Petites fables courtes...Fabulettes

  • Eté dans les alpages

    Eté dans les alpages

    Dans la prairie verte les sonnailles des moutons tintinnabulent
    Les mérinos pâturent dans les prés ainsi que de noirs caraculs
    Le berger pense à ses brebis agnelant en ces jours nouveaux
    Les champs sentent bon dans le soir, le ciel et l'air sont chauds

    Les cloches dans les montagnes sont étouffées par le bruit des torrents
    Les estivants passent sur les sentes avec leurs sacs et leurs enfants
    Les ailes des vautours virent autour des cimes environnantes
    Pour de jeunes agneaux des levrauts ou de jeunes chairs innocentes

    L'air est chargé de miasmes et du parfum sucré des violettes
    Le berger prépare sa pitance et il pense aux femmes joliette
    Seul dans sa montagne parmi ses brebis, ses béliers et ses agneaux

    Le pâtre mange son fromage et il boit le vin dans sa gourde
    Ses inquiétudes sont quotidiennes, ses contraintes sont lourdes
    Le Ciel est beau, l'air est pur et ces vies restent son fardeau

    Bruno Quinchez Paris le 5 Juillet 1997

  • Brève Histoire...

    Brève histoire ...

    Camarade !  Vous pouvez  bien danser debout à croche pieds
    Sur la grande marelle du temps qui passe, celle des va-nu-pieds
    C’est toute notre ambition, de celles que nous avons comme poète
    La poésie je vous le dis c'est parfois un truc qui est très bête

    Sans vouloir faire signe et envoyer des messages à tous les autres
    Ou faire sens, proclamer l’apocalypse comme de bons apôtres
    Nous avons appris la vie en parcourant le monde avec nos jambes
    En marchant de ça et de là d’un pas mesuré, et écrits poèmes et iambes

    Sur les routes qui sont écrites dans des bibliothèques, sur les cartes
    Entre l’aurore boréale des esquimaux, et le grand désert des Carpates
    Où nous regardions dans des télescopes les étoiles qui sont visibles
    Pour nous guider toujours plus proches de nous, encore plus admirables

    Et parfois nous laissions aller et agir tous nos rêves les plus fous
    Pour cultiver des champs de fraises à jamais et des amours doux
    Dans quelques champs magnétiques, tous libres et sans vraies entraves
    Nous avions l’infini lointain la seule frontière, nous étions tous très braves

    Et quelques rêves puissants, de tous ceux-là où nous étions en paix
    Puis vinrent les marchands et leurs billets et pièces de monnaie
    Ils vendirent les maigres objets que nous possédions….Alors marche ou crève!
    Ainsi la Bourse, elle cotait maintenant là-bas tous nos propre rêves

    Mais depuis ce jour on ne vendit jamais que des âmes pour quelques sous
    L’argent devint la seule valeur qui soit possible dans un monde de fous
    Comme dans un monde fait seulement de marchandises, l’argent était la référence
    Je devins amer et anxieux, je ne savais que faire, pour pouvoir faire face à cette démence

    Mon âme, elle ne sera jamais à vendre, ni tous les rêves libres de ma jeunesse
    Choisir entre la folie, celle octroyée vendable et corvéable ou choisir un reste de tendresse
    J’ignore ce qui me façonna, je suis un rien puissant, et tout ce qui m’aida à vivre ce temps
    Hier était printemps, et c’est maintenant l’hiver … Quand reviendra le printemps ?

    Je sais des politiques, qui improvisèrent des lendemains qui seraient meilleurs
    Oui Demain ! Il devait être beau, car vous savez demain, on rasera gratis
    Ce qui était promesse, cela devint un discours, toujours répété  et une vraie praxis
    Puis l’argent, il vint à manquer ! Oui !  Il n'était plus là pour nous et il était parti ailleurs

    Dans des paradis fiscaux pour placements d'usuriers ou des sous mafieux
    Ce monde devint triste et sans autres buts que de  vouloir se sentir mieux
    Comme de gagner plus en travaillant plus et en payant un tout petit peu plus
    Oui! Payer un peu plus, un petit peu de monde leurs donner un bonus

    Du moins c’était les propos trompeurs et fallacieux d’un homme politique
    Homme d’un pouvoir maniant aussi l’illusion, par des mots emphatiques
    Plus jamais je ne crus alors au père Noël, il était maintenant bien mort
    Irais-je voter la prochaine fois ? Je ne sais pas ! Voter : C’est jeter un mauvais sort

    Oui Il faudrait sans doute, beaucoup de Yaka et de Ifos pour me motiver
    Ou que la bourse arrête le Trading -Ultrarapide, que les banquiers arrêtent de rêver
    Un jour où l’autre, le pire de mes cauchemars… Non ! Cela ne sera pas de mourir idiot
    Mais savoir que la Bourse, elle tourne sans contrôle par des humains, mais marchant par des robots

    Je ne suis pas plus fou que n'importe qui ! Cela je vous le dis bien… Ici et maintenant !
    Dans les fous qui sont au pouvoir, ceux qui contrôlent les petit riens qui font le moment
    Je sais les pires réalités de tous nos cauchemars du passé, elles sont hélas bien là
    Un jour tu verras ! Demain ! Il est encore à voir ! Mais non ! Cela qui vient! Je ne le sais pas !

    Paris le 9 septembre 2016

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  • La poule aux oeufs d'or... Fable de Jean de La Fontaine

     

    La Poule aux œufs d'or

    L'avarice perd tout en voulant tout gagner.
    Je ne veux, pour le témoigner,
    Que celui dont la Poule, à ce que dit la Fable,

    Pondait tous les jours un œuf d'or.
    Il crut que dans son corps elle avait un trésor.
    Il la tua, l'ouvrit, et la trouva semblable

    A celles dont les œufs ne lui rapportaient rien,
    S'étant lui-même ôté le plus beau de son bien.
    Belle leçon pour les gens chiches :

    Pendant ces derniers temps, combien en a-t-on vus
    Qui du soir au matin sont pauvres devenus
    Pour vouloir trop tôt être riches ?

    Jean de La Fontaine... Les Fables

  • Des temps divers, l'homme et l'étoile

    Des temps divers, l'homme et l'étoile

    Le temps vécu , et ce temps qui est sujet de bavardages
    Déjà, j'oublie tout ce qu'il y avait, il y a seulement dix ans
    Entre les amis,  tous les amour, et notre boulot,  bref ma vie
    C'est déjà vraiment loin dans  tous mes propre souvenirs

    Non je  sais! On ne reformate pas le disque dur du vécu passé
    Mais je sais qu'il y a aussi  beaucoup trop de personnes disparues
    Entre tous ceux qui sont mort et tous ceux qu'on ne voit plus
    Alors pour le temps notre mémoire, elle est plutôt sélective

    Pour l'humain fragile que je suis le soleil est quasi éternel
    Et c'est bien  de la folie que de se comparer à une étoile
    Oui Son temps de vie, cela dépasse toute l'évolution terrestre
    Depuis la formation de la planète  dans ses lointains débuts

    Je n'ai jamais su comment, elle était La terre sans la vie
    Et toute cette évolution  que nous avons la prétention
    De ramener à notre humanité avec ses petits problèmes
    Que ça soit loin dans le passé ou bien très loin dans le futur

    Notre vraie modestie est de se savoir poussière d'étoiles
    Et d'arrêter de nous hausser à l'égal d'un Dieu dans la création
    Dieu s'il existe dépasse de loin l'idée  que nous en avons
    Pour un humain l'illusion présente reste une réalité quotidienne

    Certains disent que des livres sont des univers, qui sont  écrits par des créateurs
    Pour l'instant je tiens pour vraie l'illusion, qui est celle du partage entre nous tous
    Un fou qui décrit un monde, où seule sa vérité est établie, il reste un fou
    Le soleil qui brille pour tout le monde, il éclaire toutes les vies sur terre

    Paris le 16 août 2016

     

  • Humains trop humains

    Humains trop humains, ou trop cons


    Il y a des humains, ici et là, qui sont  déjà bien trop humains
    En ces lieux banals où ne vivent que des humains bien trop ordinaires
    Ni bouillonnants, ni complémentaires,  ni des novices instables
    Ce sont de ces gens qui sont absolument communs et obligatoires

    Ils sont plus indispensable à nos  tristes vies que le choléra et l'anthrax
    Vous savez L'humain qui est en nous, Je sais qu'il doit rester prudent
    Il ne faut jamais donner crédits au ragots, ceux qui circulent sur internet
    Toujours vérifier les informations, défendre les besogneux crétins et les aider,

    Et leur faire savoir tout ce qui est juste , partager l'idée d'être des humains
    Il y a je le sais des bruits singuliers qui cavalent partout de ça et de là
    Ces bruits, ils sont les fondements du racisme ordinaire, celui du mépris
    J'ignore pourquoi le con, c'est toujours l'autre idiot, celui qui est là-bas

    Le con ce n'est pas que l'autre, cela peut être aussi  un peu nous-mêmes
    Le mépris  envers les cons, malgré tout ce n'est pas une chose qui soit à propager
    L'étrange étranger, c'est un aussi cet  être ordinaire, lui le voisin qui vit avec nous
    L'idée du partage, commence avec la justice et de la juste idée de l'humain

    Humain trop humain ! Bref Les cons! Tels que disait le gars Friedrich Nietzche
    Je sais des amérindiens qui parlent de notre Terre meurtrie par nous terriens
    De ces cons d'humains dans lesquels je suis, ils sont les mêmes que cet enfant de salaud
    Et pas plus con que cette idée folle d'une supériorité  quasiment imperceptibles

    Sept Milliards d'humains sur terre, et combien y a-t-il de justes et de salauds ?
    A tuer les cons! On tue la majorité de notre humanité! C'est tellement dérisoire
    Je ne sais pas s'il y a des cons qui soient acceptables et qu'ils soient à favoriser
    Je sais bien trop  d'imbéciles, et je ne sais pas, s'il y a un jugement qui soit possible

     

  • Dans le square

     

    Dans le square


    Assis sur un banc tout vert  du square Gambetta,
    Je regardais les enfants qui jouent et qui rêvent,
    Eux , je les voyais, Ils étaient incroyablement sérieux,
    Dans leurs monde personnel qui reste très intime,

    Entre une balançoire à ressorts verte et rouge,
    Et le bac à sable qui est un petit lieu bien protégé,
    Les fillettes avec le seau,elles nous font de délicieux gâteaux,
    Les garçons y font des tunnels ou construisent des châteaux,

    Le sable est ratissé de temps en temps pour l'épurer de ses déchets,
    Je ne suis pas sûr que les microbes y soient vraiment à l'aise,
     c'est un espace protégé, des pigeons dégueulasse, des chiens,
     Et aussi des satyres, ce lieu, il n'est réservé qu'aux petit enfants,

    Je voyais aussi des mères avec les poussettes rangées en désordre,
    Qui sont très attentives, où plutôt des nounous avec les bambins,
    Des grand-mères aux cheveux gris ou bien des antillaises,
    Un monde de bambins, de poussettes, de goûters et de jouets,

    Entre la pelle, le râteau et le seau, des objets tous en plastiques,
    Ils manipulent un sable que je sais douteux, cela sans problème,
    Tandis que les nounous qui surveillent, elles causent entre elles,
    Mais ça parlait de quoi ? Je l'ignore ! Sans doute des enfants,

    J'étais là tranquille sur mon banc et moi je les regardais jouer,
    Je me disais : Que seront-ils dans vingt ans, trente ans ?
    je l'ignore et je sais aussi que je ne serais plus là pour les voir,
    Il y aura peut-être les cadres de demain, des énarques, des patrons,

    Ou bien quelques artistes indisciplinés, des intermittents et des chômeurs,
    Mais cela je ne le sais pas vraiment, car demain, il est  encore à voir,
    Non ! Je ne suis pas devin, ils vivront leurs vies, et moi, oui je serai ailleurs,
    L'avenir s'écrit, avec tous les présents qui adviennent, les futurs qui arrivent,

    Alors Laissons jouer ces gamins dans ce square, ceci c'est leur part d'enfance
    Avant qu'ils ne deviennent des adultes, qui sont  trop chiants et très exigeants
    Et qu'ils oublient ce temps de l'enfance, celle- là qu'ils vivent maintenant
    Je reste encore le gamin qui rêve,  je les regarde et j'aime, ces gamins qui jouent

    Peut- être! Un gamin parmi eux sera-t-il, le président de la république ?
    Et je ne sais pas si beaucoup, ils seront toujours à la recherche du passé lointain
    Il y a dans nos  origines vécues, plein de chemins à préférer, à parcourir
    Et des carrefours de temps en temps, où il faut toujours choisir pour sa propre vie

    Paris le 7 juin 2016

  • Le corps beau et le bavard

    Le corps beau et le bavard

    Maîtresse au corps beau, avance avec un beau sourire affiché,
    Elle attirait en ces lieux, un jovial bavard d’un bel âge,
    Quand soudain maître bavard par ses appas alléché
    Lui tint, à peu près, ce  fort et aimable langage

    Mille bonjours, o belle! Au corps si beau, sans rire, si vos yeux,
    Sont semblables aux étoiles qui luisent dans les cieux
    Alors vous êtes la plus belle qui brille au firmament,
    Pour moi vous êtes la femme de ma vie, maldonne si je mens!

    A ces mots la belle au corps beau se sentit pousser des ailes,
    Elle succombe à l’instant dans les bras du bavard pas trop sot,
    Elle se laisse tomber, se pâme, elle est heureuse et fait la belle
    En quelques mots elle se donne à celui qui dit de si jolis mots,

    Maître bavard tout émoustillé, se saisit d’elle et il la papouille,
    Que les hommes sont tendres quand ils vous jouent la fripouille,
    Maîtresse au corps beau est contente car l’homme est plaisant,
    Il me dit pour la vie, sans doute ce doit être le prince charmant.

    Quinze jours ont passé, maître bavard est lassé, et il la laisse tomber.
    Maîtresse au corps beau se dit, quelle conne j’ai été de succomber,
    Mais elle jura d’éviter les bavards et de recommencer une autre fois,
    Moralité, monsieur de la fontaine dit des bêtises dans ses fables parfois.

    Bruno Quinchez Paris le 8 décembre 1997  

  • Un songe, et des étoiles frileuses

    Un songe, et des étoiles frileuses,

    À combien d’années de lumière,
    Sont les licornes aux tendres yeux,
    Pour combien d’hommes vivants,
    Ce grand rêve est-il promis ?

    À combien d’innombrables vies,
    Notre petite terre est-elle encore permise ?
    Dans combien de temps,
    Verrons-nous les fleurs des étoiles ?

    Dans nos rêves, ces soirs couchants,
    Ils coexistent, les cauchemars puissants,
    Des pauvres licornes songeuses,
    Et la peur, les fait trembler,

    Mo! Petit homme,
    Comme, j’aimerai parler,
    À ces cavales de tous nos inconnus,
    Ou aux sirènes, des cieux d’Altaïr,
    Ou à ces terrifiants dragons d’Orion,

    Mais les verrons-nous ? Toutes ces chimères,
    Tous ces nouveaux amis, dans l’immense ciel,
    Mais les aimerons nous ?  Nnous! L’ Homme...
    Nous maîtres, des arbres, et des bêtes,

    Nous les destructeurs, des prédateurs insatisfaits,
    La Terre est promise, à des artisans de la Paix,
    Ce futur!  Il  lest pour nous, les fils de la Terre,
    Mais la vie lointaine, elle reste encore ce mystère,

    Et la Lune avance, comme un diadème,
    Devant la face des cieux, les rutilants martiens,
    Nos voisins, auront-ils peur de nos rêves ?
    Mère, ? Toi ! Ma bonne vieille Terre!
    Penses-tu qu’ils aimeront ce poème ?

    Le cœur de notre mère atomique,
    Bat encore, pour les enfants des hommes,
    Mon chat qui rêve, il rêve, des immenses,
    Globicéphales bleus, et les oiseaux crèvent,

    Et nos heures passent, notre temps, il est encore à bâtir,
    L’avenir est pour demain, cet avenir tout-ou-rien,
    C’est le présent, le toujours ou le jamais,
    Pourrons-nous, longuement parler,

    À nos étranges voisins ?
    Verrons nous les blanches licornes,
    Aux yeux rêveurs et sans fonds ?


    Bruno Quinchez (Morsang sur/Orge octobre 1994)

     

  • Le jardin est la rose

    Le jardin, et la rose

    Je vous le dis là, il est plus bien plus important
    De sentir cette odeur suave, insistante qui persiste
    Palper du regard ses pétales de soies toutes colorées
    Se piquer à ses épines et saigner d’un sang rouge

    Voir sa couleur, qui est subtile ou toute rêvée
    Goûter sa saveur, un goût âcre et légèrement sucré
    Entendre le vent la caresser dans votre jardin venté,
    La beauté d’une rose reste éternelle et mémorielle

    Il faut l’admirer, la regardant évoluer bien sagement
    D’un bouton à peine formé, elle s’épanouit et mûrit
    Elle exhale alors toute sa sensualité d’une fleur avenante
    Elle dure peu, elle se fane vite, et elle meurt en un jour

    Cette fleur unique, un défi pour les poètes depuis toujours
    Plutôt que d’essayer de la décrire et de la réinventer
    Aussi bon poète et qui que l’on soit, c’est un être vivant
    Je sais de ces fous matheux qui rêvent et qui oublient sa réalité

    Mon dessein, celui de mon esprit, c’est de décrire cette rose,
    Ce qui revient à dire, je vous le dis et je le  répète encore
    Que la réalité de cette rose, elle est beaucoup plus grande.
    Et elle est ainsi plus belle, plus inaccessible que mon poème

    Tous les rêves que tous les hommes, ils ont faits sur celle-là
    Ce ne sont que de les tentatives qui restent encore imparfaites,
    Pour parler de cette réalité embrouillée et bizarre où nous vivons,
    Une réalité qui est faite de multiples roses et des millions de poètes

    Bruno Quinchez Paris le 8 août 1997- 25 avril 2016

  • Le coq et l'aigle

    Le coq et l’aigle,

    Un coq, du haut de son tas de fumier, Il se tenait haut et droit,
    Il régnait sur une basse-cour dont il était le maître et le roi,
    Les dindes et les poules ,elles le reconnaissaient comme leur seigneur,
    Les poussins, sans aucune honte, Ils étaient satisfaits de ce géniteur,

    Il prétendait être le monarque et il rehaussait le soleil chaque matin,
    Les renards redoutaient ses ergots, mais le désiraient pour festin,
    Son orgueil n’avait que les vaches, les champs pour limites et horizon,
    Et les poules le trouvaient à leur goût et elles tombaient en pâmoison,

    Un aigle, du haut de son aire, aperçut cet oiseau prospère au noble plumage,
    Cet aigle avait une si grande faim et il dit :Ce coq a pour lui un funeste présage,
    Il s’élança des cieux vers cette proie facile, Mais le coq aperçut le funeste,
    Il s’en alla donc se réfugier sous une charrette chargée de végétation alpestre,

    L’aigle lui fit connaître ce propos, Ô coq ! Dis-moi qui est le roi des oiseaux,
    Le coq penaud mais avantageux lui dit, C’est moi qui commande au soleil,
    L’aigle décontenancé lui dit, Moi je vole si haut que nul ne m’est pareil,
    Le coq audacieux guerroya Et succomba en face de ces arguments inégaux,

    Le soleil décline ce soir au loin dans la vallée sans le coq bravache,
    La nuit s’étend sur le monde et les étoiles brillent dans les cieux,
    Toujours est-il que ce coq, Il était le messager de l’aurore et des dieux,
    Et le soleil ne se leva jamais plus sur la vallée, l’aire et les vaches,

    Bruno Quinchez Paris le 30 mai 1997