Chapitre 20 Le Martien

Chapitre 20 le martien

Kevin Martin a été envoyé par sa société net-projet-prospective à Plougalass-ker-Aven, petit village de la campagne bretonne, qui vit encore aux rythmes, d’une agriculture soucieuse de la nature, en cette année 2025 où le monde de la communication est tout. Et tout ce qui n’est pas in, est obligatoirement out

Le but de son enquête est d’augmenter le marché des produits bretons dans les milieux hyperconnects de la culture planétaire. Cette enquête étant sponsorisée par la chambre d’agriculture de l’extrême Bretagne et le syndicat de la fédération des agriculteurs respectant une motivation écologique responsable, autrement dit la FARMER

Ce syndicat veut faire savoir que des hommes comme Sébastien Le Quermel, agriculteur écologique est un homme heureux et qu’il vit bien de cette agriculture donc Sébastien Le Quermel est le représentant typique d’une agriculture qui respecte la nature, aussi Sébastien Le Quermel est un membre représentatif de la FARMER

Nous sommes en donc en l’an 2025 et c’est donc l’histoire de cet humain hyperconnects qui va à la campagne où la vie malgré les progrès de la technologie qui existe dans le monde in, ils n’ont pas encore affecté le rythme des saisons liées aux travaux de ce monde agricole, c’est le choc de deux civilisations entre celle qui voit passer le temps et celle où le temps n’est un obstacle que l’on doit gérer en le contournant par une fluidité de gestion des paramètres.

Son portable est HS, le réseau qui ne passe pas dans ces lieux encore libres de toute la technologie

Donc Kévin qui arrive dans sa spécial-Elec, une voiture électrique de ces années 2020, après avoir déconnecté son ordinateur de bord, il descend de sa voiture et il va chercher dans ce village de bouseux, l’item dénommé Sébastien Le Quermel, il est au milieu, de la place du village entre l’église typique de ces villages de Bretagne, avec ces figures sculptées dans une pierre sombre et dure

Mais comme Kévin n’a que peu d’accessibilité de temps dans son planning, il est un peu perdu dans ce village de ploucs restés au vingtième siècle. Il regarde autour de lui, puis il voit madame Kermeur à laquelle il pose cette question :

– salut ! Où puis-je avoir contact avec Sébastien Le Quermel ?

La dame Kermeur, elle a l’air un peu étonnée devant la brutalité de la question alors elle lui répond :

– qu’est-ce que vous lui voulez jeune homme ? Je ne connais pas de lieux autres, que le bistro où le Sébastien passe de bons moments vers les six ou sept heures du soir lorsque sa journée est finie mais en ce moment je pense qu’il doit être dans ses champs !

– merde de putain de péquenaud, et je dois perde jusqu’à dix heures avant d’avoir mon contact avec ce plouc !

Il fait un sourire et dit à la dame Kermeur :

– bien ! Je vais attendre mais où puis-je communiquer à flux modulé ?

Madame Kermeur surprise ne comprend pas tout de suite la question et elle lui demande de bien vouloir reposer sa question et Kévin martin lui dit :

– ici ! Téléphoner c’est possible ?

Madame Kermeur lui répond :

– ici ! Si c’est la campagne, ce n’est tout de même pas la brousse et elle dit aussi qu’elle croit bien que le café dispose d’un objet que l’usage courant appelle téléphone !

– merci ! M’dame ! Excusez si vous n’entravez que dalle, mais j’ai peu l’habitude des milieux campagne !

Madame Kermeur sourit puis lui dit :

– mon pauvre monsieur je crois bien que vous avez perdu l’usage de vos sens et je vous plains bien !

Kévin se rue sur le téléphone, c’est un vieux téléphone mural encore à cadran et se pose la question :

– comment ça marche déjà ces antiquités !

Il va voir le patron du bistrot et lui dit :

– comment elle marche votre antiquité ?

Le patron lui répond :

– c’est simple monsieur vous me donnez le numéro que vous désirer et je vous donne la communication !

Kévin lui répond :

– pas possible de se connecter au réseau avec votre téléphone ?

Non ! Lui répond le patron,

– la seule possibilité que vous ayez c’est de parler de vive voix avec votre interlocuteur

– merde de putains de péquenauds ! Jure Kévin. Et pour bouffer c’est possible ?

– oui ! Lui répond le patron. Allez donc chez Julie Lescaut, c’est un restaurant tenu par une parisienne qui est venue dans les années deux mille et qui est restée au village, peut-être qu’avec elle vous aurez plus de chance qu’avec moi il me semble bien qu’elle ait aussi fréquenté ce que vous appelez le Cyber espace, peut-être même vous aura-t-elle cette connexion

– et quelles sont ses références, dit Kévin ?

Le patron surpris lui répond qu’il la connaît depuis vingt-cinq ans et qu’elle possède de très bonnes références !

– non ! Dit Kévin ! Où elle crèche ?

Le patron semble entrevoir un début de signification dans la communication kleinienne et il lui répond :

– je crois qu’elle habite aux 23, rue des bons enfants mais que si vous voulez manger dans son restaurant, il se trouve à deux rues d’ici

– merci vieux dit Kévin, et à la proche !

Kévin est sur la place et il cherche parmi toutes les rues avoisinantes le restaurant Julie Lescaut, au bout d’un quart d’heure il trouve enfin ce qu’il cherche. La patronne est là et il lui demande

 – qu’est-ce que vous proposez à bouffer !

 La patronne une maîtresse femme lui répond :

– ici, c’est un restaurant végétarien vous n’aurez que des produits naturels, nous pouvons tout de même vous proposer des gratins de courgette et des galettes de sarrasin, etc. Et tout cela accompagné d’un cidre maison dont vous me direz des Chapitres !

– merde ! Se dit intérieurement Kévin je suis tombé sur une rombière restée baba-cool mais le principal c’est que je puisse me connecter en lui demandant gentiment…

– bien ! Alors se sera une omelette avec fromage et un peu de votre excellent cidre…

La patronne sourit de satisfaction et pose la question

– qu’est-ce qui nous vaut que vous soyez là ?

Kévin répond :

– j’fais une enquête sur un de vos concitoyens !

La patronne dit

– et qui est-ce donc ?

Kévin répond :

– un bouseux du nom de Le Quermel

La patronne choquée lui dit

– si vous considérer mon Sébastien comme un bouseux vous me faites l’effet d’un extra-terrestre qui débarquerait dans notre bon petit coin. Le Sébastien c’est mon homme et ce n’est pas un parisien comme vous l’êtes qui viendra me le critiquer par des opinions toutes faites !

– excuse ! M’dame mais quel est votre blase ?

– avant d’être avec mon Sébastien, j’avais le nom de Julie Rodriguez et comme vous dites mon blaze maintenant c’est Julie Le Quermel femme de Sébastien Le Quermel

– putain ! C’est mon jour de jackpot ! Il faut que tombe sur la meuf de mon item ! Vous tombez bien madame ! J’aurais quelques questions à vous poser sur votre homme, en effet je suis sponsorisé par la chambre d’agriculture de chez vous et par la FARMER, ceci pour vous faire un max de publicité dans les milieux hyperconnects. J’espère que ça vous branche un max M’dame Le Quermel ?

– peut-être jeune homme ! Mais cela ne vous ennuierait-il pas d’avoir un vocabulaire accessible au commun des mortels ? Si vous me parlez codé, il va falloir que j’achète un décodeur et l’ennui, c’est que si je ne suis plus Parisienne depuis trente ans, c’est, je crois bien à cause des personnages de votre espèce que j’ai quitté Paris. C’est à cause de l’ennui de devoir mettre un décodeur à chacun de mes contacts. En quelques mots : parlez simple, si cela vous est possible ! Je n’ai plus la patience d’avoir un dictionnaire français courant, français branché. J’ai quitté Paris depuis trente ans et en ce qui concerne l’usage de votre argot, je suis restée au verlan de mes vingt ans

– M’dame Julie ! Je vois que vous avez du répondant je ne poserais que des questions sur votre item et sur vous, depuis quand êtes-vous mariée ? Quel est le nombre de vos enfants et pouvez vous me donner une bonne raison d’acheter chez vous ?

Julie répond :

– je suis pacsé depuis avec lui depuis vingt ans, avec lui j’ai trois enfants et la seule raison qui me fait aimer ce village, c’est le fait de ne plus voir de martiens comme vous !

À ces mots le martien repartit sur sa planète dans sa soucoupe volante et il se remit à communiquer sur son ordinateur de bord. Il dicte la conclusion de son enquête :

– les habitants de Plougalass-ker-Aven sont à ranger dans les rangs des irréductibles, car ils ne s’intéressent assez peu à la communication rapide de notre société Net-Project-Prospective et la seule chose qui les intéresse, c’est leur tranquillité en dehors de notre système de communications. Bref ils ne se font marginaux que dans la mesure où la technologie ne s’occupe pas de leur système d’approches sociales de l’économie. Je conseille donc de les écarter de notre serveur… fin de communication ! Envoi !

 Bruno Quinchez Paris le 20 février 2001

 
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