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Poésies diverses et variées

Une symphonie déconcertantes

Symphonie déconcertante

J’entends parfois le rossignol picole et il boit sa gnôle et se dope
Tandis que le corbeau noir et aigris, il jette sa cigarette et écrase sa clope
Le concert est fini maintenant et je vois les deux oiseaux qui se taisent
Ils comptent leurs envolés lyriques, et tous leurs chants de la grande baise

Là-haut ! Ils volent l’attention des auditeurs, et ils s'envolent sans bricole
Une colombe passe, on lui tire dessus, et elle se prend des tonnes de plomb
Non ! les oiseaux, ils ne sont que des fantaisistes sans chef et ils rigolent
Un chien qui aboie dans ma rue, il exprime une opinion qui est de fond

Les humains, ils se sont absentés et ils ne sont plus sur la scène
Le scénariste, il a changé le scénario, et je vois toute la vie qui se démène
Babar l’éléphant qui revendique le droit d’être un roi et qui soit sans problème
Je sais bien tous ces personnages du passé parmi tous ceux que j’aime

La symphonie sibylline des sillons, et des microsillons sans remords
L’oiseau en moi qui se tait et il laisse aller, cela sans qu’il n’ait fait de torts
Un chien sage se lève et il déclare que demain, ce sera beaucoup mieux
J’ignore si les hommes,ils se prennent pour de chiens ou pour des Dieux

Je vois l’oiseau là-haut sur la branche qui essaye de parler du bonheur
Un vieil humain regarde l’oiseau et il lui tire dessus avec un regard mauvais
Tandis que l’oiseau, lui il chante et il chie toute la vie et tous ses airs bien trop niais
L'homme assis se demande encore : Mon Dieu ! Qu'est-ce que le malheur ?

Un chien chef d’orchestre qui bat la mesure avec sa queue, le rossignol chante
Je sais des animaux bien plus vivants que vous et moi, ceux-là qui me hantent
Un matin de l’an dix-mille je ne savais plus, si sur Terre il y avait des hommes
Comme je savais ces animaux et ces esprits, je les savais et nous sommes

Dans une musique tourmentée et absente, j’entendais l’âme des hommes
Mais où étaient-ils donc ? Je ne connaissais que des médias bavards et des formes
La symphonie du nouveau monde avec des trilles, des aboiements et des miaulements
J’oubliais le violon et le piano, je savais certains compositeurs dans les plus déments

La musique concrète, elle avait oublié l’Homme et elle composait avec les animaux
Les singes avaient-ils inventé une musique, celle-là qui soit vraiment universelle
Beethoven, Debussy, Ravel et Mozart, eux ils songeaient à un monde plus beau
Tandis que moi je connaissais une détresse entre un rien du tout et une pensée virtuelle

Paris le 30 octobre 2016

Symphonie deconcertantesymphonie-deconcertante.mp3 (551.73 Ko)

Apels du Large

Appels du large

Je me veux appareiller en ce nouveau jour,
Et rêver infiniment, la mer immense, mon amour,
Puis longuement, repartir, vers ces nuages,
Tout au bout de ces horizons, lointains rivages,

Je me veux t’aimer, et le monde tourne très lentement,
Je veux me lever vers ces ailleurs, vers ces vents.
Me réveiller, heureux au milieu des cataclysmes,
Et me rafraîchir, par tes pleurs, tes exorcismes,

J’aimerais tant savoir, et je suis le bateau qui va sur l’eau,
Je le voudrais voyager au loin, je ne peux te revoir à nouveau,
Le septième ange sonne, c’est la fin, le décret divin,
Puis-je encore naviguer dans tes mers ? O Dieu marin !

Je voudrais appareiller pour cette longue éternité.
Mon cœur et mes voiles qui se gonflent du grand vent,
Ce grand vent d’orgueil, fou et fier, mais innocenté,
Pour mieux t’aller vers toi, o ciel testament !

Vers ces flots inconnus qui me seront peut-être amicaux,
Un au de-là, de tous mes regrets, ces secrets virginaux,
Dans des terres cachées, pleines de toutes ses vertus,
Parmi les nymphes affolées, par leurs âmes invaincues,

Chercher et enfin trouver, là bas le dernier saint,
Comprendre ses mystères, ne pas les dévoiler en vain,
Apprendre dans mon cœur, et retenir son dernier secret,
Je veux partir loin vers cette sagesse et rester discret,

Je veux appareiller vers tous ces rêves, dès demain,
Souffle vent dans mes voiles, toujours, plus lointain,
Pour conquérir, plus loin, plus lointain, que tous les horizons,
Pour monter, plus haut encore, vers le plus grand des monts,

Conquérir la vision de l’infini, et voir la crête neigeuse,
Pour mieux voir, tous les hommes, et la vérité soucieuse,
Partir sans l’espoir d’un retour, sans en être inquiet,
Le savoir, et raconter mes voyages à des enfants benêts,

Soufflez, ô vents ! Tous les jours, tous ces jours.
Montrez-moi, les terres inconnues, les beaux amours.
Pour un soir, trouver, la terre mythique d’Avalon,
Le vert paradis de l’éden ou les terres du nouvel horizon,

Car c’est alors, que je pourrais appareiller vers la grande ronde,
Car je veux me perdre et vivre dans une terre si lointaine,
Atteindre l’île ensoleillée aux fruits d’or, où tout abonde,
Rivages de l’amour, soleils incandescents, vie sereine,

Bruno Quinchez
(Paris 27 juillet 1987- Nouvelle mouture
Morsang sur/Orge juin 1995

 

Texte de 1977 Au légionaire, texte tiré d'Au lecteur de Charles Baudelaire

 

 

Ce texte est le croisement de la technologie moderne,
Telle que pourrait l’utiliser un oulipien et un texte
Très connu de Charles Baudelaire (Au lecteur)

Au légionnaire,

La soubrette, l’érudition, la pécore, le lest,
Offensent nos essais et trébuchent nos correspondances,
Et nous allégeons nos aisés remous,
Comme les ménestrels numérotent leurs véroles,

Nos pécores sont théâtrales, nos répertoires sont laïcs,
Nous fanons gravement nos avions,
Et nous nous répandons généreusement, dans des chemises bourrées,
Crucifiant par de violentes pléthores, légitimer nos taffetas,

Sur l’orgasme du malaise, c’est Satie trimestriel,
Qui berne lucidement notre esquisse encombrante,
Et le rigide métallurgiste de notre voltige,
Est tout véhiculé par ce scatologique chiot,

C’est le diagnostic qui terrasse les filets, qui nous reposent,
Aux obligations les plus résignées, nous trustons des appétences,
Chaque jour, vers l’enfouissement, nous désenflons d’une passe,
Sans hors-jeu, à travers des ténors qui pullulent,

Ainsi qu’un débris payable, qui balance et manœuvre,
Le sexe masturbé, d’une apaisante cause,
Nous votons au passé, une platitude classique,
Que nous prétextons fortuitement, comme une vierge osseuse,

Sidéral, foutu, comme un milliard d’hémicycles,
Dans nos cervelles, rigole un phallus de dentiste,
Et quand nous ressassons, la morue dans nos préceptes,
Désunit, flirt invulnérable, avec de souterraines plages,

Si la vipère, le poivre, le poing, l’inceste,
N’ont pas encore broyé, de leurs paisibles destriers,
La cannelure bariolée, de nos placides déterministes,
C’est que notre amidon. Hélas n’est pas assez hasardeux,

Mais parmi les chiottes, les papes, les lieder,
Les sirènes, les scrupules, les vélomoteurs, les serveurs,
Les monte-charges, gobant, idéalisant, gueulant, rampant,
Dans le ménisque ingénieux de nos vicissitudes,

Il en est un, plus langoureux, plus mécréant, plus immuable,
Quoi qu’il ne prêche, ni grande gifle, ni grande critique,
Il farcirait volontiers, la tête de déchets,
Et dans une balafre, aveuglerait le monde,

C’est l’enseignement, l’œuvre chargée, d’un plomb ionisé,
Il revêt d’échecs, en fusillant sa huche,
Tu le consacres légionnaire ! Ce monte-charge déliquescent,
Hystérique légionnaire ! Mon sépale, ma fleur.

 
(Bruno Quinchez ; Charles Baudelaire)
Bruno Quinchez (Sceaux 1977 Paris 1988
Morsang sur/Orge, le 24 novembre 1991 et juin 1995)

Paris le 7 octobre 2018

Au legionaire texte tire d au lecteur de charles baudelaireau-legionaire-texte-tire-d-au-lecteur-de-charles-baudelaire.mp3 (617.55 Ko)

 

Un Poète

Un poète
 
Je lisais un petit homme contemporain qui écrivait ici
Il se disait : qu’est ce qui est important ? Que faire de ma vie ?
Mais était-il vraiment sérieux, ou n’était ce là qu’une angoisse
Lui je le sais, il ne savait que dire entre ses malheurs et la poisse
 
Un enfant qui passait par là, il lui dit un jour en le voyant
Mais qu’est ce qu’il veut le monsieur, je le vois émouvant
Peut être était il triste, l’enfant lui sourit et alors cela lui plut
Enfin il avait trouvé, un ami fidèle parmi tous ces inconnus
 
Le petit homme se résolut, à causer à tous ses voisins
Ces petits riens, ils lui firent pas mal de nouveaux copains
Cela en était tel, que dans la rue, il passait aussi pour un dingue
Mais lui, le petit homme, il savait qu’il n’avait pas besoin de seringue
 
Et alors il se mit à écrire sans fin comme un vrai forcené
D’abord sur un cahier d'écolier; puis sur un ordinateur  cela sans s’arrêter
Il devint alors le grand maitre des poètes... Toux ceux qui postaient sur internet
Mais il avait toujours en lui cette idée de ce monde qui n'était pas très net
 
Alors il alla sur le site toute la poésie où il postait ses poèmes
Sans avoir la grosse tête il aimait avoir des petites notes des j’aime
Moi Victor je rigolais, je savais déjà aussi toute les histoires de gros egos
Alors pour rigoler je racontais de ces trucs qui se voulaient rigolos
 
En vieillissant je savais que j’écrivais peut être mieux que dans mon passé
Devrais-je en sourire ou en pleurer, les mots ils sont d’un outre-passé
Je ne savais pas si le vieux con que je suis devenu, il avait vraiment raison
Il y a des mots simples de nos vies qui ne sont, ni des discours, ni une oraison
 
Le poète reste cet homme fragile, celui qui reste parfois sans pouvoir un mot dire
Y aurait-il des choses à vous dire ou bien de ces choses horribles qui soient à maudire
Ma peur reste de devoir juger, ce que je sais ne pas faire et une réalité que je ne veux
Un poète, il rêve et ses écrits, ce sont parfois des prières ou parfois de longs vœux
 

Paris le 6 octobre 2018, La fête de La saint Bruno

Un vieux texte de mes archives Dans (Version I)

 

Dans (Version I)

Dans tes yeux, cette mer immense de nos origines,
Dans cette mer, l’huître, accrochée aux rochers,
Dans l’huître, la perle irisée de mille feux,
Dans la perle, l’iris de tes grands yeux,

Dans cet iris, la phosphorescence de myriades d’étoiles,
Dans ces étoiles, la perspective, infinie de notre univers,
Dans ce gigantesque univers, seuls nous-deux,
Toi, tu me souris, pour la beauté de ce jour,

Moi, ton unique amour, je te réponds, bonjour !
Je suis le pied noueux des vignes du seigneur,
Tu es, l’amphore antique, sous la mer,
Tu me mèneras dans le plus secret de tes rêves,

Je crois, que maintenant,
Mon trop long sommeil s’achève,
Frêle embarcation, sur tes ondes sinueuses,
Lentement, bercée, de la vague rythmée, le ressac,

Tel un soc, j’avance, sur ta surface, calme et sereine,
Je t’effleure, je vais, j’évolue comme la figure de proue,
Je suis ce galion ancien, et je suis chargé de ton or,
J’aime le sillon que je marque sur toi,

Osmoses, en toi, la mer de tous les abîmes,
Présences et mémoires, de l’éternité,
Des cycles lunaires, des marées,
Dans tes ombres, il y a ces abysses,

Ces abîmes, qui cachent tes secrets,
Obscurité des cavernes,
Densité d’un désir, lourdeurs de la chair,
Épanouissement des sens, senteurs marines,

Ta marée, la plus intime,
Irisations, rosées, nacre de la femme,
Je goûte les embruns salés

Fusion de nos corps enlacés,
Union de nos cœurs, affolés,
Je suis dans ta profondeur et j’y nage,

Tu m’entoures, tu m’envahis, je m’y noie,
Chaude mère, qui m’a enfanté,
Chaude mer, de nos origines,
Chaud fœtus de mon origine,

Bruno Quinchez (Morsang sur/Orge 1979 1988
Paris 1989 Morsang sur/Orge juin 1995)

Dans premiere versiondans-premiere-version.mp3 (453.88 Ko)

Les deux pigeons de Paris

Les deux pigeons de Paris…

Deux pigeons, de notre Paris, s’aimaient d’amour tendre,
Leurs plumages étaient d’un gris sale, couleur de cendre,
Ils fréquentaient notre ville depuis des temps  lointains,
Leur nourriture venait des parisiens qui tendent leurs mains.

Le premier, un pigeon avec des taches marron, et laid
Courait, entre les bancs et le bac à sable, en mendiant
Les enfants essayaient de l’attraper en le pourchassant
Cherchant à le coincer par des cadeaux sans attraits

Le second tout aussi déplumé que le premier désigné
Mais leurs amours étaient arrivés, signe du printemps
Ils ne se séparaient jamais, symbole d’un amour suranné
Les enfants jouaient et  les regardaient de temps en temps

Leurs amours étaient connus comme le symbole la fidélité
Mais les bancs et les trottoirs devaient souvent être décrotté
Un maire décida que cela était assez, ils devaient disparaître
Les pigeons ignoraient les édiles et  se révélaient  opiniâtres

Un  chasseur de pigeons fut nommé par le maire de Paris
Ceux, qui voyaient seulement leurs salissures, furent ravis
Et le chasseur fit si bien, qu’en une année, plus de Pigeon
Mais l’âme des parisiens fut triste de leur entière disparition

Un parisien complaisant se mit en quête de leur faveur
On choisit de beaux pigeons, des bisets aux  plumages titrés
La race des pigeons était sauvée, pigeons de grande qualité
Mais nos deux pigeons du début réapparurent, sales et chieurs

Quelques années ont passé, il n’y a plus les beaux bisets
Mais des pigeons sans pedigree, mélange des gris et des marrons
Les Parisiens de toujours, se réhabituèrent alors à leurs pigeons
Les pigeons sale et gris, avec leurs  toutes les salissures, sans arrêts

Moralité si les pigeons sont sales dégouttant et sans attrait
C’est une partie de notre paysage de notre vieux Paris
Leur salissure serait  cette longue absence sans préavis
Si vous aimez Paris, aimez aussi ceux qui font partie du portrait…

A savoir que ce jour du 23 septembre 2018, je ne vois pas d'oiseaux chez moi
Comme s'ils avaient disparus et là je ne sais vous dire quoique ce soit
Un mauvais rêve dans une réalité vécue qui est plus ou moins idiote
Je ne sais dire où sont donc passés les pigeons, une réalité pas rigolote

Bruno Quinchez Paris le 14 mars 2000  17h 43 et ajout du dernier quatrain le 23 septembre 2018 16h18

Les deux pigeons de parisles-deux-pigeons-de-paris.mp3 (431.33 Ko)

Un vieux texte de 2000 Les fantasmes, les souvenirs et les odeurs (version avril 2000)

Les fantasmes, les souvenirs et les odeurs (version  avril 2000)

La bonne odeur du pain
Qu’a pétri la main du boulanger,
L’odeur du café que l’on a versé
Dans la tasse aux petits matins,
Le goût sucré de la mie de pain
 Que l’on a longuement mastiquée,
Le goût de noisette et le goût du beurre frais,
La blancheur du yaourt
Dans la cuillère que l’on avale
Et l’odeur âcre de l’ozone
Dans les petits matins de l’hiver,


Le souvenir encore tiède du lit défait,
L’odeur de cette femme que j’aime
Et l’odeur de l’homme.
Une odeur de cul,
L’odeur du sexe et du phallus
Après cette intense jouissance.
Le goût de sa salive dans ma bouche
Et ses seins que j’ai pétris,
Ballochés et chamaillés,
Et mon sexe durcit par l’envie
De recommencer encore et encore.
L’odeur encore chaude du plaisir partagé
Et les draps froissés
Par le mouvement chaotique de la passion.

Le souvenir ensoleillé d’un bel et bon été,
L’odeur de l’herbe dans la campagne brûlante,
L’odeur du foin fraîchement coupé
Et la senteur des fleurs.
L’odeur des foins séchés dans la grange
Où nous nous cachions !
L’odeur des arbres par cette lumineuse journée,
Cette odeur insistante du magnolia
Dans le jardin des souvenirs.
L’odeur de la terre humide
Par les soirs d’orages,
L’odeur des roses au  temps
Du début de l’automne,

L’odeur de l’automne,
Cette odeur de feuilles mortes qui se décomposent.
L’odeur de la mort, cette odeur de novembre,
L’odeur du premier et du onze novembre.
Une odeur de charogne, une odeur d’encens brûlé.
L’odeur de la tranchée,
L’odeur de la messe de souvenir des morts.
L’odeur des poilus, tous ceux qui puent ensembles et pour toujours,
Ce mélange d’odeurs de pieds, de sueurs et de terreur froide
Avec l’odeur de merde dans la boue de la tranchée.
Cette odeur de tous ceux qui chient dans leurs culottes.
 L’odeur des gaz, de la poudre et des morts qui pourrissent.
Cette odeur, celle de la chair martyre, de la chair à canons,
L’odeur affreuse de la souffrance,

 

L’odeur des femmes dans la maison close,
Cette odeur de moisissures
Qui est l’odeur de toutes ces femmes qui se fanent.
L’odeur des mères maquerelles
Cette odeur d’un parfum de quatre sous
Et l’odeur des huîtres
Celles que consomment les clients.
L’odeur de la môme crevette
Cette odeur de la servitude
Ou aussi cette odeur de la lassitude,
L’odeur des solitudes.
Ce ne sont qu’odeurs de pisse
Et des parfums éventés,
L’odeur des putains qui s’étiolent,

L’odeur des enfants,
Une odeur sucrée de barbe à papa
Et le goût des caramels mous
Qui collent aux dents.
L’odeur des pétards
Qui explosent dans la bouse de vache.
L’odeur des feux de Bengale,
L’odeur du bal du quatorze juillet
Et l’odeur des premières cigarettes,
Celles qui font tousser
Une odeur de tabac brûlé
Qui nous fait oublier toutes les bonnes odeurs.


L’odeur merveilleuse du premier désir.
Ce goût et cette odeur du premier baiser
Que nous osons donner.
L’odeur évanescente
Des premiers matins de notre enfance,
L’odeur de la confiture
Qui cuit dans les marmites.
Toutes ces odeurs qui fondent notre enfance,

L’odeur de l’ouvrier ? Je ne sais pas
Et je ne saurais peut être jamais ?
Et peut-être même j’ignorerais
L’odeur du con d’Irène Maïaskowskaïa
Cette russe, membre de la Guépéou.
Le con Irène est une odeur de soumission au parti
Qui a l’odeur de la sueur du prolétaire
Et l’odeur du parti désincarné, c’est une odeur
Qui reste hors de nos vies.
Je me demande quelle était
L’odeur de Staline ?

Je n’ai jamais su
Si le nazisme était ce fantasme
D’absence d’odeur pour Adolf Hitler ?
Le führer n’a-t-il jamais senti
Cette odeur du sang et de la sueur
Et n’a-t-il rêvé du surhomme
Que dans un monde inodore,
Sans sueurs ni attractions sexuelles ?
Pour moi le nazisme était
Ce fantasme d’absence des odeurs.
Un fantasme et la saveur
De l’idée de l’idéal…
Il y a aussi l’odeur de l’indicible du wagon
Où les humains sont entassés.
Cette odeur évanescente
De la nuit et du brouillard.
L’odeur des camps
Et l’odeur incantatoire
De ce nègre qui a peur.
L’odeur jalouse de ces juifs
Que les nazis haïssent,
Ces odeurs si particulières
Que respirent les nez aryens.
En Europe occupée
Cette odeur de la collaboration
Celle des bons pères de familles.
L’odeur de ces fantasmes,
Cette odeur de l’horreur
Et cette odeur des honneurs,


L’odeur des pieds qui est odeurs des poètes.
Celles-ci qui sont ses odeurs d’humains trop humains
Et celles-là qui sont aussi
Celles de tous les hommes libres et vivants.
L’odeur de ces humains tellement humains
Et l’odeur florissante des printemps.
Les effluves des fleurs
Qui nous étourdissent et nous émoustillent.
L’odeur de la joie et de la liberté de s’aimer
Et l’odeur de la permanence de la femme.
L’odeur des enfants à naître.
Tout ce qui fait l’honneur,
La joie et le charme de nos vies.
Oui ! La vie possède une odeur et vivre
Ce n’est pas un fantasme

Quelle est l’odeur de la télévision ?
Rien ! Néant ! Ce qui est pire que la mort !
La télé n’a pas d’odeurs
Donc la télé n’existe pas !
L’odeur des souterrains,
Le métro dans la capitale,
Un parfum de synthèse pour masquer
L’odeur des humains, les S.D.F.
Cette odeur de pieds
Et de crasse, d’hommes bien humains…
L’odeur de la mort
Et l’odeur des gens biens vivants.

Le goût du terroir
c’est le sang de la terre
Ou parfois l’odeur terrible
de la souffrance,
Cette odeur du sang impur
Que verse le citoyen de France
L’odeur triste de la guerre
Et l’odeur de la pureté.
L’odeur de la pureté ethnique,
C’est une odeur de poudre et de napalm
Ou encore le goût de cet alcool fort,
Le goût de gin, le goût de vodka.
Le goût de l’eau douce,
Le goût des pommes de terre sans le feu
Et l’odeur de l’essence absente, un goût du vide.
L’odeur du gazole
et le bruit des blindés,
L’odeur de la sueur.
L’honneur de soi-même,
La peur de l’autre
et l’odeur des souvenirs…
L’odeur des fleurs,
l’odeur de la femme bosniaque
Et l’odeur de cet enfant qui sera serbe.
L’odeur de l’hiver, l
’odeur de l’ozone,
L’odeur du vide
et toujours, l’odeur de la vie.

L’odeur de la femme humée
Cette odeur que possèdent
les petites filles
Tutsis, afghanes ou algériennes.
L’odeur et la peur de l’homme
Que l’on égorge aux noms de dieu.
L’odeur et le goût du sang,
Ces odeurs de la vie…
Non ! Je le dis et je le crois
Nos vies ne sont pas des fantasmes !
Non ! La vie n’est pas un opéra !
La vie n’est pas un concept
Ou une belle et vaine abstraction lyrique.

L’odeur de ses saints
Qui sont morts dans l’amour de Dieu
Et l’odeur des seins
Tétés dans nos tendres enfances.
L’odeur de toutes ses bonnes choses
Que nous ne pouvons oublier.
L’odeur du pain partagé
Que nous rompons en commun
Et le goût des vins forts.
L’ivresse des alcools
Cet alcool pur et si dur qui vous désintègre.
Les odeurs aimées et l’odeur inodore,


Le nez de la belle Cléopâtre
Et les senteurs fortes de l’orient.
L’odeur puissante de Jules César
Et la puissance de la femme.
Cette odeur des fantasmes
Et l’odeur jamais oubliée des souvenirs.
L’ardeur de la vie et l’ardeur du passé.

Bruno Quinchez Paris  texte remanié le 6 avril 2000

Les fantasmesles-fantasmes.mp3 (1.57 Mo)

Des regards dans un ciel

Des regards dans un ciel

Le ciel, dans le soir, il était tout ouvert aux étoiles
Ce ciel étant à regarder comme une grande toile
Et aussi quelques ombres de ces grands arbres
J'écrivais un poème que je gravais dans le marbre

Tout en respirant cet air de l'été qui était très doux
Je ne savais pas vraiment quel était le rendez vous
Mais la nuit qui me disait : regarde tous ces lumignons
Et ceux-là qui me faisaiett aimer tous mes petits quignons

Entre l’étoile Denneb et la constellation du bouclier d'Orion
Je voyais une petite ourse au nord et aussi un grand lion
Ils m'indiquaient sans faille ma route avec l’étoile polaire
Et dans cette proximité, il y avait mile chose dans l’univers

J'écoutais ces bruits des animaux qui grignotaient dans la nuit
Quelques bestioles, dans l’obscurité, qui viennent et qui fuient
Je méditais là ! Tranquillement étendu et regardant, dans le noir
En songeant à toutes ces myriades choses du ciel qui sont à voir

Shakespeare un grand homme du passé qui nous a dit autrefois
Il y a plus sûrement plus d'êtres vivants qui vivent dans ce ciel
Que Toutes ces vies que notre terre, petite et encombré, sans joie
Je me disais : Petite Terre ! Et que sera, tout ce qui fait ton potentiel ?

Une petite Terre qui est hélas déjà bien abimée et toute pleine
Demain est à savoir ou à prévoir, pour que la vie soit sereine
Mais je sais aussi que nous avons certainement atteint nos limites
Que dire ? Que rêver ? Je ne sais que dire entre tous les mythes

Paris le 13 septembre 2018

Des regards dans un cieldes-regards-dans-un-ciel.mp3 (332.45 Ko)

Une réponse pour Lionel Rappeur d'Aramenta

Une Réponse pour Lionel

Lionel ! Vous savez ! J'ai de plus en plus une envie de me taire
Et savez-vous pourquoi ? Non ! Car cela ça reste un mystère
Dans les faits j'ai ce sentiment qui m'est venu avec l'âge
D’être perdu dans le bruit de la masse et de rester un inconnu

Dans les faits réels, je vois que du baratin avec des médiats bavards
Et même si je sais que je suis lu, Je me refuse à jouer le prophète
Je reste un philosophe je doute de tout, Je ne sais pas qui a raison
Ni croyant ! Ni athée ! Les trucs avec la foi ? Non ! Ce n’est pas mon truc !

Peut-être de plus en plus désabusé, j’ai vu tellement de conneries
La seule chose que je m’autorise, c’est le respect et l’amour de l’autre
J'écris depuis 1977 sans vraiment parler des problèmes politiques
J’ai appris une chose, il y a des idées qui passent par la poésie

Il faut qu’elle ait de la place dans la texture de la phrase dite ou écrite
Et ne pas réduire en peu de mots, la poésie n’est pas un slogan qui soit bref
L’évocation de la vie, elle est plus facile dans une phrase développée
Vous me direz qu’une idée passe mieux si elle est scandée

Et répétée plusieurs fois ! Désolé! Mais pour moi, ça tue cette nuance qui fait la poésie
J’ignore entre tout ce qu’on dit poésie, ou ce qu’on ne dit pas poésie
Qui soient autres que ma vie, et mes visions personnelles sur ce monde
C'est d'abord mes rêves d’un monde meilleurs et des poèmes d'amours

Je sais ce que je dis, c'est banal ! Parfois des mots simples, ils sont aussi des lumières
Vous savez ! Je suis un homme ordinaire et banal, avec l’expérience de l’âge
Mais moi, je reste sans programmes, j'ai du mal avec la politique et ses folies
La politique ? Elle fait des discours et elle raconte des choses pas toujours sympathiques

Peut-être plus un vieux poète, je sais trop l'importance des mots
C'est en relisant Jacques Prévert, que celui-là qui à été mon initiateur
Mais depuis quelques temps; j'en ai plutôt marre d'écrire sur le net
Il y a trop de baratins et ce sont trop des gros egos qui sont angoissés

Et pas assez de la vraie politique, de celle-là qui s'engage pour les autres
Internet ? Oui ! Du baratin toujours et toujours, par d'idéals pour survivre
Quasiment le net, ce ne sont que de fausses informations non-vérifiées
Chaque mot possède son importance et ils sont à rendre au peuple

Paris le 9 septembre 2018

 

Poètes ! Parlons d’une histoire d’amour

Poètes ! Parlons d’une histoire d’amour

Poètes ? Quels sont donc, Vos sentiments qui vous animent
J’ignore parfois dans ma vie ces choses douces que moi j’aime
Y aurait un ciel ou un enfer pou toutes la foi que vous vous avez
Mais alors votre pratique ça consiste à toujours vous lavez et relavez

La pureté, ce n’est pas une question d’hygiène mais cette chose originelle
Je ne sais plus la différence entre une faute par désir et La loi dite naturelle
Les sexes c’est des choses qui se moquent, d’une morale et de ses jugements
Pour une partie d’entrejambes, c’est des jurons et des emballements

Il est plus facile de parer de l’amour que de parler de sexualité
La sensation, les jouissances sont difficile à décrire dans la réalité
Un orgasme c’est parait-il une jouissance qui est toute pleine
Mais dans un couple ça n’est jamais une jouissance sereine

Vous savez ! Non Moi ! Je n'existe pas ou plutôt je n'existe plus
Je suis Maintenant dans l'ailleurs sans références connues
Je vois des gamins très innocents qui jouent avec quelques riens
Eux je sais qu’ils ne savent plus ce qui est bon ou ce qui est bien

Sans doute je suis devenu un vieux truc qui est à jeter
Je ne consomme pas plus de jouets que ces enfants mais pour poéter
Je pète, je chie, et j'encule toutes les mouches qui nous survolent
Paraît-il qu'il y a de bonnes choses à voir dans leurs fariboles

Le chien du hasard avait un maitre qui l'aimait sans problèmes
Et quelques fois je lui servais des cotes d'Adam ou de femmes
Parait il qu'il était dur d'aimer ses presque riens vivants
Je marquais aux limites les caractères des plus marrants

Un jour je vis un bouc avec une chèvre se fut L'amour fort
Entre Biquette et le bouc qui était maudit peut être à tort
Les enfants du bon Dieu, ils maudissaient la bestiole depuis toujours
Pourquoi un truc qui pu serait il hors de nos bons amours

Dans le ciel les anges était tous beaux et forts charmant
Je savais sur terre des diablotins qui étaient vraiment marrant
C'était la lutte éternelle entre le bien la haut et le mal En-bas
Là haut tout était parfait et sans défaut... L'Enfer  est un Joli caca

Monsieur Darwin, il m'apprit un jour, la vraie réalité de la vie
Que les gens du ciel, ils n’étaient pas meilleurs que les gens d'ici
Et que nous avions tous besoin de toutes choses, Belles ou laides
Parce que la laideur, elle fait bien partie de nos vies elle a besoin d'aide

Un enfant qui nait, il ne sait pas le bon et ce qui est mauvais
Il est peut-être innocent mais certains nous diraient qu'il est niais
Il grandit avec ses peurs, ses angoisses et ses petits plaisirs
Je pense souvent à la vie qui oscille entre des riens et des désirs

Paris le 4 septembre2018

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