Du feu, du vent, de la terre et du ciel,

 

 

Du feu, du vent, de la terre et du ciel,

Bonjours bambin !
Bébé babillard et rêveur,
Tu vois les lumières de chez toi
Et tous les feux de la ville.

Peut être ! Connaitras-tu l
Tous les affreux crapauds
De la campagne très verte
Qui croassent et qui bavassent

Longuement dans les mares jaunâtres ?
Sens-tu l’odeur des crottins
Des ânes bâtés de sacs de ciment ?
N'as-tu jamais vu le matin

Se lever dans un ciel d’été ?
Sais-tu la peur des bêtes sauvages
Qui fuient au loin, les fouines, les mulots
Et les mille bêtes des terriers.

La boue d’un chemin de terre
Avec la marque du tracteur imprimé
Profondément dans le chemin
Qui chemine vers les prés

D’herbes humides et jaunissantes.
Ceci par une journée de l’automne
Un peu avant la nuit.
Ne t’es-tu réchauffé aux feux

De la cheminé de la salle,
Où le tic-tac des pendules électriques
Indiquent les heures, perdant le temps
Où toi tu visualises le dernier épisode.

D’aventures incroyables,
Et toutes ces images qui n’ont pas de poids,
Peux-tu encore imaginer
Les libellules qui bourdonnent

Sur l’étang verdâtre et froid
Où ton père rêve de pécher,
Les goujons que tu ne mangeras pas
Dans ton assiette tristounette.

Tu ne rêves que de lendemains
Sans surprise et tu t’ennuies,
À l’idée surprenante que tu connaisses déjà
Les bêtes sauvages car tu les as vus

Sur l’écran multicolore des programmes TV.
Les hérissons ne sont plus que
Des héros de feuilleton,
Les coccinelles sont de gentilles

Petites filles sages et instruites.
Connais-tu les lumières des étoiles
Qui brillent vraiment dans le ciel
Et sais-tu seulement ce qu’est la cruauté

Des gentilles bêtes de la télé ?
As-tu vraiment eu peur du loup du voisin,
Qui aboie quand tu passes ?
Respires-tu encore l’odeur des mousserons

Qui sommeillent dans l’herbe ?
Petit enfant ! Évade-toi de ta télévision
Et regarde le vrai monde des animaux !
Il est cruel, mais il est réel

Avec la mort comme sanction des vies.
Pour manger les gentils animaux
Ils tuent d’autres gentils animaux
Qui ne demandent qu’à vivre au chaud

Comme ton chat qui ronronne.
Souris ! Es-tu une gentille souris ?
Fais bien attention à mon chat,
Qui dort sur le canapé

Parfaitement heureux de se faire caresser.
Dis-moi, mon bon chat
De quoi rêvent les bons chats
Entre deux caresses

Chats matois et gras,
Qui regardent Dame télévision
Dans un rêve de temps
Qui reste sans fin,

Bruno Quinchez Morsang sur/orge le premier décembre 1996 et Paris le 11 août 2019

 
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