Poésies diverses et variées

  • Un soir dans un jardin d'Espagne

    Un soir dans un jardin d’Espagne

    Dans un chaud soir de l’été
    Une andalouse danse et tourne
    Sur un air de l’éternité exaucée
    La danseuse, elle est une gitane

    Il y a là, un enfant qui mange une figue
    Qu’il a cueillie sur les figuiers mûrs
    Il regarde la danseuse, un homme chante
    Alors de ces airs interminables et envoutants

    Où il est question d’amour et de morts
    Entre deux hommes bien différents
    Et tous deux amoureux de la même
    Et la danseuse, elle danse et danse encore

    Il est tard dans la nuit d’Espagne
    Et les amours de la belle, ils continuent
    Avec son grand amour et sa vie triste
    La nuit passe et le gamin qui s’endort

    La gitane parle encore de cet amour
    Et l’homme raconte son grand désespoir
    Il est minuit le clocher qui sonne douze coups
    Et la danseuse, elle s’arrête enfin et c’est fini

    Les spectateurs qui se lèvent et ils regardent
    La scène vide, ils attendent la danseuse
    Et la danseuse par coquetteries elle s’avance
    Et elle leur parle de la musique de l’auteur

    Elle évoque Albéniz , De Falla, Rodrigo
    Et tous les jardins de l’Espagne de cet été
    Et moi qui suis bien seul dans ce Paris lointain
    J’aime à rêver d’une gitane en Andalousie

    La puissance des mots, c’est de la poésie
    La beauté de la danse, c’est une évocation
    Le pouvoir de la musique, il est un voyage
    Ma gitane, elle est dans ce jardin d’Espagne

    Paris le 6 juillet 2013

  • Un truc que j'avais fait en 2002 sur les divers matériaux et leurs contacts

    Contacts avec des matériaux, toucher, odeurs, couleurs, textures…

    Peau et cuir

    Peaux parfumées… Peaux pleines des odeurs du désir…Peaux de femmes… Désirables petits seins roses…Peaux d’hommes… Toucher râpeux… Barbules avant rasage…Peaux de bébé… Douces et soyeuses…A lécher… De la crème Chantilly…Peaux de vieux… Fines… Fragiles comme du parchemin…Cuir sado-maso… Fouet de super maîtresse…Cuir d’intérieur bourgeois… Canapés devant Télé…Cuir et Fourrure... Peaux des Bêtes... Modes... Écologie... Cuir de moto… Cuir des berlines…Cuir confortable…

    Bois...

    Chênes durs… Nervures de planche à bâtir…Sapin odoriférant… Sentir le sapin… Être mortel…Acajou… Teck… Bois du Brésil… Laque sur meubles... Odeur de résine… Odeurs balsamiques des pins…Bois de Santal... Bois de Rose... Odeur de bois brûlés...Bois de cèdres... Cèdres du Liban... Séquoia d’Amérique... Odeurs des fleurs de magnolias… Souvenirs d’enfance…Odeurs de cyprès… Bois d’œuvres… Bois de Justice...Bois de Marine... Forêts de Richelieu, Chênes centenaires...Bois contre-plaqués…Meubles de quatre sous… Récupération pour pas chers… Pas solides

            Métal…

    Aciers brillants ou mats… Traces de rouilles… Rails de trains....Aluminium matis… Oxydation grise d’alumine…Vieilles casseroles en aluminium qui se tordait...Bronzes… Paliers d’appareils électriques… Statues des femmes de Maillol… Tuileries.. .Inox... Matériaux modernes... Difficile à travailler... Cuisine... Cocotte... Casseroles... Modernité Oxyde de fer… Rouille… Oxydes de cobalt… Bleu intense... Peintures… Van Gogh… Les impressionnistes… Les fauves... La grande  Guerre… Acier des armes… Acier… Krupp… De Wendel… Guerres du passé… Barons de l’acier

    Verre...

    Immeubles New-York… Manhattan… Twins-Towers... Transparence et fragilité… Fibre de Verre… Diamant... Dureté... Raideur... Souplesse… Raide comme une tige de verre… Verre cassé et coupant… Éclats de Verre... Matériau dur à travailler… Miroirs… Versailles… Galé…Cocktails… Verre à champagne… Veuve Clicquot… Transparence du verre… Optique… Arc-en-ciel… Photographies…Travail avec la lumière… Vitraux… Chartres… Mystiques... Glast-Nost… Michael Gorbatchev… Russie… Tchernobyl... Pax Aeterna… Pax Romana… Pax America

    Céramique…

    Glaise humide qui colle aux doigts… Boudins…Colombins… Freud… Contacts de la matière...Formes féminines… Plaisir divin… Plastique de la matière....  Le Golem… La première femme... Bible… Jarre… Vase… Utérus et pots à eaux... Émotions… Surprises alchimiques… Hasard et Destin… Formes jamais pareilles… Toujours différentes... Formes fabriquées et palpées...Tours du Potier… Tour de Fraiseur… Contacts Charnels... Matière et Formes… Création… Ève… Cote d’Adam… Formules chimiques… Céramique…  Céladon… Porcelaine…Artiste… Artisan… Mon frère Gérard Potier...  Production… Plaisir

    Bruno Quinchez Paris le 4 décembre 2002

    Contacts avec des materiaux diverscontacts-avec-des-materiaux-divers.mp3 (815.71 Ko)

  • Nuances des couleurs du voyeur

    Nuances des couleurs du voyeur

    Ma pensée est colorée, toutes de nuances,
    Je ne vois, ni le noir comme le charbon dans la mine,
    Ni le blanc pur, de la neige au soleil,
    Ni le gris triste, des pavés dans les rues,

    Mais je vois le vert anglais comme ce gazon qui est tondu,
    Ou les vapeurs évanescentes des ciels gris bleutés de Paris
    Je vois aussi le chant des rossignols,
    Dans le clair-obscur des petits matins,

    Je vois les lointaines étoiles bleues
    Dans la profondeur de mes nuits les plus sombres,
    Je vois encore les vies si fragiles
    Des bambins, sur les seins rosés de leurs mères,

    Je vois aussi, l’éternité et la mort
    Dans le sang rouge, des damnés de la terre,
    Je vois les soirs d’antan…
    Les rêves roses des grands espoirs,

    Je vois ce presque-rien du philosophe,
    Je vois la subtile nuance,
    Je vois le balancement calme de la rime
    Et je pressens les infinitésimales tonalités,

    Et j’aime cette nuance
    Encore et encore…
    Je vois l’alpha,
    Et je pressens cet oméga

    Je vois la pureté dans l’eau,
    Je vois les cieux d’orages,
    Je vois ce ciel bleu après la pluie,
    Je vois tes yeux,

    Ceux que mon cœur honore,
    Je vois de l’or dans ces yeux,
    Et je devine les sept couleurs,
    De ce bel arc-en-ciel…

    Je vois la vérité irisée,
    Dans la lumière sur la perle,
    Je vois les certitudes taillées,
    Dans les facettes du même diamant

    Et je vois l’éternité,
    Comme un secret espoir,
    Je vois ce Dieu, dans sa création,
    Et toutes les créatures,

    Je vois ton désespoir,
    Et cette peur dans le frémissement inquiet,
    De tes regards, je devine
    Et je pressens cet amour,


    Qui te vrille l’âme et le cœur,
    Je vois mon regard dans la glace,
    Je vois mon visage si familier
    Et je me regarde, longuement vieillir,

    Je te vois, je me regarde encore
    Et mon regard, se porte vers ces ailleurs
    Que sont les rêves qui luisent ?
    Dans les sentinelles de ton âme,

    Je vois cet encore
    Et j’aime à te voir !
    Toi que j'aime toujours
    Avec tes mille nuances

    Bruno Quinchez (Morsang sur orge mai 1992)

    Nuances des couleurs 1nuances-des-couleurs.mp3 (452.14 Ko)

  • Une symphonie déconcertantes

    Symphonie déconcertante

    J’entends parfois le rossignol picole et il boit sa gnôle et se dope
    Tandis que le corbeau noir et aigris, il jette sa cigarette et écrase sa clope
    Le concert est fini maintenant et je vois les deux oiseaux qui se taisent
    Ils comptent leurs envolés lyriques, et tous leurs chants de la grande baise

    Là-haut ! Ils volent l’attention des auditeurs, et ils s'envolent sans bricole
    Une colombe passe, on lui tire dessus, et elle se prend des tonnes de plomb
    Non ! les oiseaux, ils ne sont que des fantaisistes sans chef et ils rigolent
    Un chien qui aboie dans ma rue, il exprime une opinion qui est de fond

    Les humains, ils se sont absentés et ils ne sont plus sur la scène
    Le scénariste, il a changé le scénario, et je vois toute la vie qui se démène
    Babar l’éléphant qui revendique le droit d’être un roi et qui soit sans problème
    Je sais bien tous ces personnages du passé parmi tous ceux que j’aime

    La symphonie sibylline des sillons, et des microsillons sans remords
    L’oiseau en moi qui se tait et il laisse aller, cela sans qu’il n’ait fait de torts
    Un chien sage se lève et il déclare que demain, ce sera beaucoup mieux
    J’ignore si les hommes,ils se prennent pour de chiens ou pour des Dieux

    Je vois l’oiseau là-haut sur la branche qui essaye de parler du bonheur
    Un vieil humain regarde l’oiseau et il lui tire dessus avec un regard mauvais
    Tandis que l’oiseau, lui il chante et il chie toute la vie et tous ses airs bien trop niais
    L'homme assis se demande encore : Mon Dieu ! Qu'est-ce que le malheur ?

    Un chien chef d’orchestre qui bat la mesure avec sa queue, le rossignol chante
    Je sais des animaux bien plus vivants que vous et moi, ceux-là qui me hantent
    Un matin de l’an dix-mille je ne savais plus, si sur Terre il y avait des hommes
    Comme je savais ces animaux et ces esprits, je les savais et nous sommes

    Dans une musique tourmentée et absente, j’entendais l’âme des hommes
    Mais où étaient-ils donc ? Je ne connaissais que des médias bavards et des formes
    La symphonie du nouveau monde avec des trilles, des aboiements et des miaulements
    J’oubliais le violon et le piano, je savais certains compositeurs dans les plus déments

    La musique concrète, elle avait oublié l’Homme et elle composait avec les animaux
    Les singes avaient-ils inventé une musique, celle-là qui soit vraiment universelle
    Beethoven, Debussy, Ravel et Mozart, eux ils songeaient à un monde plus beau
    Tandis que moi je connaissais une détresse entre un rien du tout et une pensée virtuelle

    Paris le 30 octobre 2016

    Symphonie deconcertantesymphonie-deconcertante.mp3 (551.73 Ko)

  • Apels du Large

    Appels du large

    Je me veux appareiller en ce nouveau jour,
    Et rêver infiniment, la mer immense, mon amour,
    Puis longuement, repartir, vers ces nuages,
    Tout au bout de ces horizons, lointains rivages,

    Je me veux t’aimer, et le monde tourne très lentement,
    Je veux me lever vers ces ailleurs, vers ces vents.
    Me réveiller, heureux au milieu des cataclysmes,
    Et me rafraîchir, par tes pleurs, tes exorcismes,

    J’aimerais tant savoir, et je suis le bateau qui va sur l’eau,
    Je le voudrais voyager au loin, je ne peux te revoir à nouveau,
    Le septième ange sonne, c’est la fin, le décret divin,
    Puis-je encore naviguer dans tes mers ? O Dieu marin !

    Je voudrais appareiller pour cette longue éternité.
    Mon cœur et mes voiles qui se gonflent du grand vent,
    Ce grand vent d’orgueil, fou et fier, mais innocenté,
    Pour mieux t’aller vers toi, o ciel testament !

    Vers ces flots inconnus qui me seront peut-être amicaux,
    Un au de-là, de tous mes regrets, ces secrets virginaux,
    Dans des terres cachées, pleines de toutes ses vertus,
    Parmi les nymphes affolées, par leurs âmes invaincues,

    Chercher et enfin trouver, là bas le dernier saint,
    Comprendre ses mystères, ne pas les dévoiler en vain,
    Apprendre dans mon cœur, et retenir son dernier secret,
    Je veux partir loin vers cette sagesse et rester discret,

    Je veux appareiller vers tous ces rêves, dès demain,
    Souffle vent dans mes voiles, toujours, plus lointain,
    Pour conquérir, plus loin, plus lointain, que tous les horizons,
    Pour monter, plus haut encore, vers le plus grand des monts,

    Conquérir la vision de l’infini, et voir la crête neigeuse,
    Pour mieux voir, tous les hommes, et la vérité soucieuse,
    Partir sans l’espoir d’un retour, sans en être inquiet,
    Le savoir, et raconter mes voyages à des enfants benêts,

    Soufflez, ô vents ! Tous les jours, tous ces jours.
    Montrez-moi, les terres inconnues, les beaux amours.
    Pour un soir, trouver, la terre mythique d’Avalon,
    Le vert paradis de l’éden ou les terres du nouvel horizon,

    Car c’est alors, que je pourrais appareiller vers la grande ronde,
    Car je veux me perdre et vivre dans une terre si lointaine,
    Atteindre l’île ensoleillée aux fruits d’or, où tout abonde,
    Rivages de l’amour, soleils incandescents, vie sereine,

    Bruno Quinchez
    (Paris 27 juillet 1987- Nouvelle mouture
    Morsang sur/Orge juin 1995

     

  • Texte de 1977 Au légionaire, texte tiré d'Au lecteur de Charles Baudelaire

     

     

    Ce texte est le croisement de la technologie moderne,
    Telle que pourrait l’utiliser un oulipien et un texte
    Très connu de Charles Baudelaire (Au lecteur)

    Au légionnaire,

    La soubrette, l’érudition, la pécore, le lest,
    Offensent nos essais et trébuchent nos correspondances,
    Et nous allégeons nos aisés remous,
    Comme les ménestrels numérotent leurs véroles,

    Nos pécores sont théâtrales, nos répertoires sont laïcs,
    Nous fanons gravement nos avions,
    Et nous nous répandons généreusement, dans des chemises bourrées,
    Crucifiant par de violentes pléthores, légitimer nos taffetas,

    Sur l’orgasme du malaise, c’est Satie trimestriel,
    Qui berne lucidement notre esquisse encombrante,
    Et le rigide métallurgiste de notre voltige,
    Est tout véhiculé par ce scatologique chiot,

    C’est le diagnostic qui terrasse les filets, qui nous reposent,
    Aux obligations les plus résignées, nous trustons des appétences,
    Chaque jour, vers l’enfouissement, nous désenflons d’une passe,
    Sans hors-jeu, à travers des ténors qui pullulent,

    Ainsi qu’un débris payable, qui balance et manœuvre,
    Le sexe masturbé, d’une apaisante cause,
    Nous votons au passé, une platitude classique,
    Que nous prétextons fortuitement, comme une vierge osseuse,

    Sidéral, foutu, comme un milliard d’hémicycles,
    Dans nos cervelles, rigole un phallus de dentiste,
    Et quand nous ressassons, la morue dans nos préceptes,
    Désunit, flirt invulnérable, avec de souterraines plages,

    Si la vipère, le poivre, le poing, l’inceste,
    N’ont pas encore broyé, de leurs paisibles destriers,
    La cannelure bariolée, de nos placides déterministes,
    C’est que notre amidon. Hélas n’est pas assez hasardeux,

    Mais parmi les chiottes, les papes, les lieder,
    Les sirènes, les scrupules, les vélomoteurs, les serveurs,
    Les monte-charges, gobant, idéalisant, gueulant, rampant,
    Dans le ménisque ingénieux de nos vicissitudes,

    Il en est un, plus langoureux, plus mécréant, plus immuable,
    Quoi qu’il ne prêche, ni grande gifle, ni grande critique,
    Il farcirait volontiers, la tête de déchets,
    Et dans une balafre, aveuglerait le monde,

    C’est l’enseignement, l’œuvre chargée, d’un plomb ionisé,
    Il revêt d’échecs, en fusillant sa huche,
    Tu le consacres légionnaire ! Ce monte-charge déliquescent,
    Hystérique légionnaire ! Mon sépale, ma fleur.

     
    (Bruno Quinchez ; Charles Baudelaire)
    Bruno Quinchez (Sceaux 1977 Paris 1988
    Morsang sur/Orge, le 24 novembre 1991 et juin 1995)

    Paris le 7 octobre 2018

    Au legionaire texte tire d au lecteur de charles baudelaireau-legionaire-texte-tire-d-au-lecteur-de-charles-baudelaire.mp3 (617.55 Ko)

     

  • Un Poète

    Un poète
     
    Je lisais un petit homme contemporain qui écrivait ici
    Il se disait : qu’est ce qui est important ? Que faire de ma vie ?
    Mais était-il vraiment sérieux, ou n’était ce là qu’une angoisse
    Lui je le sais, il ne savait que dire entre ses malheurs et la poisse
     
    Un enfant qui passait par là, il lui dit un jour en le voyant
    Mais qu’est ce qu’il veut le monsieur, je le vois émouvant
    Peut être était il triste, l’enfant lui sourit et alors cela lui plut
    Enfin il avait trouvé, un ami fidèle parmi tous ces inconnus
     
    Le petit homme se résolut, à causer à tous ses voisins
    Ces petits riens, ils lui firent pas mal de nouveaux copains
    Cela en était tel, que dans la rue, il passait aussi pour un dingue
    Mais lui, le petit homme, il savait qu’il n’avait pas besoin de seringue
     
    Et alors il se mit à écrire sans fin comme un vrai forcené
    D’abord sur un cahier d'écolier; puis sur un ordinateur  cela sans s’arrêter
    Il devint alors le grand maitre des poètes... Toux ceux qui postaient sur internet
    Mais il avait toujours en lui cette idée de ce monde qui n'était pas très net
     
    Alors il alla sur le site toute la poésie où il postait ses poèmes
    Sans avoir la grosse tête il aimait avoir des petites notes des j’aime
    Moi Victor je rigolais, je savais déjà aussi toute les histoires de gros egos
    Alors pour rigoler je racontais de ces trucs qui se voulaient rigolos
     
    En vieillissant je savais que j’écrivais peut être mieux que dans mon passé
    Devrais-je en sourire ou en pleurer, les mots ils sont d’un outre-passé
    Je ne savais pas si le vieux con que je suis devenu, il avait vraiment raison
    Il y a des mots simples de nos vies qui ne sont, ni des discours, ni une oraison
     
    Le poète reste cet homme fragile, celui qui reste parfois sans pouvoir un mot dire
    Y aurait-il des choses à vous dire ou bien de ces choses horribles qui soient à maudire
    Ma peur reste de devoir juger, ce que je sais ne pas faire et une réalité que je ne veux
    Un poète, il rêve et ses écrits, ce sont parfois des prières ou parfois de longs vœux
     

    Paris le 6 octobre 2018, La fête de La saint Bruno

  • Un vieux texte de mes archives Dans (Version I)

     

    Dans (Version I)

    Dans tes yeux, cette mer immense de nos origines,
    Dans cette mer, l’huître, accrochée aux rochers,
    Dans l’huître, la perle irisée de mille feux,
    Dans la perle, l’iris de tes grands yeux,

    Dans cet iris, la phosphorescence de myriades d’étoiles,
    Dans ces étoiles, la perspective, infinie de notre univers,
    Dans ce gigantesque univers, seuls nous-deux,
    Toi, tu me souris, pour la beauté de ce jour,

    Moi, ton unique amour, je te réponds, bonjour !
    Je suis le pied noueux des vignes du seigneur,
    Tu es, l’amphore antique, sous la mer,
    Tu me mèneras dans le plus secret de tes rêves,

    Je crois, que maintenant,
    Mon trop long sommeil s’achève,
    Frêle embarcation, sur tes ondes sinueuses,
    Lentement, bercée, de la vague rythmée, le ressac,

    Tel un soc, j’avance, sur ta surface, calme et sereine,
    Je t’effleure, je vais, j’évolue comme la figure de proue,
    Je suis ce galion ancien, et je suis chargé de ton or,
    J’aime le sillon que je marque sur toi,

    Osmoses, en toi, la mer de tous les abîmes,
    Présences et mémoires, de l’éternité,
    Des cycles lunaires, des marées,
    Dans tes ombres, il y a ces abysses,

    Ces abîmes, qui cachent tes secrets,
    Obscurité des cavernes,
    Densité d’un désir, lourdeurs de la chair,
    Épanouissement des sens, senteurs marines,

    Ta marée, la plus intime,
    Irisations, rosées, nacre de la femme,
    Je goûte les embruns salés

    Fusion de nos corps enlacés,
    Union de nos cœurs, affolés,
    Je suis dans ta profondeur et j’y nage,

    Tu m’entoures, tu m’envahis, je m’y noie,
    Chaude mère, qui m’a enfanté,
    Chaude mer, de nos origines,
    Chaud fœtus de mon origine,

    Bruno Quinchez (Morsang sur/Orge 1979 1988
    Paris 1989 Morsang sur/Orge juin 1995)

    Dans premiere versiondans-premiere-version.mp3 (453.88 Ko)

  • Les deux pigeons de Paris

    Les deux pigeons de Paris…

    Deux pigeons, de notre Paris, s’aimaient d’amour tendre,
    Leurs plumages étaient d’un gris sale, couleur de cendre,
    Ils fréquentaient notre ville depuis des temps  lointains,
    Leur nourriture venait des parisiens qui tendent leurs mains.

    Le premier, un pigeon avec des taches marron, et laid
    Courait, entre les bancs et le bac à sable, en mendiant
    Les enfants essayaient de l’attraper en le pourchassant
    Cherchant à le coincer par des cadeaux sans attraits

    Le second tout aussi déplumé que le premier désigné
    Mais leurs amours étaient arrivés, signe du printemps
    Ils ne se séparaient jamais, symbole d’un amour suranné
    Les enfants jouaient et  les regardaient de temps en temps

    Leurs amours étaient connus comme le symbole la fidélité
    Mais les bancs et les trottoirs devaient souvent être décrotté
    Un maire décida que cela était assez, ils devaient disparaître
    Les pigeons ignoraient les édiles et  se révélaient  opiniâtres

    Un  chasseur de pigeons fut nommé par le maire de Paris
    Ceux, qui voyaient seulement leurs salissures, furent ravis
    Et le chasseur fit si bien, qu’en une année, plus de Pigeon
    Mais l’âme des parisiens fut triste de leur entière disparition

    Un parisien complaisant se mit en quête de leur faveur
    On choisit de beaux pigeons, des bisets aux  plumages titrés
    La race des pigeons était sauvée, pigeons de grande qualité
    Mais nos deux pigeons du début réapparurent, sales et chieurs

    Quelques années ont passé, il n’y a plus les beaux bisets
    Mais des pigeons sans pedigree, mélange des gris et des marrons
    Les Parisiens de toujours, se réhabituèrent alors à leurs pigeons
    Les pigeons sale et gris, avec leurs  toutes les salissures, sans arrêts

    Moralité si les pigeons sont sales dégouttant et sans attrait
    C’est une partie de notre paysage de notre vieux Paris
    Leur salissure serait  cette longue absence sans préavis
    Si vous aimez Paris, aimez aussi ceux qui font partie du portrait…

    A savoir que ce jour du 23 septembre 2018, je ne vois pas d'oiseaux chez moi
    Comme s'ils avaient disparus et là je ne sais vous dire quoique ce soit
    Un mauvais rêve dans une réalité vécue qui est plus ou moins idiote
    Je ne sais dire où sont donc passés les pigeons, une réalité pas rigolote

    Bruno Quinchez Paris le 14 mars 2000  17h 43 et ajout du dernier quatrain le 23 septembre 2018 16h18

    Les deux pigeons de parisles-deux-pigeons-de-paris.mp3 (431.33 Ko)

  • Un vieux texte de 2000 Les fantasmes, les souvenirs et les odeurs (version avril 2000)

    Les fantasmes, les souvenirs et les odeurs (version  avril 2000)

    La bonne odeur du pain
    Qu’a pétri la main du boulanger,
    L’odeur du café que l’on a versé
    Dans la tasse aux petits matins,
    Le goût sucré de la mie de pain
     Que l’on a longuement mastiquée,
    Le goût de noisette et le goût du beurre frais,
    La blancheur du yaourt
    Dans la cuillère que l’on avale
    Et l’odeur âcre de l’ozone
    Dans les petits matins de l’hiver,


    Le souvenir encore tiède du lit défait,
    L’odeur de cette femme que j’aime
    Et l’odeur de l’homme.
    Une odeur de cul,
    L’odeur du sexe et du phallus
    Après cette intense jouissance.
    Le goût de sa salive dans ma bouche
    Et ses seins que j’ai pétris,
    Ballochés et chamaillés,
    Et mon sexe durcit par l’envie
    De recommencer encore et encore.
    L’odeur encore chaude du plaisir partagé
    Et les draps froissés
    Par le mouvement chaotique de la passion.

    Le souvenir ensoleillé d’un bel et bon été,
    L’odeur de l’herbe dans la campagne brûlante,
    L’odeur du foin fraîchement coupé
    Et la senteur des fleurs.
    L’odeur des foins séchés dans la grange
    Où nous nous cachions !
    L’odeur des arbres par cette lumineuse journée,
    Cette odeur insistante du magnolia
    Dans le jardin des souvenirs.
    L’odeur de la terre humide
    Par les soirs d’orages,
    L’odeur des roses au  temps
    Du début de l’automne,

    L’odeur de l’automne,
    Cette odeur de feuilles mortes qui se décomposent.
    L’odeur de la mort, cette odeur de novembre,
    L’odeur du premier et du onze novembre.
    Une odeur de charogne, une odeur d’encens brûlé.
    L’odeur de la tranchée,
    L’odeur de la messe de souvenir des morts.
    L’odeur des poilus, tous ceux qui puent ensembles et pour toujours,
    Ce mélange d’odeurs de pieds, de sueurs et de terreur froide
    Avec l’odeur de merde dans la boue de la tranchée.
    Cette odeur de tous ceux qui chient dans leurs culottes.
     L’odeur des gaz, de la poudre et des morts qui pourrissent.
    Cette odeur, celle de la chair martyre, de la chair à canons,
    L’odeur affreuse de la souffrance,

     

    L’odeur des femmes dans la maison close,
    Cette odeur de moisissures
    Qui est l’odeur de toutes ces femmes qui se fanent.
    L’odeur des mères maquerelles
    Cette odeur d’un parfum de quatre sous
    Et l’odeur des huîtres
    Celles que consomment les clients.
    L’odeur de la môme crevette
    Cette odeur de la servitude
    Ou aussi cette odeur de la lassitude,
    L’odeur des solitudes.
    Ce ne sont qu’odeurs de pisse
    Et des parfums éventés,
    L’odeur des putains qui s’étiolent,

    L’odeur des enfants,
    Une odeur sucrée de barbe à papa
    Et le goût des caramels mous
    Qui collent aux dents.
    L’odeur des pétards
    Qui explosent dans la bouse de vache.
    L’odeur des feux de Bengale,
    L’odeur du bal du quatorze juillet
    Et l’odeur des premières cigarettes,
    Celles qui font tousser
    Une odeur de tabac brûlé
    Qui nous fait oublier toutes les bonnes odeurs.


    L’odeur merveilleuse du premier désir.
    Ce goût et cette odeur du premier baiser
    Que nous osons donner.
    L’odeur évanescente
    Des premiers matins de notre enfance,
    L’odeur de la confiture
    Qui cuit dans les marmites.
    Toutes ces odeurs qui fondent notre enfance,

    L’odeur de l’ouvrier ? Je ne sais pas
    Et je ne saurais peut être jamais ?
    Et peut-être même j’ignorerais
    L’odeur du con d’Irène Maïaskowskaïa
    Cette russe, membre de la Guépéou.
    Le con Irène est une odeur de soumission au parti
    Qui a l’odeur de la sueur du prolétaire
    Et l’odeur du parti désincarné, c’est une odeur
    Qui reste hors de nos vies.
    Je me demande quelle était
    L’odeur de Staline ?

    Je n’ai jamais su
    Si le nazisme était ce fantasme
    D’absence d’odeur pour Adolf Hitler ?
    Le führer n’a-t-il jamais senti
    Cette odeur du sang et de la sueur
    Et n’a-t-il rêvé du surhomme
    Que dans un monde inodore,
    Sans sueurs ni attractions sexuelles ?
    Pour moi le nazisme était
    Ce fantasme d’absence des odeurs.
    Un fantasme et la saveur
    De l’idée de l’idéal…
    Il y a aussi l’odeur de l’indicible du wagon
    Où les humains sont entassés.
    Cette odeur évanescente
    De la nuit et du brouillard.
    L’odeur des camps
    Et l’odeur incantatoire
    De ce nègre qui a peur.
    L’odeur jalouse de ces juifs
    Que les nazis haïssent,
    Ces odeurs si particulières
    Que respirent les nez aryens.
    En Europe occupée
    Cette odeur de la collaboration
    Celle des bons pères de familles.
    L’odeur de ces fantasmes,
    Cette odeur de l’horreur
    Et cette odeur des honneurs,


    L’odeur des pieds qui est odeurs des poètes.
    Celles-ci qui sont ses odeurs d’humains trop humains
    Et celles-là qui sont aussi
    Celles de tous les hommes libres et vivants.
    L’odeur de ces humains tellement humains
    Et l’odeur florissante des printemps.
    Les effluves des fleurs
    Qui nous étourdissent et nous émoustillent.
    L’odeur de la joie et de la liberté de s’aimer
    Et l’odeur de la permanence de la femme.
    L’odeur des enfants à naître.
    Tout ce qui fait l’honneur,
    La joie et le charme de nos vies.
    Oui ! La vie possède une odeur et vivre
    Ce n’est pas un fantasme

    Quelle est l’odeur de la télévision ?
    Rien ! Néant ! Ce qui est pire que la mort !
    La télé n’a pas d’odeurs
    Donc la télé n’existe pas !
    L’odeur des souterrains,
    Le métro dans la capitale,
    Un parfum de synthèse pour masquer
    L’odeur des humains, les S.D.F.
    Cette odeur de pieds
    Et de crasse, d’hommes bien humains…
    L’odeur de la mort
    Et l’odeur des gens biens vivants.

    Le goût du terroir
    c’est le sang de la terre
    Ou parfois l’odeur terrible
    de la souffrance,
    Cette odeur du sang impur
    Que verse le citoyen de France
    L’odeur triste de la guerre
    Et l’odeur de la pureté.
    L’odeur de la pureté ethnique,
    C’est une odeur de poudre et de napalm
    Ou encore le goût de cet alcool fort,
    Le goût de gin, le goût de vodka.
    Le goût de l’eau douce,
    Le goût des pommes de terre sans le feu
    Et l’odeur de l’essence absente, un goût du vide.
    L’odeur du gazole
    et le bruit des blindés,
    L’odeur de la sueur.
    L’honneur de soi-même,
    La peur de l’autre
    et l’odeur des souvenirs…
    L’odeur des fleurs,
    l’odeur de la femme bosniaque
    Et l’odeur de cet enfant qui sera serbe.
    L’odeur de l’hiver, l
    ’odeur de l’ozone,
    L’odeur du vide
    et toujours, l’odeur de la vie.

    L’odeur de la femme humée
    Cette odeur que possèdent
    les petites filles
    Tutsis, afghanes ou algériennes.
    L’odeur et la peur de l’homme
    Que l’on égorge aux noms de dieu.
    L’odeur et le goût du sang,
    Ces odeurs de la vie…
    Non ! Je le dis et je le crois
    Nos vies ne sont pas des fantasmes !
    Non ! La vie n’est pas un opéra !
    La vie n’est pas un concept
    Ou une belle et vaine abstraction lyrique.

    L’odeur de ses saints
    Qui sont morts dans l’amour de Dieu
    Et l’odeur des seins
    Tétés dans nos tendres enfances.
    L’odeur de toutes ses bonnes choses
    Que nous ne pouvons oublier.
    L’odeur du pain partagé
    Que nous rompons en commun
    Et le goût des vins forts.
    L’ivresse des alcools
    Cet alcool pur et si dur qui vous désintègre.
    Les odeurs aimées et l’odeur inodore,


    Le nez de la belle Cléopâtre
    Et les senteurs fortes de l’orient.
    L’odeur puissante de Jules César
    Et la puissance de la femme.
    Cette odeur des fantasmes
    Et l’odeur jamais oubliée des souvenirs.
    L’ardeur de la vie et l’ardeur du passé.

    Bruno Quinchez Paris  texte remanié le 6 avril 2000

    Les fantasmesles-fantasmes.mp3 (1.57 Mo)