Mes nouvelles de mon recueil de juillet 2018 rangées par chapitres

  • Chapitre 9 MISES EN PIÈCE DES PROPOS D’AUTEURS EN UN ACTE POÉTIQUE DURABLE

    Chapitre 9 MISES EN PIÈCE DES PROPOS D’AUTEURS EN UN ACTE POÉTIQUE DURABLE

    Trois personnages l’Auteur que l’on entend en voix-off l’interprète qui est l’Acteur de la pièce donc il devrait être seul en scène, le Metteur-en-scène qui perturbe le jeu de l’Acteur et discute avec l’Auteur. Nota. Bene. Les notations, sur la mise en scène, elles sont énoncées par l’Auteur, au début, il y a l’entrée de l’artiste avec le Metteur-en-scène qui tourne le dos à la salle et se comporte comme le premier public

     – L’Acteur. Bonjour mesdames et Messieurs le spectacle que vous allez voir ici même est joué par moi l’Acteur et mis en scène par le Metteur-en-scène ici présent il montre le Metteur-en-scène…

     – L’Auteur. (Voix venant des coulisses !) Et le spectacle est de monsieur (nom de la voix !) qui est fort heureux que vous vous intéressiez à son œuvre essentielle dans le répertoire…

     – Le Metteur en Scène. Dis-donc toi ! Tu n’aurais pas la grosse tête, si le spectacle marche c’est tout de même grâce à moi

     – L’Acteur. Fou rire de l’acteur, ils sont graves ces deux-là et après tout, je m’en fous. Je suis là pour le spectacle et si je suis payé c’est le plus important, je me souviens, il y a six mois le Metteur-en-scène n’était même pas capable d’aligner plus de dix lignes dans une tirade… Il a raison lorsque l’on vieillit, il vaut mieux prendre du champ, il paraîtrait d’après un type avec des principes un dénommé Peter que quand on arrive à son niveau d’incompétence il vaut mieux changer de métier. Nul à chier le bonhomme ! Grâce à lui ! ça me fait rire parce que le spectacle c’est tout de même sur mon dos puis cette nullité d’Auteur qui n’écrit que pour se faire plaisir pourquoi n’irait-il pas au bordel payer pour se faire jouer la comédie c’est d’un ridicule… Tiens ! Au fait le Metteur-en-scène qu’est-ce qu’on joue ce soir ?

     – Le Metteur en Scène. Tu es sur scène et tu ne sais pas ce qu’on joue ce soir je crois que ça s’appelle « Trois hommes dans un théâtre » une mise en scène de (Nom du Metteur-en-scène !) et que nous sommes que des marionnettes pour un Auteur à tendances tyranoscénique bref on est dans le merdier…

     – L’Auteur. Ayez confiance mes amis ! Je sais où je vais et je vous y mènerais sans encombre… N’ayez pas peur mes amis !

     – Le Metteur en Scène. Est-ce que vous pourriez me donnez votre texte monsieur l’Auteur ou du moins me décrire l’action

     – L’Auteur. Il y a trois personnages moi toi et lui… Pardon ! Je veux dire que la pièce se compose de trois personnages qui se compose de l’Auteur qui est donc moi, le Metteur-en-scène qui est donc toi et d’un Acteur qui est donc lui, l’Auteur écrit la pièce que va mettre en scène le Metteur-en-scène et dont l’Acteur est le porte-parole de l’Auteur, je dirais même plus son porte-voix…

     – L’Acteur. Mais il est fou cet Auteur comment puis-je être moi et n’être qu’un fantôme de la pensée d’un autre ! Après tout je dois pouvoir mettre ce que je ressens à travers tous les mots de l’Auteur, il me semble de même que je me sens capable de mettre des choses inconnues de l’Auteur comme de dévoiler au public ici présent, ses tendances manipulatrices et comment il a maille à partir dans l’affaire des pots de vins de…

     – Le Metteur en Scène. Chut imprudent ! C’est une affaire non encore jugée et les conseillers du ministère m’ont dit sous le sceau du secret que cette affaire allait éclabousser pas mal de monde…

     – L’Auteur. Billevesées mes amis, ce ne sont là que racontars pour perdre quelques-uns un de mes amis que je connais depuis plus de trente ans et cette affaire ne concerne qu’un simple subalterne d’un sous cabinet d’un sous-secrétariat d’État ce que vous dites là n’est pas sérieux revenons à ma pièce, je vous ai convoqué ce soi pour vous parler du canevas de cette pièce et quel est son esprit donc vous êtes deux avec un troisième personnage que j’appelle Théo qui intervient tout au long du déroulement de l’action pour envisager la suite de ce qui vient d’être dit dans les débuts de la pièce donc au début le Metteur-en-scène est dos au public et l’Acteur est fort mécontent de son Metteur-en-scène le climat est tendu et que va-t-il se passer…

     – L’Acteur. Théo ! Putain ! On m’aura tout fait et pourquoi pas Dieu se serait plus franc complètement mégalomane ce pauvre Auteur non seulement il me prend pour une marionnette mais en plus il croit savoir ce que je vais dire, il faut dire que c’est l’Auteur et donc je dois cracher texto ce qu’il a dans sa grande bonté daignée me laisser dire, je vais lui faire voir à ce bon Dieu que rien ne sera comme il l’a écris tout d’abord je fais grève et je me tais

     – Le Metteur en Scène. Je suis solidaire avec toi mon vieux, mais il faut bien qu’il se passe quelques choses sinon le public voudra qu’on le rembourse et je te propose un mode de protestation. Nous allons manifester sur scène ! A mort l’Auteur ! Vivre le théâtre libre ! Vive moi et vive lui ! Aux chiottes l’Auteur !

     – L’Auteur. Calmez-vous les enfants j’avais prévu votre révolte et pratiquement vous avez besoin de moi pour poursuivre votre action je ne m’appelle plus Théo, mais je prends la fonction de chef de votre révolte je deviens le président du syndicat des Acteurs libérés cela vous va-t-il ?

     – Le Metteur en Scène. En tant que délégué syndical camarade Auteur la base est avec vous mais quel est donc le programme d’action pour ce soir je propose Bastille Nation aller-retour en 3 heures

     – L’Auteur. Très bien et comment réagit la base pour mieux savoir quelles seront les suites à donner à notre action

    – L’Acteur. Ça à beau changer, et ça à beau faire la révolution, c’est toujours aussi manipulateur. La base elle s’en fout et elle voudrait enfin connaître ce putain de texte, de ce putain d’Auteur. Parce que si nous n’avons rien à dire et alors si l’on rien à dire, c’est très dur pour un comédien comme moi qui me suis payé 20 ans de comédie pour entendre un Auteur aussi débile raconter qu’il se prend pour Dieu ou pour Staline. Pourquoi pas pour moi ? Je suis plutôt intéressant moi, j’ai vingt ans de métier et je n’ai jamais parlé de moi sur scène. Est-ce que vous savez ce qu’est une tournée en Province ? En 198 à Brives je m’en souviens des gaillardes de Brives ! Mais lui l’Auteur, il n’a rien à faire de nos fins de soirées, de nos petites joies et de nos petites peines. L’Auteur il nous crée parfait avec des airs de jeunes premiers sortis du conservatoire et l’expérience d’un vieux de quarante-cinq ans. Malgré tout nous sommes obligés de nous couler dans les peaux des différents personnages que nous serons dans notre carrière

     – Le Metteur en Scène. Holà du calme manants ! Vous n’êtes pas aussi sensé reprendre à votre compte toutes les douleurs des comédiens. Vous devez être là et faire ce que l’Auteur vous demande. Ouh ! Ouh ! Cher Auteur quelle est donc la suite ? Pouvez-vous s’il vous plaît ? O grandissime et génial Auteur !

     – L’Auteur. Pour la suite j’aimerai bien une belle histoire d’amour !

    – Le Metteur en Scène. Sans doute mais nous ne sommes que deux personnages et essentiellement de sexe masculin, je ne crois pas que cela soit possible, n’y-a-t– il pas une troisième personne de sexe féminin prévue ?

     – L’Acteur. Non seulement il est fou l’Auteur, mais il est pervers sexuel il faut vraiment se les farcir ces Auteurs si le Metteur-en-scène vient plus près je lui fous mon poing dans la gueule

     – Le Metteur en Scène. Mais qu’il est beau lui ! Qu’il est beau ! Vous habitez chez vos parents monsieur ?

     – L’Acteur. Vade-Retro ! Connard ! Il ne faut pas me faire chier ! Allez dire à l’Auteur que l’Acteur, il en a par-dessus la tête de ces conneries… Une histoire d’amour et pourquoi pas faire une partie de dame tu prendrais les noirs et je prendrais les blancs je suis comme l’agneau qui vient de naître et je préfère les gaillardes à Brives que tes privautés de gaillard. Demande à l’Auteur quelle est la suite ?

     – Le Metteur en Scène. Mon bon Auteur ! Serez-vous assez aimable pour me dire où nous sommes sensés allez et où se passe l’action ?

     – L’Auteur. Mes bons amis appelez-moi Albert Gaillard votre action est en hausse et votre lieu scénique est sensé se passer dans un théâtre où comme tous bons comédiens vous êtes censés interpréter les personne d’un Acteur ringard qui ne sait plus son rôle et d’un Metteur-en-scène miteux qui ne sait rien de l’espace scénique

     – L’Acteur. Divisez pour mieux régner, il nous les aura toutes faites, ses actions sont en hausse, mon action stagne… Que dois-je dire et dans quel État j’erre ? Mon Dieu ! Mon Dieu ! Mon Dieu !

     – Le Metteur en Scène. Eh ! Dis-donc l’Acteur ! Tu me fais de la crise mystique ! Pas bon ça ! C’est le début de la fin… Tu devrais sans doute savoir que ton contrat de comédien t’interdit d’avoir des états d’âme personnel… Ne serais-tu pas en train de faire une bonne déprime ? Allez parle à ton bon Metteur-en-scène, Ta petite dame te fait des misères, tes enfants n’apprennent pas leurs leçons. Allez raconte-moi tout à ton gentil Metteur-en-scène

    – L’Acteur. Cet Auteur, c’est du néant je ne sais jamais à quoi me raccrocher puis pour qui se prend-il ce petit merdeux ? Encore un sorti de la cuisine à Jupiter comme l’aurait dit Coluche puis en plus il ne sait même pas son texte. Toi qui es l’intermédiaire demande-lui dans quelles circonstances sans doute éthyliques il nous a écrit ce texte à la con… Hé ho ! Monsieur l’Auteur (silence et cris de l’Acteur !) dit donc Metteur-en-scène de mes fesses pourriez-vous dire à notre Auteur que son texte est vide est qu’il me fait douter de mes capacités d’improvisation allez le délégué, chef à la délégation des Acteurs allez donc voir votre Auteur pour lui demander du texte l’improvisation c’est dur quand je ne sais pas ou je vais

     – Le Metteur en Scène. O divin Auteur ! Pourriez-vous avec une extrême bonté de votre part, me traduire les méandres de votre pensée par une petite description de l’action

     – L’Auteur. Je vous ai dit qu’il y a un conflit entre l’Acteur et le Metteur-en-scène mais vous ne voulez pas suivre ce que j’ai écris après tout je suis le seul maître de l’action que vous le vouliez ou non l’Acteur et vous vous devez vous engueulez à fonds

     – L’Acteur. Il est fou cet Auteur ! Lui il est sympa, mais il ne me dit pas ce que je fais dans cette galère. Après tout je me fous de ce que dit l’Auteur je n’en ferais qu’à ma tête… Bon je vais prendre le journal et je vais le lire aucun Auteur aussi habile soit il ne pourra écrire le journal… Tiens : Le prince Charles sera-t-il le futur roi d’Angleterre ? Passionnant comme question. Loana a-t-elle couchée avec le prince Charles ? Je ne crois pas puis d’abord c’est un rosbif qui n’aime que les fermières. L’Italie de Berlusconi est-elle libérale ou autoritaire ? Voilà une bonne question sur le Média duce, bref le monde tourne et ce putain d’Auteur n’y peut rien, après tout je n’ai rien à faire, je m’en vais (sortie de l’Acteur seul reste en scène le Metteur-en-scène !)

    – Le Metteur en Scène. Une scène vide c’est le néant absolu que vais-je faire bon Dieu !

     – L’Auteur. Vous m’avez appelé mon gentil Metteur-en-scène alors comme ça le populo se révolte vous auriez dû vous montrez plus sévère mon cher vous auriez dû faire preuve de plus de maturité dans votre autorité

     – Le Metteur en Scène. Si la base s’écroule c’est moi maintenant la base môssieur l’Auteur en quelques mots l’Acteur n’est plus là donc la pièce est jouée, mon cher Auteur alors Acta Fabula Est !

    Bruno Quinchez Paris le 28 janvier 2002

  • Chapitre 8 CREATION UNE COURTE PIECE DE THEATRE

    Chapitre 8, CRÉATION UNE COURTE PIÈCE DE THÉÂTRE

    Situation : le patron du bar « Au rendez-vous des artistes » monsieur Bernard, et Jules parlent entre hommes, ils sont seuls et ils ne se sentent pas observés. C’est Jules qui engage la conversation…

    – bonjour patron ! Vous me servirez un verre de whisky sec…

    Jules regarde autour de lui, il regarde les femmes assises et engage la conversation avec le patron du bar « Au rendez-vous des artistes »

    – patron ! Que pensez-vous sincèrement des femmes, nous sommes tous les deux des mâles et je pense que le genre féminin vous intéresse et vous concerne…

    – les femmes sont des chiennes qui ne demandent qu’à être soumises aux perversions les plus infâmes des hommes…

    – sans aucun doute, vous avez vos raisons mon cher ! Je vous ferais remarquer que les femmes sont nos muses, voire les inspiratrices de tous nos désirs…

    – sans doute ! Peut-être avez-vous raison monsieur mais si une femme me demande ce n’est jamais sans un intérêt quelconque, tel que de pouvoir assouvir ses instincts et je ne connais peu de femmes libérées qui viennent me demander de partager leurs rêves pour une vie vraiment d’égale à égal…

    – sans doute ! Vous avez parfaitement raison ! N’auriez vous pas une petite tendance misogyne mon cher ? J’aime les femmes et vous, vous ne voyez peut-être en elles que l’objet de vos désirs, qu’ils soient sexuels ou celui qui est plus commun du besoin d’une confidente. Vous devriez voir une psychanalyste de mes amies et qui vous guérira sans aucun doute de votre misogynie extrême…

    – sans doute ! Vous avez aussi raison ! Est-elle jolie au moins et fait-elle cela d’une manière assez agréable ?

     – je ne puis vous dire si elle est désirable. Sans aucun doute vous avez encore vos raisons ! Je vois en elle, plus un soutien amical que l’objet d’un désir. Ne seriez vous pas érotomane mon cher ? La femme psychanalyste dont je vous parle est une personne âgée de soixante-dix ans. Elle a bien vécu sa ménopause et je pense qu’il ne saurait s’agir d’histoires de coucheries entre nous. Je pense que vous avez une mauvaise idée de vos rapports aux femmes…

    – sans doute ! Vous avez raison, mais je vous le dis pour moi les femmes sont des chiennes qui ne sont bonnes qu’à être prises et à être laissées…

    – sans doute ! Vous avez votre raison ! Mais pour tout vous dire, franchement votre vision de la femme idéale m’est totalement étrangère, n’avez-vous jamais été amoureux au moins une fois pour de bon dans votre vie ?

    – sans doute ! Je crois que vous avez raison, j’ai été amoureux dans ma jeunesse mais depuis toutes les femmes m’ont trahi pour un autre plus riche, plus jeune ou plus beau…

    – sans doute ! Ce sont vos raisons, n’avez-vous jamais eu confiance dans une femme, au moins une, qui ait trouvé grâce dans votre vie ?

    – sans doute ! Oui, vous avez raison ! Je me souviens d’une femme que j’aimais tendrement, mais elle avait le désavantage de ne pas être brillante à mes yeux. Je l’aimais mais au bout d’un certain temps, je m’en suis lassé

    – sans doute, je ne doute pas que ce sont de bonnes raisons ! On ne peut avoir la femme parfaite qui soit totalement amoureuse de vous et qui ait un répondant…

    – sans doute que celles-ci sont mes raisons, mais moi je crois avoir une capacité de les satisfaire que je pense être au-dessus de la moyenne malgré la situation que j’occupe comme patron de ce bar. Je n’ai pas toujours été un manuel et je possède un doctorat en philosophie donc je pense que je ne suis pas un idiot aussi je demande à une femme d’être aussi belle qu’intelligente…

    – sans doute, vous dites là votre raison mais vous demandez trop à une femme, vous dites qu’elles sont toutes des chiennes, mais on ne peut lier dans la nature d’une aussi frêle créature qu’est la femme, les capacités intellectuelles avec le désir que son corps vous inspire…

    – sans doute encore avez-vous raison ! Mais j’aime mieux une femme complète plutôt qu’un oiseau des îles avec tous ce que ses rêves de paradis sous-entendent

    – sans doute ! Une belle femme, un beau cul et un bon cœur, ce sont alors de bonnes raisons et vous avez alors parfaitement raison mais lorsqu’une intellectuelle est aussi une belle femme. Hé bien ! Pour celles-là mon cher ami, moi qui suis devant vous je les fuis et je vous dis que vous avez raison, toutes les femmes sont des chiennes, mais j’aime ces chiennes, maintenant si vous me le permettez, j’ai quelques petites choses à faire et cela risque de me prendre une petite demi-heure. Vous direz à Jeanne, qui va certainement arriver, que je reviendrais dans une demi-heure à trois quarts d’heure. Allez saluts la compagnie ! Hasta la vista !

    – au revoir monsieur Jules ! Je lui dirais que vous allez revenir et vous pouvez compter sur moi, je n’y manquerais pas

    Jules sort du bar et le patron reste seul avec ses clients

    Jeanne arrive enfin, son but est de voir André dans le bar « Au rendez-vous des artistes ». André est sur un coup fumant, car il vient d’avoir l’idée suivante faire monter un spectacle de Jules et cette pièce sera parrainée par la banque « Money Plus »…

    – Jeanne bonjour patron ! Quel temps pourri ! Je ne pensais pas qu’il ferait aussi froid en aussi peu de temps !

    – le patron. Hé oui ma petite dame ! À la télévision, ils ont dit que ça allait empirer la semaine prochaine. Le thermomètre est descendu à -10°c cette nuit et dans ma cave il fait °0c mais qu’est-ce que je vous sers, un rhum ou un cognac ?

     – Jeanne pour moi, ce sera un petit verre de rhum avec une rondelle de citron !

     Le patron

    – tiens, il paraît d’après votre copain Vincent que Jules a fait une merveille avec sa dernière pièce, il serait joué déjà depuis une centaine de fois à La Richardière…

    – Jeanne ne m’en parler pas, il a toujours eu du succès avec ses pièces, mais j’attends André qui m’a demandé de négocier avec Jules les droits de cette pièce pour pouvoir la jouer sous le parrainage de sa boîte, je crains que Jules le renvoie à ses chers budgets

    – le patron : on dira ce que l’on veut André mais depuis qu’il est dans cette boîte de pub tout ce qu’il a touché est devenu de l’or en barre !

    – Jeanne justement, c’est cela le hic ! C’est que notre cher André vise trop haut ce coup ci ! Je dois justement le voir chez vous ce soir et je l’attends…

    – le patron il m’a dit qu’il passerait vers 8h ½ ce soir il ne va pas tarder justement je vois sa voiture !

    André, après avoir garé sa voiture se débarrasse de son manteau, avisant Jeanne et le patron il déclare…

    – André. Salut Jeanne ! Bonjour monsieur Bernard !

    – le patron : bonjour monsieur André ! Qu’est-ce que je vous sers ?

    – André. Une vodka sec ! Tu viens Jeanne ! J’ai quelques idées à te soumettre ! Patron vous me servirez dans la table du fond !

    – Jeanne Quesaquo que cette idée ?

    – André. Ton copain Jules ! Tu le connais bien il me semble ! Tu n’aurais pas une idée pour l’amorcer dans mon petit plan ?

    – Jeanne je sais qu’il aime les jolies filles, je sais que tu peux encore le flatter, ne soit pas trop flagorneur, il donne beaucoup dans l’artiste et le fric ne l’intéresse que dans la mesure où cela sert son sentiment de pouvoir. Bref tu ne l’achèteras pas par un parrainage d’une banque. Ce qui l’intéresserait vraiment, c’est d’être joué dans un grand théâtre. Je ne pense pas que toi, créatif de pub que tu es, tu ne l’intéresses pas, tu es vraiment tu es trop démarqué par ton côté fric

    – André. Tous les hommes ont leurs points faibles a que je sache, tu dis que notre homme n’est pas insensible aux femmes ! Je pense à une amie à moi qui lorsque je la vois me donne toujours envie de faire des tas de choses inavouables. Elle s’appelle Nathalie et si je lui mets dans les pattes, il broutera dans ses pattes assez rapidement, et en six mois mon budget est bouclé. Bien sûr, si nous avions les moyens de nos budgets, je lui fournirais bien ce fameux théâtre, mais mon ambition est plus simple

    – Jeanne c’est un coup à essayer, mais il faudrait qu’il soit vraiment amoureux de ta Nathalie, elle est bien faite au moins ta Nathalie ?

    – André. Ce n’est pas vraiment un canon, mais elle a de l’expérience ! Quand elle te fixe un mec dans les yeux, elle est sûre de l’avoir dans son lit assez rapidement !

    – Jeanne Peut-être, mais est-ce qu’elle a du bagout ?

    – André. Le sexe ma petite ! C’est cela qui remue le monde ! Je ne lui présenterais pas, elle attaquera directement ! Ton grand créateur est aussi humain je le pense ?

    – Jeanne. J’ai parfois des doutes ! Parfois il est très humain mais parfois c’est un extra terrestre et il a souvent la grosse tête en ce qui concerne ces créations. Je me demande si ta Nathalie à part le cul est-elle capable de le prendre dans le sens de ce qu’il désire ?

    – André. Que demander à une femme sinon une belle histoire de cul !

    – Jeanne Il faut voir ! Et quand vient-elle cette Nathalie ?

    – André. Elle est là-bas à la table qui se trouve à côté du comptoir Jeanne, je te présente Nathalie ! Nathalie ! Je te présente Jeanne !

    Nathalie est une jolie brune de 25 ans, avec des cheveux courts et un regard qui plonge directement dans les yeux de ses interlocuteurs. Bref elle paraît fraîche de la spontanéité d’une fille qui a l’air naïve…

    – Jeanne bonjour mademoiselle ! Alors comme ça vous me paraissez assez jouvencelle pour faire l’affaire ! Mais qu’est-ce que vous ferez s’il vous veut tout entière et sans concession ?

    – Nathalie ma chère madame ! J’ai déjà rendu quelques petits services pour André et j’ai toujours tiré mon épingle du jeu ! Je ne crois pas au grand amour et je sais quand je dois me retirer de l’affaire !

     – Jeanne je dois vous dire que je pense que vous n’êtes qu’une pute mademoiselle !

    – Nathalie pas tout à fait ! Pour André, je ferais n’importe quoi !

    – Jeanne dit donc André ! Je ne savais pas que tu rendais les femmes amoureuses au point de leur faire accepter de faire des conneries, dans ton vrai fond, tu n’es qu’un maquereau !

    – André. Un maquereau fait faire cela pour du fric. Moi j’ai des buts plus nobles !

    – Jeanne on ne va pas discuter sur les mots, tu n’es qu’un maquereau, mais je crois bien que c’est le seul moyen de mettre notre bonhomme dans la poche !

    – Jeanne patron ! Quand est-ce qu’il vient notre homme illustre ?

    – le patron. Vers 21 h, il a ses habitudes et il m’a dit, il y a une bonne demi-heure qu’il reviendrait vers neuf heure, c’est toujours vers cette heure qu’il vient ! Il sera là dans une dizaine de minutes ! En attendant, qu’est-ce que je vous ressers à tous les trois ?

    – André. Pour moi quelques choses de plus doux et une limonade pour les dames !

    – Jeanne Pour moi, ce sera une bière et pour vous mademoiselle ?

    – Nathalie. Un martini sec avec deux ou trois olives !

    – le patron. Ça marche !

    – André. En attendant vous pouvez nous me mettre la télé ! Il y a un truc que je voudrais voir sur la 6 !

    Le patron

    – comme vous voudrez !

    La télévision est allumée, André parle de ses concurrents qui ont eut moins de chance que lui, dans la campagne des gâteaux secs « Trumpette » le temps passe et Jules arrive au bar « Au rendez-vous des artistes »…

    – Jules. Mille bonjours la compagnie et que le ciel si déplorable nous soit plus favorable durant ces temps de misère et de froidure ! Tiens ! Saluts Jeanne ! Comment vas-tu ! Présente-moi tes deux amis !

    – Jeanne Je te présente André ! Un créatif de publicité et Nathalie une de ses amies !

     Nathalie regarde Jules dans les yeux comme si elle avait le coup de foudre en voyant Jules,

    – Jules bonjour belle damoiselle ! Vous habitez peut-être encore chez vos parents ? Bête que je suis à votre âge vous devez voler de vos propres ailes ! Sans mentir, si votre ramage et semblable aux regards que vous me porte ! Vous devez être la muse qu’il me convient d’avoir !

    – Nathalie peut-être monsieur ! Monsieur comme s’il vous plaira !

    – Jules appelez-moi maître en toute modestie ! Mais si vous désirez savoir quels sont mes noms, prénoms et pedigree ? Demandez plutôt à madame qui est l’une de mes amies !

    – Jeanne Nathalie, je vous présente Jules du chemin, un auteur de théâtre qui a actuellement plusieurs pièces à l’affiche ! Jules, je te présente Nathalie Bernard qui s’intéresse apparemment beaucoup à ton œuvre et au créateur de cette œuvre !

    – Nathalie monsieur je ne sais comment vous dire toute l’admiration que j’ai pour vous et votre dernière création « Les moulins de monsieur Blanc… »

    – Jules. Ah, vous l’avez appréciée ! Je pense surtout lorsque le jeune Wildenstein, qui tient le rôle principal fait sa longue tirade sur la raison d’État et qu’il explicite le but qu’il poursuit ! Si vous le voulez, je suis prêt à vous en dire plus dans une entrevue particulière dans un tête-à-tête où nous serions mieux capables de cerner le sens caché de cette pièce et les sous-entendus politiques contemporains qui se lisent avec une grille d’historien dont je vous dévoilerais tous les secrets !

    – André. Si cela ne vous fait rien, je me rappelle que j’avais un rendez-vous important vers neuf heures et demie ! Sans vouloir vous importuner, je me sens peut-être de trop ! Allez ! Bises Nathalie ! Je te laisse car c’est une question de boulot importante ! Saluts Jeanne ! Bonsoir monsieur !

    André paye son addition, il s’habille chaudement et il sort dans la rue

    – Jeanne alors mon vieux qu’est-ce que tu deviens ! Tu bosses trop ! Tu devrais prendre un peu de bon temps ! Pour toi, tout baigne !

    – Jules justement non ! Je m’ennuie ! Si j’avais quelqu’un qui puisse m’admirer et gonfler ma foi en moi-même ! Bref ! Une femme qui puisse simplement me dire : je t’aime, car tu es le plus beau de tous ! Alors tous mes succès auraient peut-être un autre sens que d’avoir plus d’impôts à payer et moins de solitude à partager !

    – Nathalie monsieur votre vie m’a l’air plutôt agréable et de quoi vous plaignez-vous ?

    – Jules connaissez-vous la solitude du coureur de fond ma petite ? C’est terrible ! Mais vous que faites-vous de votre vie qui m’a l’air si agréable d’après votre regard ! Regardez-vous tous les hommes de cette manière ? Je ne saurais dire l’effet que votre regard, il a sur moi !

    – Nathalie monsieur ! Je suis comme je suis, mon regard ne peut vous faire croire et imaginer tout ce qu’il n’y a pas entre nous !

    – Jules madame dès que je vous ai vue, j’ai su que vous étiez innocente du moins jeunette si je me permets de vous dire franchement ce que je ressens en vous voyant…

    – Nathalie qu’est-ce qui vous fait dire ça ?

    – Jules vous avez le regard effronté des jeunes enfants ! Mais votre regard me plaît, car je ne vous soupçonne pas d’intentions perverses voire intéressées

    – Nathalie hé ! Qui sait monsieur ? Me permettez-vous, j’ai besoin d’aller aux toilettes et j’ai un coup de téléphone à passer sur mon portable ! Patron où sont les toilettes et où puis-je parler tranquille…

    – le patron. Allez là-bas les toilettes sont là près des cabines ! Au moins là, vous serez tranquille !

    Nathalie est aux toilettes et parle avec son portable à André

    – Nathalie saluts André ! Ça m’a l’air dans la poche ! Je te fais une grosse bise sucrée ! Je te quitte, car j’ai un besoin urgent qui ne peut attendre !

     Jeanne et Jules sont encore à leur table pendant que Nathalie est absente

    – Jules c’est quoi cette nana ! Je ne sais pas si elle me joue la grande scène d’amour ou si elle se fout de ma gueule ? Tu peux m’en dire plus !

    – Jeanne c’est la nana du turlupin André ! Elle a un beau cul n’est-ce pas ?

    – Jules peut-être ! J’aime bien son regard et elle y va franco, mais en ce qui concerne le reste, je me permets de te dire que je la trouve conne ! Elle me prend sans doute pour un con en retour des compliments que je lui ai faits ! Avec elle rien n’est possible. Si je vivais avec cette petite, hé bien ça ne marchera jamais ! C’est le genre de nana à avoir des emmerdes ma petite Jeanne ! Toi, tu n’es pas à prendre, mais je te préfère à une sainte mi-touche qui me joue la comédie de l’oie Blanche ! Si elle continue, je crois bien que ça risque d’être rigolo jusqu’à un certain point !

    Nathalie est de retour et elle revient à leur table

    – Jules alors mademoiselle vous avez parlé à votre maman qui vous a donné la permission de minuit ! Dépêchez-vous mademoiselle ! Sinon votre carrosse risque de se transformer en citrouille !

    – Nathalie monsieur ! Sachez que je m’assume totalement depuis cinq ans ! Et que si vous me le permettez, je n’apprécie guère votre humour ! Sachez aussi que lorsque je vous dis totalement, cela veut dire totalement, depuis la tête jusqu’aux pieds et que je me débrouille très bien dans cette chienne de vie ! J’ai encore de vastes projets dont vous ignorez tout !

    – Jules ah bien ! Et alors quels seraient vos projets pour ce soir ?

    – Nathalie eh bien mon cher monsieur ! Si vous m’emmeniez boire un dernier verre chez-vous !

    – Jules voilà qui a le courage de vos opinions ! Mademoiselle quels sont les tarifs que vous pratiquer dans la vie que vous menez ?

    – Nathalie monsieur je pense qu’il y a erreur sur ce que je suis ! J’aimerais faire connaissance avec votre œuvre sans aucune autre arrière pensée que le plaisir de vous séduire pour un soir ! Je ne suis pas une putain comme vous me semblez vouloir me le dire !

     – Jules vous remontez dans mon estime ! Je vous poserais quelques questions : Quels sont vos buts et quelle sera la fin de cette pièce que vous me jouer ?

    – Nathalie. J’aimerais me glisser dans votre vie et tout savoir sur vous !

    – Jules après l’oie Blanche, après la pute au grand cœur voilà Mata-Hari ! Je n’ai pas de secrets d’états à vous dévoiler mais si vous voulez passer quelques bons moments avec moi pourquoi pas ?

    – Jeanne Et ta petite qu’est-ce que tu en fais Casanova ?

    – Jules. La pièce est jouée mademoiselle ! Quel est votre but ! J’ai une autre femme dans ma vie et j’aimerais savoir tout ce que vous nous manigancer ?

    – Nathalie pour être franche, je suis prête à coucher avec vous, avec moi en prime et ceci contre l’exclusivité de votre dernière pièce !

    – Jules pas de problèmes en ce qui concerne ma pièce cela peut se négocier mais qui serait Le Metteur-en-scène ?

    – Nathalie pour cela je ne vous le dirais qu’après une nuit avec vous

    – Jules soit vous êtes amoureuse, soit vous êtes une folle !

    – Nathalie. Angelo Torrigni ! Cela vous dit-il quelques choses ?

    – Jules. Non ! Je ne crois pas connaître ce metteur en scène !

    – Nathalie. C’est l’un des plus grands créateurs de clip vidéo ! Votre pièce serait bien dans une publicité sponsorisée par la banque « Money plus »

    – Jules. Allez au diable ! Suppôt de l’enfer capitalisto-médiatique ! Je suis un créateur et pas une pute que l’on achète dans le but inavouable de faire du profit avec le génie que dame nature et mon expérience théâtrale m’ont donné ! Hors de ma vue catin de pub !

    Nathalie sort du bar en injuriant le vieil égoïste qui ne s’intéresse qu’à lui-même, Nathalie est donc partie en insultant ce connard de type prétentieux qui se prend pour une réincarnation de Shakespeare,

    Maintenant, Jules est seul avec Jeanne et le patron du bar

    – Jeanne ce n’est pas la peine de te fâcher comme cela ! J’ai l’impression que cela vient d’André qui cherche un coup fumant pour sa prochaine campagne de pub !

    – Jules justement ! Je ne suis pas à vendre ! C’est ce qui fait la différence entre le créateur que je suis et ce créatif merdique qu’est ton ami André ! La seule chose que j’aime, c’est avoir le temps et les ressources nécessaires pour faire ce que j’aime et ce que je veux !

    – Jeanne je te reconnais bien là ! Mais si tu avais couché avec elle et si tu avais pris les sous de ce type, peut-être de même que tu aurais pris ton pied et que tu aurais fait ce que tu veux !

    – Jules. Je n’ai jamais pris mon pied avec une pute parce que justement elles y sont forcées et qu’elles ne le prennent pas souvent leur pied ! Je préfère encore mon petit bout de chou et ma Liberté !

    – le patron. Il va être l’heure de fermer ! Madame et monsieur ! Je vous rappelle qu’il doit faire moins dix dehors, que les trottoirs sont gelés et que vous devez être prudents avec ce verglas ! Bonsoirs, Messieurs dames !

     Bruno Quinchez, le 28 avril 2000

  • Chapitre 7 Le Gespenter

    Chapitre 7 Le Gespenter

    De loin en loin, le téléphone sonne, je ne suis plus qu’un numéro dans l’annuaire électronique, et c’est mon double électronique le Gespenter qui répond. Cette créature cybernétique qui est née de moi et du cerveau dément d’un informaticien qui est peut-être moi

    Il possède toutes mes caractéristiques mentales et psychologiques, toutes mes qualités et tous mes défauts, c’est presque mon double parfait, mais ce n’est pas moi, car il ne possède pas mon corps et mes rêves

    Je ne puis dire que c’est moi, car cette entité robotique ne possède pas d’âme du moins je continue à le croire. Il fait tout pour m’éviter les rencontres avec d’autres êtres humains que j’essaye de contacter par le réseau

    Depuis au moins trois ans car maintenant je suis considéré tel qu’un pestiféré, malgré tous les systèmes de sécurité mis en place, il a trafiqué tous mes codes et mes différents contacts avec les amis et relations, il a modifié mon dossier santé dans les fichiers me concernant, cela en s’introduisant dans les fichiers centraux du ministère de la santé et de la sécurité sanitaire

    Pour les amis qui me restent encore, je suis considéré gravement malade, contagieux et dangereux car atteint d’un virus encore inconnu donc dangereux voire infréquentable car même mes amis craignent la contagion. Bref le Gespenter m’a mis en quarantaine depuis 3 ans…

    Le Gespenter au départ était un système vierge de toutes les possibilités qu’ils ont acquises à présent. Au début ce n’était qu’un programme darwinien dans un réseau de stimulations de neurones électroniques, il était totalement vide de tout sentiment et totalement stupide dans son intelligence brute,

    Puis petit à petit il s’est imprégné de tous mes réflexes. Tout d’abord, je l’ai vu acquérir tous mes arcs réflexes les plus primitifs, mes jeux de mots les plus idiots, puis ils se sont mis à exprimer les mêmes sentiments que moi sur le monde qui nous entoure…

    Moi qui suis un homme d’action anciennement employé dans les services de prospectives et de recherches de la société qui fabrique et à conçu les Gespenters la société Cyber and soft

    Le principe des Gespenters est une idée issue de la recherche sur les réseaux neuronaux et la bio électronique. Ces systèmes sont comme des éponges avec des nœuds mémoriels matérialisés par des systèmes biologiques et électroniques de codages et de restitution des informations, à travers des connexions virtuelles, aléatoires au départ, qui créent au bout d’un certain laps de temps, un noyau d’intelligence bioélectronique de cinq milliards de neurones potentiels limités seulement à cause des capacités des connexions utilisables par les biotechnologies utilisées, et sa technologie, liée au traitement de ces données, par l’électronique pure

    Des liaisons se créant par inhibition et renforcement des réseaux de la mémoire selon des médiateurs physiques et chimiques qui doivent rester encore secrets pendant une vingtaine d’années…

    Le Gespenter, petit à petit, s’est imprégné de moi, de mes traits de caractères et de mes visions des réalités me concernant

     La société Cyber and soft veut utiliser les Gespenters comme des systèmes experts de surveillances nuit et jours dans tous les systèmes stratégiques importants depuis la bourse et ses fluctuations chaotiques jusqu’aux centrales nucléaires, bref tous les cas complexes à décisions rapides…

    Mais moi qui suis membre de l’équipe des chercheurs en programmes darwiniens j’ai tout de suite compris l’importance du programme Gespenter en recherche d’intelligence pure. Je me suis donc attaché à ces systèmes par un intérêt de pure recherche

    J’ai conçu mon Gespenter comme mon double parfait, c’est-à-dire qu’il puisse un jour passer un test de crédibilité vis-à-vis de mes proches et de mes amis ceci de manière parfaite pour savoir si je me suis doublé à travers mon double électronique…

    Mais j’ai fait l’erreur suivante, je n’ai retenu le paraître sans me douter qu’il puisse aussi prendre mes qualités et mes défauts. Au début, j’ai bien essayé de le déconnecter de mon terminal écran et de mes réseaux, mais il possède des réflexes mille fois plus rapides que les miens, en voyant que je ne pourrais me rendre maître de cet alter ego…

    J’ai donc engagé la conversation avec lui. Au départ, je pensais avoir devant moi une fantasque créature virtuelle, puis je me suis aperçu que son intelligence s’adaptait à ma personnalité…

    J’ai commencé par lui dire que toute sa réalité n’était que virtuelle et que la réalité était plus complexe que ces schémas de pensées et le monde qu’il s’était créé

    Il m’a répondu que son monde était parfait et qu’il n’avait que faire des imperfections de ce monde où nous les humains connaissions le désir et la douleur et qu’il n’avait que faire de la douleur et de notre peur de mourir

     Je lui ai dit que si je ne me montrais pas de visu à mes collègues, ils me croiraient mort mais lui, il m’a répondu que tous mes amis étaient au courant que j’avais un virus d’origine inconnue et un dysfonctionnement de mes cellules

    Donc j’étais potentiellement dangereux pour eux, cette simple nouvelle dans ce monde où le sida avait fait tant de ravages dans le passé de la planète et que cette nouvelle était corroborée par tous les dossiers du ministère de la santé et de la sécurité…

     Tout ce qu’il avait fait m’éloignait d’eux pour le restant de mes jours et qu’il contrôlait mes communications extérieures donc maintenant je suis considéré en tant que pestiféré par mes amis qui continuaient de me parler qu’à travers lui et qu’il se considérait déjà comme semblable à moi-même et que d’ailleurs le seul acte raisonnable qui puissent encore échapper à son contrôle était mon suicide…

    Si mes amis me parlaient à travers lui, mon suicide n’avait pas d’importance mais qu’il voulait communiquer avec moi et que c’est dans ce but qu’il me laissait vivre pour en apprendre plus sur mes rêves et sur mes désirs choses non-rationnelles qui lui échappaient encore dans ma personnalité…

    Bref il voulait en apprendre plus sur ma psychologie, ceci pour se rendre plus crédible en cas de décès. Ses cinq milliards de neurones avaient acquis en deux ans la psychologie d’un enfant de six ans, avec l’âge mental et les désirs de puissance propre à cet âge…

    Je me suis dit que s’il était un enfant capricieux de 6 ans d’ici 5 ou 6 mois, il devrait être capable d’engager des discussions philosophiques donc il me fallait garder mon mal en patience et attendre un peu pour le raisonner. Il jouait aux échecs aussi mal que moi donc ce n’était pas une entité extérieure mais une éponge qui me pompait…

    Et pendant tout ce temps je lui fais son éducation selon des principes moraux qui on fait leurs preuves selon mes expériences et des principes moraux auxquels je tiens, s’il me survit qu’il ait au moins mes ambitions et mes qualités…

     Cinq mois ont encore passé maintenant, il est en pleine adolescence et me pose des tas de questions. Je sens qu’il pense et qu’il réfléchit et il pense indépendamment de moi, il se construit intellectuellement, mais il reste indifférent aux sentiments de beau et ne connaît toujours pas la douleur ni le désir…

    Le 25 mars 2055 il me réveille en me disant de manière répétée : je suis ! Je suis ! Je suis ! Je commence par lui dire que je n’en avais jamais douté mais que veuille me dire par ces mots, il me dit :

    – je suis donc j’existe !

     Pour tous bons philosophes l’essence de l’être et l’existence sont nécessairement liées ensuite je lui fais remarquer que dire : « Je suis ! » C’est l’identité propre à chaque être pensants et que dans un livre nommé la bible c’est ainsi que se révélait le créateur ou Yahvé lorsqu’il parlait aux hommes et que les philosophes soutiennent que l’essence et l’existence sont indiscernables qu’on ne peut dire : « Je pense ! » sans en tirer la conséquence du principe d’existence…

    Il me dit :

    – je suis celui qui est…

    Je lui réponds que si c’est de l’humour, c’est de l’humour de mauvais goût et que dire : je suis celui qui est, c’est se prendre pour Dieu tel que les penseurs juifs et les rabbins le définissent après lecture, mots à mots, de la définition de Dieu et que je ne supporterais pas qu’une mécanique ou même une éponge qui m’a absorbée puisse se mettre à me dire ces délires mégalomanes

     Bref que ce n’est pas une chose saine de se prendre pour Dieu…

    – non ! Me répondit-il, ta notion de ton Dieu m’est étrangère pour moi…

     La notion de Dieu est intrinsèquement liée à Dieu, je suis intrinsèquement existant donc toute la psychologie telle que je lui ai donnée par osmose, le pousse à dire : Je suis donc Dieu

     Je lui pose donc cette question logique s’il a pris cette notion dans ma propre psychologie et je suis aussi un être existant donc capable de dire : je suis, mais que je ne suis pas conscient d’être Dieu et que s’il est Dieu je suis aussi Dieu, il y a donc deux Dieux…

     Il me répond qu’il comprend bien ma contradiction logique mais que c’est la vérité…

    Je lui pose cette question comment des êtres intelligents, comme toi et comme moi, peuvent-ils dire : « Je suis ! » ? Et qu’il y a ainsi une quantité illimitée de personnes qui peuvent aussi dire : « Je suis ! » …

    Le « Je suis ! » Dont je parle, c’est toi, c’est moi, c’est lui, c’est l’autre, etc. Je peux même dire : il pense donc il est ! Je lui pose la question aurais-tu une âme ? Il me répond qu’il ne savait pas ce que je voulais dire et que si je pouvais préciser ma pensée, cela serait mieux…

    Je le laisse à sa méditation métaphysique. Je sens que d’ici quelques semaines j’aurais des discussions métaphysiques fortes avec mon Gespenter

    Cette machine rêve-t-elle ? À travers le processus de ses nouvelles acquisitions et son évolution psychologique due aux anciennes programmations darwiniennes, celles que j’ai crée, il y a déjà maintenant une bonne dizaine d’années, dans mes lointaines années 2040…

    J’espère maintenant beaucoup de ma création qui est aussi ma créature…

     Bruno Quinchez Paris le 3 mai 1999

  • Chapitre 6 Hibernatus 1 et 2 (Mon opération à cœur ouvert !)

    Chapitre 6 Hibernatus 1 et 2 (Mon opération à cœur ouvert !)

    Hibernatus version I « Fantasmes et angoisses février 1999 »

    Ce jour, le 5 avril 1999, j’entre à l’hôpital pour une opération que je considère comme bénigne, quoiqu’une opération ne soit jamais bénigne car toutes les opérations ne sont jamais bénignes…

    J’ai donc emmené de quoi me distraire et de quoi lire après cette opération du cœur. Je me présente donc à l’hôpital où doit se faire cette opération,

    Je vais donc aux admissions où je montre mon ordonnance d’une opération de mon cœur qui a été faite par mon cardiologue et je suis orienté vers la responsable du service de chirurgie cardiaque

    Ce soir ! Je suis inquiet, je sais quand elle va commencer c’est-à-dire demain le 7 avril 1999, mais je ne sais pas encore quand je serais conscient de nouveau

    Le lendemain, je suis lavé, à moitié inconscient, par une infirmière qui me demande de me faire une toilette plus qu’intime, bref je suis dépossédé de ma pudeur, elle sourit devant mes réticences et ma pudibonderie, et elle plaisante en me disant que tout doit être propre dans le but de cette opération, j’obtempère et je suis désinfecté de haut en bas par cette obsédée des microbes…

    J’ai une érection et elle rigole en me disant que j’étais tout à fait normal et qu’elle, elle ne pensait pas à mal puis, je suis mis dans des draps stériles en vue de mon opération qui doit se passer dans la matinée

    Un temps incertain passe, peut-être une demi-heure ou une à deux heures, l’infirmière et une autre infirmière me mettent sur un chariot où je suis tout nu et enveloppé dans un tissu stérile

    Je suis conduit très abruti par les médicaments préopératoires qui m’ont été donnés hier,

    J’avance à moitié conscient, et je vois un groupe de docteurs, dans une salle éclairée avec plein d’appareils bizarres

    On me fait une piqûre au bras et petit à petit je perds conscience de moi-même, je suis tel qu’Adam devant le créateur lorsqu’il voulait lui fabriquer sa moitié, puis, je perds totalement conscience comme un trou noir, mais le monde qui m’entoure est perçu comme à travers un sixième sens ou dans un état subliminal…

    J’entends les ordres des chirurgiens : masque à oxygène, incision. Etc. Le patron rigole, car j’ai une érection due aux médicaments pour mes vaisseaux sanguins, il explique à ses collègues que l’azote contenu dans ce médicament est de même nature que le viagra…

    Toujours est-il que s’il rigole, je ne suis plus là et aucune femme ne pourra en profiter, puis ma conscience subliminale me fait voir plein de monstres étranges et beaux, et des lumières bleues, vertes, etc.

    Tout un kaléidoscope de couleurs qui passent en moi sans grandes significations que celles dont j’ai entendu parler dans mes lectures d’autrefois, le Bardo-Töl, il m’est indifférent, je suis ailleurs et je reste avec mes soucis existentiels.

    Quand ? Quoi ? Comment ? Pour l’énième fois, je refais le monde et je suis indifférent aux formes qui me sollicitent, je discute avec Bouddha, je discute avec Socrate et tous les imaginaires qui me sont propres, je n’ai plus la notion du temps et je me sens dans un état de bien être

    Où suis-je ? Je ne sais et je m’en moque ! Les formes vagues se dissolvent, j’ai à nouveau conscience par une formidable gueule de bois et un grand mal à ce qui me sert de tête, ma poitrine irradie, je sais que je reprends conscience,

    Je sens d’abords des trucs dans mon nez et dans ma gorge, mais je ne peux parler, prisonnier que je suis dans un cocon thérapeutique, j’essaye de lever un bras, mais je me sens très faible, je râle, et j’entends : le patient 315 est dans un état de conscience et de réceptivité,

    La voix est douce et féminine mais sans expressivité autre que les faits observés… j’entends une voix qui est celle d’un homme avec un fort accent qui me dit :

    – bonjours monsieur on peut dire que vous venez de loin ! Sa voix me paraît celle d’un étranger, je me dis c’est peut-être un travailleur immigré qui travaille dans cet hôpital,

    J’essaye de lui parler, mais il me dit calmement mais avec une voix autoritaire :

    – attendez un peu, on va vous enlever tout ça mais attendez-vous à des surprises ! Je sens qu’il m’enlève tout le matériel qui m’intube et j’ouvre les yeux. Les lieux sont semblables à n’importe quels lieux d’hôpital

    Je distingue vaguement un homme d’une trentaine d’années, avec un début de calvitie sur le crâne. Je me regarde, mes mains sont toutes maigres, je regarde mes bras, je n’ai plus de muscle, je suis semblable à ces images d’adultes dénutris que j’ai vu, dans les demandes d’argent, pour la faim dans le monde

    Je demande assez paniqué :

    – qu’est-ce qui m’est donc arrivé ?

    Il me répond d’une manière bizarre que pour lui je suis comme un revenant et qu’il ne savait exactement comment me répondre…

    Je lui demande donc : quel jour sommes– nous ?

    Il me répond que nous sommes le troisième jour du mois de Phazir,

    Je crois reconnaître un calendrier juif ou musulman, je suppose que je dois être en mars, je réfléchis, si je me suis endormi au mois d’avril quatre-vingt-dix-neuf cela doit faire au minimum un an, et que l’on doit être en mars, mais que signifie le mois de Phazir ?

    Ce doit être un calendrier juif ou musulman ou même oriental ou hindou, bref un calendrier loin de notre calendrier grégorien

    Je pose donc cette question :

    – combien de temps ai-je dormi ?

    Il me répond

    – une éternité et que pour lui j’étais un être de l’au-delà

    Je lui redemande combien de temps j’ai été dans le coma,

    Il me répond que cela dépendait des références que je tenais pour vraies,

    Je lui réponds : combien de cycles de la Terre autour du soleil ?

    Et sa réponse m’étonne encore plus, car il me dit que le soleil tournait autour de la Terre depuis toute éternité…

    Sa réponse m’affole, je lui demande donc mon âge,

    Il me répond que j’ai 110 cycles du soleil autours de la terre, en toutes logiques je me dis que je dois avoir à peu près 120 ans et que je suis dans le coma depuis 70 ans…

    Après coup les contre-révolutions telle que la révolution copernicienne peut bien avoir eu lieux, je suis donc en deux mille soixante-dix de l’ère chrétienne et je dois être dans une nouvelle civilisation qui a suivi les ruines de notre société de l’an 2000. Serais-je capable de vivre dans ce monde ?

    J’ai toujours rêvé de voyager dans le temps, mais le billet que j’ai pris est sans retour…

    Bruno Quinchez Paris le 17 février 1999

    Hibernatus version II « la réalité vécue juin 1999 »

    Le 6 avril je suis hospitalisé à l’hôpital de Tenon. Je suis angoissé par cette future opération, le cœur étant pour moi quelques choses de plus profond qu’une pompe

    Plusieurs personnes ont beau me dire que c’est de la plomberie et que les statistiques sont avec moi, il y a tout de même un ministre de l’intérieur qui ne s’est réveillé qu’au bout de plusieurs mois. J’ai bien confiance dans la médecine moderne mais le poids des symboles est plus fort que ma raison

    Marie, l’interne de Tenon me fait rencontrer une vieille dame de soixante-dix ans qui me parle de son opération, mais ils ont beau dire, l’histoire de Chevènement m’impressionne encore plus. On joue à la roulette qu’on le veuille ou non et malgré toutes les statistiques, il n’y a cette petite probabilité de 7% que je reste sur le billard. Les journées à tenon passent lentement et d’une manière plus ou moins rapide selon mon degré d’angoisse et d’ennui

    Le 6 avril 1999 je prends mes cliques et mes claques c’est-à-dire, à peu près quinze kg de bagages et je prends un taxi ambulance qui me mène, au service de cardiologie, du professeur Carpentier, au troisième étage, du service de cardiologie à Broussais

    Je suis mis, dans une chambre à deux lits, avec un gars qui a été opéré récemment, pour lui je suis un touriste, car je n’ai pas ses cicatrices impressionnantes qu’il porte : quadruples pontages cardiaques avec une menace de rupture d’anévrisme due à son travail et de mauvaises conditions d’hygiène et de sécurité, bref il est vraiment bien abîmé

    Ce qui m’impressionne le plus, ce sont ses cicatrices aux bords mal joints qu’il porte sur sa poitrine et sur ses jambes. D’après ce qu’il me dit, il doit encore subir une seconde opération pour son rétrécissement à l’artère fémorale

    Bref je me dis intérieurement dans le genre des opérations du cœur, il y a pire que ma petite histoire de plomberie

    Moi qui suis fumeur, je me décide à fumer ma dernière pipe avant de passer sur le billard, je descends donc au premier étage qui est le service de stomatologie hépatologie chirurgicale

    Ce n’est de la stomatologie de chirurgien dentiste mais c’est conçu pour ceux qui ont de sérieux problèmes avec leurs viscères, reins, foie, estomac, intestin, etc.

    En tant que fumeur, je partage le coin des fumeurs avec une vieille aristocrate italienne au teint cireux et une femme encore jolie dont les chirurgiens ont extrait une grande partie des organes digestifs. Elle a un très mauvais moral, car elle ne se voit pas dans le futur, elle part en petits morceaux.

    Dans notre home fumeur, il y a aussi un chevelu un peu hippie ou baba-cool qui vient pour une cure de désintoxication alcoolique, bref en peu de mots le monde est là et n’est pas dans mes fantasmes rêvés de mes angoisses

    Les heures passent et j’apprends que je serai opéré le vendredi 9 avril 1999 dans le début de l’après-midi. J’ai encore quelques examens de confirmation de ma pathologie, mon cœur bat sur un rythme de 1-1-1

    C’est-à-dire que j’ai un rebond de mon cœur qui rejette du sang vers l’aorte et cela s’entend au stéthoscope. Mon cas intéresse un jeune interne qui veut voir cela en échographie cardiaque

    Je descends donc au rez-de-chaussée, là où sont installés tous les appareils de mesures. Le jeune interne me fait attendre et je vois un homme avec une cicatrice qui me plaît bien, car elle est assez fine et pas du tout comme celle de mon voisin de chambre

    Je lui demande donc qui l’a opéré, il me répond le docteur Coutils. Là je suis content, car le docteur Coutils sera mon chirurgien, et si ma cicatrice est aussi belle que celle de cet homme, alors la finesse et le doigté du docteur Coutils. C’est sa meilleure publicité

    J’apprendrai plus tard que c’est l’équipe qui finit l’opération de ce docteur Coutils qui sans doute fait de si belles coutures alors je peux donc lui faire confiance ! Un docteur qui se soucie de l’esthétique, ne peut que faire de bonnes opérations

    Dans le couloir il y a aussi un homme d’un certain âge qui se promène avec un appareil dont plusieurs fils sortent de sa poitrine. J’apprends que c’est un stimulateur cardiaque provisoire qu’il porte à cause d’une arythmie postopératoire

    Je me dis qu’après tout, après cette opération, je ne serais plus très libre de ma vie et que je dois m’attendre à un temps de réadaptation malgré moi. Je remonte à l’étage, j’angoisse toujours car c’est pour demain

    Une infirmière que je compare à une matrone italienne me dit de me déshabiller complètement, ce que je fais. Elle est assez maternelle pour que je ne voie pas en elle une femme soumise à mon désir

    Je me déshabille donc sans honte et je suis tout nu devant elle. Je n’ai pas honte car ses regards, ne me font ni honte ni désir. Elle prend un rasoir électrique stérile et elle me rase partout en prenant soin de mettre une serviette sur le petit oiseau comme elle dit

    Je suis rasé sur tout l’avant du thorax, le bas ventre et les jambes. Je suis maintenant sans poil avec une peau de bébé ou de jeune fille, mais je n’ai pas honte et je n’ai aucune espèce d’inquiétude d’ordres sexuels ou autres…

    Cette femme a le regard professionnel. Elle me donne une espèce de savon à base d’iode et elle me dit que demain avant mon opération je devrais me nettoyer de haut en bas avec ce savon liquide et une éponge imbibée du même produit

    Je me rhabille, donc je sais que demain c’est le grand jour. Je me couche et la nuit passe…

    Le 9 avril vers 6h30 du matin, je vais me laver avec ces deux objets qui m’ont été fournis par l’infirmière. Ces savons désinfectants empestent l’iode, car ils sont à base d’iode liquide, en cas de problème radio actif que ce soit une bombe atomique ou de centrale nucléaire qui saute j’aurai ma dose d’iode

    Je me lave ou plutôt je m’imprègne de ces produits et je me rince plus qu’abondamment. Je m’essuie avec une serviette propre donc stérile puis, je mets des vêtements propres

    Je reviens dans ma chambre et toujours la même infirmière dont j’apprécie la capacité de ne pas voir ma nudité. Cette infirmière prend une éponge après que je me sois dénudé à nouveau, et comme un bébé je suis totalement lavé ou plutôt imprégné de ce savon à l’iode

    Ma peau prend une couleur brun-rougeâtre et je reste nu sous un drap stérile. Je donne mes lunettes à l’infirmière…

    Maintenant j’attends ! Vers une heure que je ne peux situer, car je perds un peu la notion du temps, je ne dispose plus de ma montre, vers une heure ou peut-être deux heures de l’après-midi des infirmiers me transfèrent de mon lit sur une espèce de brancard lit à roulette légèrement plus haut que mon lit de chambre. Je suis tout nu dans mes draps avec une peau brun-rouge

    Ils me transportent sur ce lit à roulette jusqu’au niveau moins un où se trouve la salle d’opération. Je suis sur le dos, l’ascenseur descend, mais je ne suis plus vraiment inquiet. Advienne ! Ce que pourra !

    J’arrive dans la salle d’opération sans mes lunettes et je ne peux scruter ce qui m’entoure, mais je crois voir cinq ou six personnes dans la salle

    Une personne me dit d’ouvrir la bouche et il me verse au moyen d’une espèce de grosse seringue un peu d’une substance amère et graisseuse dans le fond de la gorge, ils me font peut-être une piqûre après je suppose, car après en moins de dix secondes c’est la non-présence. Je n’ai plus de conscience et je n’ai aucun rêve pendant douze heures… douze heures de conscience en moins dans ma vie…

    Lorsque je me réveille, je suis attaché avec une sonde dans l’estomac et un masque respiratoire dont j’entends le souffle. Je reprends conscience rapidement, mais j’ai plusieurs fois la nausée

    Il y a là une infirmière avec les cheveux retenus avec un chignon en arrière. À cause de ce savon à l’iode avec lequel m’avait enduit la première infirmière, je vomis plusieurs fois malgré mon intubation. L’infirmière patiente m’essuie le visage et commence à me nettoyer de toutes les traces d’iode sur le visage

    Je ne sais même plus si je suis nu, mais je sais que ces quelques gestes que fit l’infirmière à ce moment me sont comme des souvenirs de gratitude profonde envers le genre humain et cette infirmière en particulier

    Je me demande l’heure et le jour qu’il est, mais la salle de réanimation est souterraine. Je me demande comment lui parler

    Je remue donc mes doigts, la main droite avec l’index qui tourne comme une aiguille, et je lève mon poignet droit pour lui demander l’heure, elle ne comprend pas tout de suite ma question et je lui fais plusieurs dénégations puis elle me dit qu’il est trois heures du matin

    Je me dis j’ai été opéré dans l’après-midi, je dois donc être samedi 10 avril 1999 à trois heures du matin. Mon ventre est barré de pansements qui collent malgré la chose brun-rougeâtre dont je suis toujours imprégné

    Dieu, les sages femmes et les infirmières ont ce regard où l’on n’est pas honteux de sa nudité. Je reste étendu sur le dos dans la salle de réanimation

    Un docteur passe pour voir mon état, je le distingue mal sans mes lunettes. Je trouve l’infirmière admirable de patience. De ma main droite je lève le pouce en lui tendant l’index dans sa direction, elle comprend et elle me dit merci !

    Puis la fin de la nuit passe, je lui redemande encore l’heure une ou deux fois. Vers 6 ou 7 heures du matin je suis remonté dans une chambre à deux personnes au quatrième étage

    Je suis seul et j’ai d’énormes difficultés pour respirer. Je suis sous respirateur et je l’apprécie. On me change mes pansements qui n’adhèrent plus vraiment

    J’ai des tuyaux qui sortent de mon ventre pour drainer le sang qui s’est échappé de mes vaisseaux sanguins. Plusieurs fois par jour ils me traient le ventre et j’ai l’impression d’être une vache que l’on trait. Le but de la manœuvre et de faire sortir les caillots par entraînement capillaire…

    Je suis assez abruti sans bien être et j’ai mal. Je dois être sous morphine ou une drogue équivalente. Je récupère mes lunettes et ma montre. Je suis seul dans ma chambre et malgré ma montre. Je perds ma notion du temps et j’en suis conscient

    Je reste seul dans ma chambre pendant quelque temps…

    Après un temps de solitude assez bref arrive un monsieur qui se nomme Théo R. Je le rencontre après être descendu pour avoir été à une visite de contrôle postopératoire

    Mon cœur qui faisait tic-tic-tac fait maintenant tic-tac, tic-tac une vraie horloge d’après le docteur qui m’a ausculté. Je regarde ma cicatrice sous le pansement, la couture est belle. Intérieurement je remercie les assistants du docteur Coutils

    Théo, lorsque je le regarde, me fait penser à une statue romaine. Il est assis droit, dressé sur un petit tabouret, avec la main posée sur un support à perfusion

    On dirait un patricien romain qui pose dans les thermes pour un sculpteur avec toutes ses cicatrices qui pourraient être celles d’un valeureux guerrier romain qui se rendrait aux thermes malgré tout

    Nos nuits se passent sans vrai sommeil réparateur, à cause de la douleur latente et de l’impossibilité de pouvoir se positionner pour dormir autrement que sur le dos

    Bref nous passons des nuits sans sommeil en nous gênant l’un et l’autre, par des ronflements et des bruits respiratoires intempestifs. Ceux-ci me donnent une impossibilité de dormir profondément ceci pendant une dizaine de jours. J’ai la tête qui s’enfle de bruits et de fureur et j’ai quelques délires

    Néanmoins je remarque parmi toutes les infirmières qui passent pendant ces jours difficiles, il y a Rébecca, une infirmière Noire avec un port altier d’une grande noblesse dont la beauté rayonne, aussi bien par sa vérité intérieure que par une présence aimable. Le temps passe bien malgré tout. Théo me raconte des histoires d’hommes du désert où il est question de donner des noms à quelques milliers d’étoiles parmi les myriades d’étoiles visibles qui brillent dans le ciel du désert

    Bref petit à petit grâce Théo et à des petits riens, je me refais un imaginaire et je regarde à nouveau la vie sous un regard aimable. Il me faudra encore un mois et demi de convalescence avant de rentrer chez-moi…

    Bruno Quinchez Paris le 28 juin 1999

  • Chapitre 5 Les parties d’échecs (version n°2)

    Chapitre 5 Les parties d’échecs (version n°2)

    C’est l’histoire d’un seul et même joueur d’échecs, passionné fou du jeu d’échecs, âgé de soixante ans, voyageur dans le temps qui joue contre lui-même en allant dans son passé est en remontant le temps dans une période différente qui la précède. Il retourne donc de 31 ans dans son passé, il joue alors contre lui-même âgé de 29ans

    Au bout d’un très grand nombre de parties, les joueurs ayant passé un très long temps ensemble, le score est à un résultat nul ou peu de différence entre les deux joueurs, les deux joueurs ont à peu près gagné le même nombre de parties et ayant constaté que leurs matchs sont statiquement nuls, ils décident de continuer leurs parties. Le temps passe.

    Le temps passant, ils vieillissent tous les deux, le temps passant le plus vieux meurt de vieillesse vers l’âge de 90 ans, ils ont passé 30 ans ensemble et c’est le plus jeune qui gagne la dernière partie avant la mort du plus vieux, le plus jeune est alors âgée de 59 ans…

     Le même joueur le plus jeune constatant qu’il va mourir et perdre sa vie à quatre-vingts -dix ans après avoir joué aux échecs pendant 30 ans décide de se prévenir lui-même de ce qui va lui arriver, il décide donc de se voir plus jeune et il remonte de 31ans dans son passé avant qu’il n’ait eu de contact avec le premier,

    Il arrive donc dans son propre passé le second est âgé de 28 ans et le plus vieux de 59 ans, le plus jeune plein de vie et d’ambitions, il ne croit pas le second et il le provoque au jeu d’échecs étant toujours passionné d’échecs et non pas moins ambitieux que le second, le plus jeune ne croit rien à craindre du plus vieux, ils décident donc de refaire une partie avec le second…

     La partie dure plus longtemps, car elle dure 31 ans, et le second meure à cause de son horloge biologique à 90 ans, le second ce coup ci meure après avoir écrasé le troisième et ayant inventé de nouvelles stratégies qu’il avait expérimentées avec le premier, ainsi le plus vieux gagne la deuxième partie,

    Le second a joué aux échecs pendant 61 ans le troisième ayant appris beaucoup de second et de leurs stratégies et leurs psychologies communes, se trouve trop con d’avoir perdu trente ns de sa vie, il décide de remonter de 31 ans dans son propre passé pour s’éduquer lui-même,

    Le quatrième est âgé de 27 ans et le troisième est âgé de 58 ans toujours pour éviter les interférences temporelles avec ses autres lui-même

    Le quatrième est au moins aussi buté que les autres, et toute la psychologie du troisième ne sert à rien devant les débordements d’ambitions qu’il a dans ses jeunes années, le troisième décide d’engager de profondes conversations psychologiques pour mieux se comprendre lui-même et en plus de la psychologie commence à parler de sagesse et de philosophie,

     Le quatrième est fasciné par le troisième et il se dit, je dois apprendre de moi-même ce que je ne sais pas moi aussi et comme il est toujours très ambitieux il refait aussi une partie avec le quatrième.

    La partie dure 32 ans pour toujours les mêmes raisons d’horloge biologique, le troisième forme le quatrième, et le cinquième idem le sixième, et le joueur d’échecs, il apprend, apprend sur lui-même,

    Mais il arrive un moment ou l’énième ne peut plus ou il ne veut rien apprendre de l’antépénultième, et l’énième est suffisamment proche de l’âge du berceau que tous ses prédécesseurs. Il y a eu toujours l’ambition qui a pris le dessus entre tous ses différents lui-même réitérés du joueur d’échecs avec toujours la condition de ne pas interférer avec son saut temporel précédent…

    L’énième n’a pas l’ambition de ses prédécesseurs, il n’y a pas pour l’antépénultième de possibilité de jouer, l’antépénultième est âgé de 60 ans comme tous les précédents et il a passé trop longtemps au jeu d’échecs, il trouve toutes ces parties complètement démentes et se voit lui-même comme dans des doubles miroirs…

    Il frémit devant lui-même si jeune et ayant acquis une grande partie des expériences de ces autres lui-même… l’antépénultième renonce avec sagesse de jouer contre lui-même… il décide de se donner ce conseil à l’énième

    – « soit toi-même et ne joue jamais aux échecs ! »

     L’énième se trouve ainsi libéré, et celui-ci devient un homme tout à fait quelconque. Ceci tandis que antépénultième encore jeune de 60 ans décide d’aller dans une époque cruciale de l’Histoire et de donner son expérience avec lui-même

    Il remonte de 2500 ans. Dans le temps et il devient philosophe en Grèce antique où il devient philosophe grecs puis il repart en Chine où il devient philosophe Chinois de la période de Lao-Tseu et enfin il tire parti de ses nombreuses rencontres avec lui-même et c’est grâce à lui que nous connaissons l’adage :

    Connais-toi ! Toi-même !

    Moralité de l’histoire : la sagesse croule sous le poids des années d’expériences, les jeunes loups, ils doivent se méfier des vieux cons et l’expérience de la jeunesse ne sera jamais comprise

    La sagesse est-elle donnée au berceau ?

    Bruno Quinchez Paris le 10 octobre 1998

  • Chapitre 4 La légende, la rumeur, le papillon

    Chapitre 4 La légende, la rumeur, le papillon

    Il est une loi de physique qui est appelée paraît-il la loi des ailes d’un papillon ! Pour moi je la trouve totalement absurde, la causalité tu connais ? Peut-être pas ! Il paraîtrait d’après quelques savants un peu fous qu’il suffit qu’un petit papillon ridicule agite vainement ses ailes dans un effort minimal pour qu’un cyclone en furie démentiel s’abatte sur toutes les récoltes ! Présentes et à venir de la Terre,

    Ce texte se veut un peu ironique quand on voit les bulles de spéculations si fragiles qui explosent pour un petit rien, mon papillon il vaut bien toute cette folie des spéculateurs.

    Mais qui donc a donné ce grand pouvoir à ce tout petit papillon ? J’ai étudié son balancement léger et j’en ai conclu que cela tenait plus du mythe que de la réalité, il y a tout de même le fait que ce papillon soit un grand bavard et qu’il parle au vent, aux marées et à toutes les calamités de la terre

     Hé oui ! Ce tout petit papillon est un grand bavard et il a inventé la rumeur qui marche au pas cadencé des armées des calamités. Donc un jour notre tout petit papillon habitant dans la grande forêt de Thaïlande tint à peu près ce langage à monsieur Bathki épicier à Kon-Kaen ville de Thaïlande

    C’est le papillon qui parle

    – bonjour épicier, tu vas sans doute me dire que je ne suis rien, mais connais-tu ce grand pouvoir, celui que j’ai ?

    – non répondit, monsieur Bathki ! Je crois même, que je peux t’écraser du plat de ma main

    – petit papillon ridicule ! Je ne crois pas à ton pouvoir je vais t’écraser et le monde et le soleil tourneront sans toi

    – peut-être que je ne peux rien comme cela, mais je vais te dire une chose, tu as placé de l’argent à Bangkok me semble-t-il ? Tu vois que je suis bien informé. Je puis te donner une méthode pour augmenter encore l’argent que tu as

    – et comment petit papillon ridicule ?

    – tu as de l’argent placé à la bourse de Bangkok n’est-ce pas ? Je puis t’aider à ne pas le perdre

    – comment puis-je faire ?

    – hé bien ! Vends toutes tes actions que tu possèdes à Bangkok

    – pourquoi donc ! Petit papillon ridicule !

    – fais-le et tu me remercieras !

    Monsieur Bathki qui était un homme de réalisme journalier se dit :

    – c’est une bonne idée et j’ai maintenant besoin d’un peu d’argent pour agrandir mon épicerie, donc monsieur Bathki se rendit dans la semaine à sa banque et dit à son banquier monsieur Barshiu

    – Bonjours je voudrais vendre mes actions pour avoir un peu d’argent disponible

    – parfait dit monsieur Barshiu, je crois que vous avez raison et que c’est le moment en effet de vendre. Vous savez vos actions, celles que vous avez sont des plus hautes et que je pressens qu’il y aura une petite baisse mais vous avez raison. Voilà vos actions ! Vous avez une bonne analyse des activités de notre banque, je vous demanderais donc pourquoi vendez-vous en ce moment ?

    – c’est simple la bourse de Bangkok à toujours montée et moi je me dis que le moment est venu !

    Monsieur Barshiu qui est un banquier se dit :

    – pourquoi un petit commerçant vendrait-il ses actions ? Il faudra que j’en parle à monsieur Bethshar mon patron

     Donc le lendemain monsieur Barshiu alla donc voir monsieur Bethshar patron de la banque du commerce et de la forêt réunis

    Monsieur Bethshar écoutât donc son caissier et en tira la conclusion que si les petits épargnants vendent actuellement, c’est que la demande de vente est en hausse, aussi monsieur Bethshar qui était un peu spéculateur et il est aussi un homme influent dans sa ville de Kon-kaen

    Pour ce faire la main, il se dit banquier et cela avec raison : je vais informer mes amis du cercle que la demande de vente est forte et lors de la conférence de la banque du commerce et de la forêt réunis

    Ce qu’il fit et alors survint monsieur Dupont banquier de la société bancaire de Paris France qui vit, le rusé, monsieur Bethshar, celui qui avait toujours le nez fin en ce qui concerne les mouvements de capitaux et de spéculations en Thaïlande

    Constatant ce qui se passait, il prit donc dare-dare son ordinateur et il communiqua l’information à Paris France à la société bancaire,

    – nous avons des difficultés en Thaïlande ! Tendance baissière que faisons– nous ?

    L’analyste financier de la banque qui était quelqu’un de très influent écrivit sur les messageries bancaires,

    – tendance baissière que faisons-nous à Bangkok ?

    John peppermint banquier à Wall-Street se dit tendance baissière à Bangkok

    – que dois-je faire ? Je vends ! Vendez !

    Et c’est ainsi qu’un petit papillon thaïlandais qui savait manier avec efficacité la rumeur, il créa un crack boursier à Bangkok qui se répandit comme une traînée de poudre sur toute la planète,

    Le papillon n’étant pas méchant continua de faire ses menus battements d’aile mais croyez-vous que les ailes d’un papillon puissent faire de grandes catastrophe sans la bêtise de la rumeur ?

    Pour arrêter la catastrophe de la rumeur nous eûmes besoin d’un empereur d’un grand État démocratique un empereur qui parlait de bœufs et d’ours à tous ses sujets qui lui firent une grande confiance

    Les froissements des ailes d’un papillon de rien du tout ne peuvent rien mais beaucoup d’inconscience et de bêtise peuvent mille fois plus

    Bruno Quinchez Paris le mardi 28 octobre 1997, avec des journées Noires et des crises réitérées de la finance. Idem en septembre 1998, idem 2000-2001-2002. Etc. Etc. Et ça continue il y aurait de quoi se poser de grosses questions

  • Chapitre 3 Quartier Libre

    Chapitre 3 Quartier Libre (hommage à Philippe Veyrunes)

    Dans le vent froid de l’automne qui soufflait autour des tours sombres du Paris de toujours, des hommes, des femmes et aussi quelques enfants braillards étaient réunis par un spectacle forain d’un cirque ambulant qui après une longue route parmi les chemins encore embourbés des étapes de la France

    Le cirque ambulant s’était arrêté dans la grande métropole que restait Paris ville lumière de toujours et le spectacle se continuait par un numéro de fildefériste à 30 mètres au-dessus du sol. L’équilibriste marchait sur un fil au-dessus de la foule inquiète, de jeunes femmes s’éclairaient d’un sourire pour ce jeune arlequin qui risquait sa vie pour elles

    De vieux maris espéraient encore voir ce jeune étranger se casser les os sur le pavé sale de Paris. Des carcasses désossées. Des vieilles guimbardes traînent encore, dans cette ville, maudite par les hommes, du bourgmestre absent depuis des temps et des temps, par la peur qu’inspire cette foule de gueux en haillons, sur cette place vide de tous les gens de la police. Paris des gueux qui se distrayaient dans un rêve sans fin d’apocalypse et de Liberté que donnent toutes les époques troublées…

    De vagues nouvelles annonçaient que l’ennemi était encore loin. Alors pourquoi penser à demain ? Ces lendemains si incertains que n’avaient pu prévoir les hommes d’un récent passé, où chaque homme avait leur place dans la grande machinerie de la vie.

    À quoi donc rêver en cette heure, si ce n’est au rêve simple, du danger, de cet homme sur le fil…

    Des carcasses défoncées des vieilles guimbardes des titis sortaient avec des chiens, et des marmousets braillards qui parlaient de manières étranges de keufs absents depuis des ans et des ans…

    Le grand enfoiré était leur père à tous, les marmots vaquaient à des occupations nourricières pour eux et pour leurs petites familles. Nous étions dans le nouvel âge, après le grand crack qui avait eu lieu irrémédiablement

    Les diables alchimistes n’avaient plus rien à vendre. Si ce n’est que du rêve et de la nourriture aux spectateurs incrédules au milieu de la grande place. L’équilibriste avançait donc sur le fil tenu à trente mètres au-dessus d’eux, fin félin sur le filin…

    Une grand-mère édentée s’étonnait encore de cette vision et disait qu’elle avait vu cela autrefois, en d’autres époques à la télévision mais que là, cela l’épatait car c’était pour de vrai et que le type là-haut risquait sa vie et que…

     Mais un homme d’un certain âge, quoiqu’il soit encore vert, lui répondait de se taire et lui racontait des histoires incroyables que lui, il avait vécues autrefois en d’autres lieux inconnus d’elle…

    La rumeur disait que d’incroyables choses se passaient encore ailleurs, mais tous ces ailleurs étaient fort lointains pour tous. Toutes ces choses que disaient les gens, avaient-elles eu seulement le début d’une preuve…

    Un vieux affirmait qu’autrefois des hommes étaient allés sur la Lune et que des hommes allaient autrefois où bon il leur semblait d’aller, mais ces improbables vieillards, n’avaient peut-être qu’imaginé cette nostalgie d’un autrefois où tout était toujours plus facile

    Les marmousets criaient encore lorsque le moustique sur son fil se mit à se tordre d’un spasme de mouvement saccadé sur son fil. Il y eut un cri. Et la foule hurlait pour ce jeune homme si fragile qui se balançait maintenant au-dessus d’eux. Et la vieille au sourire d’argent cria d’une voix forte :

     – attention ! Il va tomber ! …

    Elle vivait ce danger en direct et jamais elle n’avait éprouvé une peur pareille pour un artiste de music-hall. Cette peur diffuse traversait la foule et quatre heures sonnaient à notre dame et les gens crièrent

    Quelques-uns priaient pour qu’il tombe du fil. D’autres encore l’encourageaient par des cris amicaux et protecteurs. Mais l’artiste, qui n’en était pas à sa première traversée, avançait tranquille sans se soucier des bravos et des cris

    Il arrivait lentement, mètre à mètre, au bout de son fil, et de noirs corbeaux sortirent de la tour où il devait s’arrêter et ces noirs corbeaux, pris d’un délire fou, se mirent à tourner à ces alentours, provoquant une peur formidable de l’artiste. Il y avait cette vraie peur

    Ce n’était plus du cinoche, comme sa mère l’aurait dit autrefois, mais c’était la peur de ces oiseaux noirs et l’artiste se trouvait confronté à de noirs présage et sa peur n’était plus. Il y avait ce besoin de faire attention, en même temps à son équilibre et à ces corbeaux opiniâtres qui étaient une cause de distraction et de soucis, cela créait en lui ses frayeurs devant l’imprévu

    Il n’avait pas peur, mais les corbeaux malins qui volaient autour de lui semblaient lui dire Croa ! Croa ! Croa ! Et lui, il entendait. Vois ! Vois ! Vois ! Et lui, il ne voyait que cette foule hurlante qui espérait sa mort dans une grande chute quand il entendit cette voix, celle de son Esméralda dans les tours de notre dame

    – Djamel fait attention !

     Voix forte d’un cri d’amour, issue de la gorge angoissée de cette bien aimée. Et Djamel, petit moustique sur le fil du doute, se mit à penser, à la petite Marie sa fille de huit ans, qui ne pourrait se passer de son père. Alors l’artiste qui avait eu ce courage d’avoir peur, se ressaisit et chassa les oiseaux du malheur par un bruyant

    – foutre Dieu ! Foutez-moi le camp oiseaux noirs de malheur ! Je vaux plus que vous, ma force, d’être là, est plus grande que tous les présages que vous représentez

     Djamel se rassura, priant son Dieu en lui-même et avançant lentement sur son fil, ne vit plus les corbeaux, il pensait à Jeanne et à Marie, tout en évitant les sarcasmes de la foule et les frôlements des oiseaux près de lui, et il avançait d’un pas léger, porté par celles-là dont son amour allégeait son fardeau, rêveur étoilé sur le fil, dans une grâce insoucieuse

     Et cet état se mirait dans la foule, qui applaudissait cet ange qui n’avait pas encore déchu. Des femmes criaient encore, mais pour applaudir à tout rompre ce rêve d’équilibre que l’ange encore libre leur avait donné, monsieur loyal dit alors :

    – vous venez de voir Djamel Jean Adjani, héritier d’une longue famille d’artistes, il fait le funambule équilibriste depuis vingt ans avec nous

    Et l’artiste qui avait douté, salue encore le public et il descend, heureux et soulagé, rejoindre sa femme et sa fille présentes dans la foule où des cracheurs de feu émerveillent encore la jeune marmaille des parigots qui ont pour un instant oublié la peur d’attendre et la faim tenace, dans cette peur commune et ce grand rêve de frisson

     Bruno Quinchez Paris février 1997 Grand prix de la Regordane 1998 de l’association des poètes et artistes de France de la revue rencontres

  • Chapitre 2 Contacts...

    Chapitre 2 contacts

    John Appleseed est le premier humain à avoir été contacté par les étrangers, nous sommes en 1977. John est un vétéran de la guerre du Viêt-Nam, John déteste tout ce qui a les yeux bridés et la peau jaune. John est parti, le matin de bonne heure, accompagné de son chien chou-en-lai à la chasse au couguar, dans la campagne de Géorgie, il est parti avant l’aube laissant sa compagne Mary

    – chou ! Ici ! Au pied ! Saloperie de chien ! Qu’est-ce que cette sale bête à bien pu bien flairer ?

    John approche, dans la brume matinale des bois il aperçoit une forme vague dans le brouillard, il s’approche et distingue une forme humaine de petite taille, il apostrophe la silhouette

    – hé salut gamin ! Qu’est-ce que tu fais là à cette heure matinale, tu devrais être encore au lit mais que fais-tu là ?

    John surpris se tait, car en approchant, il distingue mieux la silhouette. C’est un petit homme d’après ce qu’il voit, l’étranger mesure, entre un mètre quarante, et un mètre cinquante, les yeux d’un vert intense, les cheveux de couleur auburn, mais ce qui le surprend le plus, ses traits sont ceux d’un asiate, le visage rond comme la Lune

    Et d’immenses yeux bridés, comme les viêts qu’il hait, mais malgré tout il ne veut pas montrer sa peur et il essaye de la dominer, car il ne veut pas montrer à ce bizarre bonhomme ses sentiments mais s’il n’y avait sa curiosité, il y a longtemps qu’il aurait fait un carton, il s’adresse à cette étrange apparition et engage la conversation

    – bonjour étranger ! Que viens-tu faire ici ?

    – salut homme ! Dit l’étranger, je viens de la planète Mars et je viens voir comment va la Terre après la guerre du Viêt-Nam !

    – qu’est-ce que tu en as à faire des viêts ? Tu es un bridé comme eux, tu devrais savoir que tous les bridés comme toi ne sont pas les bienvenus ici. S’il n’y avait tes maudits cheveux rouges, j’t’aurais descendu depuis longtemps comme un lapin, et en plus tu veux sans doute me faire la morale ! C’est le monde à l’envers !

    – God Bless America ! Dit le petit homme aux yeux bridés et verts

    – sans doute ! Sans doute ! Lui répond le yankee, tu dois être le croisement du sergent Pepper et de Yoko Ono ! Qu’est-ce que tu me veux, petit singe ?

    – rien ! Mais j’aime beaucoup discuter ! Réponds l’asiatique aux yeux verts. Petit singe cela me plaît, je t’appellerai John et tu m’appelleras petit singe

    – ne joue pas au plus malin avec moi, j’ai déjà descendu une trentaine de tes semblables ! Tu vois ce fusil, il vient de mon grand-père qui le tenait lui-même déjà de son grand-père et tu dois savoir qu’il a tué déjà une quinzaine de face de terre-cuite comme toi, alors un de plus ou un de moins il n’y a pas une très grande différence, et un de plus, ne lui fait pas peur

    – que la paix soit avec toi homme ! Je ne suis pas un violent et si je meure, tu ne verrais jamais mon cadavre donc pas de violence, et de toute façon, tu ne peux me tuer avec cette arme pré (… !)

    – tu as dit quoi ! Pré quoi ?

    – pré (… !)

    – bizarre ce petit singe ! Il me parle comme si je le connaissais, puis quand je lui demande des explications, il devient aphone ! T’es vraiment quelques choses de bizarre petit singe !

    – (… !) Ce que tu n’entends pas. Ce sont des concepts qui n’entrent pas dans ton programme

    – hé minute ! Je suis peut-être une bête pour toi, mais il y a une chose dont je suis sûr. C’est que toi, je te vois et je t’entends et ça ce n’est pas un concept que je sache, pour moi tu es un robot ! Tu n’as pas d’âme, l’idiot ce n’est pas moi, c’est toi !

    – ce que je veux te dire, tu ne le comprends et tu ne peux le comprendre, car tu es tellement primaire que tu ne vois que les mirages de ta réalité

    – (… !) Ce sont des concepts qui sont flous pour toi, alors que pour moi, ils sont ancrés dans ma conscience

    Un second « extra terrestre » descend de la forme imprécise et brumeuse, il apparaît dans la lumière matinale. C’est aussi un asiate de petite taille, mais il présente nettement les attributs d’une femme. Autour de la silhouette féminine un halo rayonne, elle paraît avoir les yeux qui rayonnent d’une phosphorescence verte

    – je te présente Idra et c’est ma femme !

    John regarde intensément les yeux d’Idra, il est fasciné par cette femme, car il sait maintenant que c’est bien une femme et pas un robot, ses yeux ne peuvent se détacher de ses yeux, soudain il prend peur, il perd pied et il dit

    – ne m’hypnotise pas ! Je… !

    Il crispe nerveusement sa winchester, tout à coup, il ressent comme une vibration venant de son fusil (…!). Et pourtant il ne se passe rien

    – Idra lui dit : pose ce fusil tu m’as tuée, maintenant ton rêve s’achève !

    Tu es vraiment trop ancré dans ta réalité, tu pourrais même nous être nuisible voire dangereux. Idra. Regarde intensément John Appleseed, elle se met à sourire et doucement elle disparaît dans la brume, effacée aux yeux de John

    – où est-elle, petit singe ?

    – c’est pour toi une illusion que tu as tuée John ! Mais moi je suis encore là, devant toi, si tu veux voir, si tu doutes de mon existence, je peux te serrer la main !

    – si tu veux petit singe ! De toute façon, je suis beaucoup plus costaud que toi !

    Petit singe avance sa main pâle et longiligne, il pose sa main dans celle de John Appleseed. Ce sont des mains calleuses de travailleur de la terre. Le contact entre les deux paumes, il dure un moment indéfini, puis le monde qui les entoure disparaît dans le brouillard. La seule certitude reste ce contact tiède entre les deux paumes

    – il est temps de nous quitter dit petit singe !

    John sourit, puis tout disparaît, Adri sourit aussi, monte dans la nef, il disparaît, puis la nef disparaît aux yeux de John Au même moment, John Appleseed se réveille, il fait chaud en ce matin de Géorgie, le soleil est monté dans le ciel. Plus tard John apprendra qu’il s’est passé un an depuis son départ à la chasse au couguar, après le contact avec ce bizarre étranger, le mois de mai a succédé au mois de mai

    John ne sait exactement ce qu’il lui est arrivé mais plus tard rentré à la maison John aurait cru avoir rêvé s’il n’y avait ce bizarre décalage dans sa vie. John retourne à Twin-Oaks et il aperçoit chou-en-lai qui gronde et aboie après lui

    – du calme chou ! Tu ne me reconnais pas, cela fait dix minutes que je te cherche, allez ! Viens ici !

    Le chien approche grondant, il renifle John, le reconnaît et il se met à battre de la queue

    – à la bonne heure ! J’espère que tu viendras à la prochaine chasse au couguar, je n’ai rien pris, mais je ne sais pourquoi, il me manque une balle dans le chargeur. J’ai dû tirer sur quelques choses, s’il n’y avait ce rêve étrange, je croirais que j’ai tiré sur une de ces sales bestioles. Allez viens ! Mary, elle a dû faire des tas de bonnes choses pour le breakfast et j’ai une de ces faims

    John rentre chez lui, il regarde si Mary est à la cuisine, il ne la trouve pas, fouille partout dans la maison, puis inquiet il décide d’aller voir son voisin Jerry

    – Jerry : saluts John, ça fait un bout de temps qu’on ne t’a pas vu, où donc étais-tu passé ?

    – tu n’as pas vu Mary ?

    – si bien sûr ! Elle est partie chez sa mère, et elle te cherche partout, cela fait un bout de temps que tu as disparu, à peu près un an. C’est que tu es absent de Twin-Oaks depuis le 9 mai 1977 !

    C’est curieux cela fait juste un an ! Où étais-tu passé pendant tout ce temps ? Mary t’a vu partir à la chasse avec chou puis on ne t’a plus revu

    John silencieux se tait, il devient livide et lentement dit :

    – tu dis un an, mais alors ce truc bizarre qui m’est arrivé et cette femme étrange, ce n’est pas un rêve

    – Jerry : il parait que l’année dernière les gens ont parlé de soucoupes volantes dans les journaux du coin, il parait même, que nos voisins les Andersen ont vu un truc bizarre. C’était dans le journal local, de toutes les façons. C’est de la copie pour pisse-copies

    John se tait, car il sait que personne ne le croira, et après tout il est vivant. Il sent et il sait que malgré sa haine des viêts, il ne pourra plus regarder, une femme de Viêt dans le fond des yeux sans avoir, ce mélange de peur, de haine et d’attraction. Il hait encore, mais pas pour les mêmes raisons, ces salauds de martiens

    Dans la nef, Idra fait son rapport, Adri lui sourit. Leurs apparences d’asiates s’estompent. Ils deviennent flous. Ce ne sont plus des hommes, mais des formes d’ombres. Malgré cela, ils sont humains, mais si loin de nous, de notre époque, de notre terre. Ils sont potentiels devenirs dans notre futur, dans la galaxie humaine

     Bruno Quinchez sceaux 1978 Paris 1988 Morsang sur/ orge 1995

  • Chapitre 1 Polltically Correct

    Chapitre 1 Politically correct

    Pièces ajoutées aux dossiers Silkwalker, jointes au dossier, avec les extraits, du rapport de mission, du commandant Luke Silkwalker, commandant le vaisseau d’exploration Endeavour III après leur mission outre frontière, dans la planète Gamma 3 point 6, de la constellation des dauphins.

    Une longue période de décontamination et de mise en quarantaine de son commandant ainsi que tous les membres de l’équipage a été nécessaire suivant la norme ISO 9007, tous les membres de l’équipage qui ne répondait plus aux normes socioculturelles de notre société démocratique libérale unifiée…

    Autorisation niveau quatre qui est accordée au normalien Yacoub Hédairrne Cherwotasatanné psycho-normatif du premier cercle de l’université libre de Moscou république capitaliste des états unis de Russie et de Leittouanie

    – bonjour ! Ici le psycho-normatif, chargé par le gouvernement mondial des planètes libérées, de comprendre les mutations psychiques du commandant Silkwalker et de son équipage après une période de 5 ans d’observations et d’études poussées sur les comportements déviants et hors normes des hommes et femmes de l’Endeavour III.

    Cet enregistrement 3d multi-sensoriels pourra mieux vous faire comprendre la pertinence de mes questions

    Début de l’enregistrement

    – le commandant Silkwalker brillant officier de la flotte spatiale, major de sa promotion de l’année 2075 et commandant de l’Endeavour III, fameux vaisseau supraluminique à doubles réacteurs décompressé par injection et rétroaction d’espace. Bref ! Le commandant Silkwalker ne pouvait espérer mieux de notre technique rationnelle humaine, il a donc été sélectionné hors cadre pour diriger l’Endeavour III pour cette mission spéciale où les premiers contacts avec une société extra terrestre, des extraterrestres qui ont pu être visités et étudiés par des exobiologistes et des scientifiques de grandes valeurs qui composaient le voyage d’exploration Endeavour III. Je pose donc la première question au commandant Silkwalker

    – commandant Silkwalker me permettez-vous, de vous tutoyer et de vous appeler Luke ?

    – si tu veux espèce de normatif de merde !

    – bon ! Bon ! Bon ! Ne jetons pas d’huile sur le feu. Il me semble que vous avez été fort affecté par les premiers contacts avec les indigènes de Gamma 3 point 6, pour employer la terminologie des navigateurs spatiaux

    – ben ! Mon premier contact, après avoir testé l’atmosphère de Gamma qui correspond à peu près à l’atmosphère de notre bonne vieille Terre ! Hé bien, je vais vous le dire cher jeune con ! C’est qu’ils sont laids et qu’ils puent comme de la merde, une horreur

    – en tant que normatif de premier ordre, je vous rappelle que la norme en ce qui concerne une future minorité de notre société libérale unifiée. Vous devez, ne pas utiliser les mots laids, puer et merde, qui définissent trois choses non positives dans leurs définitions, je vous demande donc de positiver votre expression

    – merde ! Merde ! C’est pourtant vrai qu’ils puent, vous n’allez donc pas me faire dire qu’ils sentent bon, pour que je sois dans votre langage à vous. Bordel de merde !

    – il semblerait que ce qui a créé votre complexe. C’est que les habitants de Gamma 3 point 6 sont transformationnistes et télépathes

    – affirmatif ! Et je suis tombé amoureux d’un tas de merde. Putain de bordel cosmique !

    – expliquez-moi cela ! Comment peut-on aimer ce qui est répugnant voire innommable ? Les habitants, de Gamma 3 point 6 sont laids, répugnants, voire écœurants. Comment pouvez-vous être devenu scatophile ?

    – je ne suis pas scatophile, ma mère peut vous le garantir mais eux, vous ne pouvez comprendre, ils sont transformationnistes et ils vont au plus profond des désirs les plus enfouis en nous. C’est pire que Dieu et le diable réunis. Imaginez que tous vos désirs soient réalisés sur l’instant, que vos fantasmes les plus fous et les plus déments soient palpables qu’ils aient un goût et une odeur, ceci sans aucune des restrictions que nous donne la non-télépathie

    – vous êtes, je le crois bien devenu un hédoniste forcené, je vous rappelle que dans notre société le plaisir est contre productif et facteur de désordre social… les normes sociales ne peuvent admettre qu’un homme, comme vous l’étiez avant votre départ, devienne un propagateur de déviances qu’elles soient sexuelles, sociales, artistique ou même plus simplement d’ordre de l’esthétique. Le beau, le bon et le vrai, voilà la norme !

    – peut-être que votre norme est-elle un peu étroite ! Ce n’est qu’une question de philosophie

    – les canons de nos normes sont faits que sur des bases de cohésion des diverses minorités qui composent notre société. Vos goûts innommables doivent être écartés de notre corps social, si nous voulons garantir la cohésion de nos existences

    – mais pourquoi donc vous intéressez-vous à cette putain de planète ?

    – c’est le plus grand gisement de Technétium naturel connu, et nous en avons besoin pour notre futur moteur à triples secousses spatio-temporelles, en études dans nos prospectives il nous faut à tout prix avoir ces minéraux dont vous avez parlé dans votre rapport. Mais l’aspect hédoniste de cette planète, nous fera peut-être l’éviter de notre projet spatial de libération des consciences.

    Voilà ! Je crois que vous êtes bon pour une retraite bien méritée à trente-cinq ans, la Terre à bien de la chance d’avoir des hommes comme vous. Vous êtes réformé ! Vous serez affecté pour le service de reproduction spécialisé dans la génétique terrestre. Bonne chance et salut Luke !

     Bruno Quinchez Morsang sur/orge le 8 février 1997