Rubrique de mes nécrologies

  • Décès du grand Jacques Higelin

    Triste Nouvelle... Le grand Jacques vient de disparaitre, J'apprends en direct sur ma radio la mort de Jacques Higelin, pour moi c'est toute une époque qui disparait et il reste un de mes préférés

     

    Paroles de la chanson Je suis mort qui qui dit mieux par Jacques Higelin

    J'suis mort qui, qui dit mieux
    Ben mon pauv'vieux, voilà aut'chose
    J'suis mort qui, qui dit mieux
    Mort le venin, coupée la rose
    J'ai perdu mon âme en chemin
    Qui qui la r'trouve s'la mette aux choses
    J'ai perdu mon âme en chemin

     


    Qui qui la r'trouve la jette aux chiens

    J'm'avais collé avec une fumelle
    Ben alors ça c'est la plus belle
    J'm'avais collé avec une fumelle
    L'jour où j'ai brûlé mes sabots
    J'lui avais flanqué un marmot
    Maint'nant qu'son père est plus d'ce monde
    L'a poussé ce p'tit crève la faim
    Faut qu'ma veuve lui cherche un parrain.

    Elle lui en avait d'jà trouvé un
    Eh j'ai pas les yeux dans ma poche
     

     


    Elle lui en avait d'jà trouvé un
    Dame faut prévoir, en cas d'besoin
    C'est lui qui flanquera des taloches
    A mon p'tiot pour qu'il s'tienne bien droit
    C'est du joli, moi j'trouve ça moche
    De cogner sur un plus p'tit qu'soi.

    Cela dit dans c'putain d'cimetière
    J'ai perdu mon humeur morose
    Jamais plus personne ne vient
    M'emmerder quand je me repose
    A faire l'amour avec la terre
    J'ai enfanté des p'tits vers blancs
    Qui me nettoient, qui me digèrent
    Qui font leur nid au creux d'mes dents.

    Arrétez-moi si je déconne
    Arrétez-moi ou passez m'voir
    Sans violettes, sans pleurs ni couronnes
    Venez perdre un moment d'cafard
    J'vous f'rais visiter des cousins
    Morts à la guerre ou morts de rien
    Esprit qui vous cligne de l'oeil
    Les bras tendus hors du cercueil

    Aujourd'hui je vous sens bien lasse
    Ne soyez plus intimidée
    A mes côtés reste une place
    Ne tient qu'à vous de l'occuper
    Qu'est c'que tu as ? oui, le temps passe
    Et le p'tit va rentrer de l'école
    Dis lui q'son père a pas eu d'bol
    'L a raté l'train, c'était l'dernier

    Attend un peu, ma femme, ma mie
    Y'a un message pour le garçon
    J'ai plus ma tête, voilà qu'j'oublie
    Où j'ai niché l'accordéon
    P't'être à la cave, p't'être au grenier
    Je n'aurais repos pour qu'il apprenne
    mais il est tard, sauve toi je t'aime
    Riez pas du pauv'macchabé

    Ceux qui ont jamais croqué d'la veuve
    Les bordés d'nouilles, les tir à blanc
    Qu'ont pas gagné une mort toute neuve
    A la tombola des mutants
    Peuvent pas savoir ce qui gigote
    dans les trous du défunt cerveau
    Quand sa moitié dépose une botte de rose
    Sur l'chardon du terreau
    Quand sa moitié dépose une botte de rose
    Sur l'chardon du terreau

  • La lumière pour Soi-Même

    La lumière pour soi-même

    La mort est fidèle et celle-ci, elle est près de nous
    Elle nous attend quelques parts au détour du chemin
    Entre un maintenant qui passe lentement
    Et déjà une absence celle-là qui est vécue
    Je sais bien tous mes morts du passé et cette lente agonie du présent
    C’est aussi une question de ma foi sur une maladie incurable
    Oui ! Moi j’ai mal à mon frère aîné qui part bien trop vite
    J’ai déjà vu mourir ma mère en 2005 d’un cancer rapide
    Non ! Je ne me révolterais pas ! Et cela, je le sais bien !
    Il ne sert à rien de jurer et de cracher ses jurons

    Dans un ciel sans consistance ou plutôt une réalité incomprise

    La foi demande ses preuves il n'est pas facile de croire
    Un équilibriste au Niagara, il possède plus de confiance
    Qu'un homme qui prie l'indicible, cette chose qui est tout là bas
    Mais je sais là, en moi même ce qu’il y a là  dans l'intime
    Une vraie difficulté à accepter entre toutes les choses de la religion
    Celles qu’on m’avait dites autrefois sur la prière fervente et la grâce
    Qui nous sera donnée en abondance
    Toute mon enfance tranquille et heureuse
    Qui m’avait appris cette confiance... Oui ! Je crois que je sais bien
    Tout ce mystère profond de la mort et il n’y a pas de vrais problèmes
    Pour moi-même, car j’accepterais je partirais sans une vraie peur en moi
    Et en n’ayant pas de peur mais pour tous mes proches qui partent,

    Je ne sais plus que le manque je sais bien qu’il n’y a pas à négocier
    Entre un temps de vie et un prix donné  on ne négocie pas une liberté d’âme,
    On pense à la douleur et à la peur même si déjà en moi

    J’espère un au de-là personnel avec nos propres croyances
    Celles qui nous aide... Je sais des prières au ciel qui sont très ferventes,
    Je sais des grâces données qui sont des fruits de la confiance
    Je sais aussi la calme réalité qui est toujours à accepter
    Avec ses douleurs, ses angoisses et aussi toutes ses joies quotidiennes
    Oui ! Il me vient souvent comme une grande envie d'aller me prosterner
    Ou de hurler à la mort de faire de ces jours là lumière pour lui-même
    Et le savoir heureux dans un au de-là personnel et faire de ces actes de foi
    Qui seraient vraiment incroyables comme d’accomplir tout là bas

    Des pèlerinages faits à genoux dans des lieux consacrés par des années de foi
    De celles qui marchent en confiance.... Oui ! J'irais prier ce Dieu pour ma foi  éternelle
    Dans des  lendemains avec les vies qui grouillent des lieux où s’entassent
    Des reliques sacrées il me vient ce désir de foi et de miracles qui seraient incroyables
    Comme de ressusciter mes morts et d’empêcher d’agir la mort bien trop cruelle
    Celle qui choisit et qui tue  tous les faibles et les fous
    Il me vient aussi cette idée absurde de la résurrection biblique,
    Celle de la fin des temps qui est annoncée et qui est proclamée
    Depuis deux mille ans dans un livre sacré un livre que pourtant j'aime
    Car il est plein de sagesses mais je sais aussi tout son pouvoir

    Je ne sais plus cette vérité entre la foi, la vie et la réalité des choses qui sont dites
    Car elles sont mal comprises comme si la vie  qui vient devait être éternelle
    Par un acte de la pure foi face à toutes nos peurs
    Nous vivons nos vies sur la corde raide d'un doute très libre
    Au dessus des gouffres nous sommes déjà plus de 7 milliards
    D’humains vivants dans une petite terre  imaginons alors cette pensée
    Celles du surplus des ressuscités et qu’il y ait ainsi parmi nous,
    Encore bien plus d'êtres que ces myriades de gens morts,
    Tous nos morts ceux- là absents pour la résurrection annoncée
    Alors je vous pose la question y croyez-vous vraiment ?

    Et comment la voyez-vous ? Cette résurgence des vies

    J’imagine mes morts, par leurs âmes, je les  verrais

    Il me vient parfois cette idée de la fin des temps où nous sommes contemporains
    De toutes les époques ceux-là, ils vivent en moi par la lumière de leurs âmes
    Sans leurs corps matériels de morts ressuscités
    Des êtres qui se manifestent  dans la lumière éthérée,
    Celle qui brille très doucement dans les cœurs et les yeux
    Ceux-là que nous verront sans peur, ni crainte
    Ils sont tous nos anges ou nos fantômes des souvenirs aimés
    Non aujourd’hui ! Mo i! Je n’aime pas, la mort de ceux que j'aime,
    Toutes ces disparitions l’entropie de la matière  c'est un monde imparfait

    Et  il est trop lourd à vivre petite Marie tout là-haut aide-moi !  Et aussi aide-le !
    Je te parle en confiance hier ! Tu m’as aidé, en me guidant par ta lumière

    Je ne sais pas maintenant ! Non ! Cela je ne le sais plus du tout
    Tu es déjà si loin dans la mémoire et je suis resté bien seul
    Car madame Marie ! Si toi ! Tu m'as éclairé toute mon âme autrefois,
    Cela par un éclair très tendre et intense je sais toute la fragilité
    De ces humains que j’aime je sais  tout mon destin
    Celui que j'ai vécu, celui-là que j’ai choisi entre ma liberté et ma raison
    Et je sais cette mort qui viendra aussi pour moi aide-le donc à vivre plus fort
    Ses derniers moments que cela soit pour lui où que cela soit pour moi,

    Libre ! vivre avec l'autre. La lumière qui aide à vivre,
    Oui ! Je vous le dis elle ne vous éblouit pas elle éclaire des vies
    Nos vies dans l'ordinaire celui du vécu quotidien
    Des vies bien ordinaires qui paraissent toutes banales
    Face à un monde matériel qui casse nos rêves par un vrai manque
    L'absence trop cruelle de ceux-là que j'aime et ils sont ailleurs
    Dans un lieu mystérieux  qui est dans un là-bas
    Que je ne situe pas car je sais leurs libertés

    Paris 9 mars 2016, et le 10 et 15 décembre 2017

  • in memoriam Johnny

    Magnificent frigatebird fregata magnificens 6782219113
    Une image de frégate volant au dessus du cimetière qui a été prise par plusieurs appareils au moment de l’inhumation de Johnny

    In Memoriam Johnny

    Tranquille, La frégate elle vole tout là-haut dans le ciel
    Comme si elle posait ses grandes ailes sur les nuages
    Elle est calme et heureuse dans son vol perpétuel
    Elle plane et elle joue cet ange avec ses airs si sages

    Nous poètes, nous rêvons tous de pouvoir voler comme lui
    C'est l'Albatros pour Baudelaire et la frégate pour les marins
    Ce calme oiseau, il vole dans nos rêves, tout le jour et la nuit
    Je sais un rêve léger, que nous faisons tous aux petits matins

    Cette légèreté c'est une grâce qui lui est accordée facilement
    L'homme espère toujours voler sans un vrai équipement
    Les parachutistes parfois connaissent le poids sous le vent
    Et quelques rares initiés échappent à la gravité pour un moment

    Je ne sais hélas comment voler dans les airs et planer tout Là-haut
    Quand j'étais enfant mon âme était légère, j'étais alors cet oiseau
    En vieillissant le poids et les rides, Ils me font perde un peu de foi
    Je sais de ces oiseaux dans les mers qui volent, au-delà de notre loi

    Une Frégate vole aux Antilles et nous montre ainsi un nouveau monde
    Un chanteur qui passe du stade d'idole, à cette nouvelle destinée seconde
    J'ignore pourquoi il y a ces moments de grâce pour un être qui disparait
    La frégate volait au dessus de la tombe de Johnny que nous là-bas on enterrait

    Paris le 12 décembre 2017

  • Mort de Marcel Gotlib créateur de Bandes dessinées

    Gotlib

    Le décès de Gotlib, ma nécrologie

    Raaah Lovely ! Marcel Gotlib qui vient de mourir à l'âge de 82 ans, c'était un de mes maîtres à penser dans mon éducation entre 15 et 25 ans, il a ouvert un monde dans la BD, il a commencé par Gai Luron dans le journal Vaillant pour les jeunes du PCF, puis il est allé à Pilote vers 1965 avec des B.D. qui étaient déjà complètement délirantes  dans sa mise en page et les sujets, cela se passe dans des bandes dessinées  entre Les dingodossiers et plus tard la rubrique à brac avec Goscinny... En 1974 il crée avec Claire Bretécher et Mandryka l’Écho des savanes,  avec des visions parfois scatologiques, mais aussi très libres, ce style c'est déjà un prototype de tous les fanzines de BD de l'époque...  En 1977 il crée et dirige le journal Fluide Glacial, Il crée les personnages de hamster jovial un boy-scout au grand cœur, Pervers Pépère qui est un gros dégueulasse sans complexes, les inspecteurs Charolles et Bougret ... Plus tard il scénarise avec Solé le personnage de super Dupont un franchouillard sans complexe... Le journal Fluide Glacial où il fait entrer la fine fleur des humoristes de Bande dessinée, J'aimais bien son style impertinent avec des réflexions purement métaphysiques, il ne nous faisait pas chier avec des histoires politico-religieuses et sa dérision, c'était une vision très libératrice d'un monde trop conventionnel que nous avions dans cette période gaullienne et celle qui a suivie

     

  • Léonard Cohen qui s'en va plus loin que ses rêves

    Léonard cohen à ses début en 1967, il a l'air assez rigide dans ses habits d'hiver très chauds, mais la chanson passe "The stranger", "L'étranger", Léonard cohen qui vient de mourir ce onze novembre 2016 à l'âge de 82 ans

    Copyright © 1967 Leonard Cohen
    and Sony/ATV Music Publishing Canada Company


    The Stranger Song


    It's true that all the men you knew were dealers
    who said they were through with dealing
    Every time you gave them shelter
    I know that kind of man
    It's hard to hold the hand of anyone
    who is reaching for the sky just to surrender.

    And then sweeping up the jokers that he left behind
    you find he did not leave you very much
    not even laughter
    Like any dealer he was watching for the card
    that is so high and wild
    he'll never need to deal another
    He was just some Joseph looking for a manger
    He was just some Joseph looking for a manger.

    And then leaning on your window sill
    he'll say one day you caused his will
    to weaken with your love and warmth and shelter
    And then taking from his wallet
    an old schedule of trains, he'll say
    I told you when I came I was a stranger
    I told you when I came I was a stranger.

    But now another stranger seems to want you to ignore his dreams
    as though they were the burden of some other
    O you've seen that man before
    his golden arm dispatching cards
    but now it's rusted from the elbow to the finger
    And he wants to trade the game he plays for shelter
    Yes he wants to trade the game he knows for shelter.

    You hate to watch another tired man
    lay down his hand
    like he was giving up the holy game of poker
    And while he talks his dreams to sleep
    you notice there's a highway
    that is curling up like smoke above his shoulder
    It's curling up like smoke above his shoulder.

    You tell him to come in sit down
    but something makes you turn around
    The door is open you can't close you shelter
    You try the handle of the road
    It opens do not be afraid
    It's you my love, you who are the stranger
    It is you my love, you who are the stranger.

    Well, I've been waiting, I was sure
    we'd meet between the trains we're waiting for
    I think it's time to board another
    Please understand, I never had a secret chart
    to get me to the heart of this
    or any other matter
    Well he talks like this
    you don't know what he's after
    When he speaks like this,
    you don't know what he's after.

    Let's meet tomorrow if you chose
    upon the shore, beneath the bridge
    that they are building on some endless river
    Then he leaves the platform
    for the sleeping car that's warm
    You realize, he's only advertising one more shelter
    And it comes to you, he never was a stranger
    And you say ok the bridge or someplace later.

    And then sweeping up the jokers
    that he left behind
    you find he did not leave you very much
    not even laughter
    Like any dealer he was watching for the card
    that is so high and wild
    he'll never need to deal another
    He was just some Joseph looking for a manger
    He was just some Joseph looking for a manger.

    And leaning on your window sill
    he'll say one day you caused his will
    to weaken with your love and warmth and shelter
    And then taking from his wallet
    an old schedule of trains
    he'll say I told you when I came I was a stranger
    I told you when I came I was a stranger.


    Adaptation française de Graeme Allwright :

    L'Etranger

    Tous les hommes que tu as connus
    Te disaient qu'ils ne voulaient plus
    Donner les cartes pris comme dans un piège.
    C'est dur de retenir la main d'un
    Homme qui cherche plus loin,
    Qui veut atteindre le Ciel pour se livrer.
    Et qui veut atteindre le Ciel pour se livrer.

    Puis, ramassant les cartes
    Qui sont restées là sur la table,
    Tu sais qu'il t'a laissé très peu, pas même son rire.
    Comme tous les joueurs, il cherchait la carte
    Qui est si délirante,
    Qu'il n'aura plus jamais besoin d'une autre.
    Qu'il n'aura plus jamais besoin d'une autre.

    Un jour, penché à ta fenêtre,
    Il te dira qu'il veut renaître,
    Au monde que ta tendresse lui cache.
    Puis, sortant de son portefeuille
    Un vieil horaire de train,
    Il dit "Je t'avais prévenu, je suis étranger".
    "Je t'avais prévenu, je suis étranger".

    Maintenant, un autre étranger
    Semble vouloir que tu ignores ses rêves,
    Comme s'ils étaient le fardeau de quelqu'un d'autre.
    Tu as vu cet homme déjà
    Donner les cartes avec son bras en or,
    Et maintenant, tu vois, sa main est figée.
    Oui, maintenant, tu vois sa main est figée.

    Mais tu n'aimes pas regarder
    Un autre homme fatigué
    Déposer toutes ses cartes comme une défaite.
    Tandis qu'il rêve jusqu'au sommeil,
    Dans l'ombre, tu vois comme une fumée,
    Une route qui monte derrière sa tête.
    Une route qui monte derrière sa tête.

    Tu lui dit d'entrer et de s'asseoir,
    Mais, en te retournant, tu vois
    Que la porte de ta chambre reste ouverte.
    Et, quand tu prend sa main,
    Il dit "N'ai pas peur, ma tendre amie
    Ce n'est plus moi, ô mon amour, l'étranger".
    "Ce n'est plus moi, ô mon amour, l'étranger".

    J'ai attendu, toujours certain
    De te revoir entre les trains.
    Bientôt, il va falloir en prendre un autre.
    Oh, je n'ai jamais eu, tu sais,
    Pas le moindre plan secret,
    Ni personne pour me conduire.
    Et tu te demandes ce qu'il cherche à dire.
    Oui, tu te demandes ce qu'il veut dire.

    En bas, au bord du fleuve, demain,
    Je t'attendrai, si tu veut bien,
    Là, tout prés du pont qu'ils construisent.
    Puis, il quitte le quai pou un wagon-lit.
    Tu sais qu'il cherche un autre abri,
    Qu'il n'avait jamais été un étranger.
    Qu'il n'avait jamais été un étranger.

    Et tu dis "D'accord, le pont
    Ou bien ailleurs, je viendrai".

    Puis, ramassant les cartes
    Qui sont restées là sur la table,
    Tu sais qu'il t'a laissé très peu, pas même son rire.
    Comme tous les joueurs, il cherchait la carte
    Qui est si délirante,
    Qu'il n'aura plus jamais besoin d'une autre.
    Qu'il n'aura plus jamais besoin d'une autre.

    Un jour, penché à ta fenêtre,
    Il te dira qu'il veut renaître,
    Au monde que ta tendresse lui cache.
    Et, sortant de son portefeuille
    Un vieil horaire de train,
    Il dit "Je t'avais prévenu, je suis étranger".
    "Je t'avais prévenu, je suis étranger".


    Traduction de Jean Guiloineau :

     

    La chanson de l'étranger
     

    Il est vrai que tous les hommes que tu connaissais étaient
    des joueurs qui disaient avoir renoncé à chaque fois que tu leur
    donnais asile. Je connais ce genre d'homme. Il est difficile
    de tenir la main de celui qui ne veut aller au ciel que pour capituler.

    Et, balayant les jokers qu'il a laissés, tu découvriras
    qu'il ne t'a pas laissé grand-chose, même pas le rire. Comme tout flambeur,
    il attendait une carte si forte qu'il n'aurait plus jamais besoin
    d'en tirer une autre. Il était comme un Joseph à la recherche d'une étable.

    Puis penché sur l'appui de ta fenêtre, il te dira qu'un jour
    tu as affaibli sa volonté avec ton amour, ta chaleur et ton abri.
    Et sortant de son portefeuille un vieil horaire de chemins de fer,
    il te dira, Je t'ai expliqué quand je suis arrivé que j'étais étranger.

    Mais maintenant un autre étranger semble vouloir que tu ignores ses rêves,
    comme s'ils étaient le fardeau de quelqu'un d'autre. Tu as déjà vu
    cet homme, ses bras d'or distribuant les cartes, mais maintenant
    ils ont rouillé du coude jusqu'au bout des doigts. Et il veut changer
    son jeu contre un abri. Il veut échanger le jeu qu'il connaît contre un abri.

    Tu détestes regarder un autre homme fatigué poser la main comme
    s'il abandonnait le jeu sacré du poker. Et tandis qu'il raconte
    ses rêves pour s'endormir, tu remarques une grande route qui s'enroule
    comme une fumée au-dessus de son épaule.

    Tu lui dis d'entrer, de s'asseoir, mais quelque chose te fait te retourner.
    La porte est ouverte. Tu ne peux fermer ton abri. Tu essaies la poignée
    de la route. Elle s'ouvre. N'aie pas peur. C'est toi, mon amour,
    c'est toi l'étrangère.

    J'ai attendu, j'étais sûr que nous nous rencontrerions entre les trains
    que nous attendions, je pense qu'il est l'heure d'en prendre un autre.
    S'il te plaît, comprends que je n'ai jamais eu de carte secrète.
    Voilà, c'est ce qu'il dit, tu ne sais pas ce qu'il recherche.
    Quand il parle comme ça, peu t'importe ce qu'il recherche.

    Retrouvons-nous demain si tu le décides, sur le rivage, sous le pont
    qu'ils construisent au-dessus d'un fleuve sans fin. Puis tu te rends
    compte qu'il quitte le quai pour le wagon-lit où il fait chaud,
    il cherche seulement un autre abri. Et tu t'aperçois qu'il n'a jamais
    été étranger. Et tu dis : "D'accord, le pont, ou un autre endroit
    plus tard".

    Et, balayant les jokers qu'il a laissés, tu découvres qu'il ne t'a pas
    laissé grand-chose, même pas le rire. Comme tout flambeur, il attendait
    une carte si forte qu'il n'aurait plus jamais besoin d'en tirer une autre.
    Il était comme un Joseph à la recherche d'une étable.

    Et penché sur l'appui de ta fenêtre il te dira qu'un jour tu as affaibli
    sa volonté avec ton amour, ta chaleur et ton abri. Et, sortant
    de son portefeuille un vieil horaire de chemins de fer, il te dira,
    Je t'ai expliqué quand je suis arrivé que j'étais étranger.

  • Gérard


    Freterive 1992

     

    Gérard

    Il me souvient de mon frère
    Gérard mon grand frère
    Qui est mort depuis treize jours
    D’un mauvais cancer vicieux

    Et je lui sais des mots à lui
    Je n'oublie pas ses propres paroles
    Parfois je me les remémore
    Nous sommes d’un temps lointain

    Il est parti sans rien dire
    Sans peur et sans crainte
    Pour un ailleurs lointain
    Entre ses rêves, ses lectures

    Et je les évoque en moi
    Ces mots qui me parlent
    De sa vie et de nos vies
    Quelques choses revivent

    Il est mort sans aucun doute
    Et dans mon âme je le re-suscite
    Il est là dans ces mots redits
    Je connais l'art d'évoquer

    Y a-t-il plus étrange
    Que ces choses dites
    Et nos réalités présentes ?
    Le temps qui se moque !

  • Oleg est mort

    Oleg est mort

    Je viens d'apprendre la mort d'une personne de la rue que j'aimais bien
    Un  homme libre, qui vivait et qui rêvait tout près, pas très loin de chez moi
    Et lui il habitait dans une petite tente, cela par toutes les saisons de l'année
    Je ne sais pas de quoi il est mort, c'est hélas un fait terrible, mais trop courant

    Sans doute est il mort de la consomption, celle-là qu'on dit des ascètes
    Oui il restait un homme qui se soignait et il était aimé de beaucoup
    Il n'était jamais saoul et il nous répondait en souriant quand on le saluait
    Pour moi  je sais bien sa présence dans ce même lieu pendant un  long temps

    Mais sa présence là  me pose cette question: avait il un attachement pour ce lieu ?
    Je le vois comme un de ces ascètes russe qui survivent dans un milieu hostile
     Oleg était il un homme de foi, mais  à quoi rêvait il alors sous sa petite tente
    J'ai appris son décès, ce dernier jour du mois de janvier encore très doux

    Le temps passe, les gens trépassent, la mort qui repasse et notre âme est lasse
    Que dire de ces gens qui sont  dans la rue, et tous très exposés aux divers frimas
    Je sais ce que je dois à ma famille ,je sais ce que je suis et je sais celui que j'aurais pu être
    La seule leçon que je puisse en tirer, il n'ya pas de destin, pas de hasards mais des choix

    Monsieur Oleg pourquoi avez vous choisi de vivre sous cette petite tente où vous étiez ?
    J'ai beaucoup de mal à l'idée que vous n'aviez pas vraiment choisi ce destin dans la rue
    Sans doute vous ne souffrez plus, il y a un ciel qui vous accueillera, monsieur Oleg très libre
    Ils sont nombreux ceux qui vivent ceux qui meurent, trop solitaires dans les rues de Paris

  • Décès de Jean Marie Pelt

    Décès de Jean Marie Pelt
     
    Jean-Marie Pelt n'est plus, un écolo de 82 ans vient de mourir le 23 décembre 2015 je me rappelle de toutes ses interventions sur la nature l'écologie et les Plantes un grand du monde de l'écologie

    Image

    Le biologiste Jean-Marie Pelt est mort
    Le Monde | 23.12.2015 à 15h04 • Mis à jour le 25.12.2015 à 09h56 | Par Stéphane Foucart

    Jean-Marie Pelt, pharmacien, botaniste et écologiste, est mort le 23 décembre à l'âge de 82 ans.
    C’est à Rodemack, le petit village de Moselle où il est né, et où est né son amour des plantes et de tout ce qui vit, qu’il a voulu être inhumé. Botaniste, biologiste, pharmacologue mais aussi écologiste de la première heure, homme de radio, écrivain et grand vulgarisateur, Jean-Marie Pelt est mort, mercredi 23 décembre, à Metz, à l’âge de 82 ans. Il a été l’une des figures les plus marquantes – et aussi l’une des plus singulières – du mouvement écologiste français, au croisement paradoxal de la science, de la foi chrétienne et de l’engagement militant.

    Dans le bourg mosellan où il naît en 1933 et où il passe ses premières années « s’est jouée la première manche » de sa vie et de sa vocation, raconte-t-il dans la réédition de L’Homme renaturé (Robert Laffont, 2015). « Mon grand-père, horticulteur retraité d’un château de la famille de Wendel, les maîtres de forges de Lorraine, y avait son jardin ; un jardin de rêve, mon jardin d’Eden. » C’est là, écrit-il, qu’il se précipite chaque jour à la sortie de l’école, pour participer aux travaux de jardinage de son grand-père. « Puis venait l’instant magique où (…) il me ravissait par ses histoires : histoire des abeilles et de leurs relations amoureuses avec les fleurs, histoire des graines qui germent, histoire des plantes qui respirent et qui transpirent, elles aussi. »
    « Un explorateur de mondes méconnus »

    Au déclenchement de la seconde guerre mondiale, il a 6 ans. Sa famille fuit l’est de la France pour trouver refuge à Marcillat-en-Combraille, dans l’Allier. Les Pelt se ravitaillent dans une petite ferme « quasi antédiluvienne », « sans électricité, ni téléphone, ni voiture, ni aucune technologie ancienne ou nouvelle ». « La ferme parfaitement autarcique de nos amis restait sur le modèle des fermes de l’an mil, racontait-il au soir de sa vie. Le monde, lui, a plus changé pendant le déroulement de ma propre existence qu’il n’avait changé depuis le néolithique à la ferme de Marcillat. » Cette expérience de vie simple, où la subsistance est suspendue à la prodigalité de la nature, le marque profondément.

    En 1959, il décroche son doctorat de pharmacie à l’université de Nancy, où il sera nommé maître de conférences trois ans plus tard. Il se distingue d’abord par ses travaux en ethnobotanique – l’étude des interactions entre les plantes et les sociétés humaines. Dans les années 1960, il arpente les montagnes afghanes et publie ses premiers travaux sur les plantes endémiques de l’Hindou Kouch et leurs propriétés pharmacologiques.

    « Il a travaillé dans toutes ces zones où il est désormais impossible de se rendre, raconte Denis Cheissoux, producteur de l’émission « CO2 mon amour », sur France Inter, dont Jean-Marie Pelt était l’intervenant et chroniqueur emblématique. L’Afghanistan, mais aussi la Syrie, l’Irak, le Yémen… » Ses travaux sur les pharmacopées traditionnelles l’emmèneront également en Côte d’Ivoire, au Togo ou encore au Maroc. « Il n’était pas seulement un botaniste et pharmacologue exceptionnel, il était aussi un grand explorateur de mondes méconnus », ajoute son ami le biologiste Gilles-Eric Séralini, avec qui il partageait plusieurs de ses combats, en particulier contre l’agro-industrie.
    Chrétien fervent

    Il est alors, aussi, le secrétaire particulier et confident de Robert Schuman, l’un des pères de l’Union européenne, qui fut pour lui, écrira-t-il, « comme un second grand-père », et à qui il consacrera un livre (Robert Schuman : père de l’Europe, Ed. Serge Domini, 2002). Le projet européen et la politique, la mise en application des idées portées par l’écologie, ont d’ailleurs occupé une place importante dans sa vie. Amené en politique par le père de l’Europe, il devient premier adjoint au maire de Metz, Jean-Marie Rausch (divers droite), entre 1971 et 1983, et joue un rôle important dans la sauvegarde du patrimoine historique et environnemental de la ville.

    « Ardent défenseur de l’écologie urbaine, Jean-Marie Pelt a fait de Metz le laboratoire d’une ville-jardin plus juste et plus harmonieuse », a déclaré Dominique Gros, l’actuel maire de la cité mosellane. Au début des années 1970, à peine entré au conseil municipal, il fonde l’Institut européen d’écologie (IEE), dont il restera président jusqu’à sa mort. En 1972, il est nommé professeur de biologie végétale et de pharmacognosie à l’université de Metz, chaire qu’il tiendra jusqu’à sa retraite, en 1993.

    « Jean-Marie Pelt était d’abord et avant tout un homme profondément bon, dit l’avocate et femme politique Corinne Lepage, qui le connaissait depuis près de quarante ans. C’était quelqu’un de bienveillant, également empreint d’une profonde spiritualité. Il aurait presque pu être un homme d’Eglise ! » Chrétien fervent, habité par une foi qui ne l’a jamais quitté, Jean-Marie Pelt incarnait le versant plutôt conservateur de l’écologie politique, attaché aux terroirs, à la ruralité, peu enthousiasmé par le métissage culturel…
    « Apocalypse écologique »

    Dans les années 1990, face aux grandes innovations en biotechnologies végétales, il est l’un des fers de lance de l’opposition à l’arrivée des cultures transgéniques en Europe : en 1999, il fonde, avec Corinne Lepage, le Comité de recherche et d’information indépendantes sur le génie génétique (Criigen). Cet engagement contre l’introduction des OGM dans le monde agricole lui vaudra de nombreuses inimitiés. Certains chercheront d’ailleurs dans sa foi religieuse matière à lui chercher querelle, à questionner sa légitimité scientifique.

    « On lui a parfois fait un procès en créationnisme, mais cette accusation est ridicule, dit Denis Cheissoux. Il était d’abord et avant tout un scientifique. » Dans un livre publié au milieu des années 1990 (Dieu de l’univers, Fayard, 1995), Jean-Marie Pelt a voulu « réconcilier le monde de la science et celui de la foi », en montrant que la rationalité de la pratique scientifique n’excluait pas le sentiment religieux, en revendiquant une méfiance profonde dans les vertus du progrès technique. Il demandait aux scientifiques de « s’arrêter ne serait-ce qu’un instant », « de descendre du train emballé du progrès et de regarder alentour, de prêter l’oreille aux plaintes d’une nature épuisée, d’hommes et de femmes harassés, désorientés par cette fuite en avant éperdue qu’il leur impose et qui les annihile peu à peu ».

    « Il était aussi tout à fait conscient de ses contradictions », rappelle Corinne Lepage. Car en dépit de sa foi, il demeurait convaincu, contre la doxa chrétienne, que la crise écologique – l’« apocalypse écologique », disait-il parfois – était aussi la conséquence d’une démographie galopante.

    Grand vulgarisateur, auteur de séries documentaires télévisées, chroniqueur régulier sur différentes antennes, d’abord RTL, ensuite France Inter, il a été l’auteur francophone le plus prolifique sur les relations entre la nature et l’homme, avec plus de 70 ouvrages à son actif, qui ont trouvé un large public, séduit par sa pédagogie, son engagement, mais aussi son regard singulier. « Il était à la fois totalement bienveillant envers chacun, résume Denis Cheissoux, et en même temps parfaitement conscient de l’ampleur des exactions de notre espèce. »

  • Haïkaïs des Fileuses

    Haïkaïs des Fileuses

    Curieux silence
    Comme le repos très calme
    De l'éternité

    Pour faire son deuil
    Parler beaucoup aux amis
    Refaire sa vie

    Ce calme rêveur
    Qui dort dans la tempête
    Est ce un ange ?

    Le temps qui passe
    Le sang qui coagule
    L'enfant qui naît

    Un jour du futur
    J'espère bien voir
    Cet enfant plus vieux

    Le temps s'écoule
    L'éternité qui joue
    Ces quelques instants

    La muse coupe
    Le cordon ombilical
    Et la fin du fil

    Demain ? Je ne sais!
    Mais moi! Où serais-je donc ?
    Ma mort est à voir

    Au de-là de rien
    Ou ne rien vivre du tout
    Cela ne se voit

  • LE TEMPS DU DEUIL

    Image postée par l'inscritzoomzoom


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    LE TEMPS DU DEUIL

    Je sais un Paris qui pleure ses morts
    Et qui se couvre de gerbes de fleurs
    Sur les lieux où se sont passé les attentats
    il y a là quelques-uns qui pleurent sans honte

    Ils allument dans la nuit des lumignons falots
    Pour regarder la lumière qui persiste et la vie
    Dieu ou pas, il y a là une spiritualité bien réelle
    Je sais des athées et des croyants tous unis

    Cela se passe dans les rue d'un Paris en deuil
    Ce sont bien les mêmes que ceux qui passent indifférent
    Que tous ceux-là libres et fragiles, ils ont le coeur brisés
    Ce sont de doux enfants de temps d'une paix naufragées

    Coluche le clown aimé des faibles avec un coeur immense
    il n'est plus là pour nous dire tout ce qui va mal
    Je sais ces passants qui sont seuls dans leur monde
    ils vivent très mal d'être agressé tous les jours

    Espérons que ces tous ces événements si tragiques
    ils réveilleront en nous, l'envie de vies partagées
    Parfois je pleure, mais parfois aussi je souris
    La morale ? Elle serait sans doute un partage