Avant ! Ou la déchéance du paradis obscur

Avant... Ou la déchéance du paradis obscur

Pulse ! Pulse ! Pulse !
Voilà l’univers que je ressens,
C’est une pénombre tiède et agréable
Dans un univers liquide,

Je sens les vibrations
de cet univers que j’aime,
C’est peut-être un univers limité
mais c’est le mien.

Depuis une éternité,
je sais que j’existe
Mais peu à peu je ressens
La signification de ce qu’est être

Mais je reste l’unique.
Depuis un temps indéfini,
Je sens des choses bizarres
De bonnes sensations

Et je pressens que mon moi-même
Il est dans cet univers limité
Car j’entends les vibrations
De cet univers qui n’est pas moi.

Des bruits, des sifflements
Et des moments de plaisirs intenses.
Quand j’entends des sons graves
D’une sonorité mélodieuse :

Bébé. Tu es dans mon ventre !
Cette voix étrange est-ce celle d’un Dieu
Qui m’appelle pour l’adorer ?
Je n’en sais davantage

Mais sa voix bien que très sourde,
Elle est aussi une voix que j’ai apprise
À aimer d’un grand amour…
Est-ce le créateur qui me parle ?

Je ne sais encore.
Il y a aussi des musiques plus bizarres
Comme des miaulements.
C’est bizarre car je sais maintenant

Que je suis prisonnier
Dans un univers chaud et doux
Mais j’aime beaucoup cela.
J’espère que je vais y rester longtemps

Car c’est agréable.
J’apprendrais plus tard
Que le grand tunnel de lumière
Il avait une sortie froide

Dans une maternité des hommes…
Lorsque je vis ce début d’ouverture
De mon paradis-prison,
Je savais enfin que j’allais

Coexister dans un monde infini.
Ma prison-paradis s’ouvre
Et je plonge ma tête de bébé
Dans un monde froid et sec.

Mais malgré cela je souris à ce monde.
J’entends alors cette voix terrifiante
Et venue de je ne sais d’où :
Madame ! Vous venez d’avoir un garçon,

Un fort beau garçon !
 

Bruno Quinchez Morsang sur/orge 15 septembre  1996

 
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