Une machine à aphorismes... Soient des choix possibles à faire

 

Une machine à aphorismes, Soient des choix à faire

Avec l’alternative d’abolir,  il y a la nécessité d’aimer
Sans la permission d’absoudre, il n’y a l’induction d’innocenter
Avec la terreur de politiser, il y a la solution de légiférer
Sans la force de contester, il n’y a l’intention de progresser

Avec la contrainte d’abstraire, il y a le choix de comprendre
Sans la faillite de désespérer, il n’y a l’issue de mentir
Avec l’insolence d’espérer, il y a le déclic d’exister
Sans la possibilité d’accomplir, il n’y a le génie de vivre

Avec la grâce de jubiler, il y a la douceur de jouir
Sans le plaisir d’aguicher, il n’y a le panache de plaire
Avec l’envie de fleureter, il y a le dessein de posséder
Sans l’issue de baiser, il n’y a la volupté de caresser

Avec la vérité de croire, il y a l’obligation d’argumenter
Sans la fatuité d’adhérer, il n’y a la gratuité de blasphémer
Avec la folie d’adorer, il y a le fruit d’idéaliser
Sans le concept de renier, il n’y a la copie de recréer

Avec la sagesse d’avouer, il y a la nudité de conter
Sans la bassesse d’analyser, il n’y a la vanité de créer
Avec l’habitude d’exténuer, il y a la joie de savoir
Sans la liberté de blâmer, il n’y a la louange de flatter

Avec le sentiment de concevoir, il y a le bonheur d’accoucher
Sans l’intention de fuir, il n’y a la pulsion de renoncer
Avec le hasard d’écrire, il y a la beauté de relire
Sans l’erreur de choisir, il n’y a le dilemme d’arranger

Avec le tact d’approuver, il y a l’occasion de séduire
Sans l’obligation de noter, il n’y a la contagion de juger
Avec le travail de préméditer, il y a la sanction d’étonner
Sans l’ennui d’attendre, il n’y a le temps d’approfondir

Avec la décision de tutoyer, il y a l’amitié de reconnaître
Sans la grandeur de voter, il n’y a l’ambiguïté de refuser
Avec le pouvoir de faire, il y a le devoir de maîtriser
Sans la peur de mourir, il n’y a l’épouvante de végéter
                 I            II                          III                IV

 

Il y a des combinaisons possibles d’aphorismes en prenant un choix, I,  II,  III,  IV dans chaque colonne,  Tous ces aphorismes ne sont,  ni vrais,  ni faux mais ils offrent des choix multiples, ils ont l’étrangeté du chaos et la marque de la liberté de ses propres choix, 

Bruno Quinchez (Morsang sur orge 1990)

 
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