La nuit et les amants

 

 

 

 

La nuit, et les amants

Ecoutez le ronronnement doux du chat
Qui rêve, heureux, dans le noir,
Ecoutez, le lent tic-tac de la pendule,
L’horloge qui nous poursuit

Ecoute,  mon cœur qui bat,
Ecoute, écoute, écoute, mes aveux,
Dans le noir nos mains se joignent,
Et nous nous effleurons doucement

Avec la fraîcheur blanche des draps,
Avec la sérénité patiente de l’instant,
Avec la pudeur voilée de l’obscurité,
Avec joie, avec violence, avec passion,

Nous nous aimons,
Dans ce lit, dans le noir,
Et je vois, je te vois,
Je te touche, je te sens,

Cette nuit qui passe,
Tu es encore,  ma plus belle,
Notre passion si simple,
Nos corps si humbles,

Dans ce noir sans lumière,
Sont des statues de chairs,
Que seule,  l’obscurité protège
Des rides cruelles

Des esthétiques normatives,
Ces affreuses certitudes de la lumière,
O cruelle lumière des jours,
O obscure intimité de la chair
 
O terre si dure,  
Et Parfois tellement fertile
Tu prendras sans problème
Nos corps trop fatigués,

Ainsi nous verrons que longtemps après,
Après une dernière nuit,
Après la mille et une
 Auprès de ma ronde lune,

Moi, le complice de ses rayons blancs,
Moi, le rêve antique du dieu Osiris,
Lune décroissante et lune croissante,
Pour la déesse aux profondes cavernes,

Pour ma maîtresse
au corps si parfait,
O lune, favorisez
cette intime, étreinte,

Etreintes partagées,
Dans un lit, défait,
à l’heure, du rossignol,
Des matins qui s’imposent   

Bruno  Quinchez (Paris le 30 décembre 1987 dans un central téléphonique que je gardais)
Remis en forme le 27 septembre 2019

 
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