Des Artistes...

  • Hommage à Rutebeuf

    Hommage à Rutebeuf

    Petit vague à l'âme et un grand vague au cœur
    Où sont- ils donc passé tous ceux-là d'autrefois
    Ceux que j'aimais et avec qui je causais de tout
    Je songe souvent à ce beau  poème de Rutebeuf

    Celui ci qui parle de ses toutes ses  amour mortes
    je sais pareil avec des amours qui s'en sont allées
    Tandis que je continuais de vivre encore et d'écrire
    Oui mes amours sont mortes aux temps qui passent

    Que sont mes amis devenus
    Que j'avais de si près tenus
    Et tant aimés
    Ils ont été trop clairsemés
    Je crois le vent les a ôtés
    L'amour est morte
    Ce sont amis que vent me porte
    Et il ventait devant ma porte
    Les emporta
    Avec le temps qu'arbre défeuille
    Quand il ne reste en branche feuille
    Qui n'aille à terre
    Avec pauvreté qui m'atterre
    Qui de partout me fait la guerre
    Au temps d'hiver
    Ne convient pas que vous raconte
    Comment je me suis mis à honte
    En quelle manière
    Que sont mes amis devenus
    Que j'avais de si près tenus
    Et tant aimés
    Ils ont été trop clairsemés
    Je crois le vent les a ôtés
    L'amour est morte
    Le mal ne sait pas seul venir
    Tout ce qui m'était à venir
    M'est advenu
    Pauvre sens et pauvre mémoire
    M'a Dieu donné, le roi de gloire
    Et pauvre rente
    Et droit au cul quand bise vente
    Le vent me vient, le vent m'évente
    L'amour est morte
    Ce sont amis que vent emporte
    Et il ventait devant ma porte
    Les emporta

    Rutebeuf (1230-1285)

  • M le maudit

    M le maudit

     

    M le maudit

    M le maudit, il vit maintenant tout seul  dans la rue
    Il a été abandonnée par sa femme qui a repris sa liberté
    Elle ne supportait plus sa grande gueule d'artiste maudit
     
    Pourtant celle-là qui l'admirait encore et toujours,  elle l'aimait
    Elle est passée d'un soutien inébranlable, à un rejet brutal
    Oui elle avait un doute profond sur l'incroyable M le maudit

    M le maudit est un artiste, cela je le pense, sans aucun doute
    Mais je vous le dis,  il ne s'intéresse peu aux autres que lui-même
    Il vit maintenant dans l'ailleurs, chez une amie bienveillante
     
    M le maudit joue de son charme irrésistible d'artiste maudit
    Je sais des jours où je fréquentais monsieur M le maudit
    Il était confortablement installé chez son ex compagne

    Et il produisait des œuvres à la chaine, comme un ouvrier à l'usine
    Je l'aimais bien lui est sa femme, c'était un couple de mes amis
    Mais qu'est ce qu'il était prétentieux, comme artiste producteur
     
    J'ai aussi  bien connu divers artiste, à grosses têtes et à gros egos
    C'est quasi normal chez eux, de la ramener et de se croire l'unique
    Je sais seulement que sous sa carapace blindée de M le maudit
     
    Il y avait la fragilité d'un homme qui avait déjà vécu dans la rue
    Pitié ou pas de pitié, parfois je songe à lui, qui nous demande beaucoup
    Une fragilité d'homme qui n'a qu'une chose qui lui plait l'esbroufe
     
    Je sais des jour où il m'agaçait, je sais aussi des jours paisibles
    Chez son ex-compagne, dont il a eu aussi un enfant né de leur couple
    M le maudit est un homme qui manque de la confiance partagée

    Et j'écris ce poème pour lui et j'ignore pourquoi il doute des autres
    Dans le ciel des artistes, il ya des étoiles, là-haut dans le ciel de l'art
    Mais quelques-unes tombent du haut de l'estime, celles qu'ont  les autres
     
    Je sais une manière de tomber des cieux, celui de l'art et de l'amour
    M le maudit, ne vous inquiétez pas, il aura toujours la tête hors de l'eau
    Il a appris à nager très jeune, il connait l'oracle des boulons et des vis
     
    Il sait comment on bidouille, on trafique, on manœuvre et on survit
    Malgré toutes ses magouilles... Oui!  Moi, je l'aime bien, M le Maudit
    Sa liberté commence là, où tous les autres ne sont que des gêneurs

    Paris le 4 septembre 2016

  • La poule aux oeufs d'or... Fable de Jean de La Fontaine

     

    La Poule aux œufs d'or

    L'avarice perd tout en voulant tout gagner.
    Je ne veux, pour le témoigner,
    Que celui dont la Poule, à ce que dit la Fable,

    Pondait tous les jours un œuf d'or.
    Il crut que dans son corps elle avait un trésor.
    Il la tua, l'ouvrit, et la trouva semblable

    A celles dont les œufs ne lui rapportaient rien,
    S'étant lui-même ôté le plus beau de son bien.
    Belle leçon pour les gens chiches :

    Pendant ces derniers temps, combien en a-t-on vus
    Qui du soir au matin sont pauvres devenus
    Pour vouloir trop tôt être riches ?

    Jean de La Fontaine... Les Fables

  • La croisade des enfants

    Higelin.... La croisade des enfants

    Je suis trop petit
    Pour faire le jeu des grands
    Assez grands pour mes rêves d'enfants

    Oui! Les enfants, ils sont bien là
    Et tous prêts à refaire notre monde
    Avec des riens, des sourires et des fleurs

     

    Ils arrivent par millions de bébés
    Import-Export du divin
    Entre un hier et un demain

     

    Je les vois sérieux comme des enfants
    Déjà plein de rêve et armés jusqu'aux dents
    De jouets fragiles et colorés

     

    Ils seront ! Ou ils ne seront pas... Astronautes
    Chefs d'états, Père ou Mère de familles
    je ne sais pas ! Non!  Je ne sais pas vraiment !

     

    Ce que sera leur monde que nous leur avons laissé
    Des territoires dévastés et des poubelles pleines
    Comme certains qui attendent le Messie ou le grand soir

     

    Je sais des myriades d'enfants dans le monde
    Pays qui sont en guerre pour plus de profit,
    Ou plus stupidement pour posséder la terre

    Les enfants de réfugiés, tous ceux que je vois
    ils ont souvent connu, la guerre chez-eux
    Il y a  aussi des cicatrices dans les coeurs

     

    Et des rêves d'un monde meilleur
    Comme Jacques Higelin, je chante dans ma tête
    Pour  tous ces enfants qui viennent

    Paris le 24 août 2016

  • "Carmen" de Georges Bizet "L'Amour est enfant de Bohème"

    "L'amour est enfant de Bohème"

    un extait de l'opéra "Carmen" de Georges Bizet

    un des opéras les plus joués et des plus connus

  • Une jolie vidéo avec une jolie musique figures abstraites

    Que dire de plus

    si ce n'est que c'est

    un travail de Vidéaste

  • Une chanson qui colle bien à notre époque turbulente "Le CRS Mélomane" de R-WAN

    Histoire de sourire un peu en ces temps de manifestations
    "Le CRS mélomane" de R-WAN, une chanson qui date de 2012
    NB c'est un fichier Daily-Motion plutôt que You-Tube mais c'est mon choix

  • Le pouvoir de nuisance des imbéciles

     

    Le groupe de folk Tri yann qui crée un nouvel album avec comme couverture le dessin d'une dame toute nue, ça n'a pas plus à je ne sais qui, sans doute un ayatollah ou un curé   Bref la couverture a été censurées et comme résultat le disque est non diffusé...La  pornographie ? C'est dans le regard...

    FAITES CHIER  HYPOCRITES VOYEURS AVEC VOTRE MORALE LA CON

     

    La belle enchantee 2

  • extrait-du-trou-dans-le-zero-roman-de-s-f-de-m-k-Josef

    Un extrait du roman "Le Trou dans le Zéro" un passage que j'appelle le rêve ou le monde d'Hélèna, un roman de Michael kennedy Josef un auteur Néozélandais...

    Le vent. Pendant toute la nuit un vent à l'haleine sèche et brûlante, venant de la plaine, ne cessa de souffler avec furie, et courbée, elle lutta contre lui. Autour d'elle, dans de brefs éclairs de lumière, elle voyait les autres se tordre en agitant convulsivement leurs membres torturés, tandis que le vent faisait entendre sa plainte déchirante. Au début ce vent charriait toutes sortes de débris, de la poussière, du gravier, des feuilles, des branches, mais maintenant tout ce qui pouvait être emporté l'avait été et il ne restait plus que des formes dépouillées, la terre nue et le hurlement du vent. Au-delà de cette clameur, elle percevait les souf­frances de ces corps malmenés, non d'une façon verbale ou imagée, mais comme un sentiment partagé d'endurance et de panique.Il s'y ajoutait quelque chose d'infiniment douloureux. I.'ancêtre, celui qui leur avait donné naissance à tous, se dressait au sommet de la colline, dénudé, desséché, mais toujours altier. Comme tous les autres, Héléna ressentait au plus profond d'elle-même les derniers soubresauts du dé­sespoir et de la résignation d'une âme primitive et elle éprouva un véritable déchirement, lorsque dans un sinistre craquement le corps immense et puissant vacilla puis s'abat­tit sur le sol. Le vent mourut avec la nuit, et dans l'aube fraîche, elle vit les autres dendroïdes, enracinés à flanc de colline, tous comme elle en plein désarroi, dépouillés de leurs feuil­les et de leurs bourgeons, secs comme amadou. Il n'aurait pas de jeunes pousses, cette saison, et sur la crête, sa der­nière lueur consciente s'étant éteinte, gisait le tronc de l’ancêtre fendu du haut en bas et pitoyablement creux.

    Dans un sifflement de vapeur, une locomotive surgit sur la colline. La chaudière à bois n'avait pas été alimentée depuis des jours, et un obscur instinct l'avait poussée vers les dendroïdes abattus. Elle s'approcha à petite allure du  tronc tombé à terre, toute haletante d'excitation, puis se présenta par le travers, tendit vers la noble épave son bras articulé en forme de pelle. Le peuple des dendroïdes soupira, frissonna. Le bras ramena pelletées après pelletées le  petit bois qu'il déversa dans le foyer qui l'ingéra. Après une pause qui lui permit de refaire sa vapeur, la locomotive verte siffla joyeusement et d'autres coups de sifflets lui  répondirent. Trois autres de ces locomotives-créatures surgirent sur la colline, deux d'entre elles munies, comme la première, de simples chaudières à bois, mais la troisième, une locomotive à traction, équipée d'une scie mécanique. Elle se  plaça à côté du tronc mutilé tandis que les deux autres  attendaient, pleines d'espoir, leurs pelles abaissées. Le soleil projetait ses rayons sur la cabine de chacune des machines, sur le délicat réseau de la conduite automatique, les fins rouages pivotant sur eux-mêmes, les pistons miniature lâchant de petits jets de vapeur. La scie mécanique s'activa, débitant le vieux corps, et haletant et sifflant joyeusement» les trois locomotives commencèrent de s'alimenter. Les dendroïdes oscillaient, tremblaient, à la fois honteux et heureux de voir la scie et les pelles s'acharner sur le tronc désacralisé de l'ancêtre, et non sur les leurs. Mais la peur les étreignait, car ils savaient que là où certaines avaient trouvé leur nourriture, d'autres viendraient qui se montreraient moins scrupuleuses. Tous ses sens alertés, Héléna tourna péniblement son attention vers la plaine. Un troupeau de petites locomotives à tender surgirent du fond du ravin où un filet d’eau coulait encore. Maculées de boue, elles avancèrent à tra­vers la plaine, et se mirent à brouter, arrachant d'énormes, mottes d'herbes et ingérant la tourbe ainsi mise à nu. Elles haletaient, gloussaient; haut dans le ciel une troupe ailée passa en criant sous le soleil impitoyable. Une acre fumée monta dans l'air brûlant. D'obscures réminiscences auxquelles elle participait éveillèrent les images d'une époque verte où les dendroïdes et d'autres et plus humbles éléments régnaient sur la  Terre, se répandaient lentement, ère après ère; leur pacifique communauté dormant pendant les longs hivers puis s'éveillant  à une vie nouvelle et à une solennelle et constante communion. Puis, mais ce n'était plus là qu'un souvenir' fugitif et imprécis, quelque chose s'était mis à vivre parmi eux, quelque chose qui se déplaçait librement sur le sol. Puis vinrent les autres, haletant, cahotant, brûleur de charbon, brûleurs de bois, grands déprédateurs emplissant les futaies de fumée et de bruit, écrasant, sacrifiant l'herbe, Le peuple des dendroïdes, rabougri, affaibli, ne forma plus, comme celle-ci, que des communautés clairsemées et agonisantes. Mais tous caressaient le rêve, qui les soutenait au cours des durs hivers, qu'un jour la chose qui se déplaçait  librement sur le sol reviendrait, et que les machines disparaîtraient à jamais. Soudain, une des locomotives brouteuses lança un signal d'alarme. Les autres se retournèrent apeurées. Du fond de la plaine s'éleva un sifflement suraigu, terrifiant, triom­phant, gagnant sans cesse en force et en puissance. Et c'est alors que surgit d'un nuage de poussière un de ces grands déprédateurs, actionnant ses pistons, son oeil unique projetant une lumière aveuglante, et mêlant aux coups de sifflets pressants et déchirants le grelottement ininterrompu d’une cloche. Les petites locomotives à tender s'éparpillèrent, prise de panique, tandis que celles qui s'alimentaient de bois se serraient les unes contre les autres parmi les copeaux et la sciure du corps démembré de l'ancêtre. Le monstre fonça droit sur la plus vieille et la plus grande  des locomotives qui cahota et se débattit vainement, grinçant de tous ses membres, cherchant à s'enfoncer  vainement dans les fourrés. Le déprédateur la projeta rudement contre le tronc d'un des dendroïdes, sa redoutable mâchoire d'acier rouvrit béante, étincelante et dans un effroyable bruit de métallique mastication, le corps brisé de la locomotive se vida de  son combustible et de son eau. Sans même reprendre son souffle, le tueur se précipita sur une autre victime.

    Dans l'esprit d'Héléna s'éleva un long et silencieux cri d’alarme. L'air s'emplit d'une odeur inconnue, et du flanc crevé de la première locomotive qui gisait au pied d'un haut dendroïde, s'élevèrent de fines volutes de fumée. Déjà, ça et là  dans le bois desséché, s'allumaient de petits brasiers. Puis une haute flamme jaillit et lécha les branches dénu­dées. Un coup de vent la transforma en une torche crépitante. Une chaleur intense s'en dégageait et dans l'esprit d’Héléna  le cri se fit plus aigu, plus torturant. Le vent s’enfla  fouettant les troncs, et le feu embrasa la futaie toute entière, comme si le vent lui-même s'était transformé en un rideau de flammes. Les locomotives s'entrechoquaient démentiellement  sous une pluie de branches incandescentes,  l'express, ayant fait son plein, hurla dans le lointain. Et elle ne put que participer à la douleur et au désespoir de tous tandis que les troncs s'abattaient en un gigantesques brasier, sous lequel une locomotive, prise au piège, sifflait lugubrement.