Les vieux chevaux


Les vieux chevaux

Un cheval fourbu avançait lentement sur les chemins de halage
Il tirait avec difficultés une charge très lourde et cela depuis son jeune âge
Son corps trop fatigué par de multiples labours, et de multiples batailles
Lourd cheval de trait la puissance dans une poigne solide qui parfois trésaille

Sans doute il continuait à tracer tout droit ses sillons réguliers dans la glèbe
Mais entre les temps où il était jeune et ce temps où il est fourbu, vie dure
Le seigneur des chevaux de tournois d’autrefois, très lourd sous des armures
Il devint le moteur des labours sous les mains expertes de gens de la plèbe

En voyant ces chevaux de labours je songe à tous ces poètes qui labourent
En marquant fortement leu mots et martelant encore tout ce qu’ils écrivent
Ce sont des marcheurs au pas cadencé de tous les travaux de nos saisons
Au printemps ils sont heureux, les oiseaux chantent, ce sont des oraisons

Puis c’est l’été qui vient et là ils sont alors des navigateurs entre ici et tout là-bas
Et ils ramassent et récoltent des fruits exotiques et des poissons bizarres et plats
Ils creusent encore et dans une île lointaine ils découvrent le trésor des pirates
En bons chevaux de trait ils transportent des rêves et de partout il carapate

À L’automne de leurs vies ces chevaux ressèment les mots dans leur labour
Ces mots deviennent des mots valises comme l’amour ou bien des mots rare
ils savent que demain, c’est un autre jour et la vie c’est une chose plutôt bizarre
Mais ils rêvent encore avec des mondes plus simples et l’histoire d’un seul jour

L’hiver qui vient recouvre les terres où des corbeaux qui crient et qui passent
Vieux cheval dans une terre blanchie par la neige, ils avancent avec leur maître
Au milieu d’une terre meuble et grasse qui fume avec la fraîcheur très traître
Ces chevaux font partie du paysage comme les saisons et rien ne les lasse

 
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