Littératures

  • Nos mots

     

     

    Nos mots    

    Question de puissance, il faut savoir les choisir
    Entre tous nos mots,  tous ceux-là que l’ont dits
    Certes parfois lancer là haut une imprécation
    mais ne pas mettre de violence pour ce poète

    Non ! Vous savez, parfois je me dis en vous lisant
    Je me dis bien que  je ne sais pas toujours  
    Tous ces mots, dans ce que vous voulez nous dire
    si cela  c'est bien compatible  et bien courant

    Avec  toute notre vie, celle là de notre quotidien
    il y a une vraie douceur dans un poème tendre
    je songe souvent aux empires qui n'ont pas existé
    en lisant des poèmes très doux qui sont fait de riens

    J’écoute le bruissement du vent dans les arbres
    Et je sais un ruisseau qui coule dans la campagne
    il ignore les fortes tempêtes, dans la mer en furie
    Il va de là-haut jusqu'au  bout de son fil de l’eau

    Poète pas plus petit, pas plus grand, juste un frère
    Calmes rêveurs qui noircissent les pages des cahiers
    Avec de multiples mots  qui nous parlent de tout
    Dans des presque rien très écrit et tellement fabuleux

    Bruno Quinchez Paris le 14 novembre 2019

  • Pourquoi "on" écrit version 12 octobre 2019

     

     

    Pourquoi «On» écrit ?

    On écrit parce qu'on a
    Du monde dans la tête,
    Un petit théâtre ou un petit vélo
    Qui fait le tour du monde,

    Il est rare que les gens
    Sans histoire se mettent à écrire,
    Puis des fois on se prend pour Dieu
    Et on invente un monde à soi

    Avec ses rois, ses anges, ses démons
    Et plein d'histoires terribles
    Qui se passent dans des Mondes…
    Et en général, ça passe avec l'âge

    Alors on se fait lire, pour savoir
    Par sa famille, puis ses amis,
    Puis quand on voit, que ça plait,
    On regarde plus loin, chez les éditeurs

    Ceux-là qui n'ont rien à foutre
    De nos histoires trop banales
    Mais on continue d'écrire…
    C'est comme une drogue d'être lu

    Et on continue de faire ses poèmes
    Jusqu'à ce qu'on désespère
    De n'être pas lu et connu
    Par d'autres personnes que ses amis,

    Alors on se met sur le net
    Et là on regarde les forums de poésie,
    On écrit, on est reconnu
    Mais pas par votre nom et prénom…
     
    Alors on cherche encore un éditeur
    Mais les éditeurs vous répondent toujours,
    De commencer par être connus…
    Alors on se met à faire son blog

    Où l'on a quelques lecteurs
    Qui vous disent: j'aime bien ce que tu fais,
    On a un grand sourire et une bonne montée
    D'endorphine de ce plaisir

    Mais on n'est toujours pas connu…
    Alors on cherche encore
    Mais c'est aussi sans fin,
    Puis on change de style,

    Les amis ne vous reconnaissent plus
    Mais d'autres se mettent à vous aimer…
    Et ça, ça dure toute une vie,
    Et les amis fidèles vous disent

    Qu'ils essayeront encore
    De vous faire connaître,
    Les amis font des associations
    Pour aider le génie inconnu,

    Puis ils se lassent de vos écrits
    Et tout le soufflé retombe…
    Jusqu'au jour ou un éditeur
    Vous dis qu'il aime votre travail,

    Mais vous êtes mort
    Et vos droits d'auteur
    Lui tombent direct dans la poche…
    Moralité ! Tu ne sauras jamais

    Ce que la postérité de ton vivant
    Et post-mortem te réservent…
    A savoir que Rimbaud il a fait
    De l'édition à compte d'auteur

    Et il n'a été connu que grâce à André Breton
    Dans les années trente et le surréalisme
    Le surréalisme aimait certains Poètes
    Tandis que d'autres étaient bannis

    Oui ! Ça rend modeste de le savoir
    Sans être de jeunes Rimbaud
    Mais vous qu'aimez vous Donc ?
    Et y croyez-vous à vos poèmes ?

    Je ne sais pas ce que sera demain
    Il y a des Myriades de poètes
    Et il n'y en a peu qui sont connus
    Demain n'appartient à personne

    Bruno Quinchez Paris 16 mai 2005 et le 12 octobre 2019

  • Mon passé de Poète

     

     

    Mon passé de poète

    Je souris et je rigole en moi-même, enfin pas vraiment
    C’est en fouillant dans mes affaires, le grand fourre-tout
    Je tombe sur un de mes petits livres de poèmes, une babiole
    Un truc qui est sans valeur, car il est fabriqué de petits riens

    Les textes, ils ne sont pas si mal, mais pour ce truc rien à dire
    Je lis les poèmes sans problème, il y a juste quelque coquilles
    Mais ce qui me fait rigoler, c’est que je croyais aussi les vendre
    Certes pas trop cher, mais tout de même une petite somme

    De nos jours je produis, pas mal de choses diverses et variées
    Mais il  y a un fait, que je suis lu sur internet, mais aucun livre vendu
    C’est rigolo de se souvenir, de toutes nos ambitions du passé
    Je vieillis et je ne sais pas pour après, car je ne serai plus là

    Modestement je sais que je n’existe  certainement que par l’internet
    Je ne connais pas d’éditeurs, pour les livres papier de poésie
    Il est dur pour l’égo, de se savoir non reconnu comme écrivain
    Le poète que je suis est beaucoup lu, mais  certes, il n’a rien vendu

    Qui sait demain ? Et vous qu’en pensez vous ? Vous mes lecteurs !
    La poésie c’est ce truc qui traverse le temps et qui reste toute aimée
    On ne vends pas un poème, c’est cette chose du temps qui passe
    Pensez-vous vendre votre poésie ? Non là ! Je me pose des questions !

    Bruno Quinchez Paris le 29 septembre 2019

  • Préface (version 3)

     

     

     

    Préface (version n°3)

    Je suis ce doux poète
    Au cœur d'artichaut
    Mon dire est dru
    Et mon cœur est chaud

    Lisez-moi libre recueil
    De feuilles  en feuilles
    Pour vous en donner l'envie,
    Je vous cueille alors

    Des mots pour les hommes
    Des fleurs pour les femmes
    Croquez les donc ces pages
    Mes fragments ou mes piments

    Si vous avanciez mon cercueil
    Ou l'échafaud sur la place
    Pour un vers anodin
    Qui sonnerait comme faux

    Pardonnez-moi mes fautes
    D'un coup de gomme
    Toutes ces fosses nautes
    Ce thon fantôme

    Aussi excusez-moi!
    L'artichaut qui fait
    Son long strip-tease
    Ils lisent sottises

    Et ils disent bêtises
    Que de choses dites
    Qui se veulent inédites
    Ou plein de malices

    Bruno Quinchez (Morsang sur orge le 4 mai 1995)
    et Paris le 29 septembre 2019 pour la remise en forme

  • Reconnaissance... version premier septembre 2019

     

     

    Reconnaissance Premier septembre 2019
     

    Rimez joies ! Ô muse ! Je loue ta reconnaissance !
    Efforts bruts déjà permis par cette bienséance
    Charmante muse, me pardonnes-tu, mon ardeur ?
    Offrandes pour toi mon cœur, mon jaloux et brailleur
     
    Nostalgie des aèdes, avec  des  lois magnifiques
    Nuances des airs, ou de ces mélodies antiques
    Affleurants, telles les jolies fleurs du bonheur
    Ignorant ton icône vécue et ta douce chaleur
     
    Sûrs espoirs,  ce sont tes sourires doux et soyeux
    Saluts des songes, de brèves amours, chant joyeux
    Amours nues, reflets de tes poèmes  profonds
     
    Nuits  calmes ! Ô secrets ! Tous les aruspices sans fonds
    Calmement voir les petits matins et aussi mes babils féconds
    Etablissant ainsi tes lois ! Cela pour tous ! Ô lits amoureux !   

    Bruno Quinchez (Morsang sur/Orge mars 1994 concours l’oiseau Lyre
    et Paris le premier septembre 2019)

     

  • Sur la Norme

     

     

    Sur la norme

    La norme qu’est-ce que c’est y donc ?
    C’est l’ensemble des gens ordinaires
    du moins tous ceux, sans vrai problème
    le non-normal, c’est une idée de différence

    Parfois c’est une norme qui est sociale
    parfois c’est un héritage qui est ancien
    entre l’histoire et les principes religieux
    de nos jours le sociétal crée de la norme

    La norme ? Vous savez! Elle est é-norme
    entre l'anormal bizarre et le normé
    il y a des enfants qui se foutent vraiment
    de savoir tout ce qui est normal

    Et aussi d'affreux poètes maudits
    qui refont le monde, à leur manière
    les gens normaux, ils n'aiment pas
    être dérangés dans leur confort

    La norme est un concept d’industriels
    pour fabriquer un assemblage d’objets
    c’est devenu aussi un usage social
    les anormaux sont des gens dangereux

    Ou du moins, ils sont des gens compliqués
    et ils sont difficiles à intégrer dans une équipe
    les idées qu’ils ont, elles dérangent les patrons
    qui préfèrent tous les gens dits normaux

    De nos jours certains patrons, ils rendent dingue
    Certains de leurs employés pour les vider
    Il est normal de voir ce monde nous classer
    Mais il est anormal de détruire pour le profit
     
    Dans les anormaux, il y a des différences
    entre les handicapés physiques ou les fous
    ce qui ne va pas, c’est qu’ils doivent s’adapter
    alors que c’est ce monde qui devrait s’adapter
     
    Ce sont des gens, qui sont plus fragiles que d’autres
    et qui souffrent des regards, des gens dits normaux
    on crée le concept d'handicap, avec la notion d’incapacité
    les handicapés, ils souffrent de se voir inférioriser
     
    La norme c'est seulement la moyenne
    de ce que nous devons être en société
    ni trop beau ni trop laid, juste médiocre
    ni trop ceci, ni trop cela, être normal
     
    J'ignore parfois les questions posées...
    Etait-il normal, ou bien était-il bizarre ?
    Ce gars étrange qui me parlait du monde,
    je ne sais pas, cela je ne l'ai jamais su
     
    Un être qui est normal, c'est parait-il
    c'est une personne de taille moyenne
    ni blanc, ni jaune, ni noir, mais gris
    sans autres opinions que celles admises
     
    Avec jamais de délires, donc très ordinaire
    et qui s'insère dans un monde normal
    ce monde qui fonctionnerait très bien
    sans tous ces gens qui sortent de la norme
     
    Mais que ce monde là il serait triste
    Sans tous les fous créateurs et marginaux
    Je me souviens de Vincent van Gogh et de Gérard De Nerval
    Qui sont morts de n'avoir pu supporter la norme
     

    Paris le 18 mai 2017 et le 31 août 2019

  • Allitérations variées

     

     

     

    Allitérations variés

    Le gars gaga et égaré, gâtait les gros mots
    en grommelant trop grave et si grossier
    un enfant sage comme une image,
    qui voulait du grimage comme des mirages pour  des visages

    Mais ce cerbère, sérieux et sévère suintait
    ses sens de sensations sentimentales et sensuelles
    un chien cynique et si sérieux disait parfois
    de ses  sinistres et sérieux songes ou mensonges

    Alors elle arriva, la femme fleurie,
    affriolante et frivole, fleurs du printemps
    pour un flirt facile et fervent, plein de faveur
    Faveur facile pour des fleurs frivoles

    Ils s'aimèrent sans manière d'un amour magique
    et  mystérieux dans une masure misérable
    C'était une fée, un peu fêlée et fière,
    Elle fit filer le temps, une bonne fille et une fragile fillette

    Entre Mélusine et Maïlis ou madame Marie
    La nature nue, elle me chantait des poèmes
    sur des nuages et n'ignorait pas les anges si menus
    Le temps passa sans soucis sans secrets

    Tout  en sens dessus dessous,  l'essence de la passante lascive
    Demain déjà ! Disait le dadais, ce dodu doux et désirant
    et il décida de décéder dans un désir de  fin de vie
    J'étais agité de  gentilles idées, et d'absence de désir

    Idée plus ou moins décidées ou un peu trop blablatées
    Le bavard bavait des blablas dans des brumes
    et des brouillards trop braillards sans se brouiller le cœur
    J'avais janvier et le givre des  temps frisquets

    Paris  2014  et le 13 août 2019

  • L'autre... Par Victor Hugo

    L'autre

    Viens, mon George. Ah ! les fils de nos fils nous enchantent,
    Ce sont de jeunes voix matinales qui chantent.
    Ils sont dans nos logis lugubres le retour
    Des roses, du printemps, de la vie et du jour !

    Leur rire nous attire une larme aux paupières
    Et de notre vieux seuil fait tressaillir les pierres ;
    De la tombe entr'ouverte et des ans lourds et froids
    Leur regard radieux dissipe les effrois ;

    Ils ramènent notre âme aux premières années ;
    Ils font rouvrir en nous toutes nos fleurs fanées ;
    Nous nous retrouvons doux, naïfs, heureux de rien ;
    Le coeur serein s'emplit d'un vague aérien ;

    En les voyant on croit se voir soi-même éclore ;
    Oui, devenir aïeul, c'est rentrer dans l'aurore.
    Le vieillard gai se mêle aux marmots triomphants.

    Nous nous rapetissons dans les petits enfants.
    Et, calmés, nous voyons s'envoler dans les branches
    Notre âme sombre avec toutes ces âmes blanches.

    Victor Hugo 1802-1885 Extrait du recueil L'art d'être grand-père de 1877

     

  • Mai... Guillaume Apollinaire

    Mai

    Le mai le joli mai en barque sur le Rhin
    Des dames regardaient du haut de la montagne
    Vous êtes si jolies mais la barque s’éloigne
    Qui donc a fait pleurer les saules riverains ?

    Or des vergers fleuris se figeaient en arrière
    Les pétales tombés des cerisiers de mai
    Sont les ongles de celle que j’ai tant aimée
    Les pétales flétris sont comme ses paupières

    Sur le chemin du bord du fleuve lentement
    Un ours un singe un chien menés par des tziganes
    Suivaient une roulotte traînée par un âne
    Tandis que s’éloignait dans les vignes rhénanes
    Sur un fifre lointain un air de régiment

    Le mai le joli mai a paré les ruines
    De lierre de vigne vierge et de rosiers
    Le vent du Rhin secoue sur le bord les osiers
    Et les roseaux jaseurs et les fleurs nues des vignes

    Guillaume Apollinaire, Rhénanes, Alcools, 1913

     

  • Assonnances en I

    Assonances en i

    L'ibis d'Egypte, il nidifie aux bords des rives du Nil
    Le fils de Néfertiti, le petit Séti c'est son ami très gentil
    Séti convie les petites filles, très libre avec sa manière de rire
    Quelques délires, quelques lumières et des dieux d'empire

    Le ciel se mire dans la mare où ils naviguent sur des esquifs
    Quelques chiens qui crient et qui se déchirent pour des petits riens
    Ils n'ont pas de plaisir à donner mais juste quelques petits désirs
    Isis tient le miroir tandis qu'Osiris, il écrit quelques hiéroglyphes

    Des singes grimpent sur les palmiers dattier et ils crient
    Séti se dit qu'un jour il ira, dans le fleuve immense du Nil
    Et qu'il y péchera quelque anguilles et des sardines très grises
    Un temps d'avenir si précis où il ira voir ces choses qu'il s'est promises

    Sur ce plateau de Guizèh des myriades de gens efficaces construisent
    Un maitre d'œuvre dirige et conduit des cohortes de captifs africains
    L'histoire n'oublie pas les pyramides...Qui donc se souvient de ces vies finies ?
    J'étais un idiot idéaliste, et j'y mettais ainsi toutes les allitérations en i

    Paris le 22 janvier 2019

    à savoir c'est un petit défi que je m'étais promis
    en voyant dans mes références de blog ce titre