des plus grandes réjouissances...
    Et l'homme qui rêve comparait ces détails de chacune, le cul de Justine, les yeux de Denise...
    Mais jamais cette femme n'était, ni tout à fait comparable, ni tout à fait précise...

    Bruno Quinchez le 13 Février 1997

    Plus que de l'ombre, mais pourquoi donc ?
    La terre est-elle une langouste
    Que plus tard je marierai avec ma cousine ?
    Ce fut bien belle fête.
    L'orange déguisée, comme une lune.
    La reine des abeilles.
    Un gâteau qu'il ne faut pas manger,
    Qui détruit tout insecte.
    Cette fille est une orange amère,
     Des cheveux teints comme du skai,
     Ses yeux descendant à la taille.
    Il faut couper les seins avec du petit bois.
    Je pousse son sourire dans un carton à linge.
    La pluie traverse les nuages.
    Dessous la table il fait du vent que je ne peux retenir.
    Mais maintenant j'ai faim.

    14.12 Thierry DAUCE
    in à soif d'eau de vie et d'amour
    éditions de l'échiquier

    Je suis venu chercher du travail
    J'espère qu'il y en aura
    je suis venu de mon lointain pays
    Pour travailler chez vous
    J'ai tout laissé, ma femme, mes amis
    Au pays tout là-bas
    J'espère les retrouver tous en vie
    Le jour de mon retour
    Ma pauvre mère était bien désolée
    En me voyant partir
    Je lui ai dit qu'un jour je reviendrai
    Mettre fin à sa misère
    J'ai parcouru de longs jours de voyage
    Pour venir jusqu'ici
    Ne m'a-t-on pas assuré d'un accueil
    Qui vaudrait bien cette peine
    Regardez-moi, je suis fatigué
    D'aller par les chemins
    Voici des jours que je n'ai rien mangé
    Auriez-vous un peu de pain ?
    Mon pantalon est tout déchiré
    Mais je n'en ai pas d'autre
    Ne criez pas, ce n'est pas un scandale
    Je suis seulement pauvre
    Je suis venu chercher du travail
    j'espère qu'il y en aura
    Je suis venu de mon lointain pays
    Pour travailler chez vous
     
    FRANCIS BEBEY
     
    LE VOYAGE DU BERGER
     
    Emmergeant son troupeau pour paître en communion
    Le berger s'évade dans un songe très lent
    Il inhale vivement un nette illusion
    Ses pieds baignant dans le sable pulvérulent.
     
    La terre est concubine avec le ciel austère
    Et le berger ressent la richesse de l'âme
    Qui parfois se meurt, mais qui jamais ne se perd
    Belle et longue vie à ses souvenirs de femmes
     
    Il n'est qu'une goutte de plus dont on se moque
    Sa tête, le spectre d'un ange recherché.
    Ramène ton troupeau, berger, et retiens que
    S'écrasent des jets de vers contre les rochers.
     
    Eric PASQUIER

    Les coeurs
     
    un coeur vert
    à l'envers d'un décor
    se terre
    prospère sincère
    avec des vers
    deux coeurs serrent
    par les corps
    la croix et la bannière
    une paire s'avère
    avec l'étoile polaire
    dix coeurs
    manièrent par frénésie assis vocifèrent
    pour se plaire avec
    pour la fuite
    des tonnes de verres
    les coeurs en arrière
    rêvant sans terre
    sifflèrent en l'air
    pour des vers
    de faim sévère
     
    Fred TROUVE
    in carnet de poèmes


    Ronronnement à Delphine

    Rester à rêver à toi
    Ronronner en ronds de rien
    Roucouler en ramier en toit
    Reriwter un rire en vaurien

    Vincent JARRY au "Petit Centre"

    Si une foi révolue
    nous appuyant d'un culot
    sans pareil
    nous allions nous mettre à l'abri
    dans un corsage britannique
    par élégance et par soupçon
    il nous faudrait plus
    d'un hameçon
    pour rester là_

    Denis LAVANT in Dieu n'a ni père ni mère
    Il est par oui dire  Poèmes en Gros & 1/2 Gros éd.

  • Poèmes en gros et demi gros Troisième

    Le train fantome  
    Des fêtes foraines
    le hèle
    pas les mots
    Tu es le funambule
    dans son habit de clown
    le grand pierrot blafard
    aux larges manches
    turlututu chapeau pointu
    une chaleur d’amour
    se met à me serrer le cœur
    et mes fesses se sentent soudain
    comme des jeunes filles
    vêtues de voiles blancs
    dans les champs
    de coquelicots
     
    Trenul fantomâ
    din bâlciuri
    strigàte nu cuvinte
    Tu esti aiuritul
    în haine de clovn
    marele pierrot palid
    eu mâneci largi
    ce mai tura-vura
    \i-e çuguiatâ câciula
    un val de câldurâ,
    iubirea începe sâ-mi strângâ inima
    §i fesele mêle pâie dintr-o data
    ca fetiscanele
    în vâluri albe
    pe câmpurile
    de maci
     
    Céline Varenne
    in Tireur de Langue Scoate-limbu
    Éditions Galaxia Bucarest 95

    HAUT GRANIT
     
    Cité du dieu-soleil : Karnak
    Défi des papyrus géants
    jaillis en touffes du limon
    dressés par des milliers de bras secs
    sous le fouet des prêtres, répondent aux questions des hommes
    en chiffres de soleil
    en sourires sans âge.
     Seul demeure vivant
    Muets, tête droite, les dieux
    cet immense empire de pierre
    rose ébloui ou bleu de lune
    sans ses habits de cèdre du Liban,
    ses bijoux de cuivre d'Asie
    Granit que seul use son propre sable
    gong de lumière métallique
    énorme écrin à la grâce des femmes
    lotus vivants.
     
    Armand Monjo
    in Mère Lumière
    Rougerie éd.
    CINQ PIERRES LANCEES DANS LA LUMIERE

    1-  un point de lumière tire un trait entre deux univers
    2-  entre l'ombre et la lumière il y a un labyrinthe
    3-  comme un yo-yo qui tombe je me déroule effiloché
    4-  la fin du fil d'Ariane m'empêchera de me vider de rencontrer le sol, la réalité
    5-  il y a une pierre sur le terrain de jeu je ne peux pas jouer si je me baisse pour la ramasser mon ombre portée sur le sol me la cachera Dieu seul sait alors ce que ma main tâtonnante rencontrera
     
    Paul CADEMONT

    L'orang-Outang
    est si méfiant
    qu'il mange ses fèces
    Des fois qu'on le suivrait à la trace
    ou qu'il viendrait à manquer de pitance
    Mieux vaut croire en soi
    et toujours il y en aura autant
    Dire que maintenant même les oeufs ont des E
    Ce n'est pas une raison pour...

    Jean-Baptiste TIEMELE 24 JUIN 1997

    Il est encore dit
    dans le village d'où je viens
    que les arbres aussi versent des larmes
    lorsque perdure
    l'absence des oiseaux
    sur leurs branches

    Alain MABANCKOU, in « les arbres aussi versent des larmes »

    Verset XXXIV

    L'ombre qui se mire
    se prend à tort pour une lumière
    qui réfléchit
    Personne ne peut témoigner de son être
     
    Alain MABANCKOU  in «Verset »

    Laude
     
    Une fée
    Laude
    Il y a peu
    Baladait sa danse de marche
     
    Et l'eau
    Dit
    Est ce un rêve
    Elle est
     
    Légère
    Ondoyante
    Diurne
    Interrogative
    Elle es elle
     
    Vincent Jarry

    La poterie va au four
    Rôtir le pâté
    Au petit matin de mon lapin
    Et moi je m'en vais au moulin
    Je croustillerai le pain
    Quant à l'homme
    C'est lui qui tirera le vin
    Puisqu'on ne peut pas être partout à la fois

    Marie Ordinis

    Les putes raclent quand charme le chat.
    La ruine chouine, lune en guenilles.
    Ses pluies couine, dans la poussière précieuse, poisseuse
    Jamais elle ne baigne, gueule secrète.
     
    Lola Sponge Extrait de "Claudicantes"

    Le pays était vaste et seulement limité d'un côté par une rangée

    de peupliers sauvages alignés tout contre le ciel

    comme un arrêt brusque végétal, en rupture des terres plates

    qui s'étendaient, ocre et rouille, dans un abandon tranquille, vers l'ouest.

     Et, même ici, dans la tristesse infinie des mers et la mélancolie du vent

    à laisser faire l'ordonnance fragile des lumières, s'il lui arrivait encore de mentir,

    c'était en tous points comme cela l'eût déjà tant de fois surprise,

    à l'instant même de ses morts successives

    dont elle se parait tout à coup sans en prévoir d'avance

    le moment déterminé ou le geste glacé enfin se déliait

    d'une tendresse généreuse pour les regards sournois

    du mendiant qui la convoitait chaque soir à heure fixe,

    dans l'assoupissement général du dernier salon déserté

    où pendaient lascivement de lourdes tentures à ramages

    brodés et des antiquités d'argent oubliées sur des velours usés,

    et dehors, la plainte des loups, loin derrière l'opaque hiver

    à peine radouci avant le grand dégel, quand s'offraient,

    fugitives et lentes, les moissons pluvieuses,

    rendant l'espoir enfin possible d'une clarté nouvelle,

    parce qu'autour des tentes qu'on dressait à la hâte le jour des marchés,

    se mélangeaient aussi des hommes de toutes races et leur passage

    dans la poussière sulfateuse n'était que poudre étincelante

    dans un marais de visages burinés, marécage liquide de tant d'alcools dilués,

    où semblaient flotter de longs rubans bariolés - leurs turbans

    qu'ils nouaient sur la hanche, très bas, comme s'il avait fallu repousser

    le plus loin du ventre le bassin terriblement mobile et l'ouverture délicate,

    instantanée des cuisses dorées d'où s'évaporaient,

    silencieuses, des effluves colorées qu'ils dégageaient sentimentalement,

    naturellement, emportant derrière eux, sur leurs épaules nues,

    l'odeur cuivrée des voyageurs insatiables.
     
    Annie SOULIER, Paris 1979

    MADONE DES CASSETTES

    Sous la perruque de filasse
    (ou de balai-brosse, interchangeable)
    un masque blanc lunaire, mexicain
    avec le creux noir des orbites
    le phare rouge de la. bouche.
    Le profil de rat se dérobe,
    (un pantin, ça ne se voit que de face)
    Bras en étoile, pieuvre vibratile,
    trépidation mécanique des hanches.
    Soutien-gorge immobile dans l'orage
    deux obus d'acier futuristes.
    Cuisses courbées, muscles raidis,
    redoutables pinces de crabe.
    C'est la Madone aux cent mille cassettes,
    l'utérus sur ordinateur
    programmé aphrodisio-commercial,
    c'est la déesse du deuxième millénaire.

    Armand Monjoin Terrible

    Et tendre Termitière

    La Bartavelle éd.

     

    L'AMOUREUX IRRÉSOLU
     
    Charmante demoiselle rockeuse de mes sens
    Pourquoi es-tu précise? Pourtant tu me captives
    Originalité et humour sont, je pense
    D'excellents partenaires pour que mon cœur revive
     
    Endormi ainsi qu'un funambule tu m'inspires
    À chaque fois que je t'admire, tu me lances
    Sur mon rocher pensif; mais c'en est trop, respire
    Et dis-moi lentement tes plus magiques stances
     
    Ta banalité te donne un charme dense.
    Approche-toi de moi, j'aime te voir jaillir
    De tes nuées glottiques à la belle cadence
    Des soirées discothèque. Laisse l'automne vieillir
     
    Tu as été faite au paradis adorable
    Et moi je ne suis de personne, de toujours
     Apprend-moi à aimer je t'apprendrai des fables
    Excentriques, fertiles et complices sur l'amour.

    Eric Pasquier

    Bancal Asphalte
     
    Aurillac
    Gare.
    Soleil final.
    Des gens de mon âge s'entassent.
    Des sans baraque.
    Moi M'sieurs Dames je suis dans l'art
    Oui je croyais faire partie des pirates
     
    J'abuse pas d'habitude mais, là, on m'a bue.
    Cet été, j'ai récité mes poèmes dans les rues, mes morsures.
    Je récapitule.
    L'affaire débute sur le bitume, en Avignon.
    Comme la plupart des 400 troupes
    qui paient un territoire au festival "off,

    on ne rentre pas dans nos frais.
    Alors, pour être intelligible,

    il a fallu casser la brique, se faire ouïr, version gothique.
    Bref, la seule troupe sans musique à déclamer ses poèmes
     aux terrasses des bistrots d'Avignon, c'était nous.
    Vincent, Philippe, Crémilda, Eric, Yaël, Sylvie et moi, Lola.
     
    Mais retour à nos wagons, pata-plombs.
    La fin du festival de rue.
    A Aurillac, la quête est officielle.
    On déambule pendant quatre jours,

    avec la canicule, la muse des brutes.
    C'est la fin du festival et on repart tous dans le même sac.
    Madame S.N.C.F. nous "réserve" un wagon direct pour Paris.
    Un wagon sans climatisation...
    Les déshérités déshydratés, pas de quartier!
     
    J'abuse pas, de mes yeux bulles, j'ai vu.
    Je veux mon dû, des arbustes, mon viaduc!
    J'ai joué toute nue, on m'a pas crue...

     Lola SPONGE

    DESERTS

    Mais je te parle de la ruine des déserts
    Que mon coeur a voulu combler
    Comme si de chaque errance personnelle
    Jaillissait un torrent
    De laves rouges et chaudes
    Comme le sang
    Quand il coule
    En Espagne
    Jusqu'au violet du soir
    Trempé des grenats de ta journée
    Et qui s'épuise
    Dans l'ombre
    Comme un homme
    En silence
    Se recroqueville
    Sous ses cartons
    Et meurt
    Toutes ses nuits
    Dans un désert
    D'ignorance
    Fugitive offense
    Pour un monde
    Qui court
    Tous les jours
    Repousser
    Les limites de sa misère Envahissante
    Et tenace comme un cancer
    Guettant la défaillance
    Ce faux-pas de la fatigue
    Qui le ferait tomber
    Dans l'arène
    Et courber l'échiné
    Docile comme un taureau touché
    Défie
    L'homme
    Qui va l'achever
    Dans un désert de stupéfaction
     Et de même que l'ombre est une réponse à la lumière
    Tandis que l'homme s'avance et parachève l'œuvre incertaine
    La terre diffuse son carmin d'éternité Dans un désert de pourparlers

     Annie SOULIER

    ENFANTS DU VILLAGE
     
    Qui sont ces enfants bardés de haillons ?
    Le roi Salomon les recouvrira-t-il un jour de ses
    franges dorées?
    Sont-ils simplement réfractaires

    à l'or au riz et au building
    Les voilà toujours nus le ventre rebondi
    Le regard allouvi et l'on dit :
    Mon pays et riche de moissons riche de maisons
    riche de fraternité


    Et les Riches ricanent à fendre la gueule
    Ils se dandinent
    Le ventre replet le cou adipeux le front fleuri
    Ils amassent des gerbes de sommeil

    et leurs yeux étincellent de clarté
    Leurs rejetons s'abreuvent de lumière
    Ils seront "civilisés"
    Jamais la ride de la pauvreté ne pliera leurs paupières

    Enfants du village vêtus de misère
    Vos dents déjà minés par des fourmis de soucis
    Seront comptées et les portes du Savoir vous seront fermées
    Enfants du village vêtus de misère

    Réveillez-vous! La caravane de la Havane passe
     
    Barthélémy KOTCHI in L'Olifant Noir

    et pour en finir avec l'instant qui me précède
    j'émiette ma personnalité au bord du fleuve
    où le moment présent
    n'est pas assez instantané
    pas assez puissant
    pour être vrai
    réel
    palpable
    à moins que ce ne soit moi ombre irréelle au bord du fleuve
    rose perdant ses pétales...
    sans consistance aucune
    juste le fleuve qui coule, imperturbable.
     
    Alexandra Duflot.

    Je souffre d'aviser
    si mal, les gens
    que j'aime bien
    sur ce pavé brutal
    où tu n'as rien
    pour rien. Où tes
    poignées de pudeur
    et puis tes sacs
    d'amour se cognent
    à la peur de tes
    bouffées de jour.

    Dodie Gréau

    Quand la tristesse implose
    je bondis à nouveau parmi les excès de la journée jeune
    et je me coule dans les golfes du ciel
    Tu as le visage de l'été dont la pierraille a disparu
    Si la grêle crépite c'est pour se transformer en lacs
    où frémissent tes rires
    Les rochers saillissent
    la violence des parcs célestes déchaîne ton extase

    Jean-Luc SIGAUX
    in "Les Berges d'Orage" Ed. Saint-Germain-des-Prés

    Clochards, mes frères...
     
    Clochards,
    mes frères, Fêtards
    Sévères

    Buvons
    Des "crèmes", Garçons ! Les mêmes
    Boissons Qu'un père Sans fonds,
    Ni terre, Ni bien, Ni rien,
    Qu'un cœur, sans peur!
     
    Ecrit par Jean Coryn, le 8 Floréal CCV
    (27 avril 1997) à Paris.

    J'ai un petit la
    Je suis un homme consciencieux
    Débordant de bonnes manières
    Je ne suis pourtant pas sérieux
    La preuve, j'ai un p'tit la!
    Si je vous croise un peu trop chargés
    Homme ou femme je vous ouvre la porte
    N'hésitant pas à me surcharger
    Tant pis pour moi, j'ai un p'tit la!
    Je ne me prends pas musicien
    Selon les autres, je reste trop modeste
    Mais pour moi, tout cela ne vaut rien
    (parlé) Surtout cette chanson-là
    C'est normal, j'ai un p'tit la!
    Dans la vie, je n'rends que des services
    N'attendant en retour qu'un sourire
    Je me le dis le temps d'un soupir
    Je suis fou! J'ai un p'tit la!
    Si vous m'voyez au détour d'un chemin
    N'hésitez pas à m'demander ma main
    Pour vous servir, je frai n'importe quoi
    Je vous donnerai même un p'tit la!
     
    Aurélia Robert

    Inexorable, le temps fuit,
    Follement courant nous emporte,
    Emporte avec lui notre vie,
    Feuilles mortes à notre porte...
     
    Feuilles mortes à notre porte,
    Doux tapis de nos souvenirs
    Que le vent du futur emporte.
    L'amour ne devrait pas mourir
     
    L'amour ne devrait pas partir
    Mais toujours nous envelopper
    De sa douceur, de ses plaisirs
    Et de tendresse nous bercer...
     
    Inexorable, le temps fuit,
    Follement courant nous emporte,
    Emporte avec lui notre vie,
    Feuilles mortes à notre porte...
     
    Jocelyne Lefort

    Ridicules

    Chercheur de pacotille, dans mon trou sous les  ponts,
    j'ai creusé des galeries. Ces précieuses pierres,
    de temps en temps, j'en offre aux délicieuses
    aux muses rencontrées au hasard lutinant de ma courte existence.
    Je vis au gré de l'encre sur leurs fesses blanchies.
    Mon diamant est coupant, l'émeraude brû¬lante et le jade de braise.
    Les lunes se trémoussent et mes yeux sont au ciel
    quand le bijou qui pousse offre son étincelle
    à la lèvre baisée par mon rubis d'argent.

    Le rouge de mon sang se mélange à sa plaie, purulent trou amer.
    Que n'ai-je offert joyau depuis leurs abandons,
    sacrifié toute gemme aux passantes perdues !
    L'aiguille de la mer se tasse en vase dose entre les pacotilles.

    Mon envie qu'elle soit grasse, elle en devien¬drait si vile...
    La lumière du saphir, comme un prince trou¬blant,
    souffle dans une autre langue pour mon dernier soupir
    sa volonté de pierre. Le couteau dans la fente enfantait
    les couperets - milliards d'années pour un cristal fragile.

    Le quartz est symétrie, tes lunes pyramides,
    l'or enfin jouvence, l'argent de ton élan,
    les lenteurs latentes et les rubis aux ongles.
    L'or toujours... Toujours l'or ! Malléable à tes souhaits,
    l'oraison funéraire est dédiée à ta folle caverne,
    aux pierres carbonisées, aux sels devenus Christ,
    mes ongles gorgés de sang à force de creuser
    au profond innommable de tes gouffres si sombres.

    T. bice Queer in « Les Chancre "M"as-tu vu »

    Frelon
     
    A jeun, un jeune
    Freluquet quête,
    Manque de fric,
    Chante des fredaine
    Pour quelque francs
     
    Envieux, un vieux
    Frelon velu,
    En quête d'un fruit,
    Danse frénétique
    Cherche une fraise.
     
    Jeune homme frêle
    Qui perd son froc
    Chute épique.
    Guêpe friande
    Frétillante,
    Danse et pique.
     
    Frange de vie
    Chantre fragile
    Petite frousse
    Danseur frivole
    Chanteur fredonne
    Frelon bourdonne
     
    Stéphane Hardy

    NOX

    Quand la Nuit  
    A l'assaut du ciel
    S'unît au Jour puis le dévore
    L'imagination
     Etend sa trame infinie
    Sur la ville

    (le 19 août 1994) Jacques Lucchesi
     
    PAYSAGE MARIN

    Verte plage de gazon
    Dans l'air vif ( Sel et soleil)
    Les cerfs-volants vrombissants
    Affolent les chiens.

    Jacques Lucchesi

    LE COQUELICOT

    Onde mystérieuse,
    Blonde et fière,
    La lumière.
    Douce fleur,
    Rouge pétale,
    Réveille mon âme.
    Bouge flamme,
    Attise mon coeur.
    Douce chaleur
    Instant de bonheur
    Rouge baiser
    Rayon d'or
    Tu m'as touché
    Je m'endors.

    Jacques Lucchesi

    Pas de nouvelles de toi
    Bizarre, je ne comprends pas
    Pas fier dans la pénombre
    Hagard, je ne bouge pas

    Pas brillant, noir, sombre
    Cauchemar, je ne rêve pas
    Pas de pluie dessus le toit
    Un brouillard, je ne pleure pas

    Pas le moral, un trop plein
    En pétard, je ne bronche pas
    Pas la moindre lueur
    D'espoir, je n'en vois pas

    Pas même celle du coeur
    Ringard, je rigole pas
    Pas grand chose, petit rien
    Cafard, je ne t'aime pas.

    Stéphane Hardy

    Levant

    Ciel bas et orageux
    D'automne
    Au moment même où j'éjacule
    Dans ma chambre
    Le soleil filtre par les Persiennes
    Ce serait le bonheur si...

    Jacques Lucchesi

    Sur les touches du piano
    courent les doigts véloces
    fenêtre ouverte
    tabouret sans barreaux
    barre sur la poitrine
    comme ils étaient beaux
    les doigts
    touchés par la grâce
    de l'accord stipendié à
    l'écoute est une rose
    heur suspendu
     
    Pe clapele pianului
    aleargà degete sprintene
    fereastrà deschisâ
    scaun fârà stinghii
    o barâ pe piept
    cât erau de frumoase
    degetele
    dàruite eu harul
    înçelegerii plârite
    un trandafir
    ascultà
    timp suspendat

    Céline Varenne
    in Tireur de Langue Scoate-limbu
    Editions Galaxia Bucarest 95

    Les femmes sont la sagesse
    des rivières et des mers
    Les Hommes sont le jardin

    Qui les nourrit
    Leur amour est la flamme
    Qui éclaire les ténèbres
     
    Jean * Saramaïa in "Parcours d'Amour"

    A chaque fois dans cet endroit
    je me retrouve doublé
    d'une perversion littéraire
    il y a une magie quelconque

    ici surtout à cette époque
    de printemps prétendument
    comme les temps se succèdent
    sans se ressembler
    et renferment une logique implacable
     
    tes jumelles de théâtre sont nées
    après le tourment de mon âme
    de vous quitter trop tôt
    ou de ne savoir plus

    ce qui dans l'immédiat prévaut
    tout en sachant ce que de la futilité
    l'on sait d'un nuage qui passe
    et se déforme éventé à mesure

    qu'il s'épure définissant aussi
    des possibles à l'infini
     
    Denis Lavant in Dieu n'a ni Père ni Mère
    Il est par oui dire Poèmes en Gros & 1/2 Gros éd.

    Mon amour, qu'est-ce que tu fais aujourd'hui ?
    Le temps ici est las comme un temps gris.
    Tout s'écoule. Le temps ne compte pas.
    Mon amour, qu'est-ce que tu dis aujourd'hui ?
    Regarde l'eau.

    Peut-être est-ce là-bas chez toi, comme ici ?
    Mon amour, que penses-tu aujourd'hui ?
    Que fais-tu dans le moment ?
    Comment l'occupes-tu ?
    Tout au long, l'eau s'écoule.
    Le temps s'est arrêté

    Je pense tout à toi.
    Mon amour, le ciel est las comme un temps gris,
    Ici, mais toi là-bas.
    Toi mon amour, dis-moi ce que tu fais.

    Ponts de la Seine Samedi 3 octobre 1992, 15h.
    A Karin Thierry DAUCE in "à soif d'eau de vie et d'amour
    Editions de l'Echiquier

    j'ai toujours aimé
    les mains de dune qui collent
    aux fausses chaumières
    de l'horizon
    cette panoplie
    de regards
    éteints

    comme une gigue dense
    les revolvers revendiquent
    c'est cynique leur patrimoine
    le siècle vingtième fut très bref
    mais plein de péripéties

    mais plein de péripéties
     
    Dominique NOURRY in "Fatraseries d'Avril"
    Poèmes en Gros éd.

    CHIEKO
     
    Héron pêcheur de sable
    Jardin de soie
    Un roseau bleu s'échappe du marais
    Sur les érables les grands portefaix

    Orfraies casquées figures de notables
    Prêtes au jeu de go
    Jardin de soie
    Huppes vanneaux
    plumes en girandole

    Où la lumière ondoie.
    Un amour vole
    Pour toi ma sœur d'Orient Chieko ?
     
    Jean-Yves LENOIR in "les Petits Riens"
    Collection Flammes Vives

    LA MOUCHE
     
    Dans le silence, médiateur du soir,
    Une mouche, ultime et tournoyante
    Brisera ma solitude.
    J'attendrai...
    Chassant l'importune
    Sur le seuil, ta confuse silhouette apparaîtra
    Dans un halo de brume.
     
    Ton parfum se mêlera aux effluves du jardin
    Où les corolles se refermeront sur ton corps nu,
    T'absorbant dans la nuit
    Alors, de nouveau solitaire,
    Je hélerai la mouche,
    En vain
     
    Michel PRAEGER

    Un vol d'hirondelles déchire le songe —
    cette grande clarté exsangue
    qui s'installe comme un présage
    dans les villages que seul le vent visite
     
    Anne ROTSCHILD in "l'Eau du Marbre" Le Cormier éd.
     
    Nous nous rencontrerons as-tu dit
    pas dans le pays
    le poids frêle d'un appel
    sur les paupières
    se fait toujours plus pressant
    plus l'éclair est de lumière
    plus il attise les ombres

    Décor

     
    De la pâte à modeler
    en matière de couleur grise
    pour des mains à fricotter
    un vent de forte brise
    avec du solide à décor
    en plante du dehors
    dans les yeux à profusion
    une pluie d'impression
    comme du plastique en palissade
    une peau palissonnée
    ou du bois à brûler
    une piste qui fait baver
    devant des bouches à se douter
    une eau pas claire
    en plus des graines à germer
    en souches de chairs
    donnant des feuilles à gratter
    un retour au ciel
    avec des syllabes à conjuguer
    un jeu du passé
    pour des rêves à se procurer
    un fantôme calciné

    Fred TROUVE in Carnet de poèmes

    La créativité peut difficilement se satisfaire des hiérarchies qui la rejettent
    et inversement les hiérarchies favorisent le conformisme et non la création.
     
    Henri LABORIT  in « La Nouvelle Grille »

  • Poèmes en gros et demi gros deuxième

    Poèmes en gros et demi gros... deuxième

    LE RENARD

    Dans un vieux port tout délabré
    Je chante l'histoire d'un renard
    Un grand ami de l'amitié
    Qui voulait simplement rêver
    Il venait pour se promener
    Entre les caisses et les allées
    Il s'asseyait puis regardait
    Tout les bateaux vers l'étranger
    Jamais personne ne l'a vu
    Mais tout le monde l'a connu
    Car bientôt depuis dix années
    On ne l'a plus jamais revu
    Moi-même j'ai cherché tout partout
    Avant de pouvoir le trouver
    Je l'ai trouver décapité
    Car personne n'avait pu l'aider
    Mon pauvre renard était mort
    Tout l'monde le sait tout l'monde a tort
    Il a fallu que je l'enterre
    Et j'en ai voulu à la mort
    Mais depuis bientôt dix années
    Tout le monde chante en amitié
    L'histoire du renard qui renaît
    Au besoin de l'humanité
    Dans un vieux port tout délabré
    J'aurai aimer pour voir chanter
    Aux grands amis de l'amitié
    Un renard qui voulait rêver
    Un renard que j'avais aimé

    Nicolas Béchereau in Grain de Sable
    Saint Germain des Prés éd.

    Le hamac

    Palimpseste des corps humides
    De la piscine receveuse des désirs des brides
    Espaces vivants où s'harmonisent les éléments
    Déments insufflant bleu ciel dans le flan
    Montagne déchiquetée carapace difficile
    Pour l'accès de l'ascenseur transcendantal
    Emmental aux trous troglodytiques
    Où vivent les caciques tuniques
    Protectrices des mirages des enfants rigides
    Souffleur de verre néophyte
    Ton travail dur fait couler ta sueur hommage
    Perles laborieuses sur ton corps graphite
    Tes muscles se forment à la dureté
    De l'appréhension du savoir carrelage
    Bicolore que tes pieds useront
    T'indiquant la bulle de verre formée
    A laquelle tu pourras par ton souffle juvénile
    Et encore pur donner sa finalité gracile
    Pétale de rose se posant sur le bûcheron
    Coupeur des arbres plates-formes
    De la montée en puissance du labeur
    Qui te fera maître de ton souffle valeur

    Thierry Thomas

    SANS AMOUR

    Encensées les erreurs
    De jeunesse, les vautours
    Les longues soirées d’hiver
    à lever l’étendard
    Lassé de contempler
    Des prêtresses, des atours
    Se tailler dans la bure
    Une robe de soie
    S’en parer pour un soir
    Se pare contre tous
    Et quand fatiguée de
    Leur bassesse sans détour
    L’hiver a ses envies
    Leurs fragiles humeurs
    Pour mieux les posséder
    L’espace d’un chagrin
    S’en repaître et mourir
    Sans ivresse, sans amour

    Yaël Pellé

    L' ETE PLUS TOT

    LE TEMPS UNE TASSE DE THE

    DANS LE GANT

    DU LAPIN BLANC

    L'ENFANCE EST TOMBEE

    LE MES VEUX

    COMME UN LOUP BLANC

    L'ENFANCE EST TOMBEE DU LIT

    DE L'ETERNITE

    JE SAIS LA MORT DE MES DOIGTS

    AU BORD D'UN DRAP

    ET LE GIVRE SI LOURD

    DE MES CILS

    AU BORD

    DE L'ENNUI

    Dominique Nourry

    Milord et caravane

     

    Milord et Caravane violentent les mirettes,

    alléchants dans la tempête.Ils bouclent la nacelle.

    Ils annônent, marmot, marmotte, racolent pleurs et cerisier

    Ils ornent un temple et le peuplier.

    Ils virevoltent, beaux et bordéliques, balbutient.

    Ils couinent dans le fouillis, vaguement vacillent, sirène et fourbi.

    Ils flânent folichons, dans la broussaille et le charbon, polissons.

    lls dévorent les flots, à la loupiotte, pâlots,

    ils fument la causette, rupestres et éperdus.

    Ils s'éveillent, rupins et champêtres.

    Milord et Caravane bricolent un violoncelle.

    Milord et Caravane se coltinent

    les îles, immenses, indolents, repus et charmants.

    Ils se fardent poussins, dare dare au matin, se courtisent à midi, ravis.

    Ils grapillent, à gogo, se gorgent de soie et de vanille.

    Ils s'esclaffent dans le mimosa, étourdis.

    Ils grondent la rosée, grimacent en frou frou.

    Les loups en crinoline, se palpent, devinent dans la bruine.

    Ils imitent le peuplier, humant en tutu.

    A l'affût des petits bruits, une houle de Chine,

    les oursins écument la camomille.

     

    Lola Sponge

     

    Vague à l'âme

    J'ai comme un vague à l âme
    Blotti au fond de moi
    Qui brûle comme une flamme
    Et qui  parle de moi
    Il me montre l'inutile
    D une tendresse  sans écho
    Et ma vie qui défile
    Dans un sombre halo
    Les joies et les abimes
    Que sont mes souvenirs
    Qui fon figure de mime
    Et s’enferment dans leur rimes
    Une langueur m'attire
    Et m'entraine sur sa voie
    Je voudrais m' endormir
    Parce que lasse d' être moi
    Trop de peur et d'envies
    Se basculent dans ma tête  
    Ces rocher de la vie
    M'écorchent de leurs arêtes
    Désirs  inassouvis
    D un cœur beaucoup trop grand
    Je m'enfonce  dans ma nuit
    Je remonterai, mais quand ?

    Yaël Pellé

    Ronde

    Il suffit de se mordre la queue
    Et de tourner, tourner,
    Tel notre point de terre dans sa révolution,
    Pour trouver une solution
    Aux petites questions
    Que suis-Je?
    Suis-Je?
    Oui;
    Je suis rond
    Et je tourne en rond,
    Je grain de sable une seconde
    Et puis stop! paradis pour tout le monde!
    Paradis dune infinies peuplées de mica blond
    Qu'un blond visage rond et couronné contemple,
    Comme un pasteur devant son temple,
    Un visage très rond, Point d'interrogation,
    La question :
    serai-Je?
    Non,
    Il suffit de se mordre la queue
    Et de tourner, tourner,,,

    Eric Péron

    LE CIEL

    Sur le monde
    Le ciel gronde
    Je le vois
    Comme une proie
    Désarmé
    Il se fait
    Dévorer
    Et bouffer
    Par les hommes
    Bande de gnomes!
    Sur le monde
    Le ciel gronde.

    Eric Pasquier

     

     

    Arcueil Printemps 92

     

    Mai

    Devant moi il y a une route qui monte

    C'est la route du Levant

    Ca y est je suis chez moi et je n'ai plus honte

    C'est l'adieu au froid au vent

     

    Devant moi il y a une route de brune

    C'est le chemin d'une femme

    Clarinette grimpe en soleil et en lune

    Le devenir se fait calme

     

    Devant moi ça grimpe d'Arcueil à Cachan

    Je suis chez moi et il pleut

    La route étend son ventre au soleil couchant

    Mois de quand je peux je veux

     

    Devant moi vibre un dessin de mes vingt ans

    A un ou deux détails près

    Je crois bien que l'immeuble était différent

    Pas de la brique du grès

     

    Arcueil banlieue de mon ancêtre inventeur

    Qui capsula les bouteilles

    Je reviens aux sources du vieux géniteur

    Comme la grive à la treille

     

    Devant moi il y a une route qui monte

    C'est le chemin d'une femme

    Je suis chez moi et si les désirs m'inondent

    Le devenir se fait calme

     

    Vincent JARRY

     

    NOËL

     

    Noël approche alors que je suis seul et solitaire ;
    Noël approche entre les gouttes de pluie,
     de sueur et de liquide lacrymal.
    Le froid rapproche les gens qui se blottissent
    les uns contre les autres dans les magasins de grande consommation.
     Les étoiles des sapins scintillent
    et les petits Jésus des crèches siliconées en arrivent même à rire.
     Ils ne savent pas. Malheureusement. Noël approche
    pour tous ceux qui refusent d'ouvrir les yeux sur la misère
    d'une telle Commémoration. Messe de minuit.
    Urbi et orbi. Certains voudraient y percevoir un bonheur,
     une communion. Et ils oublient, chaque année un peu plus,
     le malheur généralisé. Noël approche, et sans regret,
    permettez-moi de cracher dessus et de crécher sur mon crachat.

    T. bice Queer
    in « Les Chancres "M'as-tu vu !" »

    Le soleil

    Le soleil brille pour tout le monde
    Aussi facile ou la terre est ronde
    La voie lactée, le système solaire
    C’est système D c’est d’la p’tite bière
    C est qui qu’a dit faites attention
    Le paradis c’est que pour les bons
    C est les loups qui s nourrissent de moutons
    Qui pensent à nous comme d’la chair à canon
    j’veux être serein. Pas m’prendre à ce jeu
    Je sais que mon destin c’est d’être heureux
    Mon cœur recèle instinctivement
    Comme une crécelle des sentiments
    Ceux qui utilisent dans l’égoïsme
    Et tirent du bénéfice de l’optimisme
    Ils brouillent les pistes de l amour
    Et ils détruisent ceux qui sont pour
    Avant l’homme il y avait le singe
    Avant le singe le papillon
    Avant. Avant le papillon, la chenille
    Avant la chenille le hérisson
    Avant le hérisson, le coton tige
    Et bien avant il y a ait le soleil
    Le soleil brille pour tout le monde
    Aussi facile que la terre est ronde
    Si t y crois pas laisse-la faire
    Puis t’isole pas dans ta galère
    Si tu en en as marre et que tu es tout seul.
    Largue les amarres, fais plus la gueule
    Les barbelés que tu as dans le cœur
    Font qu’empêcher d’être l'acteur
    D’un super film en technicolor
    Où le soleil brille mieux que l or
    Avant l’homme il y avait le singe
    Avant le singe le papillon
    Avant le papillon la chenille
    Avant la chenille le hérisson
    Avant le hérisson le coton-tige
    Et bien avant il y avait le soleil

    Pilote 96

    L'OISEAU
     
    L'oiseau a quitté le nid
    Ce matin d'été rutilant et chaud
    L'oiseau a tourné les ailes
    Au douillet champ de lune
    Puis il s'est envolé
    Oisillon de bonheur, inconscient
    De vent contraire en rencontres outrées
    Que devient-il ?
    Loin de ses congénères
    Des becquées de sa mère au bec affilé
    Où court il entre les nuages?
    Masques d'amour et de tragédie
    Où va l'enfant de plumes
    Au bec peu affûté saisissant mal le ver
    Ou l'insecte en plein vol
    Pas rassuré le jeune fou
    De Bassant ou d'ailleurs
    D'ailleurs il ne sait pas
    S'il est oiseau ou fleur
    Il vole... vole ... et sans corolle
    Parachute qui amortissait la chute
    Alors ? L'oiseau sait...
    Et nous n'en savons rien.

    Michel Praeger

    J'ai abandonné l'écriture d'un roman,
    Longtemps contrasté...
    Je donne dans la démesure
    Ou j'écris... ou j'attends la prose
    Depuis des mois je me reproche tant
    De ne pas finir ce roman.
    Qu'y puis-je ? Est-ce encore la fêlure
    Que je rencontre quelquefois
    Sur la fenêtre il y a la rose
    Qui se flétrira avant moi !
    Je regarde les pétales, attendri...
    Comme les pages encore blanches
    Sont longues à remplir aussi,
    La fleur si haute sur la branche
    Se demande où cela finit...
    Page blanche, rose blanche
    J'attends la muse endormie
    Je voudrais tant écrire "Pervenche"
    C'est le titre du livre choisi

    Michel Praeger

     

     

     

    Rencontre sage

     

    Un enfant

    Une plage

    Un cheval sauvage

    Ils échangent

    Des vagues

    Apprentissage

    Pas du dressage

    De l’amitié

    Ils marchent

    Et nagent

    Un cheval

    Et son cavalier

    Bientôt

    Sortiront de l’eau

     

    Philippe Raillon in 53 inédits,

    Agenda 96 Poèmes en Gros & 1/2 Gros éd.

     

    Moitié étoile, moitié goutte d’eau

    Deux ou trois elfes bien roulées

    Déambulaient sur les galets

     

    Quelques lutins les butinaient

    Au beau milieu des feux follets

    Je m’avançais dedans la brume

     

    Qui m’estompait comme sous un voile

    Un croissant de lune dansait là-haut

    Moitié étoile moitié goutte d’eau

     

    Philippe RAILLON

     

    Brigitte Gouësse, histoires de machines

    Rap des machines

    Machine à coudre machine à trancher moudre
     découper, machine à mixer battre presser    
    à laver, machine à sécher râper écrire imprimer;
    machine à effiler trier comprimer,
     machine à vapeur à malheur et sans, cœur,
    machine à sous à ripoux à voleurs,
    machine  à voler pulvériser mâcher, machine à vomir
    honnir à abattre, machine à écraser piler démolir,
    machine à tuer le temps, la vie l'esprit,
    machine à refroidir endormir végéter, machine à  bêtifier
     à lénifier anesthésier, machine à rigidifier annuler
     stériliser, machines argotiques éclectiques
    anarchiques, machines de rêve, machines
    à foutaises, machines de fadaises, machines-hérésie,
     machines-hystérie, machines à mensonge,
     machines à leurre, machines sans heure
    en dérangement, machines mine de rien, machines pourtant...
    Si tu veux bien ne pas te laisser bouffer par la grande machinerie,
     il est encore temps de réagir! Avec le rire, évidemment!
    Alors courage et...en avant!

    Brigou

    Machines d'hier et d'aujourd'hui

    Les machines d'hier ont la tendresse du passé
    Les machines d'hier prennent le temps de contempler
    Les machines d'aujourd'hui ont le regard dur et blasé
    Les machines d'aujourd'hui compriment le temps d'un ton glacé
    Les machines de demain font table rase du passé
     Les machines de demain risquent de nous faire trépasser
    La machine d'hier a une culture à déclarer
    La machine d'hier sème l'espoir et la liberté
    La machine d'aujourd'hui censure et mouline l'expression
    La machine d'aujourd'hui sème le doute et la confusion
    La machine de demain ne connaît plus le mot culture
    La machine de demain est synonyme de dictature
    Ma machine d'hier coule dans mes rêves d'aujourd'hui
    Un parfum d'éternel alimente mes jours et mes nuits
    Ma machine d'aujourd 'hui est un délicieux métissage
    Sans œillère et sans bruit remuant le temps dans les voilages
    Ma machine de demain a le sang révolutionnaire
    Elle résiste et combat dans l'urgence de changer d'air
    Et ta machine à toi si tu n 'y mets pas de barrière
     Un jour s'effondrera sans pouvoir faire machine arrière
     Votre machine à vous a encore des droits à défendre
    Il y en a tellement au 'on essaye de nous reprendre
    Notre machine à tous doit se battre pour le label
    Du fanion Liberté qui vogue mi Loukoum mi Rebelle
    Notre machine à tous doit se battre pour le label
    Du fanion Liberté qui vogue en Loukoum et Rebelle

    Brigou

    TANGO DES MACHINES A COUDRE

    Machine avait une machine
    Qu'était prise dans l'machin
    De sa machine à coudre
    Machine faisait une trombine
    En voyant ce machin
    Qui se laissait pas coudre
    Machine avait une sainte horreur
    De tout ce sale progrès
    Qui se mettait en grève
    Machine avait des hauts-le-cœur
    Devant ce bout d'machin
    Qu'elle aurait pu coudre à la main
    Voilà qu'arrive enfin Machin
    L'heureux propriétaire
    De la machine à coudre
    C'est un ultime spécialiste
    De toutes les machines
    Même s'il ne sait pas coudre
    Il démonte et remonte l'engin
    Et il libère le machin
    Qu'était pris en otage
    Machine retrouve le sourire
    Le machin est cousu
    Son temps n'est pas perdu
    Alors bras dessus bras dessous
    Machine et Machin
    Vont faire un tour en Chine
    C'est un petit restaurant
    Qui respire le Printemps
    A l'abri des machines
    Ils dégustent des machins
    Machinés dans l'Nuoc Mam
    En buvant du Champagne
    Car il fallait bien fêter
     Sur tout ce temps gagné
    Leur amour retrouvé
    Car il fallait bien fêter
    Sur tout ce temps gagné
    Leur amour retrouvé!

    Brigou

     

  • Poèmes en gros demi gros et détails, la revue Rue des poètes

    "Passé muscade"

    La barque - promenade
    Les vents en embuscade.
    Un dernier camarade,
    Pour l'ultime rasade
    Vingt ans ! Passez muscade !

    J'ai consacré ce temps,
    Le temps de mes vingt ans.
    Et c'était important... 
    un tout petit arpent.

    A Jacques PREVERT 3/2/1996
    20 ans après.Jean-Pierre Girard

     

    APPELLE le Zénith et envenime de ton enveloppe le sel de la terre
    REJOINS l'ascension des bulles au-dessus des marais sevrés de catharsis
    EXPRIME l'orage d'effroi et l'association des plaintes et des soliloques.

    Eric Dubois

    Riche

    ce mois de juin
    en milliers
    de mises à l'examen
    il n'y a pas de coupables
    Oh non

    C'est là pourtant
    que tes parents
    se font te plus de soucis

    Si c'était
    des mises en examen
    nom de nom
    les notes pleuvraient
    Bien
    Très bien
    Excellent

    ou
    mauvais
    Sale temps pour les coupables

    Là il n'y a pas que
    les parents à se faire des soucis
    mais aussi tous les amis
    et même parfois les ennemis
    (Sait-on jamais des fois que
    son tour viendrait) Eh oui

    Quels que soient les examens chacun a ses épreuves

    Inutile de copier sur le voisin

    Jean-Baptiste Tiémélé 24 iuin 1997

    Fiançailles en fleurs

    Dans un bistrot d'Richard-Lenoir
    Il y eu des fiançailles de coeur
    Au triangl' de ta veste noire
    Là où bat ton joli p'tit coeur
    Le bistrotier pas gris mais noir
    Me fit mettre deux jolies fleurs
    Deux rein' margots en ostensoir
    Les fleurs la femm' sont en odeur

    L'odeur la tienne est en mémoire
    Et puis de mon chapeau d'rôdeur
    On fit un joli suspensoir
    Deux myosotis pour nos p'tits coeurs
    Et on s'est maté dans l'miroir
    On a souri d'vant ces noceurs
    Les yeux en tendresse d'espoir
    Le pas de nouveau vadrouilleur
    C'est dans ç'bistrotd'Richard-Lenoir 
    Qu'eur' lieu nos fiançailles de fleurs

    Vincent Jarry 30-6-97

    PATRIE RETROUVEE

    C'était après la cuillerée
    de confiture de raisin
    et le verre d'eau fraîche
    qui nous avaient accueillis sous la treille.
    C'était avant le brin de basilic
    de l'adieu, sur le port d'Alonissos.
    C'était dans les ruelles aveuglantes
    qui grimpent comme des échelles
    de chapelle en église.
    C'était sur le petit bateau
    qui contournait l'île déserte
    où vivent les chèvres sauvages.
    C'était à « l'ouzerie »
    du port enguirlandée
    de poulpes séchant au soleil
    C'était sur le mur effondré
    écrit à la peinture verte :
    « Tu vends tes racines
    et tu deviens esclave».
    C'était dans les Sporades
    au fil de l'amitié,
    les narines surexcitées
    par l'iode des calanques,
    c'était le piment des collines
    comme une odeur de patrie retrouvée.

    Armand Monjo in Mère Lumière Rougerie éd.

    Tu es de foudre et de nuit brusque
    Quand tu parles les torrents
    giflent tes jambes et tes joues
    puis tu t'évanouis dans la buée verte
    et m'induis aux tendresses
    Les crépuscules tournoient
    avec les spasmes

    J'avais oublié que tu es morte
    Le redoublement des traits
    de la grêle noircissent
    tes épaules tes paupières
    où viendra veiller un regard
    plus noble que la lame
    qui t'endormit

    Jean-Luc Sigaux

    MAUVAIS DÉLIRE

    L'eau sèche mon rêve heureux la nuit d'hiver

    Où les nids de coton flottent superbement

    Oui, je vois bigarrée de vin rouge et de sang

    Hérissée l'herbe, sûre et fiévreuse la mer.

    J'ouïs les emjambées furieuses du feu sur l'eau

    Et le chant grouillant pourtant labile du Temps

    Et cette voix ensorcelée m'admonestant !

    ô, chaos Volapuk !! Manèges infernaux !!!

    — la mort donne un sens à la vie

    Eric Pasquier

    Aujourd'hui, je suis sorti de l'Asile,
    et ce sont mes premiers instants de liberté.
    On m'indique un autre Autel
    que celui où je me suis immolé moi-même à la grégarité,
    où je me suis laissé arracher mon orthogéniste,
    mais c'est le même que celui où j'ai interverti,
    jadis, l'aride et le désolé, confondu
    l'effort de consumationet la cadavérisation frénétique !
    Je prends, sans perdre une étincelle de feu
    ou un globule, le train des rabroués

    pour me rendre à ce tardif rendez-vous avec la berlue,
    et les brûlures de la berlue,
    aux retrouvailles du chaos et de la démesure,
    accompagné par des amis syndicalistes
    qui savent mieux que moi combien de nuits
    je me suis débattu dans les nuages de la latitude,
    combien de combats de matamore j'ai livrés
    pour un jusqu'au boutisme
    inverse des expectatives de la cécité !

    Armand Olivennes in Politique de l'Autruche Editions de Rewidige

     

     

    À L’ATTAQUE !

     

    L’obésité nous gagne,en flottant dans l'arène
    J’ai vu les serpents chauves danser la carmagnole

    A la figure vitrue du ventre des hamsters
    Sur l' espagnole, sus
    !
    à vent
    d'elle!

     

    Oublions dans les cours nos péchés multiformes
    Il n’y a pas d’œil bleu pour nous faire regretter
    D’être passé
    par l’escabeau du demi-moyen
    En (flottant dans 'l abysse, la citronnée
    L’abysse

     

    Je sens tournoyer comme des pots de chambre
    Avec une fumée de pétard mitraillette
    Tous les enrhumés du monde ont la gorge violette
    À moins que
    moins que ce ne soit bleue et verte

    Enfin je ne sais pas faire des calculs savants
    Je n’suis pas né Putain avec trente enfants blancs

     

    Pourri dans l’eau des morts givrante à la Surface
    Écoutez le chant de la Mandragore

    Des lignes de ferraille géométrisent le ciel
    Des boules de
    coton, PLOP ! PLOP !
    Je fais le singe avec ma bouche
    Je n'ai pourtant pas bu de lézard
    Je n'ai pourtant rien bu, mais je coule !

     

    Alexandre Georgandias

     

    Ces divers texte sont tirés de la revue 14/15 de juillet/août de la revue Rue des Poètes de l'association poétique Poèmes en gros, demi gros et détail de Vincent Jarry et divers poètes associés

  • En ces temps de fin d'année et de fêtes... une petite publicité pour ma nièce Mathilde

     

    ["Mathilde Quinchez"]

     
     

     

     

     

     

     

     

    J'ai le plaisir de vous communiquer la liste de mes expositions pour cette fin d'année.

    Vous pourrez me rencontrer et retrouver mes bijoux

    à ces dates,dans ces différentes villes.

     

     

     

    Ob'Art

     

    18, 19 et 20 novembre
    75004 - PARIS - Espace des Blancs Manteaux
    48, rue vieille du Temple
    Vendredi de 15h à 20h

    Samedi de 10h à 20h

    Dimanche de 10h à 19h

    Entrée libre

     

     

     

    Carrousel des Métiers d'Art

     

    1er au 4 décembre
    75001 - PARIS - Carrousel du Louvre

    99, rue de Rivoli

    Jeudi de 14h à 18h (sur invitation)

    Vendredi et samedi de 10h à 20h

    Dimanche de 10h à 18h

    Entrée libre

     

     

     

    Les Arts du Feu

     

    8, 9, 10 et 11 décembre
    35 - RENNES

    Place de la Mairie

    Tous les jours de 10h à 19h

    Entrée libre

     

     

     

     

    Les Echappées Belles

     

    16, 17 et 18 décembre
    44 - NANTES - La Rosière

    35, rue de la Rosière d'Artois

    Vendredi de 14h à 19h

    Samedi de 10h à 19h

    Dimanche de 10h à 18h

    Entrée libre

     

     

     

    Je vous rappelle que vous pouvez découvrir mes bijoux sur mon site internet.
    Sachez aussi que je peux envoyer les bijoux par la poste. Frais de port offerts en France.

     

     

     

    www.mathildequinchez.fr

     
     

     

     

     

     
     

    Envoyé par

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    © 2015 Mathilde Quinchez

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  • Bob Dylan Prix Nobel de Littérature 2016

    Bob Dylan Prix Nobel de Littérature 2016

    Non! Ce n'est pas une blague ! C'est une info entendue sur ma radio France-Inter à 13h, il est nobélisé pour avoir inventé des formes d'expressions nouvelles dans la poésie américaine... N.B. si vous croyez à un canular vous pouvez toujours vérifier sur internet, j'aimerais aussi que les hommes politiques américains regarde mieux leurs passés récents et m^mes plus anciens et entre autres la période des années 70, celle qui existait avant ces fous de l'école de Chicago qui ont tué plus d'économies réelles, nécessaires et fragiles que des tueurs en série... Ces fou là , Ils n'ont pas vraiment créé un monde meilleur... Merci encore monsieur Nobel pour mes chères années 70 où je croyais dans un monde meilleur, avec Bob Dylan, Joan Baez, Janie Joplins, Léonard Cohen chanteur populaire canadien qui pouvait aussi postuler pour ce prix mais qui ne l'a pas eu... Le canada reste un petit pays par rapport aux USA... Dylan et toutes les grandes voix de ces années qui pour moi, même si  cette époque était dure, elle était beaucoup plus responsable, plus humaine car pleine d'espoir dans un humanisme bien compris... Ce monde d'avant Thatcher et Reagan et tous ces fous irresponsables, ceux-là qui ont créé ce monde où l'argent est devenu la seule référence... La poésie vaincra, sans violence les puissants, dans un monde qui est devenu sans attraits

  • Renaud... Chanteur trop fragile, il est encore bien vivant

    Renaud revient en chanteur fragile, comme un vrai poète

    Renaud le chanteur chiant avec une morale bobo-branché,  il est enfin redevenu le chanteur-poète fragile de ses débuts, il n'est certes plus question dans ce clip de bandes de copains et de mobylettes, mais de rendre hommages à des gens qui nous éclairent la vie, de ceux qui usent des mots et qui rendent ce monde plus beau... Pour les noms, regardez donc les photos du clip... J'aimais Renaud dans les années 1970-1980, Puis il est passé par une période bobo-chiant avec des idées mal construites, en effet qui soucie des amours de sa fille ? Oui! Là je trouve que ses chansons, elles étaient plutôt cruelles pour lui-même, Un voyeur avec un regard impudique par rapport à sa fille... Il y avait aussi les histoires de madame Ingrid Bettancourt une otage avec une valeur d'échange qui ne risquait rien d'autre que de voir ses amis ne pas payer, une otage aux mains des Guerrilleros FARC... Une dame qui n'était jamais qu'une grande bourgeoise prise en otage... Dans ce clip on ressent à nouveau le Chanteur-poète fragile, sa voix hésitante en est la preuve

    Renaud Séchant on t'aime mais n'oublie pas tous ceux-là qui t'aiment