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Bruno Quinchez

Localisation :
Paris
Profession :
Retraité sans occupation
Centres d'intérêts :
Tout et rien, j'ai vu tant de choses
Citation préférée :
Le Net est éphèmère...Le copier-coller reste de la bouillie de tchatches pour idiots formatés

Billets de bruno-quinchez

Compte à rendre...

Compte à rendre

Vous savez, je vois maintenant l'échéancier du hasard
Et celui là, il m'a demandé des comptes pour toute ma vie
Cela pour savoir si j'étais encore bien à ma place
Mais moi, je ne savais que répondre à cette question

J'oscillais  sans cesse entre le silence enragé
Et une certaine bonne patience, celle de mon vécu
Alors envoyez balader tout ce Bazard trop bavard
Et encore vouloir faire confiance au hasard du regard

Il était bien écrit quelques parts dans des archives cachées
Qu'un jour viendrait, où je ne serais plus là mais mort
Mais en attendant cette fin déjà trop absurde je vivotais
Entre un hier, celui du passé et un lendemain qui viendra

Sur la corde raide du temps du doute entre deux précipices
Être un équilibriste très habile et sans de vraies peurs
Un monde où souffrir est un don acquis de naissance
Quelques éclairs fugitifs étincelaient dans mes nuits

Mon être fatigué, il regarde maintenant passer toutes les vies
Moi! Je savais encore écrire et je voulais dire et redire
Et cela me donnait une joie toute intérieure et de la sérénité
Radotage de ma mémoire, entre ce jour qui passe et qui crie

Et ce que j'avais déjà dit hier, maintes et maintes fois
Passage du temps qui ravage notre corps et notre mémoire
Entre ce que je suis, ce que j'aime et ce que j'étais
Peut-on demander des comptes à un homme de l'écriture

Celui-là, il a beaucoup écrit de choses dans son passé
Je ne sais vraiment pas, à qui je dois rendre des comptes
Je sais un Dieu de miséricorde, je sais une justice aimable
Un jour qui viendra, j'aurais tout dit de ce que je suis

Que me restera-t-il ? C'est pour moi la seule question !
Je l'ignore, je ne suis pas devin et qui donc connait demain ?
Je sais seulement qu'aujourd'hui je suis lu par vous ici et là
Le proche avenir, ce n'est jamais qu'un peu de temps à vivre

Paris le 2 juillet 2017

 

 

Poèmes en gros et demi gros 08 revue rue des poètes 24-25 mai-juin 1998

Solution du jeu du numéro 22

Quel était l'auteur du turbot?
Sa "Folie Tristan",  Léon Leclère,  en littérature: Tristan Klingsor,   (1874-1941) 

la partageait avec le poète Tristan Derême (né Edouard-Joachim Corbière,  1845-1875)

ainsi que notre estimable collaborateur Tristan Boudu (né lé 17 juillet 1942, mais ceci est une autre histoire).
Tristan Klingsor était l'ami de Ravel, gui a mis en musique sa Shéhérazade en 1903, 

et l'auteur du Turbot paru dans le numéro 22-23 de Rue des Poètes.
Le voici, Tristan, au cours d'une existence passablement antérieure

et notoirement proche-orientale:

Marie Ordinis

J'aim tant tellement la bière que j m'en suis foutu plein la panse
c'est pour ça que j'ai ce petit bedon
Il est gentil mon petit bedon
Il est bien rond    
Un rond bedon plein de bonnes bières
C'est mes réserves
De tous les pays
De toutes les couleurs
Quelquefois
Avant de m'endormir
Je rote un coup
Puis
Je ravale la senteur
Et je me dis :
« Ah ! Je suis en Ecosse
Ou en Irlande
Canada
Japon
Australie
Madame Gaspard -
Et je rêve que je voyage
Loin loin loin loin
Grâce à mon Petit bedon bien rond

Moralité : (pour la rime c'est pas facile)
Depuis que je suis plein de bière
Quand je m'fais l'tour du nombril
Je deviens globe-trotter
1977 au King Henry

Vincent Jarry

LA POUSSIÈRE

Khalife ou pauvre d'Asie,
Qu'étais-je il y a mille ans,
Ou quasi ?
Mendiant prosterné parmi les mendiants
Ou Seigneur en turban de soie les regardant ?
Qu'importe ! La rose la plus choisie
N'était-elle pas pour l'un ou l'autre la même.
Et pareil le goût des figues d'Ispahan,
Et pareil le plus beau poème
De Khayyâm ou d'Hafiz,
Tout ainsi que l'azur éclatant
De l'espace ?
Tout ainsi que l'azur éclatant
De l'espace ?
Quand un peu de poussière au hasard de la brise
S'envole sur la route,
Qui donc se doute
Que c'est un prince de jadis qui passe ?
.,
1955. Tristan Klingsor
Album, éditions Flammes Vives, 1955)

Petits requiems pour la Créature

.MCMXCYHI

Elle avait meublé son alcôve
D'une splendide horloge byzantine
Qui retardait toujours le moment du plaisir.
Ses aiguilles tournaient à l'envers.

Le pauvre grammairien, la syntaxe au cœur, n'était capable de faire que des propositions relatives.

Quand elle exigea de lire ses désirs par écrit, il était trop tard dans sa vie ; il avait oublié la ballade, le rondel, l'élégie... Il devint poète de court.

Ce n'est pas le cœur
Mais son pas dans l'escalier ?...
Ce n'est pas son pas
Mais son cœur qui change de palier.

Elle avait tant piétiné son cœur qu'il prit l'épaisseur d'une feuille morte, puis tomba un soir de grande bise... aux pieds de la Créature heureusement.

Clément MARAUD

Jean Luc Evens
Pas comme les autres

Il n'est pas tout à fait comme les autres
Mais il veut souvent être des nôtres.
Il est parfois l'oiseau, le papillon
Qui s'envole et survole tous nos démons.
Il est aussi le renard ou le loup
Quand il se sent menacé ou à bout.
Il ne sait où se trouve le nord, le sud ;
Il va ainsi de sa vie dans l'inquiétude.
Il n'est pas tout à fait comme les autres
Mais il veut souvent être des nôtres.
Il fume et se parfume au gré du vent.
La passion n'a guère d'emprise sur son temps.
Il peut être silencieux de longues heures,
Plongé dans on ne sait quel rêve d'humeur.
Il ressurgit brusquement angoissé,
Posant de nombreuses questions, emporté.
Il n'est pas tout à fait comme les autres
Mais il veut souvent être des nôtres.
Il peut verser des larmes lors d'un drame
Et rire l'instant d'après sans état d'âme.
Il peut être doux comme un saintpaulia
Et piquant comme un cactus aux abois.
Le temps a assagi son caractère
Et le torrent a rentré sa colère.
Il n'est pas tout à fait comme les autres
Mais il veut souvent être des nôtres.

Mes mots, Mes bêtes

Manifeste
Pour une
Poésie bouchique

Mes mots, mes armes, mes bêtes,
Etes-vous prêts?

Lâchez les mots transmués!
Lâchez les mots pelleteuses!
Les mots-pets, les mots Idiots,
Les bric-à-brac de mot à mot!

Les monomots, les monèmes,
Les poèmes monosyllabiques,
 Les pets d'organes bouchiques,
Les mots volés à des ivrognes...

Les mots insectivores de mythes,
Les mots pour interstices,
Les mots d'intestins,
Les mots pas dits.

Les plus courts,
Les plus bêtes,
Les plus animaux,
Les plus inesthétiques.

Les mots collés à la figure,
Les mots scotchés sur la porte,
Les mots-transe, les mots transmis,
Les mots "faites passer!"

Les mots trans-transmués,
Ces psaumes insensés,
Savamment alchimiés,
Ces calomnies divines!

Ces mots expérimentateurs,
Ces mots libérateurs,
Ces mocaïnes,
Ces mots foutoirs!

Ces mots vidés dans tous les sens
Et re-remplis d'autre chose,
Ces mots passeurs
De l'autre côté du mot.

Pascal GAILLARD

Poésie fonctionnelle

AFFECTIVITE PROPORTIONNELLE
(poème du troisième degré)

"Que mon intransitivité
transcende votre transitivité,
Que ma perspective soit motivée
Par votre variable liée.
Que votre constante unie
A mon quantificateur universel,
Suivant le code binaire,
Chante la gloire
De votre associativité !

Que mon rejet uni
Et votre rejet subit
Deviennent des rejets réciproques
Par nos relations en noyau.
J'aime votre logique élaborée
Et vos critères de tautologies
Et vos fictions axiomatiques,
O mon entité transcendante !

Ensemble nous visiterons les critères
De déductions des thèses ;
Nous coordonnerons
Nos coordonnées
Dans un même circuit
D'autodistributivité.

Alors...

Mon accumulateur totaliseur
Connectant votre disque dur
Mes deux logiciels
Taquinant les contours
De votre imprimante,
Là, tous les deux allongés,
Une table de logarithme
En guise de lit nuptial,
Bercés par les accords d'un Xenakis
Trituré au laser,
Nous ferons de nombreux petits multiplicandes
O ma particulière existentielle

Guy Perrot EPSILON LECAGNEUX
/ 3 bd Morland 75004 Paris/ T : 42-77-52-16

Elle marche autour de l'église
Et sa démarche de danse rythme la chute des cailloux
Elle est belle et la religion s'effrite
Tombe en morceau
Gravats d'église Saint-Sulpice
Arrogante beauté d'une jeune femme rieuse
Peut-être tendre
Et puis le Réverbère
J'ai pissé contre plein de réverbères
Soirs de beuveries
Mais pas celui-là
La honte
La honte d'étant pauvre
Etre moins pauvre qu'un autre
Pour qui cette misère
Ce journal lumière de misère
Comment
Etant pauvre
Offrir un bouquet de fleurs
A une jeune femme à la marche qui danse
Comment rêver

She walks around the church
And her dance a pace gives rhythm to the
falling stones
She is pretty religion crumbles Crumbles down
Rubble of Saint-Sulpice's church Arrogant beauty

of a laughing young woman Maybe tender
Next Le Reverbere
I have pissed against lots of lamp-posts

Nights of booze But not that one Shame
Shame of being poor
Yet less poor than others
Who is that poverty for
That monthly light among misery
How
of flowers with a step
Being poor
To offer a bunch of flower
To a young woman that dances
How to dream
The pace that dances circles the church That crumbles
And the pace that dances stops at the church And draws it
And dream becomes project

Et la danse de marche tourne autour de l'église
Qui s'effrite
Et la marche de danse s'arrête devant l'église
Et la dessine
Et le rêve se fait dessein
La tendresse en rigole de rire au cours d'un regard
Chaque rencontre la fragrance est distante
Nouvelle timidité
humblement
Je m'effrite autours de l'église
Mes godasse sont des trous
je ne pense jamais à les changer
je n'avais  de religion que moi
Et mon rituel est en morceaux
Une jeune femme fleurit son parapluie autour de l'église
Le rêve danse et sourit
Il paraît qu'en Afrique on s'entre-tue
C'est toute l'église qui s'effrite

Vincent JARRY
in "Effriteries"Poèmes en Gros & 1/2 Gros éd.

Fondness bursts out laughting within a glance
At each meeting the fragrance is distant
New shyness
Humbly
I crumble around the church
My shoes have got holes
I never remember to change them
My status crumbles
I had no religion except my own self
And my ritual is in pieces
A young woman blossoms her umbrella
 around the church
The dream dances and smiles
Apparently in Africa
they are slaughtering one another
The whole of the church crumbles

Vincent JARRY traduction Marie ORDINIS
in Effriteries-Crumbleries

Le moine lubrique

Que n'ai-je été, dans une vie antérieure,
Un moine lubrique fuyant les longs jeûnes ascétiques
Ronflant pendant les solennels ébats liturgiques
Digérant sous l'austère voûte gothique

Les frères m'auraient bien détourné
Des sulfureux desseins du malin
Rôdant à l'affût sous ma bure sonnant le tocsin;
Mais cédant à ses pompes et à mon instinct libertin

J'aurais abandonné mon âme aux anges du déclin
La panse rebondie, les yeux larmoyant de concupiscence
J'aurais rêvé de mystiques turgescences,
De pécheresses aux rondes incandescences

De fornication avec des succubes aux candides effervescences.
Après compiles; de torrides pénitences aux créa ures en confession
Du vin, plein les ciboires, les jours de mortification.
Un faible repentir soulagé par une molle flagellation
M'aurait assuré,  ici-bas, une somptueuse glissade vers la damnation

Michel Coëtmeur


Les trois filles
dansaient
Les trois filles riaient
Les trois filles criaient
aussi _
La mère riait encore
et la mère
faisait au linge des plis
Les filles en riant courraient
dans le linge
ainsi défait de leur fait
Puis la mère grondait
mais grondait
non méchamment
grondait comme on
gronde ceux qu'on croit
gronder pour tant de
chambardement
Là-dessus la mer
allait retenant son
jusant pour tant
de cris mêlés à tant de
bouleversement
Pour ceci qui s'échappait
de toute cette rumeur
La mer s'en allait
doucement éteignant son
ressac sous
les coussinets adoucis
de ses galets
encore une fois
retenant doucement
le jusant

Et l'ogre apparu
tellement fort et tellement
méchant dans son aspect
ridicule et outrecuidant
L'ogre grenu maugréant
L'ogre aigri égrenant
tout son grand emportement
toute sa vie passant par
les trous de sa vie en démence
L'ogre aigrelet grondant
au grondement grandissant
agrandissant sa peur
de geignement grossissant
désira, voulu dans son
ogritude gémissante
manger _ s'offrir un repas
de tous les petits enfants
Or de ces enfants
devant l'ogre grognant
Les cris furent
tellement peu de
peur _ les cris _
mais bien de sauvages
cris de tendresse
des cris que même
dans quelque ivresse
d'Ogre grognant grognon
On n'en n'entendrai
plus
Ces cris si dérobables
si faciles à faire taire
si fragiles en somme
Ces cris décrivaient si
bien dans leur timbre
dans leurs images
qu'ils proposaient d'un chant
qu'ils proposaient d'une danse
Ces cris cernaient aussi
bien la douceur confuse
où l'ogre l'avait logée
logée au creux de l'estomac
de ce grondement
Ces cris contenaient tant de plainte tant de
chant tant de plaisir
Qu'il n'avait jamais admis
et qu'il n'aurait jamais admis
sans leur présence
sans la présence de ces rires sans raison qu'il
connût ou pût connaître qu'il

lui prit l'envie
d'y participer de
crier chanter jouer
même danser à l'unisson
à ces cris criblés
de la peur qu'il avait
cru provoquer _

Et il dansa
et ils dansèrent
jusqu'à ce que le jour
ne fut jamais plus que le jour
et la nuit seulement la nuit

Dans laquelle
On dort et l'on rêve
que ces ogres
là et ces enfants
et toute cette mer
Nous l'avons
en nous

Que nous devons l'être
et que nous savons
la devenir
même si nous avons
Derrière nous tous
ces portraits d'ogre
et de petits oiseaux éteints
par tant de malheur
tant de décrépitude
et tant de joie
cachée qui
ne demande
qu'à s'extraire de nous
 
pour faire plaisir
à tous nos amis
ceux qui ne le sont pas
et ceux qui ne le sont pas  
et qui le deviendront un jour.

Pour CHAM
- c'est pour cet anniversaire où j'étais si loin de toi
DENIS

Denis LAVANT
in "Au volant de mon chien" à paraître

 

Le spectre

Le spectre

la voix du spectre remonte la fosse
il sort son spectromètre du fond de ses billes
il envisage le faisceau, une gosse
qui vient frapper son caveau, une ville

la voix de la gosse assise saute au plafond
elle sort son pluviomètre du fond de ses billes
elle dévisage le fantasme, un carnaval
qui vient de blinder son cerveau, une procession
le vent plonge son nez desséché dans la maison
il sort son sismographe du fond de ses billes
il encourage le sort de la gosse, une bacchanale
qui vient d'affubler l'horizon, une illusion

la fête des billes dénudées de leur métrique
se prépare au fond de la cave, dans le noir
où on désigne la tête des défunts, une sérénade
qui achèvera le dîner du soir

FRED TROUVE

A la grande fenêtre du jour
Des anges d'oiseaux s'élancent
Vers les romances de ton paradis
Quand retentissent les sirènes
De tes étangs chimériques
Drapés de spleens et d'espoirs.
Sur les mers et les murs empiriques
Tu taquinais les muses et les nues
Comme les corps voluptueux des femmes....
Dans tes mains des rêves aux seins de reines
A te faire clouer ton passager-festin
A faire mourir ton étrange destin
Qui accrochait les croches
Dans les poches ou proches
A des lambeaux d'amours éteints
Au creux de tes yeux de pianos.
Tu avais la splendeur des prophètes sans drape
Et des songes incertains.
Tu remontais l'escalator des cieux clandestins
A chaque nuit aux couleurs des étoiles.
Tout comme Baudelaire ou Rimbaud
Tu pressentais nos escales
De chaque vie
Qu'il aurait fallu brandir
Au nom de ce cri profond
Où tu nous voulais voir grandir
Sur des plages vierges et désertes
Où flamboient les rimes suspectes
Croisées comme des signes des croix des lois.
Dans le silence du ciel où je te parle
J'ai la douleur dans le cœur
Et des fleurs comme des larmes d'Espagne
Pour dire que les poètes ont de terribles armes
Pour chanter aussi ton âme.
Pour nous tous l'horizon des sillons à naître
Et démasquer le monde déguisé de ses travers
Qui n'a pas encore parachevé ses lettres.
Bien sûr avec le temps il y aura encore
Des hommes à leur fenêtre
Qui entendront ton chant et retiendront
Toutes tes saisons:
L'Amour dressé comme une barricade
Empli de brumes et de cascades
Où les anges te veillent et te gardent.

Salut Léo.
Jacques sandras

Poemes en gros et demi gros 012

 

JE VAIS PARLER DE MOI

Je vais parler de moi. De moi et sans vergogne.
Dévoiler mes vertus dans ces quatorze vers.
Faisant fi des chagrins, faisant fi des revers,
je tiens, comme un fruit mûr, le monde dans ma pogne.

Enfant du vin divin des marches de Bourgogne,
Mon nombril est le centre exact de l'univers.
Tout tourne, autour de lui, à l'endroit, à l'envers:
Terre, Soleil et Lune à face de Gigogne.

Je suis mon propre dieu; Je m'adore et m'encense.
Je me crains, je me prie et, par résipiscence,
de vingt génuflexions, j'honore ma bonté.

Je suis beau. Je suis fort. Je n'ai pas de manie,
Je suis depuis toujours conscient de mon génie...
Mon seul défaut : une trop grande humilité.

Jean-Pierre Girard. 9 Janvier 1998

De l'enfer au paradis
Je traverse des paysages
Mais qu'il ne soit pas dit

Que de par les âges
La pierre résistera
A l'encontre des nuages

De Anvers à Paris
La route est différente
Ils hypnotise l'homme malade

Ces H.L.M. qui escaladent
Les tons et les montagnes
Les monts et les cocagnes

A l'envers de la pluie
C'est un chemin
Qu'on met en doute

C'est un chemin
Qui perd ça route
C'est un chemin
Qui meurt de faim

Nicolas Béchereau
in Grain de Sable
Saint Germain des Prés éd.

"Homme de loin

tu as perdu ton nom.
Tu n'es désormais plus
qu'une pincée de terre,
un soupçon d'alouette
ou le spasme qui court
à l'aven où les pierres
Ont une espèce de vertige

Armand OLIVENNES

Tu n'as pas encore eu toutes les maladies
d'enfance, de l'humanité.
Tu n'as pas eu encore la maladie des guerres
et des millions de tombes.
Tu n'as pas encore subi la lâcheté d'autrui,
 ni l'indifférence, ni la fatigue des autres.

Sur le mur de la bibliothèque du Congrès de Washington,
ce message m'a recouvert comme les ailes d'un oiseau.
Je m'en souviens.

Voilà ce que dit Edouard Jang:
« Ils bâtissent bas ceux qui bâtissent au-dessous des étoiles. »

******    

Goutte d'eau par goutte d'eau,    
c'est la rivière. Une couche de pierre
ajoutée à une autre forme la montagne.
Un grain de sable sur un autre, c'est le désert.
Une poignée de farine avec une autre, voilà le pain.
Qui peut, alors sinon les parents
ajouter aux enfants la vérité?

Dans le livre des sages est écrit: « Il y aura
toujours des solitudes pour ceux qui les méritent. »

Sois inaudible aux oreilles, mais présent
méconnaissable aux narines et aux lèvres,
mais présent

Ceci est la valeur de ceux qui savent
se distancer suffisamment,
pour pouvoir voir les choses en dehors des sens,
mais toutefois vivent avec leur propre vie.
la sensation de l'âme couronne leur époque

L'horoscope te dit: c'est l'image du ciel
à l'heure de ta naissance.
Comment, si tu es procréé à tous les temps ?
Alors, un jour, quelqu'un t'expliquera
que tu es taureau ou cancer.
Tu apprends que tu es scorpion ou sagittaire.
Mais ceci n'est plus un jeu. C'est sérieux.

Qu'y a-t-il de pire si tu ne sais plus jouer sérieusement?
« Pauvre raison, » dit Galen
« de nous tu as pris les preuves.
Maintenant tu cherches comment nous abattre avec".

Miroslav ANTITCH traduction Boris VESNIC
IN Horoscope
à paraitre

DU FOND DES RUES

Ecoute cette musique drainée du fond des rues,
Des canaux de la haine au fleuve des passions
Le sourire des mômes est enfin revenu,
A Paris le bonheur n'est plus révolution !

Il y a bien longtemps que tout serait détruit
Si Gavroche et Poulbot n'étaient intervenus
Pour distraire et nourrir les moineaux des Tuileries
Redonnant à Paris ses souvenirs perdus.

Nous ne pourrions bâtir sur les torrents de boue
Que bonheur factice,  illusoire ou pervers,
S'il faut tout balayer, s'il faut dresser la houe
Que le monde à l'endroit ne devienne à l'envers.

Il y a eu des crises, des guerres et des misères,
C'est toujours à Paris qu'on a donné le ton,
D'un amour attendri, d'écoute et de prières
Deux mille années de lutte, de patience et de dons

Cette cité noyée dans l'âme des poètes,
Des Villon, des Nerval, de fous et de héros
C'est toujours à Paris qu'on retrouve la fête
Sur les bords de la Seine où va rêver Margot.

On n'a rien inventé depuis que rue de Lappe
Les rythmes à danser ont gardé le tempo
D'un Paname à remuer sur ragtime et sur rap

Java,  swing,  be-bop,  rumba ou bien tango
Ecoute cette musique drainée du tond des rues
Le sourire des mômes est enfin revenu !

Michel PRAEGER
in "Vent de Plume"
À paraître

Poemes en gros et demi gros 017

ATTENTE SOLEIL D'AUTOMNE

Messieurs, je n'attends plus rien de vous,
Ni de votre autorité.
Ni des Maîtres penseurs qui bavardent dans les médias,
Je n'attendrais jamais rien des économies égoïstes,
Je vois votre avenir comme un grand vide,
Votre néant qui vient,
Car  il est sans la projection de vos rêves,
Votre incapacité à être vraiment humain,
Votre incapacité d'aimer,
Je vois la vie comme étant la seule nécessité,
Je n'attends plus rien de vous,
Vous m'aviez trop promis pour aujourd'hui,
Je n'attends que la mort de vos projets,
J'espère plus que dans la vraie justice pour tous,
Je m'attends à être nourri de vos rêves.
Je n'attends plus que la réalisation de vos cauchemars,
Je n'attends plus rien de vos potentielles virtualités,
J'attends pour demain le grand soir.
Pour encore pouvoir rêver sans vous,
Et pour toujours espérer,
Je n'attends plus rien de vos éventuelles révolutions,

Je n'attends rien des poètes appointés
Et j'attends encore des jacasseurs de fleurs,
Je serai le chien qui vous mordra,
Mon bon maître, Je n'attends plus rien de vous.
Et je n'aurais rien venant de vous,
Nous aurons tout, Et vous, mon bon maître,
Vous serez qu'une vieille histoire d'un passé révoqué,
J'attends tout de demain,
Mais mes lendemains se feront sans vous,
J'attends!

Bruno Quinchez Paris le 13 Décembre 1997 Ste Lucie

à demain

Te lirai un poème, pour l'autre vérité
dans l'ailleurs validé :rien
n'est jamais aussi réel que nous le pensons
Te lirai un présent à multiples lectures :ce n'est jamais
ce que j'attends qui arrive
mais déjà, il est tard, il faut tuer la lampe

Laurette

Pastorale

C'était une bergère qui croyait à des pairs plus beaux que pâture
mais si t'es pas des moutons qui bêlent dans l'immense plaine,
alors t'es le cri, le qui tue : le cri des loups

Laurette

Le petit Bleu de CharonneRépublique

Nouveau Journal d'informations fantaisistes
 

mais strictement véridiques, à périodicité aléatoire et tirage variables

Dernières nouvelles:

Ca y est! la loi est passée.
Pas trop tôt: Dorénavant
les Pitt-bull devront faire euthanasier leurs maîtres
agressifs

Gastronomie:

Poèmes fermiers garantis sans colorants.
L'appeau du chat
Le chat lape son lait.
Foin de l'hameçon laid
Pour les petits poissons:
Le chat les lape aussi.
Fait-il pas l'appeau? si,
Pour les petits oiseaux!

Le PV dans l'homard (Sonnet)

A orner mon par'-bris' la pervench' assidue  
Songe-t-elle que je suis de l'impôt las (si dû)?
Oui, je trouve la farce à force acidulée;
Où trouvé-je la force, encor, assis d'hurler
Ma hargne grogne rage à l'odieux papillon?
Allons! c'est décidé, et de ce pas pillons
Les caisses où s'entassent notre fric et nos thunes.
D'un coup de main hardi, par un fric-frac nocturne,
Et armés, Monseigneur, comm' il sied d'une pince
De homard (qui est bien des crustacés le prince),
Serrures arrachons et verrous fracturons,
De l'enfer de mauvais's intentions pavé.
Et disposant enfin du produit des PV,
Dépensons, élégants, vêtus de fracs, nos ronds.

Santé:

" Pour bien pondre, il faut coucher tôt
et pour se bien porter il faut le veto."
(proverbe poule)

La sagesse animale est admirable car il est bien vrai
que vétérinaire est un bel et bon métier.

Ainsi en est-il de mon ami le docteur Stéphane
qui m'invite parfois à sa table somptueuse.  
Naturellement, comme tous les professionnels
passionnés par leur métier,
le sien fait souvent les frais de la conversation.
Il faut voir avec quel enthousiasme
il l'envisage, avec quelle émotion il en parle:
"Cette oie syrrothique, je n'ai pu la sauver;
ni ce saumon qui fumait trop,
ni ce veau souffrant d'insuffisance rénale,
ni cette poularde en demi deuil terrassée par le chagrin.
Ces échecs me désolent sincèrement, me consternent même.
Mais servez-vous avant que ça refroidisse, mes bons amis!"

Grammaire ou le beau causer:

On peut dire "à père avare bon rat"
on ne peut pas dire: "à bon chat fils prodigue".

Vendredi 24/04/98 André Labarrere interrogé à France inter
au sujet de l'accusation de harcèlement sexuel

que porte contre lui l'un de ses anciens employés

déclare tout uniment: "c'est un garçon que j'ai beaucoup aidé!"

peut-on parler de liaison dangereuse?

Devoirs de vacances:

Mathématiques en été sur la plage:
Plus je m'oins, moins jep'luche.
 

C'était la grande maison
Il y avait la famille et des fêtes
On y dansait on y chantait
Le jardin était ouvert
Grand ouvert
C'était tout vert
Et puis brun
Il y avait des gens à beaux costumes
Des qui papotent
Et je te cherchais
Tu étais là
Et je te cherchais
La dame belle en œil soleil
Et puis d'étage en autre étage
Au mitan du fatras des fêtards
Je t'ai retrouvée au mitan d'un plumard
Emmitouflée de pleins d'amants
Ton œil sommeil s'est rallumé
Et puis adieu sous la couverture
Laquelle était un bel herbage
La grande maison était plus loin
Très très loin
Comme toi qu'étais plus là
Pacqué la grande prairie
Pleine d'herbage
Cisaillée en rivière
Entourée de forêt
Menait à un étang
Par la rivière
De l'autre côté de l'étang une buvette
Et ton soleil d'œil qui traîne par là Puis
Suivant la rivière
Pour aller vers la buvette
J'avais drôlement soif et je savais t'y retrouver -
J'ai vu un zèbre passer
Comme un éclair
Mon grand chien noir est arrivé
Fouettant la vie de sa grande queue
Et puis s'empêtrant dans mes jambes
Un yack est apparu
C'était pas la saison
Et de l'autre côté de l'étang
il y avait ton œil qui riait
Quand le phacochère est arrivé
j'ai eu les foies
Il était brun-violacé
Des défenses en sabre arabe
Et le poil long
Il a foncé vers moi
Et a stoppé
Interrogatif
Doucement
J'ai avancé ma main
Et je l'ai caressé
Son poil était doux
Soyeux
Il a fait un bond et il s'est enfuit
Il ne faut pas caresser les phacochères
qui ne demandent rien
Et puis il y avait l'étang
Et la buvette
Et j'avais soif de ton œil soleil
toi qui passes
Et repasses dans cette histoire
où je suis le seul à te voir
La buvette
Au bout de la rivière
La rivière se fait canal Tu vas à la buvette
Ton morlingue tombe à l'eau
Pour retrouver l'œil il faut payer
Pour payer le portefeuille
Saute à l'eau
Mon salaud
L'œil soleil te regarde
Le phacochère les éléphants et le zèbre
Et puis la tortue
Tu veux remonter sur la berge
Ta main se coince dans les grillages
Putain de con j'ai mal aux doigts
Et puis laisser aller au cours de l'eau
Attendre la plage où remonter
J'ai pus mal aux doigts je peux regrimper
Rétablissement et yop-là boum
Un œil soleil m'enlace et rit
Me tortillonne dans tous les sens
Sous l'œil énorme d'un phacochère
Au pelage très doux

Le soleil œil luit

Vincent JARRY
in "Frédée 96" à paraître

Saluts Théo!

Alors, te voilà parti!...
Qu'est-ce qu'on peut dire?
Qu'on t'aimait bien...
Qu'on garde dans 1'oreille
Ta voix acide, grinçante, parfaite pour
Distiller cette poésie de même nature
Gui aura été la tienne...
Qu'on regrettera ton ironie amère
(Ce n'est pas pour rien que tu récoltas
Le grand prix de l'Humour Noir),
Ta façon de jouer avec les mots,
Qui tortillaient les idées
Pour en exprimer
Toutes sortes de contradictions...
Salut Théo!
Les nombreux copains qui sont venus
Dans ce village du fin fond de la Creuse,
Où Danièle et toi aviez trouvé refuge,
Pour t'y rendre un dernier hommage
Et boire un coup à ton souvenir,
Attestent l'amitié que ta générosité,
Ton sens de la justice (avec un grand J),
Ton ouverture aux autres,
Avaient su partout générer
Et qui sont les éléments naturels
De cette fraternité universelle
Chères à tes idées libertaires.
Pardonne-moi cette phrase si tarabiscotée
Qui sent quelque peu la remise
De décoration à titre posthume...
Et, où que tu sois,
Prépare-nous une place pas loin de toi.

Jean-Pierre GIRARD

CE N'EST PAS UN DELIT
D'HABITER A DELHI
ET DES LITS A
DELHI
IL Y EN A
PLUS QU'EN TERRE ADELIE

MAIS ADELE, ATTERREE,  
MAIS ADELE, LIS !
VEUX-TU QUE JE TE DELIE?

Marie ORDINIS

P.S. Où IL EST QUESTION D'UNE JOLIE
ET JEUNE FEMME, VIVANT UNE VIE SOLI¬TAIRE  
(ET GLACEE) DANS L'ANTARCTIQUE.
CEPENDANT LES INDES LA TENTENT.
MAIS ELLE EST QUELQUE PART,   
CAPTIVE (CE QU'ON NE COMPRENAIT
PAS AU DEBUT)... D'UN SADIQUE QUI...

Un pas

Ecoute !
Pied qui glouffe dans l'herbe

Un pas
Et ton pied devient racine
A cette seconde qui dure mille ans

Un pas
Ma racine s'envole et ne revient
jamais

Pas dans le ciel
Léger, caché, cherchant le vent
Cherchant le Nord

Pas dans la boue
Dans la trace des loups

Des pas, des milliers, dans la forêt
sans arbre

Pas à pas
Tu avances dépossédé de tout

Pas à pas
Tu sèmes dans la forêt
ta jeunesse, tes envies

Pas dans la neige
Linceul des fées Chloroformes

Un pas de plus
Et maintenant
Ton pied devient racine

A cette seconde qui dure mille ans.

Pascal GAILLARD.

MOTS D'AFRIQUE

Elimane KANE est originaire du Sénégal.
Il fait en ce pays ses études primaires et secondaires
avant de s'embarquer pour la France en 1978
après le Lycée où il se montre brillant élève,
il fait un bref passage au Prytanée militaire de Dakar.
Mais pour avoir participé à une grève,
il est renvoyé pour indiscipline.
Doué et imaginatif, Elimane KANE ne cesse pas,
pour autant, de s'engager, de continuer à se battre contre l'injustice.
Et en 1978, faut-il le rappeler, il vient entreprendre ses études universitaires en France.
Aujourd'hui, Elimane KANE réside dans la banlieue parisienne
où il se consacre à l'enseignement.
Dans son métier, il a résolument opté pour les méthodes nouvelles
tant au niveau de 1'ECOLE A LA RENCONTRE DES FAMILLES
qu'au niveau de la FORMATION DES PROFESSEURS DES ECOLES.
Elimane KANE est père de deux charmantes fillettes: ASTOU et KARTIGATA.
Mais Elimane sait aussi s'abstraire du quotidien pour plonger dans la poésie.
La parole du poète est alors témoin des absurdités que secrète le monde;
elle se fait également prophétique et nourrie de symboles.
Le premier recueil de poésie d'Elimane KANE, L
ES RAYONS DE LA CALEBASSE, est publié aux Editions Nouvelles du Sud.
Mais déjà deux autres volumes,  LA PAROLE DU BAOBABB,  LES FRIMAS DE CAURIS,  
tous deux encore inédits, attendent de paraître, ce qui ne saurait tarder.

Jean-Baptiste TIEMELE
mon cœur Eva

EVA NAISSANTE
EVANESCENTE
EVA S'EN VA
EVA SAMBA

Jean-Baptiste TIEMELE
23 mai 1998

Quand vous m'ennuyez    
Je soustrais le temps et l'espace    
Dans 1'immensité
Des nuages dans le ciel humain
Qui s'entremêlent
Je fixe le sacré, l'éternité    
La lumière humaine
Vous pouvez toujours vous tuer    
Je suis si loin de vos carnages
Inutile de me tromper
Je suis encore en voyage
La lumière étend ses feuilles de roses
Autour de mon île

Prosper
Très abondant
De sa personne
Vint sans...Jarry
Regrettant 1'absent
Il pria vint cent Jarry    
De combler    
Cette absence  Jarry
Soi-même

Amadou Elimane KANE

In les RAYONS DE LA CALEBASSE
Editions Nouvelles du Sud.

Jean-Baptiste TIEMELE 25 mai 1998.


VENUS PERLEE

Par toutes tes anfractuosités
Je t'investirai,
J'irai mêler
Aux eaux qui coulent en toi,
Des lots de perles blanches, alors,
Ni mer, ni rocher, je te ferai femme nacrée
Femme adoublée, depuis la bouche
Jusqu'au cœur de tes hanches.

Jean-Pierre Collet
In "Le Chant du Naïf
Court-Lettrage édition.

Le "Moins" et le "Plus" du point de vue philosophique

Le "Moins" et le "Plus" du point de vue philosophique

Peut-on bâtir une éthique à partir du moins ? La réponse est non ! Cela n'est pas acceptable ! Mais je ne crois pas non plus qu'on que l'on puisse bâtir une philosophie avec un positif infini et sans limite. Le point de vue de l'expansion illimitée, cela ça date des début de l'humanité avec ce fameux adage "Croitre et Multiplier". Un adage qui a donné toute une Histoire de violences, de conquêtes et de massacres. De même l'idée de faire moins, c'est plus une idée communiste où nous ne sommes pas plus riche que le voisin. Ce qui est contraire à cette idée d'expansion propre au capitalisme. De nos jours les tenants de l'écologie tiennent de propos sur les limites de notre planète et de l'urgence à réduire le pillage des ressources naturelles. Le problème philosophique qui reste là dessous c'est celui-là : Peut-on faire des projets en diminuant notre propre désir d'expansion ? A savoir qu'a priori nous n'échapperons pas à une pauvreté généralisée dans la réalité du partage de nos richesses entre tous, si nous laissons faire une surpopulation, ce qui n'est pas un concept très optimiste. Car dans un monde surpeuplé même les gens très riches, ils ne tiendront pas longtemps devant la croissance de la population mondiale. Sans être d'un malthusianisme convaincu, la gestion de notre avenir, elle sera compliquée, nous ne pouvons voir une terre surpeuplée de cet avenir et il y aura sûrement des conflits, que ce soit pour le partage des richesses et de l'espace. Ou bien aussi le trop grand nombre, ce surnombre qui pose en soit le problème politique de la gestion sociale, médicale du grand nombre et aussi du chômages... Oui ! Il faut trouver un sens à la réalité qui n'augmente plus et à la baisse de nos ressources, ce n'est pas une philosophie qui soit très optimiste. Pour moi , il faut mettre en avant cet humain et en voir toute sa valeur intrinsèque. L'Homme n'est pas dans un troupeau, et la richesse, elle viendra du cœur et non plus de la force de travail. Vous savez ! L'écologie rends profondément pessimiste et il y a de quoi. Mais je crois encore en une humanité qui sera capable de réparer ses erreurs. Le contrôle des naissances et la stérilisation des femmes, c'est juste une idée colonialiste qui est déjà appliquée dans certains pays pauvres. Je sais l'Histoire de notre Humanité, je sais aussi des choses horribles, mais je sais aussi ce dont un Homme est capable. J'espère dans cet Homme. Peut être un jour nous irons dans l'espace avec des possibilités qui dépassent notre physique actuelle, cela dans le futur qui nous viendra, mais en attendant, nous devons vivre sur cette petite Terre de rien du tout

Paris le 25 juin 2017

 

Les feux de la saint Jean...Un texte de 2008

Feu de bois

 

Les feux de la saint Jean 2008

Madame ma Lune, je vous attends aux brasiers de fêtes
Je vous allumerai d'un feux amoureux, celui qui vous brule
J'irais décoiffer vos cheveux pour savoir, comment vous êtes
Madame aux yeux noirs, cœur de panthère  aux canicules

Mon cœur sera à vous et vous le dévorerez tout saignant
J'irai en flamme, vous couvrir d'un brasier de baisers
Une envie de vous faire mille enfants et  encore des enfants
En Neuf mots:  je peux vous aimer et je veux vous baiser

Aux feux de la saint jean nous ferons milles et une bêtises
Je commencerai par vous caresser, puis plus mignardises
Je m'enfouirai au plus profond de vous, de l'amour et du plaisir 

Dame  Danielle, vous venez  très tôt  et très tard dans ma vie
Je vous ai vue plusieurs fois, vous êtes bien dans mes soucis
Mais vous savez aussi que toujours il ne reste que le désir

Paris le 24 juin 2017- un texte de 2008

 

SUITE...

Suite...

Roi de cœur, celui-là toujours vainqueur en amour
Dame de pique qui est très cruelle et toujours sans détour
Valet de carreau qui consigne sur papier vos petits mots
Dix de trèfles, entre un rien du tout et un grand show

Neuf de cœur, qui lui il est de famille plus modeste
Huit de pique qui est toujours d'humeur la plus funeste
Sept de carreau, le nain jaune de toutes les belles dames
Six de trèfles entre ce qu'on aime et où l'on se damne

Cinq de cœur pour ce coq gaulois qui chante au petit matin
Quatre de trèfles comme ce porte bonheur de son propre destin
Trois de carreau, pour une fin de partie, celle-ci qui est engagée
Deux de pique le petit peu du rien du tout qui est engrangé

As de pique la carte la plus forte
Celle de la femme qui est morte

          Paris le 24 juin 2017

 

le Non-être

LE NON-ETRE

Cette nuit, il m'est arrivé un truc bizarre, tout d'un coup le monde qui m'entourait, il n'avait pas de réalité ou plutôt il était absent, le noir avec aucune réalité sensorielle, ce qui m'a fait arrêter cette expérience, c'est le cri d'un voisin criant : Maman j'ai peur !  Ce cri, je ne sais pas si c'était un son ou une pensée télépathique, dans les faits, j'aime assez expérimenter des états psychologiques bizarroïdes, ce n'était pas le néant tel que celui dont parle les philosophes, mais comme si la vidéo  des cinq sens de la vie, elle était coupée, à savoir que dans cet état je voyais des signes (-) en blanc sur fond noir, avec comme un avertissement de danger... Là ! Je souris !  Mais je devrais pas ... Je sais bien que je fais peur... Parfois j'aimerais assez m'extraire de ce monde pour vivre dans un monde meilleur que celui où nous vivons, Il ya trop d'histoire de fric, de corruptions, de guerres et de la destruction écologique ou militaire... Je songe souvent à un voyage dans le temps et pouvoir y faire une nouvelle vie avec un monde plus solidaire...Vous savez j'ai déjà cette impression d'avoir eu une vie qui est déjà un paradoxe temporel de ce que j'aurais dû être dans un futur antérieur... J'aimerais vivre dans un monde plus humain, plus écologiste avec une tendre personne de mon passé, le problème que j'en ai, c'est que si je quitte cette réalité cruelle que deviendront tous les occupants de cette réalité... Oui Je dois rester solidaire d'un monde de merde...  Car c'est la fameuse question des doppëlgangers qui est si chère à la philosophie ontologique allemande... A vrai dire je pense à des univers parallèles, soient des uchronies ou de ce qui décide d'une existence ou non... C'est la foi que l'on accorde à cette uchronie... Je songe souvent aux gens de l'apocalypse et  aux divers angelots qui créent diverses uchronies, mais en y réfléchissant, c'est plus un problème de la confiance  données qu'un problème de persistance de la foi dans  cette réalité... Nos contemporains, ils croient de moins en moins à l'avenir... Je ne sais pas, s'il est possible de changer le passé et de créer une nouvelle uchronie... Pour moi, il serait intéressant de comprendre ce qu'est le temps, cette expérience de pensée sur le non-être, elle m'interpelle sur cette réalité... La Matrix, celle du film, elle n'est pas loin

 

Compilations de Poèmes en gros et demi-gros 07 extraits de la revue rue des poètes 22-23 mars avril 1998

Compilations Poème en gros 07 des poèmes 

qui sont extraits de la revue rue des poètes n° 22-23 mars-avril 1998

" JEU "

LE TURBO

A quelle sauce voulez-vous le turbot, chère
Et tendre reine ? Les valets préparent l'huile,
Le clair vinaigre d'Orléans, le vin du Cher,
Le poivre et le jaune d'oeuf filant mieux que le fil.

J'ai gosier sec et nez cramoisi comme tuile,
Mais vous êtes la plus charmante des commères
De Paris : Ah ! par Saint Denis où y-a-t-il
Dame plus exquise d'ici jusqu'à la mer ?

Rien qu'à vous voir mon cœur se grise en vérité
Et fait en moi des sauts de hareng sur le gril :
Rien qu'à pencher le museau vers cette poitrine

Pour respirer la rose de votre beauté
Je suis comme un danseur ivre sur l'escabeau :
Chère, à quelle sauce voulez-vous le turbot ?

QUESTIONS

A votre avis à quelle sauce voudra-t-elle le turbot ?

(Avez-vous remarqué que le beurre y sera remplacé par l'huile et la farine par une liaison... à l'œuf ?)

Quant à l'auteur ? Son prénom, choisi par des parents au patronyme lumineux, le faisait cousiner avec le Roi des animaux. Il opta pour un pseudonyme doublement wagnérien, lequel ne l'empêcha pas de rêver à la plus pulpeuse des sultanes.

Celle-ci, à son tour, inspira à Maurice Ravel 3 chefs d'œuvre pour chant et orchestre nourris de la poésie de notre homme. Poète donc, mais aussi peintre et compositeur, il était d'un an l'ainé de Jarry (Alfred)Et mourut à l'âge de 92 ans .

MARIE ORDINIS

LE BONHEUR EN FLEURS

Les fleurs artificielles
ont un parfum... irradiant
Accepte mon bouquet La Belle
Il est si sidérant

Jean-Baptiste TIEMELE


LASSITUDE

Le Soleil déjà là
se retire derrière
un épais rideau
de nuages irradiés

Le soleil est déjà? là
Oui malgré soi d'éclairer
tant de montagnes d'horreurs
fait Attention
Où tu mets les pieds

Jean-Baptiste TIEMELE

INTERFERENCE DES CIRCUITS (c'est un poème d'amour)

Etant donnée la doctrine de l'infrastructure,
A travers les motivations personnelles      
Qui me poussent vers les autres

et ceci...
A travers le parallélisme géodésique    
Des perspective évolutive de nos gênes

je souhaite ...
Qu'un accord conjoncturel
Vienne souder mon symposium
A votre concept rétroactif

Et si...
Mon processus de détermination
Rejoint l'anthropomorphisme
De votre genèse promotionnelle,
Il n'y a aucune raison,
O ma particulière existentielle
Pour que ne s'établisse entre nous
Un phénomène d'osmose moléculaire
Par interaction de nos acides nucléiques

Devrons nous...
O ma constante variable
Tenir compte d'un déterminisme généralisé
Ou d'un compartimentage fractionnel ?
Je ne sais, je ne sais, je ne sais

Mais...
Je vous emmènerai par les sentiers du corollaire
Jusqu'au postulat légitime ;
Alors, partout du point Gamma,
Un point de friction s'établissant
Entre nos équivalences de masses,
Mon vecteur, épousant votre abscisse
Nous jetterons les fondements
D'une nouvelle géométrie
Dans les spasmes...

Guy Perrot

Capturé
Tu fus
Torturé
A ta première récrimination

En fuite
Tu fus
Rattrapé
Flagellé

À ta deuxième récrimination
En fuite
Tu fus
Poursuivi
Ramené

Réduit (croyait-on)
A l'impuissance...
A ta troisième récrimination
Suivie de ta troisième évasion
Comme un chien

Au petit matin
Tu fus fusillé
Pour avoir
Trop aimé

LA LIBERTE.

Jean-Baptiste TIEMELE
(Extrait de « CHANSONS PAÏENNES »
Editions Pierre-Jean OSWALD, 1969.

Ceci n'est pas de la poésie.
Bien trop la distance ! Trop constants,
l'éloignement, la dérive et l'exil !
Définitifs sans doute !
Ceci n'est pas de la poésie
(ou par la force alors,
qui s'interpose, sépare et tient écarté ;
par ce ratage ivre uniquement obstiné
à se dresser devant le vide
pour en prendre aveugle l'impossible mesure).

Ceci n'est qu'appareil.
Pour la fête, le sacrifice.
Pour rien tout simplement ;
pour exister un peu ici,
dès maintenant,
dans cette dévastation de l'âme,
où le chaos repose
sur des liquides lourds brassés
par un vent prophète d'espaces désertés
qu'il n'atteint pas sans épouvante.
Solitudes, où ne pèsent
que des bords instables sur le point de basculer

Enseignes peintes tout ceci.
Extérieur de porte devant l'entrée :
peut-être un office plus grave vers l'obscur,
où la blessure cicatrise.
Secret de l'épaisseur
de ces ténèbres s'établissant
et s'appuyant sur l'abîme.
Fantômes sur l'eau d'un fleuve
dont l'aube à chaque fois revient veuve.

Mémoire, et ce domaine inhabité
dont elle garde l'accès !
(labyrinthes et jardins,
où selon les saisons
se devinent des passants égarés,
hélant comme nous par de longs cris
et parfois même un prénom)
Mémoire, et ce palais d'écrans
dans la nuit du parfum,
où se projettent soudain
prises d'incertaines et tremblantes images...

Dies ist nicht Poésie. Zu groB der Abstand! Zu gewiB die Entfernung, die Abtrift und das Exil ! Bestimmt endgultig ! Dies ist nicht Poésie (allein schon wegen der Kraft, die sich dazwischenstellt, die scheidet und die getrennt hait ; in diesem berauschten Scheitern, das einzig hartnackig will : sich vor der Leere erheben, um blind ihr unmôg-liches Mal) zu nehmen).

Dies ist nur Vorrichtung. Fur das Fest, fur das Opfer. Einfach, fiir nichts ; um hier noch ein wenig dazuséin, seit jetzt, in der See-lenverwùstung. wo das Chaos auf Flussi-gem ruht, das schwer ist, gebraut von ei-nem prophetischen Wind verôdeter Ràume, die er nicht ohne Entsetzen beruhrt. Die Einsamkeiten, wo nur die Rânder wiegen sind, die gleich vielleicht kentern.
Ail dies hingemalte Schilder. Das AuBen der Tur vor dem Eintritt : vielleicht ein ernsterer Dienst an das Dunkle, wo die Wunde verheilt. Geheimnis der Dichte ail dieser Finsternisse, die sich auf dem Ab-grund einrichten und auf ihm lasten. Schat-ten ùber dem Wasser eines Flusses, dem das Morgenrot immer als Witwe zuriick-kehrt.

Erinnern, und dies Unbewohnte, dem es den Zugang behutet ! (Labyrinthe und Gar-ten, wo im Wechsel der Jahreszeiten sich verirrte Passanten entdecken, sich griiBen mit langen Rufen wie wir und manchmal auch einem Namen) Erinnern, und dieser Palast aus Leinwânden in der Duftnacht, auf denen unsicher und zitternd jâh Bilder sich zeichnen...

 
Werner LAMBERSY
Ubersetzung Eva Brùckner-Tuckwiller
in "Quoique mon  cœur en gronde"
Hitzeroth éd.

Je suis monté sur la cime où les visions me percutaient
Quand le paysage chavira j'ai retrouvé tes chardons et tes fleurs
Le blizzard me réveilla
Ne demeurèrent que les genièvres qu'enflammaient tes romances
Tu t'adoucis d'orties
pour te dresser sous l'adolescence des soleils

Jean-Luc SIGAUX
in "Les Berges d'orage" Saint-Germain-des-Prés éd.

C'EST JUSTE POUR DIRE

Des mots qui ne sont pas d'ici
J'ai fait ma vie
Bien avant qu'un Toubon
Bien pire
Décide de me refaire un dictionnaire
A la French
Encore colonial
Style racket national
Apartheid du Buziness
Cac 40
Pas un kopeck
La classe
Blancs
Beurs
Black s
Même combat
Quel Bled
Basta
Les keufs de la morale
De Bangkok à Paname
Import-Export
Midnight Express
Le stress
La baraka
L'angoisse
La poisse
Etcetera
Pair Impair et Passe
Vite, mon Joker
Dwende passe par là
La grâce
Ultralight
Le blues
Underground
Hiroshima mon amour
Un ticket sinon rien
Qu'un Autzwitch
Plus tard un carmel
no joke
Lève ta fatwa
et laisse-moi
Mes Si, sex and sun
La Plage
Ou le Goulag
That is the question
Moi, je préfère
Les Stars
Et la lune
Au Soleil
Ca, c'est le top
Je suis saoule de toi
Mon Oméga
Si si Senior
Sayonara
Sarayevo
Dasvidania
pour l'Estonia
Patati
Patata
Zap again

 

Annie SOULIER

 

Yani darin

YANI DARIM, animatrice, responsable et hôtesse du lieu associatif 1'ARBRE EN SCENE accueille RUE DES POETES entre deux spectacles, un coup d'œil et de rangement à la salle, une réservation au téléphone, une concertation avec sa fille et collaboratrice.
"Pourquoi ce nom: l'Arbre en Scène? parce que l'arbre est un symbole très présent en moi depuis longtemps. C'est un symbole de liberté; d'élan, de générosité, il prend sa force dans la terre où il est enraciné, il va de la profondeur - vers le multiple.
Quant à: "en scène"... la scène, c'est le lieu de 1'imaginaire.
Il y a une dizaine d'année une pensée m'a traversée, c'était comme un rêve, je me suis dit que ce serait bien d'avoir un lieu qui fonctionnerait en atelier pendant la journée et en spectacle le soir. En cherchant à élargir mes possibilités professionnelles (Yani Darim est conteuse, chanteuse et enseigne aussi la musique N.D.R.d.P.), j'en suis venue à envisager de louer un local pour y recevoir mes élèves ainsi que des groupes d'enfants venus écouter des contes, et
pourquoi pas? des adultes aussi, et pourquoi pas faire des soirées de chansons et pourquoi pas ?... de pourquoi pas en pourquoi pas, je me suis mise à chercher un local mais je ne l'ai pas fait seule car la structure associative existait déjà, ainsi que le nom "l'Arbre en Scène", nous l'avons tout naturellement donné au lieu.
Ici, nous avons trouvé trois bureaux, nous avons tout refait, du sol au plafond, pour obtenir une salle de 50m2, ce qui est une superficie raisonnable, la scène existe vraiment et le piano (un beau quart de queue) l'habite bien.
Notre programmation est très riche et presque journalière, parfois même nous avons deux spectacles par jour, dont un pour enfants, l'après-midi.
Nous avons ouvert le lieu récemment, le premier décembre 1997. Pour notre première, nous avons eu deux personnes mais le spectacle a véritablement eu lieu.
Vous voulez savoir où j'étais établie avant de venir à Paris? A Toulouse, j'y ai d'ailleurs co-fondé le théâtre de la Brique-Rouge.
J'aimerais que vous souligniez que l'Arbre en Scène est un lieu associatif et que je veux l'élargir.
Sans être draconienne, je soigne la programmation. J'essaie d'avoir une certaine exigence de qualité, tout en restant ouverte et à l'écoute de ce que les artistes me proposent.
De temps à autre, j'aime bien créer des événements, tous les deux ou trois mois pour rassembler des spectateurs autour d'un thème, comme celui que nous venons d'illustrer avec le festival "Le Pain et le Sel d'Isaac à Ismaël". Ce festival, qui a duré quinze jours, comportait des spectacles de chants et de contes aussi bien yiddish que judéo-espagnols, iraniens, soufis. Pour tous publics. C'a été très beau, très chaleureux.
Le 30 avril nous aurons LA NUIT DE LA CHANSON DE REBELLION; c'est le 150ème anniversaire de la révolution de 1848 , le trentenaire de mai 68, le centenaire de l'Affaire Dreyfus, le je-ne-sais-pas-combientième de la Ligue des Droits de l'Homme. Et la rébellion, il y en a dans toutes les vies, c'est ce qui permet d'avancer. A partir du moment où on veut changer quelque chose, il y a une action

Yani Darim
rebelle, avec toutes les nuances qu'on peut mettre dans le mot rébellion. Le 30 avril sera une nuit... sans fin !
Après, en mai, 1'ARBRE EN SCENE programme des conteurs : LAURE GAÊL, MOUSSA LEBKIRI qui dira des contes érotiques arabes du 12° et 13° siècles, SUZANNA AZQUINIZER, CATHERINE GENDRON.
Côté chansons, nous aurons: DENIS MERMOZ, NICOLO VON LAPRANI (Rêves d'amour déglingués)A partir du 14 mai, les" jeudis, nous accueillerons MUSIQUES ET.CHANTS YIDDISH par le Grand KLEZMER.
Les 29 et 30 mai, ce sera TRAVIS BURKI, à découvrir!...
Des scènes ouvertes? Il y en a 3 par mois, cela s'appelle LES JOUEURS DE VOIX, elles sont ouvertes aux conteurs, chanteurs, poètes. Ca peut être un auteur qui lit un extrait de son livre, un journaliste qui lit son prochain article, une chorale qui vient répéter, un duo ou un trio...
A ce propos, le 6 mai, le conteur CHARLES PIQUION prend en charge une veillée de contes, animée régulièrement par deux ou trois conteurs, elle sera ouverte à ceux qui veulent raconter.
YANI DARIM en sourit de plaisir à l'avance. Et RUE DES POETES est aussi heureux d'ajouter que le CENTRE dD1 EXPRESSION DE LA CHANSON FRANÇAISE a choisi L'ARBRE EN SCENE à peine créé pour y installer ses "BANCS PUBLICS"

L'ARBRE ENTRE EN SCENE AU DIX-NEUF DE LA RUE D'HAUTPOUL, PARIS DIX-NEUVIEME
Un long bâtiment de béton et de bureaux. Des fenêtres, avec, derrière, de très sérieux dos de secrétaires eh leurs ordinateurs, puis, plus bas, une porte anodine, une entrée, un couloir et, sur la gauche, une porte ouverte sur une méridienne à fleurs rose pâle. On se sent comme attendu, on entre dans un petit salon: devant vous un bar en bois avec avis de rafraîchissements maison et, miracle... à gauche, un théâtre: scène à plafond surélevé, piano, projecteurs, régie et 50 places assises. C'est là que, le 14 avril, YANI DARIM donnait son spectacle "SHALOM CHLEM".
En première partie, STELLA GUTMAN chante très authentiquement
des chants judéo-espagnols, voire turcs ou yiddish dont elle résume
l'argument avec beaucoup de gentillesse en français. Drôles de
petites bulles pleines de dérision où le mariage s'abstient souvent
d'être au rendez-vous de l'amour mais où les belles sont mutines
voire haérdies, quant aux hommes et autres personnages respectables...enfin... passons!    YANI DARIM est accompagnée, en deuxième partie, par SYLVAIN BEMERT, aimable et astucieux, complice au violoncelle tendre. Yani est "Une petite femme qui soulève une grande salle" (dixit DRISS, patron de LES UNS LES AUTRES, autre petit lieu de spectacle où on se sent en famille. Pendant une heure exubérante, elle nous accroche aux basques d'un Schlemel polonais, pragmatique autant que perplexe et métaphysique, à coups de ces contes traditionnels qui se déclinent en rebohdissements baroques, de génération en génération, sur un mode époustouflant de burlesquerie. Les spectateurs pouffent, rient et pleurent de rire. La conteuse, malicieuse et vibrante a une technique qui relève du prodige. Comme les gosses, que seul le conte sait faire réaffleurer en nous, on en voudrait encore' et encore avant de pouvoir aller se coucher, hilares et repus.

Chanson passion

Marie ORDINIS

Un coinsto d'Pantruche, pas plus pourave qu'icigo
Aux cambuses un choille déglinguées, mais pas crados,
Sur toquade de connards colpinc' blanc, grosse timbale,
A coups d'darracqs mastards vient de se faire la malle,

 

Et qu' même si toutime n'était pas bésef choucard
ça été dégueulasse de le foutre au rancart.

Car la populace qui créchait dans ces cagnas
Gonzes pas très riflos non, mais tous des Parigots,
Grandes gueules, pue-la-sueur, canailles mais pas d'saligauds,
Coquait de Paname le croqu'cif le plus chouaga.

Mes vioques ont déboulé, valoches aux brambillons,
J'avais huit printemps, et le der de trois lardons,
Mais ce prem'luisant j'l'ai lago dans l'caberlot
Quand la smala, une chiée d'ourdée dans les calots,
Se baguenauda en reluquant les boutoques,
S'plafonnant qu'on en était un chouïa probloque !

Et c'est le palpitant gazant à tout' berzingue
Qu'autour de la carante on a boustifaillé.
Cette neuille, de c'coinsto, on en a tous jaspiné
Comme d'une gonzesse à qui on voudrait faire du gringue.

Gérard LE GRAND
in "Matou de Pantruche"
à paraître

De temps en temps les cartes postales étaient bizarres.
Sur une face Lao Tsé nous écrit
d'une poste vieille de deux milliers et demi d'années:
« Celui qui sait ne pas savoir- vise le sommet. »

Sur l'autre face, l'écriture de Montaigne en 1553:
« Celui qui pense ne pas savoir, il ne peut savoir qu' il ne sait rien. »
Cela ne ressemble-t-il pas au jeu du « téléphone arabe »?

Quand les mots voyagent à travers les siècles,
chacun ajoute ou efface quelque chose
ou les tourne à sa manière.

Ainsi se forme, rougie à vif,
la cime du cerveau humain:
le proverbe. Il appartient au peuple.
C'est pourquoi les gens disent: «
Le proverbe est l'univers dans le grain de blé. »

Miroslav ANTITCH
traduction Boris VESNIC 12
IN Horoscope à paraître

Ecrits - bonheur

J'ai calfeutré ton cœur
Avec les pages d'une vie
Ecrits-bonheur
Chansons d'envie

Nul interstice et nulle impasse
Tes secrets seront bien gardés
Chacun des hommes qui t'agace
Ne pourra plus te regarder

Je serai à la fois présence
Sécurité, route d'espoir
Ton salut, comblé d'assurance
Demeurera jusques au soir

J'ai calfeutré ton cœur
Avec les pages d'une vie
Ecrits-bonheur
Chansons d'envie

Tu rejetteras tout principe
Et t'étoileras de soleil
Adieu bouquets !
Adieu tulipes
Refermées pendant ton sommeil
J'ai calfeutré ton cœur
Avec les pages de ma vie ...

Michel PRAEGER
in "Vent de Plume"
à paraître

LE CORPS BEAU ET LE BAVARD

Maîtresse au corps beau, avance avec un beau sourire affiché,
Elle attirait en ces lieux, un jovial bavard d'un bel âge,
Quand soudain maître bavard par ses appas alléché
Lui tint, à peu près, ce fort et aimable langage

Mille bonjours, Ô belle! Au corps si beau, sans rire, si vos yeux,
Sont semblables aux étoiles qui luisent dans les cieux
Alors vous êtes la plus belle qui brille au firmament,
Pour moi vous êtes la femme de ma vie, maldonne si je mens!

A ces mots la belle au corps beau se sentit pousser des ailes,
Elle succombe à l'instant dans les bras du bavard pas trop sot,
Elle se laisse tomber, se pâme, elle est heureuse et fait la belle
En quelques mots elle se donne à celui qui dit de si jolis mots.

Maître bavard tout émoustillé, se saisit d'elle et il la papouille,
Que les hommes sont tendres quand ils nous jouent la fripouille,
Maîtresse au corps beau est contente car l'homme est plaisant,
Il me dit pour la vie... Sans doute ce doit être le prince charmant.

Quinze jours ont passé, maître bavard est lassé, et il la laisse tomber.
Maîtresse au corps beau se dit, quelle conne j'ai été de succomber,
Mais elle jura d'éviter les bavards et de recommencer une autre fois,
Moralité, Monsieur de la Fontaine dit des bêtises dans ses fables parfois.

Bruno Quinchez

Paris le 8 Décembre 1996


La Roue à Aubes

marcher,
mettre du temps
à
n'être
que ce bruit de terre douce
que
la semelle mâchonne

La Roue à  Aubes
 

montagnes
réduites à leur poids de nuit
ma vie
lentement enceinte d'ombre

Patricia CASTEX MENIER
in "La Roue à Aubes"
Redbird publication

CHOSE VUE.

Un jour que je remuais un tas de feuilles mortes
et quelques souvenirs de la même couleur,
un papillon perdu dans cet automne en pleurs,
surgit sous mon balai. Que le diable m'emporte

si ce n'était pas là, épanouies à ma porte,
œillade de printemps et promesse de fleurs !
De plus, un rouge-gorge, hardi comme un voleur,
vint renchérir encor sur ces pensées accortes,

chantant à gorge rouge une aria débridée.
Au feu, la feuille morte ! Au clair, la sombre idée !
Charmant lépidoptère et gracieux oisillon

dansaient en mon honneur un pas de deux de rêve..
Quand soudain, le second (que toute joie est brève !)
a, en deux coups de bec, bouffé le papillon.

Jean-Pierre Girard 

le 5 janvier 1998

un homme cheminant
Parti les choses Simples
Voit la queue du bonheur -

Vite il recouvre le tout
Pour ne pas avoir à le dévorer
Sur l'heure Sapristi Quel économe

Jean-Baptiste TIEMELE

5 novembre 1995

Le père et la fille

Alors Isabelle
Tu es seule
Arrête-moi ce jeu
Jeu-thème
jeu -thème

Jean-Baptiste TIEMELE
15-5-1997

La tourterelle est belle

Le chien bien
Doux gentil dru
Blanc roux noir et poilu
Mais ils ne valent pas
Mon chat
Qui enroule
Au creux de mon bras
Son peloton d'amour.

Marie-Claire Calmus

ANOPHELIDE

Feu de paille que nous sommes
Nous finirons dans la fosse commune
Toutes étincelles éteintes
Nous ne ferons plus rire les oiseaux
Et les femmes qui dansaient la valse
Nous auront sublimés
Nous ne sommes pas des guerriers

Et la paillass' de nos sommes
qui abrita nos amours soirs de brume
Routes à pucelles étreintes
Ne tissera plus nid pour les moineaux
Et les femmes qui dansaient le jerk
Nous auront oubliés
Nous ne sommes pas des guerriers

Vincent JARRY
in "Frédée 96"
à paraître

oh réveille-la donc
ta jambe de danse
et ton geste oui
ton geste indigérable
celui qui frappe de sa cadence
la maldanse
la façon qu'on fait
de ne pas s'en apercevoir
réveille oh oui réveille
toute la sagesse
de ta composition
première le pied
devant le cœur
meurtri mais battant encore
réveille de ta vie
la plus haute substance
réveille-les
ces notions à jamais
enfoui disparues
sauf dans les yeux
d'aucuns mais qui se
peuvent troubler déjà
de ton souffle mal offert

Denis LAVANT
in "Au volant de mon chien"
à paraître

LE PARC DE SCEAUX

Entendez-vous les cris, les virgules pointues ?
Celles des angelots de pierre blanche et nue,
Ils vont, quelle impudeur ! jouer le jeu d'amour,
Le parc de Sceaux s'éveille au long des brandebourgs

Imposteurs les canards ! leurs plumes dans les yeux
Se colorient déjà de rêves croustilleux ;
Au fond d'un aquarium où flottent des sirènes,
Les pêcheurs du canal courent la prétentaine.

Un lit, un lit géant fait d'algues libertines,
Des nénuphars en fleur peints à l'encre de Chine,
Le vent sur la prairie sculpte l'herbe et ondule
Et parle de Gulf Stream, d'une vague qui brûle.

Demoiselle qui passe venez il est temps,
Il est mille et mille ans qu'ici je vous attends,
Demoiselle venez jouer le jeu d'amour
Le parc de Sceaux s'éveille au long des brandebourgs.

Jean-Yves LENOIR
in "les Petits Rien"
Collection "Flammes Vives"

Bar du Serpent

Quand Antonio entra dans le bar,
toute la salle se tut.

Les clients pétrifiés
s'écartèrent sur son passage
dans un silence de mort.

En un long glissement mouillé,
il se traîna vers sa table habituelle.

En chemin, il zigzagua mollement
entre les tabourets de bar.

En arrivant au fond,
il se hissa avec peine sur un siège
en s'enroulant autour de l'accoudoir.

D'un œil avide,
il fixa vénéneusement
la bouteille de tequila
sur le comptoir.

D'un claquement sec de la langue,
Antonio fit comprendre au serveur
qu'en dépit de sa transformation,
il tenait à conserver
ses bonnes habitudes.

Pascal GAILLARD,

Photo de guimou de latronche 1998

Ma banlieue

Y disent qu'on y vit mal
Qu'on est très malheureux
Moi j'suis sentimental
Je l'aime bien ma banlieue

J''vis tout au bout du ch'min
L'endroit où il s'arrête
Après lui y a plus rien
Restez donc où vous êtes

C'est dans l'fer que j'travaille
Et même le non ferreux
C'est très sain la ferrai/le
C'est très ferrugineux

Les hommes y sont sympas
Mais faut toujours qu'y causent
C'est pas que j'Ies aime pas
Mais j'Ies aime à p'tites doses

J'adore les voir partir
Le spectacle est cocasse
Y vont s'faire emboutir
J'Ies ramène à la casse

Je l'aime bien ma banlieue
Les clébards faut faire gaffe
Mais si t'es dans l'milieu
T'entends aussi les piafs

Quand les Schmidt se radinent
Y savent mettre en veilleuse
Y m'préviennent en sourdine
C'est une faune merveilleuse

Y disent qu'on y vit mal
Moi j'l'aime bien ma banlieue
C'est pas trop convivial
Et j'm'en porte plutôt mieux

Gumou de la tronche Rolland HENAULT

Et en partant prenez la rue Karl Marx, c'est moins encombré ces temps ci

La mort c'est quand même un problème
Individuel
Surtout
Pas de syndicat ni d'association de défense
Ni de club ni de parti ni de groupement ni
De fédération de comité de soutien
Tu partiras tout seul \m
Comme un grand
Avec ton sac d'écolier
Et tes habits bien repassés
Tu diras bonsoir à ta mère
Qui te regardera
Depuis le haut de la rue Karl Marx
Tes pas sonneront haut et clair
Dans la poussière des journées
Très vite tu ne seras plus qu'un point
A l'horizon
Visible dés seuls initiés
Et le soleil tournera tournera
Et les femmes passeront dans leurs slips
dans leurs clips
Avec des yeux d'animaux
Et des seins en espalier,
Dans la belle loterie des saisons
Et toi tu pourras plus les regarder les toucher
T'auras l'air d'un vrai con
Dans ta tenue collet monté
Et ton air guindé
Dégingandé
De grand écolier buissonnier
Dézingué

Roland HENAULT  Guimou de la Tronche

Petit Louis

Si vous tuez deux ou trois personnes
En principe on vous emprisonne
Si vous en tuez deux trois millions
On vous r'file une décoration.

Condamné ou félicité
C'est une question de quantité
Toi Petit Louis t'es pas dans l'coup
T'as pas voulu prendre les armes

T'as pas voulu en tuer du tout
Ils t'ont mis douze ans en cabane.
Le sort a de ces ironies
Pour Petit Louis.

Quand on baptise un monument
Un boul'vard ou une avenue
On lui donne général'ment
Le nom des tueurs les plus connus.

Un colonel, un général
Dont l'nom sent bon le sable chaud
Ca vous remonte le moral
L'matin pour partir au boulot

Mais j'vois avec mélancolie
Qu' y a jamais l'nom de Petit Louis.
Le sort a des ces ironies
Pour Petit Louis

La mode revient aux militaires
Aux soudards et aux traîne-rapières
La panoplie de l'assassin
S'épanouit dans les magasins.

Du côté d' Saint-Amand-Montrond
Ton nom n'dit plus rien à personne
Le maire s'appelle Maurice Papon
C'est le matraqueur de Charonne

Moi j' redis l'nom de Petit Louis
En contre-point de la conn'rie.
Le sort a des ces ironies
Pour Petit Louis.

Guimou de la TRONCHE Roland Henaut
in "Y'a plus de cons!"

J'aime les bijoux
Bigarrés comme des choux
Chamarrés sur mes joues
Jouxtés sur mes genoux
Mince ! J'ai des poux !

J'aime les garçons
Aux cheveux de son
J'aime les beaux gars
Avec des gros bras !
Aïe ! Tape-moi !

J'aime la soupe au pistou
Pour moi c'est tout
J'aime la soupe à l'ail
Aïe ! Aïe ! Aïe ! Ça caille !

J'aime le lait caillé !
J'aime le lait ribot I
Ça y est !
La cruche va à l'eau !

Oh ! Les belles tomettes !
Oh I La belle tonnelle !
Oh le vilain tonnerre !
Tout est par terre !

J'aime la cuisine à l'oignon !
J'aime la cuisine à l'huile !
Oh ! Comme ça sent bon !
Dis ! Quand reviendra-t-il ?

Si j'avais été mince,
M'aurait-il serré la pince ?
Si ma cuisse avait été fine,
Aurait-il caché sa pine ?

Je dois faire régime
Et pratiquer ma gym
Ainsi il reviendra
Me serrer dans ses bras.

Isabelle SPRUNG

HECTOR
 

Chronique d'un ennui

-0-

Elle passe sa langue sur ses lèvres.
« Le goût de l'échec a très mauvais goût » pense-t-elle allongée sur le lit de fer blanc de la clinique. La nuit tombe déjà. Enfouie sous les draps froids et aseptisés, elle n'a vraiment pas envie de dormir. Cette odeur insupportable, indéfinissable. Mélange de mort, de propre, de maladie, de naissance. Odeur laiteuse planant lourdement dans les couloirs, au ras des plafonds, tout au-dessus des chambres des malades.
Malade non. Enervée oui. Déçue. Jusqu'à la rage.
Goût amer que laisse cette sensation de détresse, de défaite et de haine naissante pour l'enfant qu'elle vient de mettre au monde. Mettre au monde. Imposer au monde.
Le forcer, violer sa tranquillité et y propulser une tare qui viendra troubler cet ordre, cette douceur. Toute cette beauté entachée à jamais.
Par la petite fenêtre de la chambre elle voit la neige tomber et recouvrir la vaste plaine. C'est moche un enfant qui naît l'hiver. Dès qu'il sort il a froid.

-I-

« Elle » a disparu. « Elle » ne sera plus. « Elle » est devenue « maman ». Elle regarde son ventre flétri puis regarde l'enfant. Né tout violet, cyanose a dit le médecin. Laid dès son arrivée, comment ne pas le détester.
Maman, enfant, Hector, lait, maman hait. Ces mots défilent dans sa tête et l'emplissent de dégoût. Elle court aux toilettes et vomit et bébé pleure.

-2-

Assis dans le petit coin frais de la cave, il entend suinter l'eau sous la pierre.
L'eau s'écoule le long des murs et arrive, goutte par goutte, en un même point. Le centre de la cave, îl ne voit que ça. Son attention est figée par le clapotis incessant de l'eau. Et puis que faire dans ce lieu sombre si ce n'est traquer, contempler la fuite du liquide. Se rendre compte du temps par cet écoulement. Il donne une unité précise à chaque goutte d'eau. Il en dénombre les tombées et ainsi combien de temps environ sépare le moment où maman l'a mis là et celui précisément où il fixe l'eau dégouliner.
Seulement l'eau ne cesse de couler et chaque instant lui paraît d'une lourdeur et d'une intensité insoutenables.
Après , des minutes, parfois des heures entières, il se met à pleurer. Il couche son buste tout le long de ses
jambes. Il encercle fiévreusement ses maigres genoux et doucement, tristement, il s'endort.

-3-

« Pas si moche que ça qu'il est ».Hector n'est pas si laid.
Hector est bon. Pourquoi met-on Hector dans le fond de la maison ? Hector chante. Il est fou ou il est gai. Hector ne sait pas si Hector est fou ou content. Hector est gentil. Hector est grand. Il est tout petit aussi.
Par les barreaux du fond de la maison Hector voit passer les géants. Les géants passent, ne savent pas qu'il y'a des barreaux et que Hector est dedans.
Hector est dedans les barreaux, derrière, autour et dedans. Dedans Hector. Les barreaux crient. Personne n'entend. Hector s'ennuie. Dedans lui.

-4-

Quand il sera grand il rentrera sa tête dans les épaules pour que plus personne ne le voit.
Il sciera les barreaux avec sa tête. Il se fera aussi mince qu'une feuille. Il espère qu'elle sera blanche la feuille parcequ'il la prendra et en fera un avion en papier, puis, il s'envolera dans les airs comme un chevalier en battant des pieds. Il verra le monde s'éloigner en pointillés.
Hector compte : un, deux, trois, quatre et puis s'en vont.
Pffou, il s'envole à travers les cloisons...
Adieu maman, adieu la vie.

Alexandra Duflot

Je rirai jusqu'au jour de ma mort
J'ai écrit ça un jour
Je devais être beurré

Je pleurerai aussi
Jusqu'au jour de ma mort
Je pleurerai les cadavres amis

Les illusions perdues
Les pucelages forcés
L'avortement inutile

Et l'enfant de trop
Les guerres horribles
Qui font des mutilés

Moignons d'enfants
Se traînant à roulettes
Et ces log'ments creux

Quand on crève dehors
Je pleurerai
je pleurerai

Par amour
et puis je rirai
Je rirai comme un fou
En grand courroux

je rirai
Jusqu'à demain
Jusqu'au jour de ma mort

Vincent JARRY

Dessin

Derrière le rideau blanc
d'une fenêtre
quadrillée,  une feuille de papier
gris, au plis sombres de bois
qui n'a pas poussé droit,  
un arbre griffonné,  
dessin mal dessiné
d'un enfant gribouilleur
en mal de dessiner
qui n'a pas peur de montrer
son dessin aux yeux avertis
de ne jamais prendre garde
à un dessin d'enfant
et l'adulte regarde le papier
na Pif du petit aux traits
en chevé
très cheve lure mal
pei gnée désor dre
désorga nisé
et l'enfant attend fier
de ses
lignes entrecoupées
et l'adulte rit:  
qu'est-ce que
c'est?
l'enfant va répondre
et l'au
tre coup
e les li
gnes- d
es mo
ts à di
re
encore un gribouillage!

YANI DARIM
in "La Vie contre la Vie"

LIBRE

C'est la plus belle
c'est la plus douce
les autres donzelles
après qu'j'les trousse
je n'me sens pas bien
avec ça c'est des tracas
pas l'Nirvana
j'préfère sa peau
et son odeur
j'adore son dos
sa bouche en cœur
elle est très bonne
comme du bon pain
elle est mignonne
quand le matin
elle ouvre les yeux
demande d'la musique
m'offre ç'que je veux
sans qu'ça complique
mon esprit tordu
qu'a besoin de paix
d'un plan cul
ou d'un dessin animé
elle me laisse vivre
dans sa pureté
je me sens ivre de liberté
si je veux rire
pour rigoler
elle me laisse dire
que j'suis cinglé
quelle ouverture
dans mon esprit
je fais une cure
de potion d'vie
si c'est d'l'amour
pour aujourd'hui
moi je suis pour
ç't'état d'esprit
demain matin
un jour ou l'autre
ça sera la fin
logiquement vôtre
rien qu'elle fait
qu'elle accepte
l'idée qu'sans prise
de tête on puisse s'quitter
ça me réconforte
dans la relation
qui est la nôtre
sans condition
au delà du temps
et de l'espace
tout simplement
elle a d'la classe
elle me laisse vivre
dans sa pureté
je me sens ivre
de liberté
si je veux rire
pour rigoler
elle me laisse dire
que j'suis cinglé
pas si tordue
qu'ça ma p'tite femme
quand s'accentue
un psychodrame
elle lâche prise
immédiatement
sur les méprises
de faux sentiments
alors elle parle
de ce qui la dérange
dans ma mémoire
elle le range
elle fait grandir
notre relation
par un sourire
t'sais j't'aime
c'est con
je la respecte
je lui ai dit
avec ma tête
mais aujourd'hui
c'est dans mon ventre
que je ressens
cette force vivant
ce sentiment
elle me laisse vivre
dans sa pureté
je me sens ivre
de liberté
si je veux rire
pour rigoler
elle me laisse
dire que j'suis
cinglé

Pilote 95

Leva arriba nossa gente  La chanson de Pico
 
Chanson de rameurs des Açores Adaptation Jacques Yvart

Leva arriba nossa gente
Que uma noite nao é nada
Ole, olé, olé, ola !
Se nao dormires a noite
Dormiras de madrugada
Olé, olé, ola!
Olé, olé, ola !
O vento virou ao norte
Que até faias arrancou
Ao depois da perda feita
O vento assossegou

Compagnons ! la nuit est belle
Notre barque est à l'amarre
Olé, olé, olé, ola !
La lune qui nous appelle
Nous éclaire de son phare
Olé, olé, ola !
Olé, olé, ola !
Nos rames semblés légères
Quand nous tirons en cadence
Avec au cœur et aux lèvres
Un vieil air de notre enfance

A loua vai-se deitar
Eu vou-me deitar também
Passeios dados em claro
Nao fazem bem a ninguém
Em noite de lua cheia
Ao sopro da fresca aragem
Pus-me a contar as estrelas
Vi no céu a tua imagem

La mer a perdu ses rides
Hier encor c'était tempête
Si le vent du Nord arrive
Fuyons avec la mouette
Quand le rivage s'éloigne
Et s'estompe avec la brume
Je songe à toi ma compagne
A la maison dans la dune

Jacques YVART
in "amers amours et pollution"
le signe avec le vent éd.

Flanc sur les nuages,

Flanc sur les comtesses de papier,
Flanc sur ces armoires à linge,

Flanc sur toutes les roues circulaires,
Flanc et sable sur les soleils, sur les neiges,
Et les surfaces de riz,

Flanc contre flanc, même sein contre sein,
Sinon boîte contre boîte,

Flanc pour ces premières gelées,

Sur les notations de couleur,
Flanc sur les isthmes,

Flanc contre l'mur,
Et flanc dessous l'amour,

Flanc contre flanc,

Mais ciel contre ciel et treize fois treize !

Aubriot le 04.03.89

Thierry DAUCE
in "à soif d'eau de vie et d'amour"
éditions de l'Echiquier

AFRIQUE

Pleure Afrique pleure
Mais pourquoi pleures-tu au juste
Tu es riche en Constitutions
riche en putschs
en guerres fratricides

Ce ne sont pas les morts qui te font pleurer
quand même   ni les enterrements
C'est voulu Alors
La haine   c'est voulu
L'injustice   c'est voulu
La corruption   c'est voulu
L'ignorance   c'est voulu
Alors

Le pourrissement   c'est voulu Alors
Le dos tourné à l'avenir   c'est voulu Alors
Demain un voyageur venu de Mars
se saisira de tes dépouilles
comme l'on s'empare
d'une pièce rare
et te scrutant
parcourra tes champs abandonnés
les yeux éblouis
par l'éclat de la Liberté
que tu n'auras pas su voir

Pleure Afrique pleure
mais n'oublie surtout pas
que nous avons un monde à bâtir
vivable

Que l'homme tremble
Je dis Normal
Il est si fragile et si pervers

Mais que malgré sa masse
La Terre tremble
Je dis de quoi a-t-elle peur
A nous donner la frousse

Ecœurée de son propre tremblement
Elle bave selon l'humeur
Des trucs insensés
Indigestes
Ignescents
Je crierais bien

Arrêtez-moi tout ça
On n'est pas des masochistes
Mais la terre est bruyante et sourde
Jean-Baptiste Tiémélé

11  février 1986

Jean-Baptiste TIEMELE
in " Aoyu suivi de Yaley"
Silex éd.

A  chaque année
Qui naît
On souhaite aux amis LE MEILLEUR
Cette fois
Je le prendrai
Et le leur donnerai ' .
Directement
Simplement

Des fois
Je prends mon corps
Et lui reproche son ingratitude
J'ai beau manger de la vache enragée
C'est comme si je ne lui ai jamais
Rien donné
Il en réclame toujours
Le glouton

Jean- Baptiste TIEMELE

5 novembre 1994

Sonnet du Sansonnet

Petites choses de l'amour
J'ai tant passé entre vos mains
J'y ai perdu tous mes atours
Et ne suis plus qu'un petit rien

J'y ai laissé mon cœur volage
Se balader de toi en elles
Et puis voici que vient mon âge
Ma plume compte penne en aile

Petites chos' de rien qu'un tour
Mes clairs yeux bleus seront éteints
Le dernier soir de nos rambours

Où aspirant à vos tétins
Mon corps légué aux lourds vautours
Crèv'ra de rêver à vos atours

Vincent Jarry
Aux Petits Joueurs,
mars 98

Ciment : attache. Vernis : détache.

Habiter. Civilise la dimension et les directions
de l'espace. Quand un homme prend du gite, il va à la
dérive. Il s'avilit, flanche ou sombre. 11 fait mine
d'habiter ou il fait carrière dans la déambulation.

Cabane : En Hébreu, c'est le domicile dont
les difficiles, ou les maniaques, ne veulent pas !

Caverne : lieu où les primitifs, les demeurés, les
arriérés, ont une petite chance de devenir au moins
troglodytes.

Tanière : repaire du daltonien.


Abri : c'est l'intérieur que les scrupuleux pré-
fèrent à tous les ersatz.

Mur : ligne de chance qui peut augurer d'un
intérieur bien tenu.

Hôtel de la Plage : quarante ans de taule, éva-
¬sions comprises.

Armand OLIVENNES
in "Le Langage Symbolique des Maisons
édité par le Foyer Culturel de Houtland

à demain

Te lirai un poème, pour l'autre vérité
dans Tailleurs validé  : rien
n'est jamais aussi réel que nous le pensons

Te lirai un présent à multiples lectures : ce n'est jamais
ce que j'attends qui arrive
mais déjà, il est tard, il faut tuer la lampe ..

Laurette

Grosses chaleurs

Grosses chaleurs...

Une période de chaleurs fortes, en ce moment, parait il que la température moyenne en France, pour cette période de juin 2017, elle était de 26°Celsius, avec des pointes à 36°C 37°c, ce qui sont les plus hautes températures depuis 1945, dans les faits on s'adapte assez vite, les premiers jours j'avais du mal à dormir, puis quand il fait seulement 25°C,  j'ai eu une impression de fraicheur, à savoir que plusieurs de mes appareils avec de l'électronique dedans comme mon téléphone fixe, mon portable, mon imprimante, mon horloge murale avec une pile, ma balance digitale aussi avec pile, ça déconne, les piles tombent HS très vite, Cette période est déjà comparée à 1976 où il y avait eu une longue période de chaleur et de sécheresse , Pour mon ordinateur c'est un vieux boitier avec un ventilo puissant et il se comporte plutôt bien, ,il n'y a pas d'arrêt  et  il se fout de la chaleur, Il y a une chose que je peux aussi vous conseillez, c'est de boire beaucoup pour vous réhydrater,  je me suis acheté des choses,  comme de la limonade et du thé glacé en bouteille, des bouteilles que je met dans mon frigo pour les rafraichir, je bois aussi  beaucoup d'eau plate fraiche,  le résultat, je bois à peu près 3 bouteilles de 1.5l en un jour, mais aujourd'hui ce jeudi 22 juin, j'ai une impression que le pire des grosses chaleur est passé du moins à Paris

Paris le 22 juin 2017 Fête de la musique deuxième jours de l'été

Un message que j'ai reçu sur la politique et les abeilles

Un message que j'ai reçu  ce soir sur mon courriel ça concerne les

abeilles, les empoisonneurs et la politique à Bruxelles

je pense qu'il vaut mieux faire savoir que de se taire

Chère amie, cher ami,

C’est un tour de force magistral que les lobbies de l’agrochimie sont en passe de réussir à Bruxelles, pour balayer d’un revers de la main les années de combat des apiculteurs, des scientifiques et des associations de citoyens, et continuer à vendre à grands coups de milliards leurs pesticides tueurs d’abeilles partout en Europe…

…alors même qu’en France, les députés et les sénateurs ont voté leur interdiction !

Je vais vous détailler dans quelques instants comment s’y sont pris les lobbies pour convaincre la Commission européenne de s’opposer à une décision prise l'été dernier par des parlementaires – les élus du peuple ! – au profit d’un petit groupe de multinationales bien placées.

Ils ont déployé un arsenal de méthodes très élaborées, et ont utilisé tous les rouages du système à leur disposition pour s’assurer que l’interdiction des tueurs d’abeilles votée en France ne soit jamais appliquée – ni en France, ni ailleurs.

Face à une telle déferlante de moyens – juridiques, humains, matériels et financiers – on pourrait se sentir découragé, et se dire qu’ils ont définitivement gagné la partie...

Laissez-moi vous dire qu’il n’en est rien : si des failles existent pour eux, elles existent pour nous aussi !

Et il ne tient qu’à nous, citoyens, apiculteurs, agriculteurs, défenseurs de l’environnement, de nous rassembler et de nous organiser pour mener la bataille aussi efficacement que les lobbies de l’agrochimie.

Alors, si vous le pouvez, donnez à POLLINIS les moyens d’organiser ce grand rassemblement des défenseurs des abeilles et de la nature !

Grâce à des années de combat acharné, nous avons réussi à convaincre les parlementaires français de voter enfin cette interdiction : nous ne pouvons pas laisser les lobbies de l’agrochimie démolir cette victoire !

Depuis des semaines, nous travaillons d'arrache-pied pour comprendre et analyser ce qu'il s’est passé depuis le vote de l'interdiction des tueurs d'abeilles en juillet dernier. Notre association POLLINIS est la première à tirer la sonnette d'alarme face au risque de voir l’interdiction des pesticides néonicotinoïdes votée en France censurée par Bruxelles.

Ce que nous avons découvert est sidérant :

La « consultation » à Bruxelles

Après des années de lutte et de mobilisations, la France a interdit tous les néonicotinoïdes tueurs-d'abeilles à partir de 2018 – une victoire magistrale des citoyens et de la raison pour enrayer le déclin des abeilles et pollinisateurs sauvages et commencer enfin à sortir les agriculteurs du tout-chimique dans lequel ils se retrouvent enfermés.

C'est un précédent historique pour l'Europe, et pour le reste du monde - car d'autres pays suivront nécessairement la voie tracée par la France...

...Une catastrophe pour les multinationales de l'agrochimie et leurs armées de lobbyistes qui sont en train de s'y opposer coûte que coûte. Ils ne peuvent plus rien faire en France ? Alors ils déplacent la bataille à Bruxelles, pour empêcher que la loi soit appliquée !

Voilà pourquoi, à peine connue l'interdiction des néonicotinoïdes en France, la Commission a immédiatement lancée en catimini une « consultation » invitant tous les pays membres de l'Union européenne et les acteurs concernés à se prononcer pour ou contre l'interdiction.

Et tenez-vous bien : aucune association, ONG, et autres représentants de la société civile n'a été tenue informée de cette consultation !

Résultats : sur 75 participants, pas un seul représentant des citoyens ou de la société civile !

Sans surprise, on retrouve en revanche parmi les participants : Bayer, Syngenta, les lobbies de l’agro-industrie, les lobbies phytopharmaceutiques, les lobbies de l’agriculture intensive… (1)

L’instrumentalisation des agriculteurs

Mais ce n’est pas tout : pour enfoncer le clou et crédibiliser cette consultation-fantoche, on trouve aussi des « témoignages » d'agriculteurs dépendants à 100% des produits chimiques : l’agrochimie n’hésite pas à les effrayer en faisant planner le spectre de la « misère » qui les guette si leurs cultures, faute de chimie, sont ravagées par les bioagresseurs…

 Alors même qu’ils peinent déjà à joindre les deux bouts, et que leurs exploitations, de plus en plus dépendantes des règlements, des subventions et de produits chimiques de plus en plus coûteux, sont au bord de la faillite à cause du système dans lequel ils sont enfermés !

Et pour l’agrochimie, le plan n’est pas terminé…

L’intervention des autorités sanitaires hongroises

Pour empêcher le plus longtemps possible l'application de l'interdiction des néonics en France, les lobbies se sont appuyés sur une procédure prévue en cas de différend entre États européens : si un seul pays de l’UE émet un avis négatif pendant la consultation sur la décision française, l’ensemble du processus est bloqué…

Qu’à cela ne tienne : les lobbies sont allés dépêcher la Hongrie, et les représentants de son Agence de sécurité sanitaire, connus pour être de fervents défenseurs des intérêts de l'agrochimie, pour déposer auprès de la Commission européenne un Avis confidentiel s'opposant à la décision de la France. (2)

Et voilà l’interdiction de France bloquée de facto par Bruxelles…

Le coup de grâce : l’argument juridique

Le but de toutes ces manœuvres, c'est de gagner du temps en repoussant le plus longtemps possible l'application de l'interdiction en France et de démarrer un bras de fer avec la France pour l'obliger à renoncer à l'interdiction des néonics qui violerait selon eux le règlement européen....

La pression est énorme :

Pour verrouiller le débat et s’assurer que la Commission européenne ne laissera pas passer l’interdiction des tueurs d’abeilles en France – ce qui pourrait créer en Europe un précédent beaucoup trop dangereux pour leur business… – les lobbies ont actionné leurs bataillons de juristes et d'avocats pour démonter les arguments de la France. Ils parlent tous de « violation du règlement européen » sur la libre circulation des marchandises en Europe, ou sur la réglementation des molécules toxiques en Europe... et sous-entendent clairement qu'ils pourraient attaquer la France devant la Cour de Justice de l'Union Européenne dès qu'elle fera mine de retirer l'un de leurs poisons du marché.

… Des arguments repris quasiment mot pour mot dans l’avis final tenu secret que la Commission européenne a envoyé à la France – et qui la somme de renoncer à l’interdiction des tueurs d’abeilles…(3)

Pourtant, c'est clairement la France qui a raison. Et ce n'est pas pour rien qu'elle a interdit les néonicotinoïdes.

Faut-il encore le rappeler ?

Les néonicotinoïdes, avec d'autres produits sophistiqués, maintiennent dangereusement les agriculteurs dans un état de dépendance totale vis-à-vis de produits très coûteux et de moins en moins efficaces pour protéger les cultures face à des insectes, des plantes et des maladies qui deviennent résistants aux produits censés les éradiquer ;

Résultat : les néonicotinoïdes sont pour certains jusqu'à plus de 7 000 fois plus toxiques pour les pollinisateurs que le redoutable DDT utilisé contre les insectes il y a encore quelques décennies, et aujourd'hui retiré du marché pour de très bonnes raisons !

Selon les études, 85 à 98% (!) des néonicotinoïdes utilisés en Europe passent directement dans les sols, se diluent dans l'eau et détruisent les animaux et organismes auxiliaires, nécessaires aux cultures ;

On les retrouve dans les nappes phréatiques et les cours d'eau, détruisant au passage des maillons clés de la chaîne alimentaire et réduisant dramatiquement la biodiversité.

Tout cela est maintenant suffisamment documenté (4) et même admis par les agences de sécurité sanitaires. Mais les lobbies continuent à verrouiller le système : chantages en sous-main, arrangements entre technocrates et lobbyistes, responsables de direction à la Commission qui partent travailler pour l’industrie puis reviennent à la Commission, « associations-écran » et sites « d’information » qui diffusent leur propagande pour les faire passer pour de bons samaritains quand ils démolissent à coups de chimie notre environnement, les pollinisateurs et l’agriculture que nous laisserons à nos enfants…

Je vous avais prévenu : les multinationales agrochimiques disposent de moyens tentaculaires pour imposer leur loi à toute la population. Mais ce n’est pas une raison pour leur laisser le champ libre pour sacrifier impunément les abeilles, notre santé et notre environnement !

Depuis maintenant cinq ans, notre association POLLINIS sonne le tocsin et rassemble les citoyens à chaque nouvelle attaque de l’agrochimie sur les pollinisateurs. Parce que la première façon de faire barrage aux plans des lobbies, c’est de les rendre publics, d’en informer le plus grand nombre, et d’être nombreux à alerter les politiques pour les mettre dos au mur et exiger qu’ils défendent l’intérêt général face aux intérêts de quelques multinationales agrochimiques.

Si l’interdiction des néonicotinoïdes que la Commission s’apprête à saboter a été votée en France, c’est notamment parce que nous avons pu mobiliser les citoyens par cinq vagues successives pour faire pression sans discontinuer sur les députés et les sénateurs français.

Avec plus d’1,2 million de personnes qui suivent nos actions, en France, en Belgique, en Suisse et partout en Europe, notre force de frappe est colossale.

Mais ce n’est pas tout : petit à petit, grâce au soutien sans faille des membres donateurs de POLLINIS, nous avons pu développer l’expertise nécessaire pour contrer le plus efficacement possible les lobbies sur leur terrain – à Bruxelles.

*** surveillance des instances d'homologation des pesticides : comme nous l'avons fait avec le Sulfoxaflor il y a deux ans (5) – ce pesticide nouvelle génération nocif pour les abeilles que l'agrochimie voulait imposer en catimini, avec la complaisance de l'UE - nous assurons une veille permanente pour déjouer, dénoncer et tuer dans l'œuf toute tentative de l'industrie d'imposer de nouvelles molécules nocives pour les abeilles, la nature ou la santé ;

*** mise en place d’une cellule de contre-lobbying, au plus près des institutions, pour surveiller les mouvements des lobbies, et exercer une influence citoyenne permanente sur les décideurs politiques et les technocrates européens ;

*** maintenir la pression sur les élus, européens et nationaux, pour leur rappeler sans cesse qui sont leurs électeurs : ils tirent leur légitimité et leur mandat des citoyens qu'ils sont censés représenter, et nous devons faire en sorte qu'ils ne l'oublient pas un seul instant ;

*** utiliser tous les recours juridiques et institutionnels possibles en faisant travailler des juristes, des avocats et des experts pour faire valoir le droit des citoyens à protéger leur environnement, leur santé et leur alimentation face aux attaques à répétition de l'industrie ;

*** diffuser massivement l'information pour dénoncer de nouveaux scandales, révéler les manœuvres des lobbies sur les institutions, alerter les médias et les citoyens de toute l'Europe sur les menaces imminentes qui pèsent sur leur santé ou leur sécurité alimentaire ;

Aujourd’hui, nous devons plus que jamais continuer et développer tout ce travail primordial pour contrer la mainmise des lobbies sur les décisions européennes et sur notre mode de vie.

C’est la raison d’être de notre association : nous représentons les citoyens, et estimons que chaque personne, en Europe, a le droit d’être informée et de s’opposer aux décisions qui vont à l’encontre de sa santé ou sa sécurité alimentaire.

Pour garantir la totale indépendance de l’association, nous refusons tout financement public ou de grosse entreprise. Tout notre travail repose entièrement sur la générosité et l’engagement des donateurs de POLLINIS - et croyez-moi, nous prenons grand soin à ce que chaque euro soit bien utilisé !

Aujourd’hui, je voudrais vous proposer de rejoindre les rangs des 20.000 donateurs de POLLINIS – ceux grâce à qui notre combat avance au quotidien.

C'est grâce à nos donateurs, et uniquement grâce à eux, que l'équipe de POLLINIS peut mener ses actions au jour le jour, à Paris et à Bruxelles. Sans eux, nous n'aurions jamais pu déjouer le coup de la « consultation » organisée par la Commission pour les lobbies, et faire pression sur le gouvernement avant qu’il soit trop tard – il reste encore quelques mois avant la décision finale, et nous le lâcherons pas le morceau !

Dans les mois qui viennent, nos grandes priorités de bataille sont :

- maintenir la pression sur le gouvernement pour qu’il ne cède pas un pouce de terrain face aux lobbies et la Commission européenne sur l’interdiction des néonics tueurs d’abeilles – le Conseil constitutionnel, en France, a lui-même validé cette interdiction, la jugeant conforme à la loi : il n’y a aucune raison de laisser les lobbies avoir le dernier mot !

- monter un dossier juridique béton pour contrecarrer les arguments des lobbies qui menacent désormais d’attaquer l’interdiction devant les tribunaux, européens ou nationaux ;

- libérer les agriculteurs des pressions honteuses des lobbies en leur présentant les centaines de publications scientifiques et initiatives de terrain de cultures sans ou avec peu de pesticides : aussi rentables, moins coûteuses, et qui permettent aux agriculteurs de vivre dignement et indépendamment de leurs récoltes !

Par exemple, une étude menée sur 12,6 millions d’exploitations adoptant des pratiques agronomiques alternatives dans 57 pays en voie de développement a montré que la mise en place de modèles alternatifs augmentait en moyenne les rendements de 79% ! C’est possible ailleurs, alors pourquoi pas chez nous ? (6)

Sans compter que l’argument du champ dévasté par les ravageurs faute de protection chimique commence sérieusement à sonner creux, avec un nombre croissant de chercheurs qui montrent qu’on peut tout autant diminuer les risques rien qu’en diversifiant les cultures (7) !

Et remobiliser les citoyens, aussi souvent que nécessaire, à chaque nouvelle attaque des lobbies de l’agrochimie mettant en danger les abeilles, notre santé ou notre alimentation, pour qu’ils nous trouvent systématiquement sur leur chemin.

Nous avons déjà gagné beaucoup de terrain en cinq ans de bataille. Mais pour permettre à l'équipe de POLLINIS de continuer tout son travail, et surtout, de commencer sans tarder les prochaines actions pour saper l’influence des lobbies à Bruxelles, nous devons étoffer nos rangs.

C'est pour cela que je fais appel à vous aujourd'hui : voulez-vous, par votre don, rejoindre les rangs de POLLINIS, et faire partie des membres engagés qui permettent à l'association de mener le combat au quotidien ?

Il n'y a pas de minimum de contribution : vous pouvez donner 15 euros, 30 euros, 50 euros, 100 euros, 200 euros... La plupart du temps, les gens qui rejoignent l'association donnent 35 euros.

Mais quel que soit le montant de votre don, sachez qu'il sera une aide précieuse pour POLLINIS et son équipe pour mener les actions nécessaires à l'organisation d'un véritable contre-lobby citoyen, solide et efficace, pour faire barrage aux les attaques de l'industrie agrochimique sur nos droits et notre mode de vie.

Sur qui d'autre pourrions-nous compter pour bâtir ce contre-pouvoir, si ce n'est sur des citoyens engagés, comme vous, déterminés à ne pas laisser sacrifier impunément leur santé et leur alimentation pour faire fructifier les profits de quelques grandes multinationales agrochimiques ?

Si nous ne nous dressons pas d'urgence, tous ensemble, face à l'industrie agrochimique et son armée de lobbyistes, si nous les laissons faire la loi impunément à Bruxelles, non seulement il sera trop tard pour empêcher le verrouillage complet et définitif du système au profit de l’industrie, mais la voie sera libre pour eux pour faire passer n'importe quelle nouvelle substance dévastatrice pour les pollinisateurs, la nature ou la santé humaine !

Arrêtons le massacre, dès maintenant. Je compte sur vous, et vous remercie par avance pour votre engagement et votre soutien au combat pour protéger les abeilles et la nature, et aller vers une agriculture pérenne, respectueuse des pollinisateurs et de la terre dont elle dépend.

Nicolas Laarman

Délégué général

>>> POUR FAIRE UN DON, CLIQUEZ ICI

Références :

1) Voir la liste complète des participants ici : "Decree on the definition of neonicotinoid active substances contained in plant protection products"- onglet "Contributions" 

2) Lire l’avis de la Hongrie

3) Observations de la Commission européenne

4) Worldwide integrated assessment on systemic pesticides, Taskforce on systemic pesticides Environ Sci Pollut Res (2015) 22:1–4 DOI 10.1007/s11356-014-3220-1

5) Ecosystem services, agriculture and neonicotinoids, EASAC 2015 

6) Campagne #StopSulfoNow 

7) Resource-Conserving Agriculture Increases Yields in Developing Countries J. N. Pretty,*,†, A. D. Noble,‡, D. Bossio,§, J. Dixon,‖, R. E. Hine,†, F. W. T. Penning de Vries,⊥ and, and J. I. L. Morison†  Environmental Science & Technology 2006 40 (4), 1114-1119 DOI: 10.1021/es051670d 

8) Voir par exemple à ce sujet :

The ecological role of biodiversity in agroecosystems, Miguel A. Altieri, Agriculture, Ecosystems & Environment, Elsevier Juin 1999 

Hauggaard-Nielsen, H. ; Jørnsgaard, B.;Kinane, J. ; Steen Jensen, E., 2007. Grain legume–cereal intercropping: the practical application of diversity, competition and facilitation in arable and organic cropping systems. Renewable Agric. & Food Syst., 23 (1): 3-12 

Plant species diversity for sustainable management of crop pests and diseases in agroecosystems: a review, Ratnadass, A., Fernandes, P., Avelino, J. et al. Agron. Sustain. Dev. (2012) 32: 273. doi:10.1007/s13593-011-0022-4

 

Haïkaïs 19-06-2017

Haïkaïs 19-06-2017

Un rien dans la nuit
Juste un rayon de Lune
Qui nous éclaire
 
Le soleil est chaud
J'aime ce temps heureux
Où nous sommes bien
 
La nuit qui viendra
Elle sera très chaude
Alors que faire
 
Les histoires d'amour
Vont mieux dans un bel été
Les corps dénudés

J'ignore pourquoi
J'aime ce temps de chaleurs
Serais-je tout nu ?
 
L'été et les plages
Même à Paris Ville
La plage est là

 

Pseudo Haïku

Les saints du Ciel
Sont-ils faits de glace
Qui fondrait en été

Paris le 19 juin 2017 le lendemain d'élections législatives

 

L'Horloge

L'Horloge

Le Tic-Tac incroyable de la pendule
Marque les secondes de nos vies
Comme tous les battement de nos cœurs
En sont aussi le compte à rebours

Il ne faut pas croire que tout est fini
Qui sait demain ce que vous ferez
Nos cœurs seront encore palpitants
Tandis que l'horloge elle continuera

Un enfant ignore ce qu'est le temps
Il vit avec le soleil et se lève et couche
Sans se soucier de tous les rendez-vous
Restons cet enfant et cassons les horloges

Pour un amour fort, le temps dure
Tandis que pour un gars qui travaille
Il regarde le temps qui lui reste
Ce sont là, deux usages du temps

Paris le 19 juin 2017

Eclat de rien

Éclat de rien...

Le merveilleux ce n'est jamais qu'un tout petit rien
Celui là qui vous éclaire la vie par son existence fugitive
Entre un je ne sais quoi qui vous sourit et une promesse
Ou lumière heureuse qui est toute retrouvée en soi même

Vous savez ce petit truc lumineux qu'on voit dans un coup de foudre
Et qui vous rend complètements fous amoureux pour un temps vécu
Qui vous donne un coeur léger pour celui là, ou celle là! Tout parait possible
Cela vous pare de toutes les qualités, et de toute la confiance de votre amour

Ou bien la lumière absente dans une profonde angoisse qui est toute intérieure
Parfois cette illumination, on la nomme aussi l'ange, ou la bienveillance
Je sais aussi de ces lumières qui sont bien trop cruelles, de celle qui nous dévoilent
Et celles-ci qui nous mettent entièrement à nu, cela devant tous les autres

Et de ces Luminaires très délicats dans des lieux de prières qui regardent votre âme
Et qui mettent en vous, toute une extase qui est sereine et qui restera parfaite
La lumière des jours d''automne, elle n'est pas pire que celle du printemps
C'est seulement la diminution régulière de la lumière qui nous angoisse

On parle souvent de la lumière de Dieu, mais pas des chatoiements intérieurs
Que sont des âmes qui se confrontent, se parlent, et qui s'aiment d'un rien
Pour moi l'idée amoureuse, elle me parle de ces millions d'amoureux
Mais je sais aussi de ces amours fragiles, qui  ne durent pas très  longtemps

Y aurait-il des absences dans les relations entre les hommes et les femmes
Je crois surtout que la confiance, c'est ce petit rien d'une flamme qui est satisfaisante
J'aime cette idée absurde que ce petit rien, il peut me suffire amplement pour bien vivre
La lumière qui éclaire notre âme, celle qui permet toutes les vies et dans tous les êtres

Paris le 18 juin 2017

 

Jours en Juin...

Jours en juin...

Ces jours ci qui viennent, ce sont les jours les plus longs
La lumière, elle commence tôt et elle se couche tard
Entre cinq heure le matin et dix heure et quart le soir
J'aime ce temps lumineux et chaud, car c'est agréable

La température qui ne monte pas encore très haut
On peut encore manger des cerises, cela depuis le mois de mai
Quelques souvenirs passés entre le six et le dix-huit juin
Puis la fête de la musique, le vingt-et-un avec l'été qui vient

J'aime cette période, qui passe maintenant et qui hélas ne dure pas
La canicule, celle-là elle ne vient qu'après, en juillet et en août
Un temps qui est fait que pour les vacanciers qui vont se bronzer
Soit sur des plages où ils sont allongés ou soit dans de longues ballades,

Je suis un parisien et je vois aussi tous ces gens qui changent
Entre des shorts et des maillots qui sont plutôt légers
En cette période de Ramadan je plains toutes ces femmes
Qui portent un voile sombre et qui doit être plutôt chaud

Mais cela reste leur monde et lui il m'échappe encore
C'est marrant mais je vois aussi beaucoup de jeunes enfants
Peut être sont-ils maintenant en vacance et sans école
Des enfants, dans des poussettes avec leurs frères ou sœurs

J'ignore pourquoi, mais je vois plus de bébés et cela je ne le sais pas
Mais j'aime cette idée d'un temps qui reste bénis ou plutôt agréable
Dans un monde de gens de chez moi, ils sont inquiets de ce demain
Je songe aussi à mes neveux et à tous leurs enfants vivants

Pour eux, je sais bien que je n'existe plus, car ils sont d'un autre temps
L'enfant que je vois, c'est celui d'un autre, celui-là qui passe dans ma rue
J'aime l'idée de la vie qui pullule, malgré toutes nos angoisses du moment
L'hiver à ses charmes, le printemps aussi et voilà cet été qui viendra bientôt


Paris le 17 juin 2017 veille élections législatives

Le temps des Loups...

Le temps des Loups...

Ce chien fou du hasard qui vient,  il vous mord très intense
Dans mon cœur, celui-là qui n'est jamais fait que de viande crue
Oui ! Ce chien dément, Il a toute cette jouissance d'un carnassier
Il vient là! Dans une meute de Loups déjà tous prêts pour la curée

La mort qui reste violente, face à la proie, celle-là sans défense
Oui ! Ce sont donc des affreux qui arrivent dans tout ce temps qui passe
Ils amasseront sans complexes des tas énormes de viandes rouges
Faits de viandes plus ou moins avariées, de toutes les années passées

Voyez ceux-là! Ils déjeunent d'un repas qui leur sera permanent
Pour cette meute qui vient, vous me direz-vous qui donc est-elle ?
Je vous répondrais : Je ne vois que dans tous ces jeunes loups
Tous ceux-ci qui arrivent au pouvoir en France sur des cadavres frais

Ces jeunes loups, ils savent déjà prévoir tous les repas des futurs
Face à ces loups, sans gêne et sans remord, il n'y a plus que des rêveurs
Mais les rêveurs, seront-ils mangés dans un repas  qui sera sans vergogne
Ainsi le temps présent, ils viennent ces temps mauvais avec la mort permise

Pour tous ces enfants de demain, ceux qui viendront que mangeront-ils ?
Cela je ne sais pas vous le dire, certainement pas de bonnes choses
Ils auront appris la chasse, la curée et les repas qui ne sont faits que de viandes
Dans des jours sans paix dans les chasses, avec des loups toujours en Meute

Les végétariens qui survivent changeront ils leur foi dans la douceur
Alors deviendront-ils des carnivores avides et seront-ils devenus cruels ?
La nature vous renseigne sur les prédateurs et sur leurs proies favorites
On n'enseigne la paix qu'à des humains, tous doux comme des pacifistes

Les temps qui viennent je ne sais pas je ne vois que la meute qui vient
Elle est déjà prête à tuer cent ans de notre passé plein de conflits majeurs
Malraux nous disait déjà le vingt et unième sera spirituel ou il ne sera pas
Je ne sais pas ce qu'il sera mais je crains le pire avec des lois qui seront arbitraires

Paris le 13 juin 2017 des élections législatives

Un Piano chez Moi

Un Piano Chez Moi

Dans mon immeuble il y a quelqu'un qui joue du piano
Là J'entends ! C'est juste mon voisin d'en dessous
Il joue du piano, c'est léger dans ce matin frais
C'est agréable de se distraire tout en l'écoutant

Il pianote avec une cadence soutenue dans les basses
Et je ne sais pas s'il improvise dans les médiums
Mais ça donne une musique qui est plutôt sympa
Entre des rythmes de jazz et le grand maître Bach

Ça me rappelle Denis et ses morceaux musicaux
Qu'il nous mettait sur le site pour qu'on l'écoute
Là ça vient de changer et le rythme est plus lent
Avec des harmonies, beaucoup plus complexes

Vous savez! Je ne suis pas assez expert dans la musique
Pour pouvoir reconnaitre ou non le compositeur joué
Là ce sont des variations qui sont faites autour d'un thème
Je pourrais vous dire que c'est du Mozart ou du Debussy

Mais non ! Je dirais donc que c'est le voisin qui improvise
Le matin passe, le soleil chauffe, le piano joue, puis il s'arrête
J'aime mieux ce genre de musique, celle-là qui est improvisée
Que tous les concerts à la radio joués par des professionnels

Paris le 12Juin 2017

Des Aphorismes, de la Métaphysique de Bazard et tout le Tintouin

Des Aphorismes, de la  Métaphysique de Bazard et tout le Tintouin

Dieu ? Cela reste une question, celle-là que nous posent toutes vos limites, je sais des gens qui sont devenus fous en contemplant l'infini

Je n'aime pas ces imbéciles du monde des humains transformées, car à part des prothèses, mécaniques avec un peu d'électronique, je pense qu'il sera impossible de refaire la puissance de câblage d'un cerveau humain par des processus électroniques,

Je n'aime pas l'idée que des mathématiciens croient que leurs monde est le seul valable, ils ignorent trop cet humain irrationnel qui reste bien trop banal

Je ne suis plus sûr de ce que je voie, cela soit vrai!  Oui ! Je sais bien que c'est un début de paranoïa, mais vous savez, j'ai déjà vu bien pire dans mon passé

Je pense souvent aux œuvres de fictions qui parlent de réalité truquées ou plutôt des réalités qui sont régies par des choses toutes différentes et qui nous restent cachées, mais dans ces fictions artistiques toutes les choses cachées elles sont montrées par des auteurs qui se prennent pour Dieu

Je sais ou je ne sais pas ? Cela je l'ignore ce qui arrive dans mes pensées ! C'est comme une recherche toute personnelle dans un  vaste monde, tout celui qui est dans ma tête

J'ignore pourquoi vous avez besoin d'un père pour avancer dans la spiritualité, peut être avez-vous peur de cet incroyable désordre qu'il ya dans vos têtes et que vous avez besoin d'un référent pour mieux vous guidez

La frontière entre le minéral, les virus, le végétal, le monde animal et ce qui est purement humain cela reste une organisation de plus en plus complexe de la matière

La puissance d'un esprit c'est de pouvoir s'adapter à tout je ne sais pas si j'aimerais voir toutes la réalité telle qu'elle est…

Le câblage des neurones du cerveau il sera toujours bien plus complexe que des circuits électroniques car on ne refait pas cela même en cent ans tout ce que la nature à fait en plusieurs millions d'années

Le monde des apparences cela reste une question sur notre réalité,

Le poète que je suis devenu, le savant que je rêvais d'être et parfois le dieu qu'on voudrait que je sois, il se pose de plus en plus de questions sur ce monde où nous vivons, Est-il le monde du Livre, tel que nos ancêtres en rêvaient ou est-ce ce monde des rêves les plus fous de tous ceux-là qui forment notre inconscient collectif ?

Les artefacts de la communication moderne cela crée des mondes qui sont hors de la réalité commune, est-ce que nous les humains nous serons capables d'intégrer dans une réalité commune toutes les folies qui en naîtront ?

L'idée de télépathie et celle de d'esprit, Cela pour moi ce n'est pas séparé…

L'illusion commune, c'est celle qui permet au plus de monde possible de pouvoir vivre ensemble

Pour les bouddhistes tout ce qu'on vit dans ce monde, ce ne sont que des illusions, maintenant je n'irais pas me retirer de ce monde sous prétexte qu'il n'est qu'apparence, Je reste avec cette idée d'une solidarité commune entre tous, pour moi la solitude reste un concept que j'ai mal vécu

Qu'est ce que la réalité visons nous dans un monde sans ordonnancements des nos réalité, bref somme nous vraiment libres de nos choix

Savoir Nager dans l'océan des pensées ou nous vivons tous,  cela devrait être un prescription philosophique  nécessaire pour sauvegarder son âme, ou plus banalement sa liberté

Séparer l'idée de l'esprit de celui de la matière est une aberration, car il n'ya pas d'esprit qui n'ait pas un lien avec une existence matérielle

Un jour je connaitrais tout le réel, mais sera-t-il facile de le supporter

Un maitre qui vous guidera, cela sera toujours un maitre qui fera une unité dans votre conscience

Vous savez, je n'ai jamais parlé avec des morts, je ne fais juste que de les évoquer avec tout mon cœur

Paris le 11 juin 2017 un jour d'élections

Aphorismes et tout le Tintouin deuxième

Aphorismes et tout le tintouin deuxième

De nos jour j'aimerais assez voir les financiers réduits à leurs rôles de banquiers qui font circuler l'argent dans l'économie et que la finance, elle cesse d'être le moteur obligatoire de toutes les réalités, que ce soient la spéculation financière et toutes les corruptions possibles par ce pouvoir que donne l'argent qui reste sans contrôle possible

La chanson qui vient, elle commence avec cette envie de fredonner une Musique qui reste toute intérieure

La mort reste une chose non-connue, à savoir aussi que tous ceux qui ont parlés, que cela soit sur l'au de-là, ceux- là ils n'ont jamais été morts ou plutôt pour moi, ils parlent de choses qui leurs échappent

La poésie est une manière douce de ne pas faire de discours politiques et de parler de ce monde

La pure humanité, elle ignore le prix des choses car le cœur suffit pour partager

La révolution, c'est une idée politique pour changer un monde bloqué,

La vie reste cette chose incroyable des choix multiples que ce soient nos propres choix ou des choix plus matériels que sont les maladies, la vieillesse ou toute la réalité physique qui nous échappe comme ces lendemains qu'on ignore

Le brouillage médiatique contemporain entre toutes les informations plus ou moins bizarroïdes et qui sont non vérifiées ça change  en pire de notre passé avec des hommes politiques  qui étaient plein de convictions et qui parlaient avec leurs cœurs

Le messianisme, c'est plus une idée religieuse juive, pour que le monde soit meilleur pour les juifs, qu'une idée vraiment politique de progrès

Les anars, ils sont bien sympathique et ils ont beaucoup de cœur, mais je songe souvent à Benito Mussolini est ses origines socialo-libertaire

Les sauvages, ils vivent dans un monde où les réalités qui sont purement humaines, ceci dit cela ne change pas les rapports de hiérarchies entre les hommes

Malgré tout dans notre passé je sais des mouvements qui ont commencés par des rêves idéalistes qui se sont confrontés à la réalité et qui ont finis en dictatures

On parle de révolutions pacifiques pour toutes les révolutions calmes et non-violentes

Un chef autrefois c'était un homme qui était choisi pour ses capacité de commandement, son caractère volontaire, soit pour organiser que ce soit une entreprise, un pays ou soit gérer les conflits

Un tribun comme Mélenchon, il a eut un succès médiatique, mais il se retrouve avec peu de gens qui choisissent des députés de son groupe, pour moi le passage à la réalité est très dur

Y aurait-il quelques par cette idée incroyable que vos rêves ils se réaliseront ?

Paris le 11 juin 2017 jour d'élections

Aphorismes sur Dieu, les hommes et tout le Tintouin

Aphorismes sur Dieu, les hommes et tout le tintouin

A savoir que pour le Christ j'espère beaucoup, mais je ne sais pas, car je sais trop d'humanités religieuses qui sont toutes prêtes à une monarchie Christique

C'est profondément humain d'avoir un père tout puissant, mais parfois, je sais des idées sur Dieu plus féminines, plus fraternelles, voire un concept qui vous échappe

Contrairement à ce que vous croyez, Je ne renie pas Dieu mais je crois à un Dieu de partage et non pas dans un Dieu tout puissant

Dans toutes les sectes qui recrutent, je vois toutes celles qui ne sont pas loin de chez-moi et dont je croyais m'en être débarrassées, mais je constate qu'encore et toujours, que malheureusement je reste une proie désirable pour tous ses fous de l'Apocalypse

Dans le ciel y aurait-il des myriades de dieux, pour des myriades d'êtres ?

De plus en plus j'aime ma solitude, je n'ai pas plus confiance dans ce monde de maintenant avec ces fous friqués que celui de mon passé qui était déjà plein de fous sectaires

Écrire une formulation mathématique de ce monde, cela passerait à coté de toutes les réalités psychologiques purement humaines

J'aimerai toujours ces êtres qui m'ont aidés, entre des femmes, des maîtres de vie et des personnes qui dans ma vie m'ont permis de rester celui que je suis c'est-à-dire un être très indépendant

Je me méfie encore de ce Dieu qui s'impose et qui nous invente un monde d'esclaves toujours prêts pour la récompense d'un paradis dans l'au de-là

Je n'aime pas l'idée monarchique d'un Dieu unique car il reste un seul et il est susceptible de se tromper sur son royaume et cela bien plus qu'une assemblée de gens qui discutent

La fin du monde ne serait-elle qu'une absence de foi dans le destin promis ?

La psychologie, voilà une grande oubliée, je ne parle pas des curées ou des psychanalystes, mais de ces réalités étonnantes qu'il y a aussi chez certain fous délirants

La seule prophétie que je pourrais faire, c'est que nos lendemains, ils ne sont pas écrits, je ne sais ni le pire ni le meilleur et je déteste ces prophètes qui maudissent demain

L'amour qui vous porte, il vous permet de marcher sans difficultés sur le fil étroit du doute et des certitudes

L'Apocalypse, je le redis encore une nouvelle fois pour tous les fous du cinéma catastrophe, ce n'est pas des grands malheurs du style d'une guerre nucléaires, des famines ou de la peste etc. Mais ce sont des messages pour comprendre une époque qui est assez difficile, car le pire dans ces cas là, c'est surtout de se comporter comme des moutons qui vont vers l'abattoir

Le Christ ? Il sera, parait il précédé pas l'anti ou l'antéchrist, pour moi ces prophéties, elles me paraissent bien mystérieuses, dans notre passé, le titre d'antéchrist, il a été très partagé

Le ciel n'appartient à personne, ni aux religions qui nous parlent des êtres très purs qui sont tout là-haut, ni aux astronomes qui décrivent un monde de matière encore vide,

Le mysticisme voilà une chose qui est mal comprise, entre tous les délires humains et l'ordre choisis dans nos pensées et notre Histoire humaine, il y a autant de mystique important que de chefs de guerre

Le pire ou le meilleur ? Je ne sais pas ce que sera demain

Les juifs, les chrétiens, les musulmans, ils ne me parlent que d'un Dieu tout puissant parfois j'aimerais y voir un Dieu qui soit beaucoup plus humain

Les enfants, parfois ils sont étonnants ils touchent le ciel avec la foi que mettent certains dans Dieu

Les Extra-terrestres ils ne nous demandent pas de faire d'eux, des anges, des monstres ou des dieux

Les savants fous, en général ils se prennent pour des dieux créateurs, je me pose aussi la question pour le gars Albert Einstein, il est à savoir que malgré son athéisme proclamé c'était avant tout un homme de foi

L'espoir, c'est une idée très partagée entre tous

L'extrémiste, c'est une idée ancienne, le radicalisme est un concept du changement rapide ou plutôt la croyance que la violence change rapidement l'Histoire

L'idée d'un Dieu unique a unifié un peuple unique mais qu'avons-nous de communs ?

L'intelligence cela va depuis ce rien du tout que sont des microbes qui s'adaptent, jusqu'à cette grosse tête qu'est l'Homme, celui-là qui se croit le sommet de la création, en passant par tous des animaux que se soient des fourmis, des singes ,des baleine et tous nos compagnons terrestres

Ni athée, ni croyant, je doute !

Parfois je doute de moi, mais je sais des hommes qui croient à la toute puissance d'un Dieu tout puissant, je me sens fragile devant cette forme de foi absolue

Personnellement je mets dans l'idée de Dieu, des choses immanentes, comme la justice et le devenir commun, je ne sais pas trop quoi dire de la création, il faut savoir que la physique et la théorie de l'évolution, elles expliquent mieux et elles sont beaucoup plus cohérentes et pertinentes, cela sans avoir besoin d'actes de foi multiples pour expliquer

Pour ce qui est d'enseigner, personnellement moi, je n'enseigne rien que le doute, celui qui est la base de toutes les idées philosophique

Pour Dieu, celui auquel je crois, il échappe aux pouvoirs de toutes les hiérarchies religieuses, je sais un Dieu immanent qui parle de la justice, et non pas un Dieu qui institue des hiérarchies

Pour parler aux hommes, certains ils disent qu'il faut avoir une autorité morale et se situer dans une hiérarchie religieuse,

Proclamer la Paix voilà une belle idée, à la condition de ne pas en faire la Paix qu'il ya dans les cimetières, de nos jours j'aimerais dire à pas mal de gens qui vivent au moyen orient, arrêtez donc toutes vos guerres, Dieu il n'a rien à voir, ni à faire dans toutes vos guerres

Surtout ne pas donner les clés de l'avenir à des fous comme les spéculateurs financiers et tous les sectaires qui veulent bâtir des empires de soumission

Un Dieu fou, il mit une fin à son œuvre ! Alors celui-là est-il un Dieu limité par tous les problèmes des hommes ?

Un prophète n'est jamais qu'un rêveur qui parle des lendemains qu'il pressent

Voir dans le silence, toutes ces choses, comme soit la musique ou le repos ou le non bruit ou encore parfois même une sagesse intérieure

Paris le 11 juin 2017 jour d'élections

 

Un jour qui vient là...

Un jour qui vient là ...
 
Je ne sais pas maintenant
Ou bien demain qui viendra
J'aurais ce sentiment incroyable
De ne plus être pour vous ici
 
Je ne sais pas si je serais heureux
J'ignore ce que je serais devenu
Peut-être je serais là très loin
Tandis que vous vous continuerez
 
A vivre sur le net avec vos mots
Dans un silence incroyable
J'éprouverais profondément
Tout cet être intérieur qui vit en moi
 
Entre un dieu ou un démon
Je serais peut-être un Bouddha
Tandis que vous continuerez
Entre tous les matins et les soirs
 
Sur la route écrite du devenir
Moi alors ! J'ignorais peut-être
Toute cette douleur de vivre
Que nous donne la vie quotidienne
 
Cette vie  incroyable qui balbutie
Qui blablate, nous épate et éclate

Et parmi toutes celles-là vécues
Ces Femmes mystérieuses
 
Hommes sans grands désirs
Toutes les vies se multiplient
Avec des myriades incroyables
De ces choses qui viennent
 

Paris le 6 juin 2017

Un jour qui vient là...un-jour-qui-vient.mp3 (1.24 Mo)