LE COQ ET L'AIGLE

 

Un aigle royal sur son aire avec une proieDsc01178

LE COQ ET L’AIGLE.  

Un coq, du haut de son tas de fumier, se tenait haut et droit,  
Il régnait sur une basse-cour dont il  était le maître et le roi,  
Les dindes et les poules le reconnaissaient comme leur seigneur,  
Les poussins sans aucune honte étaient satisfaits de ce géniteur,

Il prétendait être le monarque et il  rehaussait le soleil chaque matin,
Les renards redoutaient ses ergots mais ils le désiraient pour festin,
Son orgueil n’avait que les vaches et les champs pour limites et horizon,
Et les poules le trouvaient à leur goût et elles tombaient en pâmoison.  

Un aigle du haut de son aire aperçut cet oiseau prospère au noble plumage,
Cet aigle avait une si grande faim et dit : Ce coq a pour lui un funeste présage !  
Il s’élança des cieux vers cette proie facile mais le coq aperçut le funeste,  
Il s'en alla donc se réfugier sous une charrette chargée de végétation alpestre,  

L’aigle lui fit connaître ce propos.  Ô coq ! Dis-moi qui est le roi des oiseaux ?
Le coq penaud mais avantageux lui dit : C’est moi qui commande au soleil !  
L’aigle décontenancé lui dit : Moi je vole si haut que nul ne m’est pareil !  
Le coq audacieux guerroya et succomba en face de ces arguments inégaux.  

Le soleil décline ce soir au loin dans la vallée sans le coq bravache,
La nuit s’étend sur le monde et les étoiles brillent dans les cieux,
Toujours est-il que ce coq était le messager de l’aurore et des dieux,  
Et le soleil ne se leva jamais plus sur la vallée, l’aire et les vaches.

Bruno Quinchez Paris le 30 mai 1997, Pour les photos Paris le 21 août 2019

 
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